(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Addai Scher Chronicle Of Seert"

HISTOIRE 

NESTORIENNE INfiDITE 

(CHRONIQUE DE SEERT) 

PREMIERE P ARTIE (I) 
PUBLlfiE PAR 

Mgr ADDAI SCHER 

Archev6que Chald6en de S6ert (Kurdistan) 
AVEG LE GONGOURS DE M. L'ABB£ J. PERIER 



Digitized by 



PERMIS DIMPRIMER. 



Paris, le 29 Mars 1907. 



G. LEFEVBRE, 
Vic. Gen. 



Tous droits r6serv6s. 



Digitized by Google 



INTRODUCTION 



Le commencement de cette Histoire nous est parvenu dans un ma- 
nuscrit unique, conserve k la biblioth&que du patriarcat chaldeen de 
Mossoul. Nous Tavions copi6 en 4902, quelques mois avant d'etre 
consacre evgque de Seert. Nous avons eu encore la bonne fortune de 
trouver dans notre biblioth&que de S3ert bien des feuilles de ce m£me 
document ; aussi croyons-nous que le manuscrit de Mossoul appartenait 
primitivement k notre bibliothfeque de Seert. Dans cette edition, A 
designe notre copie, et S designe les feuilles conserves dans notre 
biblioth&que ; nous les avons numerotees nous-m§me. 

Le manuscrit de Mossoul mesure 24 centimetres sur 17; le commen- 
cement et la fin manquent. II a 6te relie k neuf. Voici quelques-unes de 
ses particularites : 

1° L'ecriture est ancienne, grosse et assez claire; mais bien des 
lettres ne sont pas marquees de points, et beaucoup d'autres ont et6 
faussement ponctuees dans la suite par une main inhabile. L'encre dont 
on s'est servi pour mettre ces points posterieurs l'indique clairement : 
elle est beaucoup moins noire que celle dont s'est servi le copiste. 

2° Le copiste n'a pas mis sur la plupart des lettres yjf, ecrites sous 
la forme de ^ , le trait qu'on y met ordinairement. Ainsi il a 6crit J* au 
lieu de Jf. 

3° II a supprim6 la lettre Aliph qui doit terminer la troisteme per- 
sonne du masculin pluriel des verbes : par exemple y£ au lieu de 1^ 

4° II a laiss6 partout sans points la lettre a ajoutee k la fin des mots 
feminins : par exemple au lieu de *>)SL. 

Digitized by Google 



216 INTRODUCTION. 6 

Telles sont les particularity du manuscrit. Quant aux fautes de 
grammaire et d'orthographe, elles sont nombreuses. La forme des noms 
propres surtout a 6jt6 defiguree. Les corrections ont 6te mises en 
note. Nous n'avons pas relev6 les fautes qui ne changent nullement le 
sens des phrases : par exemple, Xj^, ^/t, ^4, etc. au lieu de 

de ^1, de ^4, de ^1, de vj/J^ etc. Mais nous avons ponctue le 
texte lui-mSme \k ou les lettres n'etaient pas marquees de points; de 
m§me, nous avons partout ajout£ la lettre Aliph & la fin de la troisieme 
personne masculin pluriel des verbes : autrement les notes seraient 
presque aussi longues que le texte lui-m£me. 

C'est nous qui avons num£rote les chapitres, pour donner plus de 
facilite aux renvois. 

Le manuscrit A est form6 de deux parties distinctes : la premi&re, qui 
contient les ev£nements de l'an 364 k Tan 422, est posterieure k la 
derni6re; elle commence par les mots : J^j (chap. 35 

et finit par : ...fi) J, \jK ^JJ! i&L^ X^lkJ! ^ ^ ^ (chap. 76). La 
deuxieme partie, qui va depuis 250 jusqu'i 363, est, au contraire, 
ant^rieure k la premiere; elle commence par les mots : 
h>3f. u^j lT^' (chap. 1.) et finit par : |J p5 ^J* Ji ^r-j 
.j^fljuo ^ <JlS (chap. 34). 

La grandeur du manuscrit, ainsi que son ecriture, sont absolument 
les mSmes dans les deux parties. Celui qui a relie k neuf le manuscrit 
aurait done interverti l'ordre des cahiers. Nous constatons ces inter- 
versions dans beaucoup d'autres manuscrits, qui ont 6te eux aussi 
relics k nouveau. Quelques relieurs ne savaient pas lire; ou bien, s'ils 
savaient par exemple le syriaque, ils ne comprenaient point Farabe, et 
vice versd. Pour suivre l'ordre chronologique, mais surtout pour rendre 
au manuscrit son 6tat primitif, nous venons done, k notre tour, de 
renverser, dans cette edition, l'ordre des cahiers. 

L'auteur de l'ouvrage nous est inconnu; il est posterieur au pa- 
triarche I£o* barnoun (f 828) qu'il cite. Son livre aurait m@me &t& divise 
en plusieurs volumes. Dans ce premier volume que nous editons, et 
qui contient les tenements des premiers sifecles du christianisme, il 
declare qu'il parlera aussi de GrSgoire patriarche (606-609) et de Gre- 
goire, metropolitain de Nisibe (f 612). Notre bibliothfeque de Seert 
contient le second volume de cet ouvrage, qui va depuis 484 jus- 
Digitized by Google 



quh 6fiQ*. Les feuilles qui manquent a la fin du premier volume et 
au commencement du second devaient eertainement comprendre les 
evenements de Tan 422 a Ian 484 ; de m3me, les feuilles qui manquent 
au commencement du premier volume devaient contenir les evenements 
des deux premiers sieeles et de la premiere moitie du troisieme. 

L'histoire anonyme, qui se trouve h notre bibliotheque de Seert, est, 
avons-nous dit, la suite de cette histoire que nous editons ici. Voici nos 
raisons : 

1° L'ecriture et le format des feuilles sont absolument les m6mes dans 
les deux mss. 

2° L'ordre des chapitres est encore le mSme. 

•> u Le titre de la plupart des chapitres commence dans les deux mss. 
par les mots : $1 ji* : « Histoire ou souvenir de ... » 

4° Dans les litres des chapitres sur les patriarches, aprrs le nom 
de chaque patriarche est indique aussi dans les deux mss. son rang 
numerique. Bien plus, M ana, le dernier patriarche qui soit mentionne 
dans le premier volume, nous est presente comme etant le dix-septieme 
Jes patriarches; et Acace, le premier patriarche qui figure dans le titre 
dun chapitre du second volume, nous est presente comme etant le 
11* des catholicos. Les feuilles qui manquent dans les deux mss. 
devaient done contenir Thistoire des catholicos Marabokht, Dadiso 
et Baboi qui seraient aussi les 18 e , 19** et 20 e patriarches. Nous 
croyons done pouvoir conclure, comme nous Tavons indique prece- 
demment, que les manuscrits de Seert et de Mossoul ne forment qu un 
seul ouvrage. 

L'auteur de Touvrage, avons-nous dit, est posterieur a lso* barnoun 
patriarche; peut-£tre mt)me a-t-il appartenu I la premiere moitie du 
xui* Steele. Car, a la page 2(W du second volume, que nous editerons 
aussi, apres avoir parle de la rnort de Siroe, roi de Perse, il ajoute ces 
mots : « ainsi qu'il est arrive de nos jours a Ath-Thahir, que Dieu 
sanctifie son flme j> ^ LUj J j:^ IS. Le Calife Tlifihir 

mourut en 1226; notre auteur serait done son contemporain. Dans cette 
hypothese, on pourrait peut-gtre Tidentifier avec Iso yahb Bar Malkoun, 

1 V. SciiEn, Catalogue des manuscrits syriaques et arabes conserves dans la biblio- 
theque episcopate de Seert avec notes bibliographiques, Mossoul, 1905, 

Digitized by 



8 INTRODUCTION. 

oil Sabriso* Bar Paulos, ou Salomon de Bassorah : car ces trois person- 
nages etaient les plus feconds ecrivains nestoriens de la premiere 
moitie du xni e siecle. 

Toutefois la susdite phrase pourrait etre du copiste et non de Tau- 
teur : car, entre elle et la phrase precedente, il y a un blanc de 12 milli- 
metres. Certes, le copiste a iaisse de pareils blancs dans plusieurs en- 
droits de son manuscrit; inais ces blancs ne se trouvent qu'entre des 
phrases ou plutot ^ntre des paragraphes completement distincts, ce qui 
n'est pas le cas ici. Quoi qu'il en suit, il est du moins certain que notre 
auteur vivait apres le )X e Steele. 

L'auteur a le defaut de se repeter; par exemple il raconte deux fois, 
avec plus ou moins de details, ce qu'il a Vleja dit sur saint Ephrem. II 
recueille des documents plus ou moins authentiques, quelquefois rneme 
contradictoires, sur plusieurs personnages, sans indiquer ce qui est cer- 
tain ou du moins ce qui parait le plus croyable. Son livre contient encore 
beaucoup de r^cits legendaires, racontes dejik par les ecrivains ante- 
rieurs : tels sont les actes du pape saint Sylvestre, Thistoire de saint 
Kusebe, pape et martyr, etc. L'ouvrage toutefois, surtout le second 
volume, est precieux par les renseignements peu connus qu'il nous 
fournit sur TEglise Nestorienne et sur les rois Sassanides. 

Addai Sciier, 

ArchevGque Chahken de Stterl. 

Note des editei ns. — Lintruduelion et le texte arabe annote nous ont ete adresses 
par \l* r Seher. !.<■ texlr a ele tr.uluit on premier lieu par deux pretres maronites : 
M 8t Younes et M. Basile, Durant la publication, M. labbe Dib nous a rendu le service 
de corriger l'arabe. M. Yabb6 Jean Perier a bien voidu revoir a la fois le texte et la 
traduction fran< aisc*, et dnmicr les buns a tirer. Les notes suivies de la lettre S sont dues a 
M" r Seller* On en a ajoule tjuelqu.es aulrcs j)uur aider le lecteur. 



Digitized by Google 



j& iy <il Jlij <«^J1 cr^^ cr^^ \f£* y * • • . * A P 

1. Ms. iUJt. 



I. (HlSTOIRE DE l'eMPEREUR VaLERIEN). 



* Le prfitre Novatien (Fountous) \ chef de TEglise 4 Rome, se s6para ea * a p. 
disant qu'on ne doit pas admettre k la penitence ceux qui apostasient apr6s le 
baptfime et il d6fendit Fentr6e de FEglise k ceux qui faisaient penitence en 
s'imposant le cilice et la cendre. Plusieurs soutinrent son opinion et dirent 
qu'on ne doit pas admettre k la penitence ceux qui ont apostaste pendant la 
persecution. Soixante 6v6ques se r6unirent alors k Rome : ils Fexcommunifc- 
rent avec ses partisans et le firent sortir de FEglise. 

L'empereur Gallus (Djdlasious)* changea ensuite sa mani&re d'agir et traita 
les Chretiens comme les avait trait6s D6ce (Daqious). Puis il mourut, aprfes 
avoir r6gn6 deux ans. II eut pour successeur Valerien (Oulifdnious) qui s'as- 
socia son fils Gallien (Djdldsious). Au commencement de son r£gne, il fut bien- 

1. £lie de Nisibe, dans ses ouvrages d'histoire, Fappelle Notus; Bar H£br%us Fap- 
pelle Nabatus, et Theodore Bar Kouni , dans son Livre des scolies, Fappelle Notius. 
Tous ces autenrs ont identify Novat FAfricain et le Romain Novatien, fondateurs de 
Fher6sie novatienne. Ce qu'ils racontent doit 6tre applique a Novatien de Rome et non 
pas a Novat d'Afrique. S. — 2. Gallus, empereur romain liiort en 253, eut pour suc- 
cesseur Emilien. Celui-ci, tu£ apres quatre mois de regne, fut remplac£ par Valerien; • 
puis vint Gallien, fils de ce dernier. S. 

Digitized by Google 



220 II1STOIRE NESTOR1ENNE. [i 

, JL'I jjjl Jli L£ i^iJl CaxI iJLib J^i Ui ,* ^>t*- JJU-l JujJ py^ jUu 

•frr-L^ J 1 *W 0^ 0>j*\jJjl da £itij j«Jl Jbdi 

1. Ms. Andtiti 



voLllant pour lcs Chretiens. Les chofs de PEglise 6taient toujours dans son 
palais; et il les lionorait. Mais un magicien d'Egypte (Misr) le pcrvertit conime 
■Iann<5set Jambres (Various et llanuas) avaient pervorti Pharaon*. II lui rnontra 
le mal comme s'il etait le bien et lui conseilla de tuer les Chretiens, disant 
qu ils etaient les ennemis des magiciens et qu'ils haissaient les dieux des 
Homains et leurs idoles. Gallien Tecouta et cessa de faire le bien, selon la 
parole de Fapdtre saint Paul : Les mauvaiscs paroles corrompent lcs bonnes 
in tent ions 2 . Ce roi sorcier ordonna alors de tuer les enfants au moment de 
leur naissance et de leur ouvrir les intestins pour pratiquer la sorcellerie. 
Mais il fut puni de tels aetcs, selon les paroles du prophMe aux ills d Israel : 
lis ont choisi leur vole et accompli tears truvres abominable ; et moi aussi t je 
r hoist* leur tleshomieur et leur perte, a tlil le Seigneur 3 . 



II; — Mort de i/empereur Valerien (Oulifraniocs) . 



n- 



Dans la onzu'iuc annre de sun regne \ Sapor (Sdbour) fils d'Ardascliir en- 
vahit lepays des Homains; il y sejourna longtemps et detruisit plusieurs villes, 
a p. :ifi. * J] vainquit Tempercur Valerieu (Qulifrdnious) et Temmena captif dans le pays 
des Nabateens (An-Nahat). Val^rien y tomba malade de tristesse et y mourut. 
Les Peres exiles par le maudit Valerieu revinrent alors dans leurs villes 
(Spiscopales, Et Sapor quitta le pays des Homains, emmenant avec lui les 

i. Cf. II Tim., in, 8. — 2. I Cor M xv, 33. — 3, IsaTe, lxvi, 3-4, —4. En 252. Cr. 
Nokldekk, Geschichte der Perser und A ruber zur Zeit der Sasaniden, Leyde, 1879, 



p. 31, 



Digitized by 



Google 



[11J H. — MORT DE LEMPEREUR VAU&RIEN. 221 

. wm.JI l-i^i (/y'l ^jjLaJl ^i^j .UjI^j Jj^«j Iaj^Xju ^s\j\ *f*^\ 




captifs, qu il fit habiter dans les pays de Tlrac, de la Susiane {Al-Ahw&z), de la 
Perse et dans les villes b&ties par son p6re. II bAtit lui-m6me trois villes et 
leur donna des noms formes du sien. L'une £tait dans le pays de MaiMn; il 
l'appela Sod Sapor 1 : c'est (actuellement) Deir Mahr&q; la seconde, en 
Perse, s'appelle encore aujourd'hui Sapor. II rebAtit Gondisapor, qui 6tait 
tomb6e en mines, et l'appela Anti Sapor 2 , nom form6 du grec et du per- 
san et qui signifie : Tu es Equivalent de Sapor (?). II bfttit une troisieme ville 
sur les bords du Tigre ; il l'appela Marw Habor : c'est (actuellement) 1 AkoborA 
et ses environs. II fit habiter ces villes par des captifs, & qui il donna des 
terres & cultiver et des demeures & leur usage. Aussi les Chretiens se multi- 
pliferent en Perse ; ils y bfttirent des monastdres et des 6glises. II y avail parmi 
eux des prfitres, emmen£s captifs dAntioche. Ils habit6rent Gondisapor et 
choisirent comme 6v6que Azodoc d'Antioche, parce que D6m6trius, patriarche 
d'Antioche, 6tait tomb6 malade et etait mort de tristesse. Avant ce second 
exil, et aprfes le premier exil de Demetrius, Paul de Samosate 6tait devenu 
patriarche d'Antioche. Daniel ibn Mariam a racont^ toute son histoire. 
Sapor bfttit aussi une ville dans le pays de Kaskar, l'appela Hasar Sapor et 
la fit habiter par des Orientaux. Comme cause de la construction de cette 
ville on raconte le fait suivant : Quand Sapor se rendit en Perse, il traversa le 

1. Noeldeke, op, cit., p. 40. —2. Sans doute And&w-i-Sapor (Antiochia Saporis). 
D'apres Tabari, Sapor donna k cette ville le nom de Beh-az-And^w-i-Sapor. Les Syriens 
l'appelaient Beit Lapat. Cf. Noeldeke, op. cit., p. 41*42. 




222 IIISTOIRE NESTORIENNE. [12] 

1JL> J iS l^ i jl jjC*^ JUbj fcjJL ^ JUj ilXLA JJ* .G»- JailL 

c5r &t tr- ^ ^ <W u JUI jl $ ..fcJSK <J Jia ^> £^ 

LUI ^*JU* Jl (iJi-j y*J\ jjb ^-JtJI pJL jl k1\\J\ jJi UU 

^ ^1 « jUUl A J i$J^ J>"i 

L*^J ^JU* jl^j .^j^L^ ^>-Vlj fj^JI iu. Sa^Ij vi^-j ^jli <j^L* 

<i 1^1^ U* .<j*^)l ^ ^1 J p*^' p^-J .JUJI 

j*j_£ pftJ^t J-*it^l ^ ^\ JS l*^ pr^rt J ^*r^ Jr* 

jl .p^J JLSi .p^JL^j f4 La ;1 j ltl*«yi SjhIjJI pJU- ^ ^jl^ 

dl: o5 .cJUl V J\i ^ jl $f*j l*tt^ Jj l r ~ r >- bl 

.pjfeL^ j^; JCp L^j ojU Jli L^j .&U ^I-xj 3 cb^j cS-H ^ 

desert do Kaskar et y rencoatra un vieillard qui ramassait du bois. Le roi se de- 
guisa et vint le questionncr sur son pays et sur sa famille. II lui dernanda aussi 
s'il <Hait possible de bAtir une ville en cet endroit. Le vieillard lui repondit ; 
« Si je peux, mulgre inon grand Age, appreudre k 6crire, il t'est possible de 
bAtir une ville id. » Le roi ordouna alors de conlier le vieillard a des maitres 
j)Our lui apprendn* avec soin la religion des mages et des adorateurs du feu, 
jusqu'ft ee que lui rcviendrait d^Islakhr. Le vieillard apprit a 6erire et la ville 
fut bMie, 

Les Cljri tiens se repandirent dans tout le pays et devinrent tr6s nombreux 
en Orient* A YarAnsahr, si6ge episcopal des evi}ques de Perse, ils bAtirent 
deux eglises : Tune appelee eglise des Horaains, Tautre des Karamaniens; on 
y c^brait les offices en grec et en syriaque. Dieu d<5dommagea les Romains 
en adoucissant la peine de Texil et de la servitude par le bien-tHrc. Leurs 
alFaires prosp^r6rent en Perse et ils eurent une situation plus aisee que dans 
leur pays. Dieu ne les abandonna pas, selon la parole du prophete aux fils 
d'Israel, les eonsolant au moment de Tinvasion de Tarm^e de Sennacherib, de 
la eaptivite des dix tribus et de la ruine de leur esperance : Si la fetn/nr wMte 
son enfant f/ui est men ye dans son scin, si rile n'a pas pitie da [rait de ses en- 
trailles, s'il se pent quelle foublie, mot je ne Voublierai pas : void quej'ai inserit 
ion nam sur ma main; et tes mars sunt toujonrs decant moi\ David a dit 
aussi : J 'at mis pour eux la misericorde dans le ceeur deceuw qui les ont amends 

1. IsaTc, XLix t 15* 

Digitized by Google 



Ct3] 



n. 



MORT DE L'KMPEREUR VALERIEN. 



223 



, £j\ fc-U, j S ^JU- '*u1 



1. Ms. J^l — 2. Ms. jJjL — 3. Ms. J^t. 



4 

e» capHrite*. Dieti gratifia ces Romains de lafTection des Perses : ils posse- 
derent des tcrres sans en payer le prix et propagerent 1c christianismc en 
Orient. Gallien (Dfdld*iQUS) 3 qui 6tait en Occident, apprit que son p6re ctah 
mort; il envoya alors de magnifiques presents k Sapor, qui les re^ut et lui lit 
parvenir(le corps do) son pore dans un cercm-il. L<*s deux souverains devin- 
rent amis et le^ affaires des deux royaumes furent prosperes. Gallien ecrivit 
a tous ses sujets, leur disant d'etre bienveillants envers Irs Chretiens. II 
rappela ce'ux que son p6re avail exiles. 

En ce tcmps-l&, parut Sabellius d'Egypte. II imagina une doctrine 
d\ipr6s laquelle les personnes sont employees pour designer des forces sans 
f&dite personnelle. II ny a qu une seule personne et qu'tme seule substance, 
Dans TAncien Testament, cette personne unique est appel<5e le P6re, auteur 
des lois ; dans le Nouveau Testament, elle a paru sous la forme du Fils, et, 
do temps des Apotres* sous la forme du Saint-Ksprit : les trois ne font qu'un 
seul suppdt, qu'une seule personne. 11 out bcaucoup de partisans. Denvs, pa- 
triarclie d'Alexandrie, reunit alors vingt-huit 6v6ques et Texcommunia avec 
tous ceux qui croyaient en sa doctrine. 

* Gallien fut fue k la suite d'un cornplot. II avait re^ne rjuinze ans, dont * a p. 'io. 
r>nze du vivant d(» son j)ere et quatre apres sa mort. 

i. Ps. cv. 40, 



Digitized by 



224 



HISTOIRE NESTORIBNNE. 



11'.] 



J <! jyA\±c*i\ cljUl bJL^ pSl^JL ^j^ll ^ j^U U 

^jtL— IfjUCtl ilLlATj C^JL^ J l^JLl* Jk^j* V <L~>- Cl?j l*yt>l 

j.JuTj ^jr** jJl>\j . aJl ybl^Jlj S^p-UJI w)Ul ^| — !1j ^jt^l fjj' J- 

.SUM ^ 6>J &>sJ ^sttJI Jl j,>ji J yu*. 



III. HlSTOIRE DES .1EUNES l-ILLES ROM VINES \ 



Lorsque Sapor revint du pays tics Romatns, cmmenant des captifs et da 
butin, les rois ses adversaires qui habitaiont sur les frontieres les plus recu- 
lees lui porterent euvie et resolurent daller It* combattre. II envoy a alors a 
ihdiahin (?), roi dcs Knfntfhnatan *\ des diamants et dcs habits tres beaux 
comme on non trouvait pas de pareils dans son royaume. II lui envoya aussi 
trois cents jeunes lilies vicrges, de cellos qu'il avait prises captives chez les 
domains. II les elioisit, les revfitit dliabits maguifiqucs et de diamants et 
les fit accompagner par des ambassadeurs. II leur ordonna de prendre soin 
d'elles pendant la route et de se baigner tous les trois jours, de peur que leur 
i-ouleur nt; rhangeat. LorsqnVlles In rent en roule et quelles apprirent 
qu elles 6taient envoy^es comme presents au roi barbare, elles prefererent la 
mort a la vie et delibeivrent enminent dies eeliapperaient a la corruption de 
ce roi. Les ambassadeurs les menerent pros d'un grand lleuve pour qu'ellcs 
s y baignassent et s'eloigneront dVlles. Alors, se tenant toutes par la main, 
elles se uoyerent, Tn trrs petit nornbre seulemcnt fut sauv6 : les ddltfgues 

1. Meme histuirc dans Jean d'Asio, The third part of the eccles. History..., VI. 
mais elle se passe ici sous Chosroes l* r et elle porle a deux mill© le nombre des eapliv* 
— 2, S'agit-il des liph tali Les ou Huns Blancs? 



Digitized by Google 



<J Jl£ J^Ur <lj .^jjy-lLi e5 J ^J** V?"^ j^J 

Jli»lj .csAlI L5 -^j lyvU^i .js-i^-b c^jjTj .51 ^Jl ^jj ^ yi -^JJJ^Jl 
m^jj »JUl ^> <1\ j *lj-iJ1 <JI ^^iA) Jlij .JUL Jl ^/al^ ^j^- 

jJU* iJblj .miJI Ju^'VI ^dlj .jl^JI ^JLJI Uj^I UU- ^ <*j\ 

J dUi ^UH jsL i4 ,Jj JM ^ oy<» 

Irs prirent et les firent parvenir au roi. Dcpuis ce moment, il y cut entente 
entre lui et Sapor. Et Sapor, lils dArdaschir, mourut aprcs avoir regne 
trente-deux ans. 

IV. — [Iihtoire de Manes (Mani)'. 

Son perc s'appelait Phesaq 2 , et sa mere Nousitli \ Ses parents Pappetdrenl 
Cubricus (Qourlmjous). A Page de sept ans, il fnt emmene caplif et achete par 
une femme arabe, nominee Sousabeh \ dont le mari avait etudie la science des 
Kgyptiens et suivait la doctrine dc Pytltagore; et il avait un disciple appele 
Tcrebintlie (Yaoudfwurmis), A la mort de .son mari, la femine epuusa sun disciple 
qui remraena avec Tenfant qu elle avait achete. Le disciple tenta de se sauver 
jusqu'A Babylone (B&bil) ; et il dit aux Persaus qu'il etait ne de la Vierge et 
qui! avait eu des visions r ' dans les montagnes. II eomposa quatre livres : Tun 
intitule « Les mysteres • ; le second « Le veritable Evangile »; le troisifime 
« Mine des tresors »; et le quatrieme « Principe des discussions ». II tyranni- 
sait les hommes par ses sor( ellerics. Cela se passail sous le r6gne dc Philippe 

1. Cf. Socratc\ //. E., I, — 2. En syriaque *n*$* el Cf. P<m;xon, Inscrip- 

tions mandaUcs..., fasc. II, Paris, 1899, p. 125 et Michel, Chronique, \, p. 117. — 3. Bfi 
syriaque ;k*»oi), Michel, Ibidem. — 4. ttn syriaque puioi» : c i'st sans doute If nom du 
mari « Scythtanus w qui a ete attribue par erreur a la femme. Cf. Michel, lbid. f p. 108, 
noli- 5. — - 5. Au lieu do j."',, lire : ou J>j2 : « il avait ele eleve dans les montagnes ». 



Digitized by Google 



226 H1ST0IRE NESTORIENNE. [16 

^vi J>ai ^ui -^ji os r-^ ^ o-y^ ^ 

^jjjl JLtj aJUj <j£ < oii-li .jLJI ^ (/^J >CJ»- VU 

O-Liolj .^jXll J^J viAJi CL^li .<>-^JI .^L C-j>j JjY 

.^iX a? JLJdl l^jj .(JUrj wi<ll viib .C3f (Ujj 



(l'Arabe), cmpereur des Romains, et de Sapor fils d'Ardascbir. II enseigna la 
croyance en deux dieux cr66s et en deux cr6ateurs, le bon et le mauvais. Le 
bon, c'est le dieu bienfaisant et illuminateur; le mauvais, c'est le dieu mdchant 
et oppresseur. II amassa beaucoup d'argent et viut & Sa'ir an-N&r. Sa femme 
Sousabeh lui prit alors ses livres, sou argent et l'argent de son premier mari, 
et elle aima Man6s qui 6tait beau. Elle lui donna toute sa fortune avec les livres 
et le prit pour troisi&me mari. II (Hudia ces livres & fond et s'instraisit; le 
second mari de sa femme l'avait d£j& gagn6 k son impi^t^. Sousabeh lui donna 
beaucoup d'argent pour le doter et il s'adonna aux sciences ; mais elle mourut 
avant d'avoir obtenu ce qu'elle voulait de lui. Alors il prit Targent et les livres 
et vint ii Suse (As-Sous) \ son pays d'origine; il se fit appeler M&ni, pr6ten» 
dit 6tre Tauteur de ces livres et fit semblant d'fitre chr6tien. L*6v6que de la 
Susiane (Al-Ahwdz) Tordonna prfitre. II y enseigna, interprgtant les livres et 
discutant avec les paiens, avec les Juifs, avec les mages et avec tous ceux qui 
attaquaient la religion chrdtienne. Puis, cet hypocrite pr6tendit 6tre le Para- 
clet. II entra plus avant dans la science impure des devins et, k Texemple du 
Christ, s'adjoignit douze disciples. II nia la resurrection des corps et sou- 
tint que le feu, Teau et les arbres ont des Ames et que celui qui d£racine un 
arbre, 6teint un feu ou r6pand de l'eau, tue une ftme. Selon lui, le soleil et la 
lune sont deux vaisseaux qui portent les ftmes dans un lieu de bonheur. II 

i. Michel, Chronique, I, p. 117. 



Digitized by 




[17] IV. — HISTOIRE DE MANES. 227 

^L^l ^-clj .iptiL* L»X ^j-iVI j>U>o ^y-^-lll jIj .Cii JLS -vjS 

f ^ J . ^ J^j )pj£. ^jij Xyi\ U y ^» Jl> <p"JJ 

£oc,lj CjU U^li, jl£ ^1 dji lLi)l <l^Uj viUJLI s 7 ^ii l^J^ lyi 

jl Vjl JO ^JJI jl JyLj *^J\ vJ^k *-L.%- £>-J 

^ JLLJIj J^JI ^ 0^ Jsy& >Vlj . c >UVIj c >Ulj jyi\ jju,j 



soutint encore beaucoup d'autres doctrines abominables que la pudeur nous 
a empfiche de rappeler. 

II appela deux de ses disciples, Thomas et AddaY. II envoya Adda! * dans * a p 
le Y&nen 1 pour amener les bommes k croire k ses fables, et Thomas dans 
les Indes. Un autre de ses disciples, appele M&ri, resta pr6s de lui et 
demeura avec lui k Suse. Puis, les deux qu'il avait envoy6s au Y6men et dans 
Tlnde revinrent, lui disant que personne n'avait 6t6 s£duit par leur doc- 
trine, que personne n'avait voulu accueillir leurs discours. II se mit alors en 
colore, abandonna la religion chr6tienne qu'il avait fait semblant de prati- 
quer et inventa les nouveaut^s les plus perverses. II pr6tendit qu'il 6tait le 
Paraolet que le Christ avait promis d'envoyer k ses disciples. II partit avec 
ses adeptes, parcourant les pays et enseignant que dans la doctrine qu'il avait 
deji prfich^e, par exemple, que Dieu est connu sous Taspect de trois per- 
sonnes, il n'avait point, quant k lui, change d'opinion. Dieu se compose de 
deux eHres : le premier, Dieu, est la source du bien, la mine de la lumtere et 
des bienfaits; le second, la mati&re, est le cr6ateur du mal, la source de Tigno- 
rance, des t^nfebres et de la m6chancet6. Dieu va toujours en haut et cela k 
Tinfini, le principe mauvais va toujours en bas et cela k Finfini : tous deux 
s^loignent k Tenvi du centre; et ils sont deux corps. Le createur du mal fut 
un jour tr&s agit6 : ses enfants, qui sont les demons, les esprits malfaisants, 

1. Danslepootf Michel, ibid., p. 117. 

PATR. OR. — T. IV. 16 

Digitized by Google 



228 HISTOIRE NESTORIENNE. [18; 

jli .<Ai IjJLSj .*jJ<~~j>Ki *jy \j>cjJi .^JLJI JoJL Jl l^-o Cla» pr**t 
jJUl ybj <JV1 tflj Ui .villi Jc I^jpj i\^A j! .>Ul£l C.U, jtf 

•£j^lj * J»J^li -<IVl vr^ ^.Jr^ s-il£li .(^Jl C (L^ ^kSl d& 

jl JjJLiJ LaIJJ\ Omb <Jb ^1 Li <ttl OJ ^iKll ^UJl iJLib jl^j 

<J^i ^. OjU ^1 *lj^VI Jl <J^j jj> <lj jJUl <JVI dlli ^1 y> 
c ljjVI jl JjJuj .<-JI ^--jj ^>aJl ^ uolijr V;l U^J ^ -Jl Jl 
x Llij ^Ul jj-i-H Isii oli ^ <\j ^mJ I J^-j Ail ^^Ij . j^-lr 

U *UIj -oil AiJli j-j-JI Jc <JL>j j^»U aJLS ¥ 
.iUJI ^y**- ^Vl uUf- jl^j .*a*» cl dU* ^Ji^jl j^U Uj 

le feu et 1'eau, se mirent en colore les uns contre les autres et, dans leur colli- 
sion, s'entralnferent jusqu'& ce qu'ils fussent parvenus dans le s6jour du dieu 
bon. Ayant vu sa lumifere, ilslui portferent envie, etdirent : « Allons! s'il a 
de la nourriture, nous la mangerons; s'il a de la boisson, nous la boirons »; et 
ils tent&rent de le faire. Lorsque le dieu bon vit cela, il prit une partie de 
lui-m6me et la leur jeta. L'6tre, partie divine, fut alors d6voil6 au dieu man- 
vais; il s'y m6langea, et de ce melange sortit le monde actuel. Les parties de 
Dieu sont emprisonn£es dans les parties du dieu mauvais : mais Dieu repren- 
dra sa part, qui a 6t6 prise par le dieu mauvais; peu k peu, il la reunira a 
son 6tre et se dgbarrassera du principe mauvais, en sorte que celui-ci ne 
puisse plus le combattre de nouveau. 

Ce maudit, cet impie, cet infidele (que Dieu le maudisse k cause tfe ses 
mensonges!) niait la resurrection. II disait que le Christ est le fils de ce dieu 
bon, et que lui, il 6tait son apdtre aupr&s de ses parties qui furent prises 
k son fitre par le dieu mauvais, pour leur annoncer qu'elles seront sauv£es de 
la prison du dieu mauvais et reviendront k leur principe. II enseignait aussi 
la m^tempsycose. II pr^tendait qu'il 6tait Fapdtre du Messie et qu'il gtait 
sorti de son essence. Lorsqu'il eut tromp6 les hommes et r£pandu partout 
son impi6t6, Sapor le fit tuer et attacber sur une croix, k la porte de Suse 
Ainsi, Dieu le maudit et lui donna ce qu'il m^ritait. 

A la mort de Sapor, fils d'Ardaschir, son fils Hormizd lui succ£da a . II 

1. A la porte de n-^, Pognon, loc. cit., p. 126. — 2. En Tan 271. 



Digitized by 



[19] IV. — HISTOIRE DE MAN&S. 229 

J^ki <j> ^Jt j y U j . j jfJ>\ * jts> j <~* viUJI ^ . LL^JI Jc J>i£* 
fcJLwJl" y\A^\ Jc- jLS-Vl . »lA*j ^f^' ClUr Sju ^jJ^J *ju> jL* j 

.CJU Ci^JLi J^JI . ^f-Jli- jjl JL*iT <» jJC5C-V! dJ^lai ^ j 

1. y^-yti^. — 2. (Nepos)? v^jLap^ y . —3. 



6tait bon, administrait bien son royaume, £tait compatissant pour les fai- 
bles. II regna un an et dix mois, et il mourut. — Ala mort de Corn6lius\ 
patriarche de Rome, Lucius 2 lui succeda pendant buit mois et mourut. On 
choisit alors Etienne*. son disciple ; il 6tait bon et vertueux, il gouverna l'Eglise 
pendant deux ans et mourut. Pendant son pontificate on discuta pour 
savoir s'il fallait rebaptiser ou non les h6r6tiques convertis k la vraie foi ; 
car l'usage 6tait seulement qu'on leur impos&t les mains et qu'on leur fit des 
onctions sur le front. Lorsque les discussions se multipliferent, Cyprien, primat 
d'Afrique, r6unit vingt-neuf 6v6ques et fit vingt canons dans lesquels il ordon- 
nait de rebaptiser quiconque aurait rente la foi dans la Sainte Trinite. II 
suivit ces canons; et il fit cela sur l'ordre d'Etienne, patriarche de Rome. 
— Denys, disciple d'Origdne, 6tait alors patriarche d'Alexandrie. G'6tait un 
savant philosophe; il 6crivit k Etienne pour lui dire qu'il fallait rebaptiser 
tous les h^rdtiques convertis k la vraie foi. Denys gouverna TEglise d'A- 
lexandrie pendant onze ans et mourut 4 . II a compost plusieurs livres pour 
rdfuter Sabellius et N^pos (Al-Moaydi?) qui 6taient dans sa ville 6piscopale 5 . 
A la mort d'Etienne, patriarche de Rome, Sixte 6 (Karistous) lui succ6da 

i. Cornelius, pape de 251 & 252. — 2. Lucius l er , pape de 252 a 253. — 3. Etienne I er , 
de 253 k 257. — 4. En 264. — 5. L'auteur, par anachronisme, veut peut-^tre parler des 
Manicheens et non du novateur, ^v6que d'Arsinoe, qui s'appelait Nepos. — 6. Sixte II, 
pape de 257 k 259. 



Digitized by 



230 HISTOIRE NESTORIENNE. 2ff 

42. CJU C^i jIjil^Jjl ^JU; viU. viJUL. UJj* 

J ^^jJI jl . JS j5 iUUJI J c jjuJI Uj j LTV .(J^ CjL jUV! oyC v 



pendant quatre ans et mourut. Apr6s lui vint son disciple Denys\ II toil 
bon et vertueux, fut patriarche pendant neuf ans et mourut. 
42. * A la mort de Claude 2 , empereur des Romains, Aur6lien II s (iou/aW- 
bounou) lui succ^da. II 6tait intelligent et savant, et les pbilosopbes fr£quen- 
taient son palais. Un jour qu'ils 6taient venus pour le saluer, il leur dit : 
cc O vous tous, soyez humbles devant ceux qui vous instruisent. Apprenez 
tous les jours et sachez que vous ne poss^dez point la science parfaite. 
Glorifiez et honorez vos maitres, et ne vous comptez pas au nombre des grands 
pbilosopbes, de peur que vous ne soyez un jour humiltes. » lis lui repondirent . 
« L'empereur a parl6 juste : il faut que Tbomme s'instruise tous les jours, car 
nous avons vu un bomme, c6l6bre dans la pbilosopbie, affirmant quele 
soleil est noir de sa nature ; mais il se tua et on brftla les livres qu'il avait 
composes. Nous en avons vu un autre semblable et, avec lui, le philosopbe 
'And&mius*... 

Sous le r6gne d'Aur6lien, soixante 6v6ques se r6unirent k Antioche ei 
excommuniferent son patriarche Paul de Samosate, k cause de ses fausses 
doctrines et du changement qu il introduisait dans la foi. 

i. Denys, de 259 k 269. — 2. Claude II, empereur (268-270). — 3. Aurelien (270-2:3, 
le premier et le seal empereur romain de ce nom. — 4. Le sens de ce passage est 
obscur, probablement par suite d'une lacune 



Digitized by 



V. - HISTOIRE DE PAUL DE SAMOSATE. 



231 



O* Cf^i ^ t^-~-jS\ j\j ,jWJl ^ ^Jill J^Vlj w>Vl> *_i^j> Lll jl 

Ai jL^j .<JJL-\I ^ Sac- aJ^ <i V jLJl 

, J< jl-uJ1 t JU- ^ J\ ^ jl wJ^jjJI i-^UaM jjiCi .!AJU VU 

L Ms. *->l jM, — 2. Jifjt* — 3, Ms. add.^. — 6. Ms. fc-^tf, — 5. Ms. a'SB. 



V. — MrsToiRE de Paul de Samosate. 

Lorsque Valerien (Aouralinons) regnait avec son fils Gallien (Djdldsinous), 
il avail persecute les Chretiens et tu6 plusieurs d'entre eux, dont le martyr 
Cyprien. Valerien fut attaque et emmen6 en captivite par Ardasehir, roi de 
Perse \ 

Ouand Gallien vit ce qui etait arrive k son p6re, il cessa de traiter les 
Chretiens eonime son p6re les avail traites; il leur rendit la tranquillity et 
demanda leur secours. 

Paul de Samosate etait alors patriarche d'Antioche. II inventa une 
doctrine d'apres laquelle Dieu n est appele Pere, Fils et Saint-Esprit que dans 
un sens figure. Le Christ if est pas i\6 de Marie; il est seulement homme 
el ne possede ]ioint la divinile. Plusieurs ev^qucs se reunirent alors contre 
lui. Mais il avait reeueilli une grande somme d'argent, avec laquelle il gagna 
la faveur du gouverneur d' Antioche ; il obligea les religieuses k chanter ses 
hymnes sur Notre-Seigneur J6sus-Christ. Les Pt?res raillaient ses dis- 
cours; et quand ils se fureut reunis pour chasser le loup du milieu des 
brebis et pour Texcommunier, il simula le repentir. Puts, quand la reu- 
nion fut dissoute, il revint a son impi6t£. Les 6v6ques se reunirent de 

i. II a (He dit plus haut que ce fut Sapor, fils d'Ardaschir, qui emmena Valerien en 
cap ti vile. 5. 



Digitized by 



232 HISTOIRE NESTORIENNE. [22] 

.<* j»* -AS All p^^JLclj *C^p- ^*m**j ^-I»-U . j J i j-U^L-Vl 



1. Ms. — 2. 



U2T 



nouvoau et ils 6crivirent & Denys, patriarche d' Alexandria, le priant d'as- 
sister au concile, Denys pnHexta qu'il en 6tait empficluS par sa vieillesse et 
son impotence. II leur disait qu'il avait excommuni6 Paul et que, malgre son 
^loignement, il etait pourtant au milieu d eux. Les evtHjucs cxcommunierent 
Paul une seconde Ibis. Mais il ne voulut point quitter Antioche, et il fut sou- 
tenu par le gouverneur de cette ville, k qui il avait donno de l'argent. Les 
Chretiens demanderent alors le secours d'Aurdlien (Aouralinous)* qui ordonna 
de le chasser malgr6 lui. II demeura en exil jusquVi sa mort. Que Dieu ne 
sanctifie point sun ftme, et grAce lui soit rendue pour avoir ddlivr6 le monde 
de sa doctrine! Gregoire le Thaumaturge assislait a ce concile; et Domnus, 
neveu de D£m6trius, succ6da k Paul. Aurelien (Fdrilidnous) r^gna cinq ans 
et fut tue durant la sixifeme ann6e. Pendant son regne, les Chretiens etaient 
tranquilles. Apres lui, vint Tacite (Titous) 2 malgr£ les chefs de Fempire ; il 
fut tue an bout tie six rnuis. Apres lui, Florien (Flourinous) arriva au tnine 
par la force; mais il fut combattu par les chefs des Romains, qui etaient en 
proie k Fanarchie, et tud aprfes un an de regne 51 . 

1. L'auleur confond sans cesse et transcrit souvent avec la meme orthographe les 
noms des deux empereurs Yalerien (253-260) et Aurelien (270-275), Le coneile d'An- 
tioche eut lieu en 2(>8 et Paul maintint son aulorite jusqu'a la prise de cette ville par Au- 
relien en 272. — 2. Tacite (275-276). — 3. Florien fut tu£ par ses soldats apres deux mois 
de regne (276). 



Digitized by 



Google 



[23] VI. — HISTOIRE DE SAINT GRtiGOIRE. 233 

.w>UcJl J^-li y m J y* m J?~ fj^^ ^>LDI ^*>*1 

Ci ft J JLjc>- L«Jj .wJUbJI J^U ^yw-J 4T|j*»*J AJUUai O^J»5 -(y*/*^ 

<i { j*- o** m ^~* Kr** j*?* y j* 3 ^ iji* 

^ . : vlJLT pJU> viUJl J <tju ^Ify vili. ^ y» j yi JcJ ^1 tJl 

i. Ms. — 2. Ms. — 3. 

VI. HlSTOIRE DE SAINT GrEGOIRE LE THAUMATURGE. 

Ce saint (qu'il prie Dieu pour nous) 6tait originaire du Pont. U fut pen- 
dant longtemps disciple d'Orig&ne le commentateur. D6s son enfance, il imita 
les saints et v6cut solitaire dans une cellule. Dieu lui accorda le don de faire 
des miracles et de gu£rir les malades. Ses vertus et ses miracles se mani- 
festferent et il fut appel6 thaumaturge. Lorsqu'il fut nomm6 6v6que du Pont 1 , 
il n'y avait dans la ville que dix-sept personnes croyant en Notre-Seigneur 
J£sus*Christ : il passa tout son temps & en convertir les habitants k la foi en 
Notre-Seigneur et k les baptiser; si bien qu'au moment de sa mort, dix-sept 
personnes seulement n'avaient pas embrass6 la religion chrdtienne. II fut du 
nombre des 6v6ques qui se rgunirent pour excommunier Paul. II avait un 
frfcre qui marchait sur ses traces * et qui devint aussi 6v6que. — Lorsque * a p. w. 
Bahr&m (Warhdrdn), fils de Sapor, monta sur le trdne a , il se montra bienveil- 
lant envers les Chretiens et administra son royaume avec justice. Au com- 
mencement de chaque mois, il tenait un conseil pour examiner les int£r£ts 
de ses sujets. II commen?a k rggner Fann6e oft fut assassin^ Florien (Flou- 
rinous), empereur des Romains, et il regna pendant trois ans et trois mois. 
Lorsqu'il mourut, Probus* (Qlousous Borbous?) lui succ6da et, les circonstances 

1. De Neocesaree dans le Pont. — 2. En 273. Les historians font de ce Bahr&m un fils 
d'Hormizd, mais il etait bien fits de Sapor. Cf. Noeldeke, Geschichte, p. 49, n. 1. — 
3. Texte dtfectueux. — Bahr&m I er rSgna de Tan 273 a Fan 276 et Florien en 276. Celui- 
ci eut pour successeur Probus (276-282). 



Digitized by 



234 HISTOIRK NESTORIENNE. [241 

^ilJl £ jJj Oj-*JI S w»L-l <sy\ j*J ^'j Jy*J 0^ (U^- gfrj* 



.j^LJl ^ 2 ^iJ J*^ j L>\y* jl^j .U^Ai j^^mJ 



t, 



^jjUl. — J. Ms. jj^o- — :i. Ms. j**] — 4. Ms. 



la favorisant, if tua ses ennerais et alia combat tre les barbares. II mourut 
empoisonn6, apres avoir regno six ans et quelques mois. Pendant son regne, 
la mortality augmenta considerublement k Homo, depuis le mois do septembre 
jusqu'A la fin de mars. La principulc cause des d6e6s fut la grande quantite 
de neige qui etait tomb£e. En ce temps-l&, Felix fut patriarche do Homo 
pendant six ans'. Eutychien lui sueeeda pendant un an*; il eut pour suc- 
ccsseur Caius pendant quinze ans s . 

VII. HlSTOIRE DE SAINT EUGENE \ 



En ce temps-la parut saint Kugono \Aoutljin) dans le pays des Coptes. 11 
^tait originaire d'une ilo appelee Clysma (Qalousmd) 11 6tait plongeur dans 
la mer; il en tirait les perles, les vendait et en distribuait le prix aux pauvres. 
11 exer*?a ce metier pendant vingt-cinq ans. II marchait sur Teau, devant les 
vaisseaux, comme Fhomme rnarche sur la terre forme; et un jour il vit commo 
une ^toile marcher devant lui sur Teau. Une autre fois, les pirates vouluront 
attaquer un vaisseau dans lequel il y avait une tres grande somme d'argent : 
il se mit alnrs a prior, k supplier him, rt il s'eleva une tempele qui arraeha 
le vaisseau aux mains des pirates et le jeta sur Tile habitue par le saint. Les 

1. Felix I er , pape de 209 a 274. — 2. Eutychien, pape de 275 a 283. —3. CaUis. pape 
de 283 a 200, — 4. Cf. Bis djan, Acta mart, et sanct., Ill, Paris, 1892, p. 37G-4SU. — 
5. Pres de Suez. 



Digitized by 



Google 



.251 \ II. — HISTOIRE DE SAINT EUGENE. 235 

\ j*£* dDi* ^ ,L>i VULi ^IAT <JI Ij-ObU Lw4 ^lll v--5*«i , ^-u!l l^J 

iJLft J 1 <J ^Ul JL-s5 Uj C-^ai lpL«*<£7 i £$rl ^Jlill iJjb Jl^fr j 

^ t £pd cJl^ iJLc- ^ ^...,.^a,i (jUi^ jj^ ^i! Ll I jjlj jUbjJl <-i m*Sp»}j JL>JI 

^-jXflJl li> U£fj . fc^io f JUL ^JaJauJ J! w-^J . Mo Jjklj 1 -Ulfcli 

L Ms. i^'i. — 2, Ms. — 3. 

homines qui etaient dans le vaisseau fureut emerveill^s par le fait dont ils 
llaient temoins et donnerent au saint t rente talenls d'or. Avec cet argent il 
construisit la un monastere; et sa reputation se repandit dans toute la conlree. 
II quitta alors son pays et vint au monastere de Pac6me dans le desert de 
Scele (As({dti). II y trouva les frdres chaullant un four pour cuire le pain; il prit 
le fourgon, sortit toute la braise et, se tenant debout au milieu du four, il fit sa 
priere. II partit de la apres avoir demands la benediction de tous les Peres qui 
vivaient dans ce desert. Soixante-dix personnes le suivirent et vinrent avec 
lui jusqua Nisibe (Sasibin). II habita tout pres de la numtagne appelee Izala 
{Azai). Ce saint accornplit des prodiges innombrables, racont6s dans son 
histoire'. Comme ses visiteurs devenaient tres nornbreux, il bAtit sur cette 
montagne un monastere ou les moines se rgunirent. II guerit d\uw inaladie 
incurable le fils de Certlon (Qardoun) 2 , gouverneur tie Nisibe. Ce dernier re^ut 
alors le bapt£me avee toute sa lamille; et il t^crivit k Constantin, empereur 
ties Romains, pour le lui faire savoir. Ce saint annon^a a Tavance ce qui se 
passerait dans TEglise & cause d'Arius et comment se terminerait son af- 
faire avee les trois cent dix-huit. — II comprit ensuite qu'il devait parcourir 
les pays avec ses enfants, pour convertir les hommes & la vraie foi. Its en con- 
vergent un grand nombre ti (.)ardou {Qardd), a Beit Zabde [Bdzabtld)* et i 
IVisibe, pendant le rfegne de Sapor, ennemi des Chretiens. Lorsqu'il fut tr6s 
avanct^ en ftgc, il quitta ses disciples. Chaeun d eux alia oil Dieu (qu'il 

1. Editee par Bedjan, loc* cit. — 2. v o*^». — 3. Qardou et Beit Zabd^ sont deux 

bmirgades voisines dans la Mt*sopotamie (Y&qout, Mudjam al-bolddn, l\\ p. 56). 

Digitized by Google 



H1ST0IRE NESTORIENXE. f3 



.V LIU- JuATj .JCyJI ^y^J **Z*P* tfJ^-l j' "c^-?-* JittVl 

j-Vi^j jLL^ ^jfl.J &*J£j j^~ > ^'"^ A^j .j^liiAl*. jl ^!a>* 



est puissant et grand!) le d&urait; et ils b&tirent des monasteres, des eglises 
M des eouvents. Puis il mourut et fut enseveli dans son monastere. 11 avail 
deux saeurs, dont Yuno s'appelait Thecle ' (Taqld) et 1'autre Stratonice (Aslrd- 
lalniqd) * # 

VII L XOMS DES DOCTEURS. 

Du temps de Sahloupas et de Papas, les deux iitetropolites d'Orient, et 
dEtienne, patriarchs de Home, vivaient les eininents docteurs : David, ev6- 
que de Bassorah (Al-Raxrah) f qui quitta son siege et partit pour Tlnde oii il 
eonvertit une foule de personnes; Gadhimliab \ eveque de Gondisapor; Ebed- 
Jesus \ 6v6que de Kasker; Jean 5 , £v£que de Mais4n; Andr6, 6v£que de Deir 
MalirAq; Abraham, ev&que de Schouschter \Tostar); Milds ar-Razi*, eveque 
de Suse (.4$-Sot/.*j. Ce sont ceux qui se r^unirent pour bhVmer Papas. Dans 
le pays des Homains, vivaient Vnatolius (Antounis) f , 6v6que de Laodic^e; 
Thdonas (Tonmd)*, patriarehe d'Alexandrie; Timaeus ijitndthdous)* d'An- 

I . iu»l. — 2- t:fr~f ; Bedjan, loc. cit. f p. 473. — 3. oom^ martyrise avec Simeon bar 
Sahbae en Tan 341. Cf. Bei>jo, Acta mari. f II. p. 131. S. — 4. Les Grecs le nomment 
ArchelaOs. S. — 5. Cf. Bbdjan, toe. cit., II, p. 131. — 6. Cf. Bedjan, he, eJL, II, p. 260- 
275; Sozomene, Hist. eccL y II, xiv. — 7. Cf. Bar Hebhjecs, Hist. eeeL, II, 62. S. — 
H. Cf, Eusede, //. V, xxxii. S. — 9. Cf. Michel, Chronigtte, I y p. 198. 



Digitized by 



Google 



[27] IX. — H1ST0IRE DE BAHRAM II. 237 





1.^1*^.-2. Ms. 



tioche. A Alexandrie vivaient les deux pr6tres Pi6rius (Qournotis) 1 et Achillas, 
et, & C6sar6e, Agapius (Aghifous) 2 . Tous combattirent sans rel&cbe les h6r6- 
siarques Simon, Marcion et Manfes. 

IX. * HlSTOIRE DE BAHRAM [II] FILS DE BaHRAM [I er ] FILS DE SaPOR *. * A P 

Lorsque cet homme r6gna 4 en Perse, en Tan 590 d'Alexandre, il fut 
bienveillant envers ses sujets; et ses soldats furent trfes contents de lui. 
Au debut de son rfegne, il vint dans la Susiane (Al-Ahtcdz)*. 11 examina la 
religion chrdtienne, comme avait fait son grand-p6re Sapor : il en pos- 
s6dait quelques 6l6ments, car selon Mil6s ar-Razi e , il avait 6t6 6lev6 & 
Karka de Djoddan (Karkh Djodddn) et il y avait appris un peu de syriaque. 
11 fit venir quelques P6res, les interrogea; et ils lui expliquferent les doc- 
trines. 11 leur dit alors : « Je vois que vous regardez comme grand cet 6tre 
unique que vous reconnaissez et que vous exaltez, mais vous vous trompez 
en defendant d'adorer les dieux. » Puis il changea d'opinion. Voyant que les 
Manicheens se disaient chr6tiens, s'habillaient comme eux et m^prisaient 
le mariage et la procreation des enfants comme le mdtropolite et les de- 
ques, il crut, & cause de ses mauvaises intentions, que les deux religions 

i. Cf. Eusbbe, Hist. eccL 9 VII, xxxn. — 2. Cf. Michel, Chronique, I, p. 200. —3. Cf. 
Noeldeke, Geschichte..., p. 48-49 et 415-416. — 4. D'apr^s Noeldekb, il aurait com- 
mence a r^gner en 276/7. — 5. Cf. Noeldeke, Geschichte, p. 12, n. 4. — 6. Cf. Asse- 

31 AN I, B. 0., Ill, I, 51. S. 




238 HISTOIRE NESTOR1ENNE. 

:,.»■» |JLi I ; V^W jli jlj .LJjJI wA^l p>Juo£) JcUl jl5 ^*x& 

y^pc^ j jjiJl oj^>j -JjtjJ ^ J^N jl^ ^ j *Vl» oy ^-i i£jl*3i} 

.ijCJLJJ j viJUUU j <JL*I j jJUU *U-UI j 5>UJI jujl^l j JiJ 
*^JS U JJUUI j^^i-Li .p-A^l ^jL-aJl Jj» iT^Ul Ujjl, L*J 1 j 



6taient identiques. II ordonna done de tuer les Manich6ens et de d^truire 
leurs 6glises. Les mages pers6cut6rent alors les Chretiens sans distinction. 
II fit tuer Qandird sa femme, qui 6tait d'origine romaine, parce qu'elle 
croyait k la religion chr^tienne ; il lit aussi tuer le bienheureux QftribA, fil? 
d'Ananie. Les mages opprimerent alors les Chr6tiens; et Papas' endura de 
trfes grandes souffrances. Les Chretiens se plaignirent au roi Bahr&m de ce 
qui leur arrivait. II d6sira savoir alors quelle difference il y avait entre eux 
et les Manich£ens. II leur demanda pour quelle cause le m£tropolite et les 
evfiques se privaient du mariage et de la procreation des enfants dans le 
monde. II disait : « Si cela est mauvais et defendu chez eux t ils meritent la 
mort, parce qu'ils veulent an6antir le monde; et si e'est bon et permi>, 
pourquoi leurs chefs s'en privent-ils et le m6prisent? » Les Chretiens repon- 
dirent que les Manich^ens croient en deux dieux anciens; qu'ils croient 
aussi que la terre est anim£e et poss6de une &me, que les Ames se trans- 
portent d'un corps k Tautre, et que le mariage est mauvais. Les Chr6tiens 
croient en un seul Dieu, cr^ateur de tout, eternel. Ils enseignent que le 
mariage est bon et ils i'ordonnent dans leurs livres. Mais leurs chefs s'en 
privent afin que le mariage ne les emp6che pas de faire ce pour quoi ils ont 
6t6 etablis, k savoir : la direction de leurs ouailles, la priere et Tinterces- 
sion pour le monde et ses habitants, pour le roi et le royaume. Les Mani- 
ch6ens s'habiilent comme les Chretiens pour se cacher. Le roi alors agr£a leur 

1. Patriarche de S61eucie, de 558 k G37 de Fere des Grecs (247-326), Gismondi, Maris, 
Amri et Slibce, De Patriarchis..., p. 9, ou de 266 a 335, Bar Hedr., Chron. eccL, II, p. 28. 



Digitized by 



IX. — IUSTOIRE DE BAH RAM II. 



239 



^y^l 5 ^JLt j J ^— it ^J* <5Cl* iJuj . <JLc- jl£ Lx, Jljj >ff*& ^a^JL 
V iLjl i-ULT CV Jlij .UlLlj y> f lil j . 1*J C^U LtejMj -i^JUJI 

.J j ol* j *1 j-y^I O^- ^LiJ -vlrr^* u^ly jj* ^r- - 

iJ^ <1\ y ij\ J .li ^» ^5 jjl elite j kfJigSJJ^ J&j 

aju jl i^JuJl — all j . ULw»I ^l. Ljl) jl^j . dUUI JhJxlL-J &»1 jj j * — 

<^L- i^JLl Jj^ J lyJjbl j t£tt^j .j^-aJ A>-l j up j^i-^J ^Lil 

reponse et ordonna de fle plus les persecutor. 11 changoa done de conduite 
et mourut apres avoir regno pendant dix-neuf an* et dix mois l « 

De son temps, Cams r6gna sur les Romains; il s'associa ses deux fils 
Carinus et Num^rianus \ k qui il donna le pays de Syrie; pour lui, il rcsta h 
Rome et en Italic. 11 disait \\ ses deux lils : « II y a trois choses dont le roi, le 
juge ou le gouverneur ne doit pas rougir et qu il ne doit pas manquer d'ac- 
complir, k savoir : se lever de son stege devant son p6re venant pour le saluer; 
attendre ses hommes sur sa monture; etablir ses enfants dans une charge 
pendant sa vie. » 

Apres trois ans de regne, il vint dans la region de Nisibe (Na&ibin), et k 
cause du changement de climat, il mourut et fut porte* k Rome, Et en ce 
temp3-l& son lils Carinus fut lu£ dans la region de Margue (Barqal)* Lorsque 
Numerianus vit qu il lui avait donn6 Diocletien (Dfufi/lntifinous) comme eoll6gue 
pour Tempire, il complota contre lui, le tua et regna seul. Puis il s'adjoignit 
Maximien, qu il maria avec la Idle de Fempereur Constantin ; et il 6tait doux 
et humble. Le royaume fut divise en quatre parties 3 * Et chacun d'eux fut 
appele C< ; sar. — Au commencement de leur regne, TEglise etait en paix, 

t. Pendant dix-sepl ans T d apres Bar llebni'iis, Histaire des dynasties^ cd. Salliani, 
p. 131. S. — Kd. Pococke, p. 132. — 2. Probus fut tue en 282. Carus lui succeda et s*asso- 
cia ses deux fils : Carinus et Numerianus. S. — 3. Ce passage est incomplet et obscur. 
Numerien, le premier, futlut ; par Aper. Puis Carinus fut tue par les siens a Margue. prrs 
du Danube, dans la Haute-Mcrsie, Tillkmont, Ifistoire des empereurs, Paris, 1723. JM. 
p. ."j80 et IV, p. 6. DiocWtien rdgna en 284 et s T associa d'abord Maximien, puis Cons- 
tance Chlore et Galere. C cst Constantin <jui avait epouse la iille de Maximien. On voit 
que cetle page, comme plusieurs autres, fourmille d'erreurs. 

Digitized by Googk 



NO 1HST0IRE NESTORIENNE. [30] 

^joj J (5*^ cJ> j J ^Jl Jli iS <M\ JLaI ^jJi 

jlj . ^L^J |J j\ ^jLaJI ^JL j jLJ[)Ij iaSUVI JjL. wiSCll ji 

* a pUJl fjji f^-* fr^ 4 Jtii * J-uH ^jiL^i 

J ^jLaJl V! .Jj~**aij J ^Lill ^>L *>U1 IJL* jo j . ^ 

J^J J^* ^1 i-U J ^jLJI *lo i^jfc . JU^VI 
^ . I jUiJ V kji Col ^-aJI JiJI ppSsJ U plic ^ 

lli ,UI j jl r UJl (J& JUk^j jUI JLU JU1 OjL y lifcy^ 

ju3qu & ee que Dieu la n^gligea, selon les paroles du proph6te qui a dit : Jai 

delaisse ma maison, jUxi abandonni mon heritac/e et Here la bien-aimee de twin 
time entre les mains de ses ennemis 1 ; — et aussi : Le Seit/neur a abandon ne Sion 
et jete par terre la coitranne d % Israel*. — Le demon entra dans Diocletien, 
dans son gendre et dans son his el les poussu a persecutor les Chretiens. 
Et le jour de Piques, dans la treizieme annexe de Diocletien, ils Acrivirenl 
a leurs lieutenants dans tous les pays, leur disant de d^truire les dglises 
et les monast6res, de bruler les livres et de demolir les maisons des 6v6ques, 
des pr^tres et de tous les Chretiens, s'ils n'olTraient pas des sacrifices aux 
idoles, et de leurfaire endurer tous les supplices. Un grand nombre de chre- 

* A p. u. tiens furent tu^s : * les uns furent lapidtis; d'autres furent jet^s aux bt>tes 
feroces; ils furent soumis a tous les suppliees. Ce mallieur frappa la Syrie, 
rEgypte et Nisibe, et il avait ordonne de ne demander aucun service aux 
Chretiens. Dans ces regions, leur sang fut repandu eomme Teau; un grand 
nombre renierent leur foi par crainte de la eruaut6 des tourments et non 
librement; car le maudit Diocletien avait dit : a Je ne laisserai point de trace 
de la religion chr^tienne dans mon royaume », et il lit cela pendant deux ans 1 . 
Puis Dieu eut piti<5 de son peuple, comme a dit le prophete aux lils d lsrael 
apres la eaptivitd : Ne craitts pas, 6 Jacob d' Israel ; j ai icouU ta prih'e en mon 
nam. Quund meme tes perhes deriendraient eomme lo poussiere, et tes /'antes eomme 
les nuages, lorsque tit traverseras fes eau.v, je serai aeee tot, et les fleuves ne te 

1. Jeremie, xn, 7. — 2. Lament., 11, 5. — 3, On sail que la persecution de Diocletiru 
dura dix ans en tout (303-313), 

Digitized by Google 




[31] IX. — HISTOIRE DE S. PIERRE D'ALEXANDRIE. 241 

JU-M Isii-lj .«JLa- £. 1> ^-ai J <JI J-»ljJ .*U ^^Lkl* Jt» ^iJI 

rfjlii 1 * .-J 

^^iUaJSjj i^CU* lywUl j i»JI ^j^J^" J ^. iJl Jl j J^Lall pUi .!>L»li 

submergeront pas; et si tu marches stir le feu, il ne (e brulera pas; ni le feu 
lit la mart napprochvront de tot Les ennemis vinrent de tout cdt£ pour 
combattre ces impies. Diocletien devint fou; il quittait son palais et courait 
a t ravers les rues* Puis Caius, lils de Curinu9(?), dont le pere avait ete tu6 par 
Diocletien, vint Tassieger dans son palais avec sou arm^e; il le saisit, lui per^a 
la mAchoire inferieure comme on le fait aux betes feroees et la lui altaelia 
avec une corde aux doigts du pied; puis, il pilla son palais el le demolil. 
Ainsi Dieu le recompensa selon ce qu'il avait fait : il mourut apres avoir 
regne vingt ans 2 ; il etait agr J*.* soixante-douze ans. Quand eette nouvelle 
parvint k son gendre Maxiniien qui etait en Cilieie, il tomba malade et de-> 
vint 6galement fou, Ses compagnous le tuferent. 

[Histoire de S. Pierre d'Alexandrie.] 

Pendant le regue de Diocletien, Pierre (Fafroui) succ6da ^ Th^onas 3 (7Vi- 
doitrhd) ; il etait bon, vertueux et il ne cessait de prier et de demander au Christ 
de sauver I'Bglise et ses infants du gouvernement de Diocletien. Pendant le 

i. Isaie, xmji, 1-2. Cf, t, 18 et xliv, 22. — 2. En Tan 313. S. Ce recit de ta mort 
de Diocletien semble personnel a l auteur. Cf. TillbmonTi Histoire des empereurs, IV, 
p. 53-5~>. — 3. Tl^onas, de 282 a 300; Pierre, de 300 a 311. Cf. Ecseue, Hist. eccL, V, 
xxxi I. On possede de cetle histoire de S. Pierre d'Alexandrie uae version latine 



Digitized by 



242 HISTOIRE NESTORIENNE. [32] 

<4 ^>ci .^Ul JUil j <^jaX-V1 J cJli. ^U\j . j^JUl c/ ^r^ Jj 

o-O fr^* -frO* & pr**J (V. ^ 

^L^V JLij .£->JI (JUJI J j (JU1 U» J fJ>** crjiJ pr 5 Jl5 J 

jjtu Vj ^ J\ Utf Vj .^ju, ^^3! IJL* 2 jLV L<;!j .ci^M U* 

1. Ms. J*,j>. 



temps de son patriarcat, parut le maudit Arius qui repandit sa doctrine a 
Alexandrie et corrompit les coeurs des hommes. Le patriarche Pierre Pexcom- 
munia et il vit en songe qu'il ne devait pas Pabsoudre. Dans la onzieme 
annee du patriarcat de Pierre, Diocl6tien envoya cinq espions k Alexandrie 
pour le tuer. Lorsque les fiddles eurent connaissance de cela, ils r6solurent 
de les saisir et de les eloigner de leur patriarche ; mais il les en empdcha de 
peur d'attirer leurs pers6cutions sur son troupeau. Lorsque cette nouvelle par- 
vint k Arius, qui, 6tant excommunte, ne ddsirait point que le patriarche Mt 
tu6, il r6unit plusieurs personnes et vint trouver le patriarche Pierre en pri- 
son, le priant de Tabsoudre; et ils se prostern&rent par terre devant lui, 
mais il ne leur r6pondit pas. 

II leur dit : « Arius est excommunid et s6par6 dans ce monde et dans 
le monde futur. » Et il dit k Achillas et k Alexandre, les deux prfitres qui 
gouvernferent Flilglise d'Alexandrie apr6s lui : « J'ai su par relation que 
je serai martyrisd ces jours-ci et que vous me succ6derez sur le si6ge pa- 
triarcal. Ne croyez pas que je sois sans piti6 et que je ne souffre pas a 
cause des p^cheurs, alors que je suisp^cheur moi-m6me ; mais Arius est plein 
de ruse et n'a pas abandonn£ sincerement sa doctrine. Je n'ai pas voulu 

(cf. Surius au 25 novembre) ; deux textes grecs publics par Combefis (Illustrium Christi 
martyrum lecti triumphi, Paris, 1660) et par Viteau (Passions des saints... Pierre 
d'Alexandrie..., Paris, 1897), et une version syriaque conforme au second texle grec. 
Bedjan, loc. cit.y V, p. 543-564. 



Digitized by 



[S3] IX. — IIISTOIRE DE S. PIERRE D ALEXANDRIK. 243 

•U ^y> C*A». £}U ^L. j SJJb j C-J J ^/S-l |Jj .ili>- 

JLLs j;aX*- L cJLL* <j ^ ^Jj j ^ 5 J ^-oll &a^ c»l j Uj a»a* ^JiL ^AjJ 
^ tSjLij a ^-J j Jl — r ^i;V l1!a« imJ\ J a*£ jl a* j-U-li Ufl JU ^ j» j] 

1 LX.LS1 ^jJI ^Lt JL 1 U.a :->-U ^^k-JL^ y* *LVl ^ i&L^ U UzJLt a* j 

<*y£ ^y~* ^y* i^l^-j blA-^JL" UJi iiitJ l^Jtc> ^j-AiJI ^ j j 

y j* jJ J*- #g**j JJi\ J ij^j IjJitt <*J' ^y^Jl J <! J j^L-j 
<JU\ AjJ cJL^ "ylc 51 £jj jj <JLx. p^JI J ^ail j JL* j J Jl 

/will •l-ydl iSjXJ&jfl <J Jai j^jJLij l^Vl ^Jj ^fjj^ W Jjf; 

la i ontraindre. Mais cette nuit j'ai vu en songe un jeune hommc, Ag6 a 
peu pres do vingt ans, entrer chez moi par la porte. Son visage brillait 
comme le soleil, et la maison etait eclairee * de sa lumiere. II portait une * a p, 4(k 
tunique de colon fendue en deux parts depuis Ie haut de la poi trine jtisqu'au 
bas; et il Tavait repliee sur sa poitrine avec ses mains, pour que son corps 
ne ftit pas mis ft decouvert, Quand je Tai vu dans eet etat, j'ai soufTert, et 
je lui ai dit : « Maitre, qui a ddchire tes vfitements? » 11 r^pondil : « Arius 
les a dechires; fais en sorte qu'il ne te succede pas dans TEglise, car tu 
I rcpondras pour lui. Ordoniie & tes deux disciples, qui gouvernrront TEglise 
1 apn>s toil de ne point Ie recevoir, car toi, tu vas subir le martyre. » Je vous 
ai avertis; ei vous savez ce que quelques Peres out soutTert dc la part de Melece 
{Millions}. Gardez done le troupcau an milieu duquel Ie Saint-Esprit vous a 
etablis tWeques. » Apres avoir entendu ses paroles, scs deux disciples et 
un certain nombre de lideles sortirent de chez lui. Et, de peur de susciter 
des troubles, il envoya dire aux tlelegues de Teinpereur de venir le trouver 
pendant la nuit pour accomplir ce qui leur etait commands. II leur de- 
manda la permission d'aller a Feglise, et ils le lui permirent. 11 y vint pen- 
dant la nuit, se prosterna sur le tombeau de Tapotrc Mare (Man/ons), pria 
et revint a eux : il cut alors le cou tranche *• Une femme... qui priait Dieu, 
vit quelqu'un qui lui disait : * Pierre, cheT des douze, et Pierre, patriarche 
d'Alexandrie, Ie dernier des martyrs que Diocletien fait tiier. » Or il arriva 

1. Le 25 novembre 311, 

PATH. OR. — T. IV* 17 

Digitized by Google 



244 IUSTOIRE NESTOMENNB. [34! 

,j j j»>LJI <JLc J j^^jl ^jJL^iVI o* J* & QjtMi kyi^j iuJl ^ bjJU^j 

.k\*cJ\ Lj <j* w-^i c/Jl^ -r»- I* 

i^-k^tj dJLL* ^-jJ^Ij . ^ j( ^ <*jx£j)}\ ^J-a^l ^j-j^Li JLS UJ 

JL^ J^J! jjJ^t* ^yYI jj Jli j .ij-c5Cl <£^LA31 J jL* ^JJl 

1. ^yJijs. — 2. Ms. ^j^auj. 

qu'une troupe tie gens passerent pendant la nuit et le trouverent etendu par 
terre. lis Tenveloppfcrent dans leurs vfitements, le porterent dans l^glisc <-t 
rensevelirent avec les patriarches pres du tombeau de Marc, Pfivangdliste et 
Fapdtre. En ce temps-k\, Marcellin (Qaniallinous?), patriarehe de Home, fut 
flagelld deux fois et exile; Ton lit de mfime k Eusebe (Aousabis) qui lui suc- 
c6da pendant cinq ans. Marcellin fut patriarehe pendant seize ans*. 

X, IllSTOIRE lH E l/ilKRKSI \Rol K ARILS, CAUSE DE SA MORT 

ET CONDUITS DE SES PARTISANS. 

Lorsque Pierre, 6v6quc dWlexandrie, fut tue, Arius devint plus auda- 
cieux et proclama sa doctrine devant Alexandre qui lui succrda dans le 
patriarcat d'Alexandrie ~. II dit que le Fils a 6te cre6 avant toute chose, et 
il allegua les paroles de Salomon sur la sagesse : Dieu Va creee au cinnmcn- 
cement de la creation a cant Unites ses ceuvret 3 . 11 attribua ces paroles au 
Verbe et changea le texte de TEvangile qui nomme le P6re, le Fils et le 
Saint-Esprit k propos de la vocation des nations et de leur baplrme. II prgcha 
aux habitants dWIexandrie de ne point dire : Gloire au Pere, au FUi et au 

p 



i. Lauteur, apres plusieurs autres, confond ici, conime si ce iretait quun seul 
pape, Marcellin qui occupa le siege de Romt j de 296 k 304 et son successeur Marcel I" 
(jui t apres un interregne tie trois ans et deini, gouvcrna TEglisc de 308 a 309. — 
2. Achillas 311-312] succeda a Pierre, puis vint Alexandre (312-326). — ;i. EcclL. 
xxiv, 14- 



Digitized by 



Google 



X. — HISTOIRE DWRIUS. 245 
<^^J j-i^l^j ill* ^jjX^J] .^-Jill ^jjj oiVb 

. j^ijl ji*V^ w»L-=»- Ji^c i jLJ ^L* ^^jL-jl p^Lj>- j jl^j <jt-u -*Ju£,l 

fcj^_^j*Jlj A^AjJl ^ji^ajl 4iUt-»lj t/^. Jf* JL*^1j . ««JI ^L^a* <Jl) ^ 1 J^lj 

<jL.YI n-L^ j-L. 4Jl ^jJU^j * j-l-* ^ *ju Ju*» jl^j c^w*" ^lU J J 
<1Lj JJLH j UJj .ijX^C-Vl d^Li ^ j*J*t»1 j^y^ui .^jJLij iuJl 

^U-lj ^ijJL* 4*1 .ly^M-* J i*JI JU ^Dl ^jc jl>-VI <JU J 

Saint-Esprit. Alexandre r^unit alors cent vingt evSques et rexcommunia 
avec tous ceux qui soutenaient sa doctrine. Au nombre des eveques, il y 
avait Eusebe de C6saree, qui lit b comput du Chronicon A sa mort, 
Alexandre eut pour successeur dans le patriarcat dWlexandrie Athanase le 
Grand, qu'on surnornme encore le flambeau de l'Eglise. II fut continuellement 
opprime et persecute par Arius et ses partisans. Eusebe de C£sar£e, Eusebe 
d'Emese 2 et Ourighdnis 3 se reunirent et demanderent & Athanase de dtflier 
Arius de ses liens; mais il ne le fit pas, * lis 6crivirent alors au roi et iui • \ i», 
dirent qu Arius avait abandonne sou erreur. De fait, Arius avait imaging un 
moyen perlide : il ecrivit la profession de foi qu'il avait invontee, sur un 
papier qu'il cacha sur sa poitrine sous ses vfitements et, mettant sa main 
dessus, il aflirmait avec serm< i nt qu'il reconnaissait cette vraie foi, foi des 
saints aputres. Lorsqu'il rut imagine ce stratageme, Eusebe et ses partisans 
r6solurent de Tintroduire dans Teglise et de le recevoir. Mais Athanase, 
patriarche ^Alexandria, les en empecha. Pendant la nuit, il eut reeours k 
Dieu et lni demanda de le delivrer d'Arius et de sa doctrine erronge, 
ou de le rappeler si lui et de ne point lui laisser voir ses traces dans l'Eglise. 
11 lit eela pendant la nuit du dimanche, jour choisi pour Introduction - 
cTArius. Dieu entendit sa priere et ecouta sa denmnde. Arius vint de tres 
bonne heure, car il esperait slntroduire dans Teglise malgr6 le patriarche 

i, CL infra, ch. XXL — 2. Surtout Eusebe de Nieomedie. — 3. Est-ce Gregoire de 
Beryte? Theognis de Niceo? 

Digitized by GqOQIc 



246 HISTOIRE NESTORIENNE. [3$; 

JLi-JLi . <i) JL*JLi\ <j* j~-UW 1 ^-o)L AmJ\ A)^io joi j*j ^ y_J\ >J £*j 
J^kll J aI*J viUi jl IjJC f yj .oUj a*L J a)1£ Ai^ Jji jl ^ 2 c t j^J 1 

Jio Uf . jl^JU Cu^j* ^.-Jli .A»^ J Co- J Ap-J Ail viUSj .AiuJl ^1 jjiU 
A*Um»1 ^>J .Ale ill c yij V <J1 OltJ Ai^i j>*j fcjLJ C-WftT aJ 

. 3 <JL Aiuj ^Ijlj AT^CO ^U-l <£-Ul ^Jill -U^-J .^jiJl J* |^ Jji' U 

JL-»1 LJj .j . U :U ... + J ijjcX-l* C-LJt jl£ ^UJI l-U jl fj? Jlij 

. fj'JJ^ ■* gcJl Ail^» jL*j .Jtifll ^j^Lai (JjTj . j>- Lt «i)^laiM ^j^Li 

VI A. JL |JLi .Ci Ca*J aLo-j a»ITj J^-j <«^p- aaJLUI ^» ^ j> jl aJI JL» 
^kjw J jl£ LAi .Ai^*j aJ^. ^ ^jjXLJJl d) JatiS ju^JI aA^Iot >LU 

Jji Jli Si wJa^o j* LwLi aJL>- «Ja9D jl ^ Jj-C-ieM d)^iai)l * 

1^> JLjL" ^ ^*>- ^ aJLj .aII>^ Jjl ( J2^>- ^> J\ jl ^jU tj> jLJL- 

r * .1^ jj>wi jii jy^ a:V .^Vl ^-Jl JyJl ^ u .Jis .jy?. 

i. ? tLcft^l ? s^^ajJIj. — 2. Ms. ^[^aJI. — 3. ? j' ? jt ? 



Athanase. Etant entr6 dans les lieux d'aisances, toutes ses entrailles sor- 
tirent de lui en un instant, et il mourut. Certains disent que cela lui 
arriva sur la route, pendant quil se rendait k T6glise : comme il souf- 
frait d'une douleur d'entrailles, il chercha un cabinet d'aisances et, y 
etant entr6, ses entrailles se d£chir6rent et sortirent avec ce qu'il avait bu : 
il mourut de cette mort. — Puisse Dieu ne pas lui pardonner! — Les amis 
d'Arius confus et bonteux prirent alors la fuite. Le saint rendit gr&ces k Dieu 
qui avait agr66 sa demande en delivrant son Eglise de la mechancete d'Arius. 

Certains disent que ce tentateur 6tait diacre d'Alexandrie sous le r&gne 
de Constantin. Lorsque le patriarche Pierre connut sa doctrine, il rexcommu- 
nia. Mais Pierre fut tu6, et Alexandre lui succ6da Arius parvint k se faire 
absoudre par Alexandre, qui rompit ses liens et de plus l'ordonna prStre. Au 
bout de quelque temps, il porta envie k Alexandre k cause de sa science et 
de son Erudition. Alexandre lui ordonna un jour de prficher le sermon de la 
fete. Comme dans son discours il citait ces paroles de Salomon, fils de David : 
Le Seigneur m'a crtd le premier de ses creatures 2 , quelques assistants lui en 
demandferent Interpretation. II r^pondit que ces paroles d^signaient le Mes- 
sie, le Fils, car il a 6t6 cr66 avant toutes les creatures; et il rep&a cela dans 

i. Cf. supra, p. 242 et p. 244, note 2. L/auteur reprend la m£me histoire, sans 
doute d'aprds une autre source. — 2. Eccli., xxiv, 5. 



Digitized by 



[37] X. — HISTOIRE D'ARIUS. 247 

Uli .ijjc£~Yl J ^j^* 0 :. o' o* i>^~*^ -<S^ <^>- J viUi jj> Ail 

Jplicj l-U ^ VI jlj J ^JLis--» ^. : ..m.»H jl pib ^-1 < »l j ^ y&\ * Jk\l 

l r JL Uj ^-a* iflSLl Jj* J? «*l ijJu^-Vl <i) ^iai Uf ^JjDl ^jj 

^^jl . A.;.^:U..,flH <i)^Li Jl <Lp L* <s ji o* * 3* 

^-Ui <X*J L. UCij viULJI ^Ix- Jioj Jl <j"j>jl 

v . r4 ^p-^L-rjl JUL* 1 <uLSLYI icL=>- jlj jpJI ^l£^l jlj a,jjc£-I 

^, . « Ul IJL> jLui-lj J^asJl; jLxtVI <a5l~l Jl 3 ij3 ^*£> s^sX^ 

jl w^l <J 55 £**cJI I -lib ^^Jl tajjlj <A» ^i* 5 

£^-Jt pj"! ^-Lx- L^JLi *j j^l .,..]g| <mm&» UJ JalJli I^y^ Jc v—ii 

^^ij Jpo'j ^*l ^sjJU <*Jj^**JI *».^ (J ^-5 Ua>J -ViS ^maJI ^/JJjitj 

un autre discours. II lui fut alors d^fendu, ainsi qu'& tous les prdtres, de 
prficher & Alexandria. Quand les gens le questionnferent sur son opinion, 
il leur dit que, pour lui, le Christ £tait un serviteur cr66 et que le Fils 
commenga par cr6er le Saint-Esprit. Lorsque le Patriarche d'Alexandrie 
en eut connaissance, il r6unit cent 6v6ques d'Egypte et des environs; ils 
rexcommuni&rent 1 avec tous ses partisans ; et il 6crivit au patriarche de 
Constantinople pour lui dire ce qu'il avait fait. Arius le pervers gcrivit 4 Eu- 
sfebe, 6v6que de Nicom^die, le pria de lui prater secours et lui fit savoir 
que plusieurs 6v6ques avaient la m^me opinion que lui. Puis, Arius partit 
pour Rome 2 , alia voir l'empereur et lui d6non$a les manoeuvres du patriarche 
d'Alexandrie contre lui. II lui dit que sa doctrine 6tait la v6ritable, (doctrine 
soutenue d'ailleurs) 3 par plusieurs 6v6ques, comme Eusfebe de C^sar6e en Pa- 
lestine, Theodore (Tddhoutous) de Laodic6e, Paulin de Tyr et Athanase d'Ana- 
zarbe. II (l'empereur) 6crivit alors k tous les 6v6ques d'Egypte de se presenter 
devant lui. Les anecdotes de l'histoire de ce maudit sont trop nombreuses 
et trop longues; nous en avons donn6 ici un r6sum6 afin de le mentionner 
dans ce recueil. Celui qui desire connaitre son histoire & fond pourra lire le 
recueil de Socrate qui donne tous les details sur ce sujet\ Le commentateur 

i. En Tan 320 ou 321. S. — 2. Arius partit pour Nicomedie, residence des empe- 
reurs. S. — 3. II manque ici quelques mots dans le texte, mais le sens de la phrase est 
certain. S. — 4. Socrate est une des sources principales de Fauteur. Cf. Socratb, H. E. 9 I, 
passim. 



Digitized by 



248 HISTOIRE NESTORIENNE. [3fr 

s t m\ U 51 ^Jl cJIS jk, V ciU Jj>uJl wJLL-Vlj villi J* ^U>4- 
<A+r J15 ^ <*».L*. J* fijr* vJlL" Si dJ ^iaiJI l^J 

^«*JI VI viUi ^^ic ( j^a Li <Uc j j ^ ^ a ^^r^ Cr* <J^J aipL 



Th6odore (Tddhourous) 1 a ggalement racontd tout au long Terreur d'Arius dan? 
son livre intitule « les Perles ». Nous rappellerons encore quelques anecdotes 
de l'histoire des amis d'Arius et de ses partisans, car ils n'ont pas cess<§ de 
pers£cuter ceux qui combattaient leur doctrine insens6e. L'une de leurs ma- 
noeuvres perfides fut dirig6e contre le saint 6v6que Eustathe (Aoustdtis) *. Ils 
soudoyferent une femme enceinte et lui inspirferent d'accuser le saint de 
Tavoir rendue telle. Elie leur ob&t. Quand elle eut r£pandu cette fausse 
nouvelle contre le saint et qu'un grand nombre d'amis et de partisans d'Arius 
le maudit se furent r£unis, la prostitute se prdsenta, accusant l'6v6que de 
Tavoir rendue enceinte par ses oeuvres. Le Patriarche lui demanda d'ame- 
ner des t6moins : T6v6que accus6 gardait le silence. La femme dit alors : 
« Tu m'&onnes, 6 Patriarche, en me demandant des t£moins de ses actes avec 
moi. » Quelques assistants dirent : « Elle a raison ; mais il faut que cette 
femme jure qu'en accusant T6v6que, elle dit la v6rit6, et que personne ne Ta 
♦ A p. 48. pouss6e ni excit£e * contre lui. » Elie jura alors qu'Eustathe i'avait rendue 
enceinte ; et de fait, celui qui i'avait rendue enceinte 6tait un orfevre de ce 
nom. Le saint fut tout de suite excommunig, d6pouill6 de son sacerdoce et 
6loign6 de son sifege et de ses ouailles. Peu de temps apr&s, cette femme fut 
posstdee par le d£mon qui la torturait continuellement y non qu'il s'y fAt de- 

i. Est-ce Theodore de Mopsueste? — 2. Ce mdme Eustathe devint ^v^que d'Antioche 
vers 323; il mourut en exil en 337. S. 



Digitized by 



[39] X. — HISTOIRE D'ARIUS. 249 

jLjut j a^ji ^vi f Uj viUs jui ui iii f u ^>rj ^juai oiju 

p-^-^eJI ^ ^ jl^j ^j*Ua^j| 4^-1 ^JU» Jl>-j l^L^I ^j-iJl JL 

o-j-tW jl Q : U;U,,,i1 IjJB j^SUI *Y> jlj U JL tfU IjjU 

^^JLc ^y^-C jl <^ ftL~>- SI ^1 I^Slj jl jjiiLJl *VjU Jll>-I ^ j j Ui LL«a>* 
viUS J* IjJ ly^j IjJUl <l Jy ^ <iiLYIj viUUI ^^tlfl 
cJJj dULJI fo? « 5! ciio viUJI ^jJU* Ui ^JtjJI 



termini lui-mdme, mais it cause des humbles prteres du saint devant Dieu. 
Coinme cela allait toujours en augment ant, le jour et la nuit, elle comprit que 
c^tait par suite de V accusation mensongfere qu'elle avait port^e contre le saint 
6vfique Eustathe. Elle vint alors en h&te chez le Patriarche qui 6tait en com- 
pagnie de plusieurs de ses amis; elle lui fit savoir que quelques partisans 
d'Arius l'avaient port6e k faire ce qu'elle avait fait et l'y avaient amende en 
la payant. Elle ajouta que l'£v6que £tait innocent et que celui qui l'avait 
r endue enceinte £tait un orfevre nomm6 Eustathe. 

Plusieurs de ceux qui avaient assists au jugement d'Eustathe, bien qu'6tant 
6v6ques, croyaient int£rieurement k la doctrine d'Arius; mais iis se mon- 
traient ses adversaires pour conserver leur dignity, car ils 6taient devenus 
6v6ques en donnant de Targent. Ces imposteurs dirent k Constantin : « Atha- 
nase ne veut plus t 1 ob6ir; nous lui avons £crit de se pr6senter avec nous 
chez toi : il n'a pas rgpondu et u'a pas fait attention &toi. x> L'empereur envoya 
alors le chercher; et il vint accompagn6 de deux pr6tres, dont Tun, nomine 
Timoth6e, 6tait d'un jugement solide. A son arriv6e, ces imposteurs s'entendi- 
rent avec une jolie femme pour qu'elle vint devant Tempereur et les 6v6ques 
accuser Athanase de Tavoir rendue enceinte ; ils lui donnfcrent pour cela 
une grosse somme d'argent. Quand ils furent tous r^unis devant Tempereur, 
la femme entra et implora son secours en disant : « Le Patriarche Athanase 
m'a fait violence et je suis enceinte de lui. II m'a chass£e, il ne me donne au- 
cun secours et ne me reconnait pas. » Le prfitre Timoth6e lui dit alors : 



Digitized by 



250 IIISTOIRE XESTORIEXNE. [*0] 

JUS ^ j dUUI JLl *V d ^laill ^ £**fcW iJjb jl wiA^J <At 

j yjyy . ^ V jlj ^^aJl ^TiJ (XJt^ v^-^J ^ *£»Jl j jjJSLJI *^y>- l^l 

jl l^xolj *AJLJI ^1 'jjL-^j j + aJ JL^j Ij-uaj j^J^ jl^ 

iijLLiJL J j_5^i«4 dLXJ) ^jJ^t* JLS ^1 <^jI~Vl j^^JU^t 

cJt£ i Jr7 +}\ ^ ^lilrl jl viiUJJ I jJB J — <JI U Jl<C 



« Malheur a ioi, est-ec moi qui t'ai fait violence? » Kile repondit : « Qui, 6 
ennemi tie Dieu et le saisissant, ell<* jura en disant : « Voici Athanase, le 
patrinrche, qui a abuse de moi. » L'empereur et les assistants surent alors que 
c'etait un stratageme imagine par les imposteurs, partisans dWrius. Ces 
hommes furent eonfondus, bien qu'ils ne soient jamais confondus, selon la 
parole du prophiHe Juremie 

lis combinerent encore un autre stratageme : Plusieurs eveques et autres 
personnes cacherent Arsene, leur eveque; et trouvaut un liomme mort, ils lui 
couperent la main et la porterent k Tempereur, prdtendant (ju Athanase avait 
tu6 Arsene, leur eveque, et qu< k cette main <5tait la sienne. Les gens furent 
done dans Tincertitude : les uns alTirmaient, les autres niaient. Le pnHre avi,s('» 
Timothee partit alors; il ne cessa d'employer des stratagfemes et de donner 
des presents jusqu'a ce qu'il eilt trouve l'evfique Arsene, qu\>n pretendait avoir 
ete tue, II le lit venir dans le salon de Pempereur, qui etait rempli de patriar- 
ehes et d'eveques, et il leur dit : a Connaissez-vous lMv^que Arsene? » Us re- 
pondircnt : c Oui. » II le fit paraitre devant eux, leur montra ses deux mains, 
et ajouta : ot Est-ce que, par liasard, Arsene possedait une main de trap? » 
Apr6s eela, ils ne eesserent d employer tous les artifices de la perfidie et de 
Timposture, jusqu'A ce qu'enfm ils dirent k Tempereur : a Athanase a defendu 
de t'envoyer le hie qu'on te portait d'Egypte (Mm); car il a 6crit (aux Egyp- 




[41] X. — IIISTOIRK D ARIL'S. 251 

j^J jJ dU\ J — Li Ll-^i liiJl I jLia. jl pjjl ^ siLJI Juj»s; 

SLi j]| ^UUl £j Uii ^1 4£| jUrVl. O ^t" i^Jl jV 

^jVl ^-J IjL jl I^IUIj clU.ll j^U 

1. Ms. ^Jb, —2. Ms. 

tiens), les mena^ant de rexcommunication sils t'envoient quelque chose. » 
Lempcrrur ajouta foi i\ leurs paroles, parce que de fait, l'impot. ctait en 
retard. II Lexila loin de son siege pendant six mois. Mais quand arriva l'lieure 
de la mort, Fempercur cut mi songe qui le troubla et lui lit gramLpeur. II 
s'elTraya et ordonna sur-le-ehamp de faire rentrer Athanase dans sa ville epis- 
copale. II prescrivit dans son testament de Tensevelir, quand il serait mort, 
dans le palais, a ciHe de son tombeau. Le saint renlra dans son patriarcat. 
Auparavant, ses ennemis avaicnt pretendu que Tempereur n'avait pas su ce 
qu'il ordonnail a cause de sa maladie. Mais Jules \Lilinnum), patriarchc de 
Rome, soutint Alhanase v\ le renvova a Alexandrie. Puis, quand il mourut, 
il fut ensevoli dans le palais h cote du tombeau de Tempereur. Le saint revint 
done, alors qu'il etait deji apparu aux gens comme conversant avee eux. 
L'empereur Constantin mourut dans la trenti&me ann6e du regne de Sapor 1 , 
le huiti^me roi des Perses. Uue autre fois, ils demanderent a Fempereur de 
permettre k Tenfant le plus sot do se presenter a lui et de lui demander une 
de ses eglisrs; mais le saint ne donna pas satisfaction a sa demandc. Cons- 
tantin 2 ctfda alors aux imposteurs et leur donna toute liberte d'action eontre 
lui : ils se caclierent dans un endroit pour le tuer, comme les Juifs avaient 
fait contre Paul. Ouand il apprit cela, il nionta dans une barque et prit la 
fuite sur la rner, Quclqnes-uns de ses ennemis, Favant rencontre, ne le 

1. I/ann< : e 340 correspond a la l\0 e annee du regne de Sapor 11. C'est la date de la 
rnort de (Constantin IL que Tauleur confond peut-i*tre avec son pere, Constantin le Grand, 
inort en 337. — 2. Cf. Socrate, H> E. y III, xm-xiv. 



Digitized by 



* A p. 49. 




l 




* a p. 49. reconnurent pas, * car Dieu l'avait cach6 k leurs yeux; mais ils lui dirent : « As- 
tu rencontr^ sur ton chemin l'impie Athanase ? » — « Oui, leur r6pondit-il, il 
vous a devances ; continuez k marcher, et vous l'atteindrez. » Cest ainsi qu'il 
leur 6chappa. L'oil raconte qu'6tant petit, ii jouait avec les enfants et leur 
disait : « Je suis votre #v6que. » Et il nommait parmi eux des pr6tres et des 
diacres. Saint Alexandre, patriarche d' Alexandria Tayant consid6r6, lui dit : 
« Oui, en v6rit6, tu seras 6v6que »; et il fut comme il avait dit. 



XI. HlSTOIRE DU MOINE PaPHNUCE (FaQIOUTIS). 

Sous Diocl6tien, qui £tait empereur avant Constantin, il y avait dans le 



neur de cette region, et on lui dit qu'ii enseignait aux Chretiens la d6sob£is- 
sance k l'empereur et qu'ii m6prisait les dieux. II Tenvoya chercher. Le saint 
avait su cela et il savait aussi qu'ii allait subir le martyre. Quand il arriva 
devant le maudit, ce dernier fit venir Tinstrument du supplice et jura de lui 
faire subir les plus affreux tourments, s'il n'abandonnait pas la religion chr6- 
tienne et ne reniait pas le Christ. Mais lui ne fit attention ni k ces paroles 
ni k ces menaces et il n'en eut pas peur. II le soumit alors k la torture, et 
comme il vit qu'il mgprisait la souffrance , il Tattacha sur une pierre de 

1. Cf. Bed; ax, Acta mart, et sanct., V, p. 514. S. — 2. Cf. Bed j an, ibid. 




1. ^jii. — 2. y^ljjl. 




Digitized by 



[43] XII. — HISTOIRE DE SERGIUS ET BACCHUS. 253 

U j^JJl ^ u- uH\ .Ul ^ UJb JL J>. pAi .Ul j 

^>A) jyC" vly-, jl Jl V ^ £ ., :\\ j 5>U1 J^i V Sa- iiiJl 

J ^\ JLU 



marbre et le jeta k l'eau. II ne fat point noy6, mais il surnagea. Les gens 
furent 6merveill6s ; et les coeurs des fiddles furent fortifies k cause de ce 
qu'ils avaient vu. Quand il ne sut plus que faire contre lui, il Tenvoya k 
l'empereur Diocl6tien. Ce dernier ordonna de le crucifier; et il demeura long- 
temps sur la croix, ne cessant de prier et de chanter jusqu'& sa mort. Que 
ses prteres pr^servent les fiddles. 

XII. HlSTOIRE DES DKUX MARTYRS Mar SeRGIUS ET MAR BACCHUS. 

Saint Sergius (Sardjis) 6tait parent du maudit Maximien et son commen- 
sal et il 6tait attache & son service. Saint Bacchus (Bakous) venait aprfes 
lui en dignity. lis le servaient, tout en croyant k la religion chr^tienne; 
et chacun d'eux connaissait l'6tat de Tautre. lis furent desservis auprfes de 
Maximien, comme il arriva au prophfete Daniel chez le roi de Babylone. L'em- 
pereur vint dans Fendroit oft se trouvaient les chefs des dieux pour offrir les 
sacrifices selon sa coutume. Les deux saints rest^rent en arri&re. II envoya 
les chercher, et ils furent trouv^s en prifere dans un endroit [6cart6]. II les 
fit venir et les interrogea sur leur croyance ; et ils le lui dirent. II leur demanda 
alors d'abandonner leur foi pour adorer ses dieux; car il avait piti6 d'eux. Mais 
ils n'en firent rien et demeur&rent dans leur religion. II les fit done d^pouil- 
ler des vfitements que portaient les serviteurs de l'empereur et leur fit subir 
tous les genres de supplices dans l'espoir de les convertir. Mais cela ne .les 

Digitized by Google 



i^J^Jl J 4*41 ^Lcj lit^t ji^ j jiU 

jmi? <5vU j <*L?I J Oil ^ jUJI J>*i jjj ^jyi j^jV'j pjjl ^*ljS 



toucha pas ct ils persev^rerent dans la resistance. Maximien le maudit les envova 
alors dans le pays de l'Euphrate a son proeureur, qui etait parent do Sergius; 
ct il lui ordonna de les tuer. Le procureur leur parla & son tour et voulut les 
sauver; mais ils ne c6derent pas. Mar Bacchus fut llagelle jusqua ce qu'il mou- 
rut; Mar Sergius fut d'abord soumis & la torture, puis il eut le OOU tranche. 
II jeta leurs corps aux betes feroces, mais elles ne s'en approeherent pas. 
Les fiddles qui tHaient 14 prirent leurs corps, les ensevelirent a BesAfa et 
batirent sur leur tombeau une eglise qui se trouve encore aujourdliui sur 
les bonis de TEuphrate *; que leurs pritres nous preservent j 

Du temps de Diocletien, Bahrain, iils de Bahrain, surnomm^ SchAhan- 
schiVh, rd'gna sur les Perses 2 . II etait faible de corps et sujet k toutes les 
maladies. II fut bienvcillant envers b*s Chretiens et il ordonna de rebatir 
les t^glises demolies du temps de son pere a cause* des Manicheens. 11 mourut 
apres quatre rnois de regne et ne laissa pas d'enfant pour lui succeder. 
Narses (Xnrsi) lils de Sapor rugna apres lui \ C'etait un vieillard intelligent 
et sage; il lit dans le rovaume l^eauconp de choses qui montrercnt son intel- 
ligence. II monta sur le trune dans la neuvi&me ann^e de Diocl6tien; et dans 
la einqui&me ann6e de son rfegne, il vint au pays des Boniains et des Arme- 
nieus, mais il fut vaincu. De son temps, les Chretiens n'eurent point a souf- 
frir, II mourut apres avoir regne neut ans. Son tils Hormizd {llormoz) lui 

1. Resafa ou Sergiopolis. — 2. Cf. Noeldeke, Geschichte, p. 49-50 et 413-410. Le 
t hmnkjueur parle ici de Bahrain III (293), fds de Bahrftn IL — 3. En 293. 

Digitized by Google 



[45] XIII. — HISTOIRE DE S. SYLVESTRE. 255 

f^J £t*" S-^j p» 

^^i-l ol* LJi j-S** ilT Sju ^^LJLi cjyi viJUs J vil^^LiJl jl£ 

v^L^c^l fjLSj LLL>- AJbi }L*U ^ JZ>- j^j j ^.j' * u"Jw?k 1L* <S£+ 



If *Ap. 50. 

<J1 ^»Ij>c-> p Jag> «..*." l^Jl* <J*»- ^yJa ^» p-rVl ^ <£»J^> 

1. ^UA\ 



succeda 1 . II se montra ind£pendant dans ses id6es sur radministration des 
affaires et n'6couta pas les Mages. II fit une expedition contre les Romains 
pour venger son p£re, mais Diocletien lui inlligea des pertes. Sous son rfegne, 
les Chretiens n'eurent point k souffrir. Puis il mourut % aprds avoir r6gn6 
sept ans et quelques jours. 

XIII. HlSTOIRE DE SAINT SYLVESTRE, PATRIARCHE DE ROME 3 . 

En ce temps-l&, Miltiade (Militous) fut patriarche de Rome pendant trois 
ans 4 . A sa mort, on cboisit k sa place Sylvestre 5 , qui etait kg6 de quarante 
ans. II etait bon et pieux; il convertit beaucoup de monde, r£sista aux amis 
de Diocletien et supporta leur persecution. II demasqua les divinations des 
prfitres des idoles et montra leurs mauvaises actions. II convainquit beaucoup 
de Juifs par ses controverses. II predit la mort de Diocletien et ce qui devait 
lui arriver. 

XIV. *HlSTOIRE DU DRAGON 6 . * A p. 50. 

Sous le rfegne de l'impie Maxence (Maksitis), il y avait k Rome, prfes 
d'une colline, un enorme dragon. Tous les ans, au mois de mai, les devins 

1. En 303. — 2. En 311. — 3. Cf. Land, Anecdota st/riaca, III. — 4. De 311 k 314. 
— 5. Sylvestre, pape de 314 a 335. — 6. Cette histoire du dragon a ete emprunt£e par 
les Syrians aux ecrivains grecs et latins. 



Digitized by 



256 HIST01RE NESTORIENNE. 146] 

J vilUJ j^l^M Cj <~* pfJl L-t \y*j* -** j j 

S*\ jl fcil^-xJl J J>*A)1 pr*^ J J* <>~* fr 5 ^ ^ t^O 5 ' 

o* J <£Lr* r^wi JL%£ j jsjl. ^# L ^ <i jL. <j j J Li j^Ldl U* 
vii~ JL^j SjLlJI v L ^1 ^1 <J jVy.j <Utio ^A*^ u^y- ^ cr^y^ 
^Ul ^ ^JLr Uli C* j\j I ^jL^l j v^UJt ^^J;! itL'j 0r~^ <j*4ju* c£->J^* 
SjUJl J dULi jujl*J! ^ ^ Vj 5jUJI Jt Jj* 
^j^ki ^.1 IJUC* JJj c4~ j}\ JLSVl IfJUiti 1 JJ^ l^ij 1 jli ^U; <>• Cl^l 
% II Ujwm- j ^ ^1 <1L. j>y\ *a* jl ^. .. . .. .J l Vj*o ij'^yj 

ju-9c» ^rliJI *a» Jj CJU ju^ j^idl pi <*£\ j ^* *L>^* r * <1 <j*LJl viLi* 

1. Ms. JfU. — 2. Ms. J^j. 

et les enchanteurs se r^unissaient autour de lui et lui offraient une jeune fille 
vierge. La plupart des habitants de Rome etaient tomb£s malades k cause 
de l'odeur de son haleine qui montait vers eux; leurs couleurs en etaient chan- 
ges. Ce dragon vivait dans une caverne oil Ton descendait par trois cent 
soixante degr6s. l*e saint, voyant l'6tat des habitants de la ville, les pressa d'a- 
bandonner leur erreur. Plusieurs notables assur&rent qu'ils se convertiraient k 
la religion chr6tienne, si le saint les debar rassait de ce dragon. Alors il demanda 
k Dieu de Taider dans son entreprise et s'en qccupa pendant un mois. 11 vit en 
songe les deux bienheureux apdtres Pierre et Paul, qui lui disaient : « Va 
jusqu'i la porte de la caverne, et, ayant pris avec toi les deux pr£tres Theodore 
(Thddourd) et Jules (Youlnos) avec trois diacres, c6l6brez-y la messe. Lorsque 
le peuple sera rassembi^, descends dans la caverne et ne crains pas. Prends 
avec toi des serrures de fer, car tu trouveras dans la caverne de grandes 
portes en cuivre pourvues d'anneaux. Ferme-les avec les serrures et dis : 
cc C'est ainsi que Pierre et Paul, les deux apdtres du Christ, ont ordonng que 
« ces portes soient ferm^es, jusqu'au jour de Tapparition de Notre-Seigneur le 
« Christ, en souvenir du salut accords. » Prends ensuite les clefs et cache-les 
dans la terre. » Sylvestre fit ce qui lui 6tait commands : le peuple restait per- 
suade qu'il mourrait k cause de Fodeur de la gueule du dragon, jusqu'4 ce 
qu'il fut remontg sain et sauf, tenant les clefs dans sa main. Tous les assis- 
tants rendirent alors gr&ces k Dieu et beaucoup re^urent le baptdme. D'au- 
tres y sursirent par crainte de Maxence. Mais le saint leur dit comment il 
pgrirait et comment Tempereur Constantin arriverait au pouvoir; et ils 6cou* 



Digitized by 



[47] XV. — HISTOIRE DE COXSTAXTIN. 257 

^^JU L^jj JL>1 iil ^^Jl^ ^ JLJU j-dl SjU JA JUI 4)1 ^Jii- 

^ - ^ J^tr* vdUU ^* jj^- - Sju jiJl ^jJlc- ^ J dJLL ^JU* i^UJI CJI 



1. |^ gJ^jL» » £ « — 2. ^p^JaJi* 



I 

terent ses conseils. I)e meme que Dieu avait sauve les habitants cle Babylone 
du culte du dragon, par le proph&te Daniel, ainsi il sauva les habitants de 
Home par les mains de Sylvestre, leur patriarchs 

XV. HlSTOIHE DE l'eMI'EHELR CoNSTANTIN, 

L/empire avait £te partag£ entre quatre empereurs : Diocl^tien, Maximien, 
Maxenee {Makidntii), tils de Maximien Hercule (Douqlatidnous?) et Constance 
Chlore {Qostaiitin). hioeleticn et Maximien avaient ensemble TOricnt, c'est- 
4-dire TArmenie, l'Egvpte et la Syrie (Asrh-Schdmdt) jusqifi Constantinople. 
Maxenee gouvernait tout seul Rome et les pays voisins; Constance avait Cons- 
tantinople*, qui est Byzance. En ce temps-Ui f les habitants de TEgypte et d\\- 
lexandrie se rcWolterent, Diocletien envoya des armies contre eux; mais ils les 
firent perh\ Etdans la onzifcme annee, X arses r6gna en Perse pendant sept ans; 
puis* apres lui, Hormizd (Hormoz) r^gna pendant cinq ans. Et dans la dix-neu- 
viemeann^e de Diocletien, les 6glises des Chretiens furent demolies; uu grand 
nombre d'entre eux furent tues, et la persecution dura liuit ans contre eux. A 
cette epoque, fut martyrise Pierre, le patriarche dWlexandrie qui excommunia 
Arius. Cette annce-l&, il y eut une telle famine que la mesure (sir) de ble coil- 

i. Constance regnait alors sur les Gaules, la Grande-Bretagne, TEspagne et la Mau- 
ritanie. S. 



Digitized by 



258 



IIISTOIRE NESTORIENNE. 





tait deux mille cinq cents drachmes. Et lorsque Diocl^tien et Maximien, qui 
avaient imit6 Sapor dans leurs agissements contre les Chretiens, furent vaincus 
et mis en fuite par deux rebelles sortis, Tun de l'Orient, F autre de TOccident, 
ils devinrent fous, se confondirent avec le peuple et furent destitu£s. S6v6re 
(Saourous) et un autre Maximin 1 leur succ6d6rent. Ils pers^cutferent les Chre- 
tiens et en firent tuer un grand nombre. Apr6s un an de regne, S6v6re fut tu6 5 , 
et Constantin le Grand, fils de Constance (Qoustous), lui succ6da. Constance itait 
humble et doux, et dans son pays des Gaules (Ghdldtiyah) les Chretiens vivaient 
en paix; ils gtaient k l'abri, dans ses £tats, de la persecution qui atteignait ceux 
des autres pays. H6l6ne, son 6pouse, 6tait originaire de Nisibe (Nasibin), elle 
Tempfichait de faire ce qu'ordonnaient Diocletien et Maximicn et Texhortait 
k faire du bien aux hommes. Sans cesse elle demandait k Dieu de converter 
son mari de l'idol&trie k la foi chr6tienne. II r6gna douze ans, et, trois ans 
avant sa mort, son fils Constantin commenga k r£gner. Puis il mourut, kg& de 
cinquante-sept ans 5 ; H6l6ne, quand elle mourut, avait quatre-vingt-dix ans. 

Alors, tout Tempire Romain £chut k Constantin (Qostantinous), en Tan 616 
d 1 Alexandre, qui ^quivaut k Tan 273 de F Ascension de Notre-Seigneur le 
Christ au ciel. II (Constantin) vint dans le pays des Gaules qu'il avait habits 

1. Severe (Flavius Valerius Severus) et Maximin Dala crees c6sars en 305. — 2. En 
307. — 3. Le pere de Constantin mourut le 25 juillet 306. S. 



1. Ms. —2. LJliu. 




[49] XV. — 1IIST0IRE DE CONSTANTIN. 259 

~>\i * ^ ^iUaJS cl U..,.^4 <t stjI^ j ^L. jili; l^i <^ £ jl£ ^1 * A p- 51 - 



^1 J *\ ,» II ^1 <J j j jl^Jl ^ ol^L a- ju : jl£ Uii J^l *U els j 

<l Jlij ^aUJ^ <Jj^/ Sj^-tfJI fc-*^-* jl O^^*^ l^i^J v r JLaJl Jilt jy ^j* Z\ \ 
....J^ JuLLsti ^jLxJJ VI vS^J Sj^-a)l SAA> jl pJLi jl£ ^t viUi ^Ij 

jLLt j : U :U ...» I JLijI <1 Jy» ykj j^Jl xJI <*L. J ft <l jUVI 
^JLlt dLU dLjo ^ dl ». ^ l^ ^iJj 0^' W J cr" viUr 
^il ....ii | ^ a b t <JLt ^Ij <JLo-j ^^>JL wJb-iJl ^ CJL? JLwi <J$Ac 



avec son pere, k Nicom^die (Niqddhoumiyah?)* . Sa femme 6tait Maximiana 
(Madjsimd) fille de DiocUtien 2 (Douqlatidnous). * Maxence, & Rome, et Maximin * a p. si. 
(Maksimidnous), en Syrie, se r6volt6rent contre lui, tourment6rent les Chre- 
tiens et ddtruisirent les 6glises. Maxence eventrait les petits ganjons, leur 
arrachait les entrailles et en tirait des augures avec Taide des devins. II parut 
dangereux k Constantin qui le craignait k cause de la multitude de ses sol- 
dats et qui voulut aller le combattre. 11 ne connaissait pas encore le chris- 
tianisme. Sa m6re s'en cachait k ses yeux et avait peur de lui r6v6ler sa foi. 
Elle demandait avec Constance k Notre-Seigneur de le convertir k la foi du 
Christ. Lui-m6me, il r£fl6chissait et disait : « Le Dieu qui me donnera la 
victoire sur cet ennemi, et m'aidera contre lui, sera mon Dieu. » A la 
sixteme heure du jour, il leva la tdte et vit une colonne de lumiere en forme 
de croix qui portait cette inscription : « Par ce signe tu vaincras. » On dit 
que tous ceux qui etaient avec lui virent la mc^me chose. II sut que ce signe 
ne pouvait convenir qu'aux Chretiens et il embrassa 3 ... la foi. Puis, endormi, 
il vit en songe le Seigneur qui lui disait : « Prends, 6 Constantin, la forme de 
Tembteme que tu as vu en ce jour; que le g6n6ral de ton armde le porte 
devant toi et tu vaincras ton ennemi. » II fit done faire une croix en or, 
Tincrusta de diamants et la pla$a sur son 6tendard. 11 triompha des armies 

1. Sens obscur. Constantin etait k Nicomedie. Quand Diocletian abdiqua l'empire, 
l'an 205, Constantin suivit son p&re Constance en Gaule et en Bretagne. S. — 2. Cons- 
tantin epousa successivement Minervine et (en 307) Flavia Maximiana Fausta. Cette 
derniere 6tait fille de Maximien Hercule (Cf. Tillemont, Histoire des empereurs, IV, 
p. 84 et 100). — 3. Lacune de deux mots dans le texte. 



patr. on. — T. IV. 

Digitized by 



GbogU 



260 RISTOIRE NESTORIENNB. [50] 

Jj^U ^Uju JUi»l ^ili ^^Jl ^ Jjj,_ jl jl j\ \ 5 ^iXll 

i. Ms. slU. - a. » Ud! c , Jo. J*^I1 J L». - 3. la^ ai c ,ur Li. 

ennemii's, et Maxenee se nn\V : il avait regnd ilouze ans. Constantin iwint 
de la guerre apres quatie aus, porta la crt>ix dans sa main, et fit construire 
sa villc qu'il appela de son nom : Constantinople. Depuis lors, les Romains 
prirent I'habitude de fain* preceder leurs armees de la croix, port^e par- 
lour chef a . 

II y eut encore un autre motif de la conversion de Constantin * : La lepre 
ayant fait son apparition sur sa chair, des impios vinrent le trouver et lui 
ill rent : « Si tu veux ^uerir, e^orjje h-s eufants de la ville (et prends un bain) 
dans leur sang. » II fit done prendre et egorger plusieurs eufants 4 ... Un grand 
tumulte sVdeva alors dans la ville, et il y eut beaucoup de pleurs. Ce qu 'ayant 
cntendu, il Tut saisi de compassion et relftcha lesenfants captifs. La nuit venue, 
il vit deux homines qui lui disaient : I Si tu veux gu6rir de la Iepre, fais 
venir Teveque Sylvestre qui se cache par cratute de tt»i ; il te gu6rira. » Le 
lendemain il (it done reehercher activemcnt INivequc? jusqu'a ce qu'il Teiit en 
sa presence. Alors, il lui dit : « Oii sont les deux dieux des Chretiens, que j ai 
vus en songe cctte nuit? » — « Ceux que vous avez vus pendant votre sommeil, 

i. En 212, le 28 octobre. S. - 2. Ce premier recit de l apparition de la croix semble 
inspir* 1 par Sncrale, //. E., I, it. Cf. Michel le Syrien, Chronique, I, p. 239-240. ML \N « 
sely propose de voir dans cette legende une inlnrpretaliun du monogramme IHV ecril 
sur la croix : au lieu de 'Ir^Qu on aurait lu I(N) H(OC) V(1NCE). Cf. Les plus anciens 
monuments du christianisme ecrits sur papyrus dans la Palrologie OruTilale, IV. 
page 101. — 3. L auteur a fait de norabreux emprunts aux Actes apocryphes de S, Syl- 
vestre. Voir Telude que leur consacre M gr Duchesne dans le Liber Pontifieafis, I, p. cix 
sqq. Une recension syriaque de cos actes a etc publiee par Land. A net do ta syriaca, III, 
p. 46-76. — fc. Lacune. 

Digitized by Google 



[51] XV. — HISTOIRE DE CONSTANTIN. 261 

VJLJr ^^yj crJ^* L*t*w-!j Cx*^ LJj ^ Ujt viU^** J U^jj j^iiJl 

jl Ca»- siJUUl JUS L^Jj^* <*J\ .^ja ^aJ)l\ -iiiij JiC)l ( j < ali M ^c- : .>M.» i l 

j yti JLL* J* UiL, j <*»^» <c wJbi JUdl ^ ^ 1 -^^^ ^-aJl 

£J1 J JUSj *LJlj jUJI ^ JU- Jl CiJI j^-^j jtrt <~ 1 ju^1j dLJI 

<Lw» jj JL*1 tolic-l U ^j^JL-JU- ^AiJI Jijlj l^iLwJ fj^^j <\ y\ 3 
^jiLw^Xw JLarl Uj cU-j vTm*JIj i i^jjJIj ^^liuJI ^^iJlj ^jUac *U»jVIj 

1. Ms. a*^. — 2. Ms. o^ 6 ^ — 3 - a W d * ^r*^' — 4 - J 

j^j ta. — 5. ^JaxL » i ^5^. 

r^pondit l'6v6que, ne sont pas deux dieux, mais deux mortels : ils s'appel- 
lent Pierre et Paul (Fatrous et Foulous), disciples du Christ, Sauveur de tous 
les hommes. » Et l'6v6que fit apporter leurs images de T^glise. « En v6rit6, 
dit alors le roi, ces deux images sont bien celles que j'ai vues pendant mon 
sommeil. » L'6v6que le pr6cha et lui d6montra la v6rit6 de la religion chr6- 
tienne. Constantin re§ut alors le bapt£me de la main de l ! 6vek[ue. Immediate- 
ment la lfepre le quitta et, de son corps, tomba quelque chose comme des 
gcailles de poisson. Cinquante-deux mille hommes regurent le bapt6me avec 
lui, sans compter les femmes et les enfants. C'dtait en la onzidme annge de son 
rfegne. La foi s'enracina dans son coeur; il ddtruisit les temples paiens et fit 
clever des 6glises. Sa femme Maximiana (Maksimind) se fit baptiser aussi et 
devint bonne chr^tienne. Sylvestre mit fin k l'habitude qu'avaient les Ro- 
mains d'appeler les jours de la semaine des noms des sept astres; car ils 
appelaient le premier, Soleil; le second, Lune; le troisteme, Mars (Mirrikh) ; 
le quatrifeme, Mercure ('Oidrid); le cinquteme, Jupiter (Moschtari); le vendredi, 
V6nus (Az-Zoharah); le samedi, Saturne 1 (Zohal). Maximin, ayant appris ce 
qui 6tait arriv6 k Maxence, se soumit au roi Constantin, lui envoya de beaux 
presents et lui demanda pardon. II fit aussi ouvrir les dglises et les couvents 
dans ses provinces. Les devins et les prStres paiens lui reprochferent cette 
conduite et le m£pris6rent 2 ¥ II se r&volta alors de nouveau et persecuta ' s p. 9. 

1. Cf. Michel le Syrien, Chronique, p. 240. — 2. Lacune. 

Digitized by Google 




1. Ms. - 2. Ms. — 3. Ms. 3Ls. — 4. Ms.y^e ttfl. 



les Chretiens. Constantin envoya contre lui Licinius (Louqinous), son beau- 
frfere, qui tailla son arm6e en pieces, en triompha, le tua avec ses enfants, 
extermina les devins, 6leva des couvents et des 6glises, honora les Chretiens 
et rgsida en Syrie. Constantin 6crivit aussi k ses amis de prot£ger les Chre- 
tiens, de faire cesser les maux dont les accablaient les rois infidMes et 
d'6lcver des 6glises. Constantin ne fut pas baptist depuis Fannie de sa vic- 
toire sur Maximin Daia, la septi&me de son rdgne 1 , jusqu'& la onzi&me, tout en 
faisant clever des 6glises et en embrassant la vraie foi, car il voulait recevoif 
le baptfime dans le Jourdain oil le Christ lui-m6me s'etait fait baptiser. II 6cri- 
vit & Eus6be de C6sar6e pour lui ordonner de d6truire les temples des paiens. 
d'en effacer jusqu'aux traces et d'elever k leur place des figlises ; il lui envoya 
io. de grandes sommes d'argent pour couvrir les frais. * Eus6be obeit : il dgtruisit 
les anciennes constructions, les eleva de nouveau avec plus d'art, agrandit 
les 6glises et 6crivit k Tempereur pour Ten informer, Les Juifs, ayant vu ce 
qui arrivait, en con$urcnt beaucoup de jalousie et dirent : a C'est le Dieu 
unique qui a gu£ri Tempereur de la lfepre et non point le Christ. » Le cceur 
de Tempereur fut alors trouble et devint hesitant; il voulut connaitre la vdrite 
et, k cet effet, il rassembla douze de leurs chefs et douze 6v6ques chretiens, 
lesquels discutferent en sa presence. II d6m6la la v6rit6 des preuves apport£es 
par les £v£ques d'avec la faiblesse des arguments des Juifs et, s'attachant 

1. Maximin Data, vaincu par Licinius, allte de Constantin, s'eropoisonna a Tarse, 
sept ans apres Tavenement de Constantin (313). 




[53] \VL — DECOUVKKTE DE LA CROIX. 263 

JLL>lj j-^sJl Jy^\ j A-pLp-lj ^jL* -^^Jl ftp* ^J^j CiJLYt J^-i 

&i *ttftj 1 g^UUfl fc^J CiVV! j 5>U!I C LDI j^JI j JLUfl Jlj*Vl * 

cLd^ J^J» ^ jL? l^JLt jlLM Jjfcl JLlj^ cJ 

.l. r :J y Jl w . , l^wlt U <J pj jt—ai!! UL» U 1 .... UJi 

fortement a la religion chretienne, il travailla avec zoic a faire triumphcr la 
verite et k detruire ferreur. 

XVI. — Dtkoi vkute tie La choix lt des clous'. 

H^lfcne (Hildnd), m6re du roi Constantin, alia a Jerusalem, avec unn noni- 
breusc armec, des richesses magnifiques, des voiles, des etofFes preeieuses, de 
riehes ornemeuts en or eteu argent pour les autels. * Une Puis a Jerusalem, elle * 
fit chercher la eroix et les clous qui pereerent les mains de Notre-Seigneur* 
ct fit taut qifellc les trouva avec Taide de l'evequc Eusebe. Les Juifs impi« s 
avaient enfoui tout ecla dans un puits sur lequel ils avaient areunuile les 
ordures de la ville, tellemcnt qu'avee le temps e'etait devenu eomme une grande 
montagne. Hellene prodigua Targent : les ouvriers enlevement cet amas epais 
qui couvrait le puits, et les trois croix furent retirees ainsi que les clous. Pour 
eprouver les croix, elle leur lit toucher une femme morte depuis longtemps : 
quand les deux croix des larrons la (toucherent), elle ne remua point, Mais au 
contact de la croix du Christ, elle se leva instantanement. La reine lideJe confia 

L Les texles rehtlifs h la suinte Croix out ete r^unis par Gretscr, Opera omnia, 
K;itiabona<\ lT.'JA. M. Nestle a public lus textes syriaquos, De sancta Crave, Berlin, IK8!». 
(^f. Bedjan, Acta martyrum, HI, p. 175 sqq. M. Tixeront a donn£ un essai de synlhese 
dans Lea originen de I'eglise d*Edesse } Paris, 1888. p. 1(51 sqq. 

Digitized by Google 



StiN MIS TOIUR XESTORIENXK. 

>L r -4^C" dJij lyJjl ^^a) Ll>J ^•L*J1 ^ ci-L*^ yJLfc^O *^cojli 

i-i^J ^ 1 ... ci ^ i ^j=^ JjA ^>La <^jUJI <<0J1 b-uk 

, bt w a a J c5 -«^\l j^l t5 -^i L^-^ Jtt C» jUti ^yiX 

f J^-H cj) ^JL. -O j ^Ug jl Jii j U Jl villi j J jMU y£5sM JU^iTj 

h 8pf : ^ c^^" ufttf* 



la cruix a levt'que et fit avec les clous un mors pour le eheval de son fils ; 
Dietl lui inspira d'agir ainsi pour aeeomplir une prophetic qui avaii cte 
* p 11, faite a cc sujetV Eusebe revint * de son h^resie, anathematisa Arius et scs 
partisans : lous los livres de re dernier furent bnlles. Conslanlin ecrivit a 
toutcs ses provinces pour ordonner, sous peine des plus graves chtUimenfs, 
de hruler les livrcs dWrius, 



XVII. IIkLKNK LA FlIMvLK et shn fils lk Victoiiievx 2 . 



Ilelene, eette rcine fidcle et heme, Olait originairc dKdesse (Ar-li<>h<i) en 
Mesopotamia d T un village appeld Kafar Fahar 3 . Elle s'etait faile cliretienne 
*jraeo H BarsamvA *, e'esl-A-dire <t le fils de Taveugle d, eveque d'Edesse, on 
elle avail appris les livres saints. II arriva qifun lioinine, d'une famille d'em- 
percurs romaius, nomine Valentin (WYtltuttinmis), iils de Castus, fils de Dar 
Sands, lils de Deee [Daqious), fils de Tempereur Claude II (Qloudious), ful 

1. Zacharie, xiv. 20. — 2. Vn bon nombre des fails de ce ehapitre se retrouvnit dans 
la Vie de Constantin et d'Ifelenc qui figure dans les mfoiologes grecs. Cf« Revue da 
I* Orient Chretien, 1005, p. 102-168 : Les constructions Paiestiniennes dues it saintc 
Helene. — 3. Une autre tradition la fait nailre a Drepane en Bithynie ou encore aTVAIs. 
Cerlains eerivains anglais la font nailre en Angleterre, S- — 4. Cf. Rubens Duval, La 
Litterature syriaque, p. 122-120. Les actes de Barsamya furent « viejllis » de pres de 
deux siecles, et on en lit un contemporain de Trajan. 



Digitized by 



Google 



XVII. — EUST01RE D'llELENE ET DE CON8TANTIN. 966 
l^JUpo J^— 1 Wi Si ^Jl -iL l^iU^ ^ jl^j 



S p. IS- 



envoy c par rempercur romain pour visiter * les pays d'Orient attenant k lVm- * s p. i i 
pire. La patrie do cette femme faisail partic de cms pays. Hue fnis arrive, ret 
homme vit Htflenc qui lui pint par sa beaute, il la deiuanda en mariage k 
ses parents : ils lui accordant sa main et il la conduisit dans son pays. 
II arriva qu'il devint empereur'; alors rette femme benie travailla k defendre 
les Chretiens dans l'empire de son mari qui etait paien. II lui obeissail parce 
qu'il Taimait et il ignorait sa religion. Elle lui donna un (ils qu'il appela 
Constantin et qui grandit dans la religion de son pere. Son pere mort, Cons- 
tantin regna apres lui. Depuis environ deux cent solxante-dix ans, le chris- 
tianisrac 6tait en butte a toulosles persurutions en Syric et en d'autrei pro- 
vinces, e'est-4-dirc de[)uis la quiii/ienie anuee du regno de Tibere i TibririoHs) 
C6sar, jusquVi la dix-neuvieme ann^e du regne de Dioeleticn. Helene ne crul 
pas devoir reveler sa religion k son Ills ni Ty convertir, craignant sa jeu- 
nesse, * rinfluenee funcste de ses amis, son ineonstance apres son baptdme * 8 p. il 
et un manque de fid<*lit6. 

Au mois de Janvier, en la septi^me annee du r6gne de Constantin, des 
arm6es barbares entreprirent de le combattre et vinrent sur le Danube 2 

1. Constance Chlore, cpoux d ilcU ne, < ; lait tils d*une niece de Claude II. Nous ne 
voyons pas qu'il ait ete appele Valentin. — 2. Je ne sais si Tauleur entend parler ici des 
armies de Maxence ou bien des peuples barbares que Constantin h.ittiten CI aide H en 
Clermanie. S'il veut parler de ces derniers, le lleuve mentionne sera it It Danube. Mais 
si Pauteur veut designer les annees de Maxenee, ee lleuve seraiL le Fibre. 11 resulte du 
contexte que Tauteur parle de ce dernier, a muins de supposer ici une phrase omise. 



Digitized by 



Google 



266 HISTOIRE NESTORIENNE. [56] 

<Jl j^i <j-UJI cJlij <iob p) j <^Jj> <k <V ^■■■■Ii.mC* Ij£ ^.W;k.,.i? 
p-r 1 ^ cr 1 ^ ^jIp ^ ^ Jr- pri^ 1 * < ~?* J * 

J-^- 11 f>* <J1 <^j^ <yj j >j 

* sp. 15. lyiJ JtuJl l-y* iJUr vifcl 1 Cjij Cr* 

Cl j ^Jt ^Jl JL* 4ij jll JOc ^Jl J villi j Tjl^ dUs <l 

ji ^y U. ■*■■) ! jLSLt JUL* j J ^£ j^ATUJl j j> ^^^-SjIj *L*J1 <j * r JLa)l j ^Ja) 

viLil w^l v y£j* j 1 ^£ ^J>\ J> v r JLJl kjj** ^ ^11 ^1 j 

, 1. Ms. ^s. 

(Doubdnis), pour piller les Romains et d&vaster leur pays. Costa 1 (Qoustd) 
dit que . Constantin attaqua Maxence parce que ce dernier s^tait revolte 
contre lui k Rome, ne Tavait pas reconnu comme empereur et s'etait empare 
de la ville. Constantin done alia contre eux avec son arm6e et s'arr6ta k 
proximity d'eux, pr6s de ce fleuve, r6solu k les attaquer. Mais il sut que 
Farm6e ennemie 6tait forte, nombreuse et puissante : il eut peur d'en venir 
aux mains. 11 apprit aussi que l'ennemi 6tait d6cid6 k Tattaquer de bon matin. 
Alors, il vit en songe une grande lumi&re au ciel, des Eclairs effrayants et 

* s p. is. une croix compos^e d'astres * avec cette inscription : « Par ce signe tu vain- 

cras ». D'autres disent qu'il eut cette vision pendant le jour, et que c^tait 
le 19 mai. Les Grecs c^lfebrent k cette date Tapparition de la croix au ciel. 
iSo'barnoun, T6v6que m6tropolitain , dit 2 dans ses <c Questions du diacre 
Macaire (Mdqdris) » que Constantin vit la croix prfes de sa tente et 6tendue 
sur elle, k Tinstar d'une lance compos6e de dififerentes 6toiles ; et, k la pointe 
de la lance, la forme de la croix en astres distincts. Les astres en forme de 
lettres donnaient cette inscription : « Par ce signe tu vaincras ». C'est 
Thabitude chez les Grecs et la plupart des nations d'entourer d'une bande 
pendante le bois de leurs lances, au-dessous du fer : voilii pourquoi, la croix 

Bar H^brseus, dans sa chronique syriaque, appelle aussi ce fleuve Danubius fed. 
Bedjan, p. 60); m£me chose dans Fhistoire de la d^couverte de la Croix (Bedjax, Acta, 
I, p. 326). S. — 1. Costa, historien qui sera encore cite plus bas. — 2. On voit que l'au- 
tear compile ici tout ce qu'il a trouv6 sur Constantin, sans se preoccuper de conctlier 
les divers recits. S. 



Digitized by 



[57] XVII. — HISTOIRE D'HELENE ET DE CONSTANTIN. 267 

fj 5 J**J C tJ <-^ J <^ ^ ^ ^JLall jl cU-V * S p. 16 

j.k;k,„; ctJJ-U ^tjli ^*}\ ^Lr *yi p JL** ^ *-L«>lr 

(J pfJL-'J *^JJ pft^ i 1(^)1 J jJUll Jjt\ ^ja k&c+a {j* £*?-J l-Vi-O (cXSj\ 

frt* frt £*A) ^ <> ^ ^ u"^ ^ o'j 

<£\ J ^£ J * J^>* *J-**> ^» W ^jJaJaJ? jl J^i 15 ^ IkJJj * S p. 17. 

l. Ms. — 2. ^Jl J*J ^iU! ^1 a! ^1 ? JjU ^1 ? JO!. 



etant apparue sur le haut d'une lance , les Nestoriens attachent au b&ton 
qui porte la croix un petit voile qui tient lieu de la bande pendante. D'autres 
pr&endent * que cette bande au bas de la croix sert k representer ce que * s p. 16. 
fit Notre-Seigneur en se ceignant d'un linge, lorsqu'il lava, par humilite, 
les pieds de ses disciples. 

Revenons k notre r6cit. Constantin done s'effraya beaucoup de cette vision ; 
il r^unit les savants et les devins qui Taccompagnaient, leur en fit part, leur 
demanda ce que pouvait 6tre ce signe qu'il venait de voir, et auquel des 
dieux adores par les Romains il pouvait appartenir. Aucun devin ne le sut. 
Constantin fit fabriquer une croix en or, semblable k celle qu'il avait vue, et 
donna ordre qu'elle filt port6e sur son 6tendard : puis il fondit sur les enne- 
mis et les tailla en pieces : il tua leur roi et le reste prit la fuite. 

Costa (Qoustd), fils de Luc (Louqd)^ dit que Constantin, ayant triomph£ de 
Tennemi, se prit k refl^chir * et k dire en lui-m6me : « Quel est done le Dieu * s p. i". 
qui m'a aid6 k vaincre mon ennemi et k le mettre en d6route? » Pr6occup6 
de ces pensees, vers le milieu du jour il leva la t<He vers le ciel et il y vit la 
croix, brillante comme le feu, avec cette inscription : « Par ce signe tu 
vaincras ». Plusieurs de sa suite la virent aussi, en mfime temps que lui, et 
en furent 6tonnes. La nuit suivante, il vit en songe quelqu'un qui lui disait : 
<r Cis6le dans Tor la forme de cette croix : par elle, tu vaincras tes ennemis. » 

Digitized by Google 



Jhs UISTOIKK NESTORIEXNE. 58] 

K ^ di\i ^ <p J&l Ua J& 4l Jj& ^li iUN vjJUr J 

^.A . ij^Lvl Li v — UJI ^ ^L«*Y1 ^» jl r 5dl y ^yW.U. i 

<j^KjJ\ fc-U <J Zjjy^ fjJI t| w> ^Jl <A*. dUS» 



^l**™ (J! 



,^^JIj *L<Jl caJI c+£j\ JUiYI Lii JUi* ^.U ^Ua, JLilj 



Constantin entra dans Home. Alors, les Chretiens sen emurent et Eusebe, 
<£v6quc de cette ville, so eachaV Constantin questionna une seconde fois les 
pretres et les ministres des temples patens au sujet de la croix. lis ne lui 
repondirent rim di* sih*. Mais Irs jjardiens des temph*s lui rapporterent qE€ 
le jour ou eette forme lui etait apparue, un grand nombre d idoles etaient 
Bp. is. tomb^es * et s'etaient l>risees. Constantin s'en effraya. La chose se divulgua 
parrni Irs Chretiens tie Home qui lui onvoyerent dire en secret (jue le signe 
qu'il avait vu etait la forme de la croix sur laquelh* le Christ avait'ete atta- 
che. II rellcchit sur tout cela, s'en informa seeretement et apprit la vcritr, 
Alors, la foi lui parut douce au ca^ur; ii fit rassurer Feveque Kusebe, se le (it 
presenter et lc pria de lui *'\pnser la religion ehrelienne. Kusebe repondit 
an drsir du mi «|ui sc fnrtilia dans sa conviction ct se tit baptiser avec sa 
femme qui s'appelait Maximiana, I i Ho dc Diocletien ". La plupart de ses amis 
furent aussi baptises. On raconte que Constantin avait la lepre et que, une 
fois baptise, il en guerit. D'autres disent qu'a Tentree de Constantin dans 
la ville de Rome, les Chretiens qui s y trouvaient prirent la fuite. Des Hane- 
' s \>. i-' liles vinrent et lui dirent : « Si In veux, o * mi, guerir de ta lepre, * ; gorge les 
enfants de cette ville et prends un bain dans leur sang. » Le roi donna des 
nrdres i\ eel effet. Mais quand >>n se >aisji dea enfants, la vilte retentit 4e 

i. Eusebe, elu pape en 309 ou 310, mourut au bout de quelques mois 



p^rit qu'en 312. — 2. Cf. supra, p. 259, 



Digitized by 



V1IIU lUll'UlH HQ 

i mois. Maxenee ne 

Google 



50 XVII. - BISTCHRE D'HELENE RT DE CONSTANTIN. 260 

jl dLI <J jVj-i ij^j J JyW ^ UJi Utj cUJI 
yjU dL* y^~« jl ^u^Ij <=*y dL*^ ^^ir jl c^jl 



Jli f Ul J <U)I L^jj jlJJUl ^jLiJl 1^1 dUJI 4 JUj * ^ii-Vl 
\>JLH 

jm^S J Lill j ^^i-j jLi I jJU jj j^-l^ ju£)l « I jjula-^l 

dUi jlj SJai ^j JL*JL> y> ^ y,k:k..,» iL-? ^y ^JJI jl 

j^jiSI ^iJ jt^izj jL? j ^jJaisuJ viLU 5 ioUJI £~JI J jl£ 

^%JI *LJx,j pjh^Ub £*^>- jl dUij pft^ J ixiUaJUl 

iS^J J^Ul ^ja- ^ji^-Clj J^JI Jjtl j ^ dUJI * i^-^i gfc^ J 1 * B p. ^i- 




pK urs et ile lamentations. L'cmpcreur, saisi de pitiu, 6pargna les enfaots. La 
nail venue, il vit en souge deux hommes qui lui disaient : « Si tu veux guerir 
de la lepre, envoie ehereher Eust>be, eveque de Rome, car il est cache, fuvant 
par crainte de toi ; fais le venir, il te j^uerira de la Idpre. » Le lendeniain, 
le roi ordonna qu'on fit chercher et venir Eus6be, et il lui dit : « Ou sont 
les deux dieux des Chretiens, que j'ai vus eette nuit ? » L'eveque lui repondit : 
n Les deux <[ih i tu as vus, 6 roi, ne sont pas des dieux, mais deux hommes 
I'onimn toi : ce sont Pierre et Paul, disciples du Christ, Dieu des dieux. » 
Et reveque fit presenter au roi Pimage des deux ap6tres, prise dans P^glisc. 
Le roi Pay ant vue, * a'ecria : « V raiment ee sont eeux que j'ai vus la nuit * 8 p -» 
derniere pendant nion sommeil! » L'empereur etant baptise, il tomba de son 
<'orps comme des ecailles de poisson, et il fut puritie de sa lepre. Selon les 
uns, le nombre de ceux qui furcnt baptises avec Pempercur, 6ta\t de douze 
inille; selon d autrrs, il rtail de einquanle-deux niillc. D'apres certains au- 
tcurs, ce fut Sylvestre, patriarche de Constantinople, qui baptisa Constantin, 
en Pan 11 de son regne, et en I an (528 d'Alcxandre (Uhtntl-Qarttatn). 

Ensuite Constantin eloigna les Juifs de son empire, et les paiens des 
fonctions de PEtat. II les alTaiblit et abaissa leur credit, apres que leurs 
savants et les savants des Chretiens reunis en sa presence * eurent dis- * a p. ftfc 

Digitized by Google 



270 HISTOIRE NESTORIENNE. [60 1 

Jfr viUij ^iLJlj JCftJl ^» fc^l <J Uj ^.......Jl JU» jL'lj <jjf^ 



cut6 ensemble en mati&re rcligieuse. Les d^fenseurs de la v6rit6 eurent raison 
des sectateurs de Terreur. Le roi s'appliqua k la recherche de la croix, si bien 
qu'il chargea sa m6re H6lfene d'aller en Terre Sainte pour s'occuper de cette 
affaire et relever les mines du lieu saint. H£l6ne partit, emmenant avec elle 
Eusebe, ev6que de Rome. Elle arriva k Jerusalem le 28 mai de Tan 631 d'A- 
lexandre 1 . Quelques-uns disent qu'Eus&be, qui l'accompagnait, 6tait £v6que 
de Jerusalem (Bait aUMoqaddas) et que T6v6que de Rome ne vint pas avec 
elle. En arrivant k Jerusalem, elle fit appeler Alexandre, 6v6que de cette ville, 
lequel, k cause de sa valeur, de sa piet6 et de son zfele religieux, avait ete 
* s p. 22. transports d'Alexandrie k Jerusalem 2 . * H6l6ne lui fit part du but de son 
voyage et ordonna qu'on rassemblAt les notables des Juifs, leurs savants, leurs 
rabbins et leurs chefs. lis se presentment. lis se doutaient d£j& qulls gtaient 
appel6s pour la question de la croix. L'un d'eux, nomm£ Judas 3 , tils de Si- 
meon (Schim'oun), leur dit : « Mon p6re m'a appris Tendroit de la croix et 
m'a instruit sur le Christ et sur sa mort et comment il fut crucifix par la 
jalousie des grands pr6tres et des scribes; il m'a recommandS d'indiquer ce 
lieu quand il y aurait quelquun pour le demander. Sa croyanc6 au Christ el 
sa vdracite me d^terminferent k croire aussi en lui. II m'a appris encore ce qui 

1. La decouverte de la croix eut lieu vers 326, et Eusfcbe, pape, <Hait mort en 310. S. 
— 2. L'evGque de Jerusalem Stait alors Macaire (312-331). Alexandre, ev£que d*Alexan- 
drie, n'a point et^ transports k Jerusalem. S. — 3. Voir Textes orientaux incdits du 
martyre de Judas Cyriaque, iv&que de Jirusalem, par I. Guidi dans la Revue de lO- 
rient Chritien, 1904, p. 79 et 310. 



Digitized by 



Google 



[61] XVII. — IIISTOIRE D'HfeLENE ET DE CONSTAXTIX. 271 

U lip- j * * a^JI jlj jl£ <Mj ^^UlkJ* Jl£ V^" -v^l*sp. 23. 

3 jU ^LJI JLuj Uj ^>li JUL* ill* ^ * cUjj jJIjj 

^ ^. „, % H JClJI J~*^ li>l> iujl W*A6J 0*1 U-Vp-y vJlLJIj 

JLii C p^-ViJ ^5 JLil ctUi J pjb Li <i JiiJI JjjJ * Ij^JL^ * S p. 24. 

Ja^D ^JlT J i^>elll J-s^» ^£ villi J 15 »H v*J^ ^* Ij^l ^ 

dUL" ^5d)lj JUl^lj ^...Jl uV* ^ 

<i Ccojl wJbJJI ^* C^lT <J O-iioij y>^\ v^Jt-UL Oci^ai iwJl 



arriva 4 Tun des disciples du Christ, nomm6 Etienne, qui 6tait l'oncle de mon 
pere et que les Juifs * lapidfcrent pour avoir cru publiquement en lui et avoir * s p. 23. 
appel6 les bommes k le reconnaitre. Si done on m'interroge au sujet de Ten- 
droit de la croix, je Tindiquerai. » Les Juifs repondirent : « Fais ce que bon te 
semblera. » H6l6ne les rassembla et les interrogea sur la croix. lis lui repon- 
dirent tous que Judas dtait seul capable de la renseigner. Elle le questionna 
done, mais le ddmon, lui rappelant le judaisme fortement enracind dans son 
ftme, lui sugg^ra de renoncer k sa foi ; et il d^clara ignorer Tendroit de la croix. 
Elle le mena^a de le jeter dans un puits, oii il mourrait de faim et de soif, et le 
forga ainsi k confesser Tendroit. II y courut et creusa la terre : il en sortit 
une odeur suave. Le d^blaiement donna d'abord trois croix que le juif livra; 
puis, interroge sur les clous, il reprit le deblaiement et les trouva aussi, 
au nombre de quatre. H^lfene proc^da k la verification de la croix de Notre- 
Seigneur * pour lever tout doute. A ce moment, parurent des hommes, portant * s p. 24. 
un cercueil. « Maintenant, dit Judas, nous saurons quelle est la croix du 
Christ. » II disait cela pour tenter la croix. II fit arrfiter le cercueil et plaga 
sur le mort deux croix, successivement, sans aucun rGsultat. II approcha la 
troisi&me et le mort de se lever. Les voix retentirent alors pour louer Dieu 
et le remercier de cette grftce. H6lene recouvrit la croix de plaques d'or et 
Tincrusta de diamants; elle lui fit une chAsse en or et la laissa k Jerusalem. 

Digitized by Google 



272 BI9T01RE NESTOR1ENNE. [633 

a,;.U:U.„; J\ ifi] dAJUl jc* J\ <JL^ jl IjJS r yj ^-OJ ^ d>/j 

* s P . 15, jl wi-i—Vl 0 ^i-ii pJbA^ Ciii-j ^>L* * *»-A*"J Jj-*J1 ^JUJ! <JLj l^dilJ 

^>JI <J I V' Ujr^ f ^ j^J^^ cS^r-^ UAi ^JUl pr*^ Ufo*^ 

<L«^_*Jl 4S*^j»- <cojli w'^xJI ZJ)t\ fok <^ J' 0 U^j 

j^. ^. . Jl m 11 c^y^-li 4iUl ^-aJI ^litl j^J" c-i^j <JU- dJUl 

♦ « p. 2o. ^ Jji (5^r-^ (3* ^y&j JU- fj^Jl ^XU Lii lp! v^UJ! 



IVnutrcs disent qu'llulcue la porta, avec elle, auroison lils, a Constantinople. 

On rapporte que Chosroes (Kurd), Ills d'Hormizd, ayant conquis la ville do 
Dara 1 et 6tant parti pour Jerusalem, lit venir Toveque de cette ville et Huter- 
* p 2.V rogea sur la eroix 2 qu lb lrne y avait d6couverte * et laiss£e. L'ev6que lui re- 
pondit que l«'s Juifs s'en (Haient empares de force. Chosroes manda leurs 
notables et les punit. Alors, ils la lui livrercnt. II la porta k Tbeodose (Tid- 
tlhtisis), lils de Fempereur Maurice 3 , On dit qpe les Grecs, en partant pour 
la guerre, se faisaient prec^der de cette croix. Quand Chosroes Anouchir- 
wan ' voulut attaquer les Grers, ceux-ci equip^rent line flotte et placerent 
la r.voix dans le vaisscau (jui portait le tresor. Un vent violent souflla rt 
emporta ce vaisseau depuis la mer des Grecs jusqu'aux rivages de la mer du 
Kliorasan. Le navire avec la croix furent captures r[ port£s a Chosroes qui, 
ayant [»ris la cj-oix pour iiuu inarhine de guern?, la pla*;a dans son arsenal. 
Sii in, la croyante, femnie du roi Chosroes, l'apprit (elle cachait sa croyance 
en la religion chrttienne) et demanda la croix au roi qui la lui donna. Quand 
S p. 26, * Peinpereur des drees sut ee qu'etait deveuue la eroix et qu'elle 6tait tombee 
entre les mains de Chosroes, il lui lit beaucoup de concessions et lui, demanda 

1. Chosrcwsj 11, lils d'llormizd, rdgna de 51)0 a G28 et conquii Dara vn (i(i4. S. — 
2. L'auteur reunit ixA toutes les relations qu il a trouvees concernanl le transport tie la 
croix en Perse. S. — 3. Empereur grec (582-002) tue avec ses fds par Pliocas. — 4. Chos- 
roes 1, surnonime Aaouchirwan, avait regne de 531 a 579. L'auleur confond u i los denx 
Chosroes, car Sirin nominee jilus has elait lepouse de Chosroes II. Peut-L-tre a-t-il cm 
comine Bar llubra'iis l/fist. drs dynasties. » <L Salhani, p. 152i <jue le surnom d Anou- 
cliirwaa avait etc domie t'^ak'mt'ut a Chusrucs IL S. 



Digitized by 



Google 



[63] XVII. — HISTOIRE DHfcLfcNE ET DE CONSTANTIN. 273 

^1 ^JLl^JI C^j J* ^JUJI dUi -iiilj fltll J* dyJI J*j>o 

iTjX5CVI l^li ^LrJl ^ <^ ^ J y.^lU,,.^ 

viUJI 5^5C — v, iLi. jl^j ^^iJl JtiJ <p*/j <Ul p^lj JS^b * viUS 
^iaij jIIaJI J\ jUj ^ s~>y JSj* yj> Ui jU^ j,^ J 

^JLaJ^ iUl j^Li jb^r^' ^->- ^ Jjo JS^* <ybj ^r~?- 

w-JLJI jjkU Ui v-i^ll c)L-# pJUj ^jUxJI ^ ^> ^ <J1 

1. Ms. 



la croix en retour. Chosrofes r^pondit k ses d6sirs. Sirin en eut du chagrin et 
prit un morceau d6tach6 du bras pour en 6tre b6nie. C'est k ce morceau, 
dit-on, qu'il faut rattacher tout ce qui se retrouve de la croix entre les 
mains des chrStiens d'Orient. Sahdost, 6v6que de TirhAn, dit au sujet 
de la croix qu'Hdraclius (Haraql), vu la continuity des guerres avec les 
Perses, proc6da k Tenlfevement de tous les tr6sors royaux de Syrie et les 
envoya par mer k Constantinople, avec la croix, qu'il prit k Jerusalem. Un 
vent violent souffla et jeta les vaisseaux sur Aiexandrie. Les Perses s'en em- 
parferent, en prirent le contenu et envoy&rent le tout k S6leucie-Ct6siphon (A/- 
Maddtn), ainsi que la croix. HGraclius en eut beaucoup de peine * et de cha- * s 
grin et il partit pour cpmbattre les Perses. Le roi de ces derniers r6sidait k Das- 
karat al-Malik f , sur la route du Khor&s&n. A Tapproche d'H6raclius, il prit la 
fuite, vint k S6leucie-Ct6siphon et passa le pont du TAmarrft et DayAlft 2 . 
H6raclius vint camper sur le pont du Nahrawftn. Alors Chosro6s lui envoya la 
croix avec une foule de chr6tiens qu'il cbargeait de demander k H6raclius de 
s'6loigner. A la vue de la croix, H6raclius s'apaisa, accepta Tintervention 
des chr6tiens et fit la paix avec Chosro6s. 

Costa, fils de Luc, raconte qu'H6l£ne, une fois k Jerusalem, trouva la 

1. Daskarat al-Malik, petite ville sur le chemin du KhorAsAn. ainsi appel^e parce 
qu'elle ^tait une des residences pr^ferees de Hormizd, fils de Sapor, fils d'Ardaschir 
(Yaqout, Mo'djam al-bolddn, II, p. 575). — 2. T&marrA et Day&lA sont les deux noms 
d'une seule et mdme riviere pr6s de Bagdad (Yaqout, o. c, I, p. 813 et II, p. 638). 



Digitized by 



274 HISTOIRE NESTORIENNE. [04] 

+ S p. 28. .tj-UJI Jbbl * ^ Jj m pli <Lli ^ viUi J*A ^jjl jl 

JUjj yjt.v s^JUJl j-Vj jl .^lr <i)b* jVl CaS <iL 

<j ^ L*a II Ax- j <Jj^* J * j jl^n,:Hj .J^iiJI Si* y> U-vJI jILe5\ 

. v^JI ^LJL wJLoJI i 1 vi>^J^ <J ^ jJI JCU y>j Jts> J>\ £ (3 < jX<a 

^1^1 fJ JI Jj <J iVI js. M fJ Jl jj^j fJl J jl fJ § 

1. — 2. Ms. ^ju. 



croix bris6e en deux parts dgales. Elle en prit une qu'elle envoya k son fils 
et laissa Tautre k Apam6e (Fdmyah). Les empereurs romains voulurent s'em- 

* s p. 28. parer de celle-ci. Mais les gens d'Apam6e s'y refusdrent. * lis finirent cepen- 

dant par en accorder la moitte, et le quart resta k la ville. Au temps de Jus- 
tinien (Youstous), les Perses firent la guerre aux Romains et detruisirent la 
ville d'Apam^e : ils prirent le quart qui restait de la croix et le porterent k 
S£leucie-Ct£siphon. ll^raclius demanda ce quart k &aharbar&z f qui le lui en- 
voya. H6raclius le joignit k Tautre moiti6 et le fit recouvrir d'or. On Yy con- 
serve en entier, encore aujourd'hui. On dit que le bois de la croix est du bois 
de figuier. On dit aussi qu'A Tarriv6e de la croix, les sujets de Tempereur s'en 
partagdrent un bras, lequel fut remplac6 par un bras en or. Le bois de la croix 
se fait connaltre par le miracle suivant : le feu n'a sur lui aucune prise. Les 
fragments de la croix disperses dans le monde entier proviennent de ce partage. 

♦ a p. 52. Les Nestoriens fetent la croix lc 13 * septembre, anniversaire de la decouverte 

des trois croix. Los Melchites la ftHent le 14, anniversaire du miracle fait 
par la croix pour la resurrection du mort. Quelques-uns disent que le m£me 
jour, le 13, eurent lieu et la d6couverte de la croix et le miracle, et que le 
14, H6l6ne la pla^a dans Teglise de Jerusalem. 116l6ne se demanda ce qu'elle 
devait faire des clous. Dieu lui rappela la parole du prophdte Zacharie a , 

1. Roi sassanide, r£gnait en 629. — 2. Zacharie, xiv, 20. 

Digitized by Google 



[65] XVIII. — LE CONCILE DE NIC£E. 275 

jyJ r C.UJ l^L* V J ^Ji dJJ\ f Ul ^ oyC- <\ ^\ t 

ila^jJI w^J^pJl ^ii^lt . 

j ^jj-C^iJl SLij jL^ villi j ^^.o » 11 «j^s-> ^Ac- Lii-I jv^-i jl 

CJjJ . J l jLM ^^Jc £-Jl j <j ^AlJI Cm. ^ g»o jl j^-vJl 

.*Ul <uif* <^JUI l^jjl dJIjl ^jjJC-iJI ^y m ol.i l|J J13 l|^J sZ~*£ j 

£j j JLl» j cJIaI ^ CftJL>- Jl^I jl5 <i £->JI JjtJ 5 Cu j^jJI j 

t5 -Lx- l^ii p^ - ^ p-r^^*?* 0s? J ^ *Vy* 2 ^ta ^5 JUil 

jl r jl . : vl ^ Jl^j wJuUI U* ^»\ I^Ulj <j»V1 Ij-Jyi ^MJI 
j . U:L. + ^1 ^>Ub c-i^ Ail <i Ji^i\j ^Ul \X t * iUlj oj^r* 

1. Ms. J^! — 2. Ms. ^Jb. — 3. j£\ ^ iiu- Ji. 

disant qu'ils seraient pour le mors du cheval du roi, saint du Seigneur. Elle en 
fit done un mors dont se servent les empereurs pour les guerres importantes. 

Judas, qui avait indiqu£ Tendroit de la croix, crut sinc^rement et re?ut 
le baptfime. Plus tard, il fut mfime sacr6 6v6que de Jerusalem,* aprfes la 
mort d'Alexandre; au baptdme, il re$ut le nom de Cyriacus (Qiriaqos). 
H6l6ne avait fait voeu que si son fils se faisait chr6tien et prot6geait le 
christianisme, elle irait en pMerinage k Jerusalem pour y prier et 6lever 
des eglises aux endroits consacrds par le passage du Christ. Elle ex6cuta 
son vceu et satisfit sa devotion. Alexandre lui dit un jour : oc Je vois, 6 reine, 
que vos preoccupations vont aux constructions, tandis que la religion est 
agonisante, k cause du [grand nombre d'h£r£siarques qui en d6tournent tant 
d'adeptes. Depuis qu'on neglige d'exterminer ces corrupteurs, de disperser 
leurs assemblies et de r6futer leur doctrine, ils ont pr6valu dans ce pays, 
d^truit les edifices et fait pirir les fiddles. Le reste a embrassd Terreur, soit 
librement, soit par contrainte. II serait plus logique et plus utile de vous 
pr^occuper de ce c0t6 de la religion. » H6l6ne en 6crivit done k son fils, Tin- 
forma des paroles d'Alexandre et lui demanda 1 . . . 

1. Lacune. 



PATR. OR. — T. IV. 



Digitized by 



276 



HISTOIRE NESTORIENNE. 



[66] 



. j^J J~j^\ ji p^aw ^1 cJL- JS <UM <l£ £^>JI J^t O^l .... 

J 15 J ^jJj v-ii-l J jl ^L^J d) Jei {j* M?-J irLll 4 j^TJ^ CJJLi 

Jf^eaJl ,^jJl£ ^ytliaJl Jj* Lt AlL-l l^nAij <*lx- l^L— J <«1iL±j 4*1 

.OLa JJ wi,>»L^ I .Tfl jLyJLlI ^ jJaiJj ^J^L** jl^J C->J 1 l\ y~ jLR* 

1. Ms. — 2. jj^r^. — 3. f ^ Ja.:!..). 



XVIII . — (Le concile de Nicee). 

Aucun de toute cette assemble; mais on en avait d6j& dgsigue 

quelques-uns par la pens^e et on les avait distingu^s. On les choisit done 
parmi ceux que leurs vertus et les traces des supplices re?us sur leurs corps, 
de la part des ennemis et des h6r6tiques, mettaient au premier rang. Leur 
nombre atteignit 318 : patriarches, arebevfiques, 6veques et prStres. Quel- 
ques-uns disent que seuls ces 318 furent presents k Nic6e. Parmi eux, se trou- 
vait l'6v6que de Marasch qui portait les marques affreuses des plaies revues 
dans la prison, car les sectateurs d'Arius s'Staient empar6s de lui et, pendant 
vingt-deux ans, Tavaient continuellement tortur6 ; ils lui avaient enfin coup6 
les mains, les pieds, les oreilles, le nez et les l6vres ; ils lui avaient crev6 les 
yeux et arrach6 les dents. Ce qui restait de son corps ressemblait, par sa 
noirceur et sa s6cheresse, & une branche de bois brtltee par le feu. II y avail 
aussi parmi eux Viton (Bitoun?) et Vincent (Biqatious?), les deux pr^tres qui 
representaient T6v6que de Rome; Alexandre, 6v£que d'Alexandrie, Macaire, 
6v6que de Jerusalem, Germain de Samarie, Eusebe de Damas 1 (?), Anatoliu* 
d'Emfese (Hims), Eustathe (Astdthis) d'Antioche, Z6nobius de S6leucie (Si</i- 
liyah?) % Jacques de Nisibe : ce dernier 3tait d'un grand m6rite. On dit qu'au 

1. L'auteur veut-il parler de Magnus (B. H. Cowper, Analecta Nicsena, p. 8) ou bien 
d'Eusebe de C6sarde? S. — 2. Zenobius de Seleucie? (Ibid., p. 9). S. 



Digitized by 



[67] XVIII. — LE CONCILE DE NICEE. 277 

v— a iu*l» Uslj j^JI J^klL-J viUUl JLSli j^mTI ^ (5 Jb l^i>-J £*^J ^-Vc 



1. Ms. , x^. — 2. ? 



Concile, ce jour-li, il ressuscita un mort. Saint Ephrem fut aussi present, 
ainsi que Theodore, 6v6que de Tarse (non point Tinterprfete). Parmi ceux 
qui, appel6s par l^vdque de Rome, n assistdrent pas au Concile se trouvait 
Papas, le patriarche, k cause de son grand Age et de son impuissance k se 
mouvoir; il se fit repr^senter par Simeon bar Sabb&e et Mar Sahdost. 
D'autres disent qu'il se fit repr^senter par Simeon et Jacques, 6v6que de Ni- 
sibe. On dit aussi que Jacques, 6v6que de Nisibe, se fit accompagner par 
le savant Ephrem pour qu'il r^futftt Arius, car saint Ephrem ne cornptait pas 
parmi les P6res pour £tre appel^. Iso'barnoun le m^tropolite rapporte que le 
president du concile fut Eustathe, ev6que d'Antioche. Elie, 6v6que de Merw, 
et Sahdost, 6v6que de Tirh&n, racontent que parmi les Orientaux qui assis- 
tant k ce Concile, il y avait Tarchidiacre Sahdost, Jacques, 6vSque de 
Nisibe, Georges, 6v6que de Sindjar, et Jean, 6v6que de Beit Garmai f . 

* Constantin fit done am6nager pour eux une grande salle et la garnit * a p- 53. 
de sieges selon leur nombre. lis si6g6rent selon leurs dignit^s." Constantin 
alia vers eux et, commen^ant par l'6v£que de Marasch, il baisa la terre devant 
lui, ainsi que Tendroit de chacun de ses membres mutil6s. II fit de m6me pour 

1. Voir l'histoire de Karka de Beit Slokh dans Bedjan, Ada martyrum et sancto- 
rum, II, 507; Hoffmann, Auszuge, p. 46. 



Digitized by 



Google 



jJiJl J ^j* ^J> j^j fr 1 ^ J* J* <i£ ^ 
^jJ-LJ^j ^^-Ol ^ p.<CkL- ^U-j -oil jl JU j p^xj ^ iliJli 

. ^J! ^ ^ bjslj 4YI J 0- ***** ^ 

fcj^-a-Li ^ Vj l^i C%VVI v^ 1 ' fcWU (J {jp* tfgAj* 

pJC. j^jJl ^m^J pA^I^li jL»Vl wUj jj^UlJIj 

»iUi ^liij ^Itj Mi ^> VI UjjS V v * 5 J p*^JU*r Vj 

^ ^-LJI j-fcj fjj i£U) j pi — 1?« 1 ^ ji" j Clx. J-U^j AL'Ul ijij <Li 

i. ?<jrtfcJ j f ^Oar, 



tous les autres jusqif an dernier. Puis, s'asscyant sur un siege inferieur aux 
leurs, il les exliorta k examiner les questions concernant la religion et les 
lideles, k dt$moiitrer la verity et k d^finir les articles de foi qu'il faut confessor 
fPapivs la ductrine des Apotres. 11 dit ees paroles avee soumission et avee 
ralme. 11 prit ensuite son epee, son sceptre et son anneau, qu'il deposa a 
leurs pieds en disaut : « Dieu vous a donue le pouvoir <ur It? saeerdoce et m*a 
donne le pouvoir sur Tempire. Mais, aujourd'hui, Dieu vous donne le puuvoir 
sur le saeerdoce et sur Tempire- Je vous suis soumis et je suivrai vos 
ordn-s. Jug**z selon la verite conforine a I'ordre de Dieu <•[ k la volont^ de son 
Christ. Vous etes la cause de la vie de ceux qui viveut, et eelle de la per- 
dition dc ceux qui sc perdcnt, et ccla pour Teternit^. Voyez aussi panui ceux 
qui sont dissidents * et qu'on nomme her(5tiques, s'il ne s'en trouvc pas qui 
auraient denature les livres divins, en y ajoutant et y retrauchant; faites-les 
venir et discutez avee eux pour leur ouvrir lesyeux; j»eut-etre reviendront-ils 
sincdrement a la verite et k ses partisans, tjuanl a ceux qui sont manifestement 
ennemis do la v6rit< ; , qui auraient denature- les Ecritures et altere la foi, 
evitez-les et ne les m^Iez pas k vos discussions, excepte ceux qui seraient 
revenus de leurs erreurs et auraient donn6 des marques rassurantes de leur 
vrai rcpentir et de leur conversion sincere. » L'assemblee, ayant entendu ces 
paroles du roi, le combla de ses voeux et de ses benedictions pour la droiture 



Digitized by Google 



XVIII. — LE CONCILE DE NICEE. 
ilXLi ijjUJl oJlj ^ja)! iS-^ tlLs^j j^'j 



ijgiw &it cili jv*^* J^j Ljl*iVl <^*^> fj dUj I ^j^j 

ppj^u r j j.* wji iijuvi jjjui) w*i5Ci ^^jji ^ j » ji ^ 

da Urns j <s£ U »-^j>- jl p> ^-*t j toUJj <* ^ j ^ y j\ Jl>- <i 

j^iA jlL-^Jl <~tr ^jUifl jl§ A» y jUj JUJIj ^jCll ^ 



de son intention, la sincerity de sa foi et Pardeur de son zele. Elle delibera 
ce jour-I& : e'etait le 9 juin ' do Tan GUT) dWlexandre 2 , en la vingt et unityme 
annee du regno de Constantin. 

Depuis ce jour, les membres de l'assemblee s'isolerent pour discuter, 
sVntretenir, echanger des vues et apporter des preuves solides et claires, jus- 
quk ce qu'ils fussent pleinement d'accord sur ce qui etait confnrme au saint 
frfangile, aux traditions ( ?) des Apotres el a la lettrr du susdit evSque Alexan- 
dre, lis mirent tout eela par rcv\\ rl 1 .ippclcrent la fed. On dit t|ue rassem- 
blee dura trois ans ;} . lis ordonnerent la lecture de cette foi aux reunions 
avant la messe, puis ils piononcereut tous l anath&be contre Arius le mau- 
dit • Le roi ecrivit a tous les ev^ques et chefs de TEglise une circulaire pour 
leur commuuiquer Tanatheme prononce contre Arius et leur prescrire de 
brtiler tous Irs livres de ee dernier. V'oici le tcxte de la lettre du roi * : 

a De Constantin, empercur, k tous ceux qui recevront notre presente 
lettre, eveques, archevdqnes, pr*5tres, fonctionnaires, et 4 tous nos sujets, 
salut. Arius Timposteur, se faisant le suppdt de Satan la tr^s mechant, a viol6 
la foi, s'est separ6 des fideles et a invente une h^resie inconcevable. VoihV 

i. D'autres dtsent le 19 juin: d'antros encore lu 2n mai. S, C\\ Hiaiiu;, Ilistoire des 
conciles, trad. I, |». 2<i7-J(i!>, — 2. On pluldt V>3(> (325 . S. — X Les opinions different 
mtr la duree du Concile dc Nicer. S. Voir Hefel^, Ilistoire des Conciles, trad, fr., 
ibid* — 4. Cf. SoctiATK., //. E. f I, ix. 



Digitized by 



280 HISTOIRE NESTORIEXNE. [70] 

p. 55. 4JU^*4J <^ J, U Jj^o jl * iUlgJI ^ ^-^J 

*X* K^j^m Li jl <)> J O^j J*j Vj j\ l,J J^C V ^ 4lj8lj 

.jJLJIj ^Jb JL>d 

cJL* Isli ^jl* i^-j <lLtf lyJI j^U-t •IVI I* Ul jl£ <l f y ^^.j 
^ f^iU ji£ <*J ju. jl IjJUi ^ iruar Ijji^ ^Uoii 

jL ^£-1 c~ja*U ^ UU J* il* jl jJTl j£ j! 

j^JLJI •LVI <ji-«-» j-i Ly^- IjJLJ *%J\ juj j Jl* ^ ^1 jl 
^IjVIj <>V)I jl ju pwM. Jl <*LVI j>- £^JI I a* lj>a^ 

<-ojAjJIj i^LJIj j jla^JI JJilT ^Jl p^lJl ^j*i <JI <»-l>- ^Ulj ljA»-j U 

Ly»yi*J\j UjjjtT ^1 J^IjaJI ^ to ij-U ^y* £ y\i jj^lc lyT^c^ Jc 

*l*Vl jl <j-^ ^iL v-ii-l l»*JjL« Jl <>yJj* Oy^j <1XT 



♦a p. 55. pourquoi il s'est attir6 des malheurs et des catamites effroyables. * II faat 
done brfiler tons ses livres, Merits et maximes, pour n'en laisser subsister 
aucane trace. Quiconque, apr6s notre present 6dit, aurait conserve, dans sa 
demeure on en sa possession, un 6crit d'Arius, s'exposera aux ch&timents des 
pouvoirs civils et religieux. Que personne ne donne pr6texte k ces eh&- 
timents. Salut. » 

Quelques-uns rapportent que les P6res du Concile, en comptant leurs 
noms, se trouvaient au nombre de317, et qu'en comptant leurs personnes, its 
etaient 318. lis comprirent done que Notre-Seigneur (que son nom est grand!) 
6tait present parmi eux, ainsi qu'il l'avait dit : Si deux ou trots se rdunissent 
en mon now, je serai parmi eux*. Sahdost , 6v6que de TirhAn, dit que 
l'hymne 2 change la veille 3 de No6l : Lialdd Tmihd * a 6t6 compos6e par Tun 
des P£res de ce Concile. Les 6v6ques rentrferent dans leurs pays apr&s avoir 
d6fini les dogmes les plus n6cessaires. Parmi leurs canons sur lesquels s'ao- 
cordent les Nestoriens, les Melchites et les Jacobites sont 20 canons, Merits k 
part de ceux qu'admettent les Melchites et les Jacobites : ceux-ci comp- 
tent 73 canons, provenant de la copie de Marouta, 6v6que de Maiphercat 1 *. 
On dit que les Pfcres du Concile demand6rent k Eusdbe, 6v6que de C6- 
sar^e, de dresser un calendrier pour les fetes, le Canime et la P&que, cet 

1. Matth., xvin, 20. — 2. — 3. p^o». — 4. \<**** — 5. Cf. Beaux, De AY- 

caena synodo, et Hefele, op. cit., I, p. 351 sqq. 



Digitized by 



[71] XIX. r- DESCRIPTION DE LA VILLE DE CONSTANTINOPLE. 28i 



* ' U»U all OJU 



IjA^o |Jli vjJJi J 'L^JaJlj *UU1j *LiC*)l j^b^ ^-ii J L*^ y 

JL^>JI ^j-o JL_>- ^Ic- ULw-j ULi JUl ^ <3^* 

1. Ms. iLw.. — 2. f 



eveque £tant tres competent on mathematiques. lis lui dirent : « Nous avons 
lini de deTtnir les dogmes : il vous reste A faire ce qui mettrait tous les Chre- 
tiens d accord pour leurs fetes ». II repondit A leur desir et, s'isolant dans 
une ile, il y passa trois ans, demandant A Dieu de Tinspirer pour exeeuter le 
comput conuu * sous le nom de « Chronicon 1 ». Que Dieu nous fasse parti- • \ p. 5^ 
ciper aux meritcs de leurs prieres k tous. 

XIX. — Description de la ville de Constantinople. 

Constantin ordonna de chasser les Juifs de toutes ses provinces. Puis, 
il voulut se batir une ville : il chercha done au eoeur de son empire un en- 
droit convenable, il consulta les sages, les savants et les gens experimented, 
lis ne trouverent pas d endroit plus sain ni plus convenable que Byzance, 
ville b&tie par Byzus (Bouzous) du temps d'Osias et de Joatham, rois d'Israel J . 
11 la fit elever et lui donna son nom. Rile s'etendait sur sept raontagnes, 
separees les unes des autres par un petit golfe sortant de la grande mer. Un 
rempart imprenable Tentourait d un c<U6 de la mer a F autre, Byzus Tavait 
faite de dix milles de longueur. Constantin Tagrandit tie deux autres mill rs. 

i. Cf. infra, ch. XXL — 2. Cf. Bar Hebr.eus, Histoire des dynasties, ed. Pococke, 
p. B7, 



Digitized by 



Goo< 



282 HISTOIRE NESTORIENNE. L?2; 

^jjJl a}L Ja-*-j LyiV jUdl l|JI J£j jta ^LrO W^.j 

<^jlLiAJ vfJ^iJJ 5^Ju C-uJI ^ <L*jjj uv*^ yj 

Cy Cj* cr^ v^-> a* J>-j ^ J v*^ 
.c^JUll ^-v 1 " f^J <2)jW J 1 ^ u* ^ 

<J.*->L, cUcj <*Ja£ -V»-**Jl J^t iJUL, Jl«^ j <i) ^JUI a» 1 Juli U Ju~- 

Al^J *Ul 5 <i)L* ^ jl V fjjl J^iJ J^JI JLU ^-aTj <*aJ 

1. Ms. J->^.. 

11 l'^leva, Fembellit, Torna 4 et en fit sa residence impgriale. II y transporta 
les commer cants, car elle est au milieu des pays grecs et proche de la Perse 
et de Rome. Auxportes de la ville, il fit un cimetifere pour les rois, un autre 
pour les patriarches, et des hippodromes pour les jeux. A son entree, il pla^a 
une statue 6questre f toute en airain, dont le cavalier portait un diademe d'or. 
II y transporta les trgsors des rois, les ossements des martyrs et le bois de la 
croix. Sur les deux rives, il fit deux grandes tours sur lesquelles il pla?a des 
mangonneaux en fer comme ceux que les rois emploient pour la guerre; il 
les relia ensemble par une chaine de fer. II fit sept grandes chaines de fer, 
pour entourer l'endroit, servir de remparts et emp6cher les vaisseaux enne- 
mis d'arriver jusqu'4 la ville : elles devaient aussi servir de rempart aux flottes 
des Grecs, car il n'6tait pas possible d^lever des murailles en ce lieu, a 
* a p. 57. cause de Tabondance et de la profondeur des eaux qui * entourent la ville de 
trois c6t6s, tandis que le cdt6 ouest tient k la terre. Les remparts allaient des 
eaux aux eaux. II y avait beaucoup d^glises et de couvents. II la b&tit et la 
transforma, y transporta les ossements de Joseph, filsde Jacob, et le siege de 
Jean l'6vang6liste 2 . II y consacra deux 6glises k la Vierge Marie', dont Tune 
6tait VAnastasie (As-Satisd) et Tautre Sainte-Sophie. 

1. Le mot du texte est peut-^tre tir6 de ^^Jt ou de v^'j^t mot persan qui signifie 
palais. On pourrait traduire : « il y contruisit des palais ». S. Lire plut6t « il 

l entoura de murailles ». — 2. Cf. YHistoire de Joseph, £ditee par le R. P. Bedjan, 
p. 354-368. Ce transfert aurait 616 fait, d apres la l^gende, par Th£odose et Arcadius. S. 

mmmm 3. OflUfAO lyAO* 



Digitized by 



[73] XIX. — DESCRIPTION DE LA VILLE DE CONSTANTINOPLE. 283 
. Jjl^JI y,. » ^ a .... U IjJli <^JI *-U jlk^j U^-l ^^Vlj LJxJl U>Ij^I 

jsijbj ^jbi ^ Cl^»l t,JuJl v-JUJJ dJ^JUl ^ *a» cJlL 

^-jlS j-JLTUJI LI jL. *LVI c^. J j I* ^ Sj^aJI 

iJL^aJJ <jLi-l ou« ^ ^Ul <JL3o jj ^ y.UiU,.,.* JUrl Lii (Li 

<£j ^1 jL^-VI J ^1 jj <JL5 * j Ac. jir Lii J £*J»j C*- j <• ^ j 

1. (^/^rt*^* 



Les murs de cette derntere 6glise Staient revfitus de bois de santal, 
Tautel 6tait plaqud d'or et incrustd de diamants. II fit dans la ville des 
places carries. Un de ses successeurs fit des portes en or pour le c6t6 ouest 
de la ville. Tout cela est pris dans un livre trouv6 k Beit Ab6, d'apr6s Mar 
AbA le patriarche (que Dieu sanctifie son kme !). II avait vu ces choses lorsqu'il 
fit le voyage de Constantinople 1 . 

Licinius, etabii en Syrie et devenu puissant, se r^volta contre Constantin, 
car il etait devenu jaloux de Tempereur. Constantin attendit et le prit en 
pitid k cause de sa soeur 2 . Mais Licinius ne se corrigea pas : il d6truisit 
les 6gliseS d'Antioche et emprisonna les Chretiens, en defendant de les nour- 
rir. Constantin, Fay ant su, ne le supporta plus et pr6fera le salut des Chr6- 
tiens k l'amour de sa soeur : il se dirigea done contre lui, le vainquit, le prit 
vivant et essaya de le convertir. Puis, ayant constats la trahison de Licinius, 
il le tua : il multiplia ses bienfaits envers sa soeur pour lui faire oublier 
son malheur et donna ordre d'accorder k ses neveux toutes leurs demandes. 

1. Mar Aba alia a Constantinople entre 525 et 533. S. — 2. Conslantia, soeur de 
Constantin, etait mariee a Licinius. Cf. Socrate, H. E. 9 I, n, in, iv. 



Digitized by 



284 



HISTOIRE NESTORIENNE. 



[74] 



^^cJl ^1 l^ljl illTj 1,1* J >L. jj^^j IgJ^ C-U <yb J Li 

Vt^J v*-^ cT 1 ^ 1 v> Cl ^1 >-Vl ^Jlj 

*JJfc JUoa) -Uu JUL jAfr £ liti JLU ^iVl S ^-Ic lloAfcj C&lji jm j\ j 

.>L» ^tc- <L*i- J ^JaJI dUL" 5$ jta J o^-Jl dUUl . ^oLjJI 

j^j-j £1: ^Jl viUs 

l^mJ c /uji ^ cAj^ ^J»^v\ jyj tiji jy^fc VL^j 

XX. — De la description de la ville interieure de Rome ' 

D'apr6s le r6cit de saint Jacques de Nisibe, qui Tavait vue. 

II dit : C'est une ville carr^e, longue de 28 milles et large de 28. Les 
trois quarts sont du cdt6 de la mer, et le quatrteme, du c6t6 de la terre. Elle 
a 20 portes d'airain recouvertes d'or; deux remparts l'entourent, dont les 
murs ont 16 coudees d'£paisseur et 70 coudees de hauteur (?). Un fleuve, 
appel6 Constantiyah (!), s^pare les remparts, traverse la ville, portant des 
Jalsimdt, c'est-&-dire des tambours d'airain qui ont chacun 46 coudees de 
circonference : il y a 10.000 tambours. Quand un ennemi, venant d'un pays 
lointain, se dirige contre cette ville, les tambours battent d'eux-mfemes* fai- 
sant un bruit beaucoup plus fort que celui des tambours ordinaires. Le roi 
entend ce bruit de sa maison, bien que les tambours soient it 15 milles. Ce 
fleuve a 93 coudees de profondeur et 150 de largeur. 11 y a dans la ville 
1.000 bazars de commerce pour les Orientaux et les Occidentaux. Elle a trob 
rangges de colonnes en marbre blane, dont chacune a 100 coudges de contour 

1. On trouve une description differente chez Land, Anecdota syriaca, 111, p. 323. 



Digitized by 



[75] XXI. — DU CHRONICON ET DE L'HISTOIRE DE SA COMPOSITION. 285 

j^VI <L) iJI ^-Ul J y j A ^lJIj ^Jl £jj J\j~y\ Jl* ssiU jl^l 

<i^JL-j <Jlk>> C ^ Jj^r^J |JUiJlj fl^-Vl vi ^^i^o viLUJ ^yJ^ 

^-jJ^Jj ^-j^Jai p^-l ^^JU C^JI <*J1 CJUil *-U Jj ^Jlj OjA^Jlj ^UJI 

^ J>* j3j tljS ^jJ^j kljS <Jl*# Cj^yJ^ 

4*^j L $^>- Uj J^ill ^p-Vl w>L->- n * A p. 58. 



et 30 coud£es de hauteur. Les colonnes portent des aqueducs en marbre Wane 
pour les eaux de la mer, oti passent les flottes des commergants : celles-ci vien- 
nent de tous les pays et arrivent jusqu'aux bazars. II y a aussi 1.270 bains. 
Chaque samedi, k la neuvteme heure du jour, les bazars sont ferm^s et Ton cesse 
toute vente et tout achat. Les gens affluent dans les 6glises, la veille, et le jour 
du dimanche pour communier, et Ton n'ouvre les bazars que le lundi matin. 
En cette ville, le roi a une salle du trdne pour entendre les plaintes et rendre 
la justice. Elle a 120 mesures (djarib) de large; les murs et le plafond sont 
recouverts de plaques d'or; elle a 72 paires de portes en or, 600 portes d'ai- 
rain, de cuivre et de fer. A Rome se trouve aussi T6glise des saints apdtres 
Pierre et Paul, qui a 300 coud6es de longueur, 50 coudSes de largeur et de 
hauteur. On rapporte tant de merveilles sur cette ville qu'il serait trop long 
de les raconter dans ce livre. 

XXI. * Du CHRONICON ET DE L'HISTOIRE DE SA COMPOSITION 1 . * A p. 58. 

Quand les trois cent dix-huit P6res se reunirent pour dgfinir la foi et pour 
£tablir les dogmes sur lesquels ils 6taient tombes d'accord, et qu'ils en 6crivi- 
rent 4 tous les pays, ils tournferent leur regards sur les variations des Juifs 

i. Cette histoire est developp^e dans le ms. syriaque de Paris, n° 13, fol. 188. On y 
trouve ensuite la maniere d'exprimer tous les nombres en syriaque et un petit traite de 
comput. 

Digitized by Google 



286. HISTOIRE NESTORIENNE. [76] 

dJL* l^J <*&-yj * <J ^»^* ^*^J £*ai)lj f^-Jlj ^Lfi-V^ <i ^ <J-V* ^ 

v> ^ **J1 J Jl j^-l^o V <*U1 f yr jl 

. 1 Oil ^L^JIj p^ill 

jl *-^>cj <jl ^ iisUVl <^lj Oj^. (3*7^ C**^ fj» 

w>.|jJI jl J^laiJ JUj J>*l (^1 ^5^a!I ^r^JI <>• Jl f^Jl j Ju* 

dans les renseignements qu'ils donnaient aux Chretiens pour l'6poque des 
fetes , du Carfime et de la Pftque. Les P&res demand^rent k Eus&be de 
C^sar^e de dresser un calendrier qui leur permit de connaftre les jours des 
fetes, les jetines et la P&que. II s'isola done dans une ile pendant trois ans. 
Les Pferes ne cessaient de prier J6sus-Christ de lui inspirer le bien et le vrai. 
Eusdbe, de son cdt6, jetinant tous les jours, faisant travailler son intelligence, 
priant toutes les nuits, demandait & Dieu de l'6clairer. Dieu exau$a leurs 
prteres : il inspira k Eus&be tout ce qu'il 6tait nScessaire de connaitre k ce 
sujet. Eusfebe revint et remit aux P6res le comput du Chronicon qui est en- 
core entre les mains des Chr6tiens, et jusqu'au dernier jour, ils n'auront plus 
besoin ni des Juifs, ni des astrologues, ni des mathematicians. 

XXII. — De la Paque et la Resurrection. 

Apres cela\ une discussion s'6leva entre T6v6que d'Asie 2 et Victor 3 , 
evSque de Rome, sur le jour de P&ques et sur la date oil il tombait. Tous 
les 6v6ques furent d'avis que la P^que devait 6tre c^febr^e le quatorzieme 
jour du mois lunaire, quel que ftit ce jour. Victor dit qu'il fallait c6l6brer la 

1. La controverse pascale dontparle ici l'auteur est ant^rieure au concile de Nic^e. Cf. 
Hefele, Histoire des Conciles, I, p. 302 et 306 sqq. — 2. C^tait Polycrate d'Ephese. Mais 
ce contemporain du pape Victor paraft avoir ete confondu par Tauteur avec saint Poly- 
carpe de Smyrne (+169), nomm^ quelques lignes plus bas. — 3. Victor, pape de 185 & 197. 



Digitized by 



[77] XXIII. — HISTOIRE DE SAPOR, FILS D'HORMIZD. 287 

»1jcuVI pJUl j jii- f X Jjl <;Y j^VI fJ . <.u«j >D1 jyC ji 

p.p. \\ LjL* ^ JI ^jji j <»La)1 j <ij ^*aJI j^t ^ JI vIaJI 

^cJlk^l JUJ1 *AJb ^Jlt JuJI j V ^aUI iiSLl j ^yJLij 

^Ulj *}LJ1 viij jU-j ILU Uj*JL*!j *U JoLaJI Ij^Li 



<rl ^1 cJl^j TjJj ^alio jj ^ >M dUU ^ ul* u 

-*Jl£J j^*U tl O-Uy .AIT *^ ^1 Jj-J~ V IgJa* ^/^JtJi 



fin du jetine et la P&que le dimaache, car ce fut le jour oii Dieu commenga la 
creation du monde, oA Notre-Seigneur ressuscita d'entre les morts, oA aura 
lieu la resurrection, et oii r6apparaltra le Christ k son second avfenement. 
Polycarpe (?), patriarche, leur 6crivit qu'il avait re?u cette doctrine des deux 
luminaires enterr6s en Asie, k savoir Jean l'Evang^liste et Philippe. Les 
£v6ques de Jerusalem ne cetebraient pas la PAque selon cette r6gle, mais 
ils s'y conformant tous dans la suite. 

On dit que Tun des 6v6ques de J6rusalem changea Teau en huile. Voici 
comment : il c6l6brait cette fete : on remplit d'eau les lampes et on les pr6- 
para, car Thuile se faisait attendre et cependant le temps de la priere arrivait 
et les fiddles 6taient assembl6s. L'6v6que dit alors aux diacres d'allumer les 
lampes : elles s'allum6rent et dur^rent pendant tout Toffice sans s'6teindre. 

XXIII. — Histoire de Sapor, fils d'Hormizd, connu sous le nom 

DE DHOUL-AKTAF 1 . 

A sa mort, Hormizd ne laissait pas d'enfant m&le. Mais sa femme £tait 
enceinte. Les mages d6pos6rent le diadfeme sur le sein de cette femme, sans 
savoir de qui elle accoucherait. Elle enfanta un gar<jon qui fut appel6 Sapor. 
On le nomma roi la cinquieme ann6e du rfegne de Gonstantin. Les docteurs 

1. « L'homme aux £paules ». Cf. Noeldeke, Geschichte, p. 52. — Ce prince est Sa- 
por II, fils posthume d'Hormizd II. II r6gna de 310 a 380. 



Digitized by 



Google 



2HH HISTOIRE NESTORIKNNE. :s 



de l'Eglise le disent et ils ajoutent que Sapor eommenea a r^gner & T&ge de 
quinzmns. Cetaitun prince fier et courageux; il adorait les astres, les con- 
sultant et avail conlianee en ou\; il deiestaii les ChnHienfl, mais ne pouvait 
lour nuirc h cause <le Gunstantin. En la dixieme annee de sun regne, il imita 
ses predeeesseurs et so mil a const ruire des villes. II en eleva une dans la 
Susiane (Al-Ahtniz) % l'cntoura do fortifications et Tappela... (Test Karka « 1 • * 
L<klan\ Quand il cut rcduit les Grecs en captivity il les y rtablit. Mainte- 
nant, elle est en ruinos. Les habitants en ont 6te transports aSuso-. A la 
moi t do I empereur Constantin, le raaudit Sapor ne dissimula plus ses mau- 
vaiscs disposition^. Dans la In ntr r{ tiniomo annee de sun regno, tandis que 
les enfants de Constantin etaient encore tout jeunes, il attaqua les Chretiens, 
d6truisit les oglises, et se dirigea vers Nisibe. Mais il revint vaincu et deeu. 
Dion delivra les habitants <le Nisibe par les prieres de leur ev^que saint Jac- 
rpies, par celles du prfitrc * bienheuieux qui lui succ^da et par oellea du 
vertueux Ephrem* Dieu suscita contre Sapor unempereur encore plus cruel 
que lui; c'etait Julien*, empereur des Romains, qui le mit en deroute et 
d^truisit beaucoup de villes de la Perse. Julien mort, Jovien lui succeda *. 
Sapor (it cesser la persecution et permit construire des eglises. Apres la 

1. Cf. Xobldekk, Geschichte, p. 57-58. Al-Ahw&z est le nom de la province oh fut 
Mtie Erdnchurra-SApur du Karka. II y a ici un blanc dans le texte. — 1. De la vient 
peut-C'tre qu'on confojidit Karka et Suse. Cf. Hoffmann, Auszuge, p. 87. — 3. Julien 
TApostat, empereur de 301-3(53. — 4. Jovien, empereur de 3(33 a 3G4. 



Digitized by 



Goo 




[79] XXIV. — MORT DE L'EMPEREUR CONSTANTIN. 289 

.^U! J~U)1 ^U)l *iU dUUIj .UjJI tut ^ ^ ^ : U:U,„ ; Jj\ $ 
i. Ms. 2j3^*JI. 



mort de Jovien, Sapor recommenga. Marouta, 6v6que de Maiphercat f , et Akhi, 
le patriarche, 6crivirent le martyrologe de ceux qui souffrirent le martyre au 
temps de Sapor. Daniel, fiis de Marie, fit de mSme dans son histoire eccl£- 
siastique a . Les prfitres des idoles avaient dit & Sapor, de la part de leur dieu, 
que s'il exterminait les Chretiens, il *ie mourrait pas. L'insens^ le crut et 
continua k rechercher les Chretiens et k les tuer. 

A la mort de Gonstantin, son empire fut partag6 entre ses enfants : son 
regne avait 6t6 de trente-trois ans; il 6tait Ag6 de soixante-cinq ans s . 

XXIV. — Mort de l'empereur Constantin, que Dieu rende son ame 

bienheureuse! 

Quand la mort de Gonstantin fut proche, Eus6be, patriarche de Rome, r6u- 
nit quarante 6v6ques 4 et leur dit : « Le pieux Constantin quittera bientdt cette 
terre, et c'est Julien, ce tyran, ce debauch^, qui r6gnera aprfes lui. Allons voir 
Constantin pour recevoir sa b6n6diction et son testament. » lis vinrent chez 
lui et le trouverent k l'agonie : ils se mirent k pleurer, en disant : ce Malheur 
k nous, apr6s vous, 6 famille de Constantin, quand nous serons disperses! 
Malheur k nous, quand nous verrons les Chretiens faiblir dans les tourments et 

1. Maiphercat on Martyropolis. — 2. Sic Gismondi, Maris, Amriet Slibae, De Patriar- 
chis..., p. 15. — 3. Constantin r^gna trente et un ans (306-337) et vecut soixante-trois 
ans. — 4. Le pape Eusebe 6tait mort en 310. Peut-6tre faut-il lire Eusebe de Nicomedie. 

Digitized by Google 



200 



HISTOIRE NESTORIENNE. 



. ^ j „X y\ Jlij kLc iy *$}} ilL^lj . Ju U 

jj .ii^JVI ^^Cil jyJJL JiUl£ ^; Ji. ^Ul Jlij IpUi m*4>1 




fj-JI <A3i aJ. ^ J^Vl fjp m J jl£ ULi J jJ^lj kjfiUdi .fUUI 

.<JL)1 ^ L5 JU dJLw ^JUI jj>J1 cUJLw ufJJj ^ J J LUj 



1. Ms. ^Jj. — 2. S V^- — 3. j'. 



tomber dans le paganisme et les oeuvres du demon! » Constantin eomprenait 
ce que disaient les 6v6ques. Dieu lui donna la fore** d'ouvrir Ies yeux et de 
dire : a Faites-moi asseoir » ; puis, tendant la main, il leur prit les mains et 
les baisa : ■ Vous m'avez nourri, comme un enfant, du lait des divines Ecri- 
hires, leur dit-il. II tie faut pas craindrc eelui qui tue le corps, mais eclui qui tue 
et fame et le corps Gardez les brebis dont vous <Mes les pasteurs : vous en 
rendrez compte; craignez le grand jour de la resurrection et ne flechissez 
ni devant le diademe du roi, ni devant sa colore, ni devant son 6pee et ses 
chiUiments. Ce loup alti5re de sang n'aura (ju'iine eourte existence, apr^s quoi 
il passera et purira sur uue terre dtrangrre. Quant a vous, vous serez bien- 
lieureux au dernier jour, car vous aurez soulfert pour le Christ! Vous, 0 pa- 
triarche, vous soutiendrez trois luttes contre lui, et vous le vaincrez dans tous 
ces combats avec Taide du Christ. Pour moi, je ne sais ce que je deviendrai 
dans Tautre vie 4 ! » Le Patriarche lui repoudit : « Ae vous allligez pas; car 
voire foi et le bapt£me que vous avez re^u vous feront entrer dans le rovaumc 
des cieux. » Puis, Constantin ordonna qu'on leur servit & manger. lis lui ohei- 
rent et mangferent. Le matin du dimanche ou les Grecs cessent de monger dfl 
la viande avant le car^me, Eusfebe monta en chaire et recommanda la perse- 
verance au milieu de la corruption g<5n6rale et de la desolation qui accablait 

L Cf. Matth., x, 28. — 2. Ce fragment a £16 tirtS de la Vie du pape Eusebe. Cf- 
Bkdjan, Acta mart, et sand., VI, p. 218-297. S, 



Digitized by 



Google 



[81] XXIV. — MORT DE L EMPEREl R COXSTANTIN. 291 

^^jlJI Jj J^lJI J C-aaJI «JI J j j^liJl l-U Jjj jJj .j.l^:^ ? dtl. 

Jjkl JL>- dUi J£i .o ^jUJI Jl£ U Jlji .*L*Jl ^r* gti! J j j; 

aS^J] dut 4 jiii [fSj jS i.ju d^ii <i jui jl; * d^-** 

,4a> :„ ^ Uj ciJj <^ai.j ^ <J«i .<JlwiL~l Li ^ybUTj ^JaiL^j Lr iS 

1. ?;,LJi. 



1 Eglise de Dieu. II prescrivit que personne ne mangerait de viande pendant 
cette semaine-la et que I'Eglise de Dieu revetirait le deuil k cause de la Tin 
du regne de Constantin. Cette regie fut observe? dans toutes les eglises 
saintes, tant en Occident qu en Orient, jusquau jour oti une fleche tombec 
du ciel tua le maudit Julien. Jovien, chef de son armee, r^gna apres lui, et 
Ton vit le diademe descendre du cieL Les malbeurs des Chretiens eurent un 
terrae. Alors, ceux d'Orient ccssnrent d'observer eet usage, tandis que ceux 
d'Occident, lesGrecs, continuerent k s'y conformer. Constantin recommanda 
au Patriarchc et aux eveques d'ensevelir son corps avec les ossements de ses 
parents et de rentrer dans lours villes episcopates, car Julien prendrait de 
Tassurance en apprenant sa mort et commenccrait par regner k Home. ( v )uel- 
tju'un de Tassemblee, qui et ail dEdesse (Ar-Rohd), * lui demanda de benir avant * a 
sa mort les habitants de cette ville. Constantin lui dit : « B6nirai-je la ville 
cjue son Dieu a b^nie? » — « La benediction de Dieu, repondit Tautre, est le 
rempart d'Edesse, et votre benediction en sera l avant-mur, i> II tit des vceux 
pour les habitants d'Edesse et rendit son Ame saintc. < v )uand ils reurcut ense- 
veli avec ses parents, les Ptires partirent le troisieme jour pour leurs villes 
* ; piseopales. Julien s'elan^a alors eonime un lion cruel, selon la prophetic de 
Constantin; il la depassa m6me par sa conduite. Que la colore de Dieu et sa 
malediction, que les chAtiments qu'il merite tombent sur lui! Nous raconte- 
rons son histoire en temps el lieu, si Dieu nous le permet. 

J*ATR. on. — T. IV. 20 

Digitized by Google 



292 HISTOIRE NESTORIENNE. [S2] 

.j^lsiij oudl uii f U J ji£ rc 

.JjVI j+j* v^U, ^kJ3l j^j! jU J ^IJl 3 Lrjt >£. .^yJ 

jJj ^ jJl . % L^fcS ^/^jj -<j~J^ i^^JI J»U\^il 

<ji^Jj LfJLfcl Lmj -C|JI ^Jl Jill j ^ Jjli i ^-aJI jl ^L* ajta .L> ^» 
1. ? Ij JuyJ. — 2. ? ^^Li. — 3. ? ^J ^ :cy 



On dit que Constantin mourut k Nicomddie, k Vkge de soixante-cinq ans, 
que sa mort eut lieu le jour de la Pentecdte et que son corps fut transports k 
Constantinople, ville qu'il avait fondle en Tan 31 de son rfegne \ On dit aussi 
qu'il fut d'abord enterrS k Nicom6die et que son fils Constance (Youstdtis) le 
transfera k Constantinople. Les Grecs fetent sa m6moire le 22 mai. H6l&ne, 
sa m6re, mourut apres lui, k l'&ge de quatre-vingt-dix ans : elle fut ensevelie 
dans l'gglise des Apdtres, construite par son fils k Constantinople. 

XXV. — Les Hommes eminents et les Saints, contemporains de Papas. 

Ce furent Athanase, evSque d'Alexandrie ; Eusebe, 6v6que d'Em6se; Mi- 
tes ar-Razi, 6v6que de Suse; Macaire (Maqtarbous) le moine, dans le desert 
d'Egypte; Mar Eugene le copte, abb6 du couvent d'Izala; Aphraate le m6de- 
cin persan; Sergius et Bacchus, les deux martyrs tu6s par Maximin et dont 
Thistoire a d6ji 6t6 racont^e 2 . David, 6v6que de Bassora, apres avoir quitte 
son sifege Episcopal, partit pour Tlnde. II priicha (la religion) aux habitant* 

1. Constantin commenga a faire construire k Byzance en 326 et fit la consecratiou 
officielle de Constantinople en 330, vingt-quatrieme annee de son rdgne. — 2. Cf. supra y 
p. 253-255. 



Digitized by 



[83] XXV. — LES HOMMES EMINENTS ET LES SAINTS. 293 

jLmJIj v-^Jj jjbj cic- Lit v^LL-Vl j-c^*-YI ^ j ^Jl vilL ^ j j y ^\ <3 

*yi3 ify^Jy*^ fJ^J -^J^ £L <l» CiiL*l jn^i 

<JUI JLli <-JLc IjmIj Cl* p.* .i^lkl j-ifl J ^Ik- ^ 

. jl ^1? Jl w> ^* ^ll—lj iXT^ -^*J • j*> (3 <U* i ^JLc 

i. ^1 ikiDl aij* ^L>?j v^rc*^" ^c3lj £JT — 

2. *&3Li ^1? — 3. Ms. J^xfi^. 



de ce pays et en convertit beaucoup. Gr6goire le Thaumaturge, 6v6que du 
Pont 4 et disciple d'Origfene (Ourighdnis) le sage, vivait sous le rfegne de 
S6vfere (Saourons), empereur des Romains. L'evSque Alexandre, ayant vu 
Gr6goire 1 jouer avec des enfants qui Tavaient fait 6v6que, avait proph£tis6 
qu'il arriverait k cette dignity. Gr6goire combattit Th^r^sie arienne et, k 
cause de cela, fut exil6 avec Eustathe (Youstdthis), 6v6que d'Antioche. 11 
fut rappel6 de l'exil, puis de nouveau exil6. Ses ennemis Taccusferent de 
fornication, mais Dieu les confondit par la bouche d un prfitre nommg (Ti- 
raoth6e) qui d6voila 3 ... leur corruption et de leur mensonge. Et ce saint 
P6re mourut dans sa ville 6piscopale. 

XXVI. HlSTOIRE DE SAINT EpHREM LE DOCTEUR. 

Son p6re 6tait de Nisibe (Nasibin) et sa mfere d'Amid. Ephrem se convertit 
k la religion chr6tienne, regut le baptdme et, jusqu'i I'&ge de dix-huit ans, 
habita une ville appel6e e ArbiA\ II vint k Nisibe ou il fut ordonne diacre 
par l'6v6que Jacques. De \k y il partit pour Amid oil il s6journa pendant 

i. De N6oc£saree dans le Pont. — 2. Le texte porte Gr^goire, mais c'est une faute. A 
partir de cette note jusqu'a la fin du chapitre, les faits mentionn£s par 1'auteur appar- 
tiennent a la vie d'Athanase. Cf. supra, p. 245-252. — 3. II manque ici un mot dans le 
ms. Quant au mot il faut sans doute le traduire « et il d^voila, manifesta ». Peut- 
on le regarder comme le nom propre Wdbdn, qui aurait 6t6 donne au prStre d^fenseur 
d'Athanase? (Cf. supra, p. 249-250). — 4. D'apr&s Tune de ses biographies, ses parents 
habitaient Nisibe. Cf. Assemani, BibL or., I, 26. 

Digitized by Google 



294 HISTOIRE NESTORIENNE. [84] 

.l|J vriJj ar* ^ ^ Jjfi -<jr*\? 

jl j^i ci\ U .cJBj ^ ^Ui .jll V ,>jVI d>- <><J 

jl ^e-^JI <J jU aJI ^-ijj .l^ii^l ^^JL-L jU ^£lj Cr^LJ 

il—^jjVl L> ^11 J\ pi^l jU ^jlcj .<Jlj^ ^u>-li .^-Jl^JI id <*eiw 

Ail ojCJLJI Jlmu j .U jyb Uj .S llL^ JLcj JaIj ojL^jJIj 

jLJU X ^\ .j**J .U .^Udl •(n-V-* ^ O^ 1 * ^ 



quelque temps; il se rendit ensuite 4 Edesse (Ar-Rohd). Parmi les fails 
curieux de sa vie, on cite le suivant qu'il a lui-m6me racont^ : <r Quand je 
vins 4 Edesse, dit-il, je m'arrdtai sur les bords du fleuve appete DaYsAn qui 
contourne la ville. L4, je vis des femmes lavant leurs vfitements. Une de 
ces femmes m'ayant regards d'un ceil pervers, je la r6primandai en lni 
disant : Porte ton regard vers la terre et non pas vers moi. Mais elle me 
r6pliqua sur-le-champ : (Test toi qui dois regarder vers la terre, puisque 
tu as et6 ct66 de la terre; quant 4 moi, c'est toi que je dois regarder, puis- 
que j'ai 616 prise de ton cdt6. Je fus 6merveill6 de sa r^ponse et je compris 
qu'il y avait, dans la ville, des gens instruits et intelligents. » Saint Ephrem 
demeura pendant quelque temps dans la montagne d'Edesse et il instruisit 
quantity de personnes. II partit ensuite pour TEgypte oil il demeura pendant 
huit ans pour combattre Fh^r^sie arienne. De 14, il vint 4 C6sar6e ot il ren- 
contra saint Basile le Grand, 6v6que de cette ville. II supplia saint Basile 
de prier le Messie pour qu'il lui accordit (la connaissance de) la langue 
grecque, et sa demande fut exauc6e. Saint Ephrem continua ensuite sa 
route jusqu'4 Edesse. II combattit Th6r6sie arienne, Th6r6sie de Bardesane 
(Ad-Daisdniyah) et les autres h6r6tiques. II fit un grand nombre de discours 
et, quand il mourut, il fut enterre 4 Edesse. Les Melchites font sa comm6- 
A p. et. moration * le premier jour du mois de fevrier. Les Nestoriens sont au nombre 
de ceux qui la font pendant la semaine consacr^e aux Peres syriens. Que 
Dieu se souvienne de nous, gr&ce 4 leurs pri6res! — Au nombre des Sieves 



Digitized by 



Google 



[85] XXVI. — HISTOIRE DE SAINT EPHREM LE DOCTEUR. 295 

.<j$CUI 4. ^Jii ^IaJ .iuJI J iljiJl . ^cUI ^Lp .^U^jtJI 



de Saint Ephrem, il y avait le diacre Z6nobius (Didnos?), AbA, Isaac, Asa- 
ria(?) et Julien Saba. On raconte dans certaines histoires que Julien 6tait le 
maltre de saint Ephrem ; et d'aprfis Costa, fils de Luc, Julien mourut au Mont 
Sinai (Tour Sind). Parmi les ouvrages c6l6bres de saint Ephrem on remarque : 
un Commentaire de VAncien Testament, un Commentaire des Psaumes de David; 
un Commentaire de r£vangile appele Diatessaron, lequel est forme du melange 
des quatre Evangiles et avait 6t6 compost par le grec Tatien. Diatessaron 
est un mot grec qui signifie quadruple, c'est-&-dire form6 des quatre 
Evangiles. En expliquant ce livre, saint Ephrem voulut 6viter la r6p6tition des 
chapitres ; et c'6tait aussi le projet de celui qui Tavait compost 1 . Saint 
Ephrem composa aussi sur TEglise vingt-deux pofemes* suivant Tordre des 
lettres de Talphabet grec ; plusieurs livres contenant des po&mes contre les 
h6r6tiques; plusieurs 8 sur les fetes et sur les morts : pofemes des morts, 
po6mes des martyrs, pofemes de supplication 4 , et tous les pofemes qu'on 
recite dans TEglise. II composa une messe dont se servent encore les Mel- 
chites. Les Nestoriens cel^braient aussi cette messe k Nisibe jusqu'aux jours 
du m&ropolite J6suyab (Yaschou y yaby qui, lorsqu'il regla les priferes, choisit 
trois messes et prohiba les autres. 

i. Cf. Rubens Duval, Litterature sy Hague , 3° ed., p. 37-38. — 2. « podmes 
longs ». S. — 3. ptfyi « poemes courts ». S. — 4. jlq^ « demande » ; ce mot se dit de toute 
priere par laquelle nous demandons a Dieu la remission des pechesiou Peloignement d'un 
peril. S. — 5. J£suyab HI monta sur le siege de S£leucie-Ct£siphon en 651 et mourut 
en 060. S. 



Digitized by 



21 Mi 



1 1 1 ST( )l K R XEST( )I1 1 ENN E. 



m 



ybj a*Li!I JJ^V 11 Jj**^ j* tj*^ J>* rv 



XXVII. — IlisToniE de Mar Simeon Bausardae 1 le martyr, 

KT LE NEUMEME DES METROPOL1TES. 

Ce saint Pere etait dc Suae, D'autros disent qu'il 6tait de Seleucie- 
Ctesiphon (Al-Mfvldut). Ses parents etaient teinturiers du roL II fut ehoisi 
pour que Ic signe du Christ apparrtt en lui. II etait archidiacre du metropolis 
Papas r\ i! m ; tait ses affaires depuis le jour ou sa main droite avail ete 
atteinte de paralysie. On raconte que le metropolite Papas a\ ant eu une contes- 
tation avee ses 6v6ques et ses ouailles, ceux-ci prirenl Simeon (Srhim nun) 
de force et le sacrereut mcl ropolite, tandis qiTil etait encore archidiacre de 
Papas. Alors Papas dit a Simeon : « Le Chrisl ne te pardonuera ton con- 
sentement k ee qui a 6t6 fait, que si tu verses ton sang et souflres le martyre. » 
Simeon s'excusa en disant que cela avait 6te fait sans son libre consentement. 
Les Grees rerivirent ensuite ii Papas au sujet de Simeon : ils priaient le 
metropolite de lui pardonner, lui disant qu'il etait innocent et qu*il serait 
aupres de lui son serviteur et son vieaire. Papas y consentit et decida que 
Simeon serait metropolite apres lui. A In mort de Papas, les Peres se reunirenl 
& Sfileucie-Ctesiphon et le saer&rent*. 

Mais Satan, Pennemi du Dieu des misericordes, envia la s^curitt?, la paix 

l« j^Sj ^ « fits des teinturiers ». Cf. Sozomekk, Hist, eccl., II, ix et x; Asskmam. Acta 
sanctorum martyrum 9 I, p. 15-40; Bedjax, Acta marly rum et sanctorum, II, p. 128- 
208: Gismondi T Maris, Amri et SHhue..., [>. U-14: Bah IIkbiiaeus, Chron. ecct., 11^ 33- 
35* — 2. En I an 310. S. 




Digitized by 



Goo 




[87] XXVII. — H1ST0IRE DE MAR SIMEON BARSABBAE. 297 

<^£lj .LLaJI j^u-i t5 X& jjjt Ji J OUI vi^jj Oj**^ 001 jyU ^Ai 

viUU jJLj <$J^1 J j^JaJxJ Uii .* ^ ^o^l ^Ji AoL* A» 

JjJalL-J> fc^w* A? fJ^M (J^J * * <*jl5 . fj*^** A*a5j J^^" •f^Vl 

^ ^liVl ^ 1%-1>- .*L-JI ^ 5jl»eJlj 

\» y \ .<slo ^1 IjJLSj viUUI SjJIj 3 jupI <;l Jy ^\ ^Ij ^1 jo J\ a p .62 

l.^wwOl ^JaJL*i ^^JaJa^i. — 2. ? U^W. — 3. Ms. 

et la tranquillity de la chr6tient6 et de TEglise du Christ. II se dit en lui- 
m£me : Je vais exciter Sapor k persecuter Simeon, comme j'ai excite N6ron 
(Ndrouri) k persecutor Simon-Pierre (Schim'oun as-Safd); je vais pousser contre 
lui les chefs puissants de la Perse comme je les ai pouss6s contre d'autres. 
A la mort de Constantin \ dans la trente et unteme ann£e du r6gne de Sapor, 
— Constantin avait r6gn6 pendant trente-trois ans a , il avait honore et glorifte 
la foi, et bris6 les idoles, — Sapor fit ses pr6paratifs et vint attaquer Nisibe. 
Constance (Qoslantin), que les Romains avaient surnomm6 Constantin le Jeune 8 
(Qostantin as-Saghir), lui r6sista, lui fit la guerre et le vainquit, gr&ce aux priferes 
de saint Jacques, 6v6que de cette ville. Dieu envoya alors sur lui une nu6e 
noire et des pierres du haut du ciel : il se retira vaincu et honteux; mais, 
semblable aux vipferes, il vomit son poison sur les P6res et les fiddles qui 
dtaient dans son royaume. 

Sapor aimait beaucoup le m6tropolite Simeon ; mais les Juifs , amis de 
Satan, connaissant ses mauvaises* dispositions 4 regard des Chretiens, le 
trompfirent en lui disant que Simeon, le chef de ces derniers, avait converti 
les princes des mages * ft la religion chr6tienne, et que, chose beaucoup * a p. 62. 
plus grave, il avait baptist et converti k sa propre religion la m6re du roi. 
Le p6re de cette princesse 6tait juif. Le Christ laissa ses brebis aux mains 
des ennemis, non par faiblesse ni en pure perte, mais pour leur utility et leur 

1. Le 22 mai 337. S. — 2. Constantin r£gna 32 ans. S. — 3. L'auteur confond Cons- 
tance II qui regna de 337 a 361 avec Constantin II, dit le Jeune, empereur de 337 k 340. 
II s'agit ici de Constance II. 



Digitized by 



298 HISTOIRE NESTORIENNE. [88; 

£>L**j p^iuJ J» 5lU Vj G**j* V *Uc>Yt A» j OtJI g- : ^.Jl JLaIj .fc^rt 
, J»- j j& ill .S^iiJl ^1 Li dJUyiVlj **b» ^r* prr:- ,:r J fr*k 

J £ &U1 ^IjJ jl^j .SUJlj V wl rfji <^ 

J 5 ^. !^ *Lil ^-Tjj .^fjlfc L> jLiJlj <L*L-t)l .villi ^ .^L&yi 

*uyi j ^j^ji ju* ^ u£ ^jui jjiU JttuVi ^jaM tai ^ .iji 

<\ JLS a5j .j^.L- J j .^aii© J Ipil iS}Ul 5 iS* j 

JUolj j*LJl <U1 -Or*^ (° «i' y>\ Juj viUJUli .<LJ j <_^>. 

iil Jji^ jjli .j^Jx- ^^-l^po j^^JI i^f>UI o p>aaUt JLjbli j^rtU 

ijSji V p? i^Olj *LjJl> Lu jJUl jl£ dUJ^ ^LSH ^ y ^ jUl 1 

sanctification, pour les tirer du sommeil de la negligence et du rel&chement 
qui conduit au mal. 

Dieu (qu'il est puissant et grand!) r6pandit au loin la renomm^e du me- 
tropolite Sim6on; il fit connaltre sa douceur et sa charit6 envers les indi- 
gents, k qui il distribuait toute la fortune que ses parents lui avaient laissee. 
Les religieuses assistaient it la priere avec les hommes durant les nuits 
des grandes fetes : il le leur d6fendit. II exigea des diacres et des prdtres 
Taccomplissement de tous leurs devoirs; et il r6glementa plusieurs autres 
points dans l'Eglise. 

C'est alors que le loup pel6, Sapor le maudit, commen?a son oeuvre* 
selon la sentence du proph^te Daniel, le plus jeune des prophetes, qui a dit 
que le roi de Perse ressemble au lion dgvorant 4 . Ez6chiel le compare k 
l'aigle et aux b£tes carnassiferes 2 . Les docteurs ont tous applique cette 
proph^tie k Nabuchodonosor (Bokhtana$ar\. Ici, elle s'est r6alis6e en Sapor, 
qui 6tait, dit-on, de sa race et de sa descendance. C'est pourquoi, il ne 
se lassait point de r^pandre le sang des fideles. Dieu voulait ainsi 6prouver 
les hommes et enraciner leur foi dans le Seigneur. II n6gligea son pacte avec 
eux, 6loigna d'eux les anges charges de les garder. Les souffrances des Chre- 
tiens dur&rent quarante ans. Sapor agissait comme un boucher au coeur dur 
qui commence par les plus grasses des brebis et qui 6gorge ensuite le trou- 
peau tout entier. Ainsi ce maudit commen?a par les chefs et par les prfitres, 

i. Cf. Daniel, vu, 4 sqq. — 2. Cf. Ez^chiel, xvn, 3, 7. 



Digitized by 



3 



[80] XXVII. — HISTOiRE DE MAR SiMKOX BARSABBAE m 

>J^y -^^J J*** ^Jj^ J* j»j 

Jj a * > JLaI ^_>cJI *L*jJI «-L>- £j| ^Jj ( j (- aM> J t^^LaJL ^a**^ ^ j»am J 

xl*J . ^j-aJJI Ujhl^* w — 3- <J J ,j .1 jjgijiJl g j^ J ji* 

j-^j-JI j bhU c-L^j . j j^LJl 4pt ^j-^-tJI aJ j>u y*La o* 0* 

Jlft^J jv-J&U J\ ^ ^aX^L\ Jci Ale- ^sl* J 1 ^^Ac ^sJLj y^JI h^JI ^c- 

. iji^Vl f-LJ Kpjp $5*^3 *L-J1 j^-jJ LLL pflSfh 

^_*L Lt ^-a!> 

wUJI <tlL> j .CllJIj JUL ^oJawj pf*?^ Jy^J j 

-Li-Li .ujL^j>-L ^.1 j^L- Ait j ^jl*^ ^~,\ Uli . ^UJI <3 p*Jl ^ jt ^jbA^ j 

*LL»lj jiljLLi^ Jjvl J , <L-« U ..t j CUij iiiUj ijlk# jyLs-Ji Jo- J <S\* 
1. Ms. XaJ^i. 



ct puis n*6pargna pcrsonne. II les faisait mourir de diverges manieres : b-s 
uns en prison et au caehot; les autres par la faim et la soif; ceux-ci par le^ 
coups; ceux-la sur la emix; d'autres enfin par leprc. (> roi maudil. urdonna 
d'ouvrir le ventre des femmes enceintes, d'en sortir Fenfant, de le partager 
en deux et de le crucifier avec sa m6re, pour les contcmpler tous deux, 11 
defendit. d'ensevelir ceux qu'on tuait : ils devaient <Hre crucifies pour etre 
briil^s par le soleil et manges par les oiseaux. Ainsi fut accomplie sur les 
eroyants la prophetic meme qui avail ete faite pour la famille des Macchabees, 
(juand ils furent tues par Antioclius l'impie : // a donne aux aiyles (Ik cirl tans 
radar res pour nourviture, rt la chair dr scs justes au.r lions de la terre*. 

Aux environs de Nisibe, la persecution contre les Chretiens dura six ans. 
Le maudit jura par le soleil, son dieu, et par le feu, son createur, selon lui, 
de verser le sang des Chretiens jus<|u'a ce qu'ils eussent adore ses dieux ou 
qu ils fussent extermin6s; et il envoya des ordres en consequence dans tout 
le pays. Or les amis de Satan lui dirent : <c Les ordres du roi contre les 
Chretiens demeureront inutiles taut que Simeon les encouragera et les 
aidera de son argent et de ses ressources, taut qu'il leur commandera de ne 
point obeir au roi et leur promettra heritage les d6lices de la vie 
future* Ayant entendu prononcer le nom de Simeon, Sapor ordonna de le 
faire comparaitre en sa presence. Quand on se saisit de sa personne, U j 
avait chez lui cent hommes, des m^tropolitains, des tfvSques, des prt^tres et 

L IV lxxviii, 2; I Macchab M vn. 16-17. 



Digitized by Google 



800 BESTOISE NKSTORIEXXK. I do 



31 



Ijj-^U .*l sjUa viJULJI jJi .<-">^ j CUU) j 

dJLJ >f» Ui .^lyGi ^ ^£ ^ yt_, ..fjs jyA,*_, <jl 



I. 5-^** 



des diacres. On saisit aussi Gousclitazad {k<>scltt<iza<l) et ses deux fils qui 
etaient moines 

Lorsque lo metropolite Simeon arriva devant le roi, celui-ri hri ordonna 
d'imposer un tribut par UUe aux moines vivant dans led monasteres, de doublet 
Fimpdt paye par les lideles, et de porter an roi les contributions pour les 
marais de la contree (?) a ... Mais Sim6on lui repondit : « Je n'ai point ete etabli 
dans TEglise pour dire percepteur, mais pour garder TEirlise, paitre les 
brebis et les arraeher aux loups. )> Cela se passait en Tan six cent einquante 
d 'Alexandre, en Ian deux cent quatre-vingt-dix apres TAscension de Not re- 
Seigneur Jesus-Christ, et en Fan cent dix-sept du royaume des Perses*. La 
\ p. r,.!. mi'ine demnnde fut de nouveau adressee a Simeon. 11 repondit * comme la 
premiere Ibis, et il declara qifil nVivait point d'argent, que d'ailleurs il derail 
distribuer ee qu'il possedait, parce que c'6tait present dans les livres de sa 
foi. II disait tout cela avec douceur el ue cessait de faire des voeux pour le 
roi. Celui-ci ordonna de le faire comparattre k la porte (de son palais) avec 
ses compagnons. On les fit venir, et ils etaient au nombre de cent trente* 
Simeon etait au milieu d eux comme la lum i au milieu des (Hoiles. < v )uand 
Simeon fut arriv6 i\ la porte du roi , le gardien lui dit : cc Qui es-tu done 
pour r^sister au roi et refuser de lui ob6ir? i II repondit : a Ce n est pas t 
malgr6 la rusticity 4 ... quelqu'un qui veuille tenir tfite & Tun des paleireniers 

L tjBuw^ : Gouschtazad n avait pas de tils. Cf. H. Duval, op. cit. 7 p. 124. — 2. Lacune. 
— 3,* Ces dates ne concordent pas entre elles et different dans les diverses formes de 
1'hisioire de sainl Simeon, (let fiveque souiVrit le martyre en 341. — 4. II manque les pre- 
mieres lettres d un mot qui etait probablement < de mon exterieur «>. 



Digitized by 



Goog 



J91] XXVII. — HIST01RE DE MAR SIMEON BARSABBAE. 301 

^ .>,...» Jl llJL- <JL^I U j^ji^j ^jJlrUJI Jji^ jjj .^l-UI ^\ y\ jJI Jc 

ii^jj pr'^J <sy*i ^* jv*^^ 4 *~)y*3 j 

jl J j.m ♦ , * ^JLaJI JLo j C^i> ^ Juaw -Viili . cAc ^Jjj *tl U Jali. al 
<ttl JJ* <1 O-^je— ^yL^T jl ^iiT <! JIS . Clixl jl ^iJl> <1 

viULJI j-^ ^ Jl£ J j; SjjUJl Jjr |Jj .<» Cj ^-iJI ^jJl J <l!l» 

Jjl*JI j jUJ ^ ^Jl j cr ^J! feU <JU> jl Jl ^Aill j yuJt> j J\ 

i. £j£J! ^ ^Jji\ ^. — 2. Ms. 



des montures du roi, mais ce qu'il me commande de faire est coatraire k 
la loi de Dieu. j> II le fit alors garrotter avec des chalnes de fer et introduire 
seul chez le roi. Ceci se passait k Karka de L6dan (Karkh Lddhan). Le roi 
fit subir aux fiddles toutes sortes de supplices ; mais le M6tropolite les 
encourageait , il leur rappelait ce que Notre-Seigneur J6sus-Christ avait 
souffert pour leur salut et leur disait des paroles capables de fortifier leur 
foi et d'affermir leur *\me. 

Gouschtazad fut desservi aupr6s du roi. Celui-ci le fit alors venir 
chez lui et lui parla. II confessa la religion chr&ienne, mais apr6s plusieurs 
entretiens avec le roi, il apostasia et adora le soleil et le feu. Quand Si- 
meon appritcette nouvelle, il en fut afflig6. Cependant Gouschtazad comprit 
sa faute et se repentit. II envoya demander pardon de son p6ch6 et prier 
Simeon de lui en obtenir le pardon par ses prteres. II lui r6pondit : cc Ton 
p6ch6 ne sera remis que si tu renies ce que tu as ador£ k Texclusion de Dieu, 
et que si tu confesses ta foi en lui, k Tendroit m6me oil tu Fas rente. » 

Les discussions continuferent tous les jours entre le roi impie et le saint 
Mar Sim6on, jusqu'& ce qu'il lui demanda d'adorer le soleil et le feu. La 
dispute et les entretiens se poursuivirent entre eux, sans interruption et sans 
r^ponse rude ni blessante de la part du saint, jusqu'it ce que le roi ordonna 
de lui couper le cou, k lui et k tous ses compagnons. Gouschtazad accourut 
alors et confessa hautement sa foi, suppliant le roi de faire annoncer qu'il 

Digitized by Google 



302 HISTOIRE NESTORIENNE. [92] 

Lf Afc <&L^JI C^li .ytJI tf> Cuii UjlS J^Jj .^pcJ viU-J JU-t ^ 

LjJ ^JL .p^Jp cJaJj .l*^*J3j kji^ll ^ j^iil Jg&cJl cKr*f*^ cT* 



n'£tait pas condamn£ k mort comme coupable d'un crime ou d'un complot, 
mais k cause de son attachement et de sa croyance k la religion chr^tienne. 
On lui coupa la t£te comme aux autres. Simeon demanda instamment k gtre 
d6capit6 le dernier, et cela lui fut accords. Tandis qu'on les menait au sup- 
plice dix par dix, il les encourageait en disant : cc Souvenez-vous de cette pa- 
role du Christ : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, puisqu'ilsnepeuvent pas 
tuer / ame 1 ; et de cette autre : Celui qui aime son dme y qu'il la perde d cause de 
moi; celui qui la perdra, la sauvera 2 . » II les b£nissait, essuyait leurs visages 
en disant : a O Christ, Seigneur de 1'univers, re?ois cette agr6able victime 
qui est immol£e k cause de ton nom, et que son sang soit un sacrifice d'in- 
tercession pour le restedes hommes ». Et rassemblee r6pondait : cc Amen 0, k 
sa prifere. lis subirent tous le martyre; aucun d'eux ne d6tourna son cou, 
aucun ne trembla k la vue de ce qui Tattendait. Saint Sim6on r6cita ensuite 
Thymne qu'on chante le premier dimanche aprfes PAques : Quoique vous atjcz 
depouilte*... Les fidfeles qui 6taient presents, mais qui se cachaient k caus<? 
des infidfeles, retinrent cette hymne et F^crivirent : c'est k eux qu'elle a ete 
emprunt6e. II la recitait tandis que ses larmes ruisselaient sur sa baxbe 
blanche et que ses enfants &aient immol6s comme des brebis. II les prdchait 
en disant que s'iis quittaient leurs v^tements ext6rieurs, c'est-A-dire leurs 
corps, ils ne quittaient pas leurs parures int^rieures, c'est-A-dire le baptftme 

1. Matth., x, 28. — 2. Matth., x, 39. — 3. s oa.8^j N <**~^» +i , publi^e dans le Patrologia 
Syriaea de M*' Graffin, II, col. 1052. 



Digitized by 



[93] XXVII. — HISTOIRE DE MAR SIMEON BARSABBAE. 303 





et la foi. II disait : or Comme elles sont belles ces couronnes brillantes 1 . . . , 

* qui ne different point Tune de r autre, mais qui sont toutes sur le m£me *sp. 

module! » 

II ne restait plus que Simeon et deux prStres dont Fun 6tait un vieillard 
tr6s &g£, appel£ Ananie. Sim6on le regarda et le vit trembler. II s'empressa - 
d'aller vers lui et lui dit : « Ne crains pas, mon frfere, ferme lesyeux pour laisser 
passer le couteau du chirurgien ». On le d^capita ainsi que son compagnon. 
Le Saint fut alors conduit pour 6tre 6gorg6 ; il s'6cria : « Je benis Dieu qui 
m'a montr^ les couronnes de mes frferes et je rends graces au Christ qui n'a 
pas permis que je perde un seul de mes enfants; je prie pour tous les hommes 
et pour la terre qui a bu le sang des martyrs. » II dit aussi : <t Seignetir Dieu, 
fais que cette terre soit pour la mis^ricorde 2 , et cette boue pour l'glimination 
des maladies du corps. » A la fin de sa prifere on entendit une voix effrayante 
qui disait : « Amen. » Les coeurs des assistants en furent troubles, et leurs 
esprits stupefaits; Ton se h&ta de le d^capiter. Cela se passait un vendredi, 
*jour du crucifiement de Notre-Seigneur J6sus-Christ, 4 la neuvifeme heure * s p. 
du jour. Pendant la nuit, de jeunes captifs grecs de Karka de L^dan vinrent 
prendre les corps de ceux qui furent reconnus et les ensevelirent en se te- 
nant sur leurs gardes, parce qu'ils craignaient les persecutions de leurs en- 

1. Lacune dans le texte. — 2. pu_, mot arameen signifiant « pitie ». II se dit aussi de 
la terre qu'on prend sur les tombeaux des saints ou a Tendroit ou fut vers£ le sang des 
martyrs. S. 




304 HISTOIRE NESTORIENNE. [94 

<-J JLJ (^JUl ^Jl ^1 ^1 ji\ i*Jic. ^.j .*UgY1 * j ^X* 

<l*_%*J1 J JLjuj . jLJ ^l^M j\ jZs> dJlill ^ jl^ <I1 

^3 •Ij^I *YjU jl J>i y>j i.U)l -u ^ ^jVl w>JI J <JUflj 

* sp. 31. ^ ^jlJU ^1 **a jl£ ^yj * j^y^ Jt5 -u jj»U jjJUi jl (ju**^ 
jUCi .JLSll ^ & J* 

(^-^ ^^r*" J JLiiLU fjlil pi^kUl jj^i A?.^* ^ Jj^ ^rl Oj-^*" 

j^U JUbLi Uii *Jlk jL-aMj *LJj JU- J\ i^JtSi JJ$ 

pgJ JL V villi J* JtiU j^^ill j ^a- ^aJI jAiJI 5 ^ jJfl 

1. Ms. ^U? — 2. UU> waa> J, J-^t J t iil 



nemis. II souflla un grand vent qui accumula la pousstere k Tendroit ou fat 
tu6 le Saint avec ses compagnons; et il s'y forma une haute colline. Simeon 
fut metropolite pendant dix-huit ans. Quelques-uns racontent que cela se 
passa le treizteme ou le quatorzi6me jour d'avril; sa m6moire... est c6l6bree 
le premier vendredi de la semaine de Pftques et est appelee les petits Ra- 
meaux. 

Et la raison qui a fait appeler le premier vendredi apr6s la Resurrection, 
dans lequel on Ute ces martyrs : Commemoration des Confesseurs, c'est que, 
s p. 3i. apr&g avoir tu6 Simeon *et ses compagnons, Sapor le maudit fit proclamer que 
ceux qui voudraient pers^verer dans la religion chretienne devraient le cacher 
et que ceux qui manifesteraient leur foi seraient mis k mort. Or les fiddles 
s'empressaient it la porte de Sapor, confessant leur foi pour 6tre tues et 
obtenir la couronne du martyre; ils venaient tous spontan^ment : homines, 
femmes, enfants, sans qu'on le leur demand&t. Lorsque Sapor vit la foule de 
ceux qui se livraient eux-m£mes k la mort, il d^fendit de les tuer, noa par 
pitie, mais pour les emp6cher de choisir et d'obtenir la recompense magni- 
fique qu'ils esp6raient. Cette foule retourna alors it ses affaires; et Ton fit 
pour elle une commemoration g^n^rale, appel6e Commemoration des Confes- 
seurs, k laquelle tous furent associes, parce qu'ils s'etaient livr6s 4 la mort, 
Le peuple vint ensuite trouver Tevfique de Ledan (Lddhari) et ils le prterent 



Digitized by 



Google 



[95] XXVII. — HISTOIRE DE MAR SIMEON BARSABBAE. 305 

ol>Vl c^l^j .p4UJ4 ZjL}\ pAjLtl j^bllapli * J dUS j^J.*sp. 32. 

.^li-Vl J*J»"j ^UiJI ^Jl ^>Jlj 

villi j .Ta>- l^Y I; J>* ^5 aaUJI ^jcS)! ^Yl i-a5 j^. jjJl ^-Jl Uaj 
.jtal JIcj jr^lj (Sj^J is*^. ^^Vl ^ L 

<£-SJl ^aaJI (^rt*^ $31 <3 (3^*" J *lT^^ wT 1 *; v^ij * . jL-ll 

1. Ms. ,Lj. 



de leur donner des morceaux de leurs corps pour les garder comme une 
benediction dans leurs 6glises. * II leur donna des parcelles de leurs vfitements * Sp 32 
tremp^s de leur sang; et elles op^raient de grands miracles, rendaient la 
sant6 et gu6rissaient les infirmit6s. 

Nous n'avons donn6 que ce court r6sum6 de Thistoire de notre P6re le 
saint martyr, parce qu'elle est tr6s longue. Nous avons pass6 sous silence 
tout ce qui arriva aux fideles k Deir al-Ahmar dans le Beit GarmaY (Bddjirmi), 
k Ninive [Ninoui), k Maradj et dans nombre d'autres villes, ou Ton tua cent 
soixante mille chr^tiens. Dans le pays de Tlrac on tua environ trente mille 
personnes. L'Eglise demeura pendant longtemps sans chef. Et Ton dit que le 
Jeudi saint, la veille m6me de sa mort en prison, il (Simeon) c6l6bra la messe. 
Le dos d'un de ses prfitres, emprisonn6s avec lui, lui servit d'autel 1 ; k sa 
droite, il mit la patfene 2 , et k sa gauche, le calice. 11 r£cita l'hymne de la 
messe : Par les yeux de I'esprit*. Et depuis ce *temps-l& on la r6cite & la messe * s p. 33. 
du Jeudi saint. 



XXVIII 

Du temps du m&ropolite Simeon, Constantin partagea le royaume entrc 
ses fils. lis etaient trois : Faln£ s'appelait comme lui Constantin (Qostantinous) ; 

1. u»oj*l, de Opovoc, « autel ». S. — 2. |xb^*a, de 4>totX(c, « patene ». S. — 3. us*->, 
publi£e dans la Patrol. Syriaca, II, col. 1055. 



Digitized by 



Google 



306 HISTOIRE XESTORIEXXE. [96] 

<J>vi. i^LJI Jt£ ^aJI yj <jy}*>- o» > o* ^ p-Vl 

c» <_>i *L_>- ,j <-J <*Uu JU»-j aA£ jiJl j:.U;W„ ? a ^ir ^ u-L ; 

J^iJI JL*I j» fJ JI JJL J^o Jl viUi. ^yJI JUL. jj;L- Jka-y .jpLJI 

.^Vl 1*9- t.y. jl^j .<<Ju J* 

^jWI ^Jai. .j^kkJJ <<UJ1 jL>j 

1. Ms. — 2. jjm.L:**. 

le second Constance (Qostantin) , du nom de son p6re (sic), et le troisi&me Cons- 
tant (Qoustous), du nom de son grand-p6re. II nomma chacun d'eux C6sar. Ce 
nom de C6sar comrnenga avec Marcianus Caius (?) qui transporta le royaume 
de Mac6doine (Maqidouniyah) k Rome. Les Romains racontent que la m6re 
de Jules C6sar (Youlinous) mourut avant de le mettre au monde : on le tira da 
sein de sa mfere par une incision et c'est pourquoi il fut appel6 C6sar. Ce nom 
resta aux empereurs romains. 

A la mort de Constantin (le Grand), Constantin (son fils) r6gna seul sur 
tout l'Occident; il y avait fait sa demeure pendant la vie de son p6re, tandis 
qu'il 6tait avec lui k Constantinople. Constance prit pour lui seul TOrient, 
*sp. 34. avec Antioche pour residence. * Constant r^gna sur les hautes contrees 
des Romains 1 . Trois ans apr&s la mort de son p6re, Constance attaqua son 
frfere afn6, le tua et prit son royaume 2 . Sapor profita de cette occasion pour 
envahir les provinces romaines de TOrient, qui formaient le royaume de 
Constance; il y fit des captifs parce que ces peuples s'6taient divis6s. Pais, 
Magnence (Maghtis) attaqua Constant et le tua apr6s la quinzteme annee 
de son rfegne 8 ; c'6tait un croyant sincfere comme son fr&re ain6. Tout Tem- 
pire revint alors 4 Constance qui attaqua Magnence r6volt6 et le mit en de- 
route. Poursuivi et atteint par Constance, Magnence tua son frdre, sa m6re, 
et enfin se donna la mort k lui-m£me. Constance, d^barrasse de lui, resta 

1. Constant r^gna sur Tlllyrie, Tltalie et TAfrique. — 2. L'auteur brouille ici les noms 
propres et les faits. Ce fut Constantin U qui attaqua son frere Constant et qui fat tae. 
Constant s'empara alors de son royaume (340). — 3. En 350* 



Digitized by 




.O- 5 Jts- ±X <*\ villi 



seul empereur. 11 b&tit plusieurs villes en Occident, et Telia de Mauzelath 
(Tall-Maonzan) en Orient, k laquelle il donna son nom. II r6unit cent quarante 
* 6v6ques k S6leucie (Salouqiyah) en Syrie 1 et exila quiconque s'opposait a la * s p. 35. 
foi des trois cent dix-huit. II chassa Eunomius (Aounamis), evfique de Cyzique, 
qui se d6tacha de la secte d'Arius et inventa une h^r^sie particultere. A la fin 
de sa vie, Constance changea d'opinion et adopta la doctrine d'un prStre 
nomm6 Eus6be 2 qui disait : « Deux 6tres dont la naissance est dififerente, dif- 
ferente egalement est leur substance. Le Fils diflfere du P6re, et il ne faut 
pas dire qu'il est consubstantiel au P6re. » Constance chassa Athanase, pa- 
triarche d'Alexandrie, ainsi que les fiddles. II se repentit ensuite, abandonna 
cette doctrine et revint k la vraie foi. Quand il partit k la rencontre de son 
cousin Julien pour le combattre, il passa en Cilicie (Qiliqiyah) et y mourut k Ykge 
de quarante-cinq ans 3 . II avait r£gnd trente-huit ans dont treize avec sonpdre. 

En ce temps-lit, le patriarche de Constantinople ^tait * Alexandre qui fut * s p. 3c. 
un des trois cent dix-huit. II fut patriarche pendant vingt- trois ans 4 . Avant 
sa mort il demanda comme successeur Paul (Foult) son disciple. Paul lui suc- 

1. Sans doute Seleucie d'Isaurie. II s'y trouva cent soixante ev^ques en 359. — 
2. Peut-6tre EuzoTus qui le baptisa. — 3. Le 3 novembre 361. — 4. Alexandre fut patriar- 
che de CP. de 317-340. 



PATH. OR. — T. IV. 




308 HISTOIRE NESTORIENNE. [98; 

JL«->-j y . ta. I L ,. J? . fltlj . JUp-j <L» Jl£» .iA^JL" JL^D 

.^J^l SJu vliCi .AilXt 1 iJj-vJL v^-Ltf ^ ^.jVl j 1 

J ^ ^^k-y cA« UAi .Lao/ .jL U ^1 oL4# cAc IjjUli . cfJUS J 
viLL*Jl jL^JVt ^ ^ *r*!°L v — ^ ^ <j£j <JUi UJ Jjfi. l^J jyI?o 

mm* 



c£da et demeura en charge pendant deux ans. Puis, Constance l'exila et init 
k sa place Farien Eusfebe, 6v6que de Nicom6die, qui demeura pendant un an 
et six mois. Ensuite Paul 1 et Athanase d'Alexandrie alterent k Rome trouver 
Fempereur Constant qui 6crivit k son frfere de les faire rentrer dans leurs 
villes, ajoutant que s'ilne le faisaitpas, il irait le combattre. Constance r£unit 
alors les 6v6ques et demanda leur avis : ils lui conseillferent d'accorder 4 son 
fr6re ce qu'il demandait; il r^tablit done les deux 6v6ques. A la mort de 
Constant, il les poursuivit de nouveau et ordonna d'exiler Paul. Athanase en 
• • s p. 37. fut averti. * II prit la fuite et composa un trait6 pour se disculper de ce qu'il 
avait fait, montrant que Fhomme doit fuir devant le roi qui le persecute. 
II £tablit sa demonstration sur des textes tir£s des prophfetes et des ap6tres. 
Les Ariens se saisirent de Paul et F£trangl6rent 2 . II avait 6t6 patriarche 
pendant quatre ans. 

En ce temps-l&, apparut une doctrine detestable. Un certain nombre des 
Peres se r^unirent et excommuni^rent ceux qui y croyaient. 

1. Paul de Constantinople.— 2. En 351. 



Digitized by 



' XXIX. — HISTOIRE t)B SAHDOST MARTYR, DIXIEME M^TRO POLITE. 309 



^-Ls* Lt^J?^ UU JL) ^Xl vJJj Ju> <«U* J ^jl jl^j .Ox. ^^Jl jiJi 



XXIX. HtSTOIRE DE SaHDOST ' MARTYR, IHMKME METROPOLITE. 

Co nom est persau « i t signifie : « ami du roi », II etait du Beit Garmai; 
certains disent qu'il etait de Suse. 11 etait archidiacre de Simeon bar Sab- 
bae. Comme, apres la mort de Simeon, lEglise etait sans chef, il se donna 
k Notrc-Scigneur J^sus-Christ * et fut nommd patriarche secretement. II * bp 
etait bon et pieux. On raeonte que les Peres et les fideles, r£unis en secret, 
prierent Uieu, ecrivirent plnsieurs nom? et les tirerent au sort. Ce fut le nom 
de Sahdost iSfihfloitst) qui snrtit. II accepta la eliarge qui lui * ; tui t enniiee sans 
en *'tre empeehe par la craintc de la morl. et re<;ut rinvestiture du patriarcat 
dans la maison d'un chr^tien. II choisit des hommcs qu'il ordonna pour r em- 
placer les Peres martyrises avec le saint Mar Simeon. Parmi eux etait Bar- 
bA'asmin, rieven de Simeon bar Sabbae. lis se vouerenta la mort pour leurs 
ouaillcs. lis visitaient les Chretiens nuit et jour pour les encourager contre 
la prrseeution de Sapor. Enfin on decouvrit la quality de Sahdost et il fut ar- 
rett ; par les mages. Trois nuits auparavant, il avait vu en songe une 6chelle 
posee sur la terre et appuyee an ciel. Simeon sc tenait debout sur Teehelle et 
il disait : * « O Sahdost, monte vers moi surcette echelle, comine je suis monte * ^ ~ a{Pp 

1. e^oxjtovA. BfiDJAN, Acta martyrum et sttnetorum, H, p. 276-281. Bar Hebhaeus, 
Chron. eccl.y IK 37*39. 



Digitized by 



Google 



HISTOIRE NESTORIENNE. 



■or* 



.VI ti - 



lito 



L-U<ij L»j UiLl jjjJU-j "LU» ^mj pU <1L* a» jMjlJI ii-l .<U-V 
tfA^' t/^-r* p-rr*-* jt^ crH' *i fr 1 ^ 4 *? ^r 4 J s *^3 



liter. » II comprit cc que cola si^uiliait. II en parla aux fideles, qui furent 
eonslerncs a cause Jc liu. Puis, trois jours apres, il fut saisi a Seleueic- 
Ctesiphon (M-Mathim) avec cent viu^t-huit eveques, pnMres, diacres, reli- 
gieux ct rcligieuses. lis resferenl en prison pendant einq mois, subirent tons 
lus genres de supplices el furenl invites a embrasser la religion des mages; 
mais ils ne cederent pas. Lc satrape de Seleueie-Cu'-siplnui en lit al«>rs 
tuer cent vingt, puis il envoya Sahdost avec les rcligieuses & Sapor. Quand lc 
palriarche comparut, lc roi lui dit : « ,Pai tue Simeon, chef des Chretiens, 
et un grand nombre de sup^rieurs et, d'^vijques; pourquoi done es-tu devenu 
le chef de gens que je d^teste? » Salnlos! lui r6pondit : « Lc c hef des Chret iens 
cost Dieu le Tres-llaut; r'est lui qui leur donne lc chef de son choix; d de 
m£me que l ean de la mer ne pout tarir, ainsi le christianismc no saurail 
• l0i etre detruit : * plus tu massacres de Chretiens, plus ils sc mulliplient. n Le 
maudit se mil en eolftre conlre lui; puis il le traita avec douceur pour Tame- 
nor a adorr^r le soleil et lui parla avec bienveillance pour le convertir h la 
religion des mages. Mais, loin de le convaincrc, il n'nbtint de lui que des 
paroles 4nergiques et dUrea, avec une plus vive resistance. II ordonna done de 
le tuer, et cet ordre fut execute & Fendroit meme oi\ Simeon avait cle mis h 
iiKut. Ses compagnons furent anssi lues. Cela se passait au mois de mars', 
apres cinq mois dincarceration. Parmi oux se trouvait Miles (\Iihi\) ar- 
RAzi \ sou disciple Aborsam 3 (Arstm) et d'autres personncs parmi lesquelles 

L Cutait]c 20 tevrier 342. Cf. R. Duval, Lilt. ayr. f p. 126. — 2. On lit clans la Ti% 
de sainl Miles (oavjoi qnil hi I martyrise le 13 novemhre .i^l, un an avant Sahdost, Ct 
Bedjan. II, p. 2GO-275. S. — 3* ^^-f Bedj.vn, II, p. 260. 



Digitized by 




[101] XXIX. — HISTOIRE DE SAHDOST MARTYR, DIXIEME METROPOLITE 311 



Olidl f lVI silt J jtf, r- 

4. Jiy <fjj JjT jjj viUi <cl j .il vSwo ^1 ^y^J til JJ U 0>- y *t** 



les deux scBurs de Sim6on f . Les fideles prirent leurs corps et les ensevelirent 
dans Teglise. D'apres ce recit, Sahdost fut patriarche pendant deux ans et 
cinq mois 2 . 

XXX 

Parmi les hommes 6minents de cette 6poque, il y avait Gr6goire (Djari- 
ghourious), dont.le nom signifie le vigilant, et qui est appel6 aussi le theo- 
logien, c'est-i-dire celui qui parle des choses divines. * II 6tait du pays de * s p. 64. 
C£sar6e, d'un village connu sous le nom d'Arianze 3 (Irinous). Son p6re, 
appel6 Gr^goire, appartenait k la secte des Samaritains. Sa m&re, qui s'ap- 
pelait Nonna (Found), 6tait chr6tienne. Lorsqu'elle 6tait enceinte, elle fit voeu 
d'envoyer son enfant au monast6re, si c'etait un gar?on et que son mari se 
convertit 4 la religion chr^tienne. C^tait pendant la reunion des trois cent 
dix-huit evSques. Son pfere* eut un songe dans lequel il crut reciter le psaume 
qui commence par ces mots : hedith kddh amrin, c'est-&-dire : le me suis rejoui 
quand on m'a dit que nous irions dans la maisondu Seigneur*. II en fut effraycS. 
Sa femme, par sa douceur, fit tant pour l'amener k la foi qu'aprfes une longue 

i. Les deux soeurs de Simeon furent martyrisees le 5 mai 341, comme on le lit dans 
leur Vie. Gf. Bedjax, II, p. 254-260. S. II faut lire avec Bar H^braeus, loc. cit. : « les 

V 

deux soBurs de Sahdost ». — 2. Cf. Bedjan, II, p. 276-281. S. — 3. Cf. Goschler^ Die- 
tionnaire de theologie catholique, X, p. 113. S. — 4. Depuis ces mots jusqu'a la fin 
du chapitre, Tauteur ne parle plus que de saint Gregoire le pere, mort ev^que de Na- 
zianze vers 373. — 5. Psaume cxxi, 1. 

Digitized by Google 



312 HISTOIRE NESTORIENNE. [102] 

viLU Jj-C Lj^J to jllaJtJl ^i^Tj <i*-^Jl JLaT villi ^LjCll Jy, jl Oj> 

^yj L%Jj p-w-l lil ^JLJL-YI ^JLc JUL L%£ fcr ^ -ui\ ctiil JUj 
1. Ms. *X»aJ. — 2. Ms. i^*JI. 



attente il r6pondit enfin k son d6sir. 11 alia trouver un pretre pour recevoir 
le baptfime. Selon Fusage, le pretre devait dire : « Tu re^ois le bapteme et 
tu renies Satan et ees satellites. » Mais il se trompa et dit : « Tu gouvernes 
FEglise de Dieu sans d^faillance », employant la formule de Fordination des 
6v6ques. Quand le prfitre eut fini, il vit le neophyte enveloppe d'une lumiere 
eclatante et il pr^dit qu'il serait un jour 6v6que. En effet, il fut nomme 6v6que 
de Nazianze (Anzianz) vers la fin de sa vie : il etait d'une vertu cminente et 
connaissait toutes les sciences des Grecs. 



Digitized by 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 

Introduction 215 

I. — Histoire de lempereur Valerien 219 

II. — Mort de l'empereur Valerien 220 

III. — Histoire des jeunes filles romaines 224 

IV. — Histoire de Manes 225 

V. — Histoire de Paul de Samosate 231 

VI. — Histoire de saint Gr^goire le thaumaturge 233 

VII. — Histoire de saint Eugene 234 

VIII. — Noms des docteurs 236 

IX. — Histoire de Bahrain II 237 

— — Histoire de saint Pierre d'Alexandrie 241 

X. — Histoire d'Arius , 244 

XI. — Histoire du moine Paphnuce 252 

XII. — Histoire de Sergius et Bacchus • • • 253 

XIII. — Histoire de saint Sylvestre 255 

XIV. — Histoire du dragon . m 255 

XV. — Histoire de Tempereur Constantin. • 257 

XVI. — D6couverte de la croix et des clous 263 

XVII. — Helene la fidele et son fils Constantin le Victorieux 264 

XVIII. — Le Concile de Nic6e 276 

XIX. — Description de la ville de Constantinople 281 

XX. — Description de la ville interieure de Rome 284 

XXI. — Du Chronicon et de sa composition 285 

XXII. — De la P&que et de la Resurrection 286 

XXIII. — Histoire de Sapor, fils d'Hormizd 287 

XXIV. — Mort de l'empereur Constantin 289 

XXV. — Les saints contemporains de Papas 292 

XXVI. — Histoire de saint Ephrem 293 

XXVII. — Histoire de Simeon Barsabbae* 296 

XXVIII. — Les fils de Constantin 305 

XXIX. — Histoire de Sahdost 309 

XXX. — Hommes eminents, ses contemporains 311 



Digitized by 



Digitized by 



Google 



HISTOIRE NESTORIENNE 

(CHROiNIQUE de SEERT) 
PREMIERE PARTIE (II) 

PUBLIEE PAR 

M gr ADDAI SCHER m D 

ARCHEVEQUE CHALDEEN DE SEERT ( KURDISTAN ) 

Traduite par M. l'abbe Pierre DIB 



PATR. OR. — T. V. 



15 



AVERTISSEMENT 



Le texte arabe nous a ete adresse sans traduction par M gr Scher en 
1906. Pendant que M. Perier dirigeait l'edition du premier fascicule 
[Patrol. Or., t. IV, fasc. 3, p. 211-313; cf. page 218, note des edi- 
teurs), M. l'abbe Pierre Dib, pretre Maronite, traduisait le second. Les 
noms propres, si souvent defigures dans les textes arabes, lui ont 
donne beaucoup de travail, surtout lorsqu'ils sortaient du cycle de ses 
etudes anterieures. II a pu, gr&ce aux qualites de travail et de patientes 
recherches qu'il a toujours montrees, les identifier, et il nous a adresse 
sa traduction en mai 1908. Le Rev. Pere D. Ramia, qui possede le 
francais aussi bien que sa langue maternelle et nous tient au courant 
des faits de l'Orient par les nombreux articles qu'il publie dans nos 
periodiques, a relu sa traduction au point de vue du francais. Nous 
avons ajoute quelques identifications ou renvois aux textes paralleles 
que nous avions sous la main en faisant suivre les notes des lettres 
S, D, N, suivant qu'elles etaient dues a M gr Scher, a M. P. Dib, ou a 
nous-meme. Enfin, M gr Scher, durant son voyage en Occident, a dirige 
l'impression du present travail et redige les tables. 

Les faits contenus dans ce fascicule sont deja, pour laplupart, connus 
par ailleurs, mais peuvent du moins servir a l'etude des sources, car 
l'auteur a le merite de resumer les auteurs difFerents ou meme contra- 
dictoires sans chercher avec leur aide a donner une redaction nouvelle ; 
par exemple, apres Thistoire de Julien l'Apostat (chap, xxxm) on trouve 
au chap, xxxiv : « Une autre version de l'histoire de Julien le maudit » 
et, dans ce meme chapitre, apres un paragraphe qui se trouve deja 
dans Theodoret, on trouve encore : « d'auteurs expliquent ainsi la 
cause de son impiete » ; vient alors un resume du roman de Julien 
l'Apostat edite par M. Hoffmann. 



220 AVKKTISSEMKNT. [108] 

11 semblc tin moins que le present ouvrage est la source mediate ou 
immediate dc l'ouvrage d"Amr et Sliba : De patriarchis Ncstoriano- 
nmi co mine at aria edite et traduit par Gismondi, Rome, 4896 et 1897. 
Gar notrc auteur rapporte par excmple les histoires d' Isaac, 44 n,e pa- 
triarche (ch. lxyi); de Jean Chrysostome (ch. lxviij, de Jahbalaha 
(ch. Lxviii), d'Ahai, 15 lllc patriarche (ch. lxix), de Theodose le Jeune 
(lxx), tandis que 'Amr et Sliba rapportent l'histoire d'Isaac (traduction 
latino, p. 12-15; et ajoutent : « a son epoque florissaient Jean Chrysos- 
tome et Jaballaha du monastere de Mar f Abda le thaumaturge », puis 
lhistoire d'Ahai (p. 15) et ajoutent : « a son epoque regnait Theodose le 
Jeune chez les Romains ». II semble done qu'iis ont pris dans notre 
auteur les notices consacrees aux catholicos (les faits sont en effet 
les m ernes des deux cotes) et qu'iis ont resume en deux lignes les 
chapitres intermediaires qui ne rentraient pas dans leur sujet. Le pre- 
sent ouvrage serait done aussi la source immediate ou mediate des no- 
tices consacrees par Bar Mebraeus a l'Eglise nestorienne dans sa 
Ch roil icj u e eccles iasti q ue . 

Un bon nombre de chapitres sont resumes des Actes des martyrs 
et des saints qui constituaient comme un menologe oriental; la plupart 
ont ete edites par le R. P. Bedjan comme on le verra par nos renvois, 
un chapitre meme (chap, lxiv) provient des Apophtliegmata Patrum. 

Nous remercions M. Robert Griveau, archiviste paleographe, qui a 
bien voulu relire la derniere epreuve de ce travail. 



F. Nau. 



Jwftl A-lilllj ^ow p^JI f A& j Ij*. ^AAjLj j ^1 ^Jl JaiSLYl 

plU! oUl^ Or*" ^ • J ^ 



XXXI. HlSTOIRE DE BaRBA'SEMIN, LE MARTYR * A p. 6i 

ET LE ONZIEME DES CaTHOLICOS 1 . 

Le nom de Barba'semin signifie : l'homme aux quatre noms 2 . Ce pere 
etait celebre par sa purete, sa saintete, sa piete et sa chastete. II etait le neveu 
do Simeon Barsabba'e, de Beit-Garmai". II imita son oncle en marchant sur 
ses traces. Bedoutant Sapor le maudit, les Peres l'ordonnerent en secret 
dans la maison d'un chretien. 

II consacrait les eveques et les pretres et les envoyait secretement dans 
differentes regions ; il lenr recommandait de se deguiser en lai'cs pour se ca- 
cher. II vecut ainsi sept ans clurant : Quel calice d'amertume pour lui, quand 
ilvoyaitles chrctiens si maltraites et si persecutes. 

Si Ton s'acharnait a tuer les eveques et les pretres, c'etait dans le dessein 
de priver les chretiens de ceux qui raffermissaient leur foi et de les conduire 

1. Les faits de ce chapitre se trouvent dans Bar Ilebraeus, Chron. eccl., ed. Abbe- 
loos et Lamy, t. II, 39-41, et surtout dans les Actes de Barba'semin edites par Bedjan, 
Acta martyrum et sanctorum, II, Paris, 1891, p. 296-303; cf. H. Gismondi, Amri et Sli- 
bae de patriarchis Nestorianonun commentaria, versio latina, Romae, 1897, p. 12. N. 
— 2. Westphal (Untersuch., p. J 03) explique ainsi ce nom d'apres une inscription naba- 
teenne : ^ntryaia = ^DttSimn, le fils du Baal des cieux. V. Labourt, Le christia- 
nisme dans V empire perse, p. 72, n. 2. D. 



222 I11ST01HK NI5STOR1ENNR. [110] 

fc-U cJlt Uj . ( j t ^c*$\ Jl jsjj^kJl pA^C-Cj ^"lilol ^ j£ ^« (^jUajJJ ^*oU lil 

^2>u V 5 <Jjfcl ^*f-l ^pAjtu-l (J^ij ^^^j^ J^ sjl^CJI <j^1^5 j^Lw viJXo 

^jxL^a Ij^Jli j^L Jc <UI J^U- 

Cjl llI*]a_S .^Jjls l^'jjS ^ jy>c*a$\ l^J £Xtf£T C>lj-^ ^s»-Li I j^^Jai ft l£S-Vl 

(3 (J^J .tui viU U .jUl (Jj ^j-oJiJJ Asw' Cjl 

.fc-U ^^Jc & LjJI ^ i&Ljvj k*J JyJLlJj U)l <j*£A?J J <JI LSL 

* A p. 65 iuU J .«J JliLi Cwoj CiJl>- jd» .j^J * ^jU^J J^C VI ^1 pJI 

^jLtA^I JMcVlj ^Jiil J IjAj^j .pJUl ft U=i;l Jl Jk; V <^jLdl 



1. ^b; 



ainsi fatalement a embrasser la religion des mages. Gomme le regne de Sapor 
se prolongeait, que la persecution sevissait toujours contre les Chretiens, et 
qu'ils avaient vecu continuellement caches, les fideles de beaucoup de pays, 
en si grand nombre que Dieu seul pouvait les compter, se reunirent, esperant 
avec confiance que l'appui de Dieu descendrait sur eux contre Sapor, en sorte 
qu'ils pourraient enfin se montrer. 

Alors, las de vivre ainsi, ils sortirent de leurs cachettes en poussant des 
cris formidables a fendre les rochers. Ils disaient : « Quand bien meme tu 
nous liacherais en morceaux, jamais, jamais nous n'adorerons le soleil ni le 
feu; fais done de nous ce qui te plaira. » 

On raconte qu'a deux reprises on fit trancher la tete a plus de 230.000 1 per- 
sonnes. Parmi ces martyrs se trouvait Mar Miles (Milas) 2 avec d'autres chefs 
chretiens. 

Sapor eut vent de la situation de Barba'semin. 11 le fit apprehender et 
comparaitre devant lui avec seize autres pretres et diacres; il lui dit alors : 
*Ap.65« N'ai-je point ordonne l'extermination des chefs chretiens? * Pourquoi 
m'as-tu desobei? Pourquoi es-tu devenu leur chef? » — « Le pouvoir de gou- 
verner, lui repondit Barba'semin, ne cessera jamais de s'exercer chez les 
chretiens; et cela jusqu'a la consommation du monde. » 

On le jeta alors en prison avec ses compagnons. On les chargea de fers 
pendant onze mois 3 jusqu'a ce qu'ils fussent devenus noirs et entierement 
desseches de faim et de soif. 

1. Mari, p. 21 : 130.000. S. — 2. Eveque de Sousan; ses Actes ont ete publies par 
Bedjan, loc. cit. y p. 260. N. — 3. C.-a-d. depuis le mois de fevrier 345 jusqu'au 9 jan- 
vier 346. S. — Bedjan, loc. cit., p. 298. N. 



[Ill] XXXI. — HISTOIRE DE BARBA'SEMIN. 223 
jl dLU^I ^JU. Cjj dlU^lj dUQ^I L'lj ^Ltjj& l-U Jj» Jl& .JU£* * aJ\ aJ 

jLw-*Jl^ ^J^As^ |j>j_fc aJ J£ . J^JJ j^x-IpL^ t5!^^^ 3^ .^j-wwii 

^jJI ^^[^ J^fc jJ jl 'Jy.^ ^ jjil^lj (^-^> ^i^l jl ^iJllaj 

,*J JU» .*jA5 VI Ui^* I^pa VI J^Xm J>Lj j ^.^^l <^l i-^Li Sl*J> 
.cS-wj-^JSj (j^jt*^ aJ Jjii fjS}] £*<>y>}\ <j Ais .Ijalj ^jUsJl cAxi> 

£*^lj . \+Jb ^-IP ^CtlT Ajc« (J^J . f^Sfj) ^JLL**« jJfcJ AjilC- ^ ^^33 

^MLJI j^JTLJI Allp- jly&Vl ^JLIJ -v^li .Ijj! J IjiS Li£ ^jLalll jl ^*AJtpl»^ aJIs 

£^*-sJl .U^ISij ^jUl ^L«2>-l jjJLo^JI As»-|j .j^L*>AI>. jl^ia^ *»jL>- ^Jl Ij^JJ 

tJis^J ^Jj'U>-j ^j*Ji j <^+*&> o^^jLsaiJI ^b^l -JyS^ *--^3 • ^j^*_^H 



1. JL, 0 U ^^Cj. 



Puis Sapor lui envoya une coupe' d'or contenant 1.000 drachmes et lui 
fit dire : « Recois ces presents que je t'offre; je te mettrai en liberte et te 
ferai chef des tiens, si tu adores le soleil. » Mais le bienheureux Barba'semin 
repondit a l'envoye du roi : « Dis-lui : croit-il me tromper comme on trompe 
des enfants? Groit-il me faire renier mon Maitre et me faire accepter de Tor 
en echange? » Sapor lui dit : « Si tu n'acceptes pas l'honneur que je t'offre, 
j'ecrirai a tous les sujets de mon empire d'exterminer les chretiens. » Bar- 
ba'semin lui repartit : « Plus tu massacreras les chretiens, plus ils se multi- 
plieront. » Alors le roi ordonna de l'executer a l'endroit ou avaient ete exe- 
cutes Simeon (Sche'moun) et Sahdost. On lui trancha la tete, alors qu'il 
montrait un visage joyeux, alors qu'il avait le sourire sur les levres, qu'il 
priait pour ses ouailles et qu'il les benissait. Treize autres personnes subi- 
rent le martyre avec lui. Pour le voir, les chretiens s'assemblerent en si 
grand nombre qu'ils se foulaient presque les mis les autres. Les mages di- 
rent alors : « La parole de Barba'semin : phis on tue des chretiens, plus ils se 
multiplient, se verifie a la lettre. » 

L'eveque de la Susiane (Al-Ahwaz)j>Tit le corps du vertueux catholicos et 
l'enterra a cote de celui de l'archeveqne de Gundisabnr. Les fideles prirent 
les autres corps et les ensevelireni. Que lcurs prieres a tous [soient avec] 
les fideles! Sapor ecrivit alors a ses sujets d'empecher les chretiens de s'e- 
lire un chef et un catholicos afm de dementir la parole de Barba semin : « le 



224 H1ST01RE NESTORIENNE. [112] 

~k«33 jl ^\ Ci*Jl JIaUJI ^ .JJaJ" V ^jLdl jl ( j.».,*^l^ Jy 

cc*^3 .c 1 jy^j ^l ft dUij ssl^Uy ^JiCJl jljlybj dlL J^VI &J1 ^Jl *<JU 
SJL« I j- ..,.. ^ .c^ja^ j^aJI <JLitll *IVI ^jaJ" f ^jL&\> J i 

V ^/}** ti 'c^*"*^^ *"^5 ti S^***. ^'1 ^* . I^-X^j 

j_j-v_>c«-> i ^i[J jlf> U-Uf Ij^*^ • ^ lyi^ i^-^ll (j* LiLU>- Ij,^^^ .j^j^s*- 

^« ^ii (3 <tjUp o^Ijj . j^-UiJij 

1 - cr^> 



pouvoir de gouvemer ne saurait etre enleve aux Chretiens ». Mais ce mise- 
rable, cet ignorant ne se doutait certes pas que, s'il voulait detruire ce 
pouvoir dans son royaume, il persisterait toujours ailleurs. 

L'Eglise demeura sans catholicos de Fan 39 de son regne jusqu'a la 
premiere annee du regne de Bahrain (Wahrmran), surnomme Farmansah, 
soit 33 ans 1 . 

Le pontificat de Barba'semin avait dure douze ans 2 . On arreta, de son 
temps, les trois peres que Sahdost avait ordonnes. lis furent jetes en prison 
pendant quelque temps et on les fit souffrir. Puis, a Tepoque de Barba'semin, 
ils en furent delivres avec l'aide de Dieu. lis prirent la fuite et allerent ha- 
biter des cavernes. Depuis lors, on n'eut aucune nouvelle d'eux. Mais dans 
la region qu'ils habitaient, ils s'appliquerent a christianiser un nombre con- 
siderable de paiens; ils y briserent une idole que la foule adorait; et ils 
moururent dans leurs retraites. On y construisit plus tard, sous leur vocable, 
un grand monastere et une ecole ou se reunirent des maitres et des eleves. 
Du temps de Mar Narses 3 , on agrandit encore ces constructions. 

1. Apres la mort de Barba'semin, le siege de Seleucie demeura vacant pendant vingt 
ans environ (cf. les Actes de ce martyr, publies par E. Assemani, Acta SS. Martyr., et 
Bedjan, Acta Mart, et Sanct. y II, 303). Mais l Amr, Elie de Nisibe et Barhebraeus ont des 
recits differents sur la vacance de ce siege. D — 2. 11 avait plutot dure quatre ou cinq 
ans, car Sahdost fut martyrise en 343 et Barba'semin en 347. Bedjan, Ada Mart, et 
Sanct., II, 296-303. S. — 3. Le catholicos. S. 



[113] 



XXXII. — 



HISTOIRE DE QARDAGH, LE MARTYR. 



225 



£^-Lr« J 1 *" l» ^^>- ^3 .iUj^O *U&j ^jLdl . (J>jl <J*f"3 * A p. 

fj .AiU^j'l ^L^j «CUu-w <dll u-^lj .C*- ^.^r^J tr*^ 0^3 .«U— I *L-~3 

jl Jli dkl .<J Jiij *Jlp- J <C*i> OS Sj^aJl l y^>- <utu J ^LDI Jiu* 

1. ^Jj. — 2. Martyr : 



XXXII. — HlSTOIRE DE QARDAGH, LE MARTYR 1 . 

Qardagh vivait au temps de Barba'semin. II etait compte parmi les grands 
personnages de la Perse. II etait celebre par sa bravoure. Voyant son ame 
virile, son courage et son habilete a tirer de l'arc, Sapor l'investit de la di- 
gnite de gouverneur du pays qui s'etend de Beit-Garmai jusqu'a Nisibe. 
* II fixa sa residence a Arbel. Les chretiens le craignaient beaucoup. II se * A P- 06 
construisit un chateau fort sur une colline elevee 2 et l'appela de son nom. 
II avait alors I'age de vingt-cinq ans. Mais Dieu — qu'il soit loue et exalte! 
— voulut en faire son choix. Une nuit, Qardagh vit en songe un bel 
homme qui frappa son cote avec une lance et lui dit : « Tu seras tue pour 
Tamour du Christ avant d'achever la construction de cette citadelle. » Qar- 
dagh lui dit : « Qui es-tu, toi qui me presages ccla? » Et l'homme de lui 
repondre : « Je suis Georges le martyr 3 , disciple du Christ et maitre de 
tout le pays grec. Je viens t'informer de ce que Notre-Seigneur m'a fait 
connaitre. » Qardagh se reveilla effraye et ne tint plus compte de cette vi- 
sion. Or, sur la montagne de Beit-Bagas vivait un ermite du nom de 'Abdiso\ 

1. Ce chapitre est un resume des Actes edites par Bedjan, Acta Mariyrum> II, p. 442- 
506. D'apres II. Feige, Die Geschichte des Mar 'Abdiso und seines Ji'uigcrs Mar 
Qardagh, Kiel, 1889, p. 8, ces Actes, qui renferment quelques anachronismes, peuvent 
reposer sur un fond historique, mais n'ont pas ete rediges avant le milieu du vi e siecle. 
N. — 2. C'est la colline de Malqi pres d'Arbel. R. Duval, Litt. syr., ll e edit., p. 138. 
D. — Ce nom est ecrit v *n\*o et ^a^o, Bedjan, loc. cil., p. 445, N. — 3. Sargis 

dans Bedjan, p. 446. N. 



226 1IISTOIRK NESTORIRNNIi. [114] 

^jr^f- Jf*-j J^S (3 J^J <3 j*b 1 4^p ^ dbs^t 

UJi .U-V* SL?J1 ^> .lijfe <^ t^** 3 - ^ .^yti^S. <u^-l 

aJL-j . ^«s*JI ^ytiJ^S- s^J*\J\ ^Ja^lj . Cs-c*!* Co^Jlfl £>Js ^fV* • < ^*^ t -j/ > ".3 

.^~<^JI w) ^3 p^JJl 2 j£l t^ib .<^jUJl aJ ^u>^>3 J^Vl -uU l^s 
1. jfL>! t». — 2. Jil ^6. — 3. Monasterium I*-*. 



Celui-ci eut aussi une vision dans laquelle il lui fut signifie qu'il avait a so 
rendre aupres de Qardagh, car ce dernier, grace a lui, devait heriter la vie 
eternelle. A Tarrivee de Termite, Qardagh ordonna de le flageller et de Tem- 
prisonner. Get ordre fut execute aussitot. Un jour Qardagh etait an cirque 
a jouer au mail avec ses amis; la boule se colla a la terre. Vainement ils 
s'efforcaient de la remuer. L'un d'eux dit alors a Qardagh : « Get homme 
que tu as jete en prison, je l'ai vu elever la main, faire devant la boule un 
signe de croix et remuer les levres. » Qardagh revint chez lui aiflige et 
fort surpris. II se fit presenter Termite 'Abdiso' et lui demanda en quoi con- 
siste la croyance des Chretiens. L'ermite la lui expliqua. Qardagh recut alors 
de lui la foi et le bapteme. Puis il fit venir un autre moine du nom d'Isaac 
(Ishaq) qui lui lut le saint Evangile et le lui traduisit en langue persane. 
Qardagh s'abstint de manger de la viande et de boire du vin; il distribua 
quantite d'argent aux eglises et aux monasteres. Sa famille etait peinee de le 
voir agir ainsi. Quant a lui, il vecut de la sorte deux ans et trois mois, s'a- 
donnant au jeune et a la priere. 

Sachant qu'il differait de declarer la guerre, les Grecs et d'autres na- 
tions encore envahirent son territoire et le saccagerent. 11 marcha contre 
eux et leur dit : « Groyez-vous que je n'aie plus la force de combattre? Non; 
au contraire, en embrassant le christianisme je me suis arme d'un glaive 
invincible. » Puis il fondit sur eux et les taiila en pieces. Et, quoique tres 
nombreux, ils furent obliges de s'enfuir devant lui. 



[115] XXXII. — H1ST0IRE DE QARDAGH, LE MARTYR. 227 

4j| Ijjw^j" |Jj jUI <CflA^ <ci>'!^2iJ! l^*.<4-^ j^ji .pj 

.<l*LI J^is y^l aJL*«3 Ujj .<m iyi^ j^^. (3^ 

AJLw^j>6-^JI JLJaJ" jl £o jl jl . IJlij ."Cfl JSj-x^w U ^j-j^tJl ^Uj>-3 Si 

l5 jJI jl^JI ^ aUlj jli .^Sl W J^yJ ^J^J Q^f 3 ,. o\ ^3 -^^3 

* J:.-^^' -iij'b *^3 (^jLaJl IjiU- Jl l^Jjt * A p. 67 

jl ^Jl ^J^J JlLj •prV^ £wP^ * ^ ,>*3 C^aUl UJi .fc^lji* 

£-*^f~lj . jl Jl 5s jli oIj J^ |*fVl ^Ji ^3 iSy^ ^jjlilL-wl «Ua3 <uic |yj> 

£JI J dUi jtSj 



De retour de la guerre, il detruisit les pyrees et edifia des eglises a leur 
place. Les mages le denoneerent a Sapor, 1c maudit. « Mais, vous, leur dit 
celui-ci, vous avez entendu que Qardagh so fit chretien; qu'il detruisit les 
pyrees. N'avez-vous jamais enteudu qu'il refoula des milliers de Grees avec 
ses deux cents cavaliers? N'avez-vous jamais entendu parlcr des massa- 
cres des Arabes, qu'il a aecomplis durant sa vie? » Le mobed ' et les mages 
desapprouverent la parole qu'ils venaient d'entendre de la bouche do Sapor et 
mi dirent : « Dis-nous franchement si tu veux detruire le magisme et affer- 
mir le christianisme. Sinon, pourquoi laisserions-nous en paix cet homme? » 
Sapor s'attrista par affection pour Qardagli dont il admirait le courage et la 
vaillanee. Et pourtant, il l'envoya en prison, ordonna de le raisonner et de 
remettre sa cause a sept mois. [Il sera libere], s'il releve, de leurs mines, les 
pyrees renverses par lui et s'il chasse les chretiens. Sinon, il sera lapide a 
la porte de sa maison. Dans ce dessein Sapor lui envoya deux de ses com- 
mandants. * Le delai aecorde s'ecoula; Qardagh demeurait toujours inebran- * a p. 67 
lable dans sa conviction. On le fit sortir pour le lapider. 11 demanda alors le 
moine Isaac pour lui lire l'histoire d'Etienne afin de rafFermir son coeur. 
L'on ne cessa de le lapider a la porte de sa maison jusqu'a ce qu'il eut rendu 
le dernier soupir. Un nombre immense de personnes sc rasscmblerent pour le 
voir. La nuit venue, les chretiens prirent sa depouille mortelle et l'enseve- 
lirent. Cela eut lieu Tan ^9 du regne de Sapor 2 . A la mort de ce dernier — 

1. Le mobed chez les Perses correspondait a Feveque chez les chretiens. 11 relevait 
d'un mobed superieur qui occupait dans l'Etat une place tres elevee. D. — 2. 359 de 
notre ere. N. 



228 11IST0IRE NESTORIENNE. [116] 

,<>\jLa> aJJI ^']^ <j£ J *J 4j JL* LJaC 



jL?3 <LA> ^i^j £&lLll jl-ic ^A=>c3 .Cl J^l jl^j • >- >£^l JjJalL-J* ^^Ap LaC A3 
J^c. 5^>-^3-ls .^=»jJl ^Ut^slj £^>t~Jl £*r~3 *y j^3^ A=>l^ _j ^1*?V1 



qu'il ne soit jamais agree de Dieu et que l'enfer soit sa demeure! — le cha- 
teau de Qardagh fut transforme en un grand monastere ou Ton celebre tous 
les ans sa memoire. Que Dieu se souvienne de nous grace a ses prieres! 

XXXIII. — Histoire de Juliet l'Apostat. — Que Dieu le maudisse! 

En 672 d' Alexandre, la mort de Constance (Qostantin), fils de Gonstan- 
tin (Qostantinous), rendit Julien l'Apostat maitre des Romains. Get impie etait 
verse dans les sciences profanes. Bien qu'il fut le petit-fils de Gonstantin le 
Grand, il s'etait revolte cependant contre lui. II se degagea du joug de 
l'obeissance, renia sa foi et servit les idoles, auxquelles il ofTrait des sacri- 
fices. II reunit les magiciens et les sorciers qui le deciderent a abandonner la 
vraie croyance pour le vouer a leurs pratiques impies. II eut une entrevue a 
Ephese 1 avec les deux saints Athanase de Cesaree et Gregoire de Nazianze, 
alors qu'il etudiait la philosophie. Ges deux saints prevoyaient des lors 
ce qu'il devait etre un jour et tout ce que son mauvais genie lui inspire- 
rait contre les chretiens. lis s'en affligerent et ne manquerent point d'a- 
vertir les fideles de s'en defier. Des qu'il arriva au pouvoir, il se mit a pour- 
suivre les chretiens, les obligeant a embrasser sa religion et a sacrifier 

1. A Athenes. Julien eut pour condisciples saint Basile et saint Gregoire de Na- 
zianze. D. 



[U7J XXXIII. — HISTOIRE DE JULIEN L'APOSTAT. 229 

.^yJ^L^tXl J^La 1^15^ ^Jl ^3 ^!>U \y t ^* m jlj p^LLj 

JU^il ^L^l ^>c*Jl J-*^3 ^tJls-Ul -{jj* ^i^i ^-^-'-k-'k-'-ft^ £o-U 

^jJL^Jl ^ ,J ^.U.mU <Jio U ^j^AJ <ji^ jL^j ft LJl^ 

pj) .p-J^" JjJ^' v^** Jj-^ ^->Lo* ( _^. 

a^_a j j . v-; J^-^ JLr^ls o* 1 ^ cs^ ^-2-«5 . I'-CL* U ^a^JI ^jiUJ 



aux i doles. U detruisit les eglises et fit clever a leur place des temples aux 
demons ; ilmassacra nombre_de fldeles. II combattit les barbares et s'em- 
para de leur royaume; il passa puur un autre Alexandre. De Constantinople, 
il se dirigea vers la Perse. 11 immolait des vietimes, se livrait a la magie en 
se servant, pour cet exercice, des entrailles des homines, des femmes et des 
cnfants qu'il mettait a mort. 

Lorsqu'il entra en Palestine, il permit aux juifs de reeonstruire le temple 
pour demcntir la parole de Notre-Seigncur : // n'en restera pierre sur pierre. 
Mais a peine s'etaient-ils mis a Tceuvre que des tremblements de terre se 
firent sentir, aceompagnes de tourbillons de vent qui renverserent plusieurs 
villes voisines de Jerusalem et eparpillerent tout Fattirail servant a cette 
restauration. On vit alors, sur les vetements des juifs, des croix, coulcur 
rouge, qu'on s'efforyait en vain d'effacer. Ncanmoins, le malheureux Julien 
ne tint pas compte de cet avertissement de Notre-Seigncur. II se dirigea 
vers la Perse, massacra les uns, emmena les autres en captivite, ineendia 
et ravagea [les villes et les bourgades]. Sapor en cut peur. L'on pensait 
qu'il avait remporte la victoire sur la Perse , lorsque, pres de Seleucie- 
Ctcsiphon (Al-Madatn), Ujoniba frappe au cote d une Heche venant du ciel. II 
reconnut alors ce qu'il avait fait. Mais en expirant, il prononca ees paroles : 
« Tu m'as vaincu, Galileen! (e'est ainsi qu'il appelait Notre-Seigncur). Le 
royaume de la terre t'a etc donne avec eclui du ciel ' . » 

1. On conteste Tauthenticite de cette parole de Julien. D. — Elle n'est pas rapportee 
par Ammien Marcellin (XXV, 3) qui etait present, mais seulement par Theodoret (III, 25 
et Sozomene (VI, 2) comme une tradition. N. 



230 IIISTOIKK NRSTOlilKNNE. [118] 

£&LUI jl-U ^U>.j ,cl j^l jl5>j -^-r^ Cxh^*~* (J^ ^ ^tyi l-U jl£ 

.^rfjJI oUc^lj |^e*JI £*ft3 -V i^jj ^LoVI .A^-** 

^^liH jLjJudl fcJj&U jl£ -Asj .Ijil jl U ^Jl ^>c^\ tolikl ^ fc^tA^ 

JU Ij^r^ jl l^pc-JI Jl«5 .<uU I j-ls>-j <> iliili .«CoSl ^jLaiJI ^3^* 

^_**«*J1 ^£ |***^ • *— ! ^^^l? ^ ^j^" ^.i^- aJJLIaJI |»jS*j1jj 



Le regne de Julien fut d'mx an et de sept mois et son age de trente-un 
ans 1 . 

* A p. 68 XXXIV. — * Une autre version de l'histoire de Julien le maudit. 

Get impie s'etait revolte contre Gonstantin le Grand dont il etait le 
petit-fds. II brisa le joug de l'obeissance, renia sa religion et rendit le culte 
aux idoles qu'il adorait et auxquelles il ofTrait des sacrifices. II assembla 
les magiciens et les sorciers qui l'engagerent a abandonner la vraie croyance 
ponr le vouer a leur caprice. Au moment de leur rencontre a Ephese, les 
deux saints Athanase et Peveque de Nazianze eurent l'occasion de le voir, 
alors qu'il poursuivait l'etude de la philosophic et des sciences magiques 2 . 
lis prevoyaient ce qu'il deviendrait un jour et le mal qu'il ferait aux Chre- 
tiens, lis s'en attristaient et mettaient en garde les fideles. Mais lui, il 
consulta les magiciens sur Feventualite de sa royaute future. Geux-ci evo- 
querent les demons, Tobjet de leur amour. Mais l'impie en eut grand'peur; 
son ame se troubla lorsqu'il les vit et qu'il sentit leur odeur fetide. II fit 
sur lui le signe de la croix, tout en s'endurcissant dans l'incredulite. Les de- 
mons se disperserent. L'ceuvre des magiciens n'obtint aucun resultat. Geux-ci 
blamerent sun acte et lui dirent : « Ton affaire reussissait deja a merveille, 

1. II regna de 361 a 303. D. — 2. Meme phrase dans le chapitre precedent. N. 



[119] XXXIV. — AUTRE HISTOIRE DE JULIEN LE MAUDIT. 231 

l^% . JU5 U *y^,33 -V \r*~^ ^ Ji*J 0^"^' ^'v^ ,A ! ^ 

* <J^^*"^ \yu»3>d} .£ol>* vdlJS VI ^j^3 ^llail 

>LwLi~ VU Ct^l dlbJI vS^I jl 4o*LiJ? w^w jl Jls»J -|^tr^. *J^b * (J 

. d)L_ft> ^ '^ir^ <j»AiuJI y«j ^J^asj .dUI ^ I ^ -Claij ^^jbS ^ \j>^ ^b 

«ci-l >J iC*ls .dLUl ^f^\ cU^'b -L*^b .JUI c« ,r~lL> cob Uis 

. ^JIK ,C« dJ^£ UUi fcCl ^^L^cojl VI Jisj <> l^-^j .ell IfjjiCw 

vb c^ y (J ji <n cu diui .Qujj cj^ dus ji^ u*b 

• J jlLuiJI cU' ^ ^»-b £«^~J! C ^ «wii>-3 (j^^ -tr^ * Jr* - ^ * 

.^UjaII < ^j^UI ^« ^U>- cJ^j 

1. Ji. — 2. jjjxJt. — 3. ^j*yot ^<s**j vj^o!^ ^^f| ^ 



mais tu as tout brouille avec ton signe do croix. » Mais l'impie infortune 
leur presenta des excuses et promit de ne plus recommencer a Favenir. De 
nouveau ils evoquerent les demons, verserent la corruption et Finiquite 
dans son cceur, sans qu'il cut, cette fois, laibli en leur presence f . 

D 'ant res expliquent ainsi la cause de son impiete : Avant son peleri- 
nagc a Jerusalem, la scaur du roi lui avait confie, a l'insu de son frere, une 
somme notable, ainsi qu'un instrument remarquable fait d'or et d'argent. 
A son retour, elle reclama ses biens. II meconnut ses droits et nia tout. 
Le roi, mis au courant, blama sa sceur de sa folle confiance en lui. « Pour- 
quoi ne m'as-tu pas confie cela? lui dit-il; qu'as-tu trouve de si seduisant en 
lui? — Mais son jeune et sa priere, » repondit-elle. Julien agissait ainsi 
en vdritable hypocrite. Le roi prononca contre lui la sentence suivantc : A 
defaut d'une preuve juridique, il devait alTirmer par serment son assertion. 11 
conscntit et preta un faux serment. Cette securite le tranquillisa et le demon 
posscda son cceur. II d^serta la religion et se montra tel qu'il elait. II in- 
terdit aux pretres et aux moines le port de Fhabit ecclcsiastique (?) et envoy a 
tucr Anthuse (Qombolla)(?), la mere de Jean Chrysostomc et une foule consi- 
derable de fideles vertueux. 

1. Cette anecdote figure dans Theodore!, Ill, 3. N. 



232 1IIST01RE NESTORIENNE. [120] 

lil ijJVI aX*^- ^^-taj p^U=>- ^jAc- j j^^i axJIj C-o c j ^r*^ ^^-^ 
^*j0l c^JI J~i-ls .dUi* j^- ^jLJI jUd? J^jTj J^3l J?-^*3 lol-Uj ^y>« 1 ^vwl j 

i£jr*\ l-w3.fr J^J f-Ol ijJaic £ l^jwj ^^-^ iSJ^ ^j]>lp- OJ' S/^-ls LljJb 



i, vel C-J,. 



Lorsqu'il apprit la mort de Constance \ il manda a Eusebe 2 ce qui suit : 

« De Julien qui, durant cent ans, tient dans le monde le pouvoir sur 
tout ce qui est au-dessous du ciel, a Eusebe, chef de la chretiente. 

« Je vous ai envoye quatre-vingts chefs afin que tu sois a leur tete et que 
' ^ tu sois du nombre des dieux, si tu retablis l'ordre (?) sur les limites de nos 
provinces, si tu administres tout (ce que jtfte confie) et si tu refoules de ton 
coeur l'impiet6 des Chretiens. Lave et purifie la grande maison souillee par 
la religion chretienne; eleves-y une chaire d'oii Ton prechera en mon nom, 
un autel sur lequel on offrira des sacrifices aux sept et aux trente-deux dieux 
a p. 69 qui dirigent * le monde. Et avec eux (c'est-a-dire les chefs) je t'ai envoye de 
riches presents dignes de ma majeste et de la grandeur de mon empire. J'y 
ai ajoute une lance teinte de sang, destinee a ceux qui resisteraient a mes 
ordres, qui regimberaient ou qui me desobeiraient. Si tu t'empresses de 
m'obeir, je te rendrai riche et tu me dispenseras alors de verser le sang. Mais 
, si tu desobeis, tu seras la cause de son effusion. » 

Lorsque la connaissance de cette lettre, envoyee par l'empereur impie, 
parvint au patriarche Eusebe, celui-ci s'empressa de reunir les habitants de 

1. La fin de ce chapitre est tiree du roman ecrit a Edesse, entre 502 et 532, et con- 
serve dans un seul manuscrit du vi e ou du vn e siecle edite par M. J. G. E. Hoffmann, 
sous le titre : Julianos der abtruennige, Leyde, 1880. Une partie de ce (roman, p. 5- 
59) est l'histoire tout imaginaire du pape Eusebe reeditee depuis par le R. P. Bed- 
jan, Acta mart., VI, p. 218-297. Le paragraphe precedent pouvait appartenir au com- 
mencement du roman qui manque dans le manuscrit. N. — 2. Eusebe mourut en 310. 
C'est le pape Libere (352-366) qui etait contemporain de Julien. S. 



[121] XXXIV. — AUTRE HISTOIRE DE JULIEN LE MAUD1T. 233 

. all 4o U ^ jji jlkUl J!*;' <J jl£ ^ Lis .p^jiJ ^ dUi> 

^ Ljj .jlkJUl JLcl j^Li« [y^ 0?.*^ *LaJ*JI ^l^JI ^ Jl ^3 

^^j-iyi ju>- jjji ^jiiOij ^^pJij p?*^ fj^^ ^>J3 ^) ljj 

}UJ J^-i— vJI (j^.y dl^lgoll j l^j .<*-JI Ij-Uali .^jlUJ 

^J^p Lis .cc-lL. Ij^J Ia^s . LJ lyiliwl <j^_^ .^lJa)1 |*jA>^?1 < £*~JI lj— . 
^li dJUUI 4-rl£ Lw s^Ulj l_^Li .^t>j^JI dlUl^ ^1 *}Jl» I— • 

diJ ^ 3 dl^CL dl)-^ -J^p- 4^ ^ .p^UjI 



Rome et leur fit uu discours dans lequel il leur apprit ce qui les attendait 
et les maux qu'ils devaient supporter durant la crise imminente. Puis il les 
exhorta a la patience et leur promit en recompense le royaume des cieux. 
II ne cessait de les encourager, d'inculquer la joie a leur coeur, en vue de 
les preparer au martyre et a la souffrance. II persistait a les exhorter jusqu'a 
ce qu'ils fussent completement disposes. Gelui dont le cceur appartenait en- 
core a Eempereur, celui-la ne se conformait pas aux recommandations du 
patriarche, mais obeissait, au contraire, aux ordres de FApostat ainsi que les 
pai'ens et les juifs, toujours attaches a l'empire. lis etaient environ 60.000 
personnes ceux qui resterent en union avec le patriarche et demcurerent ine- 
branlables. 

Quelques jours apres arriverent [a Rome], avec le cousin maternel de Ju- 
lien Timpie, les porteurs des presents, lettre et lance; ils se dirigerent vers 
TEglise. Mais le patriarche y avait place des portiers pour les empecher d'y 
entrer, de peur qu'ils ne profanassent l'Eglise de leurs pieds impies. Ils dirent 
aux portiers : « Allez, obtenez-nous la permission d'y entrer, car on nous a 
intime l'ordre d'obeir au patriarche. » Quand Eusebe apprit ce qu'ils venaient 
de dire, il se presenta a eux comme un roi spirituel. lis le saluerent et 
l'informerent de tout ce que Tempereur lui avait ecrit. Mais lui, leur enjoi- 
gnit l'ordre de lire la missive. La lecture terminee, il saisit cet eerit de leurs 
mains, le dechira et leur dit : « Allez dire a eet ignorant qui vous a envoy es 
que son royaume sera dechire comme l'a etc sa lettre et que son sang sera 
verse sur un autre territoire que le sien. » lis se repandirent dans la ville 

PATR. on. — T. V. 1G 



23'. IIISTOIKE NKSTORIBNNK. [122] 

Ij-^yj .dlLJI ^Jc£ Js- ^ j>. Li jj^iw ^-uJI j I^La3 ,viJj?jl ^£ j 
JU» ^1 Jl IjjU ^Jlj .LLL^JI j\ .dJUi> J^Y <jl»jlJI JaI Jl* b^^CJl 
-LJI Jl& 0^ JLUI J ^ ji Ue IjjUIj .*elU *J yjLj IJajJL ajyi ^UU 

j»JJI ^^Ij .^/^l J^- i>.' j>>-JI ^-V <J^b y^bjb 

Ij*£«j pJi . d^kill p^Ui .^1 ^yiij LlJI ^jJI Acl ^JUI ^Ja^Jl ^Jb^JpsJ <m 

A p. 70 jJ*>J| Cfy^ <Ji' ^ «3 d^ai)! Aj^-li . j**jj^5-l_; fc^iJt^j 

-U> jl <J JULi .J-£ ^ji^lo s^lj . JLc dl'l diXL ^*l J3I Jlli .(,5^1 



et raconterent ce qui etait arrive a la lettre de Fempereur; ils menacerent 
les habitants d'un grand malheur. Les pa'iens et les juifs se rendirent chez le 
cousin de Julien, porteur des presents, et lui promirent obeissance. Bien plus, 
ils lui conseillerent de construire, la nuit, autour dc FEglise une muraille 
afm d'enfermer, comme dans une prison, ceux qui se trouvaient au dedans, 
et d'elever au dehors un autel pour les sacrifices. Celui-ci executa leur con- 
seil et ecrivit a Julien sur ce qui venait de se passer. Des que les chretiens eu- 
rent connaissance de cette construction, ils se precipiterent vers les monas- 
ters et les eglises, chez les moincs et les fideles et leur dirent : « Allez, 
rejoignez le patriarche et ses compagnons, car on vient de les emmurer a 
I'interieur du temple. » Moines, religieux et religieuses, hommes et femmes 
s'assemblerent a Finstant, renverserent la muraille et garrotterent le cousin 
de TApostat. Les compagnons d'Eusebe reclamerent qu'on brulat ces impies 
avec le bois dispose sur r autel. 

Le patriarche le leur defendit. Mais ils n'en tinrent pas compte; ils vio- 
lerent son ordre et les brulerent. Le patriarche chercha a sauver le cousin de 
a p. 70 Julien. Une fois sauve du peril, celui-ci enfourcha * un cheval et s'en retourna 
vers son maitre qu'il informa dc Hncident. L'Apostat en fut courrouce; il 
fit venir son astrologue et lui dit : « Vois et examine ma destinee. » L'astro- 
logue repondit : « Je sais que tu seras vainqueur au commencement de ton 
regne; mais la fin m'est completement cachee. » L'Apostat lui dit : « J'ai pris 
la ferme resolution de me servir de mon epee pour massacrer les habitants de 
Home sans epargner persoime, d'incendier eette ville et de la rebatir ensuite. » 



[123] XXXIV. — AUTRE HISTOIRE DE JUL1EN LE MAUD IT. 235 

.U^l l^lj Ijlo ^ d/l A**jj J*! J^'ls ^ r ^1 jl 

.[jULL* y jV .d^ ljUl jlj .dlU J! SS V a) J£ 3 

da 

. iJUil dU? AT-Uas U d~s*s .1^ diUI l^i 

^*A*> p^-JI ^jl^Cj .1^1 Vj a,LLl~o pA? .-L^j 

J aJI Ij-f^-K jl (*-*r*^ -pr^ Up jj> J> .j^Lo a^j Jjs>I ^ij->. (j— ^ <JI 

j|3 dLUI JLi-l ^ic Jii .^LJI l^wi jlj .%)V1 a; Is .dJWI 
x^j>- Jl-wL>JI JLJI (J^jL 3 . dJ^LJl jj j^lj ^»^JI dilS (j ^^i. 

\y>-jS>-^ p^T - ^ dJWI |»_}JI j 2>\j«J\ A-«JJ A> A)ll^ Ui .A-^JJ 

a) lyiiS .j*£do ^l£SV! ^^/i ^5%^. ^zAp lil Jiij) aJ^ -Cilj dUi a^pU . aJI 
jljJI v^as dl'Y • fcl^" V ^Jdl Jupj llAlc sii-lr dlLJl j I 



L'astrologue fit son calcul et lui dit : « Tu ne pourras pas y arriver; et si ja- 
mais tu essaies d'infliger pareil chatiment a ses habitants, tu seras vaincu 
par eux, car cette ville est gardee par deux vieillards. Et si tu n'appuies pas 
ton pouvoir sur Rome, et si tu ne regois pas d'elle le diademe, tu ne seras 
jamais appele roi, mais plutdt maitre par force. Montre-toi done bienveillant 
afin d'obtenir d'elle le titre de roi et de voir ton nom s'affirmer avec ceux des 
rois. Si Rome te reconnait pour roi, tu auras soin d'en sortir et la ou tu iras, 
tu remporteras la victoire. » 

Le scelerat se mit en marche vers Rome, mais personne n'alla a sa ren- 
contre. II ecrivit aux habitants de la ville pour les informer que, loin de leur 
en vouloir, il etait plutot dispose a leur pardonner. Puis il leur intima l'ordre 
de venir au-devant de lui, le troisieme jour, fete des dieux, vetus d'habits 
blancs, puisqu'il avait lui-meme Tintention de se parer des vetements royaux 
et de ceindre la couronne, de graver son nom au palais des rois et de clistri- 
buer beaucoup d'argent aux troupes romaines. Des que sa lettre fut lue et 
communiquee aux habitants de Rome, ceux-ci se vetirent de noir et allerent 
a sa rencontre le troisieme jour. Cette conduite l'irrita demesurement. II leur 
dit alors : cc J'ai mal fait de vous traiter avec bienveillance, j'aurais du me 
venger de vous. » lis lui repondirent : « Jamais tu ne revetiras chez nous le 
manteau royal; jamais tu ne ceindras la couronne dans notre pays. Gar, bien 
avant notre rencontre, tu as eu soin d'annoncer la persecution et de laire pre- 
ceder, par des menaces, ta promesse de bien agir. Jamais nous ne te confere- 



2;iC> HISTOID: NESTORIENNR. [124] 

Lis y* is-U dLL*' L~i$ . jL^Vl ac^JI JU* sj^CJt -u^J^ , fr UAJI Jii 

p=^jJI jUU yx\ ^J. 4JlU^ ^ j^-o IjJU* J^ '<LL d_p" jl 

pe^ 'fr^ p* pr*f Jr* .*j~~di L piU4> 

dlL J^l ^ ^1 .^xJI *-U dlUI jl <cl pf^U^ J^ 

fc^U^lj <Co j SjL^I Sr ^=- ^ j£ j jl dUi J^V .1,1*1 

jr^ <3 -^"b J\y>)}\ <j~^. &j <j~-=^ 

a p. 71^ l^a^I ^y^-ill * jY .u^ jiku dli ^ .<J j*,; v 4J ju; .d>i)l ^ 

jjJ£ V JLai .ijJVI jt^-Vl ^yJU^l JcS ww^> .dlU» ^ dlio 



rons la dignite royale, a moms que tu ne laisses en paix ehaque nation et que 
tu ne donnes la liberie a toute religion. » L'astrologue lui conseilla alors d'ac- 
quiescer a leur demande, de reeevoir d 1 eux le vetement royal et de se retirer. 
II lour ecrivit ensuite une lettre qui fut lue a l'assemblee. II leur disait 
qu'il avait resolu de reeevoir l'habit royal dans cette ville, la premiere de 
l'empire romain, et de rejouir ses habitants. Chacun d'eux sera laisse libre 
dans le choix de sa religion et de sa croyance; et en cela ils se distingue- 
ront des habitants des autres villes. 11 leur ordonnait en meine temps de s'ha- 
biller en blanc et de se rendre au-devant de lui. Les Romains changerenl 
d'habits et se parerent avec luxe et elegance. L'apostat les gratifia d'une 
somme considerable d'argent. Tous s'adonnerent alors, en sa presence — et 
cela durant sept jours — aux divertissements, au jeu et a la danse avec des 
jeunes fdles. 

Puis TApostat dit a son astrologue : « Permets que je pardonne aux Ro- 
mains; mais je ne puis laisser la vie a ce vieillard infame », e'est ainsi qu'il 
appelait le patriarche. L'astrologue lui repondit : « Ne t'oppose pas a cet 
a p. 71 homme; tu n'as aucune autorite sur lui; car *Ies deux vieillards {Pierre et Paxil)- 
se tiennent, Tun a sa droite et Tautre a sa gauche. » Mais TApostat ne l'ecouta 
pas. II fit comparaitre devant lui le patriarche et lui dit : a Ne pense pas que 
je vais te mettre a mort a cause de ta religion, ce qui te rejouirait, mais parce 
J que tu as tue les 80 pontifes, serviteurs des dieux. » Le patriarche lui repond : 
«Tune pourras pas, impur, m'6ter la vie; ces gens etaient plutot les serviteurs 



[125] XXXIV. — AUTRE HISTOIRE DE JULIEN LE MAUD IT. 237 

OA^jlj J>jJ ^Jl jUJI Cj-V^oIj is-oxJi c~-*> JJJi j^-** cjr^ '^rf^y 
UtJj .jliiCll ^ ULl=>-j ^L^V^ jUI ^SL* tj-^^i cX-IjIj wf^lj 

*LO!j q^J^ 5>L^JL JJkJj .^juJI ^1 ^U-j .^rf«w <JU! JLjj 
. ^>eJI 0"*^ C? ^ l/j*^ ^* 0^ ^ .Jsj-UbLi U pkxi 

UjIj . jl£ ^aJI JL*9 ^jUJI jl pAji; V <0 JL95 d^LDI oYl> 

dLj r> J!j .^-j ^ J* u^l tjJVi ^ jUV! ^1 
0>a^ vilUsoj ^^otJI cii^A^ **J JUS . dLsAs** ^^UJ {Jsj .ctl£>U 



des demons; n'as-tu pas honte de donner aux demons le nom de dieux? » 
L'apostat ordonna de le garrotter, de le placer sur Fautel prepare pour les sa- 
crifices, de jeter le bois sur lui et de le livrer aux flammes. Mais le patriarche 
repoussa ceux qui voulaient le garrotter; puis il monta lui-meme sur Fautel et 
s'assit au milieu du bois. L'empereur ordonna de lancer contre lui le feu de 
tous les cotes de Fautel. Mais a peine avait-on execute l'ordre qu'un vent vio- 
lent se leva et fit monter le feu dans la nue ; il en sortit alors du tonnerre et 
des eclairs; le feu se divisa (ainsi) en deux, et brula tous les hommes charges 
du bucher, avec les idoles, et un grand nombre d'infideles. Mais le scelerat, 
Fimpie, sauta sur un de ses rapides coursiers et put echapper. Le saint pa- 
triarche restait (sain et sauf) debout a sa meme place; et il descendait de Fau- 
tel, adorant encore Dieu et lui demandant un miracle. 11 retourna a FEglise 
ou il fut recu par la priere, la joie et les pleurs, a cause des choses subli- 
mes qu'on venait de voir. Trois jours apres, Fimpudent et maudit Julien 
monta sur son trone immonde et fit venir le saint patriarche et lui dit : « No 
crois pas que c'est le Dieu des chretiens qui a fait cela; mais les dieux se 
sont irrites contre les pontifes'... pour avoir place sur Fautel une victime 
impure. Aujourd'hui sera le jour de ta perte; va le dire au Nazareen, ton 
sauveur. » Le patriarche lui repondit : « Tu sauras bientot de quelle maniere 
le Nazareen te perdra et te rendra Fobjet des conversations des hommes. » 

1. II y a ici un mot dont nous n'avons pu decouvrir le sens. D. — Le syriaque porte : 
« Les dieux... ont pousse le feu et il a fait une proie de leurs pretres, parce quils t'a- 
vaient ofTert (toi souille et impur) sur leur autel ». Hoffmann, p. 52. N. 



2.18 IIISTOIKE NKSTOR1RNNE. [126] 

*L-£LJI As-I <u« jliCs . o^Jl ^Jjs-l s_j jli .4J I j j ^ ^LJI 

J <k J^*Jl ^^r^l. ^LJl ^0)3 Jj^^ ^Ik)) i^ls .<*JlcLi 

. £j J g j !a *JL )l ^1 4JLj>- *_^>o ^«JJ ^JS- -r Js~5 Jf-^ i j M f %A (3 ^*-*>J -V^-Vsdl 4XJloJ 



Le maudit ordonna an saint de se tenir debout, enjoignil aux archers de 
se placer devant, de lancer sur lui des fleches et aux bourreaux de rester 
derriere et de le sabrer dans le cas ou il voudrait echapper aux fleches. Or, 
chaque fleche retournait contre celui qui F avait lancee et le tuait. L'impie 
s'en irrita et ordonna aux bourreaux de le sabrer. Mais celui qui degainait son 
sabre avait aussitot la main dessechee, et il laissait echapper son arme. L'impie 
dit alors au patriarche : « Ta sorcellerie arrive-t-elle jusqu'a ce point? » 

L'astrologue dit a Julien : « La royaute t'appartient deja. Sors de cette 
ville et donne la liberte a ce vieillard. » Mais Julien ordonna d'enchainer le 
saint, de le charger de fers et de le jeter dans un cachot. Puis il quitta Rome 
avcc son armee pour se diriger vers Constantinople. 11 ccrivit ensuite aux 
habitants de cette ville comme il avait ecrit aux Romains. On lut sa lettre; 
un des nobles 1 se leva alors et la dechira. On en appela au temoiguage du 
cousin de TApostat. Comme ce dernier s'approchait de la ville, on accourut 
au-dcvant de lui, le priant de pardonner a ce noble qui venait de dechirer 
sa lettre. II acquiesga a leur demande. Mais Thomme en question se vetit du 
costume des gargons de son service 2 ; et a la premiere occasion il lui donna 
un souffiet en lui disant : « Le malheur te poursuivra durant ton regne. » 
Et la couronne tomba de sa tete. On frappa cet homme avec des lances, et 
il expira. Ceux qui avaient intercede pour lui aupres de Tempereur reclame- 
rent son corps pour l'inhumer. Ceci leur fut aceordc. 

1. Nomme Maxime; cf. Hoffmann, p. 79, 1. 11. N. —2. \i*~\9 t Hoffmann, 
p. 95, 1. 15. N. 



[J27] XXXIV. — AUTRE IIIST01RE DE JULIEN LE M AUDIT. 239 

JUL* * CjC=>- y^z-j OJuJI JUI ^i^i ^ .<J*i9 .-ci^ ^Ai-i i^U a* l^jtii * a p. n 

^AiLJI ^ ^ l^ 5 •• 4 ft^b • 4- ~r'" c^V.J* ^ 

. ^jLa* ^ pjfc-Uaif ^^Li .^Li^YI <l***JI$ ^Lr ^*a$ ^oacj 

{ja Ju* *o1 pAA_£33 ^LlJI JJ>} pftWj ^.J*-* >ZA>&Z %WI [^^5 IjApb— j%? 

.^alSu 4>^»~l c-JI ^ c5^--5 

^ r *>l^~>' ^« 1^-3 U AsJj ly^g-fl'^ ^jLo j> l^oiaPj ^j-w^- A> J»^l ^*~3 

Jlj-«Vl t» o i il ^Jj <JU L^Cu jl (j-yU^ <J Jii? .fl^JI 

Ji . t>J Jl v.iLUJI ^rljiJb JLiSYI J*>J jl ^Ij^b .l^U 

UJI ja? 2 a5U jL^Vt pjbA* UJI Jl ^ • l^V j^3 



Julien choisit parmi les nobles de la ville tin homme sage * qui s'appc- * A p. n 
lait Jovien (Youbenidnous), et Fetablit chef de son armee. 11 Temmena avcc 
lui a'... Quatre cents pretres juifs vinrent de Jerusalem a sa rencontre, 
portant une couronne et les sept idoles 2 . De prime abord, il s'en mefia et les 
prit pour des chreticns. Mais, ayant su qu'ils n'etaient pas chretiens, il leur 
dit : « Si vous etes obeissants, mangez de la viande que la loi vous interdit. » 
lis en mangerent; puis ils adorerent les dieux et leur sacrifierent a plu- 
sieurs reprises. II les accueillit ensuite avec faveur, prit la couronne et leur 
promit qu'a son retour du voyage, il ferait reconstruire le temple qui avait 
ete detruit par Nabuchodonosor (Bakhtanamr). 

Ayant eu connaissance du luxe et de la grandeur de Teglise d'Edesse 
(Ar-Rahd), l'Apostat ordonna a Jovien (Youbenidnous) de la demolir et de s'em- 
parer des marbres tres riches qui sy trouvaient. Jovien lui dit : « Not re regne 
est de cent ans; si nous depensions les tresors publics pour construire sem- 
blable edifice, nous n'y parviendrions certainement pas. II serait plus raison- 
nable de fermer cette eglise et d'y apposer les scelles imperiaux, jusqu'a 
notre retour. Alors elle sera lavee, purifiec et consacree a nos dieux. » Julien 
approuva le conseil de Jovien et ecrivit aux habitants d'Edesse, les assuranl 
de ses faveurs et de son admiration pour la splendeur de leur ville. II leur 

L 11 y a une lacune clans lc texte. D. — Cf. Hoffmann, p. 102, 1. 1-11. Jovien gagne le 
Tigre. N. — 2. Ce sont les Juifs de Tiberiade qui auraient fait fabriquer line couronne 
sur laquelle etaient sept idoles et qui Tauraient portee a Tarse de Gilicie. Hoffmann, 
p. 108. N. 



2*o insTomrc nkstokiennr. U28] 

v^L? ^ Lis . Jjjo ^ ^£11 Ijju^j Ijj .^JYI 

<_^jl ^fj^ cr^J ^JL jjfcj . L5CL3 ^ii oxJI 5sA_jt^ 

3jjJ jl <j*~>^ jl-Ui JjjI !}-^>-^_3 ^j^J^t jl JJ> S j.>LJ! IUI-vpI 

. Jj^Jt^JI jaw s j**\Jt 0^ \jr*\ J ^j*aL*>\s Oy.y>, 1^1 uW 

\yj>^Jh$ j» ^_~,.J! 1 j j . . . U j j*- I ^sjO U^JI JlaI LI? . ^\ iJo 3 £ ^>l9 

jJJI JaI -dJLxJ jl^ ^ ^IkJI jl^l U3 .^Jaia^J ^ C*J^ z\aJ\ 

V^JJ JU-aVl J^J ^JVI iLfrl pJc-Ut Alcj . (^jLalil IjldsJ 4il« jU^ 

dUJI 

1. I^u" ^ i^s^ aJSJl si* ^ J^l ^,^1 — 2. w^aj, 



promit egalement de leur envoyer quarante hommes dentre les ministres des 
dieux pour purifier ce bel edifice et TafTecta aux sacrifices ofTerts aux dieux. 
Les Edesseniens dechirerent sa lettre et empecherent ses hommes d'entrer 
dans leur ville. Des qu'il apprit cet incident, il enjoignit au chef de son 
armee de marcher contre eux avec les troupes. Mais celui-ci lui dit : « Les 
chretiens croient que mourir pour la religion, c'est vivre. De plus, eette ville 
est toujours entrc nos mains et notre regne est de cent ans. Et puis nous 
avons maintenant a nous diriger vers le territoire des ennemis; allons-y 
tout de suite de peur qu'on n'y prenne garde et qu'on ne nous ferme les 
portes de la Perse. En outre, les Edesseniens auront peut-etre, a notre re- 
tour, regrette leur faute. » L'Empereur apprecia la justesse de ces remarques 
et lui ordonna de diriger les troupes vers l'orient. Le chef de l'armee partit 
et gagna Nisibe (Nasibin). Quant aux habitants d'Edesse, ils couvrirent de 
sacs les murailles de la ville et jeterent sur eux la cendre, signe de leur pro- 
fonde tristesse pour la pertc du regne de Constantin. Gomme l'apostat pas- 
sait par Harran, il fut bien regu de ses habitants, infideles comme lui, qui 
ne manquerent pas de calomnier les chretiens. II f<Ha chez eux les fetes des 
dieux et leur distribua de Targent. Puis il chevaucha vers Nisibe (Nasibin). 
II allait aecompagne d'une foule, lorsque lc cheval se montra retif. II le 
frappa de la verge. Le cheval tourna la tete vers lui; la bride s'accrocha a son 
vetement et dechira sa pourpre; la couronne tomba et Tenseigne royale, 
portee devant lui, se brisa. L'cmpereur s'en attrista, rasscmbla 400 pretres 



1 129] XXXIV. — AUTRE HIST01RE DE JUL1EN LE MAUDIT. 241 

pJL^j j\y^> j£j J-*^ £-> jl £^>j .dUJJ jj^ . <JjJ jl£ ^JJ! 

.villi J JUll 

.JL~ Jl J! ^1 



avec tous les sorciers de Harran et exigea Interpretation de ce qui venait 
de se passer. lis se moquerent de lui : « Des chretiens caches dans ton armee 
la souillent; les dieux s'en irritent. Proclame devant les legions que tout 
chretien doit s'en separer. » * (Julieri) avait, en effet, porte, et cela au vu (?) + a p. 73 
des legions, une croix. Si son armee est vaincue, il dira que la croix La mise 
en deroute; mais si elle est victorieuse, il attribuera la victoire au grand 
nombre de soldats. Or la croix se separa alors de l'armee avec 10.000 valeu- 
reux cavaliers qui se rendirent a Edesse et se melerent a ses habitants. 

II y avait a Nisibe un eveque qui s'appelait Ola* \ II harangua les fideles 
en disant : « Si quelqu'un aime le royaume des cieux, qu'il me suive au vil- 
lage de Ma'are 2 , qu'il embrasse avec nous la foi et qu'il n'abandonne plus 
jamais l'amour du Christ. » Des milliers d'hommes le suivirent et firent 
serment de fidelite sur l'Evangile qu'ils avaient place au milieu d'eux. Jovien 
(Youbinianous) eut connaissance de ce fait et se dirigea vers eux. Lorsqu'il 
les vit, il leur manifesta ses pensees, qu'il avait tenues secretes, et resta parmi 
eux, avec le ferme propos de ne plus retourner au camp. Mais il vit en songe 
Lange du Seigneur, qui lui dit : « Le Christ a agree ta resolution; ne t'at- 

1. Lire Vologese eomme dans le syriaque. N. — 2. II s'agit de cavernes (ivaso). 
Hoffmann, 158, 1. 1-2. Ce mot transerit et non traduit est devenu un nom propre. Le 
syriaque porte : « Vologese (**^o) eveque et eolonne de toute Teglise de Nisibe... fit placer 
une eroix et un autel dans une caverne immense du pays et on y celebra les saints mys- 
teres tout lc temps que Jovien demeura a Nisibe », p. 139. N. 



242 HIST01RE NESTORIKNNE. [130] 

^Jkj Mi ^3 .dlu ^ jUoVI ^1 

ju^ j^j . vJJJ cJU U. ^ ^3 gVjl .^1 ^ djli^i j\3 .vJJL'U 

L'L.VI ^1 ^3 J 1 f3^ TL?^ ^ 

<Jc ^^3 J*i ^'1 ^l^U '(»3^ ^3 vilLJ! Jjfr . (j-^ili 

^ ^ill 2% ^CJb t Jf* jl 3 is ^L*& '^j*^ JLaTl 5 J^LJl 

1. I^u' ^ ijr La. — 2. ?U»b'U. — 3. J^~>j .^Wj ^ La*. 



triste point . II 11 y aura rien a craindre pour Ola' : pas un seul cheveu de sa tete, 
ni de la tete d'aucun de ses hommes ne tombera a terre. Retourne a ton camp, 
continue a commander ton armee; et par ton intermediate je la convertirai 
.bientot a la foi. Mais toi, ne manifeste pas ta foi, car je te destine a autre 
chose. Annonce a Ola' et a sa suite ce que je viens de te dire. » 

Or le chef des armees de Sapor le maudit, roi de Perse,... etait, lui 
aussi, croyant '. LTange vint les trouver tous les deux, et apprit a chacun la 
conversion de Tautre au christianisme. 

Lorsque Julien etait a Harran, Jovien ecrivit a Ourphharmobata 2 le 
chretien et le chef des troupes perses, lui disant que les soldats romains 
marchaient deja contre les Perses, qu'ils etaient plus disposes que ceux-ci 
a recevoir la foi, qu'il fallait par consequent cacher la nouvelle au roi 
Chosroes 3 et menager la victoire aux Romains. Le general perse repondit 
a Tinvitation de Jovien et lui conseilla de hater le pas avant que le roi n'en 
prit connaissance et ne disposat son armee. Puis il promit de tout ordon- 
ner pour la conquete de toute la Perse et pour lui livrer, vif, le roi, afin de le 
remettre a Cesar. Ce dernier ferait crever (?) les yeux a Chosroes et le ferait 
passer au milieu des soldats romains. Quant aux soldats persans, ils seraient 
egalement livres a Cesar. 

1. Ilavaitete converti par Jacques, pretre et archimandrite. Hoffmann, p. 155. N. — 
2. Armihar le mobed (^3^ ;©pooJf), Hoffmann, p. 104, 1. 15 etc., qui promet aussi cTaider 
les Romains, ibid., p. 107, 1. 12-14, p. 154-157. — 3. Sapor, dans Hoffmann. En efTet, Sa- 
por II regnaitde 309-379 au temps de Julien, tandis que Khosrau I er ne monta sur le trone 
qu'en 531. Cf. Noeldeke, Geschichte der Perser and Araber, Leyde, 1879, p. 435. X. 



[131] XXXIV. — AUTRE I11ST01RE DE JULIEN LE MAUDIT. 243 

JLi . \^ ,> Z>\yU\ O u^*; JJ |J~>J 

^ ^iL*^ j viAUl ^LiL* 5s~u Jj-j pJj aLc-ID! ~ . . 4)U&d 

*-»^L* jl£ jJJ>3 .jy"-* *»V ^ ;,.k ' k <jl ^-il AijiJj . jiljsJI 

jj-^i)! J^-f^ 0^ jI ^ J-*-^ a*^.-? 

Aj| j JLaJ ^iJI jl ^Ikii Jlli . fcAaJl ^^LLj^ jlj . 3 J J ^/^l t^L? Al£- 

cU^JI lJut JLU Jlsj . pJ^JI JJ^J ^ ^>lf-l * ^ ^Is t« W» 



Julien entendit, un jour, reciter des prieres a Ma'ara'. Jl demanda ce 
qu'etaient ces voix. Un adversaire de Jovien lui apprit que le chef des Chre- 
tiens s y etait reuni avec Jovien qui secoua (?) le joug de l'obeissance et par- 
tit (?) [a Ma'are] avec quelques-uns de ses amis. Jovien y restait avec eux, 
ajoute son adversaire, et sacrifiait a leurs dieux, et cela durant tout le se- 
jour du roi a Harran. Julien envoya des troupes pour assieger (?) Ma'are et 
manda Jovien. Puis il ordonna de dechirer la tunique de celui-ci et de le 
destituer de sa charge. Mais de crainte de soulever contre lui les nobles de 
Constantinople, il ne le fit pas perir, car Jovien appartenait a la noblesse de 
cette ville. II mit son adversaire a sa place, celui-la meme qui le calom- 
niait. Mais, par un efl'et de la Providence, Tenvoye de Jovien pres du ge- 
neral persan arriva a propos; il portait, cousue sous ses habits, la reponse a 
la lettre de Jovien. * Or le successeur de ce dernier s'empara du messager. 
Celui-ci lui apprit qu'il venait de voir le general persan aupres de qui Jovien 
l'avait envoye. L'adversaire de Jovien dit a l'Apostat : « Celui dont tu 
ecoutais les avis et suivais les conseils etait en correspondance avec tes cn- 
nemis. » Julien interrogea Lenvoye qui lui revela la verite, decousit son ve- 
tement et montra la lettre. L'empereur la lut, ety constata que le general per- 
san acceptait la proposition que nous avons rapportee plus haut. 11 en eprouva 

1. Les Juifs avaient deja denonce a Julien, lorsqu'il etait a llarran, ces reunions dans 
« les cavernes », p. 149-150, a trois milles dc Nisibe, p. 150, 1. 3. X. 



2\k H1ST0IRK NESTORIEXNE. [132] 

^+J\ ^-iJL* Iaj^ . j^L-j^ Jc j^iJI ^a=^l ^ A .^r^Jt U p-^ 

^ ^*kj, jl is^Cx. J . ^i^Ji ^ Ij-i^j ^Ljl ^^=3 . 

fcj^k^U .^j>Lrij» i^L-j A.l.^'^a. « Jjfcj J-C^lj , j 1 Jf- ^jiLi^* 

jl ^ V JL33 li^l^L^jjl <JjU <JI ^-s>j Ids -fj^JI j jUj <*\jS 

1. +£js^ . — 2. *J JuJ , ^J«. 



une grande joie et dit : « Quel homme sage que celui-la! II preparait notre 
victoire, alors qu'a nos yeux il passait pour un homme suspect; nous aimions 
celui qui le calomniait. » Puis il ordonna de lever le siege de Ma 'are et de 
ne plus contrarier personne dans sa croyance : que chacun soit libre dans 
le choix de sa religion et qu'il prie pour notre triomphe, puisque nous som- 
mes a la veille de Iivrer bataille a nos ennemis. Quant a Ola' 1 et a sa suite, 
nous leur laissons pleine liberte de rendre le culte a leur Dieu afin qu'ils lui 
fassent des vceux pour nous obtenir la victoire. II fit venir ensuite ceux qui 
avaient calomnie Jovien en commengant par celui qui s'etuit fait nommer son 
sticcesseur. II les fit frapper aux cotes et ordonna de les crucifier. Puis il pro- 
clama dans Farmee qu'ainsi sera recompense quiconque dira encore du mal de 
Jovien. II presenta des excuses aux habitants de Constantinople (Qostantinyah) 
et leur demanda de lui amener Jovien. lis le lui presenterent. Julien le revotit 
de nouveau, le fit monter dans son char et ordonna aux nobles de marcher 
devant lui, precedes des crucifies. C'est ainsi qu'il passa triomphalement au 
milieu des soldats romains. Lorsquc Jovien fut de retour aupres de 1'em- 
pereur, celui-ci lui remit la lettre d'Ourphharmobata 2 et lui dit de ne pas 
tarder a executer la teneur de la lettre et de lui assurer par serment qu'il ne 
lui en voulait pas de ce qu'il avait fait. Jovien preta serment et conduisit les 

1. Nous avons deja dit que c'est Vologese : ,jl^o a ete lu ~^.o, et ^o. N. — 2. Lire 
peut-etre Aderbiramobed, nom compose de mobed et & Aderbira, sorte d'ange qui, chez 
les Perses, gardait les pyrees. S. — Nous avons dit que e'est »o^x>>| ecrit quelquefois 



[133] XXXIV. — AUTRE FIISTOIRE DE JULIEN LE MAUDIT. 245 

jl^ 4j| IjJU* ^jij . ^^Ul ^ jj^^j ^-j^a-di j-^-JIj uJI j j.*i£3«JI ^jy3 

. Call ^j^-*-*^ *— ^ 

cfJJS j 4j1 j ^^dwls . U^i- ^Jl Jl£ JUl JULS jl J^^ailj . LUpbT pi 

. V^' 4o-*o vljjL? Jlj-«VI ^>lj^J! ^ jvIi-S . J^I-UJI ^Jl <J^IJJ J^J * A p. 75 
^jJalj j <J Axuoj ijJVI iLoj^l ^|jJ> A a.! ^^i* 4JUI OJ j^j Jj^ £j)Vl Xlcj 

1. i«Ai. — 2. ^^ohjU-J. 



troupes vers le Tigre. II avait 80.000 cavaliers, 120.000 archers, 200.000 hom- 
ines bien amies, 200.000 pietons avec boucliers, lances et toutes sortes d'ar- 
mes, et 120.000 officiers 1 . Et les habitants n'eurent pas le temps de se re- 
connaitre que deja les Romains penetraient au coeur de la Perse, pays tres 
prospere et en pleine paix. lis passerent les habitants de ce pays au fil de 
Tepee, pillerent les citadelles inaccessibles et les villes fortifiees ; enfin ils se 
rendirent maitres de la region. D'autres disent qu'il avait sous son comman- 
dement environ 490.000 combattants. 

Temoin de Texcessive effusion du sang, le vertue ux Jovien dit a Julien : 
« 11 vaut mieux que nous soyons maitres d'un pays prospere que d'un pays 
en mine efque d'etre jamais appeles meurtriers. De plus, si la terre n'est 
pas bien peuplee, elle ne pourra pas nous fairo vivre. II serait plus favorable 
de transferer les habitants d'une ville a une autre. » Le roi se rendit a son 
avis et Ton proclama la paix. Les Perses supporterent le traitement dont ils 
furent Tobjet; ils en remercierent l'empereur et formerent des vceux pour lui. 
Quant a Sapor, il s'enfuit a Ispahan. Julien entra a Seleucie-Ctesiphon (aJ- 
Madain). II s'empara de leurs riches tresors * qui formaient devant lui, en * A P- 75 
s'amoncelant, des montagnes; il celebra des fetes aux dieux. Bien plus, il se 
prosternait. — Que Dieu le maudisse! — devant la deesse Aphrodita 2 , l'ado- 
rait et la priait. Puis Sapor reunit une armee aussi nombreuse que le sable et 

1. Nombres plus forts dans Hoffmann, p. 1G2. N. — 2. Sans doute ^;o;a/ (Venus), 
Hoffmann, p. 95. 1. 11. X. 



24fi I1IST01RE NESTOIUENNE. [134] 



^ LtlL U^r^ ^ c.jj LJ. ^,L£J! XjIjj. — 4. U! LJ*3* ]£> ^ L*. — 5. 



investit les alentours de la ville tie sorte que personne d'entre les Romains ne 
pouvait en sortir ni y entrer. Entre les deux armees, il y avait le village de 
Beit-Nasab Jovien envoya dire au general perse : « Est-ce ainsi que tu tiens 
la promesse... de nie livrer Sapor? » Puis Aurphahar 2 dit a Sapor : « Tu es 
a deux pas de ton ennemi; il ne te reste plus que de te rencontrer avec lui. 
Mais il ne faut pas assaillir un peuple dont tu ne connais ni la force ni la fai- 
blesse 1 

XXXV. HiSTOIRE DE YoNAN, ANACHORETE d'AnrAR 3 . 

8 P , 1 II y avait aussi un homme qui puisait de l'eau (?) avec une 

outre (?). 11 alia un jour de bonne heure puiser de Feau a l'Euphrate \ Une 
vipere lemordit au pied. On en informa le saint. Celui-ci vint le voir et signa 
la morsure du sigue de la croix; riiomme fut gueri la nuit raeme, et retourna, 
selon son habitude, puiser de Feau avec Toutre. 

1. e^jj is^>. Hoffmann, p. 179, 1. 1. X. — 2, »o^ou»/, Hoffmann, p. 178, 1. 27. N. — Le texte 
pr^sente ici plusieurs lacunes. D. — 3. Editee par Bedjan, Acta Martyrum, I, 466-525; 
tout le commencement manque ici. N. — Anbar ou Pirozsabor etait situe pres de Bag- 
dad. N. — 4. Le syriaque (p. 514) porte : « un etrange penitent vint pres de nous, et 
il portait aux freres Feau de l'Euphrate et il en donnait a nous tous ». N. 



[135] XXXV. — HISTOIRE DE YON AN, ANACHORETE DANBAR. 247 

^j>o £~y»> Aj'V • viLLJl %j^3S>v (j^-ji ^r«3 J^'^. ^** j^.-*^-^ ^T^" 

pr-* ^-J cr-O ft- 1 - 4 -pc^ ^ of£ 

. j^f-jl j^^Uo .villi L ^ y^S\ ^&j^>- C« p^^j ^!>15CJ 

j^-)L ^lUlwlj . ^J-sJl *JI j.A <*VI jl LU-b J^^y jJj ^ Lois . l^aUo 

1. J^i! IjJjJ. 13/. — 2. ^cau IAJL I33\ — 3. ajUaj US'. — 4. ^ aJLT I* 



Autour de sa tente sacree, il y avait des betes feroces \ mais qui 
lTosaient attaquer aucun visiteur clu saint. Des chasseurs frapperent de Tepee 
Tune de ces betes (?) 2 . Elle vint pres du saint, se tordant et grognant, en sa 
presence, jusqu'a ce qu'il se levat et prit un peu de terre qu'il signa du signe 
de la croix et 1'appliquat sur ses plaies. La bete fut guerie aussitot et le 
quitta delivree de tout mal. 

Les deux saints Mar Yonan et Mar Eugene (Awgin), de compagnie avec (?) 
d'autres freres, se presentment au roi qui avait entendu parler du premier * el 
des prodiges qu'il accomplissait 3 . Lorsque Sapor les vit tous deux, lorsqu'il 
vit la gloire, la lumiere etla splendeur dont ils etaient revetus, il les accueillit 
avec beaucoup de respect, leur temoigna de la veneration et une grande 
affabilite. II ecouta leurs paroles avec complaisance et les traita familierement. 
Les mages leur porterent envie et entrerent en discussion avec Mar Eugene 
(Aicgin). Vaincus en presence de Sapor, ils persisterent ne'anmoins a le con- 
tredire. Mar Eugene se tourna alors vers Sapor et lui dit : cc Que le roi or- 
donne d'allumer en sa presence un grand feu. Nous y entrerons avec les 
mages qui sont en discussion avec nous. Celui qui y restera sain et sauf, 

1. De nombreux lions, Bedjan, p. 515. N. — 2. Un lion, ibid. N. — 3. Ibid. , p. 515- 
518. N. 



2'.8 iiisTomrc nkstoiuennb. 1130] 

dUr J I ju^I { j>\ I jl;^ ytiiJI ^ . ^ yja* \Jjo 

-Aj»U . <_w« ^ j-pc-JI^ <jlLi! J_^L- ^r^. ^ >-r* .^r*^ 2 ^ jb 

viJJS ci*^ • f^Jtf .\y*a& l^aP j»l^fl< (jl ^1 J I .p^M^il ^Uj»T U Ji 

* s p. 4 UJ * j UlLc-j Jj-i^ <r^3 - Jri ^. O^yt ^ ^ otr^ ^ (** 'ftf 

1. Lib yi. — 2. — 3. UJaSS. 



(|ue son Dieu soit reconnu pour le vrai. » Sapor, fort surpris de cette propo- 
sition, s'appliqua avec les mages a la mettre en execution. II fit venir beau- 
coup de bois et Ton y mit le feu. Le feu une fois allume, Mar Eugene dit 
aux mages : « Entrez-y les premiers et tenez-vous debout au milieu ; car le 

+ s p. 3 feu ne peut vous nuire, puisque vous etes ses amis et ses adorateurs. » * S'il 
6tait difficile aux mages d'entendre pareil langage, a plus forte raison ils 
ne pouvaient le mettre en pratique. Mar Eugene dit alors a Mar Yonan : 
« Jette-toi dans le feu, mon frere. » Mar Yonan, voulant etonner encore plus 
le roi Sapor et les mages, ota les sandales de ses pieds, jeta son vetement 
sur ses epaules, et alia, pieds nus, s'asseoir au milieu du feu qui petillait 
autour de lui et voltigeait, en gerbes de flammes, au-dessus de sa t£te. 
Sapor, qui avait pense que Mar Yonan ne resterait pas longtemps sain et 
sauf au sein de cette fonrnaise, resta stupefait, rendit graces a Dieu — ■ 
qull soit exalte! — et dit aux mages : « A present, montez-y vous-memes et 
restez-y, si vous le pouvez, avec les Nazareens. » Ils refuserent, Le roi leur 
dit alors : « Reflechissez bien aux consequences de votre refus et a la peine 
qui vous attend. Je ferai hacher vos membres et piller vos maisons. » Aussi- 
tot dit, aussitot fait. Et Mar Eugene de dire a Mar Yonan : « Sors (du feu), 

* s p. \ mon fils. » Sapor et les grands de son royaume etaient fort etonnes * de ce que 
le feu ne laissait aucune trace ni sur le saint, ni sur ses vetements, ni sur ses 
clieveux. A la tombee de la nuit, Mar Yonan le pur quitta cette region et se 
retira au desert d'Anbar. Nous avons fait mention de quelques-uns seulement 



[137] XXXV. — HISTOIRE DE YON AN, ANAG1IORETE D'ANBAR. 240 

•jun j j£ la; .i^ij V3 r;i v- 5 J v 3 ^" j Vj v (J jui ijij 

. ^j^>o jl ^j-* j^l .A~s**)l O^Vlj ^ol ^rfdl (J^* 5 ^3 

i^i^ jl^ 4^11^ j^ <j*3^ ^r 1 ^ ^ ^-^J^ ^ 

_>YI -Lx-j .<£-W> jtj^JI Jl dlU ^j! .CJb 

^s-\$ •\r^ > (J>^3 J^C-fc J>j . ^iLlJI <C5C^ ^jJI £^JI (J ^IDI 

1 jA^jo jJJ . *LlkJI jl'jj ^jblDl ~^~>- JU& jl Sji^Ylj xUI JlaI 

.Ij^hU* V Jjib v^J^ .-^j (*f^ ^fV^J 

I-U& ^J J^^l »-i^*JI dUi ^UJ }L>j jtS-l Ji* ^ Jl jli * S p. 

^Jl JljS .jUVU (J^C^I Jl 4jJo JJL^j jl*jj_ Xs> J-^-i jl ^-V 3 " <ji 

1j_Jj>3 ljj>-^i>.j .^Jl^uVIj ^_^J«i2Jt is^-VI .^-T^JI dUr 

1. Ji J ? t-Jjc^ Ji. 

^ " \ > \ 



de ses miracles et prodiges. Ils sont si nombreux! II recommanda par 
testament a son ami, le Marzban \ lors de sa translation au Paradis, que la 
tente qu'il habitait fu t transformed en un lieu de prieres, ou le nom de 
Dieu serait loue et glorifie. Or, apres la mort de ce saint pere, on l'enterra a 
la place occupee naguere par la tente. Puis Ton construisit pres de la un 
temple et plusieurs cellules. 

Les freres et les habitants de ce pays voulurent porter de la tente a un 
autre endroit le corps de Mar Yonan 2 ; mais ils ne parvinrent pas a s'en- 
tcndre (?). Des guepes sortirent de la tombe et les attaquerent. L'un d'entre 
eux vit en songe une personne qui lui disail : « Ne vous fatiguez pas; 
* le Christ a choisi un homme pour le transferer d'ici a Tautre temple. » * a p . 5 
Or il se manifesta a Mar 'Abda, fils de Hanif, et lui ordonna (Taller 
prier pres de Mar Yonan et de porter son corps au temple d'Anbar. Mar 
'Abda se rendit au desert d'Anbar. Tous les freres se reunirent, et, portaut 
la croix et TEvangile, ils s'y rendireut a leur tour. Ils saluerent le Pere et 
se mi rent en priere. Puis Panache >rete Mar 'Abda, lils de Hanif, entra en 
oraison et se prosterna devant le cercueil de Mar Yonan. II eleva ensuite 
le cercueil avec les freres. Ils le porterent en trioniphe et en chant anl des 

i. Gouverneur dune province frontiere. D. — Gf. Bedjan, p. 522. X. — 2. Le recit de 
cette translation ne figure pas dans le R. P. Bedjan. N. — Cette translation cut lieu deux 
siecles apres, car ce Mar 'Abda, lils de Hanif, vivait au vn c siecle (voir la seconde partie 
de cette histoire, Hist. fund. Mon. y N° 77). S. 

PATH. OU. — T. V. 17 



250 IIIST01KE NESTORIENNE. ,138] 

oU ci^i! villi j .j VI 

3. Lv?03. 



hymnes, tout comme si c'etaif le dimanche des Rameaux, jusqu'a l'endroit 
ou il se trouvo encore aetuellement. Alors des prodiges et des guerisons 
eurent lieu. On deeouvrit le eorps du saint qu'on trouva intact. Les Peres 
ne voulurent pas l'inhumer dans la terre. lis le deposerent dans le mur, a 
droite de l'autel, pres du Baptistere. 

L'anaehorete Mar «Abda, fds de flanif, fit ses adieux aux freres et 
paitit. 

Que les prieres de ee saint nous protegent ! On fete sa memoire le trot- 
* fc> p. 6 sieme dimanche * de Paques 1 . 

XXXVI. — IhsToiRE de Jean (Yohanna) du couvent de Beit-Zabde ~. 

C'etait un disciple de Mar Eugene. II se retira au district de Beit-Zabdc 
et y vecut sur une montagne. II sortait de sa cellule, parcourait les villages 
avoisinants et christianisait leurs habitants. Puis il construisit une eglise. 
Apres sa mort, il fut enseveli dans le monastere de Gastra 3 . II transforma 

1. Une tres courte biographic de Yonan se trouve aussi dans Bedjan, Historia fun- 
datornm monasteriorum in regno Persarum et Arabian (Livre de la chastete), Paris, 
1901, p. 441. N. — 2. Gf. Bedjan. Hist. fund. mon. } p. 440-441. Mari, texte, p. 20. N. — 
3. Gastra etait la place forte de la province de Beit-Zabde. CI'. R. Duval, Litt. syr., 
p. 130. D. 



[139] XXXVll. — H1ST0IRE DE RABBAN SARI. 251 

L* Jlji .fljjl £A? ^f>-3 fj^.^ ^>yk -p*:^ -r*^ 3 ^-5 -O^^ 

1. Oratio ir*5p*>. — 2. Magister noster ^; — 3. Monasterium i^o*. 



en couvent un edifice autrefois consacre au culte des idoles et aux de- 
mons. Mais chaque fois que les moines de ce couvent descendaient puiser 
de l'eau a la fontaine, les demons les lapidaient. Gomme les mauvais traite- 
ments devenaient de plus en plus violents, ils exhumerent le cercueil du saint 
et Texposerent, trois jours durant, pres de la fontaine; cette lapidation cessa. 
Puis on le transfera de nouveau au couvent ou il fut enfin enseveli dans 
la salle des martyrs. Que ses prieres protegent les fideles! 

* Rabban Apnimaran du couvent de Za'faran 1 rend temoignage au merite * a p. * 
de ce saint et atteste la verite de ce qui vient d'etre raconte, dans un traite 
que lui-meme a compose. 

XXXVll. — IhsTOiRE bK Rabuan Sari 

Ce saint bienheureux, disciple de Mar Eugene, etait dc ceux qui vin- 
rent avec celui-ci au desert d'Egypte. Ils etaient au nombre de vingt-huit. 
Sur ces entrefaites, il se rendit a la montagne de Dara, y batit des eglises 
et des monastercs, Fit embrasser a plusieurs la religion chrctienne ct guc- 
rit beaucoup de malades. A la fin de sa vie il y construisit un couvent qui 
porte encore son nom. 

1. Ce couvent se trouvait tout pres du village dc Telia- Xqipa, a 5 licures au nord- 
ouest de Mossoul. S. — 2. et Cf. Bbdjax, Hist. fund, mon., p. 411, n° A. N. 



252 



IIISTOIKK NKSTOIUENNK. 



[140] 



* S p. 8 ^jJu)! I-ajsj ^lUt ^/-^ *^*> ^ir'^ J3^&5 <J^ J *^ j^^t 

^i^i J v*!^ a-^-^' aJ!>U! ^ jUjJI l-U J jl£ 

1. wps; ^wJujlf, 



XXXVIII. — HlSTOIRE DU MONASTERE DE ZaRNOQA 1 . 

Mar Eugene avait un disciple qui s'appelait Aha. II gagna la province 
de Beit-Zabde, y convertit nombre de personnes et batit un grand monastere 
ou des moines se reunirent. Apres sa mort il y fut enseveli. Les moines de 
ce monastere puisaient avec grande difficulte de l'eau avec une outre. Dieu 
* s i>- s manifesta * sa grace par Tintermediaire de la depouille sacree de ce saint et 
aussi des prieres que le moinc Iso c barnoun 2 lui adressait pour la delivrance 
de ses freres : Une source d'cau tres douce jaillit de dessous les fondements 
de Teglise et leur epargna dorenavant toute fatigue. C'est pourquoi on 
Tappelle monastere Zarnoqa. 

XXXIX. — Histoire de Mar Gyprien {Qofridnd), 
eve(^ue d'Afrique (Ifriqyah). 

Parmi les Docteurs et les moines celebres et bienheurcux de ce temps, 
on comptait Alzenon, moine dans le desert d'Egypte, Isidore dans celui de 
Scete (Asqati) et Gyprien qui devint eveque d'Afrique. Ce dernier etait paien 3 

1. Cf. Bejjjan, Hist. fund. mon.. p. 442, n° 6. N. — 2. Dans Bedjan, ce saint est ap- 
pele Isosabran. S. — 3. Cf. Mari, ed. Gism., p. 2G. S. 



[141! XL. — 1UST0IRE DE SAINT BARSABA. 253 

UJj .^/Wl j2v~J\ lf> J-^j, ^i JLr^l? ^r^3 dr^J 

<y (j £f33 -(j*^-*^ iwJJldlj ci^ -^>-*^ ^J3jr^ *r^~3^3 •^'•"■'"^ 

^Jji ^Jl Cl^ JLc-j .CaA=>- -W-lj .OLil^aJI 4*i £^3*1 Cfc^ J^cj .(jails' 



cTorigine, qui causait du tort anx fideles par ses discours et par ses actes. 11 
croyait a la magie et la pratiquait. C'etait un fornicate'ur eelebre dont la 
passion n'etait jamais assouvie. Dieu le choisit et raffranchit du paganisme 
par l'intermediaire d'une sainle femme appelee * Jousla. La foi et la science * a p. 1 
croissaient et se manifestaient en lui. Et, en presence de tous, il brula ies 
livres dont il se servait pour pratiquer la magie \ 

Ordonne cveque d'Afrique, Cyprien reunit, sur l'ordre d'Etienne et de 
Cornelius (?) patriarches de Home, 19 eveques : il exigea la rebaptisation 
de ceux qui avaient renie la sainte Trinite et decreta a cc sujet vingt canons. 

II composa une apologie du christianisme. II baptisa grand nombre de 
personnes. II composa aussi un livre dans lequel il refuta les erreurs de Paul 
de Samosate. Puis il fut martyrise sous Valerien, empereur des Romains, avec 
Lyrmasous (?) patriarche de Jerusalem 2 . Que leurs prieres nous protegent! 

XL. UlSTOTRE DE SAINT BAHSABA '\ 

Get horame etait du nombre de ceux que Sapor, fils d'Ardasir, avait exiles 
de l'occident. II apprit le syriaque a Seleucie-Ctesiphon (Al-Madain). II apprit 

1. L'histoirc de Cyprien d'Antioclie est soudee a rhistoire de Cyprien de Carthage; 
cf. Journal asiatique, X e serie, t. V (1905), p. 374. N. — 2. Cost le pape Sixte 11 qui fut 
martyrise la meme annee que Cyprien. S. — 3. Cf. Mari, ed. Gism., texte, p. 20-27. S. 



231 IJISTOIRK NKSTOllIKNXR. [JV2 

J <Jil s^-J Cj>U .Jail ^U- J .^*Ji 1^ .LaiJ ^L- jUJI^ 

^Lo-j jllaJiJl l^iCUs . jj-^tJl l^Jj* jtj^** <Z^>-\ J^;LJ j^J 

L^jol ciL*>-j ^ L5 C J^* ^ -V V*^* <3 ^ J cr 3 " ^.-5-^ ^ 

Lo~J is^5CjL« ^^a LLi . vi-l»=>-j ^ j^ii«!Lvi ^A^Ic-lj .'Clj^aJI Jjj-Vj . <^XJ1 

J. U.W VCl Ls^r"' J i^J^ Lj>. 



aussi le persan, etudia les livres de I'Eglise et so distingua dans la science 
medicale. Et, sous des habits etrangers, il passait son temps dans la mai- 
son de Dieu. Jamais il ne prenait de viand e ni de vin. Des son jeune Age, 
il pratiqua la vie eremitique. La reputation du saint parvint a Sapor qui le 
fit venir aupres de lui. Le saint soigna la femme du roi, qui soufTrait d'une 
maladie, et la guerit. Sapor le prit en grande affection. Mais il avait une 
sceur, du nom de Siraran, qu'il avait epousee suivant la loi des mages. Or 
le demon la possedait et la tourmentait. Pour obtenir la guerison de sa soeur, 
Sapor s'etait adresse a tous les medecins, sorciers et astrologues. Vainement 
ils lui conseillaient tous les remedes possibles et imaginables. Elle vit en 
songe un personnage qui lui disait : « Reine, ne t'afllige pas de ta douleur; 
crois a la religion cbretienne, fais-toi baptiser et tu seras guerie. » Elle pen- 
sait a cette vision, lorsque la nuifc suivante elle eut un songe etonnant, dans 
lequel quelqu'un lui disait : « Siraran, ne crains pas; Dieu t'a choisie, et du 
royaume terrestre il te fera sortir; tu deviendras alors sa servante et tu seras 
guerie de tes soufTrances. Crois, fais-toi baptiser, et le demon t'abandonnera. » 
Elle envoya mander de 1'eglise de Seleucie (Al-Madain), Barsaba, que per- 
sonne, de ce temps, n'egalait. Elle Tinforma de ce qui lui etait arrive. I^e 
saint lui exposa alors la croyance des chretiens, lui fit savoir ce dont elle 
avait besoin et lui montra Thorreur de la religion des mages. Elle crut, recut 
le Bapteme et renonca au culte des creatures. Le demon Fabandonna. Mais 



* j 
L 



[143] XL. - IIIST0I11R DE SAINT BARSABA. 255 

(J^ailj . L&^l ^ ^jstJI .^AJl k^JJa) l^^l 

A_^J* pJ ^ jl IjAlJj p&j .l^IP jllaJtJI rjjia j-J^a jJ} !>^U . Jy}-* 

Aj J^JLLIj .AjjJ^aJl Jb-V OAS ^1 ^'^J lyAPsA>_ >ilJ Al« ^3 

cs$ j-c^cvi iyi^j . jii^ pi^i jv o* <s^ 



elle s'adonna a la recherche de la science. Les mages en furent tres etonnes. 
Quand cette nouvelle parvint a Sapor, il se mit en colere et ne crut pas que 
le demon l'avait abandonnee. II se proposait de la tuer, si elle ne voulait plus 
adorer le soleil. Le Marzban de Merw, descendant de Sassan, etait en pre- 
sence de Sapor quand ce dernier quitta Nisibe apres le traite de paix avec 
Jovien (Youbinianous), Sapor exposa au Marzban l'etat de sa sceur, et lui or- 
donna de la prendre avec lui pour Leloigner des chretiens * et de tons ceux 
qui pourraient Linstruire du christianisme. Et cela de peur qu'il ne lui advint 
comme a sa femme Estassa, qui fut tuee pour la religion eliretienne. Bien 
plus, il permit au Marzban de Tepouser. Daniel, fils de Marie (Maryam), en 
parle dans son livre Le Marzban la prit avec lui et 1'epousa. Mais avant 
son depart, elle avait demande aux eveques de conferer Tepiscopat a Barsaba 
puisque, apres le martyre de Barba' semin, il ny avait plus de patriarche a 
cause de la defense de Sapor. 

x\rrivee a Merw, elle ne cessait de gagner a la religion eliretienne ious 
ceux qui venaient chez elle. Elle leur racontait l'epreuve dont elle fut guerie 
des qu'elle eut embrasse le christianisme. Elle leur demontrail l'horreur de 
leurs croyances et leur promettait la visile de Barsaba. Plusieurs habitants 
de Merw se rendirent a sa parole. D'origine grccque, ils etaieut venus avec 
Alexandre en cette ville et avaient assiste a sa fondation ; mais ils n'etaient pas 
retournes avec lui. Ils recureut la foi et brisereut les idolcs qu'ils adoraient. 

t. Voir la liste des oeuvres de Daniel, fils de Marie, dans Assemani, Uibl. Or., Ill, 
pars 1, 231. S. 



250 I1ISTOIHR NKSTOHIHNNE. [IV.] 

IjH^-j . ^j-^iJl ctiX« S ^Xc L&jJj •L fc _^> (j*^ pt^r^^ J 

«u« jj-lj . ^IjLdl ^ L£^> yi jUjIj jJ^JIi j~i .l^ojlc- Ij^lc jV Ls^ 

LX— Ls . ,j^3 . «wJI <J1 ^j^" b i^5vJI ^3 ^.^LjlJIj jL.il) ^ Sac. 

.^..-LJI ^/-^j .^iCtJJ djjtj U aJJI -Uj>-j wJI -Uzsj .aJ&J j^* ^ 

• S^lj jUlys- ^Joj^aJI ^J?l ^j-o jiiC« ij& (J pyJ (^i>^Jl ^jLaJJ ( j^LaJ! 

aJLL* <uU l^-llj jJUI JU>I . ijta ^a d)L*> o^*-*^ ci c^-^i 

1. o'iUst'I. — 2. ^U^w! ex «~*juf, jacuit. 



Puis ellc demanda a des architectes de lui construire une eglise. Ne sa- 
chanl quelle forme lui donner, lis la construisirent sur le plan du palais du 
roi de Perse. Elle l'appela Ctesiphon, du nom des Villes. 

Elle eut im fils du Marzban. Elle ecrivit a Sapor, le priant de lui envoyer 
Barsaba, car son mal l'avait reprise. Sapor, heureux do la naissance de rcn- 
fant, lui envoya Barsaba en grandc pompe. Gclui-ci prit avec lui des pretres, 
des diacres, ei quelques livres liturgiques et des ornements aussi. Arrive a 
Mcnv, il fut re^u par une foule de pcrsonnes. Puis il se rendii a l'eglise et 
remercra Dieu du present dont II avait favorise la reine. II consacra l'autel, 
baptisa les gens, et guerit les maladcs. II confera aussi le bapteme a l)on 
nombre de mages. Puis il y construisit plusieurs eglises et leur assigna des 
fonds, des vignes et d'autres biens. Gloire a Dieu genereux et tout-puissant! 
De la maison du roi, ennemi des chreticns et leur persecuteur en tout lieu, il 
suscita un predicateur du christianisme dans tout le pays du Khorassan. En 
effet, les disciples de Barsaba se disperserent dans toutes les yilles du Kho- 
rassan, construisirent des eglises et baptiserent des hommes. Puis Barsaba 
mourut et fut enseveli dans le monastere connu sous le nom de David (Daoud). 
Sa mort consterna les habitants de ces pays qui le pleurerent pendant trois 
jours. lis virent, le quatriemc jour apres sa sepulture, une lumirre sur sa 
tombe, y respirerent une bonne odeur et entendirent une voix qui disait : « J'ai 



[145] XL. — IIISTOIRE DE SAINT BARSABA. 257 

M^- <J&> <=>c>l j iylij .^i* ^J^ 

^^Jb 4^i> * oLc J^i] ^Ji)l ^ C*j <D1 JlU Lilj .C- <aI»-VI + a p. 3 

g yiz, 9 jLwVl ^As- lj-0j ^j-j-^JI pjb^Vjl ^iLjj ^L^»V1 S^Lf. lyjLUl j^-iJI 

Ij-aJis-n'-o j pX_jU! (*f**l^ 

JlU dUi J^>Y ^M^JIj b ^ ^ oUsa S-Xp (*y ill d» Asj 

.'Cjoi^alli) jU>> dDi Jl=~Y jj^li jl Aao Ajls . -^ItJI ( j^>-jj+2~ ^* 



entendu le son de votre voix; j'ai exauce vos prieres et je vous ai rendu Bar- 
saba votre cveque qui reprendra sa charge de paitre vos ames. » Alors Bar- 
saba sortit de latombe en presence de tons les hommes. Quelques-uns eurent 
cependant des doutes sur cc fait et dirent qu'il s'agissait d'un fantdme. Mais 
ils trouverent son oeil gauche transform^ et crurent a la vcrite de sa resur- 
rection. Plusieurs embrasserent alors la foi. Et Barsaba vecut apres cela 
quinze ans. Son episcopat avait dure 70 annees. Or si Dieu a prolonge ainsi 
sa vie el s'il Fa ressuscite d'entre les morts, c'etait a cause de son zele * pour * a p. ?, 
son peuple, c'etait aussi pour secourir ceux qui s'etaient convertis du paga- 
nisme, pour maintenir leurs enfants dans la foi, pour affermir leurs ames et 
pour augment er leur foi et leur croyance a la resurrection ainsi que Dieu 
avait agi avec Mo'ise lorsqu'il le laissa dans le desert jusqu'a la mort de tous 
ceux qui etaient sortis avec lui d'Egypte. Seuls leurs enfants, qui ne connais- 
saient pas les dieux des Egyptiens, vecurent apres lui et entrerent dans la 
terre promise. 

Bien des fois, Dieu avait opere le miracle de la resurrection lorsqu'il le 
voyait utile au bien des ames. II a ressuscite saint Georges, le martyr, qui 
revint a la vie apres sa mort. Et, a cause de cela, plusieurs embrasserent la 
religion du Christ. Les chretiens de ton les les sectes et de tous les empires 
reconnaissent le merite de ce martyr, font memoire de lui et construisent des 
eglises sous son vocable. 

Mar Jean (Yonhanna) Dailomaya entra dans le Ten et en sortit sain et sauf'. 

1. Cf. le Poeme sur Jean Dailomaya (ms. syr. de Cambridge, n° 2020; du Musue Bor- 
gia, n° 39). S. 



258 IIISTOIRE NESTOR I ENNE. Ho] 

LxJj . j^b. <AJ1 p^L^I <V,.-^b .^iCu ^> <0 -vJ^j 

JjL'Is . jL-l^j*. .xyL?l j^^Ji oto j%j i*l^Q-> -r «clj^Lo o^r* ^-o^* Jjl <3 

\ZJ=-\ *rjj\ jl .^>l jlid 5s-Ui»3 .<C_^1 ^1 jjtj ^j£j:y>- <c1 ^11 j^L- 



L. |LLow. 



Pierre Papotre ressuscita Tahita apivs sa mort pour raffermir la foi do 
ses disciples. 

Mar Nestorius ressuscita 1111 mort daus sa tombe pour confondre les im- 
pies qui Pavaient exile. 

Dieu augmcnta de quinze aus Page d'Ezechias afin que ce roi put se 
marier et avoir 11 n fils, heritier de sou trone. 

Nombreux sont ceux auxquels Dieu rendit la vie apres leur mort. 

Puis Barsaba mourut et fut inscrit le premier sur le diptvque des eveques 
de Menv. Que ses prieres nous gardent! 

Apres la mort de Sirazan, Aspahid du Khorassan, Sapor fit parvenir 
les robes d'honneur a son neveu Khosken, le fit succeder a son pere, lui 
ordonna de se marier avec sa sceur, fille de Siraran. Celui-ci obeit. Khosken 
etait bienveillant envers les chretiens. Sa mere, sur le point d'expirer, lui 
avait recommande de prendre soin des eglises, de proteger les chretiens et 
de diminuer les impots qui pesaient sur eux. Elle les recommanda aussi a 
la bienveillance de sa fille. Tons deux lutterent de zele pour obeir, et cela 
durant toute leur vie, aux ordres de leur mere. Quant a sa fille Zarndoukht, 
elle confessait la religion des mages, qui etait aussi celle de son pere. Et, 
neanmoins, elle avait a cceur l'interet des eglises et des chretiens. 



[147] 



XLI. — IIISTOIRE DE RABBAN SALL1TA. 



259 



^jS.-lyJ! j is-Lvytr ttii . ^^^a jj^l jl— « £— « c3b^ <5^" ^^r^"^ 

^I>j . <CjJ^*> Ijjl^ Uj^£5 . *u~Lo <J— Jwolr^ j i-L_jt> li^Li J^as 

•-cr ^ criJ 

1. Magister no-ster — 2. 5,UJt. 



XLI. HtSTOlRE DE RABRAN SaLLITA \ 

A cotte epoque parut a Alexandrie saint Sallita. II lutla contre le demon 
par sa bonne conduite et tint tete anx Ariens. Le gouverneur de cette ville, 
arien et ennemi acharne des fideles, le frappa et le chassa de la ville. Le saint 
alia dans le pays des Goptes. II y guerit un lepreux. Ge miracle decida line 
fonle de personnes a recevoir le Bapteme. Puis il alia a Nisibe avec Mar 
Eugene. Mais apres la dispersion de ses disciples dans diflerentes regions, 
Sallita se dirigea vers Beit-Zabdai, oii il convertit les habitants de toute line 
ville, brisa une idole qn'on y adorait et fit elever a sa place un convent connu 
encore sous son nom de nos jours. Puis il se rendit a Balad pour recevoir 
la benediction de quelques saints. Mais il y mourut et fut inhume dans une 
caverne connuc sous le nom d'Awana, vis-a-vis de Balad, * a l'endroit appelc 
Al-DouaTr et sitne dans une foret 2 . Et Ton construisit sur sa tombe un grand 
couvent. 

I. Cf. Bedjan, Acta martynnn, 1, p. 424-405. Livre de la Chastete. n° 5; Mari. p. 27. S. 
— 2. Sur la rive du Tigre, an village de Beit Ahnvtle, Bi-djax, loc. cit., p. 458. La ville de 
Balad est situee sur la rive droite du Tigre a 24 lieures a Touesl de Mossoul ; et le village 
d'Awana se trouve vis-a-vis de Balad. Quant uu village de Beith Mawile. il est entre 
Diarbekir et Djezire. S. 



2(>0 



HISTOIRE NKSTOU1KNNK. 



^3 f r 

Sal j *UI J .Jy» ^> <j SjUepJI <_UU j\J> ^ ^LJalla a)) j ^5 J . w>^A 

LJL> jl^ (^JJ! j— A5 a^JI «0 U.£ ^^^^ jl CLtIj l^j* ^ix-A^-l^ 

.pjJjL^ (^jLsiU *Lol ,j O-l diLw« is^o-lwj ^j^p&JI *>>&j& . ^^^J* 



XLII. IIlSTOlRE DU TREMBLEMENT DE TERRE ET DE LA GRELE \ 

En G80 d' Alexandre, il y cut en Orient et en Occident un grand trem- 
l)lement de terre. En juillet, des grelons de la grosseur d'une pierre tom- 
berent sur Constantinople. L'eau deborda et submergea nombre de personnes 
ainsi que plusieurs villes romaines. Nicee (Niqyali) fut detruite. Le tremble- 
ment de terre detruisit trois villes en Perse. C'etait le chatiment inflige par 
Dieu aux bommes pour les amener a I'obeissance et a la penitence. 

XL1II. — HlSTOIRE d'ArDASIR (II), ERE RE DE SaPOR (II), 

et de Sapor 1 ils de Sapor. 

Le regno de Sapor avait dure 70 ans, II mois et quelques jours. Sa 
mort, Tan G86 d'Alexandre 2 , amena sur le trone son frere, Ardasir, qui etait 
son heritier et qui babitait Ninive 3 . Les mages, qui l'avaient en horreur, Yin- 
sulterent en face. A l'instar de son frere, il observait, a Tegard des Chre- 
tiens, une attitude hostile et les massacrait. Mais quatre ans aprcs son 

1. Ci". Mari, loc. cit. — 2. Ou 378; en realite fin de l'ete de 379, Noldeke, Geschichte 
der Parser, p. 435. N. — 3. L'Adiabcne, Bedjan, Acta martyr um, II, p. 233, 280. 333. S. 



[149] XLIV. — IIISTOIRE DE VALENTINIEN ET DE GRATIEN. 261 
j^jU >-ls .CjUj pdl ^Jbjjl Jbftls .j-JIj <ilUJ fcjJtc- A^UJI CJI dUij 

£>Jj -SiLjj pJU^ .^1>JI p~U< JL^\ J\ JyL 

c^*. J J bjJ^O fr°^ ^ <J">^ '(n-f Jr* 

vljUi A^Ac £«-i>JI ^lijl Ijjtta A^jaj* ^LiXwl IXA? . ^c-» ^ r "-...J A^J>- ^ ^Ijj . A!^£o 



elevation autrone, les troupes ourdirent contre lui une conspiration qui abou- 
tit a lc detroner; on mit a sa place Sapor (III) fils de Sapor et cela eut lieu la 
quinzieme amice du regno de Valens (Walts), Ardasir en tomba malade de 
chagrin et mourut. Sapor (111), fils de Sapor, repandit ses bienfaits sur les 
troupes et les gratifia largement. II se tourna du cote des chefs, leur demanda 
de lourds impdts, qu'il augmenta encore. II accorda la liberte aux chretiens 
prisonniers. « Gar, disait-il, en les mettant en liberte, ils reprendront leur vie 
et paieront tribut, ce qui sera plus utile a l'Etat. » Les magos eurent grand'- 
peine a remplir ces obligations, et delibererent entre eux sur son assassinat. 
Un jour qu'il etait alle a la chasse, il essaya, pour se reposer, de s'endormir 
sous une tente. Une fois qu'il fut assoupi par le sommeil, ils tirerent les 
pieux de la tente qui tomba sur lui et le tua. Son regne avait dure cinq ans. 



XLIV. IIlSTOIHE DE VaLENTIISIEN (II) (Wal(UWlts) ET DE GlUTlEN 

(Khartinous), fils de Valejjtinien (Walt id nous). 

Valens (Wdlis) brule dans le village, on confia Tempire romain a Valen- 
tinien (II) (Walluious) fils de Valentinion (11 "all id nous) et a Gratien (Khartinous) 
son frere. Ils geraient bien les affaires de Tempire. Ils rappelerent les Peres 
qui avaient ete exiles sous Valens et poursuivirent les Manicheens et d'au- 



1. En 383, Noldeke, loc. cit. 



2C>2 IIIST01RE XRSTOU1ENNK. [150] 

4>",- ^ U-.«^>- l"L p>" .S-LwliJI oYl£<JI ^Ut^l ^j-* ^fi>\ ^jZk* jr^> 4 



tres partisans de doctrines malsaines. Puis ils moururent, tous deux, la 
meme annee. Le regne de Valentinien fut d'un an et deux mois. Le regne 
de Gratien dura quinze ans, dont douze avec son pere et trois apres sa mort. 

XLV. IIlSTOlUE DE TlIEODOSE LE GllAND 1 . 

Valens (Wdlis) brule , Gratien s'associa a l'empire, apres la mort de 
son frere, Theodose le Grand. Celui-ci etait tres brave, vainqueur dans les 
guerres, clement et d'une foi sincere. Pour venger la mort de Valens, il 
a p. 5 attaqua les barbares * qui l'avaient brule. 11 les mit en deroute et revint a 
Constantinople apres la mort de Gratien (Khartinous). En 690 d'Alexandre, 
le gouvernement de tout l'empire passa en ses mains. 11 rappela les eveques 
exiles par Valens, chassa les Aliens qui avaientdomine l'Eglise pendant 40 ans, 
depuis la sixieme annee de Constantin, date de leur eoncile d'Antioche, 
qui avait exile saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, et Paul (Phoule), patriar- 
che de Constantinople. La deuxieme annee de son regne, Theodose ordonna 
la convocation a Constantinople de 115 Peres 1 dont les chefs etaient Meleee 
(Millions), patriarche d'Antioche, et Diodore (Dioudourous), eveque de Tarse 



1. Cf. Mari, loc. cit. S. 



[151] XLVI. — L'OBEISSANCE DE TIIEODOSE. 2G3 

qjj C^*-^ cJ^-' ~*~*3J ^Jj-LsL* ^5-3 ^jUl^l ^liu^l 



(Tarsous), On voyait parmi les Peres Ilellade (Alidis) de Cesaree, Gregoire 
de Nysse (lYotma), Gregoire de Nazianze, Amphiloque d'lcomum, Ambroise 
et l'archidiacre representant Damase, patriarche de Rome. lis approuverent 
la croyance des 318', et frapperent d'anatheme Macedonius, patriarche de 
Rome 2 et ses partisans, qui deniaient au Saint-Esprit d'etre egal, en subs- 
tance, au Pere et au Fils. 

La cinquieme annee de son regne, Theodose donna Tordre de codificr 
toutes les doctrines en un seul livre. Get ordre fut execute. Puis il plaga le 
livre sur l'autel et fit une priere. II vit en songe qu'il n'y avait pas de vraie 
foi en dehors de celle des 318, et de Tegalite des personnes. Alors il jeta au 
feu les autres professions; il chassa les partisans des fausses doctrines et 
detruisit, dans l'empire romain, les temples des idoles. 

XLVI. L'oUEISSANCE DE TllEODOSE, LOllSQUE l'eNTHEE 

DE LEGL1SE LL1 PUT JNTEIID1TE. 

La foi de Theodose etait profonde. II dut aller precipitamment a Thessa- 
lonique, premiere province du gouvernement de Constantinople, qui iniplorait 

1. Lire 150. Cc concile eul lieu Pan 381. S. — 2. II etait patriarche de Constan- 
tinople. S. 



204 IIISTOIItL NKSTOItlKNNK. [152] 

jL> IXJi . ( j^Ji> ^jYl p^-U . IjJ^fc V3 ^ A^>j V Sac ^J| 

<cLLU .a**_J1 J^-at . o*Lr ^-c- j^o *LaJI ^s^Cl- jj^VL c^l O jy>j ^>.j 

^^-wULj* J Li . ^!>L-.JI a*_c > y^, Vj J^~^, V *Jji 

4*._JI Jpo <0 jiVI J *-*a5C j I dj^ki)! jJj.A^? J^J <J"j£3^ t?* - * 3 . viUJl 

jl (J=w ^Jii J^I>-1 A3 . Jtsj 4JL5 Jf>^l fc-Uaiis .jljjiJI Ai-lj A**)! j 

XjJI ^ ^r^ 23 " **** • d ^--JI Jl Jjj— 01 jj—^ <CclL i j r ~^ 

{ J& A_Pc^J . Jw=-A> pJj ,<**_JI oL jl^> ^>LJI ^ (3 j^ Uis .4o"^ ^Js 

* A p. f> IXJi .<Co jl£ j^aJI villi jsjU jl yjlij JsllLr>cj ^clj ^-^J ^3 ^|y3 



son secours contre l'oppression de son gouverneur charge aussi de rendre 
la justice dans la ville. 11 fit marcher contre les habitants de cette ville un 
grand nombre de Barbares, au cceur dur et a Fame insensible, lis en massa- 
crerent 7.000 personnes. Mais, a son arrivee a la ville, Theodose voulut se 
presenter a l'eglise. Le patriarche Ambroise {Ambrosious) lui interdit d'entrer 
plus avant, le fit sortir du lieu saint, l'anathcmatisa et lui dit : « Hier, tu repan- 
dais le sang, sans egard a la fidelite, et tu oses aujourd'hui franchir le seuil de 
l'eglise ? » Theodose, a l'humilite profonde et a la foi sincere, obeit a Ambroise, 
temoignant par la son grand respect du sacerdoce. Gonsterne et profonde- 
ment contrit, il se retira tout en larmes, ne cessa de pleurer sa faute pendant 
huit mois, s'abstint d'entrer a l'eglise et de recevoir l'Eucharistie. A l'ap- 
proche cle Noel, il pria un certain Rufius 2 , ami du patriarche, de lui obtenir 
d'Ambroise la permission d'entrer a l'eglise le jour de la fete et de recevoir 
l'Eucharistie. Rufius demanda au patriarche de 1'aire grace a Theodose : a 11 
supporte, lui dit-il, depuis huit mois, sa peine. II ne faudrait plus, en raison 
de son obeissance, Tempecher d'entrer a l'eglise. » Mais le patriarche tint 
ferme et declara qu'il le chasserait, s'il venait a prendre part a la solennite 
de la fete. Theodose se presenta cependant, ce jour-la, a la porte de l'eglise; 
* a p. G il n'alla pas plus loin. Puis il se prosterna, * s'humilia, pleura, confessa ses pe- 
ches et promit qu'a l'avenir il ne commettra plus pareil crime. Le peuple recon- 

1. Le ms. porte on pourrait encore lire : ^y, S. — 2. 'PoucpTvo?, Thko- 

doret, Hist., V, 18. N. 



[153] XL VI. — I/QBEISSANCE DE TIIEODOSE. 265 

V jl ^Jb J^J; jl a* "UwJI «JL^> — vi .<) jSl ctlUI I-L& <L'U ^=^? £iL£3l juc ^ 
c^LiJl ^^-3^1 aJ Jl? 11 Jls^ LJ3 . ^Lrl <CJJ* jL>d«l a« VI Ia^I ^JU> 
^cjJl^JI <j v_Za> jl dlLJI at jl_5 .CjLjVI *-i*^a> dlil^c-Y dLLrl ^»^JI jpl, 
.Z>yfi>\ J^*" tiJlLJI ^U* <*J JIJ3 d^kill 4^ .jyL dj-UI jl^ JU^w 

^.JUI J Ji^V ^ijijJI jJlW Cjalk^ill SJsS jl JUS ^_i_aJ' jl Y3 

vilUI Ljy, ^.1 JUl U jJI Uil jl jljj .dyJI ly^b dUj! <J JUi 

JLcLi .<Cc- ^i_Tjl a^JL£) pjj V L* Jj^j 

^5C'U . J^LfJI J ^Isy .1^ **JI _r^>-3 Jl _i ^1 -J^ll J <j"^' 

^>VI jl Lrir \^ O JLs . ^» V d^fp CwaJj pJ Jlij d^La Jl 1 ^ jlkli dUi 
. cl^LJI ^ ^c-lDI isAA ^«*>-l U3 . <LaJl=-l \S^> J^l ( j*-^ w J^'-*l 

j ^^^JuJI ^i^-Jl ^jj^rj .IaxL» ^iSJI j.dl ^j-^ir U^>J c>j j i^il^ A93 

1. ^ Iki . 



nut la sincerite de sa foi; et on hit permit alors d'entrer a l'eglise. II y entra 
a condition toutefois qu'il ne punirait plus desormais personne sans instruire, 
au prealable et durant trois jours, sa cause. Une fois qu'il etait a l'interieur, 
le patriarche Ambroise lui dit : « C'est le plus beau jour de ta vie, mon fils; 
car tu as reconnu la faiblesse humaine. » Mais le roi voulant se placer dans le 
sanctuaire que lcs rois se reservaient, le patriarche le lui defend en disant : 
« Ge n'est pas l'habit royal qui te confere le sacerdoce : tu ne dois pas te 
placer ici. » Le roi lui dit que le patriarche de Constantinople accordait a ses 
pairs le privilege de se tenir dans le sanctuaire. Ambroise rcpondit : « Les 
patriarches de Constantinople flattaient les rois; ne sais-tu pas qu'Tsaic 
fut prive du don de la prophetie parce qu'il laissa le roi 'Osia depasser les 
limites de sa dignite royale. » Theodoso rcpondit : « Je suis pret a vous 
obeir. » II sortit alors du sanctuaire et se plaga avec le peuple, au milieu de 
l'eglise. 11 alia ensuitc a Constantinople. Lorsqu'il se presenta a l'eglise, il 
se pla$a encore avec le peuple. Le patriarche Nectaire le dcsapprouva et lui 
dit : « Pourquoi te places-tu la on il ne tc convient pas d'etre ? » Mais Theo- 
dose repondit : « Le Pcre Ambroise m'a ordonne d'agir ainsi ; je ne desobcirai 
pas a ses ordres. » Qu'elle est belle l'obeissancc des rois! 

L'epouse de Theodose ne port ait, pour ce qui touchail a sa personne, 
que le tissu lc plus dur. Elle servait les malades dans les liopitaux 1 , enlevait 

1. Theodoret, Hist., V, 19. N. 

PATH. OR. — T. V. 18 



206 IIISTOIIU: NESTORIKNNK. [154] 

ij-Jl l^*k«i <^Lsl «kL=>- ^^Ij .jlL-til dUs I1U9 . Jl*»VI 

p_T . ^Jl <JLL* 4 ^=' jv^_5 i^Jli . ^^ISLo ^J>JI cl^ls .<*~JI ^j-* Lfcj^ U^lij 

jL&^isJI jL-w U-Ls .jUL> ^LUl \y^i>^ jl p-^-Jj ^ ^jJ^f- (j oc^H 

ULA>- jj Jjl_^UI ^-^iL* jl V j J~~d! c^UUtll cUl^oj pJL* jUaJI 

^1 is J tdlLJJ jl£ jJj . AjjU Co e l« O UaC-l ^j—o A=~lj Jf^l \ jr*~> 

J^-i* .^jAsdl JjJt=>- u-ft-^i .d)li 'Uk&Y lj> (ilipc^i jLo'l L&^jCs <>'jya> ^Jg, *JaA 



leurs excrements et lavait, de ses mains, leurs plaies. Et, avec ses servantes, 
elle les visitait chez eux, les servait dans toute sorte de maladie, les habil- 
lait et leur donnait Taumone. Elle alia meme jusqu'a Antioche exereer ces 
aetos de eharite. Gela irrita Tesprit mauvais qui poussa quelques-uns des 
siens a l'insulter et a la ehasser de Teglise V La nouvelle parvint aux oreilles 
de Theodose qui fit semblant de n'en rien savoir et dissimula sa eolere pen- 
dant trois jours. Puis il envoya a Antioehe deux generaux, avee une armee 
tres forte pour la livrer au feu. Ghemin faisant, les deux generaux reneon- 
trerent tin moine venerable qui etait dans la niontagne. Gelui-ei leur dit : 
« Arretez-vous ; n'exeeutez pas les ordres qu'on vous a donnes. Votre maitre 
est un homme mortel, perissable, qui, bientot, n'aura plus d'existenee. Mais 
Dieu Fa etabli roi de ses creatures formees a son image afin d'en convertir 
les egarees, de supporter les insensees et de pardonner aux eoupables. 11 
n'est done pas roi pour ehercher son propre interet et aneantir une foule de 
personnes, a cause d'un seul de ses sujets, mortel comme lui. Et si le roi 
pouvait s'indigner eontrc un homme qui briserait, par mepris, sa statue faite 
de bronze ou d'argent, a plus forte raison le Createur s'indignerait [de voir 
massaerer les hommes faits a son image]. Que le roi done ait toujours Dieu 
present a son ame. » 

Les deux generaux ecrivirent au roi sur ee qui s'etait passe entre eux et le 
moine. Sa eolere s'apaisa, et la llamme de son ressentiment s'eteignit ; il ae- 
ceptala parole de Termite et rappela les deux generaux, qui s'en retournerent. 

1. Les habitants d'Antioche briserent une statue de rimpcratrice. Geci cut lieu avant 
le massacre de Thessalonique. S. — Theodohet, V, 20. N. 



[155] XLVI. — L'OBRISSANCE DE TIIEODOSE. 267 

^yJl ^LLi JI ji *^l VJ£5 cTJJJ^ J^* u".A^ 

jtS-l I'li .Cksj v^-i* JlLL 4^151 jl 31 jl jl 5^* j JjJ jl t ^*^>' J jj^ 

^>jj3l jl^ jlj .ptf^a^a ^jJL ^f- 4>U&J ^*f-J dlLJl p-^t^. (J^^ C«L5^>- 

. <Cj^ j ^-VTj ^loJl fc^l} * ^i- «J ^ j Li j_5 4jjUi (j*->-J <C£-UiJi 
Jliill ^ j dULdl L ^ ^^JsLr Jp C>UjVI ( jan ij ^_J^b 

^•1 4SJ*S *Jb\$\ w-l JUJI J Cjfcl J -Ujj .^Ja^lj 4Js j>U .j^b 

^X'ls .O. Vj <3ll> -^yi 3 J^i .aJ L^l ^ <Ji JJ^j A3 Uj ^j^l 

viUS «uL« j ^lj JUUI J jl4 IXJi .v-^yi JI pJj ^50 .pii .A> ^u^i. 



Lorsque Mar Flavien (Flouiatious), eompagnon do Diodore, fut accuse de 
professer une foi perverse', le roi lui ordonna d'aller se defendre en Occi- 
dent de ces accusations. * Le prevenu dit alors : « Si Ton m'accuse a cause * A p- 7 
de ma foi ou de l'impurete de mon corps, ou de l'injustice de mes jugements ; 
si Ton m'accuse d'avoir accepte des presents pour denaturer la verite, ou 
d'avoir corrompu par Tor et l'argent, protege le mensonge, je choisirai des 
juges equitables, estimes du roi et de ses amis, pour me defendre en leur 
presence. Si Ton parle contre moi a cause du siege que j'occupe, ou bien a 
cause de mon autorite, je n'ai mil besoin de tout cela ni d'autre chose. » Le 
roi fut surpris de son courage, de la beaute de son langage et de son mepris 
pour ce qui est recherche des autres mortels. Puis il lui ordonna de con- 
server sa charge et de continuer a gerer lcs affaires de ses ouailles. 

\{ arriva qu'un homme du plus bas peuple suivi d'une grande multitude 
de vagabonds et de mendiants se revolta contre Theodose et l'attaqua. Gette 
attaque lui causa une grande inquietude 2 . II alia trouver un certain moine, 
Jean (Ymthanna) le gardien, qui vivait sur une montagne. II lui raeonta la 
revolte de ses ennemis, et lui fit part de 1'mquietude de son eeeur. Celui-ci 
repondit : « Aie eonfiance en Dieu; ne crains pas. » Le roi vietorieux nV 
ajouta pas foi et n'eut pas eonfiance en la parole de Termite. Quand vint la 
nuit, il vit en songe ce meme moine 3 accompagne de Philippe (Philiphous). 

1. Theodoret, V, 23. N. — 2. TiiEonoRET, V, 24. II s'agit dc la guerre contre lusur- 
pateur Eugene. N. — 3. Non plus Jean l'Egyptien, mais Jean l'Evangeliste, d'apres 
Theodoret. 



208 IIISTOIHE NKSTORIENNK. [156] 

.dJULJI ^r^-ls .vjUi Jl« £JjlkJl <ji» jtf ^j^i 3*5 ^ 

^-wiU ^1 )SjL>^-j — fcX«£ l^aTjlj I ^w~.| >\r*> (J ^ J 3 % ^^ £ - J^3 

1. o 1 -- — 2. ^jj^- — 3. ^r^i. 



A cheval devant les troupes, tous deux leur disaient : cc Ne craignez pas; 
Dieu est avec vous; il vous donnera la victoire. » L'un de ses generaux eut la 
mdme vision dont il fit part au roi. Tous en furent alors encourages. Mais 
le chef ennemi, fier du grand nombre de ses soldats, se montrait arrogant a 
leur egard. II disait aux siens : « Si Theodose tombe entre vos mains, liez- 
lui les bras avec une chaine et amenez-le-moi. » Au plus epais de la melee, 
Fennemi fut mis en deroute : Dieu dispersa ses troupes, aneantit ses soldats 
et le fit tomber dans les pieges qu'il tendait au roi. Enchaine, Tennemi fut, 
en effet, emmene captif a Theodose, peine qu'il croyait infliger a ce dernier. 

Apres cela Theodose mourut a Antioche \ age de soixante-six ans, dont 
dix-sept passes sur le trone. Ses deux fils le transporterent a Constan- 
tinople, oil il fut enseveli. Arcadius, son fils, lui succeda sur le trone. Le 
patriarche Nectaire (Phaqtarek) mourut la meme annee. Arcadius fit elever 
au patriarcat de Constantinople Jean (Youhanna) Chrysostome qui avait la 
meme doctrine que Theodore Tinterprete. 

1. L'an 395. 



[157] XLVII. — LA DESTRUCTION DU TEMPLE DE SARKIS. 



269 



^li^VI ^^^.c^JI ^1 <^jl A jVI J*>j -colyj^.- 5 <u ~^ * Vfcs** fc^* + a p. 8 

1 * l/^J^*' 



XLVII. ■ — La destruction du temple de Sarkis \ 

Au temps de Theodose le Grand, Theophile, patriarche d'AIexandrie, con- 
voqua l'assemblee des saints dans le desert d'Egypte et demanda leurs 
prieres pour la destruction du temple de Sarkis, ou le demon faisait des ap- 
paritions. Le temple demoli, on y trouva une pierre portant cette inscription : 
« Si les trois Tviennenta regner, le temple de Sarkis sera abattu. Le premier 
T s'appliquait a Theon, le deuxieme a Theophile, le troisieme a Theodose. 
Or ce dernier aneantit le paganisme dans son royaume et, par ses actes, res- 
sembla a Constantin le vainqueur. Puis il reunit les 150 eveques, la deuxieme 
annee de son regne. La cinquieme annee de son elevation au trone, il s'as- 
socia son fils Arcadius et le fixa a Constantinople; la quinzieme, il ofl'rit la 
royaute a son fils, Honorius, et le fixa a Rome. 

Sous Valens, Constantinople avait ete troublee par les Ariens qui se don- 
nerent un patriarche ruse et fourbc, * appele Demophile. Mais les orthodoxes, * a p. « 
c'est-a-dire les partisans de la vraie doctrine, elurent patriarche le savant 
Evagre (Angaris) qui tenait tete aux Ariens. Apres son avenement, Theodose 

1. Serapis. Cf. Theodoret, V, 22; Socrate, V, 16-17; Sozomene, VII, 15, mais le 
present chapitre provient d'une autre source. N. 



270 IUST01UK NHSTOKIKNNE. [158, 

. <u-, ji ^ SjLSj viilJI O-uJ C^Li 



>cr _ij| J3 -p*^ ^> J ^ ij'y.^yi^- 'JJ^J*' 



exila Demophile qui administrait son Eglise depuis treize ans, chassa tous 
les eveques ariens et rappela de Texil les Peres orthodoxes. Puis il confia a 
Melece la charge pastorale de PEglise d'Antioche, et fit remplacer Demophile 
par Gregoire de Nazianze qu'il transfera de son siege a celui de la ville im- 
periale. 

XLVII1. — Les Peres et les Docteurs, du nom de Gregoire. 

Parmi les Grees, mentionnons : Gregoire le Thaumaturge; Gregoire 
eveque de Nysse, frere de Basile; Gregoire, patriarche d'Alexandrie ; Gre- 
goire, le Theologien, eveque de Nazianze; Gregoire qui convertit les Arme- 
niens. En Perse, nous avons : Gregoire, le solitaire, qui composa un livre 
sur la vie monastique; Gregoire, eveque de Nisibe; Gregoire, le Catholieos, 
patriarche d'Orient; Gregoire, le Docteur a Seleucie-Ctesiphon; Gregoire du 
monastere de Gamra, qui commenta le Psautier. 

On a deja raconte l'histoire de Gregoire le Thaumaturge. 

L' Eveque de Nysse etait du nombre de ceux qui out assiste au concile 



[159] XLVIII. — LES PERES 1ST LES DOCTEUUS. 271 

ijyijyoj*- A^U Jls £*J>c*JI ^3 (J (J'jb^** ^3 •OT~*'^3 

AJ SI j J^>- U aJ" j-^i-l fcjsJ ^-ill otXll j^lj .aX^s ^Lij MjJI 

L03 j I'jC- LL»j <i oVU* J^-j -^.^r 5 ^or 2 ^r^J -f.^ 

0 Lc^ .AtY! l ^!/-3 -^^J j^'VI J^- <J^3 .o^UJI ^1 (^^. i^* 

1. Ilomilia ^^Jot. — 2. (Cesaire) CU=Jj y^} Js>-J ~' ^ ^Sj^. J 



des 150. II prononca, a ce concile, Eoraison funebre de Meleee d'Antioelie, 
qui venait de mourir. Jl acheva YUexameroii de son frere Basile. II commenta 
le Cantique des cantiques et fit des dissertations sur le symbole de la foi. II 
commenta aussi le precepte de l'humilite, recommande par Notre-Seignenr, 
et d'autres preceptes qui conduisent au royaume [des cieuxL II ecrivit des 
traites sur la creation de Thomme, sur Tame et sur la resurrection et aussi 
des homelies pour les jours de fetes; il composa encore beaucoup d'autres 
livres. II nous laissa egalement une explication du Pater et nombre de lettres 
variees. Dans sa huitieme dissertation [Gregoire] le theologien rendit temoi- 
gnage de son merite et de sa vertu. 

L'Evequc de Nazianzc, originaire de cette ville, etait d'abord pai'en et 
idolatre. Mais sa mere etait chretienne, comme il le dit lui-meme dans le 
discours qu'il composa sur son frere Cesaire * (Qarbus [?]). Sa mere, en- 
ceinte de lui, eut un jour a courir un danger sur Teaii. Elle lit le vceu de 
baptiser son fds, si elle etait sauvee. Elle accomplit son vceu. Le jeune Gre- 
goire frequenta Basile, eveque de Gesaree. II acquit a fond la science de 
celui-ci et marcha sur les traces des saints. II composa 49 traites * sur * a p. o 
des themes varies et 153 ecrits sur lui-meme et sur Tarianisme. II s'ins- 
pirait beaucoup des livres d'Origene l'interprete que pcrsonne de son temps 
n'a egale. Eleve au siege de sa ville natale, il fut ensuite transfere au Pa- 
triarcat de Constantinople. Mais lorsqu'il sul que les canons ne permet- 



272 IIISTOHIE NKSTORIKNNE. [1(>0] 

Uii . ^^J^iL^JlJI tj\ ^ j* .CIj-U \JlL«\ J*f>-3 4jU J3 

^_ji3 AJjIjLa J y>- -Colli jl J^^L> <3 ^V^ 5 ^ J*^ Jtf- 

^J.7.«li .<^_>S C^JV ^tJ-ii jl fc-UfcUj ^AaJI \X& ^\ .-Call) tail jVl 

^jL»J-3 . <ulc jjfc U jvlx> pjj . aJI ^^^r^ p..l?c- <J ^» Js>L*Jl> A> ^j^ss . O^t 

U U!_5 ^ iw^lj ^y* j^J aJLc ^,L=i SyLJl 4JL3 *>^>ls . w»J] ^ Ail! 



taient pas les translations d'eveques d'un siege a un autre, il revint a son 
premier siege. 

Gregoire qui convertit les Armeniens au christianisme etait grec. 11 
s'enluit pour eehapper a Diocletien et demeurn dans les montagnes de l'Ar- 
menie, ou il scrvait Dieu. Le patricien de l'Armenie alia un jour a la chasse 
autour de la eaverne de Gregoire et sacrifia a ses dieux. 11 fut fort sur- 
pris de la solitude de ce dernier et de ses mortifications. Une seeonde fois, 
il y alia aussi a la chasse avec Wasa 1 , roi des Armeniens, qui, voyant le 
saint, lui demanda d'offrir un sacrifice a ses dieux. Gelui-ci sy refusa. Sans 
eonnaitre son histoire, il ordonna de le flageller et de le jeter dans une fosse 
pleine d'insectes. Le roi, perdant la raison et le sentiment, se mit a dechirer 
ses vetements et a mordre son corps. Sa femme lui conseilla alors de faire 
sortir le saint de la fosse. II le fit sortir et lui demanda de prier sur lui. Apres la 
priere de Gregoire, il fut gueri de sa maladie et recut le bapteme avec toute 
sa maison. Depuis lors, on comrnenca a mentionner ce roi a Teglise dans le 
livre des vivants. 

La reputation de Gregoire parvint a la connaissance des Grecs. Et, sur 
la demande du roi Wasa (?), Leonce (Laritus) de Gesaree (Qeisavyah), Tun des 
318, le sacra eveque pour les Armeniens. Wasa(?)le roi et Gregoire reussirent 
a conquerir a la foi chretienne toute TArmenie. lis edifierent des eglises et 

1. Tiridate. S. 



[1G11 XEYlil. — LES PERES ET LES DOCTEURS. 273 

.j^jVl ^ AS " <jfy, Jy°,^r?~3 ctXLJ! <j* ? 3 . ctLUI a»L»a> 

.^jjjji ^s- oj j.X-^> ^J--^ (^-^J ^3 . ^L^Vl ^j- 0 . ^-^3 

. J^Jl ^-^J l^tXa As>cO (Ju9 Al^aia) _J (Jw*^»e> 

jL«3 !)L>-j A*L« (J ^aJI a>1^ (J • w r^" aIj-U <-W 

CJLs- ^yaAi^JI L'AiwJ h>~yJL* ^U-Jl ^1 j J . oj^jJlJI aJ Zj>Jy£ ^3^ (3 4 ** wJ ^ (J ^r^ 9 

^JV^JIj . ^jis^ As ^ jVl_3 .AjJo Cijij A^Cj^yUI ^l^-lj .fcAp^ ij u ir > 

^ Ji. — 3. Vita ascetica i^o». 



detruisirent les temples cles idoles. Lorsqne Tarmee de Sapor marcha contre 
Wasa(?), celui-ei la tailla on pieces, grace aux prieres de Gregoire. 

Les Armeniens refuserent, au coneile do Chalcedoine, de prononcer ana- 
theme contre Severe (Sawarra) ct sa secte. Apres la mort de Gregoire on 
faussa la croyance des Armeniens ainsi que leur foi. Le jeudi de Paques, 
ils offraient un agneau; mais, a l'instar des Juifs, ils lui donnaient du sel a 
manger avant de le tuer. 

Gregoire ' qui composa un livre sur la maniere de dinger la vie mona- 
cale etait de la Susiane (Al-Ahwaz), originaire de la ville de Nastir. II raconte 
dans son livre qu'im moine vit en songe un homme qui s'approcha de lui et 
lui remit un anneau : « Prends, lui dit-il, cet anneau; tu seras maitre de ta 
plume et tu ecriras ee qui te plaira. » Apres avoir reflechi sur eette vision, 
il lui vint a l'idee d'eerire un livre sur la direction [de la vie religieuse]. II vit 
le eiel ouvert. Notre-Seigneur et Sauveur etait assis sur le siege de sa 
gloire, et les troupes angeliques se tenaient debout devant lui. La terre s'a- 
gitait; les morts ressuscitaient. Puis il se reveilla et alia a Nisibe on il tomba 
malade trois mois durant; il fut sur le point de mourir. II vit alors deux 
anges, habilles en moines, qui s'approchcrent de lui et le guerirent. Gette 
vision ressemble a celle d'Origene. Puis il alia de Nisibe a Edesse. II acquit 

1. Gf. Bedjan, Hist. fund, mon^ p. 445 n° 12, S. 



274 IIISTOIIIK NKSTORIENXK. [102] 

^ 4-U-i3 ^ jy* ^ 0^5 'OT*^ (J^ f^lj -tu^ J^-*^ 

ti^V .1^ p^^, -irr*i. ^ <3 L5 ^>- oJl'^Jl c« pjjj, ^jLlJI 

<Uc Ij^^X'ii . IjILlUI ^ lyjCi p! Ijt jL*Jl J *Ij^YI ^y^J • 4 ^^ 1 w r**^ 

CvJ J fc^L^eS .1(^3 ^ Cl-^iiaS . jUI LX=> p^c J J ^-^J •^Y £ ' . Ajt*s>^ ^ 4-J jlfL« 

.JjVI ^\j>y>- J aTjU* ^1 ^Ipj p^r p . jL^JIj ^jj* ( j**»-ls .^}^ 

^iJI LJJI . Jit^ J3VI .*T>=-I IDt aJU^j T^J iL&^Jl jlo J Cb£ J^xj 

1. Monasterium jpoa*. — 2. ? s^^. — 3. J^x. — 4, (tV» : ^ : t : jJUr^! : ^JLL)? 

une science profonde a l'ecole de cette derniere ville et se rendit aupres des 
+ a p. 10 saints qui habitatent le mont Izla (Al-hl), * II s'appliqua a les servir, puis 
il entra en religion. II alia ensuite dans un monastere de File de Chypre. 
Comme il ne savait pas bien le grcc, les moines le nommerent jardinier. II 
resta ainsi pendant deux ans. Mais il profitait de ses loisirs pour apprendre le 
grec aupres des anciens. Peu de temps apres, il etait arrive a le savoir bien et 
a le parler correctement. Les moines apprecierent son merite. Dans le dessein 
de le calomnier, des ennemis mirent dans le jardin un feu qu'on ne pouvait 
plus eteindre. Le saint s'eloigna d'eux, pria, fit le signe de la croix sur le 
feu qui s'eteignit a l'instant. Les moines le nommerent alors superieur de 
la eommunaute. II gouverna avec sucees le monastere et les moines. Puis il 
les quitta et regagna sa caverne de Tile 1 dlzla. Moi'se, chef des clercs % lui 
ecrivit une lettre dans laquelle il le blamait de s'etre rendu au pays des 
Grecs. Gregoire lui repondit qu'il y etait alle sur Tordre de Dieu; il lui 
racontait comment l'archeveque Epiphane (Lorqedis) :i eut connaissance de 
son histoire et qu'il attendait l'arrivee de ce dernier. Gregoire composa un 
grand livre sur Tetat religieux, clivise en trois parties dont la premiere con- 
tient des sermons, la seconde sa vision et la troisieme ses lettres. Quelque 
temps apres, il mourut et fut enseveli dans la caverne de Mar Eugene 

1. Au lieu de lire J-^i « la montagne ». S. — 2. Moi'se avait ete son maitre 

a Edesse; Bedjan, loc. cit. N. — 3. Cf. Bill, orient., I, p. 170. I). 



[1G3] XLIX. — HISTOIIIR DE FLAVIEN. 275 

A,.iJlJ>> <La. Jill jjjw" ^jL^lJl <uU ^^jUJ ^-b -^-*JJ ^j-*-*^ jl^ 

.^JpLu (J <JjL V jL=> j^^^" ^y^b <L^X^\ p^s_3 <i« '{jy* ^ 

. yy* J\ v^Lst^i cJL& ic-to->- ■LsjliLJ •C^liajl -U^sj .<^J^ ^>u /^o ^JLlwij 

(JollSl ^>\j*s)$ -ViLcJI ^j^oojl LJ^I ctilfiij . J-^>Ji (J ■Cji^w c/J^J"^^ |* J lr^^ 

. <uXms ^ (.iiXJI n^jbj K>^sJi3 'ijy^ Jy> (j-* ^£-1^ y^-^Jl • t- r* fj^ tt^^ 4 
1. ^l^Lwl ex w^jiti jacuit. 



[Augin). Nous parlerons des autres saints aux endroits qui leur sont reserves 
dans ce recueil. 

XLIX. — IIistoire de Flavien [Flavianoas) 

ET I»E SON DISCIPLE DlC)lK)RE (DiodoiUVUS) . 

Ce saint etait grec. Lorsque Julien (Lelianons) defendit aux chretiens 
l'etude de la philosophic, il lui desobeit et se sacrifia lui-meme (pour la 
science). Diodore etait d'abord disciple du savant et vertucux Silvain (Sel- 
ouanous), evequc de Tarse. II etudia a fond aupres de celui-ci la philoso- 
phic et en acquit une connaissance si profonde que personne ne pouvait le 
vaincre dans les controverses. Apres la mort de Silvain, Diodore resta au- 
pres de Flavien, se fit religieux, marcha sur les traces de son nouveau 
maitre, vecut avec lui et s'inspira de sa science. II se rendit a Antioche 
pour y combattre quelques ariens, entra en discussion avec eux et devoila 
la perversite de leur doctrine. II montra Terreur d'Eunemius, rebelle a la 
verite, qui niait Tame au Verbe incarne de Marie, pretendant que Dieu n'avait 
pas besoin d'une ame. Gette opinion perverse decoulait de la doctrine d'A- 
rius. Mais Diodore devoila 1'erreur de cet he>esiarque que le roi chassa avec 
son maitre. 



270 II1ST01IIK NKSTORIKNNK. 1GV 

-Ldr ^JpLc-I jl£ Li J^*-^ 1 jyL*^o oo*^ •c/'-M (j^-^j^ Jj-^ 

pi-klj ^1 £^3 sJLJl c^Ulj jjl ^Ji^ d\ .oyO^ ^ 2 £jJtio *UjVl 
>„g ..'.^ Cli^ ^>=j *-^33 . oyoOl ^"^-^ cf 3 -^ -j^ 6 *^ ^-^3 <j~*~^ 

^JLoJlj ^-Ic 0^3 aJLJUJI ^3 Co . a*L« Jy> ^233 jl^p l^i 

4** ^ lT^I? <-^*i cOi.^ w**"^ <-W ^3 -C- jj— *i»3 

JLiU . -c^siU 

1, 0^ recitavit officium Iiturgicum. — 2. Spoliatus est— a>M ex 



Un jour qu'il etait en Perse, Diodore entendit chanter 1'ofTice a deux 
choeurs comme 1'avait prescrit Ignace, disciple de Jean FEvangeliste ; il se 
souvint alors qu'il avait entendu naguere les anges chanter de la sorte. 

Diodore fut sacre eveque de Tarse. 11 composa trois livres contre le mani- 
cheisme, trois livres contre l'arianisme, et un livre contre Macedonius pour 
prouver que le Saint-Esprit est consubstantiel au Pere et au Fils. Le meilleur de 
ses ouvrages est la refutation d'Apollinaire. II composa sept livres dans lesquels 
il refute Photin (Phoutinous), Marcelle (Maqellous) et Paul de Samosate, et 
prouve la divinite de Notre-Seigneur contre ces heresiarques qui pretendaient 
* a p. 11 * qu'il etait depourvu, comme tous les autres justes, de la divinite; il prouve 
aussi que le Christ est un Dieu incarne qui soufTrit sur la croix dans son hu- 
manite, et que par sa divinite il ressuscita du sepulcre, ouvrit les tombeaux 
et rendit la vie aux morts, il fit obscurcir le soleil et fendit les rochers. 11 
composa pres de 80 livres dans lesquels il devoile la perversite des innova- 
teurs, et refute la doctrine des faussaires. Cinquante-cinq annees le s^paraient 
des 318 et des 150 Peres. 

Comme les ariens etaient fort soutenus et fortifies, sous Valens, par la fa- 
veur imperiale, ils infligerent a ces deux Peres beaucoup de peines et les 
obligerent a se cacher devant eux. Mais, comme le roi allait un jour a la 
chasse, Diodore voulut se presenter a lui. II se init a se dandiner en marchant 
devant le roi. Celui-ci desapprouva cette attitude et dit a Diodore : « Quelle 



[165] XLIX. — IIISTOIRE DE FLAVIEN. 277 

^ fjrrj** -^1 J Ji.j 2 " cU-l^ls £oU*JI J JJ£> TjlsCl 1 j\ 

j JJLUI ^^Jlj LjA*^l ^jdl <j>^jl jt c^iils 11 dUi^j .<cikJ ^ j^- 

U£ jl^j .^L£l| j5C ^OlwVI ^Lu-SJI ^Ljl jj-^JIj 

a— I j <-i*?"J J^-iJl> • < *~^ (J^3 Aj^o ^tcjI-Lo ^y* y j\ <*j\s**z>\ 

^.la SI <CU w-UJI aL^-Is isl^l <u|c ^yJi jVl <j^» 4 ^ - r*' ^ ^fJ* 

. A^>Jo , JLLiT V ylj . j ^ sS>z) 

^ . . . L>-jj ^» jXJI <3 ^aUI <J^U)1 j _^a|^J1 jj_?t-«l ^w^-UL* £^>- 

>, z-k — A — o,_^^^>- is jl^i?3 A-«-Lt is J\jr^3 (3*^3 Aj>^ ^ic- Ij-^ 

i. 3 \? U> ^t. - 2. J-^l J j*L> U. 



est cette maniere de marcher? » Ce dernier repondit : « Des vierges bien gar- 
dees etaient dans le fond de leurs appartements. Le feu prit a la maison de 
Dieu. Alors elles sortirent de leurs chambres pour l'eteindre. Ainsi moi, j'e- 
tais cache. Mais le feu d'Arius, allume par Tempereur Valens, a pris a l'E- 
glise du Seigneur. Alors moi je suis sorti pour l'eteindre, avec ceux qui 
pouvaient m'aider. » Le roi s'irrita de ces paroles. 

Lorsque Valens expulsa de son siege Eusebe de Samosate 1 , celui-ci ha- 
bita le desert. Mais chaque fois qu'il apprenait que les Ariens detruisaient 
les autels de ses cglises et massacraient ses pretres, il se deguisait alors 
en soldat, se couvrait d'une coill'ure (Qalansawa) et allait de-ci de-la pour 
consacrer des pretres et des diacres selon les besoins de ses ouailles. 
Quelques ariens le reconnurent. On insinua a une fcmme, an coeur inacces- 
sible a la pitie, la pensee de lancer du haut d'une terrasse, cc qu'elle fit, 
une grosse pierre sur la tete de l'Eveque. Celui-ci en mourut. II defendit de 
le venger. 

Lorsque Theodose reunit le savant et vertueux moinc Isaac (Ishaq), .lean 
Eveque... 2 , Timothee d'Alexandrie, Gregoire de Nysse, Gregoire de Nazianzc, 
Diodorc de Tarse et Philologue de Jjaodiccc pour confirmer et consolider le 

1. Voir l hisloire de cet eveque dans Bkd.ian, Acta martyr fun , t. VI, Paris, L89C>, 
p. 335-377. S. — Cf. Theodoret, V, 4. N. — 2. Le texte presente une lacune. D. 



278 mSTOIRK NKSTOHIENXK. m 

v^g, go* iS i^ x^-os- Jli»j 4~~I=^J ^ V jL?J .A» ^liL" 

<,Uii* d) j! ^il A*> *Sy* -U> <cJo ft ^JJI jj-j j 3.^0 ^> ^jJJlJI ^iJI 
1, aii. 



symbole do la foi, ceux-ei rendirent temoignage a 1'ortliodoxie dc Diodoro, a 
la verite do sa doctrine, a l'ampleur de sa science et a la purete de son 
corps. Thcodose lui porta une grande affection ct le retint aupres de lui a 
Constantinople. Diodore vecut longtemps au point que son corps devint tres 
maigre et sa peau tres mince so colla a ses os. II monrut, et Chrysostomc, 
pour celebrer le jour de sa mort, composa trois oraisons funebres. Mais 
Cyrille, horn me importun, controdit Mar Nestorius et denigra Diodore. Theo- 
doret (Tiadouritous) lui ecrivit a ce propos : « Homme de malheur, importun, 
tu as trop afllige Mar Diodore que tu as denigre apres sa mort. Et pourtant 
a p. 12 tu connaissais bien son merite, sa science et son savoir; * tu connaissais aussi 
les epreuves que ses ennemis lui avaient infligees; tu n'ignorais pas non plus 
qu'il a depasse, par sa soufl'rance, Jean-Baptiste auquol le compare Joan Chry- 
sostomc. C'est qif en effet il a deroute les inuovateurs Valens et Manes Tim- 
pie, Arius Timposteur et tous ceux qui se sont detournes de la verite. Cyrille, 
si tu as invective Diodore c'est parce qu'il est mort et qu'il se repose dans 
sa tombe, et puis parce que tu as contrarie saint Nestorius qui a suivi ses 
traces. Mais Diodore n'a point devie du droit chomin; il n'a jamais eu peur 
de chatiments ct nc s'est pas dcrobe aux fleches du mensonge. » 



[167] 



L. — IIISTOIRK DES MOINES 1IERETIQUES. 



279 



j^JUaJl j^Jlj £>LJ1 ^j^5 .j^Jslioj ^£ 

JliuYl J^s-Jl fc^Jfcp iLlji ^L?j ^yU? ^ jj-^**!. dJlij J j^^uJl 

^3 Jt*lJI o* ^ <^ cVi- ^ £^>* J' cUjllJ 

J! Ul J3VI ^ dUr jl ^L~3 .^1 Jl aA, Ui J£i ^3 JlEVL uUJI 

L. HlSTOlHE DES MOINES IT E It ETIQ UE S , SlMEON (Si)H Ollil), HeRMAS (HermCS), 

Dadoes (Dado) et Eusebe (Eusabius) conts t u sous le nom d'Eustaciie 

(Eutakhij) { , 

En cc temps-la parut ce groupe de moines dans quelques monasteres, 
pres d'Edesse. lis feignaient de marcher sur les voiestracces par Antoine (An- 
tounis) et Macaire (Maqdris), mais la realite etait tout opposec. lis preten- 
daient etre arrives a un degre si eleve de spiritualite que le Saint-Esprit leur 
apparaissait et s'entretenait avec eux. lis nc cessaient de prier et de veiller; 
on leur donna le nom de Mesalliens 2 . lis croyaient, en effet, que, apres douze 
ans de priere ct de jeune, si Ton disait a une montagne de se transporter a 
un autre endroit, elle se transporterait infailliblement. Et quiconque, apres 
ces douze ans de devotion, viendrait a dire a une montagne de se transpor- 
ter sans que cclle-ci lui obeisse, ce serait le signc que son ideal (de perfec- 
tion) n'est pas attaint; il lui faudrait alors recommencer toujours ce memo 
exercice jusqu'a ce qu'il arrive a scs fins. 

Mar Theodoret (Tadurous) dit dans son livre sur la vie religieuse f[ue le 
chef de la secte Mesallienne s'appolail Eusebe (Eusabius) ; que ce dernier disait 
a ses adeptes : « Quiconque u'accomplirail de tons les eommandenienls, que 

1. Gf. Theodore bar Koni, apud II. Pogxon, Inscriptions mandaites des coupes de 
Khouabir, Paris, 1899, p. 203-204. S. — Theodoret [Hist., IV, 11) cite AaSoV, 'Kp.ua?, 
^uuEtov/];,.. et Photius [BibL, cod. 52) cite Eustache que nous identilions, peut-etre a tort, 
avec Eulakhy. N. — 2. G'est-a-dire « priauts ». C'est une secte (pii infesla l'Orient du 
iv e au xn e siecle, Laiiourt, op. cit. } p. 213, note 2. D. 



280 HISTOIUE XESTORIENNE. [108 

t/jJi^t-y ^.^j^ ^U^Vl I a* p£ aJj ^ ^ ^ ^> jAi~ ^£J1 

t/-^* £3-0 Crib ^ «~ <; b -^b ^ <L**I>- I^Ujj) 

.YU C^J jl£ jlj .CfJUjjj GlJ ^ 4!l jV .YU- j£ ^-^1 ju^ jb 
i^l J V ^Alil ^ ^>L-Y1 jl -uluj <&L»- S>LaJl ji^j 



celui cle la priere, recevrait de nouveau 1'Esprit-Saint, comme il l'avait recu 
au bapteme, et n'eprouverait plus les passions de cette terre. Les partisans 
de cette secte se recrutaient parmi une foule de gens nus et errants 1 . Gette 

doctrine fut combattue et refutee par 2 et Diodore. Elle provient, dit- 

on, de Beit-Garmai*. On raconte qu'Eusebe-Eustache avait cinq disciples. 
II croyait qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, dit Pore, Fils et Esprit-Saint ; 
que le corps du Christ etait un fantome puisqu'il a ete cree par Dieu subtil 
et spirituel; que le crucifiement du Christ n'etait qu'apparent. II defendait la 
priere commune. II croyait que les songes provenaient du Saint-Esprit ; qu'il 
n'y avait aucun profit a recevoir l'Eucharistie ; que le Saint-Esprit ctablis- 
sait sa demeure chez ceux qui accomplissaicnt sa parole. II ne defendait ce- 
a p. 13 pendant pas * le peche de la chair. II enseignait qu'il n'y avait plus de faute 
ni de peche apres l'avenement du Christ et que 1'epilepsie avait pour cause 
TEsprit-Saint. 

LI. — Histoihe de Basile (Basilius). 

A la mort de Leonce (La wantis). Tun des 318, Basile fut elu eveque de 
Cesaree. Valens remprisonna pour avoir combattu l'arianisme. Mais le fils 

1. Us se recrutaient surtout parmi les religieux, Labouht, op. cit., p. 213. J). — 2. Ne 
serait-ce pas Epiphane? S. 



[169] LI. — HISTOIRE DE BAS1LE, 281 

c)Uj .*s\j*\ iiuUjj cJLLLli cl J^U .^L-jjjVl CojLU <ilUI ^-^3 <u~^i .^jl^ 

^j* <dl)S (^y^ <j> iS^" ^ ^rz***-*^ cri."^^ ^"Vj -*^3 <j-« oUi 

(j^„v j*Lr?" S*^>\ • c r*.T*^*^ oUa'stUj J->^J3 . o^JI (j .ibLaJlj 

Ia_& j jl ^^>e_*JI p.*- . Sjl j jJI tjjfcl ^-Aj ^ ^J^jaijj' 

jlf>5 . 2 cr >AlJI 4jbC jUs <urr ULr ^Lj J *r .L^j SJsJ} CJLr ^LLkL^II 

1. ^^Ikj. — 2. ^Xjl . — 3. (Sebaste) IL^i. 



de l'empereur tomba malade. L'imperatrice Rouminiqua rendit la liberte a 
l'Eveque et le pria, avec son mari, de guerir Tenfant. Le saint leur dit : « II 
recouvrera la sante des qu'il sera baptise par les ortliodoxes. » L'Empereur 
n'y consentit pas. Et, aussit6t baptise par les ariens, l'enfant mourut. 

Basile nous laissa, entre autres ouvrages, un livre sur YHexameron, une 
explication de quelques psaumes remarquables du prophete David, plusieurs 
traites sur le jeune et la priere, un ecrit sur la regie cle la vie monastique, 
des lettres et des polemiques avec Eunomius. 

Lorsque Gregoire fut transfere, au temps de Theodose, du siege patriar- 
cal de Constantinople, Maxime lui succeda. Ge dernier, d'abord orthodoxe, 
ne tarda pas a pervertir sa foi. Au concile des 150, les Peres eurent connais- 
sance de sa situation, le deposerent et lui donnerent pour successeur Nec- 
taire (Touphetrous), preteur de la ville. On decreta dans ce concile que le pa- 
triarche de Constantinople tiendrait la seconde place aprcs celui de Rome. 
(Gregoire cle Nazianze) mourut au temps do Theodose et eut pour successeur 
Eulalius. 

Les deux freres de Basile, Gregoire de Nysse et Pierre de Sebaste, mar- 
cherent sur ses traces et assisterent au concile des 150. 



PATR. OR. — T. V. 



19 



282 



1I1ST01RR NESTOR] KNNK 



[170] 



X:..k:k all dj^ ^'yJL t-iil^JI cr 

CiiL-VI isAc- .OjApe* ^AaII £jj jl JlS> jl £A»I Jl^ll l-i* 

I ^Jb^l ^ 0 U Uii .o>^ ^ cJI jl a^V Ll^ pAs ciuj 

.<UJI <wJ La'-o^l ^.-.....qJI (J-^jj-^Lt *zJ&£ (j-Aoll £\JJ jl fc-L^Lwl £iaid| 
A p. 14 dllAj ^t^aij ^J^i 5S^l_5 .^Lidl^ ^y-jj-JI O J ^^U-J LaC fcAo^j AC ^^ks-lj 

l^j_5 II ^1 ! 4JL^J| lj^?jj <j~^3-^^ ^y.y^3 <^U>JI ^>^>-'ii 

A*j j .a^U- (j*-****-' y>M ^j"^ ^-o^Jlj ^LjU^Jjjl A*> ciiJiij *" Ij j-^U I A>a Li^.?^ I^JJJ 

1. Responsorium ic^jo*. — 2. jic^*> (-»iao» i~o}© i^o jj>/. 



LIE — Histoire de l'heretique Macedonius, patriarche 
de Constantinople. 

Get heresiarque enseignait que le Saint-Esprit a cte cree. Plusieurs eve- 
ques se reunirent a son sujet et lui firent des remontrances. Aucun cTeux ne 
pouvait lui faire changer d'opinion, ni le reduire au silence. Enfm, perdant 
patience, ils chercherent a s'associer, dans les debats, Saint Theodore 1'inter- 
prete, disciple de Diodore. Ils l'amenerent avee eux [aux debats]. Quand 
Macedonius entendit son argumentation, il eut peur que Theodore ne mit a 
nu sa perversite et qu'il ne detruisit sa doetrine. 11 rcfusa d'entrer en dis- 
cussion avec eux, disant : « Je suis patriarche, et je ne discute pas avec un 
pretre. » Les Peres, au nombre de 150, se rendirent alors a TEglise et con- 
fererent, la nuit meme, a Theodore l'episcopat. A l'imposition des mains, ils 
disaient dans Foraison recitec sur lui : « Le Saint-Esprit a rendu parfait Theo- 
dore le pretre en le consacrant eveque pour l'Eglise de Dieu. » Le lendemain 
a p. 14 ils le firent venir, *la crosse a la main, et la tetc couverte d'un voile et d'une 
mitre. II entra en discussion avec iMacedonius, le confondit, et devoila son 
crreur et sa perversite. *L'asscmblee se reunit, frappa celui-ci d'anatheme et 
Texpulsa. Puis on redigea Thymne : « Pere, Fils et Esprit-Saint, ayant un 
seul et meme royaumeV » Et cela eut lieu soixante-dix ans environ apres 

1. On la recite dans Toffice de la Pentecote et aux vepres du second dimanche de la se- 
maine des Apotres. S. 



[171] LII. — IIISTOIRE DE L'HERETIQUE JMACEDONIUS. 283 

^y* ^-UJI ^j>j j\ S f^v <-^b ■ <j c Uj ^^«JI 

pJlsl <H* v-3 ^ JLas -^."^Is '-'Vl ^y-^l £\5J d^ol *r^ sa H. *J? o a-..* LJi 

bAA JU3 5s A Ja*^ .f^UI dUi llUs . vjVI £jj^3 

^j-A&Jl £\}J t£^\ ^>l50l ^ p^ctw-l Ij-U* Jj^all * ^yijU^ JjJlJI x*** LJi 

1. *i)Ur*. 



le concile des 318, et. cent ans apres Ie concile d'Ephese. II avait auparavant 
enseigne que le Saint-Esprit n'etait pas consubstantiel au Pere et an Fils, 
mais temporel. II ecrivit a Antioche pour qu'on ne fasse pas mention du 
Saint-Esprit comme ayant la meme substance que le Pere et Ie Fils. Les 
Antiochiens n'avaient pas d'Eveque. lis choisirent Meletius (Milafous), homme 
pur, juste et orthodoxe. Gonsacre eveque, il se mit a precher et a mention- 
ner le Saint-Esprit avec le Pere et le Fils ' : « Nous reconnaissons et nous 
confessons, disait-il, trois hypostases qu'il faut adorer d'une meme adoration, 
puisqu'elles ont la meme substance. Quand nous adorons le Pere, nous ado- 
rons avec lui, le Fils et l'Esprit. » L'auditoire ne le comprit pas. Alors il 
etendit sa main et dit : « Voici ma main; elle a une seule et meme essence, 
mais elle a plusieurs noms. » Puis il etendit trois de ses doigts et dit : « Ges 
doigts ont-ils trois substances ou bien une seule? » On lui repond : « Une 
seule substance, mais ils sont au nombre de trois. » Puis il plia deux de ses 
doigts, en laissa un seul etendu et ajouta : « L'essencc de ce doigt etendu 
est-elle differente de celle de ces deux que je vicns de replicr? » — « Non, » 
repondit-on. Ensuite il plia le doigt etendu et etendit les deux qu'il avait 
plies et dit : « Ges deux qui etaient plies differcnt-ils d'essencc de celui qui 
etait etendu? — « Pas le moins du monde. » — II en est de meme de Tes- 
sence des trois hypostases : une seule essence en trois personnes. » Des que 

1. II prononga ce discours en 361 et prouva la divinite du Fils que les ariens niaient; 
cf. Theodoret, Hist., II, 31. S. 



284 HIST01RK NESTORIENNE. [172] 

CilJ {j* Isji .<Sz Ciilj jl^ ^-iJl ^ l|^a>) . ^ XiJl ^it 

j ^iJLitJI ^VjUj . ^JUL* JjJl* ^l^C l^jlS-lj ^fJ^ ^^^0 

j jy^3 .wloJij £-L-01 J jj-fiJ^ jl J y»£>u} *J-L^ ^1 A^ju ^JJI Jj — *X 

Jwww V A~=-d! jjLj ^r^*' gJ-W <^ <y> ^-^3 (j-*^ j jJyb _5 Ajj-Ujw ^aJI 
*JQ> dLUI jl£ jJj cr ^-»" ^-»i>j***JI jY SI ^1 

A p. 15 <j^**l J^J .^wJalL^JL)! ^-JjaJJU ^Jliuo Jyi* J I Jgl eJLJL-1 ^*>Ljl 

js^k£j 3! j^oU-j^jl *IYI Y JI33 .c^ ^ksU J*jL ^1 jl ojlkJI 

. £^1Y1 wl^CU ^jLJI -sir (j-i,-^ ^ 

J lolJU-j .j^-apsT j! ^ ,^1^1 *>U? 0 11 J j^-*Jl *UJ1 J pJLll 1-AJb JUL* 



les ennemis de la verite entendirent ce discours, ils se boucherent les oreilles 
pour ne pas entendre la parole que le Saint-Esprit venait de prononcer par la 
Louche du Saint. Puis ils le firent descendre de la chaire ou il se tenait de- 
bout, Texpulserent de son eveche et le deposerent du sacerdoce. lis elirent, a 
sa place, un autre eveque, partisan de leur doctrine. Ces heretiques plon- 
geaient dans Teau, la tete en bas, jusqu'a la poitrine, celui qui se presentait 
an bapteme, sous pretexte que Tame a son siege dans le cerveau et le cceur et 
que, seule, ellc a besoin de purification. Les autres parties du corps, surtout 
les membres genitaux de l'homme et de la femme, ne dcvaient pas etre bap- 
tises : ils souillent le bapteme. 

L'empereur avait demande a Euscbe, eveque de Samosate, de professer 
A p. 15 la nieme doctrine que Macedonius, patriarche * de Constantinople, et dit a 
un patricien : « S'il n'obeit pas, fais-lui couper la main droite. j> Mais l'E- 
veque dit : « Jamais je ne briserai le sceau de la doctrine qui m'a etc confie 
par les Peres spirituels a moins qu'ils ne le brisent cux-memes; et cela quand 
bien meme on me hacherait tous les membres. » Quand TEmpereur connut 
cette reponse, il fut au comble tie F admiration, et ordonna de ne pas le 
faire comparaitre devant lui. 

LIII. — IIiSTOiRE de Mar Theodore, l'interprete des livres diyiks. 

Qui pourra enumerer les vertus de cet homme si remarquable par son 
esprit penetrant et l'incomparable merite qu'il a su conquerir parmi ses 



[173] LI1I. — I1IST0IRE DE MAR THEODORE 285 

4J ^jbj ^JU! aJDI ^L*r ^o^l £JLU% <L^*JI ^i^UI oJV -tiyxy jl 3y *L^sdt 
.&j^JIj £L^*JI s r ^50l J^j^l ^r^b ci W 

.y-wj ^^U VI juj'I^ jV <Mj .<0 p-^J^-JT J^V <^>l Sas^o 

V S-A^ &-Us>3 <_£-iJl w>lo cUii . fc^^s^ <U&-i^ |yr>LZw jl Ij^l pfV ^l^lj 

Lii #Lr >*L*-JI ^1 ^^-i-lj u-Z-^3l jljizlwl (J" 4 ^ v/?^. 

^3 ' CL> ^ii LI ^Aita JlJ^*s . J^-jJI «0 l^-ol ^r*-^ 4*Lk_9 jU^JI t^iy^ 
1 ^b^U ^J^l 



contemporains? Qui pourra decrire, comme il convient, sa sagesse et la jus- 
tcsse de son jugement? Cet homme admirable etsans rival est, par excellence, 
le modele de la perfection. Gloire a Dieu, qui a donne a cet homme un genie 
inconnu avant lui dans Fargiimentation apologetique et l'invention exegetique 
pour tous Ies livrcs de l'Ancien et du Nouveau Testament. 

Theodore, originaire d'Antioche, etait issu d'une famille aisee et fort riche. 

Jeune encore, il s'adonna, quinze ans durant, a l'etude de la philoso- 
phic et des sciences, et a l'examen des faits extraordinaires racontes dans les 
livres, pour en donner une explication. Lc Saint-Esprit Ie soutint, se rendit 
maitre de ses forces et disposa son ame aux etudes d'exegese. Theodore cut 
pour TEsprit-Saint un amour trcs vif, semblable a celui d'un amoureux. II de- 
vint disciple de Basilc le Grand et desira vivrc de la vie cenobitiquc; mais les 
moines refusaient, pour les raisons suivantes, de Tadmettre dans leur commu- 
naute : 1° Theodore etait encore trop jeune; 2° ils craignaicnt de s'attirer la 
colere de son pere; 3° ils avaient l'habitude de ne pas depasser un certain noni- 
bre determine de sujets; 4° ils voulaient eprouver sa sincerite et sa patience. 
Mais lui, il demeura une annee entiere a la porte du rnonastere, sans manifes- 
ter aucune lassitude, louant sans cessc Dieu, recitant les paroles des Eeri- 
tures qu'il expliquait. Les moines, reconnaissant alors son meritc et sa pa- 
tience, lui permirent d'entrer au convent. 11 y rcsta vingt et un ans a servir les 
deux savants et vertueux Peres Flavien (Flouina) et Mar Diodore (Diodourus), 



286 msTomn: nestoriknne. [i7q 

^1 p_j_«-^L \ ^JUi .^ujJI s-Lft 1^ 1**1 a^cs*i ^'ii V_5 JL> ^ 

. 1 3 jl£ <CV Aj« ^U^s-Yl glials ,<V>i*^aiJl l^lil_5 ^£>\ 



et acquit la science. Inspires par l'Esprit-Saint que Theodore etait un incompa- 
rable exegete, ces deux Peres lui demanderent alors de commenter les saints 
Livres. 11 composa un commentaire juste et bien raisonne. 

Les eveques, ses voisins et d'autres de fort loin, eprouvaient un vif desir 
d'entendre sa parole et de tirer profit de sa science. Quiconque l'approchait 
s'eloignait de lui avec regret. 

Lorsque Macedonius, patriarche de Constantinople, faussa la vraie doc- 
+ a p. 16 trine, * pretendant que le Saint-Esprit etait cree, qu'il n'avait pas la meme 
essence que le Pere et le Fils, il demanda aux Peres de lui montrer dans les 
saints Livres le textequi atteste que l'Esprit-Saint est eternel et consubstantiel 
au Pere. Et, s'ils ne le trouvaient pas, ils seraient dans la necessite d'admettre 
et professer sa doctrine. Personne ne pouvait combler cette lacune, ni fournir 
une preuve evidente qui put soulager leur ame angoissee. Tous s'adresserent 
a Theodore et le prierent de dissiper les tenebres repandues sur l'Eglise de 
Dieu, de les soulager et de faire briller la verite aux yeux de 1'assemblee. 
Macedonius et ses partisans s'en apercurent. Ils se decouragerent, car ils 
s'attendaient a eprouver une grande confusion; ils refuserent d'entrer en dis- 
cussion avec Theodore sous pretexte qu'il etait simple pretre. D'un commun 
accord, les Peres le sacrerent eveque dans l'Eglise du Christ. 

Puis le saint se rendit a une ville ou se trouvait une idole, du nom de 



175] LIU. — HISTOIRE DE MAR THEODORE. 287 

4^-3 ^Ac- Joz+* -Vsj ^-^5 jU^li • -i^bd! L~U? >j (^.ss .^aJl 

fcAA dj ,£>-uJI (Jjbl .jUl As^lj (j-*.-^! isXs^ls .^jJJi)! 

<J AJL^JI ^11 (J LL» j 3 4.Jai- A*wIj»m ^r^ 23 iS^tf < -^f > ^ (3 

^Jl u^-t^ £tU>- Ajtfl Ji^ls .-clsj JJ>* <ji^**Jl is ^r^' ^^-^ <3 4yfc -^ 



Mopsos. Batie sous son vocable, la ville fut appelee Mopsueste ; ses habitants 
adoraient eette idole. A son entree dans cette ville, quelques-uns saisirent le 
saint et lui dirent : « II faut que tu adores notre dieu que nous voyons ; il nous 
manifeste ses miracles et ses prodiges, alors que tu nous invites a rendre le 
culte au crucifie. » Le saint les traita avee sagesse et n'eut pas peur de leur 
tumulte. Quand ils virent que Theodore repoussait avec douceur leur de- 
mande, ils tenterent de placer Tidole dans la'partie anterieure de Tautel ; une 
construction elevee devant elle la cachait. Le saint monta a Tautel; mais il 
sentit une mauvaise odeur et vit en esprit l'image horrible de Tidole. 11 se mit 
a prier et fit, sur le mur, un signe de croix. Le mur se fendit, et Tidole 
s'inelina, la face tournee vers le saint. Gelui-ci la prit et la jeta au feu. Alors 
la plupart des habitants de la ville embrasserent sa doctrine. 

D'autres prodiges, plus eclatants encore, furent accomplis par son interme- 
diaire : un juif se rendait aupres de lui pour eeoutcr ses sermons, et desirail 
vivement recevoir le Bapteme et la foi chretienne. Empeche, une fois, d'aller 
chez le saint, ee juif fut surpris par la mort. Mais, quelques jours apres 
son inhumation, le saint eut connaissance de sa mort. II en eprouva une grande 
affliction et se reprocha d'avoir tarde a lui donner le Bapteme. Mais se confiant 
a Dieu et a Jesus-Christ, il se rendit avec quelques personnes aupres de sa 
tombe. II s'y prosterna et se mit a prier Notre-Seigneur de rcssusciter ce juif 
d'entre les morts pour le purifier * des souillures de la chair par le Bapteme * a p. i: 
du Pere du Fils et du Saint-Esprit, trois personnes dune seule et meme sub- 



288 HIST01KE NKSTORIKNNK. [170] 

J s.'X jl ^1 -^^Jl J S-v^yJI £±)l i^^'Vl ^aDI j^VIj 

km ^\ <0 Jlsj fc-U^U *UI ^AaJI ^-^-Ij •^o^- jr* £, c^JI fc^Li^ Ui 

.t~JI Jl £^?J1 jb^ls .LaiJl p)U J fUJI jl ^yij Sybdl Jl £^?J' 

jjUtldl ^jAaJI Ia& JuLJ s_JL«ai jl ( L*?l ^i! l^o ( j~J_3 ,^Ji j^>\$ <&2>$ fcAi^ As^i 

jj^j^sL" tjju Jji> j^ia^j (j»^Ull ^jii jl (jj^jy . *i>^dl A>- 

^i£3l^ <JjJ £jlk...tll £JU)1 S^Ji <UJ^ UJ .^yLaJI j^VI ^Jb-Ul Jlfl 

AouJI J^JI ^f^y JuLj ^~~£o JujUJI I-1& lAol U Ajl Ijis ^yj .aJ J 

^j^L* jl U Joo U3I .'o^-Uj J^U jl U J^ t L.1 ^-ir ^aJI ^>l50l ^Jl ^3 
jl < l_ jw _jLJ (3 ^r^f*- 85 l*Aw« ^jvl^j Ju- Jl ^/L^ IuapkT *Ul)l i y-A viJ>-l Ujm 

ji O l^T Ui . £jji A^lT <Cc ^ii'jls .^U.»7 ^ jl^ A33 VI Iaa J Is L-« ^/J^ 

^jyJaJL* Li_3jj>- I ^y&l «j CjlL . jl As-lj ^ r ...,,ir JaJi^ 

Jl UJJ .pi)l Jp ^ {y* aJJjIs U <*JI jl JUj 

^MJ^l" *LJI Ju*T) olYI OjU jIaJUI J ^ £o>UI JUJJ i»bJ! <L^UJI 



1. ^5 



tance. Puis il donna l'ordre de Fexhumer. Quand il apparut a decouvert, le 
mort se leva, et sortit de la fosse. Le saint fit apporter de 1'eau, le baptisa 
et lni dit : « Veux-tu retourner a la tombe et au repos ou bien rester sur cette 
terre de fatigues et de peines? » Le juif prefera la mort a la vie. Theodore le 
signa alors d'un signe de croix; le juif s'endormit sur sa couche. Le saint 
Tensevelit et repartit. 

Personne n'est capable de decrire, comrade il convient, les vertus extraordi- 
naires de ce saint. Cyrille, avant de combattre le vertueux Nestorius, disait : 
« Theodore ressemble a Tor pur. » Mais vaincu par le demon, ce meme Cyrille 
revint sur sa parole, com me le chien revient a son vomissement. Arrive a 
Implication du passage suivant des Epitres de saint Paul : « ne nous est-il 
pas permis de manger et de boire, ou de nous associer une sceur qui nous 
serve comme les autres apotres, les freres du Seigneur et Cephas », ce saint 
pensait, au temoignage de quelques-uns, que Paul mettait sa parole en pra- 
tique. Aussitot apres cette pensee, TEsprit-Saint le priva de sa grace. II 
ne pouvaitplus expliquer aucun mot ni en decouvrir le sens. 11 s'adonna alors 
au jeune, aux veilles et a la tristesse tout en priant Dieu de lui rendre la 
grace qu'il venait de perdre. Enfin, accable par le chagrin, il se prosterna, la 
face contre terre. Puis il se refugia aupres de la tombe de la vertueuse The- 
cle (Taufila) qui accompagnait les apotres dans les pays, faisait des miracles 



[177] LIII. — IIIST01RE DE MAR THEODORE. 289 

^1 <d j ^jC ^cjLJI 

0^-w35 vl)J^3 <j^l pi to ^5 Ja>-J . .lojl U J ^tlijl A9j C^J*^ . Ji-9 

. J^-JI j-^Jy) <2. J "^ 

jjjAS . <Jjy>Ji jl ^yl ^» . £L>' ,3 l^^is .SI j ^J| ^-~i> jl * A p. 18 

.U^^iJ L''VI ^JU jU *Lilf J * .^IaJI jl 4JL, 

tjfj^y d3Lw j ^---i;' aJU- ^j^Url . ( j A -^[ ; iVI . j^Uy ^ 



et baptisait les femmes. II se jeta sur sa tombe et lui demanda de prier le 
bienheureux Paul de pardonner sa faute commise en esprit. II s'endormit en- 
suite. II vit en songe, assis sur une chaise, pres de la tombe, 1111 venerable 
vieillard, aux cheveux blancs et d'une beaute remarquable. II vit egalc- 
ment la sainte debout a cdte de lui, le priant ardemment de delier Theodore. 
« Apres de longues prieres, dit Theodore, le vieillard s'approcha de moi, fit 
un signe de croix sur mon coeur, me remit quatorze clefs et me dit : « Avec 
« ces clefs ouvre n'importe quelle serrure. » Je me suis reveille, ajoute Theo- 
dore, et tout ce queje voulais me fut ouvert. Alors, j'ai con^u des idees que 
je n'avais jamais eues auparavant etj'ai commente les quatorze Epitres de 
Paul TApotre. » 

Theodose s'estimait heureux quand il vit Theodore expliquer toutes les 
questions obscures qu'il lui adressait et en fournir les raisons. Tl lui demanda, 
et quelques eveques avec lui, de commenter les Ecritures. Alipha 1 lui demanda 
* de commenter le Pentateuque, ce qu'il fit en trois volumes. Baba'r (?) lui de- * A I 7 - 
manda un commentaire de Samuel et Gedron, un autre de David, ce qu'il fit en 
trois volumes. Puis il expliqua les douze [prophetes], sur la demande de Mar 
Touba(?) : '; l'Ecclesiaste, sur la demande de Marphoria 4 ; les Actes des Apotres 
sur celle d'Eusie 5 ; l'Epitre de Paul aux Romains, sur la demande d' Athanase c ; 
celle aux Corinthiens, sur la demande de Theodore; la seconde aux Corin- 
thiens et celles aux Galatcs, aux Ephesiens, aux Philippiens et aux Colossiens, 

1. Alpha'us, apud Ebcdjes. (Assem., Ill, f, p. 30). S. — 2. Mamarianus, Ibid. S. — 
3. Pyrius, Ibid. S. — 4. Porpliyrius, Ibid. S. — 5. Rasilc, Ibid. S. — G. Eusebe, Ibid. S. 



290 HISTOIRK NKSTOHIKNNK. [178| 

^ ^a* .r^LJy)]} J^Liii]1_5 J^oLJVlj JjJpYUJI Jh} ^^>j^\ J\ dtlJI <iL^JI 

^jL'L**-!? ^1 cJL j ^*~JlS <0U. j ^« . o ^if£3lj JL50! ^b^ .^y^l^^lj 

I* .(J-^o'VI ■ . ^ ^b^ ^_^1^JI « -{j* l$ ^ Ij-Jif OJS^/^b 

.£jLjI ,_>b^ • s j^-*-^> '^r*^ *-**^b ^LJiidl £LYI j^ir .L>^>j Is^b 

• J <Ja^JI jl JU> ijl J jd> .^o-^l JLi ^b£ .fc-C- 

JJLj .^^jmJI ^ ^Jl J yb^ .oy^Jl J ^b£ .(J-jJDI ^ yb4 
jjt-* J ^JLi-o .^jLJjsl ^ ^J! J ^b£ .^'Lj! ^ J s->b£ .^|^>J1 
^j^L * l/J^ (3 v_^b^ .^**wJl cif-j ^L* j . JU— xj| 

^JJ y Yj .Ol ^jL VI aJL Li ^JUsJLj . Jb*YI \=>- ^ ^£31 lyb 

Cb£ Juxj . JtJbj .JUj^-j . jlj .Ifjisdl Ju« V) w^il t^r 
jjjJL <cY .^Jt^eJi ^b^ bL^-j sj ^Ul o^lj ^-u* .^J! <*J 

^jJI (Jjfcl ^Uuj ^wilJIj ^j-^^ J^*-*^!? L~*i>- Jl*Jj . fc^Js-UJI 

sur la demande de Tartalis 1 ; les deux Epitres aux Thessalonieiens sur celle de 
Jacques; les deux Epitres a Philemon et aux Hebreux sur la demande de lieu- 
datus 2 . II composa, sur la demande de ce dernier, un traite sur la perfection et 
le sacerdoce. Maurice 3 (Mauriqi) le pria de commenter PEpitre a Timothce. 
D'autres lui demanderent des commentaires varies. 11 expliqua le livre de Job, 
les Evangiles de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean. 11 nous laissa egale- 
ment une explication du symbole des 318 et de la inesse, un ouvrage sur 
Thumanite de Notre-Seigneur, un autre sur la parfaite direction, une refuta- 
tion de ceux qui pretendent que le peche est inne dans la nature, un livre sur 
PEsprit-Saint, un autre sur le sacerdoce, un autre dans lequel il refute les 
mages, des lettres appelees (f perles », une refutation d'Eumene 4 , une autre 
d'Apollinaire, un traite sur 1'avenement de Pimposteur (VAntechrist), une let- 
tre adressee a un renegat, une explication de la doctrine d'Arius, un volume 
contre ceux qui ne voient, dans la lecture des livres, que le cote parabolique. 
Enfin, il ne refusait aucune demande a personne et sa plume ne touchait aucun 
ecrit de l'Ecriture sans en donner une parfaite explication. II commenta le 
Nouveau Testament, Jeremie, Ezechiel et Daniel. 11 composa un livre dans 
lequel il refutait tout innovateur; il remplit ce livre d'excellentes choses et 
il Tappela « le livre des perles », puisqu'il ressemble a des perles prccieuses 
bien disposees en ordre. 11 s'est applique pendant cinquante-cinq ans a Tetude, 

1. Eustratius, Ibid. S. — 2. Eusebe, Ibid. S. — 3. Pierre, Ibid. S. — 4. Eunemius, 
Ibid. S. 



[179] LIV. - HIST01RE DU MAR EPIIREM. 291 

5 ...££j!>UJI ^ <jJS ^J^- Alp 4 . . , < — aii-w 1 

jl^ .-ul ^ ^'aJIjj o^r^' <-W o A pt.^ J ^ ^ ^ ^ U^l^^i j l^j ^yj\ ^ 
^-JtJI IJL* j£> Us . 6 j^ ^J>\ jL, jJIj jl^ . J-lT Jl£ foli- ^1 

p> jU o . "dc villi iaii- \^-y n d Jl£ J?!^* <-Jf*J £o»^» ^UaTl -*J cl ^1 
1. to\ — 2. ^pk^jijb'. — 3, ^jjy. — 4. J, jsU L>. — 5. ^ 



a Implication des Eeritures et a la lutte contre les heretiques. Enfin Dieu Tap- 
pela au ciel. Et on l'enterra pres de la tombe de la vertueuse Thecle. 

Ge saint eut de nombreux disciples, dont Jean, patriarche d'Antioche, 
Alexandre, eveque de Maboug, Flavien (Flauianus), patriarche de Constan- 
tinople, Mar Nestorius, egalement patriarche de Constantinople, Theodoret 
(Tiadaurus) de Cyr (Qourus), Meletius, son successeur sur le siege de Mop- 
sueste (Masisah). Quant a Mares eveque de Trabeh et Malkraus, eveque... 1 . 
On entendit les anges au moment oii ce saint rendait Eame 2 . 

LIV. — * Histoire de Mar Ephrem, dit le propiiete syrien. * a p. 10 

Selonle recit de Simeon, de Samosate, qui fut, depuis son jeune age jus- 
qu'a sa vieillesse, disciple et serviteur de Mar Ephrem, le pere de ce dernier 
etait de Nisibe (Nasibin) et sa mere d'Amid. Son pere s'appelait Michaq (?); 
il etait pretre d'une idole, du uom d'Abizal. Mais ce pere s'irrita de ce que 
son fils etait attache au service d'un certain chretien, du nom de Jean. 
II frappa Mar Ephrem et lui dit : « L'e Dieu que je sers, je le sers a cause de 

1. II y a unelacune dans le texte. D. — 2. Cf. supra, chap, xxvi, Pair. Or., IV, p. 293. 
Voir sa biographie dans Bedjan, Acta Marty runt, t. Ill, Paris, 1892, p. C21-G65, dans 
Brockelmann, Syrische Grammatik, Berlin, 1905, p. 23-43. N. 



292 IIISTOIUE NESTOUIENNE. L180] 

dJj-^' dlii^ ^AJ» jl <0Uj .diJUl <uj^I ^i)l *JVI J l'l <0 Jl3 3 

. pi-a)l ^j—* ^c-jJI pA^ jl k ,JS.H j I ^J" . ^jLdl ^J>U? >A__S ^|j .viL^I J 

b-U XL«j . ctlZs»c^?L*5 viil*-As>- Jpo 1*1 *J Jlsj aJ Cols*- J-JI ^c_-JtJl dDi jl^ 

^JYI da*c~\ ,c*U J& dJjLJI AlyJ jJI ^~JI Jt£ 

6 . If. 

IjJolj .Ow is^tc jLw* ^r^j . isyblkil £i_^JI JJ»j -UIpIj 1 £j| ^*JI ^Jl ij^tj 

A> ^ . l*JI Jl JULol ^ . X«l Jl dJllA ^j^ 2 -*^ .<-i-> J^ .villi* 

a^j^w Jl£jh" ^x>- <J ^cjLlJI jj.fi* ^-^1 Jl (j^l aJ Jl£i . jl**JI 

.ilj^-Vlj -AiOl ^> ^> w-jtl j J>jj JU^ij .4iJ|^L 

1_LJS (j— * V i_-il)l j^&l jl£ jl-« jl jv^l l^ 5 ^-? 

1. L*w^|. 



toi, je lui demande pardon de tes fautes, je le prie de faire grandir ton me rite 
et d'etendre au loin ton nom, alors que toi, tu as suivi l'erreur des Chre- 
tiens. » Puis le demon parla a ce vieillard, son serviteur, de Linterieur de l'idole 
et lui dit : « Je vois que tu me sers avee devouement; depuis longtemps tu 
m'adresses des prieres pour ton fils; mais je n'ai pas de chances de le posseder; 
il est mon ennemi et celui des autres dieux, mes semblables. » Le mechant 
vieillard dit alors a l'enfant beni : « Eloignc-toi de moi et va la ou tu voudras. 
Tu as irrite les dieux par ton hostilite, ton injustice et ton impiete avec les 
chretiens. » Lorsque Mar Ephrem entendit ces paroles, il s'en rejouit; il 
trouva Toccasion de se rendre a Teglise (?) ou il recut le saint Bapt^me a 
Tage de dix-huit ans. Le saint qui le baptisa se mil a lui apprendre les psau- 
mes. Puis les ennemis (de la foi) commeneerent a molester les chretiens. 
Afin de s'en preserver, Ephrem partit de la pour Amid; ensuite il se retira a 
Edesse (Ar-Rahd). Un moine Tapergut et lui dit : « Va servir au monastere 
quelque vieillard et apprendre de lui la regie monastique. » II s'y rendit et se 
mit au service d'un moine avance en age, qui etait ties laborieux. II demeura 
aupres de lui un an environ. 

Des savants racontent que Mar Ephrem etait d'un esprit lourd et pesant ; 
qu'il ne comprenait aucune science et que, malgre ses efforts, il ne pouvait 
rien apprendre par coeur. Mais quand les enfants lisaient et apprenaicnt de 



[181] LIV. — IIISTOIRE DE MAR EPHREM. 293 

Cljj Ij^kJj \JiJ lil \y\£ ^Ij^VI jIj .4 t£ >ii jl^VI J^ j£ ^ 

.^iCj <iUi ^J^. *(*V^ ^ *r*^"^ *i l?J^5 ^ Ij^^pb— * A p. ?o 

^cJb 4 u J u o ijj>c^ Jl ^1^*.^ . 4^A_s>=j (_£-AJI t^^J^ ^**° ^ ^ ^ C^~^* 

d&l ij ^ dLulU ^jj L JLij <u,lj £3j .^Lli ^Js *L 

^^'V ^^As ^^Ij -^J- 1 ^ * fcjL.>- jjXJj ^Uc^-j <J*; ij»=>*a)l fcA* ^1 

pis-lj vilitlL J 4o j^*c. jl U v^LUss (j^L?^" <-^-£-As>- ^Lwo j ^jlj vi-UJ^ ^ 
*<J^ Jl Ji SJWI viU" J jl£ US ^Jl jU JG db^LL JL4 Jlc 

^L«aj ^J^o ^J*J J^-^ p^a».) ^~*"3 '(3^^^^ 43** ^ti' ^Aj»t* ft L*-*J! ^« l^L/ 

^ l^iai^o .^j Jl Jl ^i^J' p^£*> .<Ut^J! fcAA Afri^-J jl 

JsAj Jf- (JfJI Ja-£J -JfJI jUa^-l ^^aiciJl dUS Jl ^^L~l 

JLljJI jUAi- <j« ^jLUj .^-i^ Jf-j tl .4 .d>ijl Jl ^ ^ .4 Jlsj 



memoire, ils le raillaient et lui disaient : « Fais-nous un discours, Ephrem, 
pour* t'entendre. » Lui, il s'en attristait beaucoup, pleurait et demandait * a p. 20 
sans cesse a Dieu d'ouvrir son intelligence et de dissiper de son coeur les 
tenebres de Tignorance. Un jour, comme il allait puiser de Teau a une fon- 
taine pour riiomme qu'il servait, il vit que d\in rocher tres dur s'ecoulait peu 
a peu une eau limpide. Ephrem releva alors la tete et dit : « Seigneur, je te 
prie par la puissance qui a adouci ce rocher et par la bonte qui a humecte 
cette pierre, je te prie d'arroser la secheresse de mon cceur, d'adoucir la durete 
de mon esprit et d'ouvrir mon intelligence pour repandre tes sciences et 
publier devant tes creatures tes bienfaits, afin de les exciter a ton obeissance 
et a ton amour. » Cette nuit-la, ajoute Mar Ephrem, il vit des anges desccn- 
dre du ciel, tenant un livre ccrit sur les deux cotes; puis il les entendit dire 
les uns aux autres : « A qui faut-il remettre ce livre? » Quelques-uns repon- 
dirent : « A Ephrem; car il Tapprendra 

. Basile fit mander a cette personne de faire comparaitre Thomme 
en question (Ephrem). L'envoye de Basile le prit par la main et lui dit : 
« Viens avec moi aupres du patriarche. » II lui repondit : « Je suis un panvre 
couvert de haillons ramasscs dans le fumier et d'une allure grossiere; et le 



204 HISTOIRE NESTORJENNE. [182] 

.<u*^ V ^\J\ p*^l J^J fl^Vl* jvLi .^M ^IpJI siUi ^is .^U 

JjJLr vii-ijj jj .dijM U?j_3 <ili* L03 .U^LU- viLAc- !>^=- as jli }U>- ^■^c■ 
JL- ^1 ^^^Y ^^-21^1 . jjJi- dlU (y^~~* vi.^ ^1 pt^ 

jl^ 4jV p~i)l Ia^j pjflj pj» LXli .Co' I ^ ^AJaiJIj ^JjlJI *A* dllktl (^aJI 

aaJj aJ&c^ ^j^Lwl ^« ^1.-^1 «o?L-^ pi^ ^ pr* 

^^iaJl .pj.^1 *J Jls .*A>-^ J^i v-^-l!^ IXJtijJI ^aS V .jjlj 

.dijt 1 *j Q^'l <£^. (J *^*-> £*U*»- is j (j-AaJ! £jj ^1 



patriarche est d'un aspect resplendissant, vetu de soie et de pourpre; que 
veut-il de moi? » Le serviteur remmena de force aupres du patriarche. Le pa- 
triarche le salua avec deference, tandis que Mar Ephrem baissait la tete sans 
oser la relever. Le patriarche lui dit : « Mon frere, qui es-tu? D'ou viens-tu ? 
Quelle est ton histoire? Gar j'ai vu deux anges, vetus de manteaux de feu, 
jeter sur toi un vetement semblahle, puis s'approcher et se placer enfin a tes 
cotes. Je t'ai entendu repeter deux fois : Tres bien (ev). Moi, je parlais en 
grcc. Comment as-tu pu comprendre mes paroles alors que tu avais Fair d'un 
Syrien ? » Mar Ephrem pleura et dit : « Je suis un etranger, je suis un pau- 
vre; tu es un roi riche et puissant; laisse-moi nVen aller. » Basile inclina la 
tete et dit : « Je ne releverai pas la tete avant que tu ne me dises qui tu es. Je 
t'adjure par le Christ Notre-Seigneur, qui t'a accorde cette dignite et cette 
vertu, de me dire qui tu es. » Lorsque Basile Tadjura ainsi, parce qu'il ne com- 
prenait pas le grec, Ephrem pleura et dit : « Je suis Ephrem, le Syrien. » Saint 
Basile se jeta a son cou, le pressant sur son cceur et le couvrant de baisers. 
Puis, il congedia ceux qui etaient chez lui et se retira a Tecart avec Ephrem. 
* « Pourquoi disais-tu deux fois sy, lui demanda Basile, alors que tu ne com- 
prends pas le grec, tandis que le peuple ne le disait qu'une fois? » Mar 
Ephrem repondit : « Je voyais le Saint- Esprit en forme d'une blanche colombe 
te souffler a Foreille ce que ta langue pronongait. » Mar Basile dit alors : 
« Mar Ephrem, si tu etais Basile ct si moi, j'eusse ete Mar Ephrem, j'aurais vu 
assurement ce dont Dieu t'a rendu digne ct a quoi il t'a destine. » Basile eut 
le plaisir de passer quelques jours avec lui. Mais il arriva alors qu'un nombre 



[183] LIV. — HISTOIRK DE MAR EPHREM. 295 

IjcU JLb^j ^ aJ J-i-rlj .dll ^j! jtf .A* dL^j aJ ill dUl 
lj ^Uj <( JUI Iji aD! jJU- ^1 r lVI cJ o-jJL-L 

.Up! Jl s /-a!_3 Asoj pT .ajuU-j^J! aJ^UJI ^=^3 jU a* 
^*J>3 v: ^-3 pt~t->L^ pt* -^^r^ .£-*J! JaI a^U=w Aj^^L <J jsUts 

.a»«_^3 JJLi!j AlJ! <u3sj p^^s! jU <dis piCb •*^rj*3 ^r**^ p^ jl^j . p^wts*- 

^r-*^ fj-^l ASjlsj .A,L_^J ^ £f*-^ O^"* * *— j*> J^* Ja£w3 

.pj^il jU ^j-jAaH ^ p^J jJl Ai^ <j ^>\£$\ .A_^>J! <uUa£< ^yil C^iai 

A_J! !j_s^_^aJj fi.^ (J^ ^ 0^ U^-* ApLjs- .vl>j.^Jl JL- <J » ?L±Jl ^s^s 

^ji jUj y ui .ajjC^ji Aj'jjij jjj j^uji \x* psNji .aJ yisj 

^Jl A>.jj ^ j! «il JUj .%_jJ» (_5^3 ^ A^L j^-ks . OU Ji ^jLtl! -^f^ .Aju^4 

All! jj Ajjji £Jic ^tUX ^rr^ Js-^f- 
1^JA£.j JjJi>- £f»^!j pf*^**^ .AiUt^! Jl Ajijsj A^lsli fc-Lo -\i-!j 

OVLI-* £j l^J A=>-j Lft^l Jio IXJj .A^J^Jl £LYlj <[st*s%«aJ| A^jlXJl \y*^$ £-*Jl 

1. ? t Uj. 



considerable de personnes s'assemblaient aupres d'eux. Mar Basile se mit a 
precher sur les six jours de la creation. 11 parla si bien qu'il etonna son audi- 
toire. Mar Ephrcm en eprouva une grande joie et admira ses paroles spiri- 
tuelles. Puis il lui fit ses adieux et se retira a Edesse. 

Chemin faisant, il fut assailli par une bande d'heretiques qui entrcrent en 
discussion avec lui. II les dispersa tous, dechira leurs livres et refuta leurs 
arguments. Mais un jeune homme effronte se trouvait parmi eux. 11 donna a 
lAlar Ephrem un soufflet si douloureux que celui-ci tomba par terre comme 
mort. Puis, la douleur calmee, il se leva et reprit son chemin. Les hereti- 
ques n'etaient pas encore bien loin quand une grande vipere les attaqua et 
mordit ce jeune homme a la main qui avait souftlete le saint. Le jeune homme 
en fut tellement atlcint qu'il entra en agonie. Quel([ues-uns de ses compa- 
gnons revinrent a Mar Ephrem, et le prierent d'avoir pit ie de cet insense et 
de sa pauvre mere qui n'avait pas d 'autre enfant. Le saint se reudit avec 
eux pres du jeune homme qu'il trouva mort. II se prosterua et se mit en 
priere pendant longtemps. II dcmanda a Dieu de lui rcndre son ame, de 
manifester ainsi sa puissance et sa bonte* envcrs ceux qui lui obeissent. Puis 
il fit sur lui le signc de la croix, le prit par la main, le ressuscita el le remit 
aux siens. Ensuitc il pleura sur leur grande impiete. Un grand nombre se con- 
vertit de l'heresie a la vraie et saine doctrine. 



296 1IIST01RE NESTORIENNK [I8'i] 

^'L* ^jLpl-oI ls-Uai) jl^j -p^^JJ ^^-9 .^-«-Iw ^sUlj iU^lj 

jl p-^JLwj 4oLs>c_^! *-L«jG>- ^ AjfjL-j ^^Ip t^-^ ^^Lwl jU? IxJ^ 

4»Jc. l^aJls Aji&U jUJj>- ^j* ^ji5^<5 J>^i>- A^Li A^cUl ^J^f ^1^31 £*UJ! ^-^aS 

Jj_P IjJU U^JI f^a-ll LxJJ -p^Ac J^^J (*^>^„ ij' p^Jj <J^. fcj-La^ 

^^Ap U^T^ .^f-V fcj-UaS ^iJl ^Vlj ^.-^ UJi ,<u)l ^XijU .^l^-JI 

^Ap <j-a*>_ jl^-wVl (J J-slj Jol^JI jlaAi- ^ <uL*t ^Ap Li- j 

<0-U- Jes^Ji iy^L? U dj^Lill ^1 \j3^z,\^ «CP l^iC^lj .<U~ww fcjjb^ .aJI 

is^J^ tr^Jf" p^"l» .^I-lJ^ JJ*J\ ^^wAPj Jj-dl ^ Jl^ I .JUS . a. tJI JUdl 



A son entree & Edesse, Ephrem y trouva neuf opinions dont une seulc 
orthodoxe et les autres viciees. 11 combattit et refuta les partisans de ces 
opinions; il deploya un grand zele contre les adeptes de Manes, l'hypocrite, 
d'Arius, le charlatan, et de Bardesane, lc falsificateur. II les combattit tous 
et les confondit. 

Elu patriarche de Cesaree, Basile envoy a quelques-uns de ses amis cher- 
cher Mar Ephrem; il voulait le consacrer eveque * d 1 une de ses provinces, 11 
leur dit : « Si vous rencontrez un homme couvert de haillons, trapu, chauve, 
tete grande, barbe courte, vous tacherez de le saisir et de me Tamener 
avec soin. Faites en sorte qu'il ne vous echappe et qu'il ne se derobe. » A 
leur arrivee a Edesse, les messagers s'informerent d*Ephrem le Syrien. On 
les conduisit chez lui. Lorsque Ephrem les apcrgut, il comprit pour quel 
motif ils venaient. II prit alors un pain et jeta sur son epaule un turban de 
haillons ramasses dans le fumier; il se mit a courir dans les rues, mordant le 
pain avec ses dents. Les messagers, le voyant dans cet etat, crurent qu'il 
etait fou. Ils le mepriserent, le prirent pour un sot et se dirent les uns aux 
autres : « G'est un fou ; il ne faut pas l'amener au patriarche, car il nous bla- 
merait, si nous allions lui presenter pareil individu. » Ils le laisserent et retour- 
nerent chez le patriarche; ils l'informerent de Tetat indigne de cet homme, 
Celui-ci leur dit : « lgnorants! insenses! Vous avcz perdu une perle pre- 
cieuse et incomparable; vous avez perdu une mine de science et d'erudition. » 



[185] IJV. - IIISTOIRK DE MAR EPIIREM. 297 

J ^J3^~ Jr^ <^jU* .k/ji- *jy£* J^l J^UM 1-^3 

4oy&3 Aj^IjTj "CJj fcXfc^J* ,^-VJl jl-^3 J^l)^ ^jJ^Jl^ . L» jl 

^UJI J^*3 .^JUI} ^aiJl J-^ ^xL-dl ^1 _yl <py_93 . \ J^J*" J^OJ <u.U ^Jl 

^3 £-^3 is j Jo ^^U- <L*jLJI C^iOl ^3 .^LiLU <JJj-JI ^3 J;^.=~ 
.LJJjJL <J ^Ul ^1 ^ V3 2>jlLi)l Jb-I jl jl£ AS3 .L-%-£iJl 

<^>i^3 4JCJ3 .^UiCsJl £*^>- vj^Jli <C*£o»3 >( j^UJI J3U- <ul£ jl %y>\ ^-*f>3 
j S^-JI i_g a ^1 ^^3^ ?yt^>\±=~ JJ3 .J^i-^yi ^1^3 JjC 4j"^La»3 

jJwx_^ L> ^j-*^) ^ . diUlji>- iijlji- jl t <) L^> ^ 

lil k^wOw-aJI <Li- <V~iJ <C^' V .villus J^-U&o J-Uj jl j^i5sjl * A p. 23 

L <ulc <j^i> jl <0l~>3 Sj^jpm g^r^J ^1 <Jh ^^i, ^ <y*3 • JiUtJI 

. 3 «uls^I> jl dill t^>j ry> ~ ctLlc il 1 1*^ <jr* . dLU olil 

1. y ii,J ? i*J ? iJ jl ? q.j jl LLd! ? asuj. — 2. ? — 3. yjj- 

(.JUj i^v, ^ ^ ^ ^-^^ ^ ^ ^ (J^. iLoc-'l 

3 , -A*.* ^J,C ,1 

Les oeuvres de notre vertueux saint sont nombreuses, et ses connaissances 
tres vastes. Les poemes cle sa composition refletent un certain accent plaintif, 
humble, pieux, toucliant et larmoyant; par leur caractere triste, ils surpassent 
les lamentations de Jeremie. II meprisait les choses d'ici-bas. Sa douceur 
tendre et son humilite profonde Ie pousserent a decliner la dignite de supe- 
rieur, dont il etait pourtant tres digne. II ne mangeait que du pain d'orge et 
du sel. Son habit etait une mosaique composee de haillons ramasses dans les 
fumiers. Du sacerdoce, il n'avait que l'ordre du diaconat, alors qu'il aurait 
du etre le plus grand des patriarches, le plus digne de l'autorite et de Tes- 
time des hommes. Pour tout dire, en un mot, il depassa les savants par ram- 
pleur de sa science et les sages par la sagesse. La vie monastique qu'il 
menait, ses bonnes mceurs et son ardeur dans la priere sont ineffables. 
Hnaniso bar Sroso'i, eveque de Hira, fit son eloge en disant : « Ocean 
de sciences! qui peut decrire Tabondance de tes tresors? Mine de tresors! 
qui done serait capable d'exprimer la beaute de tes paroles? Qui done ne 
pense pas * se taire, lorsque, dans une assemblee, on vient a prononcer ton * a p. 
nom? Qui ne supplie pas Dieu avec beaucoup d'ardeur et ne le prie de repan- 
dre sur lui ce qu'il a repandu sur toi? Qui ne se rappellc pas la grace que 
Dieu t'a faite et n'espere pas en la misericorde divine'? Que les savants se 
taisent! Que Mar Ephrem parle! Que les orateurs demeurent muels de stu- 

i. Texte obscur. 

PATH, Oil. — T, V. 20 



2<)S MIST01RR NKSTORIENNE. \\M] 

. jA-^jj p"!.-^ J^3 ^r^^^ ^*5t^ wJsli" (J^ • (J-^. J^J p-L** 

pj^s! jU Jbs-I )SjJ> j^>3 0> <C«-JI djll ^\ jlj jL^3 jjjl J[j> IXis Ij^la <£-Uj>- 

w^s^ jLL^ill l^U .1^ ^ *J ^UJ ^liSOl dlU «UI £9 at jl 

^iul ^bOl ^5-^ «y <-% .dUi <dU .d^=iJ \^l^L -sJLr jl ^Li)l 

LUJ .1^ L5 ^3 .yi <ubj j^:)! j^>- T-u^ rXi isX^j .£Sjj 



peur et de consternation ! Que Mar Ephrem fasse entendre sa voix et nous 
enivre de sa parole sublime ! » 

On raconte dans eertaines histoires que Bardesane avait compose un evan- 
gile en disaccord avec la doctrine enseignee par Notre-Seigneur dans la 
sainte Eeriture. II avait seduit les esprits dont la foi etait ebranlee et dont 
Tintelligence etait travaillee par le doute; il avait corrompu les coeurs d'une 
foule de personnes qui lisaient cet evangile. Bardesane meurt et FEglise est 
liberee de lui et de son iniquite. Mar Ephrem chereha alors a avoir cet evan- 
gile. II le demanda a la sceur de Bardesane 1 et promit de le lui rendre. Le 
demon, ami de la corruption, aiguillonna la passion de celle-ci, et, pour jeter 
Tignominie sur Ephrem, l'excita a lui demander de pecher avec elle. Elle 
obeit a cette mauvaise inspiration. Mais le saint repondit : « Donne-moi d'a- 
bord le livre, et puis je me coucherai a c6te de toi selon ton desir. » Elle 
lui dit : « Jure par le Christ que tu accompliras cela et que tu me rendras le 
livre, quand tu l'auras lu. » II jura d'executer sa parole, si elle voulait bien y 
consentir. Elle lui remit le livre. Le saint le prit et enduisit de eolle toutes ses 
feuilles; puis il le pressa fortement pour que la eolle prit et le lui rendit 
dans cet etat. Ensuite il prit son vetement et marcha avec elle. En pleine 
rue, devant une reunion d'hommes, il etendit son vetement par terre et lui 
dit : « Me voici a ta disposition; couche-toi ici afin que je puisse realiser ma 

1. Bardesane mourut en 222 et saint Ephrem ne vint a Edesse qu'en 303. S. 



[187] LV. — IIISTOIRE DE LOULIANA, FILS DE BARMALA. 299 

V IJLa ^ ^ ^r^|. j-*^ >^ £^jJ1 l-Lft J ^f-JJ 

.<i 4JU LJ jlk.,.;:,)! 

^ ^«Ui? (jLa> LJI jl^ U-llfl oLJl ^-CjLJ! >Jg oil <iial*o <> J-^*" J^J-*-^ Jp=^ 

.^c_Jl J^U \ J^tlJl l-U * J^-J LJ! jl^ ^JJI 2 ^ J> ^plj gfo * A p. 24 

^iXllj As^Jl 3 <J\ £_pj^ ^-A ^ "^3 o^*^ ^ ^ 

'Uiy ULj <wl> jj ^A^ijt. — 2. J^f . — 3. Impius — 4. ^-LIj. — 5. Legio pa*^. 

promesse. » Elle dit : « Oh ! y a-t-il dans le monde quelqu'im qui accoraplisse 
en pareil endroit avec sa propre femme Facte conjugal, a plus forte raison 
avec une femme etrangere?» Le saint lui dit alors : « Si tu ne peux pas j 
consentir, j'aurais accompli, de mon cote, ma promesse et garde mon ser- 
ment; c'est toi qui as voulu y renoncer. » La-dossus, elle partit. Dieu le tres- 
haut trompa ainsi l'attente du demon ! 

LV. ■ IIlSTOIRE DE LOULIANA*, FILS DE BARMALA. 

Get homme imitait Mar Ephrem en se couvrant d'un vetement semblable 
a celui de ce dernier (?). II se ceignait de la ceinture de la verite et de la justice. 
II ne mangeait que des plantes pour ressembler a Elie qui recevaif sa nour- 
riture d'un corbeau. Gomme Elie, il habita la vallee du Garmel * et le rivago « \ p . 2* 
de la mer. Ge saint homme vit en esprit Julien l'Apostat, le coupable, declarer 
la guerre contre les amis du Christ, solliciter Taide des troupes du prince 
des demons et se proposer d'aneantir les fideles. Pendant seize jours il de- 
meura en oraison. Durant ce temps il ne cessait de parler avec ardeur au 
Christ Notre-Seigneur et notre Sauveur. II le priait de manifester sa puis 
sance contre son ennemi , de proteger les chretiens contre lui ot de leur 
epargner la persecution que se proposait Tapostat. II ne cessa de prior et de 

I. Julien Saba. Sa Vie a ete editec par le R. P. Bedjan, Acta mart., VI, p. 380-404. S. 



300 IIISTOIRR NKSTORIENNK. [188] 

.<jl,I ijj^ J jl <JLj J^u;l V3 

^f- Jlj Y3 C>L* ^ ^1 Li (n^3~^ <3 V$ or*>*^ <y^t-5 

i>J^j>J . ^j,* CojcLIj ci • -^l? Jj! ^ ^ £b jl fcl^l -UaS C-l ^Ua*-^3 

C^>^i .4jL*£. ft L ^> <j £L jYl J^l . <ui-j CJTSl -U233 £jL«^eM l/**^ J^a—^SI 

cAi> ^ •t5-^ > -^ OJJLsj (.5-^3 ^j-iJ ^.iAr As . v^Jlsj kSTliJL- 13 CJJI3 

^jjj> L^ (^-^^ cij^i .cell? JL^I (j -\^l <^-^ ^c^wJI w*-U? ^lJI 
dlL Jo t5 «JI J3IJ3 5sJo L'Ly ^Jkiil -ui .^iJI S^La ,_J^JI ^tl* ^li ^pJI 
C^i^li .^jJI Jl ^ j*? . jULi . *£ozJo \^ iSf^ • <*tb^ vIj^JI 

Lis Jjy Jl JUj3 ^Jl ft L jLTlj is Jo -Uj j di^a <^L=- tj^ ^ 

ill LLli=- ^jJJdl lijt> jLsUa9 JlA» 1-1*3 . c^ol^ (^^3 ij ctU^ clj 



s'entretenir, dans l'oraison, avec le Seigneur jusqu'a ce que le Christ eut 
frappe l'apostat d'une fleche de vengeance et delivre ses ouailles de l'epreuve. 
Dans un age avaned, alors que ses sens furent afTaiblis, il se retira pres d'une 
veuve ayant un ills unique. 11 y regut l'hospitalite et partagea sa propre nour- 
riturc. Le demon, ennemi des bonnes oeuvres, se proposa, par un esprit 
d'envie, de l'affliger et de lui porter prejudice. 11 jeta le fds de la veuve dans 
un puits profond. La mere de l'enfant se mit a crier et a implorer le seeours 
du saint, en disant : « Mon fds a peri; j'ai perdu mon enfant unique. » Mais 
le saint n'en fut pas emu ni trouble, puisqu'il esperait, avec Taide de Dieu, 
sauver l'enfant du peril. II se rendit au puits sans aueune emotion. Mais l'eau 
avait entierement couvert l'enfant. Le saint fit sur le puits le signe de la croix 
du Christ, dont il avait toujours suivi la loi. L'eau vomit l'enfant, eomme 
naguere la nier vomit la hache de eelui qui fendait le bois, graee a la priere 
d'Elisee. Saint Louliana tendit alors la main et reprit a l'ange de la mort 
l'enfant tout souriant. On demanda a l'enfant le motif de ee rire. « J'ai ete 
jusqu'au fond du puits, repondit-il ; ce vieillard qui me portait, je l'ai vu 
qui me souriait, qui me tendait la main et me tirait par-dessus l'eau qu'il 
agitait. Quand je l'ai vu me sourire, j'ai ri, moi aussi. » 

Voila quelques-unes seulement des vertus nombreuses de ce saint. Que 
Dieu nous protege par ses prieres; qu'il nous delivre du mal ! 



[189] LVI. — HISTOIRE DE SAINT EPIPHANE L ARC11EVEQUE. 301 



jl^LJI ^jjLLil ^j-*,-^! **aS ol 
^1 £-Uu>-U .1 jUjs- wLli-j fcX^ .*L^ j l»j^> v r «ds»)l 

l-fl..,-a>- j^J • J Jjj-~Jl jL^dl ^^2^5 .<Jl> 4J*~aJ1_5 0*1^5 .^1 is'Uj A*s 

^^lili .^-aJL)I ( j**> ^>UJ1 Jj^. ^* ^ <uU^3 Oi* jj^ <U^i 

^J-iJli <Ja*\ JLjj .^-Jl jU^J! Jj-*-^ *3 v* 0 ^* 5 ^".-A ^ 15 jl**- 

. ( j^>Jl ) I JLJ L^yju ^yUil (j^ 2 ^ 3 .^U^eJI .)?„a.r->-|j liAr-Oljj c!i-~iJ ^ic- ^Jl'-OI * a p. 25 

^p—JllI Anils' . Jjj-J! 4g (y^-^ jt*pJI ^al'jdl Cj-L^' UJj 

^ JLJIj j^Ijj 4JI jol V .^1 <! Jl> V villi LJ 

. itH «J JLoi .^3^3 ^JL? jlj .jl** di>* jl G&VI 



LVI. ■ HlSTOIRE DE SAINT EpIPHANE (Apllip/ut nh) LARCHE VEQUE . 

Get homme admirable etait juif 1 a Forigine. En mourant, son pere Iui laissa 
pour tout heritage 1111 anc. Sa mere vivait encore, quand il se vit dans la ne- 
cessity dc vendre cet animal. II le conduisit au marche pour le vendre. Le 
jeune Epiphane etait tres intelligent. Les acheteurs lui en diminuerent la 
valeur et le prix. Mais un moine, pretre tres vertueux, le regarda et eut 
pitie de lui. Dieu revela au moine par l'Esprit-Saint ce que devait ctre un 
jour cet enfant. II acheta l'animal au prix dc quatre pieces d'or, qu'il pcsa; 
et il les remit avec Fane a Epiphane. « Depcnse, lui dit-il, ces pieces de 
monnaie pour ton cntreticn et celui de fa mere; garde Fane. » Le jeune 
homme, etonnc de la conduite * du pretre a son egard, se retira satisfait. L'ar- * A r- 25 
gent une fois depense, il cut encore besoin de vendre Fane. II. le conduisit au 
marche 011 il rencontra le moine qui s'informa dc ses nouvclles. Le jeune 
homme exposa sa triste situation au religieux qui lui dit : « Jc te vois, fils, 
intelligent, prudent et (Fun esprit penetrant, pourquoi ne te fais-tu pas Chre- 
tien? — Je n'abandoimerai pas, lui repondit-il, le culte dun seul Dieu, la 
pratique de la loi de Moi'se et des prophetes, pour suivre un Dieu en trois 
personnes, dont Fune fut crucifiee, mourut et fut ensevelie. » Le moine lui dit : 

1. II etait chretien. Gf. Patrol, grecque, t. XL1, 24 sqq. Mais il existait plusieurs ver- 
sions de Fhistoire de saint Epiphane. S. — Gf. infra, chap. lxiv. N. 



302 iriSTOlKK NKSTOHIKNNK. [J00J 

.jUj>JJ JLS -^-5 ^ ^r^^ -p* .^y^J^ *y ciJJ ji 

.Aojj -cijlj jUoJI JaiLi .jL^dl \y>\ -^jt^ ^-L^ ^r-^l J - **^ j**"^ 
.^■■Jll ^j-^iJl 4J JUS .fjUJLi ^ ^^C. diJi ^>U)1 J^lc Uij .ii^JI ^jJL*, OjL^ 

j Li .^LjVIj ^ ^>-l U. ^Jl Ua cJjU^ ^ jJL<r j^J .dL" V 

f^-*-N Ji'li . *Loj^Ji iJl5C^^r jl Loit jUsJI jj^y 

L^iJ .<Uj c iy jU^JI .jL^Jl <j^>1 ^j^ 5 ^f*-*^ 

«Ll~L>=J ^j-a ^tr-f^ • ^i^--wi^.JL <jL*^S . ^.^Jill ^Jl (_5^t5 Wjlji .^oaSI^ C~$y 

,j j^J t^^J f^*^ (•** jL>Yl ^&_**aJI s_^aaJ1 -Sjoj^l 

IjJL* .^LJiJI pLrf^ oLli-pJl ^ ^ *r**J* .<~JJ jLaJI 

d>U ^Uj ^LLJ! <us \y^>\ fa-C Lilac l^Ul ^ikc ^ OjtsA ilili j! 
^jdl J> L JL^Uil Iaa j Lis .yjJI J ^J; £UU)I JL»-I j jl^ 



t( Veux-iu que je te montre la puissance de ee crucifie? — Oui, repondit 
le jeune Epiphane; je desire le connaitre. » Le moine interpelle Lane en 
ces termes : « Au 110m de Jesus-Christ crueifie par les juifs, meurs aTinstant. » 
L'ane tomba mort : ee ne fut plus qu'un cadavre. Devanl ce prodige le jeune 
homme pleura a chaudes larmes. Le saint lui dit : « Ne pleure pas ; mais re- 
cite sur ton ane qui vient de mourir les paroles que tu voudras de Moi'se ou 
des prophetes. Si l'ane se leve, vous auriez alors raison de vous attacher a la 
religion juive. Le jeune homme kit et relut, au point d'arriver a la lassitude, 
le Pentateuque et les prophetes; Fane restait toujours sans mouvement. Le 
moine vint a son tour et dit : « Au 110m de -lesus-Ghrist crucifie par les juifs, 
ane, leve-toi. » L'animal se leva aussitot et se tint debout sur ses pattes. 
Quand Tenfant cut vu ce prodige et ce miracle etonnant, il prit Fane et revint 
chez sa mere. Celle-ci mourut quelque temps apres. II Tenterra et se rendit 
aupres du moine, qui lui conlera le bapteme, le purifia de Timpurete juive et le 
convertit de la fausse croyance a la vraie foi. Puis le jeune homme partit, se 
retira dans la solitude, mena une vie tres mortifiee et apparut enfin dans les 
monasteres. Dieu lui accorda la eonnaissance des secrets et le privilege 
d operer des miracles. Un jour, une caravane passait pres de lui. Elle eut une 
soif mortelle. Mais elle avait du vin. Le saint vertueux, voyant dans quel 
embarras se trouvait la caravane, fit le signe de la eroix sur les outres qui 



[191] LVI. — II1ST01RE DE SAINT EP1P11ANE LAUCHEVEQnE. 803 

pjlj^ IjjL->J l^r-- 3 ^L^? jUsS i£t-* — Jl i^-X^ ^J^-iJI Jjlij j ^jlLjdl ^ 

Cl^J; fcj-^j &pcls LA9 . 4_> l^a^9 .^J^io p) -Ajs-I^ j j p^JLoJ J • p^^*f^3 

J (J .^V! tlicUaT j^i^ LUs .ijL^JJ ^^=-1 U fc^i- ^-£$1 ^ 

.AjJaf^ V3 * jliCl JLi Vj .aJI pis sl^i .H^Jl aJL .j^J^J Jf^J 

aJUC« jL^ 2 -*^ * <i .^P 6 *^ <3 y^-J Gal*. aJUj ^ pf 

. JyiJI aJ J^Us . pAi'jl Li *Lil ^& Ol*s^ .^^Dl -U-li 1 jji'L-^jl aJ jl^j .*JL 

^ j^il A_^jVI aJ JLii .^li ^,1^ ^ylj pT .aJ pi pis .jLkJI J'i J Jl^ls 

jl^s ^^.jL^ ^3 <-^* dir^« JLi .oj^l I-*** J^i lib 'J 1 ^ 

1. Archidiaconus v o^ r 3>/. — 2. Mysteria, liturgia |jV|. 

contenaient le vin qui so trausforma aussitot en eau tres pure. La cara- 
vanc etancha sa soif, desaltera les betes et les chameaux. Mais unc seule 
outre demeura intacte. La caravane la prit avec elle. Et lorsqu'on l'ouvrit, on 
trouva qu'elle contenait encore du vin. Notre-Seigneur trausforma Teau en 
vin et son disciple trausforma le vin en eau. 

Lorsque la reputation de ce saint se repandit, on le choisit pour etre eve- 
que. Et apres sa consecration episcopate, il multiplia encore davantage les 
miracles. Parmi ses ouailles, il y avait un usurier dont le commerce prohibe 
augmentait demesurement la fortune. Le saint lui defendit de preter a usure. 
Celui-ci ne fit pas cas de Pexhortation du saint. Quelque temps apres, il 
acheta avec son argent du ble dont il chargea plusieurs vaisseaux. L'eveque 
fit, de sa residence, un signe de croix sur les vaisseaux; et ceux-ci firent nau- 
frage a l'instant meme. L'Eveque dit alors : « Je remercie Dieu d'avoir bien 
voulu purifier de l'injustice la maison de ce frere *. » La nouvelle de ce nau- * a p. 26 
frage se repandit a Pheurc meme ou Thomme de Dieu en rendait grace au ciel. 

L'Eveque avait un archidiacre de mauvaise conduitc. A plusieurs reprises, 
il lui avait interdit les actes d'impurete; l'archidiacre ne se rendait pas a la 
parole de l'eveque. Alors celui-ci lui tint un langage tres dur. L'archidiacre 
complota sa mort; mais sa tentative ne reussit point. Un corbeau se presenta 
un jour a eux et se mit a croasser. Pour railler l 1 evc(|iie, V archidiacre lui de- 
manda Texplication de ce que disait le corbeau. « 11 annonce ta mort avant la 
celebration de la messe, » lui repondit Teveque. Et en eflet, 1'archidiacrc 
mourut avaut le saint sacrifice. Puis Teveque se rendit a Jerusalem dont les 



304 HISTOIUH NKSTOKIKNXE. L 192 

^-Ul J^y .^aJLJI j^o jUaJI p-T .<>0l^ Ji J Is U ^L 

£ j^aJ < „g a llj wJfc-iJl <J i J I L^kaJI J Li . SJjJJS J viJL* 

^j-p oLLjI Wi .^LiVlj J*l j VI ^j-jfJI j^i* ^Lr 3 * l*-uis .IfJJU 

Jji pJi .fcLtli jl^LJI <uL ^ ^ • V-r** <0 cJLw O-AJ^Ij .I^.aJIL d^koil 

— JJ Jls p»* .Lpcls^ Llf L^L **-^s ^ lo jl JI l^** ^-l^all 

lili -p-^L ^-**>-JI ^ jpi Li JUI JJJS p^^t J j (j;^ 

^I>. jUjJI ^ry^ VI ^^a* Li .(iJ^L-jsJI i J&> piCjLiapl L Ij^S dUi J*s 

£ JaJI ^r^"-^ ij- 0 fcj-L-s-l l_yi^ U lj^5 .p^L ^^Ij ^ il ^oi 

Vj l-As-l jl^ Uj . I-^j>cI« jl^ jl^ J^loL-jJI J^j*1~> 3 C*- ^^Mfj ^ — 

• U J^ ^Jks c/^ b VI LiiJ V3 C-LJS V3 Li' 



habitants souffraient d'une grand c disette 1 . II demanda an patriarche de lui 
preter les vases qu'il pouvait avoir en or et en argent pour en fabriquer d'au- 
tres semblables. Le patriarche les lui preta. II les vendit et en destina lc prix 
au soulagement des affames, des veuves et des orphelins. Comme leveque 
tardait a rendre ccs vases au patriarche, celui-ci les lui demanda. Mais il se 
vit oblige de reiterer sa demande avee beaucoup d'instance; enfin, il cxcom- 
munia Peveque. Ge dernier fit sur le patriarche un signe de croix, qui le ren- 
dit aveugle. II ne cessa de pleurer sa faute jusqu'a ce que Peveque se fut 
approche de lui; il fit de nouveau un signe de croix, sur ses jeux, qui lui ren- 
dit la vue. Puis il dit aux pauvres, auxquels il avait distribue Pargent : « J'ai 
confiance que le Christ vous enricbira de nouveau; alors, vous rendrez au 
patriarche ce que je vous ai donnd. » Pen de temps apres, Dieu les combla, 
en efFet, de biens. lis remirent alors au patriarche ce qu'ils avaient pris 
de lui. 

Epiphane administra son diocese pendant trente-cinq ans. II mena une vie 
toute spirituelle quoique prisonnier dans un corps charnel. Toutes les fois 
qu'il baptisait 011 qu'il ordonnait pretre, diacre on eveque, on voyait le Saint- 
Esprit planer sur 1'oeuvre qu'il accomplissait. 

i. Ce fait est rappele dans l'histoire de saint Jean raumonicr. Cf. Bedjan, Acta 
martyrum, t. IV, Paris, 1894, p. 339. S. 



[193] LVII. - LES MARTYRS ET LES UOMMES DE CETTE EPOQUE. 305 



LVII. LES MARTYRS ET LES HOMMES EMINENTS DE CETTE EPOQUE. 

Ce furent Damasc, eveque de Rome; Anibroise, eveque de Milan (Man - 
danlot); Basile de Cesaree ; Didyme l'Aveugle, logicien d'Alcxandrie, qui 
combaltait les ariens; les deux martyrs Miles (?) et Qardagh; Gregoire de 
Nyssc; Rabban Sallita qui fut enseveli a Awana vis-a-vis de Balad, a Fciidroil 
connu sous le nom de Al-doualr 1 ; Jovien, 1'empereur pieux; l'ascete Ma- 
caire, qui passa soixante ans dans le desert d'Egypte; Macaire d'Alexandrie; 
leurs compagnons exiles par Valens (Walis), empereur* des Romains; Pierre, * a p. 2: 
frere de Cyprien (Qoufriand), encore plus mortifle et plus savant que ce dernier ; 
Cyprien (el-Hamz), eveque d'Afrique -; Anba Evagre (Ougaris) le moine, 
disciple de Walougos, dont on fait la inemoire le 21 novembrc. 

L# VIll- — UlSTOIRE DU PATRIARCHS ToiMARSA, DOU/JEME CATHOLICog. 

L'Eglise demeura sans chef depuis Tannee 39 e de Sapor jusqu'a ravene- 
ment de Rahram. Sapor avait, en effet, defendu de nommer un autre catholicos 

1. Cf. supra, chap. xli. S. — 2. Cf. supra, ch. xxxix. S. 





:U)<> IIISTOIHK NKSTOHIKNXK. m, 

b p. 28 bLuU^i ^^LsCJI j^ : Lw ^ y ^iJI dlL ^^JsLr (J 



a pros le martyre de Barba'semin. Mais sous Bahram, Toumarsa le Naba- 
teen se montra devoue et zcle pour la veritc ; et il fut sacre catholicos II 
supporta avec patience la persecution dechainee par les mages contre lui, 
consacra des eveques et les envoya dans les pays. Quant a lui, il parcourait 
les differentes regions pour visiter ses ouailles. 11 fit construire et restaurer 
des eglises auxquelles il rendit leur ancienne splendeur, avec l'aide du servi- 
teur Bakhtiso qui subit le martyre pour le ehristianisme 2 . Toumarsa mourut, 
apres un regne de huit ans. 

L1X. — Histoire de Bahram, surnomme Farmansah. 

Au temps de Theodose, Bahram fils de Sapor, surnomme Farmansah, 
a p. 28 monta sur le trone de Perse. * Et il prit la resolution de venger son 
pere. Au debut de son regne, il se montra doux et bienfaisant a l'egard des 
pauvres. Une fois assure du pouvoir, il somma les chefs de son royaume 
de construire a leurs frais les murailles et les citadelles de leurs villes. II 
ordonna la mort de son serviteur Bakhtiso' a cause de sa foi au Christ. Les 
sujets de son empire ne tarderent pas a sentir le joug qu'il faisait peser lour- 
dement sur eux; ils comploterent sa mort. Un jour, sorti avec un serviteur 
pour se promener sur la colline avoisinant le pays de Daskart, il fut suivi 
par ses soldats. II comprit aussitot leur dessein. Comme il etait robuste, il 

1. Memes details dans Gismondi, Amri et Slibae et de patr. Nest. Comm., vorsio latina, 
Rome, 1897, p. 12. N. — 2. 384-392. Gf. Bar Hebraeus. Chron. eccl., II, 44; et 392-410 
dapres Gismondi, loc. cit. 



[195j LX. — 1IIST0IRK DE RABBAX MAR r ABDA DK DAIK-QOM. 307 
Jcsj fcy^dj -pt^w-^ f^*^ -lj^-?" J^3 1 p^/- *J ^3 j^—^ 

jZS- Aj^Jj ^ 0)l^_5 <J>^I 

S^Li £1^1 -a.It jl <j ^psc-VIj .5-u.li <ul ^'1^5 ^ JaI ^ (j«v A ^ ^ 

<»oV . *^>y* <J^ {j* (j 1 ^ 1 ^ J^J C*U- VjiC-l l^3 -^-^ Li^ (5^3 ^ (^3 

j jh-*- jL^rj *,j--«l ^^3 r^r*^ ^-^1 (j ~^^l (J 

Jl j Uj .SjLfD! J ^..^1 1-^-* ^-*l |*^3 -jn^-* jlA*L*i=«)l UVlLj .^^^ 

LfJ^jJ ^j*2j*o ^ ^S* ^lil ^iiJI tj^l -^253 -p^t/^-'J (J*^ >A-**> ia-Jl .aX \n J^a 
1. 



dcmanda au serviteur line fleche pour la lancer sur eux. Mais les soldats 
reussirent a Fatteindre et a le tuer sur cette colline. II avait regne dix ans et 
dix-huit jours 

LX. • — ■ fflSTOIRE DE R ABB AN Mar 'AbHA HE 1 ) A1H- HOM " . 

Ce saint etait originaire de Dair-Qoni, Sa mere etait d'une conduite mau- 
vaise. C'est une chose qui tient du miracle qu'une femme debauchee donnat le 
jour a un saint! II en fut ainsi de Jephte par lequel Dieu delivra les Israelites 
d'Ammon. Des sa naissance Mar 'Abda fut jete a l'eglise par sa mere. Les 
chretiens prirent soin de lui et l'eleverent. II fit d'excellentes etudes a Tecole 
de son village. Ordonne pretre, il batit un grand monastere et une ecole uni- 
verselle, ou Ton se rendit de toutes parts ; car, en ce temps-la, il n'y avait pas 
d'autre monastere au pays des Arameens (An-Nabat). Cette oeuvre prospera; 
une soixantaine d'hommes instruits, entre autres Ahai et Iahbalaha les Ca- 
tholicos, l'illustrerent. Mar Wbda devint tres celebre par sa purete. il ne 
cessait de parcourir le pays, de baptiser et de convertir les Arameens au 
christianisme. II se rendit ensuite au village de Telia, pres du fleuve Serser, 
et quitta les moines du couvent de Sliba. 

1. Cf. NOldeke, Geschichte der Parser, p. 71-72. Bar llebraeus ecrit aussi [loc. cit., 
II, 45) que Bahrain, ills de Sapor, detestait les chretiens. N. — 2. On Irouve une histoire 
differente de celle-ci dans Gismondi, op. laud., p. 12-18. X. 



:m JIISTOIKE NESTOWENXE. im>] 

. ^jl^cJ! j.^. O^X^" - "^ C^**^ ^ f**^3 Js-^L-^ l4 4/.3 Lrr-!. 

(^L^L 3 .L^c-Js u-^l pJ jj^-w (,^!J5 i^iao*- Jj~L«3*Jl l25 

.IpB- p>*Vo ^jLaJi iJLii- I^jJpI A9 ^J^J^Jl jl^3 . AjJI £3*-* ^vsJI 

j;_*JJ*L>J! ^=-1 -V33 . o. <Jj>3 4^J1 p^-w, pis .aAS ^3 ^L^J^JI -V?"b 

L-Lj ^* => " 1 1 

1. ^,l>j. — 2. llistoria jd^al 



Un jour, les etudiants de son monastere n'avaient plus de pain. II en prit 
alors un tout petit, le benit a Finstar de son maitre et les en nourrit, pendant 
deux jours, ainsi que tous ceux qui s'y trouvaient de passage. Le troisieme 
jour, des iideles leur envoyerent du froment. 

Mar 'Abda nc gouta pas de mets cuits pendant sept ans; et il mangeait 
du pain sec et de la cendre. Un jour qu'il traversait Seleucie-Ctesiphon (Al- 
Madahi), les mages le saisirent et remprisonnerent. Mais, avec l'aide de Dieu, 
il sort it de sa prison. 

Les Marcionites avaient perverti nombre de chretiens; ils repandaient 
parmi eux la magie. Mar Wbda convertit de nouveau ces derniers. Les eleves 
de son ecole pouvaiont bien se passer de la necessity d'aller a Edesse. Les 
Marcionites cherchaicnt toujours lc moyen de le tuer. Mais Dieu — qu'il est 
puissant et grand ! — dejoua leurs complots. 

Le catholicos Ahai ecrivit la vie de ce saint; on pourra done connaitre 
par elle ses vertus. 

A p. 29 LXI. * HlSTOIRE DU COUYENT DE SL1BA. 

A Tepoque ou les eglises avaient ete detruites en Perse, les chretiens 
massacres, une croix s'eleva de la terre, a Tinstar d'un arbre. Cet evenement se 
passa pres d'un village connu sous le nom de Telia, situe sur le (fleuve) Serser. 



[197| LX1. — IIISTOIRK DU COUVENT DE SLIBA. 309 

U-o y>^\ LiX. ^^Ij \f~> Ij-^s j^-aJI i^JI w r J 1 Ha— ^"^j ^^^As 
^ ^J^_ J>-J viUi -p-^. (J» t^l J 

^^-UaJI ^JJi £^J! j ^: : _5 ^ ^jVl ^bls .^Lll Lj^c 



Pareil fait arriva naguere au temps de Claude et de sa femme ChristaV Ge 
prodige devait confondre les juifs qui auraient voulu cacher la croix. Mais la 
croix ressuscita un mort. Les mages en furent tres etonnes; mais en vain, ils 
s'efforcerent de voiler le miracle. On raconta ce fait a un chretien, du nom de 
Sliba fds de 'Ousia chef de la region. Gelui-ci acheta le terrain et batit au lieu 
meme de l'apparition de la croix un temple; les moines y allluerent de tous 
cdtes. Sliba se chargea de l'entretien de cette communaute. Ge temple fut 
appele le monastere de Sliba 2 . Le miracle fut publie dans tout le pays des 
Nabateens. 

Le Pere Mar 'Abda, fondateur de T£cole de Dair-Qoni, se rendit au lieu 
dn prodige, y opera des miracles et convertit une foule de personnes. II ensei- * A i J - :1 
gnait que la croix pouvait bien sortir de la terrc et qu'ilne fallait pas en dou- 
ter. II appuyait sa parole sur un prodige semblable qui se passa sous Gons- 
tantin trois cents ans apres que les Juifs eurent enfoui la croix; F image de 
celle-ci apparut, eneffet, au ciel; ce miracle cut lieu a Fepoque oule paganisme 
se propageait, alors que Uiocletien (Douqeltianus) et Maximien (Maxim ianus) 
decimaient les chretiens. Ilelene fit exhumer la croix, de la terre qui exhala, 
au meme instant, une odeur agreable. De plus, au rapport de Daniel, fds de 
Mariam, une croix lumineuse apparut pendant plusieurs jours, pendant que le 

1. Sans doute celle qui est appelee Prolonice dans les recits de la premiere inven- 
tion dela croix. N. — 2. Dans Bedjan, Lib. sup., p. 483, on Irouve mentionne le monas- 
tere de Mar Sliba qui est sur le lleuve Serser. N. 



310 11IST01RE NRSTORTKNNK. [108] 

x&LiJl JLL>* IjJ^ ^L? ^Jl A^iJI .p^* JUta U 

j_5JLi-L ! jJy 2 L'jlL J Ota VI jliG . ^\ Ju?! ^VLl <i JU^ ^-Ul £^JI J 

p> ^ii JJjiLzJ ^jLdl Ij^Uj (_Xr^^ <*9 JxLj' ^JJI cijJl I A* (J jVI ^LJI 

^y* *U Jw^^ptJ ^IVI (J (ji^b -l-V* . J^C-Vl (j -t^*- 9 

d)L* Ap-y . Iap- L r J\ 5ju« <LJU--0I ^Jl^ <Apo 

^Vi ^-ta Ui .^Jb-lj JLJj *l» ^ji^ !>^> jl OLUJ jAp-t S^J 

i. U^bl.-2. jA>. 



bienheureux Barsaba recevait la couronne du martyre. Une autre croix pa- 
rut aussi sur le bois ou fut crucifie le martyr Nathaniel 1 . Un myrte parut 2 
a Tendroit ou fut martyrise Aithalaha (Jabalaha). Les malades du pays de 
Nouhadra en prenaient des parcelles et recouvraient a Tinstant leur sante. 
Cinq ans apres, les mages en eurent connaissance et le eouperent. (Test ainsi 
que Dieu fit apparaitre de la terre le signe de la croix a cette epoque de la 
domination persane, sous laquelle on massacrait les chretiens; et cela pour 
ralfermir les coeurs des chretiens et pour attacher de plus en plus a la foi les 
fideles de toutes les provinces de cet empire. 



LX1I. HlSTOlRE DE 'AbIIISO' QUI RATIT UN COUVENT PRES DE HlRA. 

Originaire du pays de Maisan, il'un certain village appele Arphelouna, 
saint 'Abdiso' se rendit a Dai'r-Qoni, pres de Mar 'Abda 3 . 11 fit a son ecole des 
etudes approfondies. Un jour, il alia du monastere au Tigre pour y puiser de 
l'eau. Or ce fleuve etait loin du monastere; Ton y descendait ditlicilement. II 
trouva la des femmes qui puisaient de l'eau. Elles l'adjurerent de remplir leurs 

1. Probablement Natlianiel de Saherzor. Cf. LU>re de la Chastete, n° 67. S. — 2. Cf. 
Bedjan, Acta mart., II, p. 391-392. S. — 3. Le commencement de cette histoire se 
trouve dans Gismondi. op. laud. y p. 12-13. N. 



[199] LXII. — HISTOIRE DE 'ABDISCT QUI BATIT UN COUVENT. 311 

Uli ^-*JI J>^Y jj-s j£ JUir jl .*0 JUs -iS^>- U* <cJUi ,^»-lr l-v-c ^» 

^j^C-j .<UI jj^iiL fcp-YI • <— **J3 Jj**N d>-J>3 -J^ J^.3 ^* — r" J^ 

<^L*s L dAJi t^LXSI (3 jl^ Lis .a,, \j ^ a ^Jz> j^A* ^3 jUI 

jl£j .aJ Ij^U'I ^L^>- 4JI ^3 ^jl Jl ty^J -^.^r^^ o* 

^ y&\* I L^l <Cj>-1' Jl ^-^3 ^ 'Ajp 3 ' ^3 ci^ ci ^3-*««aA> "C I <L> <Jj*\ 
.^J*lJI ^ S^O A3 J. ^3 . J^J\ ll& ^1 plk- ^ v ^o < ^-jU 

.l^l^ j^wj ^ -U-IJ3 jUL* jjijl Jl ^^3 fca»J ^.-^1 Jj^ |V 

* ^H.-tr*-** j^3 • (jl^r^* J* • JJ*A?UsJ) L^ojI) fc^-i- JusaJ'lj + A p. 31 

• ^3 .IjXaI -Wilj 1^-^ IfJ ^Islj .J^pJlj J i>i>f^ Jl J-^l <j T^r>3 
1. ^o^s C^-j. 



jarres; ee qu'il fit. De retour an monastere, il fut blame par Mar 'Abda 
d'avoir tarde si longtemps. II lui raconta ce qui lui etait arrive. Mar 'Abda lui 
dit : « Si tu dois tout faire a cause do l'adjuration, je t'adjure, 'Abdiso', par le 
Christ, de te tenir debout, au milieu de ee four. » Le bienheureux Wbdiso' 
signa son corps et le feu du signc de la eroix, puis eutra dans le four et se 
tint debout, au vu de tous les freres. Les flammes s'apaiserent aussitot, et 
nc eonsumerent rien de ses vetements. A la suite de ce miracle, il s'en- 
fuit de cet endroit pendant la nuit et se dirigea vers son pays natal. 11 y 
batit un monastere oii se rcunit une foule de personnes. Sa famille et ses 
parents venaient chez lui a tout instant. II abandonna, pour ce motif, le mo- 
nastere et s'en alia au pays de Baksaya, pres du village de Beit e Arby (?). 
Bahram Farmansah, revenant de Seleueie-Ciesiphon, passait par ee village 
et etait frappe de la consideration dont jouissait cet homme et du grand 
nombre des disciples reunis autour de lui. II abandonna encore ce monas- 
tere et se retira dans le pays de Maisan ou il eonvertit Rimioun et ses 
environs. 

* Sa reputation arriva jusqu'au eatholicos Toumarsa qui le consaera eveque * a p. :u 
de Deir Meliraq Les habitants de eette province etaient rebelles : 'Abdiso' 
les ramena au droit chemin par sa douceur et sa bonne administration. Puis 
il fut maltraite par eux. 11 leur laissa sa chape et son baton et partit la unit 
pour une ile de Yamama et de Bahrein. II y meua une vie solitaire et baptisa 



:U2 niSTOIHK XESTOUIKNNK. r200' 

^3 S^-sdl -L^Sj ,li>o^.9 ^2l£> ^ <LlJ ^IjVI ^3 lj-^3 lULsj £L~_<J1 ^^>JI 

1. Ui jt? ljU ; . 



ses habitants. Ensuite, il y construisit un monastere. Un jour, on lui presenta 
unpossede qu'il guerit. Le demon lui dit alors : cc Tu m'as chasse de cet endroit ; 
ou veux-tu done que je m'en aille? ■ — ■ Porte cette pierre, lui repondit le 
bienheureux, et va an desert des fils d'Ismael. » Le demon executa cet ordre 
et rovint dire au saint : « J'ai porte la pierre a l'endroit que tu m'as indique, 
je 1'ai mise a trois milles de la ville de llira qui se trouve a l'entree du de- 
sert. » 'Abdiso 1 lui dit : « Tu ne quitteras pas cette ile jusqu'a ce que j'y 
aille pour constater la verite de ta parole. » En cette nuit meme, il eut une 
vision pour se rendre a l'endroit ou la pierre avait ete mise et y batir un mo- 
nastere. Le saint partit de l'ile appelee aujourd hui Ramath qui se trouve a 
dix-huit parasanges d'Obelah, et se dirigea vers Hira ou il construisit un mo- 
nastere. Sa reputation se repandit au loin et Ton se mit a aflluer pres de lui. 
Quant au demon, il resta emprisonne dans Tile. Les hommcs de ces regions 
Lentendaient crier : cc Seigneur, il ne viendra done pas? Jusqu'a quand dois-je 
Tattendre ici ? » Puis le saint retourna au monastere fonde par lui a Maisan 
afin de baptiser ses enfants. La il rendit son ame. 



[201] LXII. — HISTOIRE DE QAYOMA, LE TREIZIEME CATHOLICOS. 313 



dJttll y>j JfJTUdl ^ 



LXIII. HiSTOIRE DE QaYOMA, LE TREIZIEME CATHOLICOS. 

A la mort du Gatholicos Toumarsa, Qayoma lui succeda Pannee neuvieme 
de Bahram Farmansah 1 . G'etait un homme avance en age. Malgre sa vieil- 
lesse et la faiblesse de son corps, il ne cessa d'administrer les alfaires de ses 
ouailles jusqu'a l'avenement de Jazdgerd l'impie. II choisit alors Isaac (Ishaq), 
parent de Toumarsa, pour etre catholicos a sa place. Et, de concert avec les 
Peres et les fideles, il lui laissa l'administration. 

Qayoma garda sa cellule et dit : « Comme Dieu rendit a ses sujets la tran- 
quillite et eloigna d'eux Texil et la persecution, il faut confier la direction de 
leurs affaires a un homme peu age, capable de les diriger et de les gouverner 
comme il convient. » Puis Qayoma mourut la troisieme annee de Jazd- 
gerd 2 . 

LXIV. — Histoire d'Arcadius et d'Honorius. 

Apres Theodose, ses deux fils Arcadius et Honorius monterent sur le trdne. 
lis gererent a merveille les affaires de Pempire et marcherent sur les traces 
de leur pere. lis avaient ete baptises par Epiphane (Aqaqsis), eveque de Ghy- 
pre, et eleves par TAbbe Arsene, celebre par son nitrite et sa vertu. 

1. En 397 (jusquen 402). D'apres Bar Hebraeus en 394. N. — 2. Sic Gismondi. p. 13. X. 

PATR. OR. — T, V. 21 



314 HISTOIRE XESTORIHXXK. [202] 

OtUls rloj£ jl£ Ails v_ii^Vl 1 <J ~ T ~aJ\ Loli .^jLjl JJaiJt jj r LJl ^Yl UaC 

^^Jl (j oYUu Juxj . |^-wJI pJ-jiJ Lcl jj LLiu.1 j^— 4 ^ v^J"l Ui 

J*f- j LJu jl^j ^ji j aJ ji^j .o- Sytc. ^^-j <JL JtLcj ^^[^J! JJU 5>LaJlj 
■C -lJ LiL-l ajt jjj^C^l ^^iLJ yjllo-Jf ^L-U . L^L- w>Yl -L^Jj' 'M^iaj aJ JLcl, Ll« 

u.u .^Lu* >ui A_i; ^ %2yb ji^j .^^a* ju^i ^j^^.j— »J y Jl£ 

l-L* -Lrr-^ if*'-** -tfLa.* 3 ^ <*s* ^ ^J^*-*»|) ^^iJ ^^v! 

1. ^ W j : JlliL — 2. Oratio p^»oj.. — 3. — 4. ai^. — 5. ^jJlLs). 



L'eveque Epiphane etait d'origine juive 1 . Mais Dieu le choisit comme il 
avait choisi Paul et fit eelater autour de lui une lumiere ehlouissante. Il recut le 
bapteme a Page de dix-sept ans et embrassa la vie monastique. A Page de 
soixante ans, il fut elu eveque et pasteur des brebis du Christ. 11 composa des 
traites, des homelies sor le jeune et la priere. 11 veeut cent quinze ans. II avait 
un compagnon, du nom de Natira 2 , disciple du Pere Sawena 3 , qui liabitait 
le Mont Sinai. Timothee, eveque d'Alexandrie, consacra Natira eveque d'une 
ville de PEgypte, du nom d'Assurilious \ Lorsqu'il vivait encore dans la soli- 
tude, Natira prenait un peu soin de son corps. Mais, une fois eveque, il mena 
une vie plus austere et plus mortifiee Son disciple lui en demanda la raison. 
« Quandj'etais au deseTt, lui repondit-il, je prenais soin de mon corps pour 
qu'il ne fut pas atteint de la maladie; mais maintenant que je suis retourne 
au monde, j'ai besoin de me mortifier et d'alfaiblir mon corps afin qu'il ne 
tombe pas dans les pieges et les nombreuses tentations. » Puis, ce saint se 
* a p. 32 joignit * a Epiphane pour guerir les malades et chasser les demons. 

L'Abbe Arsene etait parent de l'empereur Theodose. II avait mille 
esclaves a son service et jouissait d'une grande fortune . Mais il demandait 

1. Cf. supra, cli. i.vi. N. — 2. Ceci est tire des Apophthegmata Patrum. Migne, 
Patrol, lat., t. LXXIII, col. ( J18, ecrit Nathyra. 13edjan, Parad. Patrum [Acta mart., 
t. VII), Paris, 1897, p. 845, porte aussi j-h^o. Le grec porte Nerpa et Naxripa, Migne, P. G. f 
LXV, 312. — 3. Lire « Silvain ». N. — 4. I/auteur songc sans doute a Oxyrynque, mais 
les autres textes portent Pharan et ne mentionnent pas PEgypte. N. 



[203] LXIV. — HISTOIRE D'ARCADIUS ET DHONORIUS. 315 

. ^jf*z> ^j* O < j~JL- jll .'■l^-JI LT^? (^***" ^ '^Joca ^ ^»IjV1 

. A-^bAJI ijsjb ^jJl * V^/i Jr^* '^..J**. (J^ ^J^S ^ ^ ^-rlr 3 

^LLr ^ l^^o >U *LJ1 ^1 *Jo iu^.j .^t ft Tjj J^_5 j^J\ 

AjsjLlJ aX&I il L'-Cw <u^-j <Jx& pJi LlJS j| jIj ajT^, ^ d&^j 

J ,<Ll~ (J^^ *£!>*^ J f^* ft LL^Ij JoljJI 

^-Ic- <_TjAl^-VI A-^-Uj ,C- Jj-" - M^"f" U^* 3 ^ ^j^ 3 -* y. (3 J • j^-^jI 



toujours a Dieu de lui indiquer la voie de la vie pour la suivre. Un jourqu'il 
etait chez lui, il entendit une voix du ciel, qui disait : « Arsene, fuis les 
homines et tu vivnis 1 . » II abandonna alors tout ce quil possedait, se retira 
dans le desert de FEgypte et embrassa la vie monastique. Sa figure etait belle 
et sa barbe bien longue. Lorsqu'il entrait a feglise, il se placait derriere un 
pilier pour se derober aux regards des fideles 2 . Le samedi, au soir, il se te- 
nait debout a feglise, ayant le dos tourne au soleil et les mains vers le ciel : il 
gardait cette attitude, sans mouvoir ses membres, jusqu'au dimanche 3 . A 
cause de la fatigue, son corps se dessecha sur ses os; les cils de ses paupieres 
tomberent ; mais son visage, semblable a celui des anges, brillait d'un vif 
eclat Enfin, il fut frappe d'une maladie dans le desert d'Egypte et n'eut plus 
la force de faire quoi que ce soit '. Notre-Seigneur lui aceorda, de son inef- 
fable bonte, la grace de quitter ce monde ephemere et d'oceuper une desmeil- 
leures places dans le monde a venir. 11 veeut cent douze ans, dont quarante 
sur le trOne 6 , soixante a travers le desert et les montagnes d'Egypte, dix aux 
environs d'Alexandrie et deux au lieu appele Troa ou il mourut Que ses 
prieres protegent tous les fideles. 

1. Migne, lat., t. LXXIII, col. 801. — 2. Migne, Ibid., col. 955, n° 10. — 3. Migne, 
Pair, lat., Ibid., col. 941. — 4. Migne, Pair. lat. y Ibid., 794. — 5. Migne, Ibid., 888, 
n°7. — G. Sic Gismondi, p. 13, mais a tort. N. — 7. Cette chronologic provient encore 
des Apophihegmata, Migne, Ibid., col. 955 : Moritur autem annoruin nonaginta quinque. 
Hie fecit in palatio divae memoriae Theodosii imperatoris majoris... annos quadraginta 



31G 



II1ST01RE NESTORIENXK 



[204] 



ptj pj I Ju? jyC ^ .0^ j^^Jl jiC <^?3& 

Cc j .jv^JI j^i^vj^I p^i^]* ^liiiwl jl^ .p^C> aJasI U ^pi>c^lj j^jClji 
i. ilLUI. - 2. . 



LXV. HlSTOIRE DU ROI JaZDGERD. 



Apres Bahrain (Varhdrdn), Jazdgerd l'impie, son frere, monta sur le tr6ne. 
II conclut un traite de paix avec les Romains. II offrit sa main a la fille du 
roi des Hephtaristes et la conduisit chez lui. Puis il i*echercha Tassassin 
de son frere. II se montra tres dur a regard des chefs de son royaume et 
abaissa leur credit. Mais quelques-uns de ses amis desapprouverent sa ma- 
niere d'agir : « L'edifice, lui disaient-ils, ne peut subsister sans fondement. 
S'il n'a pas de fondement, comment peut-il tenirdebout? Des le debut de ton 
regne tu as maltraite les chefs de ton royaume et, ainsi, tu les as grande- 
ment attristes au lieu de les rejouir; a quoi veux-tu aboutir? » Le roi leur 
repondit : « Vous avez massacre les deux rois et merite des lors ces mauvais 
traitements. Je serai bienveillant si vous prenez le droit chemin. » Gette con- 
duite le fit craindre de ses sujets; et son autorite s'atl'ermit. 

et in Scythi fecit annos quadraginta et decern annos in loco qui dicitur Trohen supra 
Babyloniam contra civitatem Memphis et tres annos in Canopo Alexandriae; alios duos 
annos iterum in Trohen ((jo^, Bedjan, Acta mart., VII, p. 499; et Tpwr, dans le grec) 
fecit. Tous ces passages se trouvent dans la version syriaque (ed. Bedjan) et sont reunis 
dans le texte original, Migne, P. G.> t. LXV, col. 108. N. 



[205] LXVI. — IIISTOIRE DE MAR ISAAC, QUATORZIEME CATHOLICOS. 317 



flij .olj^JI ibLaJlj fj-^sA) Cj>U L^j CJU- ^?ls oVl IJLft jl£ 
^^yUl j ^jUaJI Jp^. ^* f-3~^ o^- A "* J ^ <-^l3 -f^ Jr** 3 ^ jj-«L 

^sKjj pjlkll ^JLJj *T^YL Uj-d ir^Jl LJl LJlj .iLijl ^>U j;l_J dUUI 
dike! 

^ jJj pJt-^i JpsJj La p^V . ctU ^LJI jlw 

dUi <JLj .^b j^l jl£ <5CLJ! A-a? ^1 p^Uifel ^1 *YjU 



LXVI. IIlSTOIRE DE MaH ISAAC (Ishdq), QUATORZIEME CATHOLICOS 

Ce Pere etait bon, vertueux, savant, misericordieux, thaumaturge, appli- 
que au jetine et a la priere. 11 gera fort bien les alTaires de son peuple. Arca- 
dius, empereur des Romains, ayant eu connaissance de la persecution dechai- 
nee en Perse contre les chretiens , s'en attrista ct ecrivit a Jazdgerd une lettre 
dans laquelle il lui disait : « Si Dieu a remis entre nos mains le pouvoir royal, 
ce n'est pas afin de nous procurer le bien-etre personnel, mais afin de gouver- 
ner nos sujets avec justice, de dompter l'oppresseur et de retribuer les bien- 
faisants, chacun selon sonmerite. Tu n'adores pas Dieu! pourtant il t'a accorde 
une part assez large du royaume terrestre; il t'a soumis sa creature; il t'a 
eleve au trone! II n'est done pas juste qu'on maltraite ainsi les chretiens de 
ton empire, qu'on les pille et qu'on les massacre. S'il est vrai que cela arrive, 
la plupart du temps, a ton insu, il n'en est pas moins vrai que les tiens le font 
toujours dans le but de les pressurer et de leur enlever ce qu'ils possedent. 
Sache que cela attire sur toi la colere divine et la haine des hommes. En efFet, 
quand les hommes viennent a savoir ce qui arrive a leurs semblables, ils le 
desapprouvent et le trouvent monstrueux. Ges gens-la auraient plus de 
profit, s'ils cherchaient a poursuivre l'ennemi et a introduire la reformc dans 

1. Ce chapitre se trouve dans Gismondi, p. 13-15. II est abrege el modifie par 13ar 
Hebraeus, Chron. eccL, II, 45-51. N. 



318 niSTOIRR NESTORIKNXE. [206] 

^LaJUY) ^^JLj .s^sojj j^j^lJI ft lVl IjjjU ^ j^ls 0^.5 

IjAJLi .^jUJI *LVI <3L.> s^/J . Qju-j^ C'j^k* J j*>J j^-^k ,>}LJI JLfi. J 

^j-^JLCj ^-^-^f^JI ft lVI ftVjt* ^j* ^2>cm ^jjbj Jpe~*l <J^3 b 



A p. 33 Tempire. » Puis il lui demandait * de se montrer favorable aux chretiens, 
d'arreter la persecution dechainee coutre eux et de permettre la restauration 
des eglises. 

La Icttre fut portee a Jazdgerd, alors malade, par Marouta, eveque de 
Maiferqat (Miapherqin), envoy e aupres de lui, par Tempereur, dans le dessein 
aussi de le soigner. A son arrivee chez lui, Jazdgerd eprouva une grande joie, 
acceda a sa demande et lui envoya des presents. La persecution prit fin et la 
paix fut rendue aux chretiens. Jazdgerd adressa ensuite au catholicos Isaac 
des paroles capables de le rassurer et de calmer son cceur agite. 

Isaac (Ishaq) profita de la presence de Marouta pour convoquer un concile 
afin de decreter Ics canons necessaires a Fadministration de FEglise orientale, 
comrac cela eut lieu souvent en Occident. Marouta presenta a Jazdgerd la let- 
tre des Peres occidentaux, dans laquelle ils le priaient de reunir les eveques 
et les metropolitans a Seleucie -Ctesiphon (Al-Madain). Jazdgerd acquies^a a 
cette demande et se rejouit de la conclusion de cet accord entre les deux 
empires. Puis il ccrivit aux siens et leur enjoignit d'envoyer a Seleucie 
(Al-Madain) les eveques de leurs provinces. Et la onzieme annee de son 
regne a Noel 2 , quarante metropolitans et eveques se reunirent a Seleucie. 
Alors on donna lecture de la lettre des Peres occidentaux; ils n'hesiterent pas 
a Faecepter. Puis, en presence de ces Peres, Isaac et Marouta redigerent 
vingt-deux canons pour les besoins de FEglise. Et tous, de plein grc, donne- 

1. En 410. S. — 2. Les actes du Synode {Syn. Orient., p. 256) portent que la reunion 
des eveques eut lieu en la solennite de l'Epiphanie. S. 



[207] LXVII. — HISTOIRE DE JEAN CHRYSOSTOME. 319 

Jpt>-I ^llL-l} .jj.«VI JUflliLlwIj JaJitdl Jljj .^1«jV1 (wiJ'w L-J 

Cj *(^^ ^ L ^ ^ ^J-^ . l-U-li AiLJju l^-i ^c-j^. ^-\j3 



rent leur adhesion, signerent ces canons et decreterent qu'il fallait sy con- 
former a Tavenir. Ainsi tout schisme etait ecarte et la tranquillite retablie. 
Isaac mourut bientot, dans la douzieme annee du regne de Jazdgerd. Son pon- 
tificat avait dure onze ans. 

LXVII. — IIistoire de Jean (Youanis) Chrysostome 1 . 

Nectaire (Noupkalrus) etait reste dix-sept ans sur le siege patriarcal de 
Constantinople. Apres sa mort, Arcadius fit venir d'Antioche Jean surnomme 
« la bouche d'or » a cause de son eloquence et l'eleva au patriarcat de Cons- 
tantinople. II etait parent de Theodore Finterprete. 11 embrassa la vie cenobi- 
iique dans un monastere, pres d'Antioche, ou se trouvaient Flavien (Flauia- 
nous) et Diodore (Diodoiirous) Fexegete. 

II fit ses etudes aupres de Diodore et de Libanius le philosophe. Puis il 
habita line caverne durant quatre ans. II composa deux volumes de commen- 
taires sur Matthieu et deux autres sur Jean ainsi qu'une explication des Epi- 
tres pauliniennes. II composa ces commentaires d'une fa^on didactique. A la 
fin de tous ses traites, il donnait des exhortations. II composa des homelies 
sur les fetes et le sacerdoce; il en ecrivit d'autres pleines de remontrances 
adressees aux heretiques. II etait aussi zele" que le prophete Elie. II s'attira 
Finimitie et la haine de l'imperatrice Eudoxie, parce qu'il 1' avait blamee d'a- 

1. Gismondi resume en trois lignes les chapitres lxvii et lxviii. N. 



320 IITSTOIRE NESTOR I ENNE. [208] 

1. ^yliil. — 2. ^1. 3. — ^jtii!. 



voir mis la main sur la vigne d'une veuve et qu'il Tavait appelee la seconde 
Jezabel. 

Theophile d'Alexandrie et son neveu Cyrille, plus tard successeur de son 
oncle, porterent envie a Ghrysostome et se proposerent de Tattaquer. lis 
reunirent vingt-neuf eveques qui l'accuserent de s'appuyer sur les eerits d'O- 
rigene, par la raison qu'il les expliquait et les lisait constamment, et deci- 
derent Eernpereur a Fexiler. Celui-ci le relegua, en effet, dans la Gappacloce. 
Mais cela causa un grand tumulte parmi le peuple. L'empereur fut oblige de 
le rappeler de son exil. Chrysostome ne cessait pas de reprendre l'imperatrice 
qu'ii comparait a Herodiade (Hiroudia). Elle eut connaissance des reproches 
adresses eontre elle; elle s'en plaignit a Theophile et a d'autres eveques, en- 
nemis de Jean. Geux-ci le deposerent et l'excommunierent. Epiphane (Aphiqus), 
eveque de Chypre, signa son excommunication. On le condamna ensuite et on 
Tenvoya dans le Pont (Phetamaus). Son patriarcat avait dure sixans'. Depuis 
son entree dans le sein de la vie religieuse, Jean ne jura pas et ne gouta 
jamais le vin. II fit contre Epiphane cette imprecation, qull n'arrivat pas 
vivant a sa ville. Gelui-ci en fit une autre, que Jean ne revint plus de son 
exil. Gela se realisa a la lettre. Epiphane mourut en route pour Chypre. 
A p. 34 L'Interprete (Theodore de Mopsueste) fut mis au courant * de ce qui etait 
arrive a Jean. II ecrivit a Arcadius une tres belle lettre en faveur de 

i. Patriarche le 26 fevrier 397, il fut exile le 9 juin 401 et mourut le 14 septembre 
407. S. 



[209 1 LXVIII. — HISTOIRE DE JAHBALAHA LE MOINE. 321 

Jl* ^.9 J^J^- ^ J>* ^rL/^i J ^5 . JjX-VI j ^ fjAJI 

.UiaC Lo [fi ^13 .^jJI i-Lijlj UVU (j^^JI ^ pt' J^-=^ jj-f^^. 
.^w^JI ^-Lr^. ^f— ^1 ^J^^" (^'^ i/!.^ (5*** A*Jlj jlXcJj 

i. Recitare officium liturgicum — 2. Hora pp.. 

Feveque persecute. Mais Fimperatrice ne laissa point Arcadius agreer la de- 
mande de l'lnterprete. Informe de ce qui s'etait passe, Jean ecrivit a celui-ci 
pour le remercier de sa lettre. II mourut deux ans apres, en exil. 

LXVIII. IIlSTOIRE DE J.VHBALAHA LE MOUSE , ELU CATHOL1COS 1 . 

A Fecole de Mar 'Abda se trouvait un homme vertueux, du nom de Jahba- 
laha qui signifie « don de Dieu ». 11 fit d'excellentes etudes et surpassa tous 
ses condisciples. Pres du monastere de Mar Ezechiel le prophete se trouvait 
un village appele Daskart d'Abiso, dont les habitants avaient ete convertis 
par le savant et vertueux Mar 'Abda. lis prierent ce dernier de leur envoyer 
un homme capable de leur apprendre ce dont ils auraient besoin. Mar 'Abda 
confia cette mission an bienheureux Jahbalaha, qui se rendit pres d'eux et y 
construisit un grand monastere; mais il en eprouva bientot du degout, et, 
preferant la solitude et la vie retiree, il eleva, a peu de distance de ce pays, 
un autre monastere sur les bords du Tigre. Les freres entendirent parler de 
lui. Et Ton commenga a affluer pres de lui de tous cotes. Voyant le nombre 
des freres augmenter considerablement, il les divisa en trois groupes; il or- 
donna a chacun d'eux de psalmodier, pendant une heure, les sept heures ca- 
noniques, et de ne se retirer qu'apres avoir termine la psalmodie. Le groups 
suivant devait succeder au premier afin que la priere ne fut jamais inter- 
rompue; et cela pour imiter les anges. Et une fois le premier groupe con- 

1. Cf. Mari, p. 32. S. 



322 IIISTOIRE NESTORIENNE. [210] 

p^a* { j^a S}La)l (Jj^ liLi .^5Cj>UL f^^* IjJ *}La]| ^4?^.: r 

^ jb^tJlj 1 t^j-^"^ *u-Xi>- p^*^^ **!y^ ^ {J^b *-^Jl CUo 

^ jLjJI J^L> ^ ^=»-VI £LDI ciljj ^1 Ij^U .^j^j J-^U jj^cj 

.^ia,<J Liy^L J^*i .OLa lyUlwjj UVll ^?yS\ ^Ul J^sii . jUJI dlU J ^IaJ) 
. *^>t^ (j-* V ^ V^**"!. lX l?^ (j ^-^Ji» jl^l lil J^sOJj jl^j 

.iojJjiC-Vl d^aJ ^j^Ljl fc-U^lj *LaJL)I 4_<L.}U)I ^Jb-l* JJLlw jl^j 

^ l(JI ^a> ^1 Lljl ^JT^i ^Jl fcU'j .^Jx- fcj^C -li^Jj -^(^ ^ ^iJ^9 

t^yS^ ^y^s^A Jask (jiJI U jL UyJl jl5>J .*^>-j pT ^U'ls .^J^J 

1. ,Ij yd! ^c! i.irmf. — 2. ? i^Jail J, ^l^" ^13! ^^Li)! (^!>s>. — 3. Sic. 



gedie, quelques-uns des freres devaient se rendre a la salle de la semaine\ 
d'autres a la salle de lecture et de classes; d'autres se devouaient an service 
des etrangers et des pelerins; d'autres, enfin, pouvaient se reposer. Puis ils 
retournaient a la priere; apres quoi un autre groupe leur suecedait, toujours 
dans le raeme ordre. L'abbe Mar 'Abda avait soin de visiter les freres aux 
heures indiquees et de surveiller leurs exereiees. 

Vers cette epoque la pluie fit defaut. Les habitants de Tendroit sol- 
liciterent la priere de Jahbalaha. Gelui-ci fit des rogations, et la pluie des- 
cendit sur la terre. En passant par la pour se rendre en Perse, Jazdgerd 
etait confondu dy voir une foule si nombreuse de personnes. 

On eomptait parmi les philosophes et les docteurs de ee temps-la, qui se 
trouvaient a Rome, a Chypre et a Alexandrie, Namesius (?) le philosophe. II 
professaitla doctrine des anciens philosophes. Mais il recut le bapteme de la 
main d'Athanase (Athanasius), patriarche d'Alexandrie, et a la science philo- 
sophique il joignit celle de l'Evangile. II combattit Valens (Walis) et Claude 
(Galadis), son general. II les fit preter serment de ne rien faire (?). Mais ils de- 
chainerent eontre lui une tempete de maux qu'il supporta avec patience. Puis 
il fut exile au desert d'Awasa 2 , oii fut exile Mar Nestorius. II y sejourna 
pendant quatre ans; puis il revint chez lui. II y avait a Edesse Mar Aba qui 

1. C'est-a-dire a Tendroit ou les moines s'occupaient de la cuisine. S. — 2. L'oasis 
en Egypte. N. 



[211] LXVIII. — HISTOIRE DE JAIIBALAHA LE MOINE. 323 

AjT v^5>-L? (j-^-J^ ftVjU> <J-SJ . j-jJ two-US' *^^«A-sl . ^Jfe-Ul p3 ^^.jljj 

^ aW^JI £kVI Jl&Jlj .^kJI ^Li*V oVUoj ^-^.Jl j^JI ^ oUl^ll 

fc-L^Jj* ^j^tolj f <*£"^ Ajj-C^-Vi <^|jki ^jjXL-sJI *(*-5^ <j-* 

.jv>^sl jU . JpAsdl (J^—l (j^-i-dl (J.5 ^ <J^J 

'^q-XJIj ^LoYlj ^ylj clj-UJI ^yi^j ej-j^JJj Ik-Jij [3 fcl jyJI cJ^J 

A** jl*^ <J^ (J Ir*^ C^jl-Uj (J j^jL-lklo * A p. 35 

1. i^** — 2. (Jj'it. - 3. ^o^jUJ'. —4. Apostolus 



lutta contre Maxime (Maximus) l'arien et devoila ses erreurs; Parphyrios (Mar- 
qourus) cTAntioche, qui composa un livre sur le symbole de la foi et confirma 
celui des 318. Avec l'aide de celui-ci et d'Acace (Arqadis) d'Amid, le catholicos 
Isaac et Marouta prononcerent les canons applicable* au pays d'Orient. II y 
avait aussi Theophile (Teophilm) dWlexandrie, Diodore (Diodarus) de Tarse, 
Jean Chrysostome, Epiphane (Aphiphis) de Chypre. Quelque temps auparavant 
il y avait Eusebe de Cesaree, qui composa un livre sur F apparition divine, un 
autre sur le portrait du monde, une histoire ecclesiastique, le chronicon, un 
ouvrage sur les depositions contre le Christ et des traites sur la cessation de 
la pluie. 11 rejeta la croyance orthodoxe; puis il se convertit et fut recu par 
Silvestre (Salbastrous), patriarche de Rome, qui convertit le vertueux empe- 
reur Constantin et une foule de Romains. II y avait aussi Alexandre (Alexan- 
drus), patriarche dWlexandrie, qui frappa Arius d'anatheme; et son disciple 
Athanase qui lui suoceda et nous laissa plusieurs livres. En Orient, il y avait 
le catholicos Isaac; mais, avant lui, on comptait Mar Ephrem qui fit le com- 
mentaire du Pentateuque, des livres de Josue, des Juges, de Samuel, des Rois, 
de Job, de tous les prophetes, des epitres de Saint Paul, et du livre de Bariamin 1 . 
II fit une refutation de Ilaphtus et de Bardesane. II expliqua * le Diatessaron, * a p. 35 
refuta les Juifs et nous laissa des hymnes et des homelies sur divers sujets. 



1. Les Paralipomenes. N. 



324 HJSTOIRE X E S T O R I E N N E . [212] 

jU>j .oL*3 1^ ^JLfr <*>jl ^^jlaJu- y>\ J^-^jl 1 £j jAl^L-VI A-^^Li j 
.^j^-Jjjib villi <J*a)1j .^ fr LVI . Ut-r>w Cl«^« 0^3 ^ j'yi'l 

A.r^ J1J3 . JJL pii .*LwwVl ^ laiLj jl «*JU>j <*j"U <J1 ^iCli 

tj .J^L-Jl ^Afc ^1/% Ir*^ ^J^^T A__£J AJj-Uo jj-aJI <^ 

Apres Jean (Youaiiis), le siege de Constantinople fnt occupe par Arsacc, 
frere de Nectaire (Saqtus), qui ny passa que quatorze mois et mourut. Atticus 
qui etait bien orthodoxe lui succeda. II retablit le nom de Jean (Youanis) dans 
les dipt) T ques des Peres. Gyrille condamna cet acte, ecrivit a Atticus pour le 
blamer et lui demander de rayer des diptyques le nom de Chrysostome. 
Atticus s'y refusa. Avant sa mort, Atticus envoya a Cleophas, pretre de Nicee, 
300 pieces de monnaie d'or pour etre distributes aux pauvres. Puis il mourut 
le dix octobre apres un pontifical de vingt et un ans, 

LXIX. HlSTOIRE d'AhAI, LE QUINZ1EME CATHOLICOS 1 . 

Ala mort d'Isaac, Marouta de MaiferqaJ; choisit a sa place, comme catho- 
licos, avec le consentement des Peres et de Jazdgerd, Ahai', disciple de Mar 
Abda. Avant son election au catholicat, son maitre l'avait etabli supe>ieur 
du monastere de ses ecoliers. Eleve au pontificat, il jouissait d'une grande 
faveur aupres de Jazdgerd. Peu de temps apres son elevation au catholicat, 
Jazdgerd l'envoya en Perse a cause des marchandises et des perles transpor- 
ters sur des navires, des pays de Tlnde et de la Chine, et que Nahrouz, fils 
de son frere Sapor, gouverneur de Perse, pretendait avoir ete volees par les 
pirates, — pour que le catholicos se rendit compte de la veracite de ces 
allegations, et lui en fit son rapport. A son arrivee en Perse, le catholicos 

1. Cf. Mari, p. 31 ; Amr, p. 25-26. S. Bihur, dans Gismondi, p. 15. S. 



[213] LXX. - HISTOIRE DE L'EMPEREUR THEODOSE LE JEUNE. 325 

^ j\b J^WI J^J UJj .A* *Xol U vJ UjiJ^l (j^aiJl jl ^j-jU) 

^Lcj c-^j .1^15 j^lj j^.Lw J IjAj-iL-l ^-*JI ^JyiJI jjJ JU 

Jl\ JI-ATUJI f X& . C£ J J Jo ia^o 3 fcX£ ^ii^J ^ U ^3^*3 . J ^ ^ J>\ 

a&\ ^t_J Cljj ^il iu-j <C~U ^'l^J . AJal J I A*C ^ 1 £**jl£J* UaiJ J-*XJ 

.^i^aJl cilLJl ^^^liU' jrf* y. 

1. Historia — 2. ^/^ji?*- 

demanda ou se trouvaient les tombeaux des martyrs massacres sous Sapor et 
s'informa de la cause de leur martyre. 11 consigaa dans un ecrit les traditions 
qu'il recueillit sur les martyrs de ces regions et revint aupres de Jazdgerd 
auquel il raconta ce qu'il avait vu. II eut plus de credit aupres du roi et ob- 
tint de celui-ci une autorite considerable dans Fempire. II demanda alors a 
tous les Peres d'incendier toute maison entachee de sorcellerie ou renfer- 
mant des instruments de magie ; car les Chretiens s'etaient deja meles a la 
foule des Marcionites et des Manicheens et participaient deja a leurs oeuvres. 
Puis il consigna dans un volume les recits des martyrs d'Orient. Daniel, fils 
de Mariam, fit de mcme dans son histoire ecclesiastique. 11 ecrivit aussi la 
vie de son maitre, Mar 'Abda. Son catholicat avait dure quatre ans, sept mois 
et quelques jours. Que Dieu donne a son ame le repos eternel ! 

LXX. — Histoire de l'empereur Theodose le Jeune 1 . 

Quand Arcade, empereur des Romains, mourut, au temps de Jazdgerd, il 
etait age detrente-trois ans etsonregne avait dure vingt-six ans, donttreize du 
vivant de son pere ettreize apres sa mort, The'odose, son fils, lui succeda sur 
le trone, en meme temps que son oncle Honorius, a l'&ge de neuf ans, en 7*21 

1. Le chapitre est mentionne en deux lignes dans Gismondi, p. 15. N. 



326 II1ST01KE NESTORIENNE. [214] 

J-IL« -L."^ j jLw* aJj aJU j J^-O ^ (J ' vl)t«3 . j^-jUdl 



d'Alexandre Les barbarcs se revolterent contre son oncle et se choisirent 
un roi. Mais de concert avec son neveu Theodose, Honorias envoya des 
troupes eontre eux et tua rennemi en revolte. Puis Honorius mourut en 734", 
age de trente-huit ans. II avait regne vingt-huit ans dont deux avec son pere 
et 26 apres sa mort. L'empire fut alors gouverne par Theodose. Du vivant de 
sa mere, il demeura orthodoxe et ne devia point du droit chemin. Mais, seul 
sur le trone, il en fut detourne par sa sceur Pulcherie (?) et Valentinien, mari 
de sa fllle (?), qui le determinerent a abandonner sa croyance et sa conviction \ 

LXXI. HlSTOlRE DE JAHBALAHA 1, LE SEIZIEME CATHOLICOS. 

A la mort d'Ahai, les Peres et les fideles se reunirent pour se clioisir un 
catholicos a sa place. Or Jahbalaha etait eelebre par sa vertu et son zele, 
corarae nous Pavons dit plus haut \ Jazdgerd le connaissait si bien qu'il or- 
donna de le nommer catholicos, ce qui eut lieu dans la seizieme annee de 
son regne \ Trois ans apres son elevation au catholicat, Theodose, fds 
d'Arcade, empereur des Romains, envoya avec Acace d'Amid une missive 
a Jazdgerd. De concert avec Jahbalaha, Acace fixa les regies necessaires a la 

1. Cf. Amr, p. 26-27; Mari, p. 32-33. S. — 2. Ou plutot 719 (408 de J.-C). S. — 

3. L'auteur fait allusion a la condamnation de Nestorius au concile d'Ephese. S. — 

4. Chap, lxviii. — 5. En 415. S. 



[215] LXXL — HISTOIRE DE JAHBALAHA I, LE CATHOLICOS. 327 
cr?V ^L>j-C<LV1 dJ^iaS ^fjLffi ^ ^1 Jj J-* <jr^ 

sistc uyiu **iji £~ji jj .^i ^i u^^y j ^ -v^i 

Ujjb JUs-j *j^f-j <LiL^> UYIL ^jui .<JI -ul jl Js^ jlsl ilail J^- ^^liLr 
£)L Jl ^Jil; Jl JL>3 Us .^l^t J o-^-j <ul ^1 j ^Ul^I cj'l^ 

V A^-lj ^liLLcl jlj ^VLoJl J£fe>\ ^ ^iJI -Uo J l^i&lj £*J| <9jcj 

j3 S c L_jsIj VL aJI ^-^3 aAJLc- j^^^Ij j-w ^_^j&^>Jt j j.-^*> 

*U jJU-j .^-^ Jl UYU fcj^r-aj'lj U Jl a^fOji w>U-lj -(j-^l 

jl^ U.C- 2 y=~2j>^jLkS ^ 'iSy^ ^3 ^nr'^^ ^ ^-^1 JUI j^lxdl 

^ J^ ^Us f-V ^i-f- ^>t^ j^U ^ IjjiIj ^jUaJl 

<*wU J-a3 .^^o jl UVLt JLi .<i pAs JaJl ^dU-J jjii-l, jl£ ^JJl ^IjuJI 



direction* de LEglise et des fideles, confirma les decrets des Peres occidentaux * a p. 36 
de Nicee et du catholicos Isaac ainsi que d'autres decrets; il ordonna de les 
observer dans leurs details. En cette meme amide, mourut Theophile pa- 
triarche d'Alexandrie, qui avait excommunie Jean Chrvsostome. Son neveu 
Cyrille lui succeda. Puis la quatrieme annee du catholicat de Jahbalaha, Jazd- 
gerd remercia Theodose au sujet de la deputation d'Acace aupres de lui. 11 lui 
envoya de sa part, a titre d'amhassadeur , Jahbalaha, porlant une lettre et 
des presents magnifiques. II ecrivit a ses amis de se mettre au service de 
Jahbalaha et de le combler d'honneurs durant son voyage. A son arrivee au- 
pres de Theodose, le catholicos lui remit la lettre du Roi et Lassura de Tor- 
thodoxie de TEglise persane, de Tunite de sa doctrine et de Tabandon qu'elle 
faisait des deux substances. Theodose admira rintelligence de Jahbalaha, 
lui ofl'rit des presents, une somme d'argent et d'autres cadeaux qui ne se trou- 
vaient guere en Perse, et il accorda a Jazdgerd tout ce qu'il demandait. De 
retour a son siege, Jahbalaha restaura Feglise de Seleucic (Al-Madaiit) et en 
batit d'autres avec les dons que lui avait faits Theodose. Mais Jazdgerd aban- 
donna bientot sa politique de tolerance et de bienveillance touchant les Chre- 
tiens. Son general Sapor les persecuta et detruisit leurs eglises. Le mal de tete 
reprit aussitot Jazdgerd ; vainement il se soigna : la medecine ne lui apporta 
aucun soulagement. II manda enfin Jahbalaha aupres de lui et implora sa 
guerison. La priere du saint lui rendit la saute. II cessa alors d'abattre les 
eglises et d'exiler les chretiens. Mais Jahbalaha demandait toujours a Notre- 
Seigneur — que son nom soit adore — qu'il ne revit pas 1'efTusion de sang 



328 IIISTOIRE NESTOR1ENNK. [210] 

IJajl* J La UYLL jl^j .(^jLaJI ^3 ^Ji ^ tlr* V ^ Jbb Jys 

*J1 W^:. ^j-* ^ ^^^Ji ^j^j 'Or^ cp**"*" <-a-L->sJI (J va* ^Jl^j . L»* 

Jf?J pr-« (3^"*" pc^ ^>-?^* pt'^ 5 ^ t£jLiljl i5**0 

j jt ^Jjt ^iyb <sj JUb U j| J^pOJi ^jJI ^wuJIj .Ult }L>ls 

^ JUS iiUs .jUl LUj <Li SjUI J jib ^jUaJl jl^J .wll JjUa J^VI 

^JJI ^Lojl j^L; jpsJ 4JL jl J\ dlli ^L ^Vl ^ .^Jl ^ ^ ^>oj> 
jl JL* L* jl^j .UVLl 'ilkl>J\ J jLi-l Jl ^jLaJI ^L^lj 

1. m-Jj^ ^^Ja3\. 



des fideles, et de le faire mourir avant. Sa priere fut exaucee et il mourut. Que 
ses prieres soient avec nous! Son catholicat avait dure cinq ans. Apres sa 
mort, Jazdgerd recommenca a detruire les eglises, a condamner les chretiens 
a Lexil et a dechainer une eflroyable tempete de maux contre eux. Plusieurs 
furent massacres; citons Rabban 'Abda, eveque de la Susiane (Al-Ahiuaz), 
homme vertueux et savant. La cause de cette persecution etait celle-ci : un 
certain pretre du nom d'Osee 1 avait detruit en Susiane le pyree voisin de 
l'eglise et avait eteint le feu, parce que les chretiens eprouvaient des dom- 
mages de la part des gardiens de ce temple. Jazdgerd en fut irrite et ordonna 
de demolir les eglises. Les choses resterent ainsi jusqu'au jour ou Isaac, 
patrice d'Armenie, lui parla en faveur des chretiens; c'etait grace a son in- 
tervention que les Armeniens s'etaient soumis a Jazdgerd. Jazdgerd fit ai- 
reter la persecution et apaisa leurs crainles. Dieu est notre aide. 

LXX1L — Histoire de Ma'na, le dix-septieme catholicos, qui fut depose 2 . 

Les chretiens avaient besoin d'elire un successeur a Jahbalaha. Ma na, 
metropolitain de Perse, savait le persan et le syriaque. II avait fait ses etudes 
a Edesse et traduit plusieurs livres du syriaque en persan. Jazdgerd le con- 

i. a**,, Bedjan, IV, 250. Cf. Theodoret, HisL eccl., V, 39. — 2. Cf, Mari, p. 33; Amr, 
p. 27-28. S. 



[217] LXXll. — I.1IST0IUE DE MA'NA. LE D1X-SKPTIEME CAT1IOLICOS. .129 
p^jl** j^f*^ Jy}^ jr? y^*-* •^'^k ^ *J •^r^J'J •^-'J^t 

J I .ctD.A> ^jLalil .LoJJ'U- ^.^i (jJjsls .dA-I^Ji>J ^ci^> Jt- jli Jlf-J 

dUS ^U-lj L IjJ J^l j^Xm { J&> 1zL~* lil U l^J Ju» 

JLftVt jl ^ .^l-teYI Jlij * ^rf^b ^ ^pJI C5Cl*^ J ia.L^ * A p. 37 



naissait, car il avait ete introduit aupres de lui avee Jahbalaha. Les ehretiens 
sollieiterent, pour l'eleetion de Ma'na, l'intervention de Mirsabur', chef de la 
milice, aupres de Jazdgerd; pour atteiudre ce but, ils lui offrirent une somme 
d'argent. Mirsabur les aida; il demanda une audience au Roi et lui dit : 
« Ma'na est un homme persan, capable de te servir. Permets qu'il soit elu 
catholieos. » Les ehretiens, heureux de ee resultat, esperaient voir le reta- 
blissement des eglises et la fin de la persecution. Mais leur esperanee, selon la 
parole du prophete Isaie, fut bientdt decue. En effet, un jour que Ma'na se 
presentait devant Jazdgerd, aecompagne de quelques Peres, le roi les fixa, les 
yeux eourrouces. Ils eomprirent qu'il machinait encore un pretexte de les 
persecuter; pretexte qu'il trouva dans la conduite du pretre Osee dont nous 
avons parle plus haut. Pais le roi ajouta : « Cesar est le maitre absolu de son 
royaume; il y fait ses volontes; moi aussi, je suis maitre de mon royaume', 
j'y ferai ee que je voudrai. » A deux reprises le roi repeta ces paroles. Un 
pretre de Seleucie (Al-Madain), du nom de Narsai, repondit alors pour le catho- 
lieos en disant au roi : « Sire, Cesar n'a de pouvoir dans son royaume que 
pour exiger le paiement des impots et des tributs * et pour massacrer les * a p. 37 
ennemis; mais il n'a pas le pouvoir d'exiger de ses sujets Tabandon de leur 
religion. En effet, malgre le grand nombre des juifs, des pai'ens et des hercti- 
ques de son empire, il ne les oblige pas cependant a changer de croyance. » 
Le roi fut eourrouce de ces paroles; et eeux qui etaient en seance devant lui 
furent d'avis que Narsai meritait la morl, parce qu'il avait repondu au roi. Le 



1. Cost plutol Mihrnarse; Labourt, op. cit.. p. 119. D. 

PATR. OR. — T. V. 



22 



IIISTOIIIK NKSTORIKXXK. 



[218] 




catholicos dit alors : « Narsai* n'a fait que repondre a la parole du roi; il n'a 
rien dit qui puisse lui nieriter la mort. » Jazdgerd ordonna la decapitation 
du pretre s'il ne reniait pas le christianisme ; il ordonna aussi dc declarer les 
vetements du catholicos, de Pexiler en Perse et de ne plus l'appeler de ce 
nom ni publiquement, ni merae dans Tintimite. Sur ces entrefaites, Osee de 
Nisibe (Xasibiii) et Bata de Lasom 1 tcnterent de plaider leur cause. On les 
empecha, puis on les fit sortir. Les mages travaillerent avec ardeur a faire 
du pretre Narsai' une recrue pour leur religion. Gelui-ci resta inebranlable 
dans sa foi. II fut decapite. Les fideles l'ensevelirent dans la grande eglise de 
Seleucie. 

Ma'na se rcndit en Perse. Jazdgerd, apprenant qu'il administrait de la son 
diocese, ne put le tolerer et ordonna de le jeter en prison. II fut empri- 
sonne un ceriain temps; mais quelques chefs le delivrerent. Puis on interdit 
de l'appeler catholicos de son vivant et meme apres sa mort. II mourut en 
Perse. Qu'il soit agree de Dieu! 



bans le pays du Nedjran du Yemen il y avait, sous Jazdgerd, un commer- 
cant celebre dans la region, du nom de Haunan. 11 alia un jour a Constanti- 

1. Ces deux eveques assisterent aux conciles d'Isaac en 410 et de Dadjesus en 424. 
Cf. Synodicon Orientate, Paris, 1902, p. 34-36, 44. S. — 2. Mentionnee en une ligne 
dans Gismondi, p. 16. N. 






lxxiil iilstoire de la conversion des habitants 

du Nedjran 2 . 



[219] LXXIV. — HISTOIRK DK IA MORT DE JAZDGERD. 331 

^1 IjJ ^Islj lj» -uj^3 .j^JLI* sj ^3 ^jLaJI ^_iJlj S^sdl J>^3 

JUrjj .Cs-UI dU^ jJJ! JUl ^L>3 .o JaI ^3 <j Jio U ^Ul 

juj .CJl^aJI J I £jl^>J! aJU i-»jUJI ^j^j <-W <-U-» fc^jU- f^* ^ 

^Lt^jj <«1 Co' 1^3 -Jj^*-* ^ i^jri. ^* 0"* 

«d^3 ^ L-jj <**£>33 fc-Ui>' cij jj 4» U ^ ^^fOJi, ij^ 2 **!. cO?""^ ^ 



nople pour son commerce ; il rentraensuite dans son pays ; puis se dirigea vers la 
Perse. Mais, passant a Hira, il frequenta les chretiens et connutleur doctrine. 
11 y recut le bapteme et y resta un certain temps. De la, il revint au pays natal 
et engagea ses compatriotes a partager ses convictions religieuses. 11 baptisa 
les membres de sa famille ainsi que d'autres personnes de son pays et des 
regions avoisinantes. Puis, aide de quelques-ims d'entre eux, il convertit au 
cliristianisme le territoire de llamir et ses alentours voisins de l'Abyssinie. 
Plus tard, un roi juif, appele Masrouq, regna sur ces pays. II etait ne d'une 
mere juive emmenee captive de Nisibe (Nasibin), achetee par un roi du Yemen. 
Elle apprit a son enfant la religion juive. Lorsqu'il monta sur le trone de 
son pere, il massacra beaucoup de chretiens. Barsahde raconte tout cela ' 
dans son histoire. 

LXXIV. — Histoire de la mort de Jazdgerd et de l'avenement au trone 

de son fils. 

Les mages detestaient Jazdgerd, parce qu'il les maltraita lors de son 
avenement, diminua le pouvoir de leurs chefs et se montra favorable aux chre- 
tiens, permettant a ces derniers de construire des eglises. lis se moquaient 
de lui et le maudissaient dans les pyrees. Mais les prieres des Peres, ses 
contemporains, adressees a Dicu pour lui, le protegeaient contre le demon, 
selon la promesse faite par le Christ, Notre-Seigncur, a ses apotres. Mais 

1. Les actes des martyrs himyarites ont etc publics par Asseniani (Bill. Orient., 
I, 364), et reimprimes par Mai, Land et Bedjan. S. 



332 IIISTOIRE NKSTOH1KNNK. [220] 

^^ILj . i __ r ^_Jbl <jc~Jj aJ-w ^j-iytz-j ATA* c^>i^3 .^>j-*.> ^^>c^JI jj—j . i-ii-l 



quand Jahbalaha mourut et que Ma'na fut exile, le demon prit possession de 
Jazdgerd et realisa ce qu'il cherchait a faire de lui. Le roi souffrit de nouveau, 
avcc plus d'intensite, du mal de tete; il en mourut. Gette mort causa aux 
mages une grande joie. II avail regne vingt et un ans et neuf mois. Apres lui, 
son fils Bahrain (Warhdrdn) monta sur le trone. Les mages craignaient que 
le nouveau roi ne marchat sur les traces de son perc. Mais il etait tres pas- 
sionne* pour le jeu et les femmes. II detruisit les eglises, deterra les os des 
martyrs, qui y etaient ensevelis, et les jeta a Feau. Sur le conseil du chef dc 
l'armee de son pere, il condamna les chretiens a la prison. 11 s'empara des 
ornements sacres que Jahbalaha avait emportes des pays des Romains, rotnpit 
l'accord avec ces dcrniers et sc montra bienveillant a Tegard des mages. 

LXXV. IllSTOIRE DU SAINT MARTYR M AR JaCQUES LINTERCIS. 

La troisieme annee de Bahrain, Jacques souffrit le martyre \ C'etait un 
chretien originaire de Gundesabur, bien connu en Perse. Jazdgerd qui lui 
portait unc grande affection le seduisit et le fit apostasier. 11 le combla 
A p. ;{« dlionneurs, l'eleva en dignite et le plaga a la tete * des chefs de la Perse. 
Mais sa mere et son epouse en eurent connaissance. Elles lui ecrivirent de 
Gundesabur a Seleucie-Ctcsiphon (Al-Madaui) pour blame r son acte et desap- 

1, M. Noeldeke place le supplice de Jacques dans la deuxieme annee de Bahrain, 
Larourt, op. cit., p. 113, D. 



[221] LXXV. — HISTOIRE DE MAR JACQUES L'INTERCIS. 333 

^-t-^b -lS^" ^ J^ ^ w>L:jOl Jyf LU .clUs U J^c- ^^_J>1 jl diliJJ V Li! 
y_ * 5sLLL-cj fcjJl ^1 jj-fl o-^l ^^Jl Jtij dlLJI s .<JJJ-\j o ^cl_3 

aj* ^Li* UJ^ Jlj U3 . JDS (J w Xij < pAi . J-U! ^ *S>J* U-u_c <^jf>-j tj l**l> 
<_£-vJI ^J! ^jl^ Jji JjUJ* <cLjj * ja*^ j j£ Lis ,5s ^lisj J^" y^ 



prouver Lechange qu'il venait de faire tie sa religion pour ce monde po- 
rissable. Elles refusaient d'aller asa rencontre, s'il persistait dans son erreur. 
Jacques lut la lettre, se repentit de sa faute et renonca au magisme. La nou- 
velle fut portee a la connaissance de Bahram (Warhdrdn) qui le manda et lui 
dit : ce Es-tu chretien? » — « Oui, repondit Jacques, et je l'avoue hautement. » 
Irrite, le monarque dit cnsuite : (( N'as-tu pas recu de mon pere des dons 
et des cadeaux a cause de ta conversion au magisme? » Et Jacques de repon- 
dre aussitot : « N'insiste pas davantage ; ne cherche pas a m'inspirer de la 
frayeur. La pierre, une fois sortie de la fronde, n'y retourne plus. Et moi, je 
vous le declare, je ne renierai plus le christianisme pour la magie. » Les mages 
qui etaient presents le condamnerent a mort. Mais le monarque, esperant le 
ramener encore au magisme par la crainte des tourments, ordonna de couper 
ses membres Fun apres l'autre. Le saint n'en fut pas trouble. Ghaque fois qu'on 
lui coupait un membre, il en remerciait Dieu. Et, n'ayant plus que la tete, la 
poitrine et le ventre, il s'appliqua la parole du prophete David : « Je sors 
mon ame de sa prison pour te rendre grace et celebrer tes louanges. » Enfin, 
il fut decapite, un vendredi du mois de novembre, 734 d'Alexandre ' . 

1. 423 de J.-C. ; on la deuxieme annee de Bahram (421), Bedjan, Acta mart.. II, p. 549; 
la premiere annee de Bahram, Ibid., p. 557. S. 



IHSTOlitK NKSTORIKNNE. 



[222] 



l f Lj 

l. ^ ^ LJ^ .^sls)! ^co^.j J^'l ^LO! J J/il ^! b» 



LXXVI. — Histoire de 'Aqbalaha, eveque 
de Beit Garmai '. 

Le pere de ce saint etait d'une de ces nobles families, amies de Sapor, roi 
de Perse. Or ce roi lui demanda d'adorer le soleil. II y consentit. Mais son 
fils 'Aqbalaha s'y refusa; il embrassa la vie monastique a l'age de quinze ans; 
il renonca au monde et a ses seductions. Puis on lui confera la pretrise. II 
baptisa les habitants <Tun village de Beit Garmai, qui appartenait autrefois a 
son pere. II gucrit d'une maladie la fille de Bahram et pria ce dernier de ne plus 
persecuter les chretiens. Le roi accueillit favorablement sa demande. Plus 
tard, mis en fuite par les Romains, le roi revient sur ce qu'il avait promis a 
TEveque et recommenga a massacrer les saints. II ne restait des archeveques 
et des eveques qui etaient au temps 2 . 

1. 'Aqbalaha assista aux conciles d'Isaac en 410 et de Dadjesus en 424, Synodicon 
orientale, p. 35, 43; cf. encore Bedjan, Acta mart,. II, p. 515-517. S. — 2. Le texte 
prosente ici une lacune. 



TABLE DES NOMS PROPRES DE LA PREMIERE PARTIE 

( TOME IV, FASC. 3; TOME V, FASC. 2 ) 



Nous avons laisse de cote les noms communs des peuples, comme les Juifs, les Grecs. 
les Perses, etc. Pour les noms non identifies, apres le nom frangais, nous avons mis le 
nom arabe entre parenthese. Nous renvoyons a la pagination entre crochets qui est pro- 
pre a l'ouvrage. Nous mettons en caracteres gras les chiffres des pages oil Ton trouve 
quelques details sur le nom propre correspondant. 



Aba, disciple de S l Ephrem, 85, 210. 

Aba I, patriarclie, 73. 

e Abda (Rabban), 195-196, 197-199. 209, 

210, 212, 213. 
c Abda, eveque de la Suziane, 137, 138. 
Mbda, fils de Hanif, 137, 138. 
\Abdis6\ ermite, 113-114. 
'Abdiso 1 , moine, 198-200. 
Abizal (idolc), 179. 
Aborzan, martyr, 100. 
Abraham, eveque de Soustar, 26. 
Abyssinie, 219. 

Acace, eveque d'Amid, 211, 214. 
Achillas, pretre, 27. 
Achillas d'Alexandrie, 32. 
Addai", heretique, 17. 
Afrique, 19, 140, 193. 
Agapius, 27. . 
Aha, moine, 140. 

Ahai, catholicos, 79, 195, 196, 212-2 1 3, 
214. 

Akobora (ville), 11. 
Al-Douair (localite), 147, 193. 
Alexandre, eveque d'Alexandrie, 32, 34, 

35, 36, 66, 69, 83, 211. 
Alexandre, eveque de Constantinople, 97. 
Alexandre, eveque de Jerusalem, 60, 05. 



Alexandre, eveque de Mabboug, 179. 

Alexandre le Grand, 117, 143. 

Alexandrie, 13, 19, 22, 26, 27, 3.1-35, 37, 
41, 42, 47, 60, 63, 66, 82, 97, 98, 147, 
157, 158, 165, 193, 202, 203, 208, 210, 
211, 215. 

Alipha (UJJ), eveque, 177. 

Alzenon (jyjJI), moine, 140. 

Ambroise de Milan, 152-153, 193. 

Ambroise, pretre, 15. 

Amid, 83, 179, 180, 214. 

Ammon, 195. 

Amphiloque d'lconium, 151. 
Ananie, martyr, 93. 
Anastasie (Eglise d'), 72. 
Anatolius d'Emese, 66. 
Anatolius de Laodicee, 26. 
Anazarbe, 37. 
Anbar, 134, 136, 137. 
Andamius (^^ijjLc), 20. 
Andre de Deir Mahraq, 26. 
Anosirwan (Kosrau), 62. 
Anthuse (li), 119. 



Antioche, 11, 21, 22 

96, 150, 154, 156, 

173, 179, 207, 211. 
Antioclms, 89. 
Antisapor, 11, 
Antoine (S'), lpy/T^ OT 1 ! O f 



27, 66, 67, 73, 83, 
158, 159, 163, 171, 



TABLE DKS NOMS PIIOPUES 



[224] 



Apamec, 04, 

Aphraal, 1c sage; pcrsan, 82. 
Aphrudista (Venus), 133. 
Apnimaran (Rabban), 139. 
Apollinaire, heretique, 1G4, 178. 

'Aqbalaha de licit C.armai', 222. 
Arabes, 114. 
Arbol, 113. 

Arbia (ville), 83. 

Arcadius, empereur, 150, 157, 201, 205, 

207-209, 213. 
Ardasir 1, 10, 15, 16, 18, 21. 
Ardasir II, 148-149. 
Arianus, gouverneur d'Egypte, 42. 
Arianze (village), 101. 
Ariens, 84, 98, 147, 150, 157, 163, 164, 

165, 168, 169, 193. 
Arius, 25, 32-40, 47, 54, 69. 70, 97, 163. 

165, 166, 178, 184, 211. 
Armenie, 47, 160. 
Armeniens, 44, 160, 161. 
Arphelouna (village), 198. 
Arsace de Constantinople, 212. 
Arsene, 201, 203. 
Arsene, eveque, 40. 
Asaria, disciple de S' Ephrem, 85. 
Asie, 77. 

Assurihous (^^^J), 202. 
Athanase d'Alexandric, 35, 36, 39-42, 82, 

97, 98, 150, 210, 211. 
Athanase d'Anazarbe, 37. 
Athanase (Basile) de Cesaree, 116, 118. 
Athanase. eveque, 177. 
Atticus de Constantinople, 212. 
Aurelien II, empereur, 20, 22. 
Awana (village), 147, 193. 
Awasa (oasis), 210. 
Azodoc, eveque, 11. 



B 



Babylone, 15, 43, 46. 
Bacchus, martyr, 43-44, 82. 
Bahram I, roi de Perse, 23, 27. 
Bahram If, 27-29. 
Bahram III, 44. 

Bahram IV, 112, 193, 194-195, 199, 201, 
204. 

Bahram V, 220, 221, 222. 
Bahrein, 199. 
Bakhtiso', martyr, 194. 
Baksaye, 199. 



Balad (ville), 147, 193. 

Barba'smin, calholicos, 99, 109-112, 

113, 143, 194. 
Bardesane, 84. 
Bardesaniens, J84, 186, 211. 
Barmala, 187. 

Barsaba, eveque de Morw, 141-146. 

Barsabia, martyr, 198. 

Barsahde, 219. 

Barsamya d'Kdesse, 54. 

Basile (S 1 ), 158. 

Basra, 26, 83. 

Bata de Lasom, 218. 

Beit Abe (Couvent de), 73. 

Beit 'Arby (village), 199. 

Beit Bagas, 113. 

Beit GarmaT, 67, 95, 99, 101, 109, 113, 

168, 222. 
Beit Nasab (village), 134. 
Beit Zabde, 25, 138, 140. 
Byzance, 47, 71. 

Byzus, fondateur de Byzance, 71. 



Caius, fils de Curinus, 31. 
Caius, pape, 24. 
Cappadoce, 208. 
Carinus, empereur, 29. 
Carmel, 187. 
Carus, empereur, 29. 
Castra (Couvent de), 138. 
Castus, 54. 
Cedron, eveque, 177. 
Cephas (V. Pierre apotre). 
Cerdon, 25. 

Cesaree, 35, 37, 52, 70, 76, 84, 101, 116, 

151, 159, 160, 168, 184, 193, 211. 
Chalcedoine, 161. 
Chine, 212. 

Chosroes (Sapor II), 130. 

Chosroes, fils de llormezd, 62, 63. 

Christa (IL^j), 197. 

Chypre, 162," 201, 208, 210, 211. 

Cilicie, 31, 97. 

Claude I, empereur, 197. 

Claude II, empereur, 20, 52. 

Claude, general, 210. 

Cleophas, pretre, 212. 

Constance Chlore, 47, 48. 

Constance, fils de Constantin, 96-98. 



[225 



DE LA PREMIERE PART IE. 



337 



Constant, tils de Constantin, 96-98. 

Constantin le Grand, 25, 29, 36, 39, 41, 
42, 46-72, 77 , 78, 79-82, 87 , 95-96, 
116, 118, 128, 150, 157, 197, 211. 

Constantin le Jeune, 87, 95, 96. 

Constantinople, 37, 47, 50, 59, 62, 63, 71- 
73, 82, 97, 117, 126, 131, 132, 148, 150, 
151, 153, 156, 166, 169, 170, 172, 174, 
179. 218. 

Clysma (ile), 24. 

Coptes, 24, 147. 

Cornelius, pape, 19. 141. 

Costa, fils de Luc. 56. 57. 63, 85. 

Ctesiphon, 144. 

Cubricus, 15. 

Curinus, 31. 

Cyprien d'Afrique. 19, 21. 140-141, 193. 
Cyr, 179. 

Cyriacus de Jerusalem. 65. 

Cyrille d'Alexandrie. 116, 176, 208, 212, 

215. 
Cyzique. 97. 



D 



Dadoes, mesallien, 167-168. 
Daisan, lleuve, 84. 
Dai'r-Qoni, 195, 197, 198. 
Damas, 66. 

Damas, pape, 151, 198. 
Daniel, bar Mariam. 11, 79, 143, 197, 213. 
Daniel, prophete, 44. 46. 
Danube (fleuve), 55. 
Dara (mont), 139. 
Dara (ville), 62. 
Darsamis (jj^wsw-b), 54. 
Daskarat al-Malik, 63. 194. 
Daskarta d'Abiso\ 209. 
David (couvent de), 144. 
David de Basra, 26. 82. 
David, prophete, 12, 36, 88. 169, 221. 
Dece, empereur, 9, 54. 
Deir al-Ahmar. 95. 
Deir Mahraq, 11, 26, 199. 
Demetrius, eveque, 11, 22. 
Demophile, patriarche arien, 157, 158. 
Denys d'Alexandrie. 13, 19, 22. 
Denys de Rome, 20. 
Diatessaron, 85. 
Didyme, Paveugle, 193. 
Diocletien, 29, 30-33, 42, 44, 45, 47, 48, 
49, 55, 58, 160, 197. 



Diodore de Tarse, 150. 155, 163-160, 168, 

170, 173, 207, 211. 
Domnus d'Antioche, 22. 
Dyala i fleuve), 63. 



Ebedjesus de Kaskar, 26. 

Edesse, 54, 81, 84, 127-129, 161. 167. 180, 

184, 196, 210. 216. 
Egypte, 10, 30, 37, 40, 42, 47, 84, 139, 

145, 157, 203. 
Egyptiens. 15, 145. 
Elie de Merw, 67. 
Elie, le prophete, 187. 207. 
Elisee, le prophete, 188. 
Emese, 35, 66, 82. 
Ephese, 116. 118, 171. 
Ephrem (S'j, 67, 78, 83-85, 179-187, 211. 
Epiphane 162, 189-192, 201-202. 
Estassa, reine de Perse. 143. 
Etienne, martyr, 01, 115. 
Elionne, pape, 19, 26, 141. 
Eudoxie, imperatrice. 207-209. 
Eugene (S 1 ), 24-26 , 82, 135-136, 138, 

139, 140, 147, 102. 
Eulalius de Nazianze, 169. 
Eumene, herelique. 178. 
Eunemius, heretique, 163, 169. 
Eunemius de Cyzique, 97. 
Euphrate, 44. 

Eusebe, arien de Constantinople. 98. 
Eusebede Cesaree. 35, 37, 52. 54, 70, 71- 

76, 211. 
Eusebe (Magnus) de Damas. 66. 
Eusebe d 1 Emese, 35, 82. 
Eusebe de Samosate, 165, 172. 
Eusebe, mesallien, 167-168. 
Eusebe, pape, 34. 

Eusebe, pape, 58, 59, 60, 79, 80, 120- 
126. 

Eusebe, pretre heretique, 97. 

Eusee, eveque 177. 

Eustache (V. Eusebe mesallien). 

Eustathe d'Antioche, 38, 39, 66, 67. 

Eustathe, orlevre, 39. 

Eutychien. pape, 24. 

Evagre de Constantinople, 157. 

Evagre, moine. 193. 

Ezechias, 146. 

Ezechiel (couvent d'), 209. 

Ezeehiel, prophete, 88. 



338 



TABLE DISS NOMS PROPRES 



226' 



Felix, ]>ape, 24. 

Flavien d'Antioche. 155, 163, 173. 
Flavien de Constantinople. 179. 
Florien. ernpereur. 22, 23. 



207. 



Gadyahb (ne pas ecrire Gadinahb), eve- 
que, 26. 

Gallien, ernpereur, 9, 10, 13, 21. 

Gallus, ernpereur, 9. 

Gamra (Couvent de), 158. 

Gaules, 48. 

Georges de Sigar, 67. 

Georges, martyr, 113, 145. 

Germain de Samarie, 66. 

Goundisapor, 11, 26, 111. 220. 

Goustazad, martyr, 90, 91-92. 

Gratien. ernpereur, 149-150. 

Gregoire, catholicos. 158. 

Gregoire d'Alexandrie, 158. 

Gregoire de Gamra, 158. 

Gregoire de Nisibe, 158. 

Gregoire de Nysse, 151, 158-159, 165. 

Gregoire, le docteur, 158. 

Gregoire, le solitaire, 158, 161-162. 

Gregoire, le thaumaturge, 22, 23, 83, 158. 

Gregoire, le theologien, de Nazianze, 101- 

102, 116, 118, 151, 158-160, 165, 169. 
Gregoire, patriarche des Armeniens, 158, 

160-161. 
Gregoire. pere de S' Gregoire, 101. 



II 



Hamir, 219. 

Hanif, 137, 138. 

Hannan, 218-219. 

Haphtus (^r^), 211. 

Haran (ville), 128-130. 

Hasar Sapor (ville), 11. 

Helene, reine, 48, 53, 54, 55, 60-65, 82. 

Hellade de Cesaree, 151. 

Hephtaristes (Ephtalites), 14, 204. 

Heraclius, ernpereur, 63, 64. 

Hermas, mesallien, 167-168. 

llerodiade, 208. 

lleudatus, evequc {^jL\bjS>). 178. 



Hira (ville), 198, 200, 219. 
llnaniso' bar Srosoi, J 85. 
lloblah (ville), 200. 
Nonorius, ernpereur, 157, 201, 213. 
Uormezd I, roi de Perse. 18. 
Hormezd II, 44, 45, 47, 77. 
Uormezd IV, 60. 



Iconium, 151. 
Indes, 17, 82, 212. 
lrac, 11, 95. 

Isaac, catholicos, 201. 205-207, 211, 212, 
215. 

Isaac, disciple de S l Ephrem, 85. 

Isaac, moine persan, 114, 115. 

Isaac, moine grec, 165. 

Isaac, patrice d'Armenie, 216. 

Isa'ie, prophete, 153, 217. 

Isidore, moine, 140. 

Ismael (Desert des Fils d'), 200. 

Lso e barnoun, moine. 140. 

Isd c barnoun, patriarche, 56, 67. 

lso yahb III. patriarche, 85. 

Ispahan, 133. 

Istakhr (ville), 12. 

Italie, 29. 

Ithalaha, martyr, 198. 
Izla (mont), 25, 162. 



J 



Jacobites, 70. 

Jacques de Nisibe, 66, 67, 74, 78, 83. 87. 
Jacques, eveque, 178. 
Jacques, l'intercis, 220-221. 
Jahbalaha, catholicos, 195,209-210, 214- 

216, 217, 220. 
Jambres, 10. 
Jannes, 10, 

Jazdgerd I, roi de Perse, 201, 204, 205- 

207, 210-218, 219-220. 
Jean, maitre de S l Ephrem, 179. 
Jean-Baptiste, 166. 

Jean Chrysostome, 119, 156, 166. 207- 

209, 211, 212, 215. 
Jean Dai'lomaya, 145. 
Jean d'Antioche, 179. 
Jean de Beit Garmai, 67. 
Jean de Mai'san, 26. 



[227] 



DE LA PREMIERE PART1E. 



339 



Jean, eveque, 105. 

Jean, fondateur du couvent de Beit Zab- 

dai\ 138-139. 
Jean, l'evangeliste. 72, 77. 164, 207. 
Jean, le gardien, L .V>. 
Jephte. 195. 
Jeremic, 40. 

Jerusalem, 60, 05, 06, 141. 
Jesabel, 208. 

Joatham, roi dlsrael, 7t. 
Joseph, fils de Jacob. 72. 
Jourdain, 52. 
Jousta (Ua*-^), 141. 

Jovien, empereur. 78, 79, 81. 127-134, 

143, 193. 
Judas, fils de Simon. 00, 61. 65. 
Jules Cesar. 90. 
Jules, pape, 41. 

Julien, l'aposlat, 78, 79, 81, 97, 116-134, 

163, 187. 
Julien, pretre, 46. 
Julien Saba, 85. 187-188. 
Jupiter, 51. 

Justinien, empereur. 04. 



Kafar Fahar (village), 54. 
Kaphrathnatan (v. Hephtaristes). 
Karamiens, 12. 

Karkha de Djoddan (lire : Guedan), 27. 
Karkha de Ledan, 78, 91, 93. 94. 
Kaskar, 11, 12, 26. 
Khorasan, 62, 63, 144. 
Khoskan, prince Sassanide, 146. 



Laodicee, 26, 37, 165. 

Lasom (ville), 218. 

Leonce de Cesaree, 160, 168. 

Libanius, philosophe, 207. 

Licinius, gendre de Constantin, 73. 

Louliana (voir Julien Saba). 

Lucius de Rome. 19. 

Lyrmasous ( ^UjJ) de Jerusalem, 141. 
INI 

Ma are (village). 129, 131. 
Mabboug, 179. 



Macairc d'Alexandrie, 193. 
Macaire, diacre, 56. 
Macairc de Jerusalem. 66. 
Macaire, moine, 82. 
Macchabees, 89. 
Maccdoine, 90. 

Macedonius de Constantinople, 151, 164, 

170-172, 174. 
Magnence, 96. 
Maipherqat (v. Miparqat). 
Maisan, 11, 26, 98, 200. 
Malakraus, eveque (^^j-^Cb), 179. 
Ma'na, catholicos, 216-218, 220. 
Manes, heresiarque, 15-18, 27, 166, 184. 
Manicheens, 27, 28, 44, 149, 164. 213. 
Marascli, 66. 

Marbani, eveque (^by), 177. 
Marc, apotre, 33, 34. 
Marcelle, heretique, 16V 
Marcellin, pape, 34. 
Marcianus Caius, 96. 
Marcion, 27. 
Marcionites, 196, 213. 
Mardj (lire : Marga), 95. 
Margue, 29. 
Mari, heretique, 17. 
Marie (S ,e Vierge), 72, 163. 
Maris, eveque de Trabeh, 179. 
Marouthas de Miparqat, 70, 79, 206, 211. 
212. 

Marphoria (b^y), 177. 
Mars (planete), 51. 
Masrouq, roi juif, 219. 
Maurice, empereur, 62. 
Maurice, eveque, 178. 
Maxence, empereur, 45. 46, 47, 49, 50, 51, 
56. 

Maxime, arien, 211. 
Maxime de Constantinople, 169. 
Maximiana, imperatrice, 49, 51. 
Maximien, empereur, 29, 31, 43, 44, 47, 
48. 

Maximien Ilercule, 47. 

Maximin Daia, 48, 49, 51, 52, 82, 197. 

Melchites, 64, 70, 84, 85. 

Melece d'Antioche, 15S, 159. 

Melece de Constantinople, 150. 

Melece, heretique, 33. 

Meletius de Mopsueste, 179. 

Mercure (planete), 51. 

Menv, 67, 143, 144. 

Merw 1 labor, 11. 



340 

Mesalliens, 167-168. 
Mesopotamic, 54. 
Michaq, pere de S l Ephrem, 179. 
Miharsabur, 217. 
Milan, 193. 

Miles de Suse, 20, 27, 32, 100, 110, I 93. 

Miltiade. pape, 45. 

Miparqat, 70, 79. 200, 212. 

Moise, chef des clercs. L02. 

Moise, prophete, 145, 189, 190. 

Mopsos (idole), 175. 

Mopsueste, 175. 

N 

Nabateens, 10, 195, 127. 
Nabuchodonosor, 88, 197. 
Naherwan, 63. 

Nahrouz, prince Sassanide, 212. 

Namesius, philosophe, 210. 

Narsai', catholicos, 112. 

Narsai', pretre, 217-218. 

Narses, fils de Sapor, 44, 47. 

Nastir (ville), 101. 

Nathanael, martyr, 198. 

Natira, eveque (J^ai), 202. 

Nazianze, 102, 110, 118, 151, 158, 159. 

105; 

Nectaire de Constantinople, 153, 156. 109, 

207, 212. 
Nedjran, 218. 
Nepos (jbjJl), 19. 
Neron, 87." 

Nestoriens, 57, 04, 70, 84, 85. 
Nestorius, 140, 100, 170, 179, 210. 
Nicee, 66-71, 215. 
Nicomedie, 37, 49, 82, 97. 
Ninivc, 95, 148. 
Nisibe, 00, 07, 158, 218. 
Nouhadra, 198. 
Nonsith, mere de Manes, 15. 
Novatien, pretre heretique, 9. 
Numerianus, empereur, 29. 
Nysse, 151, 158, 105, 109, 193. 

O 

Ola (Olagh, Vologese), eveque de Nisibe. 

129, 130, 132. 
Origene, 19, 23. 83, 159, 101. 
Osee de Nisibe, 218. 



[228] 

Osee. pretre, 210, 217. 
Osias, 1*0 i de Juda. 153. 
Osias, roi d'Israel, 71. 
Ouliahim, roi des Ephtalites, 14. 
Onrpliannobata, general persan, 130. 132. 

P 

Pacome (couvent de), 25. 
Palestine, 37, 00, 117. 
Papa, catholicos, 20, 28. 07, 82, 86. 
Paphnuce, moine, 42. 
Parphyrios d'Antioche, 211. 
Paul (S l ), 10, 41, 40, 51, 59, 124, 170, 177, 
202. 

Paul de Constantinople, 25. 
Paul de Samosate, 11, 20, 21. 22. 23, 141. 
104. 

Paulin de Tyr, 37. 

Perse, 11, 12. 27, 72. 78, 113, 117, 130, 

133, 148, 104, 205, 210, 212, 218, 219. 
Pharaon, 10. 

Phesq, pere de Manes, 15. 
Philippe, apotre, 77. 155. 
Philippe, empereur, 115. 
Philologue de Laodicee, 105. 
Pierius, pretre, 27. 
Pierre, apotre, 40, 51, 59, 124, 140. 
Pierre d'Alexandrie, 31-34, 30, 47. 
Pierre de Sebaste, 109. 
Pierre, frere de Cyprien, 193. 
Polycarpe (confondu avec Solycrate), 76- 
77. 

Pont, 23, 83, 208. 
Probus, empereur, 23. 
Pulcherie, imperatrice, 214. 
Pythagore, 15. 

Q 

Qandira, reine, 28. 
Qardagh, martyr, 113-116, 193. 
Qariba, martyr, 20. 
Qayouma, catholicos, 201. 

R 

Ramath (He), 200. 
Resafa (Sergiopolis), 44. 
Rimeoun (ville), 199. 

Rome, 9, 19, 20, 34, 37, 41, 45, 40. 47, 
49, 50, 58, 59, 00, 62, 74-75, 70, 79, 



TABLE DES NOMS PROPKES 



[229] 



DE LA PREMIERE PART1E. 



341 



81. 96,98, 121. 122. 123, 126, 141, 151. 

156, 169, 193, 210, 211. 
Rouminiqua, imperatrice, 169, 
Ru Puis, 152. 

S 

Sabellius, heresiarque, 13, 19. 

Sahdosf, eatholicos, 67, 99-101, 111, 112. 

Sahdost de Tirhan, 63, 67, 70. 

Saherbaraz, general persan, 64. 

Sahloupa, eatholicos, 20. 

Sal'lita (Rabban), 147, 193. 

Salomon, 34, 36. 

Samarie, 66. 

Samaritains, 101. 

Samosatc, 11, 20, 21, 141, 164, 165, 172. 
179. 

Sapor I, roi dc Perse, 10, 11, 13, 14, 15, 

16, 18, 23, 27, 44, 141. 
Sapor II. 25, 41, 48, 77-79, 86-94, 96, 

99. 100, 109, 110, 111, 113, 115, 116, 

117, 130, 133, 135, 136, 142, 143-144. 

146, 148. 149, 161, 193. 222. 
Sapor III, 148, 149. 
Sapor, general persan, 215. 
Sapor (villej, 11. 
Sara (Rabban), 189. 
Sarkis (temple de). 157. 
Saturne, 51. 
Sawena pere . 202. 
Soete, 25, 140. 
Sebaste, 169. 

Seleucie-Ctesiphon, 63, 64. 86, 100, 117. 

133, 141, 142, 196, 199, 206. 215. 217. 

218, 220. 
Seleucie d'lsaudore, 66. 97. 
Sennacherib, 12. 
Sergius, martyr. 43-44, 82. 
Serser (ileuve), 195, 196. 
Severe d'Antioche, 161. 
Severe, empereur, 48, 83. 
Silvain de Tarse. 163. 
Simeon Bar Sabba'e, 67, 86-95, 99, 100. 

101, 109, 111. 
Simoon, disciple de S 1 Ephrem, 179. 
Simeon, heresiarque, 27. 
Simoon, mesallien, 167-168. 
Simoon Pierre | V. Pierre, apotre). 
Sinai, 85, 202. 
Sindjar (Sigar), 67. 

Siraran. princesse Sassanido, 142-146. 



Sirin, reine, 62, 63. 

Sirwan, Asphabid, 143-146. 

Sixte, pape, 19. 

Sliba (couventde), 195, 196-196. 
Sliba, fds de'Ouzia, 197. 
Socrate, hislorien, 37. 
Sod Sapor (ville), 11. 
Sophie (eglise de S ,e ), 72. 
Sousabeh, femme arabe, 15, 16. 
Soustar, 26. 

Stratonice, sceur de S 1 Eugene, 26. 
Suse, 16, 18, 26, 78, 82, 86, 99. 
Susiane, 11, 16, 27, 78, 111, 161, 216. 
Sylvestre de Constantinople (sic), 59. 
Sylvestrc, pape, 45-47, 50, 51, 59, 211. 
Syrie, 29, 30, 47, 49, 52, 55, 63, 97. 

T 

Tabitha, 146. 

Tacite, empereur, 22. 

Tamarra (fleuve), 03. 

Tarse, 67, 150, 163, 164, 165, 211. 

Tartalis, eveque (UU^), 178. 

Tatien, le grec, 85. 

Telia de Mauzelath (ville), 97. 

Telia (village), 195, 196. 

Terebinthe, 15. 

Thecle (S le ), 176, 177. 179. 

Thecle, sceur de S l Eugene, 26. 

Theodore de Laodicee, 37. 

Theodore de Mopsueste, 38, 156. 170. 

172-179, 207, 208. 
Theodore de Tarse, 67. 
Theodore, eveque, 177. 
Theodore, pretre de Rome, 46. 
Theodoret de Cyr, 166, 167. 179. 
Theodose, fils de Maurice, 62. 
Theodose le Grand, 150-158, 105, 16(5. 

169, 177, 194, 201, 203. 
Theodose lo Jeune, 213-214, 210. 
Theonas d'Alexandrie, 26, 31. 
The'ons, 157. 

Theophile d'Aloxandrie. 157, 208, 211, 
215. 

Thessaloniquc, 151. 

Thomas, disciple de Manes, 17. 

Tibere, Cesar, 55. 

Tigre, 11, 133, 198, 209. 

Timaeus d'Antioche, 26. 

Timolhee d'Alexandrie, 39, 40, 165, 202. 

rirhan villo), 63, 67, 70. 



Toumarsa, catholicos, 193-194, 199, 201. 
Trabeh (^!^L), 179. 
Troie, 203. 
Tyr, 37. 

V 

Valens, empereur, 141), 150, 157. 104. 105, 

106, 108. 193. 210. 
Valentin, fils do Castus, 54. 
Valentinien II, empereur, 149-150. 
Valerien, empereur, 9. 10. 21, 141. 
Venus (planete), 51. 
Victor, pape. 70. 
Vincent, pretre, (Hi. 
Viton, pretre, 0(5. 

w 

Walougous (moine), 193. 



[230] 

Wassala (sic), roi d'Armenie, 160-162. 
Y 

Yamama, 199. 

Yaransahir, 12. 

Yemen, 17, 218, 219. 

Yonan, anachorete, 134-138. 

Z 

Zacharie, proplicte, 04. 

Za'faran (Gouventdc), 139. 

Zarndoukht, princesse Sassanide, 140. 

Zarnouqa (Couvent de), 140. 

Zenobius de Seleucie (dans le texte Damas 

de Sicile), 00. 
Zenobius, disciple de S l Kphrem, 85. 



TABLK DKS NOMS PIIOPUKS DE LA PHKM1KRK PAKTIK. 



TABLE DES MATIERES 

DU PRESENT FASCICULE 



Pages. 

AVERTISSEMENT 219 

XXXI. — Histoire de Barba 'smin, le ll e des Catholieos 221 

XXXII. — Histoire de Qardagh, le martyr 225 

XXXIII. — Histoire de Julien l'Apostat 228 

XXXIV. — Une autre version de Phistoire de Julien 230 

XXXV. — Histoire de Yonan, fondateur du eouvent d'Anbar 24G 

XXXVI. — Histoire de Jean, fondateur du eouvent de Beit Zabdai 250 

XXXVII. — Histoire de Rabban Sara 251 

XXXVIII. — Histoire du monastere de Zarnouqa 252 

XXXIX. — Histoire de Mar Cyprien d'Afrique 252 

XL. — Histoire de saint Barsaba 253 

XLL — Histoire de Rabban Sallita 259 

XLH. — Histoire du tremblement de terre et de la grele 260 

XLIII. — Histoire d'Ardasir II, frere de Sapor, et de Sapor fill), fils de Sapor (II). 2(30 

XLIV. — Histoire de Yalentinien (II) et Gratien 261 

XLV. — Histoire de Theodose le Grand 262 

XLVI. — L'obeissance de Theodose 263 

XLVII. — La destruction du temple de Sarkis 209 

XLVIII. — Les Peres et les Docteurs du nom de Gregoire 270 

XLIX. — Histoire de Flavien et de son disciple Diodore 275 

L. — Histoire des moines heretiques 279 

LI. — Histoire de Basile 280 

LIL — Histoire de l'heretique Macedonius, patriarehe de Constantinople 282 

LIII. — Histoire de Theodore, Tinterprete 284 

LIV. — Histoire de Mar Ephrem 291 

LV. — Histoire de Louliana. fils de Barmala 299 

LVI. — Histoire de S l Epiphane 301 

LVII. — Les martyrs et les hoinmes eininents de cette epoque .305 

LVII1. — Histoire du patriarehe Toumarsa, le 12 e catholieos 305 

L1X. — Histoire de Bahram, surnomme Farmansah 800 

LX. — Histoire de R. Mar 'Abda, de Dai'r-Qoni 307 



3V. TABLK DKS MAT1KHKS. L 232] 

Pages. 

LX1. — I Iisloire clu couvent de Sliba 308 

LXI1. - Ilistoirc de 'AbdistV, qui batit un couvent pros do IJira 310 

LXIII. — llistoire de Qayoma. lc 13 e catholicos 313 

LXIV. llistoire d'Arcadius et dllonorius 313 

LXV. llistoire du roi Jazdgcrd 310 

LXVI. — llistoire do Mar Isaac, le 14° catholicos 317 

LXVII. — llistoire de Jean Chrysostome 310 

LXVI II. — llistoire de Jahabalaha, lc inoino, qui devint catholicos 321 

LX1X. — llistoire d'Ahai, le 15 e catholicos 324 

LXX. — llistoire de l'empereur Theodose le Jeune 325 

LXXI. — llistoire de Jahabalaha I, le 1(J C catholicos 32(1 

LXX1I. — llistoire de Ma'na, le 17 e catholicos 328 

LXXII1. — llistoire de la conversion des habitants de Nedjran . 3.30 

LXXIV. — llistoire de la mort de Jazdgerd et de Paveneinent au trone de son fils. 331 

LXXV. — llistoire de saint Jacques Tintercis 332 

LXXVI. — llistoire de 'Aqbalaha, eveque de Beit Garmai 344 

Table des noms propres des deux fascicules 335 



HISTOIRE NESTORIENNE 

(CIIRONIQUK DE SEERT) 
SECONDE PARTIE (I) 

PUBLIEE ET TRADCITE PAR 

M Rr ADDAi' SCHER (p 1 

AltCHEVCQUE C1IALDEEX I>E SEERT ( Kl" 1! Ii I STAN ) 



PERM IS DIMPRIMKH 



Paris, le 4 Juin 1909. 



1'. PAGES, v. g. 



Tuu^ droits rt'-orvc? 



IMR0DUCT10A 



La deuxieme partie cle cette liistoire, qui renferme les cvenements do 
Fan 484 a Tan Go0 3 est eontenue dans an manuscrit unique, conserve a 
notre bibliotheque de Seert 1 . Nous avons deja marque, dans I'introduc- 
tion a la premiere partie, les principals raisons qui nous ont porte a 
regarder cette deuxieme partie comnie la suite de la premiere ^cf. Patrol. 
r>/\, t. IV, page 217 . 

Le manuscrit mesure 24 centimetres sur 17; le commencement et la 
fin ont disparu, Les folios qui restent sont au nomhre de 182; les pages 
ont etc recemment numerotees au crayon. 

Les particularities de ce manuscrit sont absolument les mcmes que 
relies du manuscrit qui contient la premiere partie 

Le manuscrit a du passer sous les yeux de M gr Ebcdjcsus Ivhayyal, 
archeveque chaldeen de Diarbekir, et mort depuis patriarche de Baby- 
lone : les notes marquees au crayon en bas des pages, ainsi que la nume- 
rotation des pages elles-memes, semblenl toutes dues a sa plume. La 
note placce en bas de la page 2(K> du ms. n° XCI parait encore etre de 
iui. Cette note, avec la deuxieme note plaeee a la page 312, n° XCVHI, 
i ete ecrite seule a Lencre; tandis que toutes les aittres cerites par lui 
?ont marquees an crayon. 

Nous nous sommes abstenu a dessein de multiplier les notes 

1. A. Scher, Catalogue des man user its syriaques et arabes conserves dans la hiblio- 
heque episcopate de Seert y avee notes bibliograpkiques, Mossoul, 1905. n° 128. — 2. Voir 
Pair, or., IV, 215-2i<i. 



98 INTRODUCTION. [(>] 

geograpbiques. On pourra eonsulter Ies Avsziigc aits sy rise hen Aktcn 
do M. Hoffmann 

Nous remerclons M. Robert Grivcau, archiviste paleograplie, qui a 
bien voulu relire la derniere epreuve do ce travail. 

AddaV Sciier, 

Archev^que chaldden <le S<5ert. 

J. Leipzig-, 1886. 



p-r-L-c- Lspi J-*^j . ft L-j^M jLii-V LJI j Jl^Jl Jg—>1 j .j^Vl ^o^L^lj <*Cl 

1. Onliiiavit, manus imposuit 



(I. IIlSTOTttE DE BaBOI, LE YIXGT1EME DES CATHOUCOS. ') 

[BaboY re^ut 1 * d'eux- ]>eauconp d'argent; il deposa ceux qui occu- * p. i 

paient lcs sieges, parce qif ils avaient lance contre lui ties propos injurious 
alors qu'il etait en prison. 

De son temps tout tomba dans le trouble et la contusion : les hommes et 
les femmes se mircut a intriguer pour elire les eveques et les Cairo consacrer 
a force de presents. 

a Celui-ci, disait-on, est Tevequc d'un tel; celui-la est lYveque (Tune 
telle. » Les fideles dirigeaient les affaires dcTEglise, offraient le Sacrifice dans 
lours maisons ot conferaient le bapteme hors de Toglise; les evrques permi- 
ront aux femmes d'entrer dans lc baptisterc pour voir le bapteme; des 
ceuvres lionteuses furent pratiquees; Tadultere etait frequent; los moines ot 
les pretres se marierent illegitimement 3 ; ot, si Ton excommuniait quolqn'un 

1. Cf. Mari, ed. Gismondi , te.i^tiis arabwus, Rome, ISO!), p. 41-43; 'Asm, ed, Gis- 
mondi, Home, 1S90, p. 20-34: Barhehu.i:us, Chronicon Eccles n pars 11. ( : d. Altbeloos- 
Lamy, Louvain, 1874, col. 60 et suiw; Bed.iax, Acta martyrum et sanct., II, p. GSl-'i. 
— 2. C'est-a-dirc des eveques (voir Mari, loc. cit.). — 3. Barhebrscus, loc. rit., col. 74 
et 70, rapporte ces faits au temps d'Acace, catholicos. 



100 IIISTOIRE NESTORIENNK. [8, 

<L« Jl Jj-^~ (V> £*j <^ <i^J jUVl lil j .i^jClU jLa^JI <j 

* r. 2 *L is I j ^jj'l j ^Yl SI jr<b ^-jjjJI Ij^Lb- ^vJl j5 I^Lxj . <U j U 

<dUi> 0 LL« 1jJ*»j - 1 j^/— ' £iiL-YI (J <S y\ p^j^i .S 

J j._o> ^=^1 j . ^...s'l p^Cw V ^V-^l Cj^Olj * j^ol^>-\!l ^jj^o jl <i J^UpI 

1. xaTapaai; - ™ r> ex — 2. Coenobitae, jNlonachi l.-^.. 



pour un peclie commis et qu'on lui inter Jit Pentree de Peglise, il s'appro- 
chait des sacrements dans les maisons des fiddles. 

Les Peres, temoins de cos choses, se reunirent en la vingt-cinqnieme 1 
annee de Piroz, pour faire des reproehes a BaboY sur sa conduifce; ils eta- 
* P. 2 Mirvnt des canons * on ils interdisaient le mariage avec la famine du pere, 
avee celle dn frere, avec deux feinmes, et beaucoup d'autres clioses encore. 
BaboT, d'accord avec les eveques ses partisans, se prononfa contre eux et 
les excommunia; ceux-ci agirent de meme et anathematiserent quiconque 
transgresserait ee qu ils venaient dY'tablir et de pre serin?. 

Baivauma, eveque de Nisibe, ecrivit line lettre % dans laquelle il permit 
le mariage aux prctres et aux moines qui ne pourraient vivre dans la con- 

1. Ou plutot vingt-septieine voir la note ci-apres . — 2. 11 sagit ici, croyons-nous, du 
synode de Beith Lapat, tenu sous la presidence de Bar>aunia de Nisibe (voir J.-B. Cuaiiot, 
Sjjnodicon Oriental e y p. 308-9j. Les quelques restes de ee synode, conserves dans la 
lettre d'Elic de Xisibe el dans la Regie des juprements ecelesiastiques d'Ebedjesus, et 
t'dites par Ghabot dans le Syn. Orient., p. * >2 1-3 . font allusion aux desordres qui, d'a- 
pres notre auteur. se produisirent sous BaboY: bien plus, les canons cites par Ebed- 
jesus au livre 11. tr. Ill, chap, iv et v, sont les memes que ceux dont parle ici Tauteur. 
D'apres les acles du synode de Baboi le concile de Bar>auma se reunit au mois d'avril 
dc Tan vingt-septieme de Piroz, c'est-a-dire en 484 voir Syn. Orient., p, 312; cf. la 
Lettre de Simeon de Beith ArAani, apud Assemani, I). 0., 1, p. 354 . — 3. Une lettre 
synodale Mari, p. 41-2 . 

a. Remaiquons ici que le *2' fragment : [-6^^ ^"^1: jcojouojo; ;mMi; poj^. n'appartient pa< 

au synotle de lirilh Lapal, ainsi que Iti suppose CJiabul, uiais au concile de Chalcedoine. On trouve 
dan? un in>. euntenanl h* Traite de droit canoniqur d'Kbedjesus et la Lettre d'Elie do Nisibe, la inline ci- 
tation sous cette rubriqur : ) » e^jljj>l^» omojouqxd) ^d^Jlj Unm. Kt vuici Tendroit dn eanon qui 
a du etre transcrit ;i rebours dan> le m-. de M. Chabot : n^Vjq- IvoCoc* cc» )lq^^o» p^acis 
... qjj^xj ^tiis^ p^^sooi ^oo\9(i^ ^ocuiA^oa^^. E\ do fait on trouve ce meme canon parini ceux du 
C'oncile de Cliatc^doinc (lorn. IV. (lone if., p. G'.Ci, canon ] - J • Notre ni>. a ete Irau.-eril sur l'auto- 
graphc de 1'auteur. en 1535. a l>je/iiv; nous en avons rceemmenl fait I'acquisiLion. 



MICHAEL'S 
COLLEGE 




[9J I. — IUSTOIRE DE BABOL 101 

i£ J-?*- L« <_i <J1 jiCi> Ct^ cJlL ^ .1 AjXi Lx. dJJA) (^^Ij * p. 3 

uij-f" i3 d ^-*- > "J Jj— ' J . (^^Vl u A*i>a ^ jj^r 5 io"L?Cfl aJLjj «CJkj 

^,t<H tfjA . dUi 0 U jl JLij .j>j^J 



tinence. II prenait pour pretexte la parole de Paul : II vaut mieux se marier, 
(pie de britler par la ameapi sconce Les eveqnes assembles avee lui approu- 
verent ee deeret ~. 

En la vinoft-sixieme :i annee de Piroz, la persecution se clechaiua eontre 
les chretiens v dans la region de Seleucic-Ctesiphou (Al-Marfa'iii s ). Ce roi 
ordonna aux cliretiens d'appeler le soleil « Dieu », le feu, Peau et les astres 
« enfants des dieux ». Quiconque refusalt d'obcir etait mis a la torture. Les 
cliretiens tomberent dans un grand malheur; les uns persevererent, les autres 
sueeombcrent °. * BaboT, epouvante de ees choses, ecrivit une lettre aZenou 7 , * p, 3 
roi des Grees, pour lui exposer ee qui el ait arrive i\ ses ouailles et le prier d'e- 
erire h Piroz, afin qu'il allegeat leurs sonll'rances; il mit la lettre dans le creux 
d'nne eanne et Penvova avee un messager. Gelui-ci, a son arrivee a. Nisibe 
(Nasibiti), fut reconnu paries partisans de Par Sauma qui intercepterent la lettre 
et Penvovereut a Piroz. D'autres disent que ee fut Poeuvre de Bar Sauma. 

Le roi appela E*aboT et lui remit la lettre munie de son seeau. 11 ne put 
en nier Pautlienticit*' 1 . II avait insere dans la lettre ce que ljanania et ses 

1. I Corinth., vu, 0. — 2. tci notre auteur semble ne pas identifier celte lettre syno- 
dalede Barsauma avee le concile de Beith Lapal. — 3. En 483/4; of. Elir de Nisihe, apud 
Barhebr., Chron. EccL. II, cob 60, n. 2, oil ii est dil que BaboT a etc crueifie en Tan vingt- 
sixieme de Piroz. Selon Elie de Nisibe, la vingt-sixieme annee de ce roi repond a Tan 
483/4 de noire ere; car cet ecrivain fait regner Piroz en 458. — 4. Barhebnuus, Chron. 
Eccl.^ IP col. 00, allribue cette persecution a Barsauma de Nisibe. — 5. Le mot Al- 
Madain, les Villes, ehez tes Arabes et les Syriens est I'equivalent de Seleucie-Clesiphon. 
Nous le traduirons toujours par : Seleucie. — 0. Litt. : ils se transpnrtt'rent, ce qu'on 
pourrait traduire par : ils se transporterenl aiileurs en s'enfuyanl; ou bien par: ils se 
transporterenl a la religion des Mages. — 7. Corriger la legon de l Amr, p. 30, ou il dit 
que cette lettre a ete adressee a Leon en 48 1 . date a laquelle Zenon avait deja succede 
a Leon. Le premier regna de 474 a 491. 



102 IMSTOIRE XESTORJEXNK. [10] 

jj^i J J^*l> ^L<3l ^Ji Lis .^jVl cfJUU^ JL* y* ^ J^UJI aXUJI 
JjL^>. C<Cl>-« j^l*-* dlV w tl31 oil J I? j . -Uki^ ajl, jUJl ^1 j 

J^t aJj ^ fj^ (j 5, jl? . ^jLsll) AiJlicJl ^1 S ^&-U)l 

aJ JUS . oCL* ws>-lj a~U ^U^j Lib JlLA! ^col III JlSj ^^l* jii&lj .dliCu 

^-♦jJJ Jo^U Utus>^ jAu^o ^ <L^ if 1 dljliai- Jj^i 

a^ ^ ^StJl ^rUJ! l^*J ^Jl a* — X a..*-.^- jpau . *culi . ^A)s AjLJ^ pi^V 

' S^^Jl ^y^<> ^ *S isj >. A»-lj . ji;U jl ^IaJI ^y^** * J*^** . 

.aJLw ^±£> \^ v^Jtf>5 .^Ia^jJI Aa^-1 .1^ % jizj 

compagnoiis avaient ilit toucliant Nabueliodoiiosor (llakhtmmr), k savoir que 
Dieu l'avait Iivre aim gouvernement impie, le plus mauvais de tons les gou- 
vernements de la tcrre '. Le roi, s'etant fait lire et traduire le message en 
persan, s'irrita centre Bubo? et lui dit : a Tu mcrites la mort, parce que tu as 
appele mon empire un empire tyranuique et impic 2 ; j'aurais du te mettre k 
\ mort des le jour on tu m'as desobei en ordonnant * des eveques; mais, ay an I 
neglige de to punir, tu as outrepasse les homes. » 

« Par le gouvernement impie, dirent les eliretiens qui ctaient presents, 
il a voulu entendre un gouvernement oppose a cclut des eliretiens. Sil avait 
neglige de le dire, les Grecs auraicnt cru que tu es chrutien, et e'est par 
la quil aura it deshonore ton empire. » Baboi s'excusa en disant : ft Je prie 
toujours poui- le roi ; je le benis et j'aime son empire. — Ton crime, lui 
dit Piroz, est trop grand pour etre pardonne. Si Tamitic, dout tu viens de 
parler, est sincere, adore le soleil, afin que je puisse m'eu rendre compte. » 
Baboi ayant refuse, le roi le eondamna a etre suspendu a une potence par 
le doigt meme qui portait Tanneau dont il s'etait servi pour sceller la lettre. 
On le suspend it par le petit doigt hors de Seleucie, on on le laissa jusqu'a 
ce qu'il mourut ! . Des gens de 1 lira porterent son corps dans leur ville, on 
ils rensevelirent. Son nom fut inscrit avec ceux des martyrs. II fut patriarehe 
pendant plus de vingt ans *. 

1. Cf. Daniel, in, 32. — 2. Injuste et impie n^UJ! yLv^l, Mari, p. 42. — 3. En 484, 
quelques mois apresle synode de Reith Lapat. qui eut 1 i^n an mois (Tavril (voir ci-dessus, 
p. 100, n. 2 1, le roi Piroz etant mort au commenrenient de Tote de la meme annee. — 
Corriger la le^on de 'Amr, qui dit (jue Baboi a ete mis a mort en 702 des Grecs (481). — 
4. Selon notre autenr, RaboV fut eonsarre Catholicos avant 46^; selon Rlio de Nisibe, 



[11] II. — HIST01RE DE LEON, ROl DES GRECS. J 03 

fJ J! dlL jjV ^ 

jl3j -fjjl ^ jjV ciU 1 jX<C>U <JU ur^J <L- J* 

cJ ^Li ^jlrUJs .ijjjjCli L VI l^Jlt £l«Y1 aI^U G-U^i 

. J j^-u Sac J^iw 4.!.UrU...fllL A l<t . l-?c- ^JjJj . dUi 

1. ,JJ-C^. — 2. liU^L 



If. — Histoiue i>e Leon, hoi des Grecs 



En 769 2 dWlexandre (Al-Iskandar), Leon (Lamm) regna sur les Grecs. II 
etait brave; il embrassa la foi orthodoxe tics Peres de Chalcedoine 1 (Qalkc- 
donitja). Timothee (Timdthdoiis) patriarchc d'Alexandrie (Iskandariya) el ses 
partisans s'efforcerent de le faire renoncer a sa foi. II refusa; il reunit ineme 
cinquante eveques \ pour s'informer aupres d'eux de la foi des 318 (eve- 
cjues); il adliera a la foi orthodoxe qu'ils lui exposerent, et exila les dissi- 
dents 5 . II y eut a Constantinople (Qoshuitim'ya) im grand tremblement de 
terre, qui fit crouler beaucoup d'eglises et de maisons 0 . 

Barhebr., Chron. EccL, II, col. (>0, n. 2. il fat elu sous le regne de Marcien (vers 450/7 . 
'Amr place son election en Tannee 777 des Grecs ^466i, et le fait regner quinze ans. Cf. 
Mari. Barhebnrus (col. 62; semble etre d'accord avec notre auteur en disant que Baboi* 
a ete elu catholicos a la suite de la conclusion de la paix (4041 mire les Grecs el les 
Perses. 

1. Cf. Evag., lib. 11, c. iv el seq.; Barliebr., Chron. Syr., ed. Bedjan, p. 72; Hist, 
des dynasties, ed. Salhani, p. 145. — 2. 'i5S. Leon fut proclame empereur le 7 fevrier 
457. — 3. Les Nesloriens tantut acceptent le concile de Chalcedoine, en lanl qifil con- 
damne les Monophysites; et tantut ils le rejettent, en lant qu'il reilere la condamna- 
tion de Xcslorius. Le concile lui-mrme a 6le incorpore dans la collection des synodes 
nestoriens voir Chabol. Syn. Orient., Introd.. p. G). — 4. 11 s'agit probablcment du con- 
cile que tint G^nnade de Constantinople vers 450 avee 81 eveques con ire la simonie .voir 
torn. IV, Concile p. 1025 et 1030 . — 5. Allusion a Texil de Pierre le Eoulon. patriarche 
d'Antioche. — G. Un terrible incendie, d'apres Barliebr., Chron. Syr., p. 72. Get incen- 
die eut lieu en 405 (Evag., II, xu\ 



IO'i UlSTOlRi' NESTOR1ENXE. [12] 

J. .biao vel L) 1 ^. — 2. UwJjL. . , 



III. — Histoire d 1 Anatoli us (An foul is), pat mute he 
i»e Co>sta> t ti> t ople (QosUuitiniya). 

Cet homme pur laissait eroire & Dioseore (])!s(/ourd) qu'il avait la me me 
foi que Ini 1 . Mais dans le eoncile de Chaleedoine, il Tanathematisa et fit 
i\ valoir la cause de Leon (le pape) 4 en s'en tenant a sa doctrine'". II gouverna 
TEglise pendant vingt et un aus :t ; il deposa en faveur de Forthodoxie d'Ibas 
(Iliba), eveqne d'Edesse (Ar-linha), et de Theodoret 1 [Tad ri tons), eveque de 
Cyr (Qourous), et attesta qu'ils n'avaient d'autrc Itut en anathematisant Nesto- 
rius (i\ est our is) que de f'airc marcher les a Ha ires, lis confessaient to us, deux 
natures 5 (en J.-C). Vous pourrez vous en rendre compte en lisant leurs 
livres et leurs lettres. 

La doctrine des Theopaschites nVHait point connue en Orient; tous les 
Orientaux s\mi tenaient a la foi orthodoxe, que leur avaient transmise Addai, 
Mari et leurs pieux successeurs. 

Apres la conclusion de la paix" entre lazdgerd et Theodose (Tiutldsis), 
quelques Perses \ dans le hut d'aequerir de la science, se rend i rent a Edesse 

1. Se rappeler que I'ordination dWuatolius avait ete J'aite par le parti de Dioseore (cf. 
Leo, Epist., 40). — 2. Cf. torn. IV, ConciL, p. 448-9. — 3. 11 mourut en 458, aprfcs huit 
ans et huit mois d'episcopat. — 4. Allusion a leur etablissement sur leur siege (voir 
torn. IV, ConciL, Aet. IX, eoncil. Glial c., p. 020 et suiw, et (>77). — 5. Litt. : deux sub- 
stances. — G. J'ignore de quel traitc de pnix il s'agit iei. Vers 417 Theodose le Jeune 
cunelut la paix avec Jazdgord 1 ('voir Soerate, Vll, xx). Jazdgerd 11 de son cote, vers 
la fin de son regne, fit la paix avec Tempereur des Grecs (voir Barhebr., Citron, Syr.. 
p. 70). — 7. Allusion a Philoxcne et a ses eompagnons monophysites, mentionnes dans 
la lettre de Simeon de Beith Arsam \ voir Assemani, B. 0., I. p. 351-31. 



13] IV. - IIISTOIKE DU ROI ZENON. lor, 

A.IS1 w^-U ItLi-lj jL^Dl \ Jbij \j jLj jlii ^j^Jl 

. Jj^Jall ^IkaJ Cjjj IjU- jl^j Aj j ji\ jsYjl J* y$ <d j^j 

\\r 

i. In margin e : graph io : 



[\v-ttoha), oil ils entendirent les paroles dc Dioscore ct cle ses partisans, qui, 
pour avoir enseigne uue scale nature dans le Christ, ont ete anathematises 
par le roncile dc Chaleedoine. Leur doctrine se repandit et s'afTennit ; elle a ete 
proclamee par Jacques * Baradee {la^qtmb al-Ihtrdtle'i), Jacques do Saroug [As- * L\ i 
Saroitdji), eveque de Batnan {Fa twin). Severe (Sdirarrd), Pierre le Foulon (Patni 
ul-Qassar) et Philoxene (Ak has /id yd) de Mabboug (Manbulj) : que Dieu le Tres- 
llaut les rende detestables eux et leurs innovations. Leur liistoiro, s'il plait 
a Dieu, trouvera place dans cut ouvrage 1 . 

IV. IflSTOlRE DU HOI ZeNON 

En 783 d'Alexandre 3 (Al-lskantlar) inourut Leon {Ldoim)\ Zenon, son 
gendre, lui sueeeda; il appartenait a uue fain ill** scnatoriale; il etait brave 
et chef de brigands. 

On avait averti Leon d un coinplot, trame contre lui par ses geueraiix; 
il les punk et echappa ainsi a leur Lrahison. Alors Zenon jouit dc lestime 
du roi, qui le nomma general de ses troupes et Tenvoya contre les barbares, 
qui avaient fait une incursion dans son empire. Zenon les ay ant mis en 

L Voir ei-dossnus, p. 120-122 et 140. — 2. Cf. Lvag., lib. Ill, c. i et seq.; Barhebiv, 
Ckron. Syr., p. — 3. Le<m mourut an mois do janvier 474. 



tO(i I11ST0IRE NESTOR1KNNE. [14] 

O-J *r"jjj • ^r*Jv* ' ^ y?- J>- J til *Ai>ij j ^ J ^ £r 

J&o lil <ul <! ^JUs . bA>- p^-L es^J -JJ^ ^ ij 3 ) j^J OytJ {f^ Uaocj 
^LJl 4— Ax. JlSo LAS . ^Ic. a*^j ^ ^til a*J jJLU ^}LJJ 

JLA^cJIj ^ .....Til ^Jl zJ\ *ul ^ ^r^l U j^/om by^jj 4 ~A^ ^*>CwU 

^j^jl <^L^ Aj ^U. . ^V^-* Sa* ^a J^j A^Xm}\ ^y* 12 ^i>J &A*a5 

^5Cl^ a! c~L^>-j atUs^ 4i<u Or^" ^J^j J^lSj . LaaSI ilrULJl 



deroute, Loon lui donna sa fillc en manage et lui legua son empire. Mais, 

* p. s apres la mort dc Leon, + les chefs se reunirent et nomnierent empereur le fds 

do Zenon ; e'etait le petit-fils de Leon et il portait son uom. Sa mere lui dit : 
<( Si ton pare vient tc saluer, ote le diademe de ta tete et mets-Ie sur la 
sirnne. » Quand done le peuple, accompagne dc Zenon, vint present or ses 
horn mages au jeune roi, eelui-ci obtempera a IWdre de sa mere. Alors les 
Grees louerent Dieu et le remercierent par des acclamations de joie. 

Zenon regna. Mais sa belle-mere le trahit ensuite et excita son propre 
frere ' a le Iraliir. Celui-ri l altaqua et le chassa de Fempire. Apres uu eloi- 
gnemcnt de deux ans, les anciens guerriers grees le rappelerent; il battit 
son frere 2 , le mit en deroute et le tua apres deux ans dc regne, II tua aussi 
sa belle-mere. Devenu le maitre de tout renipire, il chassa les beretiques et 
adhera a la doctrine des dyoplivsites ; inais il changea d'idee & la fin de sa 
vie, et protegca Pierre le Foulon*. 11 conelut la paix avec le roi de Perse. 

* p. i» * A son epoque une graude famine desola la Syrie 1 . Son regne dura dix- 

scpt ans 5 . 

I. Le ms. a sUJ. Saas doute utie fanlf pour Ula.'. — 2. C'est-a-dire le frere de sa 
belle- more. Voir la nolo ci-avant. — 3. Allusion it son henotique. — h. Cf. Mari, |». A2. 
— T». 11 rnourut en 40i. 



V. — MORT DE PIROZ, HOI DES PERSES. 



107 



j\ 1 jaJj sll JUr aJJ\ Jl^l J 4, b ^J*i ^si\ jj\ Jj^J 

L ju*. — 2. — 3*. — 3. >V^- 



V. — Mgkt dk Piuoz, hoi des Perses \ 

Piroz, cleux ans apres son retour du pays ties Turcs et sa delivranee de la 
main du roi des Ilaital 2 , pour se venger de Pa/Ironl qu'il avail re(;u, revint a 
la charge, violant ainsi Y alliance qn'il avait conclue avec ces peuples, cassant 
le contrat et se decidant a faire pcrir leur roi. Sans songer a la longanimite 
de Dieu envers lui, il fit vceu que, s'il revenait de la sain et sauf, il aneantirait 
la religion ebreticnne. Son eoeur s'endureit comme celui de Pliaraon : le 
malhcureux ne savait pas que c'etait la que la punition Tattendait. Avant 
son depart, il ordonna au Marzban d'lraq :f de detruire les eglises et les 
monasteres, en attendant son retour. Celui-ei deiuolit l'Eeole de Mar e Abda '' 
et beaueoup de monasteres. * Les cliretieus en fureut aflliges, et plusieurs * p. m 
d'entre eux se refugierent en des lieux lointains. Piroz, sur son chemin, nias- 
saera trois cents cbretiens. 

Les Hailal, ayant aperyu son mouvement, son retour et sa perlidic, lui 
livrcrent im combat acharue, dans lequel ils tuerent la plupart de ses soldats; 
les autres prirent la fuite. Piroz, dc peur d'etre fait prisonnier, se jeta sur 

1. CF. Tabari, traduction de M. Xueldeke, p. 12<> et suiv, ; Mari. p. 42; Procop., lib. II, 
De bello pers., c. in etiv. — 2. Notre auteur les appelle ailleurs tantot llaplitarites, tan- 
tut Turcs voir ci-dessous. p. 124-12S et 146): en syriaque : pvc^soi, v ;c^o,: en grec : 'Ec&OaXT- 
■cott, 'A.€os),ai. Gc sont les lluns B lanes, qui oceupaieut la Bac triune et les regions voisines 
de l'Oxus (voir Lahociit, Le Christ, dans A empire perse, p. ISO, n. 2 . — 3. En sy- 
riaque : Beith Aramaye. — 4. Voir la premiere parti e de cette histoire, n° LX. 



108 IHSTOIKE X.EST0R1EXXR, L 10! 

^ILLLyJl a, ^* jjj . JjU J*i JcJj *JL~ ^ 1 c5^* -Or^ ^ 

m\ u 4 r,:. : k:K S)\ * ^jJUI 

4^1 ^-5-1 j dLLJI j^O ^ i^lLil cJ^Jai jCdiJI \J^i L* ^^JmJI j ^^-^j 

I. &3'U. — 2. liSS.. - 3. -JJail. - 4. ^ 0 ~tfL. 



son epee, a Finstar de Sai'il et se tua. Les flaital ne le sureni que lorsqu'ils 
le trouverent etendu parmi Ios morts. 

Dieu cn delivra (les homines) ; scs slratageines se relournercnt contre lui 
et sa violence (rcjaillit) snr Iiii. Dieu detourna ce eoup des ehrelieiis et ne 
les lui 2 Iivra point. C'est ainsi qu'il avait puni Pharaon, en le laisant cn- 
gloutir par la nier, parce qu'il avait resolu de molester les enfanls d'lsracl 3 ; 
o esl ainsi qua etc massacre dans It 1 temple de ses idoles Sennacherib 
(Sanhdrib), qui avait jure la perte des enfants d'lsracl el la mine de Jeru- 
salem \ 

mmi vi. illstoihe de g en' nape, " p.vtr1a11c1ie 

ue Constantinople . 

A la mort d'Anatolius n (Aulowus), palriarche de Constantinople, Gennade 
(Affh(imhts) lui succeda. De son temps les lullcs et les troubles agiterent Fem- 
pire et FEglise en Orient 7 et en Occident 8 . En Orient Bar Sauma lutta avec 
BaboY 11 ; Pierre le Foulon, patriarche d'Antioche (Antdkiija), soulenu par le 
roi Zenon, agita FOccident et anathematisa quiconque confesserait deux na- 
tures 1,1 dans le Christ. Gennade et Felix M {Filidji<>us)< patriarche tie Rome, lui 

1. Cf. 1 Sam., xxxi. 4. — 2. Litt. : entre ses mains. — 3. Cf. Exode, xiv. — 4. Cf. II Hois, 
xix, 35, 30 et 37. — 5. Cf. Theod. LecL, Mignc, P. (>., t. LXXXVI *. col. 172. — 6. Arri- 
ve*? dans le mois de juilletde Pan 458. — 7. Cest-a-dire dans Pempire perse. — 8. Cest- 
a-dire dans Pempire remain. — 9. Voir ci-ilessns. p. 100. — 10. Litter. : substance. — 
11. Serait-ce Felix 111? Mais ee pape commenca a regner en 483. c'est-a-dire doiize ans 
apres la mort de Gennade. Ce serait done le pape Uilarms 401-468). Dans ee cas not re 



[17] Vlt. — U1ST0IRE D UN DEMON ET D'UN MOINE. j 09 

,<j-v*JI ^ Jo 2 ** <3 ^^*J * tjc^ ^ j j-j-uL^> is-Ui jL^j 5 ( j^ > ' 

1. , v JT. — 2. w-iUt. — 3. Cellula ex Jo.^. — 4. UU. — 5. 



resisterent; ils reunirent les Peres, retabliront la foi et anathematiserent qui- 
conque confesserait une seule nature dans le Christ. Gennade fut patriarche 
pendant quinze ans 1 . Son sueeesseur llilidiyon (?), apres trois ans de pontifi- 
eat, mourut dans un incendie qui eclata dans la ville 2 . 



VII. IIlSTOIRE DUN MOINE AVEC LE DEMON. 

Dans un desert vivait un ermite. Satan, deguise en moine, vint le trouver * i>. 12 
pour le prier de le reeevoir dans sa cellule et d'aceepter ses services. Le moine 
y eonsentit et le laissa loger chez lui. Au bout de quelques annees, le diable 
maiulit lui dit : « Je voudrais de la viandc; si tu m'aides, nous immolerons 
tin belier que nous mangerons ensemble. » Le moine refusa en disant : « A 
Dieu no plaise que je rompe le paete que j'ai fait avec Dieu. Ouant a toi, 
si tu ne peux maitriser ton appetit, mange ee que tu voudras. » II eut beau 
retourner ensuite plusieurs fois a la charge, le moine refusa ton jours. Alors 
ce diable, deguise en moine, apporta un belier, l'egorgea, le fit rotir et le 

auteur ferait allusion a la lettre que ce pape envoy a aux rvi*ques d 1 Orient pour etablir 
la foi cathoiique (voir Baron, ad ami. 401 et Acta SS. April., torn. I, p. 32); ou bien 
il aurait fait allusion a la lettre synodale de Genuade (voir ci-dessus, p. 103, n. 4 . — 
1. 11 mourut en 471, apres un pontinVat de treize ans et deux mois. — 2. Le sue- 
eesseur de Genu ad e fut Acace, qui mourut en 480, apres avoir tenu le siege environ 
dixdiuit ans; et Hncendie dout parle iei notre auteur eut lieu en 45G, du vivant memo 
de Gennade. ^^Jl-a sera it done une faute du copiste, voir ei-dessous, n° XI, on, a la 
pJace de .*.j-?JL5<, on lit ^^^Ji : ce qui sera it sans doute une corruption de , r^'^t, 

PATR. OU. — T. VII. — F. 2. 3 



1 10 niSTOlIlE NESTORIEXNE. [18] 

J jj^JI jlLJtJI .pts-Yl f liU .0^ ^ f >*iJ u 

pi .Sj^Vl j % ll&U U £a* Aju a) J IS p . JU jJj dl «li 

^ <* m 

.^Jlo <J iLj j^UI a^U >U *>l^ji -^r~>« J?0 Jj-^ * .<jaJI ^1 
^aJUl jaJl aJ Jlij c~Jl ^Ul ^ ^ UJ .^J' <_r^ 

pjj au Jujll Ai-lj ^Jl O^Le Jb^Jl .dU^u J U^ a5 

t5 5Cj bA^j? . j ^jJUl <J1 jL^5 . jLLUI 4U~>j j\ <u-r>-j 0 Li JJL 

l, U— — 2. U-\ — 3. U~J. — 4. UL\=J. — 5. LiTL. — 6. r.\^t. — 7. J-n,. 
— 8. vel — 9. 



inaiigca en presence du moine; et, pour le tenter, il s'absenta expres, apres 
avoir pris et mis les deux rognons sur line fenetre, commc s'il les y avail 
oublies. Le moine, voyanl les rognons, supposa que son eonipagnon les 
avait oublies. 11 en fit rotir un sur Ic feu el le mangea, Le demon, k son 
i-. is rclour, * remarqnant qu'un des rognons avait disparu, comprit (pie le moine 
l avait mange; mais il s'abstint de Itii en parlcr. 

Ouelque temps apres il hu < lit : « Oue nous sert de demenrer ici? nous 
ne pouvons etre utiles aux Freres. Entruns dans la ville. Je eonnais un endroit 
on il y a beaueoup d'argent ; nous le prendrons et nous batirons un mo- 
nastere, ou nous re un irons des moines et on nous recevrons les etrangers et 
les passanls. Ainsi nous meriterous nne recompense. » Le moine lui obeit; 
ils partirent ensemble pour la ville, et se dirigerent vers la maison d une 
personne riehe, ott ils entrerent; c etait la unit. Le diablc maudit prit nne 
corbcille pleine de dcniers d or, et la mit sur la tete du moine. Mais aussitot 
que celui-ei fut arrive pres de la porle, le diable reveille le maitre de la 
maison en lui disant : « Atlrape le voleur; il a pris tout ce qu'il y avait dans 
ta maison. » Lliommc se leve aussitot, saisit le moine, lui prend la corbeillc 
sans rien dire et remprisonne pour lv livrer an gouverneur le 1 en domain 
matin. 

Le diable maudit vient le tronver; et, le voyant pleurer et s'arraeher les 



19 j vii. — JIISTOIRE D'UN DEMON ET D'UN MOINE. Ill 

jj| ^3 Jo jj J Coll (Jf^JI I A* ( ^A**Z-*I jUti ^aI j Uilj ^^aJ l'i ^pJ <J J5j 

.SjU3l ill JLjil J (jAll^ .J^JI jtlc cr-f^ tr*^^ ^ ^ 

lilj .SjLst-JI ill Ij^> ^1>. a=-I l>li cJa L*^ *J-*ftJ ^1 ^J^r^ J^J 

.c-JIIbj S^Vl* Si *JQy SjUJI <J1 JUI jl ^,1 Jyr ^Vl JI^JI a>-j 
.^LJUGl Jil ^JUU ^ifj J iJL'j dl! Jj: l tyJ\ blu-J JU1 liU 
4J Jiii jlkjJI <*JHi .G**!* <J ^lj * <u\^U JL»jJI A-^-lj aJIS L> ^jbl ^Jl 2 Jusx* * p. 15 
^ I ji?fl^l ^ja)I (VpLLiJI -k=-) I' I Li I j jLjI U ^pJj j - ^ 0 ^J^ 3 <3 «^~^-l 
vdlj^l jl <ioj! aXJI Lis . jLa^JI £c pJlj ^jjTI jl ^u^U ^(jL — !l a>=.JI 

i. yjJ^S, — 2. In margine (sic). — 3. ^U^Jt. 

cheveux, il lc fait taire * et lui dit : « Je te donne un conseil; si tu le suis, tu * p. p, 
seras delivre et tu auras me me les deniers. Si le maitrc de la maison vient 
a te citer devant le gouverneur et a prendre la eorbeille & temoin du vol, tu 
nieras sou assertion et lc dcmentiras en disant : Je ne suis pas un voleur; 
mais un moine menuisicr. Get homnie m'a fait travailler plusieurs jours, 
sans me paver nion salaire. Quand j'ai reclame mon droit, il s'cst dispute 
avec moi, m'a cmprisonne et a pretendu que j'etais un voleur. Pour verifier 
co que je viens d'avaneer, je vous prie de regarder dans la eorbeille, qui ne 
eontient que des outils de menuiserie. Alors moi, par mes enchantements, 
jc ferai en sorte qu'on prenne les deniers pour des outils de menuiserie. Et si 
le gouverneur trouve ta declaration conforme a la verite, il te fera remettre 
les outils de menuiserie et reclamera pour toi ton salaire; ainsi tu seras 
sauve. Si Ton te donne l'argeat, nous en ferons trois parts : Tune pour toi, 
Tautre pour moi et la derniere pour celui qui a mange le rognon. » 

Lc moine suit son conseil; il prend la eorbeille et son salaire * et se retire * p. ls 
tout etonne. Le demon, Tayant rencontre : « Tu as trcs bien fait, lui dit-il, 
de snivre mon conseil. Je ne suis pas un lioinme, mais un des demons dechus 
de la gloire celeste. J'ai voulu fairc penitence et demeurer avec les moines. 
Ayant etc re?u par Dieu, j'ai desire te faire connaitre, a toi et aux autres 
moines, comment vous devcz etrc sur vos gardes. Va mainlenant batir un 
convent, avec l'argent que tu viens de prendre, pour y reccvoir les etrangers, 
et prie pour moi. Je t'ai dit de partager l'argent et d'en donner un tiers a 
celui qui a mange le rognon, pour t'avertir de ton action aiin que tu ^attaches 
a la verite que tu possedes et ne Techanges pas centre le mensonge. Je t'ai 



112 J1IST01RE NESTOR1ENNE. [20] 

oJLi-l ^JUI JUl fjo I j jVI ^^1 . I^^^u Jl <J^f o^J\ ^ cK^j 
JL^I iJUJl JLJl ^ir jl ^ Ulj .^U JLy Atj}] aJ JJIj 

.JIUJL 4jJLr Vj dU, ,jaJI jpJL <tL^is o-Ui L ^ d) I^l; U<J1 
,^>aJI jli^VI ^JJI JLJl Sj^^j p=^UI Jl£l> *Lil J dh^j 

* i\ in SUJI ^JU; JU .U-v*i pAi <c- ^li- pi A J * Jj-\~^« ^ol 

o^VI 

L« il jl^j .i£U>JJ jLlLJI J I? I ^»-^l j^ArUJI ^^L Jyi^J LJ 

" jljuti.JI -A^X** ^jjjjil* ^^3o U^)| * Jj^Cj J U p-LnTj . ^ y^y <J ^Sh 



donne la tentation de manger de la viande, ot tu en as mange; d'aimcr Tar- 
gent, et tu en as vole; je t\ni tente par l'amour dc la vaine gloire, et tu as 
ete seduit en voulant batir un couvenl. Je t'ai done vaineu. .Maintenaut, en 
perseverant dans la priere, mets-toi, et mets encore les autres, en garde contre 
* i*. 16 les demons, qui n'ont d'autre but * que de perdre les liommes. » 

Le demon disparut cnsuite et ne so montra plus; nous prions Dieu le Tres- 
Ilaut de nous delivrrr dc la perversity des jnechanis. 

VIII.* IIlSTOJKE d'AcaCE, LE VINCT KT UMKME DES C.VTIIOLICOS * . 

Apres le martvre du catholicos Baboi, Acace (A<j(i<j), le doeteur, Tut elu 
catbolicos; il elait parent de BaboY, ainsi qu'il le declare lui-meme dans la 
leitrc qu'il eerivit a Bar Sauma'-. Acace 3 fit ses etudes a FEcole d'Edesse; 
il trouva Tbeodule, disciple de l'lnterprete \ qui le burnt et le nomma cc la 
colonne dc lOrient ». 11 etail bon et vcrtueux. Lors des dcmeles de Bar 
San ma avec Baboi, Acace se rendil d'Edesse a Suluucie 5 (M-Maddin), on il 

1. CI'. Mari, ]>. 43-1 i; Amr, ]). 35 ; Barhebr.. Chron. EccL, II, eol 72 et suiv.; Syn. Orient,, 
p. 209-307 cl 531-7. — 2. Eveque de Nisibc. Cf. les Letlres de celui-ci a Acace : 4 C letlre, 
loc. cit. y p. 530. — 3. Le ms. porte Bar Sauma. Sans doute line fan to du copisle. — 
4. Theodore de Mopsuesle. Barhadbsabba Arbaya dans La Cause de la fond alio n des 
ecolesy ed. Scher, p. G(>, dil de me me de Xar^ai et de Bar Sauma. — 4. Xoiv ci-dessus, 
p. 90-102. — 5. Le ms. a : « 11 partit de Seleucie a Kdesse. » C'est sans doule une 1'aute, 
1 lour ; <« j*} -^v) ! J I UJ 1 , ^ . » 



[21] VIII. — IUSTOIKK D'ACACE, LE 2L e DES CATHOL1COS. 1 13 

.^X jj^VI Jo **\J\ <J1 C-^sl .01 ClUj (j-kaj Ly^. ^L-Vl 

1 j-*>jf- ^ ji^- ipi ^Lt^> iuvi (J j^-j .pALb ^>^Ji <iSU-Vl ^ ji 

i. — 2. ..jLvJl J 1 UJI 



cnseigua tout Ie temps que vccut Bal>oT, Faidant et Ie soutenant avec les 
cveques eontre Bar Sauma. II refuta la lettre que eelui-ei certvit contrc le 
catholicos. Ouand il fut h la tcte de FEixlisc, il dirieea les alfaircs avee beau- 
coup de sagesse. * Les mages, auxquels il s'opposa, remprisonnercnt quelque 
temps et Ie maltraiterent. Les partisans de Bar Sauma, qui le detestaicut, 
raccuserent d'adultere; mais ils rie reussirent pas dans lenr dessein : Aeaee, 
pour confondre ses calomniateurs, fut force de se mcttre a nn devant les 
cveques, afin de leur montrer qu'il etait eunuque. Alors eeux qui 1'avaient 
accuse roitcriront de leur action. 

Acace se reudit an pays dcs Grees, au temps du rot Zeuon \ et Ie pria 
do rappeler les eveques qu'il avait exiles. II eomposa un traite sur la foi, 
dans Iequel il confondit ceux qui confessent unc scale nature dans Ie Christ; 
il ecrivit aussi trois autres traitos sur le jeune. Les Grees et les Persons 
rendirent temoignage de sa sagaeite et de sa vertu 2 . 

1. Bar Sauma, eveque de Nisi be, dans une de ses lettres fait allusion a cetle anibas- 
sade. et designe Acace com me Ie futur envoye de Balas (voir St/n. Orient., p. 533 et 
n. 6). Les autres auleurs inentionnes ci-dessus(p. 112, n. 1) font un anaehronisme en pla- 
gant cette ambassade sous Piroz : Acace fut elu calholicos apres la mort de Piroz (voir 
ci-dessus, p. 102, n. 3). — 2. Notre auteur ne dil pas combien de temps Acace occupa Ie 
siege. 'Ann- lui altribue 11 ans de regne et place son intronisation en 485 et sa mort en 
49G; cf. ci-dessous, p. 123, n. G. Mari au contrairc lui altribue a tori 15 ans de pontifical. 
Scion Klit* de Xisibe, aj)iid Barljebr., Chron. Eccl., It, col . 72, n. t, il fut elu patriarclie 
en 484. 



IU IHST01RE XESTOR1EXXE. [22] 

i*. i« . jL^ .j^jlJI jLJ iCL-j 5 ^;j Jl^ 4 jlliiJI -Ldr * '^jjj^" 

0 rj jjj>LJj (jUJJ- 2 ^^ ^a-^o aLo All j jiJlitJl pit LA? . O J^^JLc 

jii \'^> vyCl di> j^-jj J ^ 7 o>" ji^i 

1. Mens dominns ^_C^U U ^. — 2. l^ao. aJL\Jt t^^r* — 3. — 
4. tJLaxaLio. — 5. if y \j *. — 0. tj_G a . — 7. Cellula ic^x*. — 8. Oratio i;*>v*>. 



IX. HlSTOlRE PU VENERABLE ET SAINT M.VK N UtSAl, DOCTEUR. 

Ce saint venerable eiait (Tun village appele 'A'tn Doulbe 1 , dans la region 
* P. is de Ma'althaye. II alia avee Aeace" {Aqdq) trouver Theodule 3 , * disciple de 
rinterprele, qui le benil et Tappela la langue d'Oricnt \ et il le fut. II sejourna 
vingt ans 5 a Edesse (Ar-Ilohd). Les dissidents, ayanL appris qtVil professait 
la memo foi que Diodore" (Dioudourous) el de Theodore 7 (Thyddourous), voulu- 
rent iucendier sa cellule 8 ; il sVnfuit a Xisibe 9 , on il Lrouva une petite ecole, 
fondee par Simeon Gramqaya 10 (Sim'oun al-Djarnuiqdni); il s'y fixa. L'eveque 
Bar Sau ma sinteressa a sa cause et le soutinf . Hoaucoup de gens se rendirent 
aupres de lui de toutes parts; les Syriens qui etaient a Edesse, se retirerent, 

1. En syriaque m^o» ^ (fontaine aux plalanes : village a environ deux heures aTouesl 
de Dehok et tout pres de Ma'altaye. Les livres d'office declarent aussi que ce doetenr 
elait originaire de Ai'n-Duulbc; mats Mari p. 44/ dit qu il elait de Ma'altaye. — 2. Cf. 
ci-dessus, p. 112. - — Le ms. porte faussement Theodore. — 4. II appela Acace : co- 
lon nu d'Orient, Narsai : langue d'Orient. et Bar Sauma: himiere d'Orient (Mart, loc. eitX 

— n. CI". Barbadbsabba Arbaya, Cause de la fondation des e coles, ed. A. Scher, p. 61 >. 

— <>. Diodore de Tarse. — 7. Theodore de Mopsueste. — 8. Cf. Marl, loc. cit. — 0. La 
lii He de Narsai eut lieu apres la mort d'lbas, qui cut lieu le 28 oclobre 457 (voir Chro/i. 
Edcss. apud Assem.,Z>\ I, p. 403; cf, R. Duval, Litter, syr., 2 e ed., p. 340. — 10. En 
syriaque Un^, c'esl-a- dire originaire de Beith Garmai. Si les renseignements de noire 
auteur sont bien fondes, le fondateur de Tecole serait ce Simeon Garmqaya, auquel Ebed- 
jesus de Xisibe (apud Asseni., B, O., HI. i. p. 1G8) altribue une version syriaque de la 
Chronologic d'Eusebe. Mais, selon toute vraisemblance, Simeon Garmqaya, mentionne 
])ar Eb< i djesus, est le meme que Simeon Barqaya, mentionne par Elie de Xisibe sous 
Chosroes II (590-028). Voir ms. Add, 7197 du MuseV britanniqu* 1 . 



23] IX. — IIJSTOIRE DE XARSAi, DOCTEUR. 115 

^ivLAii* <S*£-J -^^r 9 U&Jj ll>-^j ^il LyJ Jlij jl-wir aJ jl^j 

— 5. Traditio )La»v>\t.>>o. 



eux aussi, aupr6s Je lui'. II coinposa Irois cent soixante bumclies metriqucs 
correspondant an nombre des jours do Tannee et partagces en donze volumes " : 
II y refuta les ecrits de Jacques de Saroug (Ya qoub as-Saroutlji)^ ct nrit a nu 
la malice de sa croyance 3 . II dcrivit anssi nn livre intitule « De la corruption * '* l '' 
des mceurs s », dans lequel il insera ce que faisaient les pivtres ct les moines 
heretiques. 11 commcnta lc Pcntateuque, Josue-bar-Xoun, les Juges, PEede- 
siaste, Isaie, les douze (petits) Prophetes, Jeremie, Ezechiel ct Daniel 5 . II 
ecrivit aussi des oraisons funebres. Les dissidents, h sa soriie d'Edesse, 
avaient brule ses livres ou plulot quelques-uns de scs ouvrages ; il mourn t 
aprcs avoir habite Nisibe (Xasibin) pendant quarante ans 6 , et fnt enseveli dans 
Tegiise, connue sous son nom jusquVi nos jours 7 . 

II avail deux disciples, appeles Abraham et Jean 1 * (Yohannti), qui mar- 

1. Cf, Barbadb^abba, loc. cit.. p. 70-72. — 2. CT. Idem, ibid. ; Mari. p. 44; Ebcd- 
jesus de Nisibe, apud Assem,, B. 111. i, p. (15. — X 47 liomelies de Narsai ont ete 
publiees a Mossoul par M. Mingana. qui a laisse de ctUe eelles qui conlenaient des 
controverses contre les monophysites. — 4. Cite par Elie de Nisibe dans sa Lett re 
au sujet de ['election du patriarche illegitime lAVyabb (cf. Assem., B. 0., Ill, i, p. 272 i . 

— 5. I /existence des eommentaires de ces livres rae pa rait un peu douteuse. Barhadb- 
sabba, le plus ancien auteur qui ait parle de NarsaY, ne dit rien de ses eommentaires. 
11 dit seulemcnt qu'il insrra les eommentaires des Eeritures dans ses liomelies et dans 
le reste de ses ouvrages < J3arliadbsabba , loc. cit., p. 68-0j. Bien plus, les exegetes, 
qui citent cependant ieurs devanciers dans la memo science, ne mentionnent point le 
Fonda teur de TEcole de Nisibe (voir A. Seher, Catal. des mss. de Seert, n°* 21, 2r>, 28 : 
et s'ils le mentionnent quelquefois, ce sent des passages de ses liomelies qu'ils cit en I, 

— G. Mari [loc. cit.) et Barliebrieus Chron. Eccles., II, col. 78) disent qu'il enseigna a 
Nisibe cinquanle ans. Plus veridique semble etre Barhadl)sabba, cjui dans son Traite 
sur la fondation des ecoles p. 72, cf. p. 87, n. 3> ecrit a la fin du vi e siecle, nous dit 
que Narsai enseigna 45 ans: d'apres le meme auteur Narsai serait mort en 502, son ex- 
pulsion d'Edesse ayant eu lieu en 'i57. — 7. Cf. Mari, p. 45. — s. (]f. Mari, loc. cit.; 
Barbadbvubba Arbaya, loc. cit. , p, 73-75. 



116 111ST0IRE NESTOR1ENNE. [24] 

jjjj . 3 JjjC-Vl J w-"yJI JuLjj ' 2 ^.L.j 'j-i^ ^ jt-S 

J^jCJ £ jLSlj Le^^j ^y ^ jl^ (j-jU) dl^L« J*?- ^-*-*J 

1. Traditio iloj^^o. — 2. D'Tffn T'C l*^*. — 3. Oralio j^o^o. — 4. Causa fun- 
dationis scholarum Scliolaris ^ciMof. — G. Sermo, oratio 

M«^ioL. — 7. Rogatio jLoio. 



chercut sur ses traces. Abraham composa ' ties commcntaires sur Isaie, Josue- 
bar-Noun, les Juges, Ezechiel, Daniel, Bar Sira (FEeelesiastique), les douze 
(petits Prop botes), le livre des Rois, le Cantique des Cantiques, des discours 
poetiques, des lettres et un traite sur la Cause de la fondation des ecoles 2 ; il 
dirigea l'Ecole de Nisibc environ soixante ans 3 et cut plus de millo disciples \ 
Jean redigea 5 un volume de Questions et de Commentaires sur le Peuta- 
teuque, Jeremie, Ezechiel et Job; un autre livre centre les Juifs et uu autre 
* V. 20 cuii Ire le? Mages; * il composa aussi des oraisons funebres, des homelies, des 
discours sur les Rogations' 1 et un discours sur la mort de Kosrau (Kisrd) 
Qawad ' . 

Ma'na, qui a etc nomine inetropolilain de Perse, etait lui aussi avee Narsai, 

i. Cf . Barliadbsabba, he. cit> } p. 75 el Ebedjesus apud Assem., B. O., 111, i, p. 7L — 
2. Kbedjesus ecrit i ■>-,.. mvi u» ^ lec^ : « Cause de la fondation des ecoles), divisee 

en chapitres determines. » 1/edition d'Asseinani porte : iv» r *>3 m>lo>o ; rN.\*, ce qui 

serait une faute du copiste (voir Barliadbsabba, loc. cit., Introduction, Assemani 
n a pas compris le passage susdit d'Ebedjesus en le traduisaut par x*6fcjA.xT« du Psautier 
(voir Barhad., loc. cit,). — 3. Selon Barliadbsabba, Abraham serait mort en 509. — 4. Cf. 
unc hymne sur Narsai et ses disciples, inseree dans le livre d'Otlice pour les f£tes (ma- 
nuscritj. — 5. Cf. Barliadbsabba, p. 74 et Ebedjesus apud Assem., B. O., III. i, p. 72. — 
G. ^^sLM (du syriaque (ia^> : demande) so dit des priercs publiques que fait t'Eglise 
pour supplier Dieu de nous pardonner rios peches et d'eloigner de nous les desaslres 
qui nous mciiacent. Les Rogations des Xinivites furent <Hablies selon q uelques-uns au 
vi e siecle. selon d'aulres au vn e ; voir ci-dessous, n. CIX. — 7. Ebedjesuslui attribue aussi 
uu discours sur la peste, qui eul lieu a Nisibe; selon Barliadbsabba [loc. cit.. p. 74), il 
composa trois discours : Tun quand Kosrau s'empara de Xigran, parce qu'il se trouvait 
alors a la Porte, pour les alia ires de TEcole; les deux autres sont sur la peste et les Ro- 
gations. Selon nous, le discours sur la mort de Kosrau, dont parlent notre auteur et 
Ebedjesus, serail le discours sur la victoire du meme roi sur Nigran, dont parle Barhad- 



l 25] IX. — HiSTOIRE DK MA'NA, METUOP. DE PERSR. 117 

t( ^jU £jjlk« ^jUj Ujmj liU -Ui ^Ji -U> J i^^-Jl iUVl ^^111 Iaa .^r^ 

i. iini^v.. — 2. Ilvmnus Wv*> , £ 5 ,^- a — 3. Oratio r *L- . — 4. 1 1 y- 

nanus, responsoi'iu m ic^jo* L^. — 5. ^y f sr^\. 



Bar Sauma et- Acace dans rEcolc d'Edesse; il etait originaire de Siraz; qiiand 
il fui nommo metropolitans il traduisit du grec en syriaque les livrcs de Dio- 
dore et do Theodore. M&na ct Ma'na, metropolitan)* de Perse, qui fureut 
presque les contemporains de Plnterprete \ ne les avaient point traduits. 
Apres Mftna, Ma'na et Mari, metropolitains de Perse, ce Cut ce saint 2 qui 
proclama la foi ortliodoxe dans le pays de Perse. I has [lhihd) % eveque 
d'Edesse, avait deju eerit i\ Mari :l ce qui etait arrive a Xestorius. (Nastonris) 
avec Cyrille (Qourillous). Ma'na rcdigea aussi en persan des odes religieuses, 
des poesies et des hymnes pour etre chanlees a l eglise; il envoys les livres 
qu'il traduisit aux pays mari times s et aux hides. II s'opposa d'abord a Baboi 
et w soutint Bar Sauma; mais ay ant assiste an Synod e d'Acaec, il annul a ses * e. 2T 
premieres demarches 5 . 

bsabba. Car, suivant celui-ci, Jean preceda dans la lombe Abraham, niort en 509, c'est-a- 
dire neuf ans avaut le roi Kosrau (578). 

1. Theodore de Mopsueste. — 2. Cest done a tort que Barhebneus Chron. Eccl., 
IT, col. 54; et Assemant B. 0. % HI, i, p. 370 el 381 out confondu ce Ma'na avec le pa- 
triarclie du nieme nom. qui sucreda a Yabalaha I en 420. Le successeur de Yabalaha 
serait Ma'na 1 et non Ma'na tt metro p. de Kiwardsir (ct*. A. Scher. Etude supplem . 
stir les ecrivains syr., n. v. HOC, 1906, p. 7 . — 3. Ce passage a ITirme que le cones- 
pondant d lbas elait cveque de Riwardsir et non le eatltolicos Dadiso'. aiusi que semble 
fe conjecturer J. Labourt, dans son ouvrage intitule : Le Christianisme dans L* empire 
perse, Paris, 1904. p. 133, n. G. — 4. Nc serai t-ce pas une faille du copiste, au lieu de 
^>>x-^ .J^Jj, a savoir les lies de Bahrein? — 5. Cf. Syn. Orient., p. 300, 538 et 539. 



I IS IIISTOJRE XESTOUIENNE. [2G] 

^j^L^tU .L^c (^a)! ^jJI ^ Li> A3 ^ 1 j^jj ^ J^J j^L^Ox L VI 



t. In margine : fit ^Us^Jl oX-U ,jj (scalptum) ^J-lCJ fll — 2. x*t*- 

paai; ^od»lq^> u»»n-d ex jLw^:*3 ^--r 2 . — 3. Sanctus jjl.j-d. 



X. IIlSTOlUE l/AXASTVSE, ROI DES GnKCS ; CE QUI AH HI VA DE SON TEMPS 

de la max de Severe et de ses partisans'. 

En N02 d'Alexaudre (491), aunee a laquello mourut Piroz, roi de Perse 3 , 
Aiiaslase (Anastous) regna sur les Roinaius apros Zenon, II s attacha a la 
croyance tie Severe (Sdicarm), en confessant uuc seule nature 3 dans le Christ 
<»t en se dctournant de la croyance de Macedonius (Mu<i<louiiis), patriarche de 
Constantinople (Al-QosUmliniya). Deux hoinnies maudits, dont Tun se noinmait 
Darnastius le sophiste 1 (?) et Taulro Mazphola °, sYdanl lies avec lui, hi i 
enseignerenl Perreur des dissidents. Sur Pordre dWnastase, Sevisre 7 et ses 
partisans se reunirent et anathematiserenl quiconque confesserait deux na- 
* P. 22 lures dans le Christ * et reeevrail les decrets des Peres du concile de Cbalco- 
tloinc, que du restn ils excoramunierent. lis ajouterent au Sanctus inunortalis 
ces paroles : Qui rruri/irus cs pro nobis. Les gens s'agiterent el voulureni 
deposor le roi, « Comment, dirent-ils, pourrait-il regner sur nous celui qui 
atlriluie le supplire de la croix au Dieu puissant et grand, crealeur du ciel 

1. Cf. Evag., lib. IV, e. xxx et seq.; Harhebr., Ilistoire des Dynasties, ed, Salhani. 
p. 140-7: Citron. EccL y I, col. 186 et suiv. — 2. Piroz inonrut en 484 'voir Elie de Xisibc 
apud Barhebr., Chron. EccL. 11, col. 78, n. 2 et col. S'i, n. 1. — 3. Litt. : substance. — 4. 11 
s'agit de Teunuque Amantius, cliambellan du roi Anastase. — 5. Au lieu de jclk*Jw)l 
il laud rait peiU-etre lire -k*vJ.J!. — Je n'ai pas pu idcntilier ce nom. Xe serait-ce pas 
Fausle, maitre des ollicesV - - 7. Cf. Libera!., c. xix, ct Labbe, torn. V, Concil., p. 121. 



[271 x - — HIST01RE D'ANASTASE, ROi DES GRECS. 110 

.ijUYl lX^'^ err" V s *" 1 ** O^J . ^vUJI ^1 ^jVIj oljLJl J^U- Jf-j 

^ ^ « AJ1 *L>=.J Ic-Li p^LI <^>t^? l»Y1 ^ ^jiyLJI j^JjI ij* 

.L^JL^LJ \ ^Ji Zj j j r Jji\jL> il>-U cJLJ>-j . *l Yl f ^j-o ^-vil La ^ i 

1. U f >, — 2. Monachus — 3. l^i*. 



et de la terre? » Le maitre do la milice dWnastase, qui etait orthodoxe se 
revolta et mareha contre lui. Devant le danger qui le mcna^ait, Anastase 
ota la eouronue de sa tete, et, promettant de revenir sur ses aetes, pria le 
maitre de la milice de renoneer a sou projet. Le peuple se ealma. Mais des 
que le maitre de la milice se fat retire dans le pays de la Thrace (Ban/a), 
Anastase reprit son oeuvre mauvaise : il ajouta de nouveau le canon an Trisa- 
gion, tua plusienrs moines stditaires, et, pour plaire an niaudit Severe et a ses 
partisans, exila beaucoup de Peres orthodoxes. 

En *la dixieme annee de son rrgne, le 2 hazirdn (jnin), a trois heures du 
jour, le soleil s'eelipsa; la terre resta enveloppee de tenebres peudant qnatre 
heures du jour, en sorte qn'on ne vo) T ait rien-. 11 y ent un terrible tremble- 
ment de terre a Constantinople. Les santerclles vinrent aussi en grande 
qnantite ravager les reeoltes :l . Le disque du soleil, durant quatorze mois, 
parut inegal : ce qui excita retonnenient de tout le monde et fit eroire qn'il 
resterait ton jours ainsi, en punition de rexcommunieation des Peres La 
ville de Xicopolis (Xiqafoulis) s'alTaissa et engloutit ses habitants 

1. 11 se nommait Vitalien. — 2. Cf. Pseudo-Josue iapud Asseni., B. 0., 1, p. 270 , qui 
rapporte cet evenement au 23 octobre. — 3. Cf. Chronicon Edess. et Jo sue le Stylite, 
apml Asseni., B. Q., 1, p. 270 et 400. — 4. Allusiun a rexcommunieation lancee par Severe 
contrp les Peres du concile de Chalcedoine. — 5. Ct". Citron. Edess. et ]*seiRto-Josut ; , 
loc. n't.; Barhebr., Citron. syr. ? ed. Bedjan, p. 75. 



120 1I1ST01RE NKSTOR1KNNE. [28j 

A_^_*_Tj ^ . I? ...LjL AjUjiJl p-latT Li-J^- i^J .AJCwl ^ b ^3 ^AiuJI I JJ^J 

r. 2'i j j-^ a*JI j^/^j U-iy k^^&A^ ^ ^5 ssli ^^jj^L- ^i^> (3 ^ a)?.L.1j.„,^ 

A_^wL>- l^A^ j j/oVl j jJjJL j Oj^-^ Vj aJo^ajmJI j V aJ 

iJ^-JU <^-*~*J ^ iiLwl itU-pJI isA^J (J^J ^ A ^ d-*-* <^ ^ (Jit I Lis 

1. l;~~Li~JL\ — 2. l ^o^' — 3. — 4. imposuit (manus\ ordinavit 



a Dieu, disaient le roi et Severe, chatie ceux qu'il aime. » Anastase soutiul 
les dissidents durant toute sa vie. 

Severe', que nous venons de mentionner, el ait originaire de I'Asie; il 
etait paTen; il apprit la philosophic en Palestine; il recut le bapteme a Cons- 
tantinople dans un convent, connu sons le nom de Theodore 2 (Tiddouri), 

P. 2'i * hati par des moincs eutychiens. Les moines de ce couvent :i n'admettent ni le 
bapteme, ni le saeerdoce, preteudant qne tontes choscs out ete corrompucs 
depnis le concilc de Chalcedoine, qui avait euseigne deux natures dans le 
Christ. Ce monastery avait un chef nomine Epiphane(?) (Afifous). Celui-ci etant 
tombe malade : a Que ferons-nous, dit-on, s il vient a mourir ? Qui transmettra 
le saeerdoce a cette Congregation, qui n'a point d'eveque? » II (le chef) 
benit une chape ct leur dil : cc Lorsque vous voudrez ordonner un pretre ou 
un diacre, vous la lui mcttrez sur la tete. » Apres sa mort, on lui coupa la 
main droite, qn'on embauma et qu'on mit avec la chape C'est dans ce 
convent que se fixa Severe. Philoxene (Akluisndyd) et les eveques ses partisans, 
ayant vu sa sagacite et son aplitude a defend re leur secte, Tordonnerent 
]»atriarche 5 , Severe, soutenu par Amautius {Amaslous), chambellan de l'enipe- 

r. *r» reur, reunit ses sectateurs et anathematisa * tons ceux qui s'etaient rassembles 
a Chalcedoine et qui admeltaient deux natures dans le Christ 0 . Les oiseaux 

1. Cf. Pair. or. y 11, fasc. 1 et 3. — 2. Inexact. convent se trouvait dans la ville de 
Gaza. Ibid., 270. — 11 re^ut le bapteme a Tripoli en IMienicie dans Teglise de S.-Leont'e. 
Pair, or., It, 81, 218, 375. — 3. Cf. Mari. ]». 44. — 4. Je no sais pas a quel annaliste 
rauteur a emprunte ces renseig'nements. — 5. Kn 5L2. — 6. CI*. Liberat., c. xix el 
torn. V, ConciL, p. 121 



l 29] X. — IIIST01RK DK SKY ERE D'ANTIOCHE. 121 
(^Jl L^**^ l^^wj ^LwJl c-o i^lLil ^tLUJI j.k^? « L/^l^ 

" ^ A_i_J Ij . i^U>oJ ^ VI *^^/J ...m.J1 (3 A=-lj ^Aj^cj J^JlH 

re ., — <JI (3 t^jL/^?^ Aijo Jv^>-J l^Uj ^LiJl ^11 i> ^«Lflj 



i. ^ jr. -2. w*»jJt 



d'or, que le roi Constantin (Qostanfin) avait fait fabriquer et placer sur lc 
baptistcre dans Feglise d'Antioehc (Anfukiyct), Severe les prit, les fondit et les 
donna k son complice'. Ilormisdas (Ilourmyoudh), patriarche de Rome, ayant 
appris ces nouvelles, reuuit les Peres el anatheinatisa Severe. Celni-ci iin- 
plora le secours d'Anasiase et causa beaneonp de manx". II envoya en Perse 
dcs legats, munis de ses lettres, pour proclamer sa eroyauce. 

Jacques de Sarong 3 (Ya'qoub as-Saroudji), qui etait orthodoxe; qui avait 
fait ses etudes awe Bar Sauma dans TEcole d'Edesse; qui defendait la doc- 
trine des Peres de Clialcedoiue, qui avaient euseigne deux natures dans le 
Christ, ayant vu que le roi soutenait et fortiliait la secte de Severe et de ses 
partisans, s'cearta de sa croyance pour passer a celle des lieretiques et pour 
etre rebelled la verite. * Severe et Philoxene'' Tordonnerent eveque de Batnan 5 . + \\ m 
II ecrivit beaucoup do discours poetiques touchant Peconomie de Notre- 
dans lesquels il defend et la doctrine de Julien fi (Vault/ and), qui 
enseiguait Pimmortalite du corps de Notrc-Seigneur, et celle de Severe et 
de ses partisans, qui admettaient ime seule nature dans le Christ et Fun ion 
des personnes : au sens tres grossier. II envoya ses livres et ses discours en 

L Cf. la lettre du clerge d'Antioche a Jean de Constantinople, Pair, or., II, 342. 
- 2. Cf. Theoph., Pair, or., IK 382. — 3. Cf. Barln*bi\, Citron. EccL, I, col. 192; Abbe- 
loos. De vita et Script is S. J a cob i; Man, 4'i. — 4. Cf. Barhebr., Chron. EccL, 1. col. 184 
et i&G. — r>. En 5i ( J, il niourut en 521. Cf. R. Duval. Utter, syr,, 2 e ed., p. 352-5. — 
0. Sur Julien d'Halicarnasse voir Theod., lib. 11; Barhebr., Chron. EccL, I, col. 212; 
Theodore Bar Koni. 



122 IllSTOlRE NESTORfENNE. [30] 

o.yJI <J\ .^JVl ISJ C^JIj jJVl jl IpVl ^ ^tij fcljjU 

>. -27 Jlil jL^j * .Ul j *-Jl tijL^Jl ^ <j"M~» J— .T^L5 ly^y 



Syrie (/1\-6V?///), on ils furent regns par les Severiens et par ceux qui confes- 
suient deux natures clans lc Christ. L'imposteur! il attribua la passion et la 
mort a ressence J i vine. 11 donna son nom aux Jacobites 1 jusqua nos jours. 

XI. - — ■ IllSTOlltE DE MlLAS 2 , R01 1>E PERSE*. 

Apres la mort de Piroz, les Persons furenl en desaecord sur Pelection 
d'un roi. Finaleinent toutes les voix tomberent sur son ills Milas; on le fit 
regner et on rejeta Oawad (Qabatl). Milas ful bienveillant envers les ebretiens; 
* i\ -27 les egliscs furent rebaties * de son temps. 11 faisait bon accucil an catbolicos 
Aeace qui sc presentait chez lni. 

La deuxieine annee '' de son regno, les beretiques el les partisans de 
Severe se mirent a repandrc en Perse lour doctrine et a corrompre la croyance 
des ^'ens; ils parent facilement et promptement les instruire, les baptiser et 
batir pour enx des eglises. Le catbolicos Aeace, ayant eu connaissance de 
ce qu'ils faisaicnt, rennit les Peres pour les anatbeniatiscr, cux et tous les 
enncmis de la foi ortbodoxe. 11 etablit des canons concernant la discipline 
ccclesiastique; il preserivit aux moines et aux devots d'etablir, selon P usage, 
leurs deineures dans les lieux eloigues des bomnies, et lour interdit dMiabi- 
ter les villcs, les villages et les localiles on sc trouvaient deja des eveques 

1. En realite its tirent leu r nom de Jacques Baradee voir Barliebr., loo. cit. y rol. 218;. 
- 2. Tous les autres annalistes ecrivenl Balas. — 3. Cf. Tabari, p. 12 et suiv. ; Tbeod., 
lib. H, p. 500. — 'i. Kn 483-0. Balas ayant regne en r i 8 ^ . 



[31] XL — IflSTOJRE DE M1LAS, ROI DE PERSE. 12:i 

l^vi ^p^j ii5L-Vl l^i j-JIj jaJI J jl 1 ^4^J 

. I Uj^J CjL-\^? lyo I ^=LL* ^ jlo.tfl* Jl 1 U>^J: jl^j 

;> (J' crtJ5*X* ^ ^ lT^-^ 3 -^ U^JJ^J <J*J->J^ p^. O 1 * 

1. vel — 2. — 3. ^_a$J. — 4. )in.^y>. — 5. Sic in manuscripto. 



et des pretres, d'y oflVir les oblations, ou J'v administrer le bapteme, eor- 
rompant ainsi les lois de EEyTisc et jctant lc trouble parmi les fideles 4 . 

II fit cela a cause des heretiques, qui etaient venus en Perse * et qui se * P. 2s 
donnaient des airs d'ascetisme el de mortilication. 11 anathematisa quiconquc 
s'insurgerait eontre ce qu'il venait d'etablir; il se reconcilia avec Bar Sauma 
et coramenga a correspondre avec lui -; il annula tons les anathemcs et inter- 
acts que Baboi el Bar Sauma avaient pories Tun contre L autre. 

A la mort d'Acace 1 * [Qlmtdioits), patriarehc de Constantinople (Al-Qostan- 
tiniya), Euplieinius'' (Ouqoitniam) lui succeda; il etait ag'e, verse dans les 
ecrits de Tlnterpreie 5 : ce dont il se glorifiail. 11 etail Lami de Bar Sauma, me- 
tropolitan! de Nisihe et son correspondant. On Faccusa dcvant lc roi Anas- 
tase d'etre attache a la croyance de Nestorius 0 (Nestouris): il y en a qui disenl 
qu'ayant desobei au roi, qui lc prcssuit d'anatliematiser Diodorc, Theodore^ 
Nestorius et Ieurs partisans, il fut exile 7 et remplace par le moinc Macedonius 
(Mdqidounis), cpii lui aussi etait ortbodoxe et professait deux natures dans le 
Christ 8 . Mais Anastasc ne le sut qu'apres l'avoir retabli. + 11 rcunit 1111 synode, ¥ p. -iu 
dans lequcl il anathematisa Dioscore {Dyosqourd) et son concil(' !t . 11 fit meiue 

1. Les aetes et les canons du synode dAcace ont etc publies par J.-13. Chabot, S1//1. 
Orient., p. 2<)9-:;07. —2. Gf. Syn. Orient., p. 525-531. — 3. L<> ms. porlr ^o^Ji, i'aute 
du ropi^le au lieu de ^^^'i 1 ici'. ci-dessus. ]>. 100. n. 2j. — 4. Euplieinius succeda a 
Fravila, qui lui-meme avail succede a Acace. — 5. Theodore de Mopsueste. — G. Cette 
accusation etail dirigee eontre son suecesseur Macedonius ^voir Liberal.. ca|). xxxix . 
— 7. En 495. On sail que ce palriarehe, par son indiscretion, dunna lieu a Anastasc de 
Lexiler. — 8. Notre aulenr nestorien senible enure urthodoxes tous Irs dyopliysites. — 
!». Cf. loin. IV. Condi. . p. 1413. 



12>. I1IST01RE XESTOR1EXNE. [32] 

j-^l y& r J\ a_^j 3 Op i\j \jj 3 jj^j ^ j&\ u 

^U! ^3 jJ ^3 j'loJI Lwli Jtl! C*..r> 4*1^1 cJI 

dLL 3 

p. ;:u .OLw^j>=_*wU Coy*?* C L-~>^T ,j l,^L pli^l jl^j . U ^Ic- *p^l^> ^Jj 

i. , ^ .UJJ'. —2. J.. — 3, In marline ^! ^Cl-\ 



des reproches a Anastase sur sa croyance. Celui-ci, irrite, le cliassa sous 
pretexte qu'il professait la croyance d'Eutyclies (Aouiakha) et d'Apollinaire 
(A fou I maris) 

XI 1. IhsTOlUE DE QaWAD, HOI DE PeRSE 2 . 

Ouand les Persans elureut Milas, Ills de Piroz, et rejeterent Qawad (()(/- 
fcrfrf), celui-ci, irrite, se rendit aupres du roi des Ilaphtarites 5 , et ltd raeonta 
rinstoire de Milas jusqu'n son avenemcnt. II ful Idea accueilli el resta chez 
lui trois ans. La quatrieme annee il renvoya avec des troupes pour combattri 
son ire re. A sou arrivee a Seleucie (Al-Maddia), il le trouva mort \ Ainsi 
les gens furenl quitles de la guerre et du sang verse. II avail regne quatre 
ans. 11 y en a qui disent qu'on le niassacra, apres lui avoir crev6 les yeux. 
11 avail bati une ville sur les rives du (grand) Zab, dans le territoirc de Marga 
[Al-Mtmlj). 

Qawad regna sans diilienlte : il envova des presents an roi des llaplita- 
l». jo rites, Bien loin de punir ses siijets * de ee qu ils avaient fait, il leur fit an con- 
traire du hien. 11 elait le plus doux des rois de Perse et le plus verse dans le 
magismc. An commencement de son regne, il s'appliqua a batir des villes 
et des villages. II jeta sur les rivieres des pouts en pierre et en Lois; il lit 



1. On ftlutot sous ju-etexle ipul etail nosiorieu voir ci-dessus, p. 123 n. 0). — 2. Cf. 
Agathias, lib. I V. — 3. Voir ei-dessus. p. 107. n. 2. — 4. En \SS. 



[33] XII. — U1ST0IHK DP. QAWAI), ROI DE PERSK. 125 

^^s>- ^t-Ja^JI 4jLLJ1 v_JLa^j .pjb^Vjij j^oLj > ^y**}] <_^ c - J^Ai . kjA) 

i. -^pr^. — 2. jJj3^» vel o>X^V- — 3. ^^LL>. — 4. 



monter Teau en des endroits dilliciles 1 ; il b&tit dans les regions de Mossoul ct 
d'lraq 2 beancoup de villages, on il transporta des gens venus d'ailleurs qu'il 
appliqna aragriculture. 11 donna la permission de bAtir des eglises et des con- 
vents; il soutint la <loctrine de Zoroastre 3 [ZaradoH), qui reeonnaissait deux 
grands et elernels prineipes et la coinmunaute des femmes, en sorte qu'au- 
cun homme ne devait s'unir a nne femnie a l'cxclusion d'un autre. II fitmeme 
construire dans tout son empire des temples et des hotels, pour y rcunir les 
plus voluptueux des hommes et des femmes, adonnes h rincontinence : ee qui 
causa beaucoup de peine aux mages h cause de leurs femmes et de leurs enfauts. 

* A l'instar de Julien (Loulydnom), empereur des Romains, il dimiuua les * i*- :n 
depenses de cuisine : « Un tel luxe, disait-il, devient de la prodigalite. » 11 
imita les Grecs en creusant des canaux'', pour Tamelioralion de la cullure 
des terrains. 11 dctestaitles luttes et les guerrcs. Les Mages le prierent d'au- 
nuler les lois dans lesquelles il prescrivait les pratiques de la religion de 
Zoroastre; il refusa en leur disant : « Lc magisme ordonne que la femme ue 
soit point empechee de s'unir secretement a un autre inari que le sien; et, si 
elle vient a avoir un enfant d'un autre niari que le sien, elle devra le lui attri- 
buer. » lis employerent des ruses pour le tuer, mais ils ne purenl. Enfin an 
bout de dix ans de regne, ils parvinrcnt a le depose r :i . 

1. On pourrait encore traduire : II fit sortir de I'eau des endroils diificiles. — 2. Pour 
les noms prop res des con trees, notre auteur se sert toujours de ceux qui e tai ent en usage 
a son epoque. — 3. Mazdak, qui prechait la eomiuuuaule des bieus et des femmes (voir 
TEtude de M. Xoeldeke dans Tabari, p. 455-467). — 4. Litter. : des ileuves. — r>. En VJ(>. 

PATR. OR. — T. VII. — h\ 2. *) 



12G 



1UST01RE XRSTORIEXXE. 



^Ji .£*JI j j-J aJiLtd dJJJJ 'j^X*UJI Jlsl "^j^l^J 

vlwllJl ^^bj <j?r^ W «jr^ 4 ^r* J * J^^t 

UjlX- ^(^"j jILjlH ^j**3 &J%J\ jU^j jUVl fCVI cJI J jU^ Uj 

L^Jl^ ^jJ*5 JUU j ^yLw ^ — £T jLlUI l-L* u Ls- jjj .oYUJI ^ * L« 
1. u^an Doctor. — 2. i^fjjj, — .">. Discipulus, Scholaris u^<*u»f. — 4. ->L'. 



XIII. I llSTOlllE uliLlSE-E le DOCTEVH, METROPOLITAN 

i>e Nisi re 2 . 

Hawaii ordonna que chaque religion qui se trouvait dans son empire fit 
un traite sur sa foi, pour lc lui presenter. Le eatholicos Acacc, ne pouvant 
y travailler, parce qiril etait absorbe par la direction des affaires ccclesias- 
tiques, ecrivit a EHsee (Him'), qui etait interprete a Nisibe (Xasihtn), et un 
•-' de ceux * qui avaient quitte Edesse (Ar-Rolui) avee Narsai, pour Ic prior do 
composer un livre, dans lequel il prouverait la rcalite et Tortliodoxie de la 
religion cbretienne, Cehri-ei ecrivit :J sur la vraic religion 1111 ouvraffc divist' 

O CO 

en 38 chapitres, ay ant pour sujet : Tesscnce divine, la Trinite, la creation, 
Fhexameron, la formation de riiomme, la creation des ano'cs, la chute de 
Salan et la venue de Notre-Seignenr a la tin des temps; il 1' envoy a a Acace, 
qui le traduisit en persan et le prescnta a Oawad. Ce rot le prefera a tons 
les ant res ouvrages qui lui furent presences. Le mcme docteur redigea anssi 
des com meat aires s sur (outes les lettres paulines, sur Job. Josue-bar-Xoun el 

1. Barliadl^abba 'Arbaya Cause de la Fondation des e coles < p. 73 lappelle : Bar 
Qozbaye: Uabban Jacques [Ibid., p. 87 : Bar Qorbane: el Msilia-Zkha ed. de Mingana. 
MussouL 1907. p. 70 ecri! : <±*\^£> ^o. « Originaire <lu village de Qozbo dans le pays de 
Marga ». — 2. CA. Mari. ]>. AO. — Ti. Cf. Mari, p. M\. — 4. Des commentaires sur Job. 
sur les deux epitres aux Coriathiens et sur Irs trois aulres tpu les suivent; la Cause de 
la fondation des ecolea (voir ei-dessiis. ]». 116. n. 2 : un t raite sur les martyrs: iU> 
actiotiB de graces el des discours Ebedjesus apud Assern.. 13. (K. 111. 1. p. 1(H> V . 



[351 XIV. - HISTOIRE DE ZAMASP, RO! DES PEHSES. 127 



i 



<j^iu ctLU ^jL~Lb ^J>- * P. ;?•{ 

1. Causa constitutions scliolarum u^!n*i: ^Laao^a-xD; jcc^. 



les Juges. II compluta le Commentaire tie I'lnterprete 1 sur Samuel, depuis la 
priere qu'il avait faite; il ecrivit aussi la Cause de la fondalion des ecoles'* 

XIV. * lllSTOIKE HE ZaMASI', HOI DES PeHSES :t . ♦ K 3tt 

Les mages, apres avoir depose Qawad, elurenl Zamasp (Dhdmdsf) a sa 
place; quant a Qawad, il fut jete en prison. Sa sceur voulut parvenir jusqu'a 
lui, niais elle n y reussit pas malgre ses ollbrls reileivs. Ellc s'adressa alors 
a Zamasp, qui, cedant h ses instances, lui permit d'cntrer die/ son frere el 
de rester aupres de lui. Des lors, elle ne cessa d'employer des ruses pour le 
faire sortir de prison. Finalemenl, elle ent recours an slralagenie que voici : 
elle enveloppa son frere dans nne nalte, ot, declarant que e/etaienl les babils, 
dont elle s'etail servie pendant ses regies, elle fil venir le blancbisseur pour 

1. Theodore de Mopsueste. — 2. Selon Rarliadbsabba 'Arbaya, Ca/tsc de la fonda- 
lion des ecolcs, p. 73. Elisee a s accede a Xarsai dans la direct ion de rEcole de Xisibe 
en 502, et est inort en 500. II aurait done ecril son Traile sur la Foi avant d'etre nomine 
superieur de TEcole. — C'est a tori qu'Assemani doc. cit.) idenlilie cet ecrivain aver le 
patriarche Elisee (523-539J. — Notre an tear dit iei que ee d oritur a ete eon sac re eveque 
de Xisibe ef. Mari, p. 4(>\ tandis que Barhadbsabba loc. clt.j dit elairement qifil n'a pas 
etc eveque. Barhadbsabba est beaucoup plus digue de foi que not re a u leur et Mari. 
etant de la memc faniille que celle d'Elisee et avant veeu au menu? sieele que lui. Notre 
auteur et Mari auraient done confondu Elisee rinterprete avec Osee eveque de Xisibe: 
el en eflcl la ressenihlanee des deux nonis >^o©j el ^ju^/, leur residence dans une nieme 
ville, leur contemporaneite. tout a pu porter ces deux auteurs a identifier ces deux per- 
sonnages. (Voir aussi notre Etude suppleni. sur les Ecriv. n. Illi. — ;>. CI*. 

Pseudo-Josue, apud Assem., IL 0.. I. p. 2<U>; Procop., lib. 1, De hello persico 9 *cap. vi; 
Barhebr.. Citron. Syr., p. 75. 



128 II1ST0IRE NESTORIENNE. [36] 

L,*n->- Ajm -Ajfclj .4j jLdwja .4^1 J k-Ct <a\jL* (j-'^b Sj^-Jl UywLo jl^ 

i La-Li- J^-3J . <LfL jjj 1^-3 ctiU { \^- J ***** *_JLwLta Jl Jjl^j oClo^o ^Jl ^Icj 

^Jl J s^-v^ C*y jV t^jLsJI ^11 (j-^b j-^J <J*y?*^ 

i. o<cu 



les emporter et les laver. Les gardes de la prison n'en approeherent pas, 
crainte d'etre souilles : ainsi Qawad s'echappa et s'enfnit aupres du roi 1 des 
Tnres 2 , avec lequel il avait deja contracts line etroite amilie, lors de son 
sejour ehez lui du temps de son pere 3 . Ayant implore son seeours, il obtint 
* p. de lui des troupes avec lesqnelles il relourna dans son pays, renversa * Za- 
masp \ apres deux ans de regne, et le rejeta; il tua quelques mages et en 
emprisonna plusicurs. 11 fut bienveillant envers les Chretiens, paree que quel- 
ques-uns d'entre eux lui avaient rendu des services dans sa fnite au pays des 
Tnres. 

XV. HiSTOIHE 1>E BXUAI, LE V [> GT-I>El "XI Ell E DES CATHOLICOS S . 

Le catholicos Acace (Aqih/) — que ses prieres soicnt avec nous — mou- 
rut dans la [10 e1 ° annee de Qawad. L'eveque de Hira 7 , qui etait son diseiple, 
transporta son corps a I lira, ou il Tensevelit. Zamasp regna 8 . Les chretiens 
eurent besoin de ehoisir un catholicos. Zamasp avait un astrologue chretien, 
appcle Mousa fl ; celui-ci demanda k son mailre la permission de faire elire 

1. Le ms. a J-L ; lire ainsi que Tindique le contexle. — 2. Notre auteur les ap- 

pelle aiileurs Ilailal, tlaphtarites. Voir ci-dcssus, p. 107 et 124. — 3. Cf. ei-dessus, p. 107. 
— 4, En 408; cf. Tabari, p. 145, n. 5. — 5. Cf. Mari, p. 46-47; *Amr, p. 35-7; Barhebr., 
Chron. Eccl., col. SO. — 6. lei un blane dans le ms. Une main etrangere a ecrit i^UM. 
Selon 'Amr, Acace serait mort en 490. Notre auteur semble. lui aussi, placer sa niort a 
la ineme date, c*est-a-dire a Tavenement de Zamasp. — 7. Simeon? qui, en 480, assista 
au synodc d'Acace (voir Syn. Orient., p. 306). — 8. En 490. — 9. Masso'i, 'Amr, p. 35. 



[37] XV. — IIISTOIRE DE BABAI, CAT110LICOS. 129 



1. ^UsJ^ *JiXL~* v^XL*^ — 2. Ordinavit ex XJ. 



un eatholieos. Ayant ete exauoe, tons les Peres choisirent un habitant de 
Seleucie, parent de * I'astrologne Mousa, et secretaire du Marzban de Beith * P. 35 
Aramaye 1 (Xabt). II s'appelait Babai, fds de Hormizd. II etait tres age; il 
avait line femme et des enfants; il etait vertuenx et verse dans les Eeritures 2 ; 
il donnait l'hospitalite aux eveques et aux etrangers, imitant la conduite des 
moines et des saints. Babai* refusa; mais les eveques ue le quitterent qu'apres 
l'avoir ordonne catholieos 3 . Zamasp, ainsi que Qawad apres son retour du 
pays des Tures, se montrerent bien disposes en sa faveur. 

Babai reunit trente-deux Peres ' 1 ; il etablit des lois pour le gouvernenient 
de 1'Eglise; il annula les eorrespondanees de BaboT, de Bar Saunia et d'Aeaee 
et les anathemes quMIs avaient lances les tins eontre les aulres *. Admettant 
ce qu'Aeace, Bar Saunia et les eveques avaient etabli sur le point du ma- 
nage 6 , il ordonna que tous les ministres de TEglise contracteraient ouverte- 
nient mariage avee une seule femme 7 ; il ordonna aussi que la reunion des 
Peres se tiendrait une fois tous les quatre ans, au mois de Tesrin 2 eR (Novem- 
bre), pres du Catholieos, pour regler les affaires de TEglise et subvenir h ses 
besoins. 

Un jour qu'il se presenta avee Mousa, son parent, eliez le roi Zamasp : « Les 

1. Nomme Zebergan 'Simeon de Beith Arsam, apud Assem., B. 6*», I, p. 3r>8). — 
2. Selon Barhebneus (Joe. eit. , sa science etait fort mediocre; selon Mari, il ne savait ni 
lire ni ecrire. — 3. Selon notre auteur, il aurait ete elu la premiere annee de Zamasp, 
e'est-a-dire en 49(1-7 ; selon l Amr, en 498. — 4. Ce synode, qui a ete publie par J.-B. 
Chabot [Syn. Orient., p. 310-7), conticnt trois listes episcopales : la premiere enumere 
trente-six eveques; la seconde. trente-trois, et la troisieme porte trente-neuf signatures 
(comp. aussi Syn. Orient. y p. 620). Notre auteur semble se reporter a la seconde liste. 
Cf. aussi I\Iari, ]>. 46. — r>. Cf. Syn. Orient. , p. 312. — 6. lei Tauteur semble faire 
allusion au 3 e canon du synode dWcace voir Syn. Orient., p. 303). ™ 7. Cf. Syn. 
Orient. ? p. 312. — 8. Mari et '\mv (loc. cit.j sont d 1 accord sur ce point avee notre au- 
teur; rnais les actes du Concile disent : Tesrin l er . 



130 ItlSTOIRE NESTORIENNE. [38] 

^-^tj C"X)jj u^Ij %-\\ J>L-T ^LJl ^l*v»»l j I Jl£ 

o^.]? J p-^^ (j^Ul Uij j> ^ L*As U^aj .^At ^y^l ft l^j 

j I .^JS ^j^i oU^Yl ^ j^* 7c_^ — Jl ^15 U^j .^j-IjU 

L vao'c jo>aj. — 2. Jacuit (re poser) : w-uu./ <*x ^^'^o _»U£*t. 

p. :iti cadavres, * lui dit celui-ci, son! pourris et reduits en poussiere. Pourquoi dune 
bonorez-vous les ossements des niorts? Pourquoi les venerez-vous et nc les 
mcttez-vous pas, a lVxempIe des mages, dans les sareophages? — Nous Sa- 
vons, lui repondit-il, que les corps des homines sonl dans une inerlie absolne 
et qu'ils sunt consumes el reduits en poussiere; mais nous croyons qu'ils 
ressusciteront beaucoup plus beaux et plus eelalants qu'ils ne Lctaient. Cettc 
doctrine nous a etc confiee par les li vires de not re religion : En vn c//n rf'aHJI 
fous Irs ho)iU)ies ressuscitcnml immnrtch Conime le Clirisl est ressuscite des 
morts, de mcme nous aussi nous rcssusciterons ; eonime le grain, qui rneurt 
sous la terre et qui perd sa beaute, pousse ensuite pour etre plus beau qnMl 
nc l'etait', ainsi feront les fi Is d'Adani. Si tn ne crois pas ^1 ce que je viens 
de dire, considere que rhomnn* doit son existence (1 une goutte, qui le forme 
dans les tenebres des entrailles; puis il reeoit des mendjres, des veines et 

p. 37 cles os ; enfin, au bout de ncuTmois, * par la tuutc-puissanee de Dieu, il vient 
tout forme au monde. II en est ainsi de la resurrection et du changement de 
rhommc ct de Tetat des corps apres leur resurrection. » 

Le roi approuva sa parole. Baba'i sortil de ebez lui conlent. Les afl'aires 
marclierent bien dc son temps; il reposa apres un pontificat d'environ cinq 
ans 3 . 

J. CL 1 Corinlh., \v, 52. 2. Cf. Ibid., 3<i. — 3. II mourut en 502. Voir ci-dessus, 
p. 120, n, 3. 



[39] 



XVI. - 



Jul IE HISTOKIKTTK. 



131 



JjjC pJj LywJl ^IVI jjA* J L>J^ . l^JI ^ S^Jj L^J* C>5w« iU j| SI ^| Ujlj^>- 

a^_4 oAiii . l^^U-i l^i-ly <u^U UU* 5 ^w_*-JI Sj^VI wc>-^U . L&l^w UjCc 
oi^- l^i dLL" p!j iUjVI silt At pte jL<C j£ J <cJi^ 

l^UUC j*s*:~s wJl^ Vj f^S* <) J/ V l^'l wi-Uj c^X'li a* * l^LLj * 

A-ywi* ^* J"^* lj-*f"3^ ^iJli ^LJI y^Y^t CuLaT^ . ^c-«,. all I^JL*j>-I 

. aJLiJI ^^it <oil iUjC * ^>JI jlj Jt^Jl* < u r lJ1 iJlL« ^ y:-xj| 

o*^ ^ j (V. 

j^iC U j^*5c> ^iyj cT^b ^ . jl VI 1a* a^I ^ J 

I. Praefectus vigiliarum; Saccrdos caccus jiov*. — 2. t*jsr L 



XVI. — JOLIE 111ST0K1ETTB 

Un des Peres raconta ceci : 11 y avail dans une localite, line femme riche, 
cliarilable et vertueuse. Eile avait pour voisiiie unc pauvre veuve, a laquelle 
elle faisait raumdne. Un jour que colle derniero se'trouvaif senle ciiez la 
femme riclie, celle-ci soitit ses bijoux pour s'en parer apres qu'clle aurail 
fiui son travail; ello pordit un collier do perles; Fay ant eherche inutileuieut 
partout, elle soupgonna la veuve dc Pavoir vole et le lui reclama. ' La veuve * P. :JS 
nia et jura qifclle ne savait rien de foul ccla, que jamais elle no so serait 
perniis cette mauvaise action en re tour des hienfaits quVUe avait reous d'ellc. 
Leur querelle se prolongea et les gens en fnrcnt iiiform.es ; on jugea que, 
vu rinipossibilite de trouver des temoins du fait, il fallait faire juror la femme 
soupyonnec et frapp er <T excommunication , par la parole de Dieu, celle qui 
aurait pris le collier. Les deux femines y conscntirent. On pria un pretre 
aveugle, qui passait par la et qui so rendait a l.'eglise sons la conduit e d T un 
enfant, de faire tomber V excommunication sur le voleur. Le pretre refusa. 
Puis, comme on insistait, il dit . « Celui qui a pris le collier est oblige par la 
parole de Dieu dc le rendre. » A peine avail-il acheve ces mots, qiTune souris 
sortit, tenant le collier a la l)Ouclie; et apres Pavoir jete devant les gens, qui 

I. Cf. Mari, p. 47. 



132 IIISTOIRE NESTORIEXNE. 40] 

.<^<!i ^3 ^ iX< : Jl^l >U 

J^-£ }4JU aJJJI dll: J . p J\ ^ ^Vl> j^i 

1. iiuJt, 



attendaient le resultat, et s'etre eloignee nn pen, elle creva. Les gens emer- 
veilles adresserent a Dieu tie multiples louanges pour ce qu'ils venaient de 
t*. :«» voir. * J ai rapporte cette histoire etonnante, afiu que les ignorants ne meprisenl 
pas la parole divine ni rexcommunication lancee par les pretres. 

XVII. UlSTOlHE DE l'aTTAQUE b'An.ID PAR QaWVD. La VISION*. 

Qawad, a son retour dn pays des Turcs, attaqua Amid et l'assiegca 
longtemps; mais il ne put s'en emparer & cause de ses larges remparts. Ayant 
resolu de la quitter pour allcr assieger d'autres villes grecques, il eut un 
songe cette nuit-la : « Ne Le deeourage pas, lui disait la vision; reste iei. » 
r rout etonne, Qawad resta, et, la nuit suivantc, enleva la ville d'assaut. II y 
massacra heaueoup de nionde. Plusieurs se refugiercnt dans les eglises. 
Qawad se rendit a rcglise ", qu'on lui ouvrit; y etant entre, il aper^ut line 
image de Xotre-Seigneur et demanda ee que celaii. On lui repondit que e'etait 
rhnage clu Christ; il 1'adora en disant a sa suite : « Cest cette image, qui 
r 1*. '*° in'est apparue en songe et qui m a dit : " Retourne a la ville et je te la livre- 

1. Cf. Pseudo-Josue, apud Assem., B. (9., 1. ]». 272 et suiw: I lis to ire du Bas-Empiro, 1, 
38. n. 76; Procop., De hello persico, c. vm ; Mari. p. 47. — 2. I^r ms. porte ^-^1 « la 
ville », mais le context* 1 indique qu'il s'agit ici de I'eglise. 



[41] XV111. — IUSTOIRE DE S. ABRAHAM LE GRAND. 133 



^JL-^» * ^^Cll sole ^ (V^^JJ CaJLi- -Llj i^sdl Vjl .<AJl Ll«1 m». 'U 

i, - — — Dominus meus ~v*>. — 3. Vitaascetioa )*^o». — 4. jC«L*Jt. 



rai, a cause des peches de ses habitants. » II fit epargner ceux qui s'etaient 
refugies dans les eglises et cesser le massacre; mais il prit tout ce qu'il trouva 
dans la ville, pour I'emporter a S^leucie, et y laissa une garnlson. Quand ils 
apprirent la prise d'Amid, les Grees vinrent assieger les Perses qui s'y trou- 
vaient, les vainquirent et les chassereni 1 . 

XVIII. HlSTOlRE DE SAINT M.VU ABRAHAM LE GrA>*D 2 . 

Ge fut au temps du roi Qawad que cet homme vertueux sortit de Cascar, 
pour se consacrer a la vie religieuse et aux centres celestes. De meine (pie 
Dieu 3 avait etabli Abraham pour etre le pere des nations, qui croiraient en 
Dieu, ainsi il etablit cet Abraham pour etre le pere des moines dans tout 
1 'empire perse. 11 se rendit tout d'abord a llira, ou il evangvlisa beaucoup de 
gens et les detourna du culte de Fetoile, qui * s'appelle Az-Zohra (Venus). Puis * v. it 
il quitta celte ville; et apres avoir parcouru bien des pays, il se rendit en 
Egypte (Misr) pour visiter les saints anachoretes du desert et du mont Sinai 
(Tour Shut). La, le Saint-Esprit lui revela bien des choses. Ensuite, il revint 
a Nisibe et se fixa a FEcole, ou il etudia avee Abraham Tinterprete et Jean 
(Yohanna) son eompagnon 4 * 

1. La guerre, qui avait commence en 502, s'est terminee en 50 \. — 2. Cf. le Livre de 
la Chastete, n. L4; llistoire de Thomas de Marga, lib. 1, c. iv; Mari, p. 47. — 3. Cf. 
Gen., xvii, 4 et suiv. — 4. Voir ci-dessus, p. 1 15-110. 



134 [1IST0II1E NESTOR1ENNE. [42] 

5Sju>-j o^-J ^U-l) ^w-Lo . <ius j l^j^ J ^~jLJ1 p-A^I *-« ^ J^iC-VI (J ^Ulj 

Jj_iOVI A-^J jlLz^iJI 4o ^L? ^JUI ^>L<3l lijb Lft^l Ids J ty^^^ 

j a » J 5 ^IjLo 3 j^C-j ^LJl i ^i^lj JjVl o^f*- ^J>\ Ajc^j LjlSm <JlDI 
j>L=» 0 L>JI dUj J *(*rLr^ ci^ <^Lr*^ 4JI 0^5 ^3*->- 

1. Scliola jja^/. — 2. ^oi'. — 3. |.jr>»e\v>. — 4. Discipulus lao*^/. — 5. Repetitio. 
f>. Lotura in^^. 



La lille cFun des notables de Nisibc fut possedee du demon, qui la tour- 
mentait beaucoup. Dieu voulant manifester les vertus de Mar Abraham, le 
demon eria par la bouehe de ectte jeune fdle : « Malheur a moi! Voiei que eet 
Arameen (Ait-Xabali) vetu d'un manteau et qui habite TEeole, mo chasse et me 
tourmente. 0 Le pore de la jeune fille, ayant entendu ees eris du demon, so 
rendit a TEeole pour le chereher; il le trouva applique a la lecture des livres 
de rinterprete. Les ecoliers, qui etaient presents, lui ayant demande avec 
* p. v2 insistanee de prier sur la jeune fille, il finit par ceder ' et la guerit. 

11 sortit seeretement pendant la nuit et gravit la montagne d'lzla, pour y 
vivre dans la solitude; il s'installa dans la grotte qu avait jadis habitee Jac- 
ques (YiCqouh), metropolitain de Nisibe, se nourrissant d'herbes de montagne. 
Sa renommee grandit pt les moines vinrent se grouper autour de lui. De 
toutes parts, on lui amenait des malades, et il les guerissait. 

II y eut dans cette montagne beaucoup de saulerelles. Les habitants s'en 
plaigniirnt an saint; eelui-ci leur donna de Teau benite 1 , qu ils melerent a 
Teau qui arrosait leurs terres; toutes les sauterclles disparurent aussitot. 
^)uand les f re res etaient tourmentes par des fantomes et des voix dia]>oliqu^s, 
ils prenaient un morceau des habits du saint et les maud its prenaient la fuite. 

11 batit ensuitp un monastere, 011 de nomlnenx moines se reunirent de 
tous cotes. C ost lui qui leur preserivil la tonsure; il changea leur costume 

J. Li.^ du syriaque veut dire : lotura. 



[43] XIX. — H1ST0IRE DE SUA, LE 23 e DES CATHOUCQS, 135 

1. ^-Aj. — 2. Ilabitatio, monastcriuin jtaoo*. — 3. Clerici tonsura — 4. v jtia^l. 

— 5. — 6. i^oai. ex l Ue'l j^i. — ■ 7. Jaeuit ^*ju/ ex ~l^uJ. — 8. Ilistoria |t^*L. 

— 9. Ordinavit ya^x>ni ^» ex >LJ. — 10. A rehidiacomis apy a tSixxovo< ^on^sf. 

et la forme de leurs chaussures, pour les distinguer * des (moines) Iicretiques. * \\ m 
II benit ses enfants avant sa mort et ordonna a plusieurs d'entre eux de 
fonder des convents dans les monlagnes et les deserts. 11 vecut jusqu'a Te- 
po([ue de Ilorniizd, fils de Kosrau 1 (Kisrd). II mourut dans son convent <*t y 
fut enseveli. Ses nombreuses biographies 2 font connaitre ses actions et ses 
travanx. Que ses prieres soicnt avec nous! 

XIX. HlSTOIKE DE Si LA, LE VINGT-TKUl^lEME 1>ES CATUOLlCOS *. 

Sila etait archidiacre du catliolicos Babai et originaiiv de Selencie (AI- 
Maddin); il fut ordonne catholieos en la seizieme annee 4 de Qawad; il etait 

L 11 regna de 579 a 590. Une note, qui se trouve en marge du Traite do droit eano- 
nique d'Ebedjesus de Nisi be, est ainsi con Que : \\.*mci eu^ \*i yo^i u-^: chjq^/ 

« La lutte de saint Mar Abraham le Grand, a ele terminee en la 899" annee des Grees. 
qui repond a la huitienie annee de Ilormizd froi de Perse, le 8 Janvier mardi apres 1'Epi- 
phanie; il etait age de quatre-vingt-cinq ans. » II y a ici un anaehronisme. La huitieme 
annee d 1 Ilormizd repond a Tannee 580 de nutre ere, tandis que Lannee 899 des Grees 
repond a Tannee 588. Cette derniere dale parait exaete. Dadiso, suceesseur d'Abrahani, 
presque aussitut apres la mort de eelui-ei (Janvier 588\ aura it etabli des regies pour les 
moines du grand eouvent (voir J.-B. Chabot, Hegulie monas. ab Abrahamo... et Dadje- 
su, etc., Rome, 1898, p. 38). — 2. Nous savonspar la passion de Georges martyr [Histoire 
de Yabalaha, etc., p. que BabaY le Grand a eerit sa biographic — 3. Cf. Mari T 

p. 47-8; 'Amr, p. 37; Barhrbr., Chron. EccL, II, col. 82.-4. En 503, Qawad ayant regne 
en 488; 'Amr donne la meme date [seizieme et non dix-huitieme annee de Qawad. ainsi 



136 IIISTOIRE NESTORIENNE. [44] 

JUL pJli . 1 ^Jl^UI jUUl ^jU AJttj jJUl 

4^LJ J (^jL^JIj .1^ o ; li> ^ * Cj ajV jly*Yl J^fY 
<j Jxj^Jj JUl ^k. ^L^r 51^1 jl J^sj *£r^ ^^l— 

jj_-iw«— w« ti-wuj ^ol JUjUYI ic-Up- fr l — Jl Ju?l a?j . <u Jl ^Ul 

L^-ftJli- ULi .4,01 ^jLOl a*Ac ^r-^-" C*'^ l^V J^-v^H o^l ^-jjj • <j-*-^.3 ^jl^* 
4 a ->J ll ^1 (J <JU" L> AT I ^sl Jl j\ Jli Uj . ^1=^3 jli aI^U- Ulco^ 

jLoJ ^j, (Jjbl ^1^1 vl)l J U ^-^2' jl^ia^ ^y^jr\ *?~5J <^$*^*3 Ul la 

jv^wL^ ^LJI^ llffcU J^.*i fr^-i ^1 ^^3jJ l^lc iaAi fclj 



marie et avait nne fille. lnfatne de sa science, il s'oecnpait beaucoup des 
affaires mondaines et aimait trop Targent. 11 excommunia le docteur Mari de 
Tahal', qui lui avait fait des reproches sur sa conduite. Qawad Hionorait a 
cause de Bnzaq 2 , evrqne tie Suse (Al-Ahwds), qui Tavait gueri, lui et sa fille, 
* d'une maladie dont ils etaient atteints. A son epoque, les chretiens jouirent 
de la paix;Jes eglises furent baties. 

11 y en a qui disent que la femme de Sila portait son mari a ramasser de 
l'argentet a s'ecarter dela bonne voie. En eifet, beaucoup d'hommes vertueux 
out etc trompes par les femmcs : Adam le premier 3 , ensuite Joseph *, Sam- 
son*', David ft et Salomon 7 . Job 8 an contraire, pour avoir resiste a sa femme, 
qui l'excitait a blasphemer contre Dien, et pour l'avoir appelee insensce, rem- 
porta la victoire et fnt sauve. Achab 9 , pour avoir suivi les conseils de sa 
femme Jezabel contre Naboth, fut puni avec elle. M am oi' '\ femme de Bar 
Sanma, metropolitan de Nisibe, exasperee de voir les habitants de Nisibe se 
rendre aupres de NarsaT pour Thonorer, porta son mari a exiler celui-ci de 
FEcole : a Ou'avons-nous, lui disait-elle, a fa ire ici? Ne vois-tu pas que tout 
le monde se presse autour de NarsaT ? » Celui-ci se retira an pays de Qardou, 

que te disent Cliabot, Sy/i. Orient., p. 324, u. i, et Labourt, Le Christian., etc., p. 159, 
n. 5); mais il la fait accompag'ner d'un an ichronisme evident liuit cent sixieme annee 
des Grecs : 503 . — 1. Dont se plaignait Simeon de Beith Arsam, apud Assem., B. 0. } I, 
p. 358. — 2. Lire {Jjijy. au lieu de {J>jj> io-i et apud Mari et *Amr, loc. cit. (voir Syn. 
Orient., p. 32^ et 327; . — 3. Cf. Gen., 111, f>. — 4. Allusion peut-etre a PJlistoire apo- 
cryphe de Joseph et AseneMi voir Land, Anecd. Syr., Ill, p. 15 et suiv.). — 5. Cf. Juges, 
xvi. — (i. Cf. II Sam., xi. — 7. Cf. I Rois, xi. — 8. Cf. Job, 11, 9 et 10. — 9. Cf. I Rois, 
xxi. xxn; II Rois, ix. — 10. Cf. Mari, p. 43, 45, 47; Barliebr.. Chron. Eccl., II, col. 70. 



."45] XIX. — 1MST01RE DE SI LA, LL XY DES CATIIOLICOS. 137 

oVLL. tS^J tJ>J <J\ .JyC-V! ^ bliJj Ip*}^ ^-J . 

IjJuaS ^<J>IJ1 juoa^ l^l^ JU1 pjbLI L-> Or^ v^*" 

.jLi-Ol CjL ^V* Ol i-j^a* ^rj J^. VI \^$J ^-^jl l^^Laa LSj_5 . l^>-jj 

^i-i— I uW^jf' \*Jy>\ ^3 J^KJI JpJ$£l# 

1^3 j U3 .iJ^^I ^1 l^jj l^jj 1^3 j JU^I J w^JI l^Jl? 3 jJj ji^ 

^ lilJ ♦ i\ v; 

1. — 2. 0eoXoyo? u»^o|l. 



on il composa des diseours \ * dans lesquels il traita de ce qui lui etait arrive * i'. 
et de la malice des femnies. II envoy a ces diseours k Nisibe. lis y furent 
d£bites dans Teglise en presence de Bar Sauraa, qui, s'etant repenti de ce 
qu'il avail fait, rappela Mar Narsai, et Thonora de son amitie tout le reste de 
sa vie. 

Plusieurs fenimes, an eontraire, ont pris part a ramelioration des affaires 
de leurs maris, en les portant a pratiquer la vertu et a faire le bien. Sara 2 , 
femme d'Abraham, parce qu'elle etait hospitaliere, servit les anges, qui vin- 
rent ehez son mari. Rebecca n (Rafqd), parce quelle etait vertueuse, reeom- 
inanda a son mari de ne pas laisser son fils Jacob ( Yaqoub) prendre pour 
femme une fille des peuples infideles, et alia trouver ' le pretre Melcliisedee 
(Malkizdaq) ]>our le eonsulter snr ses affaires et sur sa conception. La mere 
de Gregoire (Djrighourious), cveque de Xazianze {Anizianzou), fut cause que 
son mari, ses deux fils et sa iille se firent Chretiens ; quand son marl fut 
norame eve que, * elle dirigea ses affaires, Texhortant & faire le bien, ainsi que * i\ '»« 
le rapporte le Theologien La fenune du eatholicos Babai Faidait aussi a 
faire le bien et a dinger les affaires eeelesiastiques. 

Anastase (Anastous), apres avoir exile Macedonius (Mdqhhumis), patriarcbe 

1. Deux diseours poetiques, dans lesquels Tautenr faisait allusion a la malice de 
Mamoi" et h la ronduite insupportable de Bar Sauma en vers lui. L* 1 premier commen- 
^ait par : ujp ^ 6^0 om u^^o \<^. El le second Ces 
deux diseours ont ete publics par M. Ming-ana : Narsa'i Horn Hue, ^lossoub 1903, vol. 
L c , p. 210-223; vol. 11, p. 323-305. — 2. Cf. Gen., xvin, (i. — 3. Cf. Ibid., xxvu. 45. 
f \. Cf. Ibid., xxv, 22. — 5. Voir Xazianze, Conn, de Vita, p. 2; Carrn. 1, p. 33' Oral, 
if, p. 178; Oral, xix, p. 395. 



i;;s HISTOIRE NESTORIENNE. [40] 

.dLUJ ^ <J! JL^ ^-Ul dlii Jacj .^^Ji ^&-uA) 1*jl&m| 

f^r^ £_»-^<J! jlSl Juc J.JL jv-ls .p^3>^JI J ^lr^ ^j-^Cli Olf>» 

i\ 't"^rr^b c^j^ 2 ^. cfj^ 2 ^*' f J^^r^3 *~-»" • <y 

1. M*iJ. — 2. jr* J^. — 3. In margiue : graphio : jSU$Lj«, 



de Constantinople (AI-Qoslanthuj/a), Ic remplaea par Eupheinius (Afi funis), 
qui, quoiqu'il fut ortliodoxe ct adversaire cle Pierre (Fatrd) et de ses partisans, 
toutefois, pour suivro le roi dans ses idces, changea bientot et s'eearta de 
sa croyance. Felix, patriarche de Rome {lioumiyu), lui ecrivit de se retracter: 
ne Tayant pas fait, il fut anathematise par lui. Et quand Aeace' eonvoqua le 
synode, il anathematisa Euphemius et tons ses partisans. Timothee [Tima- 
ihious), qui lui suceeda, mourut la meme an nee qif Anastase, apres avoir di- 
rige FEglise pendant six ans~. 

XX. — Hi stohu; de Justin, iuu i>es Guecs*. 

p. \- * Apres Anastase, Justin [JousUnis] regna sur les lloniains en 829 4 d'A- 
lexaudre (Al-Iskandar) ; il prit soin durant toute sa vie de la foi ortliodoxe; il 

I. CI". Man", p. 48. — 2. Ce passage est Ires enihrouille et plein de fautes histo- 
riques : t° Anastase reuiplaga Macedonius non par Euphemius, qui. d'ailleurs, etait le 
predecesseur de Macedonius. niais par Timothee; 2° Felix pape avait anathematise non 
Euphemhis, mais Aeace: il avail recti le premier com me ortliodoxe, sans toutefois le 
reeoniKutre pour eveque, parce quil n 'avait pas voulu uler des diplvques le nom d 'Aeace 
voir tome IV, Condi. , p. 1154); ;>° nous ne savons pas quel est eet Aeace, qai aurail 
excomnumie Eupheinius: Mari declare que e'etait le catholieos d'Orienl: mais le synode 
de ce caiholicos a ele eonvoque VSU' quatre ans avant l'intronisalion d'Eupheniius 490 . 
— .*>. Cf. Lib. Pontif.; lome IV, Condi., p. I VI 7 et suiv. — h. 51H. Le ins. porte : 
j yJLz~ -=_~J el en ma ru e : i»UUi. 



l/,7; XX. — 1I1ST01RR DE JUSTIN, HOI DKS ROMAINS. 13!) 

IjjU Ij-V^} LLLwl j^jw j!j Olj <JU a^U -i)j&>z-*i\ 

^-ia^JI (j^j ^t/^ l3 o~t*3 Lfj^^ 1>Ll^>*I ^-^3 



proclama lc concile dcs Peres de Chalccdoine (Qalkidounitja), qui avaient 
rcconnu deux natures' dans le Christ ; il rappcla les Peres que Severe 
(Sdwarrd) et ses partisans avaient exiles sous Zenon et sous Anastase, ct ecri- 
vit a Hormisdas (Hormez), patriarclie de Rome, pour rcmedier aux maux qui 
desolaient l'Eglise depuis environ trcnte ans 2 , et qui en avaient rloign^ les 
homines equitablcs* De son temps, cent quarantc-trois 3 eveques sc rcunirent 
pour anathematiser Severe, ses partisans et tous ccux qui professaient une 
seule nature dans le Christ. II massacra Aniantius (Amas(ous), le protecteur de 
Severe, qui s'etait enfui ct avait change son nom ; il exila' 1 Philoxene (Abhax- 
ndyd), eveque de Mabboug (Manhadj) a Philippopolis {PhUifnus) : il bit empri- 
sonne dans une chambrc, qui se trouvait sur la cuisine; la fumec * lui montait + p. t tH 
par une lucarne qu'on avait ouvcrte, en sorte <|u 1 il mourut aspbyxic. 

Apres la fuite de Severe, Jean (Yohannd), patriarclie de Jerusalem (Qitri- 
mlim), convoqua trente 5 eveques et rexeommunia. Cetle meme annee, qua- 
rante eveques se rcunirent a Tyr (Sour) pour l'anathematiser aussi (; . Errant 
de tous cotes, Severe 7 ccrivit a Theodora (Tddouri), femmc de Justin 8 (Yous- 
tous), pour demander son appui. Apres el re reste cache quelquc temps a 
Constantinople, il s'enfuit dans lc desert d'Egyptc (J/zV), 011 il rcsta ignore 

1. Litl. : substances. — 2. Ou plutot trente-einq ans. — Cf. Labbe, I. V, 1G2. Cr 
synodc eut lieu le 20 juillet 518; les eveques reunis etaient au nnmbre de (|uarante. 
Notre auteur a peut-elre eompte parmi les eveques les abbes et les pretres, qui leur 
presentment une requete; mais le nombre cent quarante-trois est plus probablement 
une faute du eopiste au lieu de quarante-trois (voir ci-dessous. p. 145 . — 4. Cf. Barhebiy, 
Citron. Ercles.. 1, col. 19<> el 198. — 5. Ou plutot t rente- trois. Voir Labbe, loc. cit., 
p. 11)0; tome IV, ConciL, p. 1580 et tome V, p. 1(12, J7I et ISO. — (>. La lettrr synodale 
de Tyr etait signee j»ar Epiphane de Tyr et quatre autres eveque> voir Labbe, tome 
V, 158 et 202: tome VI, ConciL, p. 1588 et tome V, p. 194. — 7. CF. Kva«v.. lib. IV, 
cap. iv ; tome V, ConciL, p. 14. — 8. Ou plutot de JustiniVn. 



140 JIISTOIRE NESTOR1ENNE. [48] 

<iJbb CjL* s^J*- ^ (J3 (J^ V f ^ V:^ 2 - l^— 4 ^lil^ 

^ ^^JL^J ^1 i yJl ci^ J cUl^l jJI J15 oU-UJ ULL bJw^ jUj 

J^Jl il^J ^-1^ r^-LT ^-jL^v J j 1^5 -^t^ cTT"^ ^Jj'— J*fJ 

p^jt^j ^jjb^ J ^Ir^ 5 J^j** (^^^ iJj-U^ii ft L VI ^* -sU-Itl ^* 

1. Hvmnus in— >c^ jLs 



jusqu'a sa mort 1 . Son corps fut la pro it. 1 des loups, ainsi que Tavait dit le pro- 
phete 2 aux Israelites, an moment on ils furent frappes du ch&timent : C'e^ 
pourquoi le lion de la foret les a rencontres* ; le hup ilu solr les a declares 
et le tigrc est au guet sur leur route'*; car lis nont pas connu la voie du 
Seigneur*. 

La doctrine de Severe se repandit a Nisibe et dans ses environs; il avait 
compose deux liturgies, des hymnes et d'autres ecrits. 
* i\ 49 An temps de Justin, il tomba beaucoup de neige; les sauterelles * ravage- 
rent pendant cinq ans les fruits et les semences; la pluie manqua. Ce roi 
exila tous ceux qui refuscrent d'accepter le concile des Peres de Clialcedoine 
et celui de Ilormisdas, patriarche de Home, et il demolit leurs eglises. Ainsi 
il purifia la terre des heretiqnes dissidents, dont la plupart se retirerent 
en Syrie. 

XXI. — HisTOiHE de Jacques Baradee 0 . 

En la cinquieme annee 7 de Justin, mourut Jacques de Saroug, dont la 
doctrine a ete propagee et entretenue par un certain Jacques (Ya'qoub), appcle 

1. Qui eut lieu en .Vi.'i ^Barliebr., Chron. EccL 7 1, col. 212). — 2. .leremie, v, 0. — 
IJ. A tues 'texte sacre . — 4. Contre leurs villages texte sacre). — 5. Car leurs crimes 
sont multiplies texte sacre). — 0. Cf. sa vie dans Anecd. Syr. de Land, II, p. 249-257 
et 304-3S3: Barhebr., Chron. EccL, 1, col. 2iG. — 7. En 521. 



49] XXI. - 1IIST0IRE DE JACQUES BAR A DEE. 141 

JUL ^ £j>L^ crr^i ^ ^ ^"V. (J^5 ^ 

L*_J J Li <U-« ^ . a* j ^ jJ^-jj I (3 1 jjU ^ ^ <u^Y1 l^J 

J jh-^-j J)-* ^iX^wl Li_> j ^j?L^JI li ^-La^ jl Ujt^Jj iisL/l ^j-^Vl <^j^5 <SJ3^ 

^ji£j 1*^1*^3 <j~f*"J yf^3 L$r^yrr*~ ^ jYI <V> J^f^J \ Ji^i» . J?^~J^ 

^t—jj -^-^ j JL^« (3 jUJl ^ p-^j Jlj l«3 UHrL>- 

^X-, ^Jl £Jl GULU>- olijYl ^JL^l J 3 (JWI ^L! ^1 

L ^ ^ -nr^j- Ordinavit^am. — 3. Monachus pv-». — 4. ^.^wsUj!. 



Baradee 1 (Al-Bardd i). Ce suniom lui vint des habits rapes qu'il portait ; 
il etait pretre et originaire d T nn village de Nisibe, nomme Al-Adjama 2 , Se- 
vere, dans sa fuite au temps de Justin, le consacra evcque 3 avee deux autres 
pretres appeles Theodore (Tddotiri) et Paul le Noir * (Fouli cd-Aswad), et leur 
ordonna de pareourir les pays pour proclamer la fausse croyance des dyo- 
physites * et du coneile convoque par Justin. Severe se retira en Egypte; Jae- * v, no 
ques se rendit en Orient, on se joignirent a lui deux Armeniens, appeles 
Djiyordji et Djiwordjis; il les ordonna eveques, et eux le eonsaer^rent eatho- 
lieos 5 . 11 ne cessa d'ordonner des pretres et des diacres partout ou il allait 
et de mettre la discorde entre les eveques et leurs ouailles; il prenait souvent 
le costume des soldats romains; quelquefois il se revetait de 1'habit noir des 
moines et d'autres fois de 1'habit civil; le plus souvent il portait des habits 
uses el dechires : c'est pour cela qu'il fut surnomme Baradee 0 . 

Le roi Justin, a qui il fut denonce, envoya ses gens a sa recherche pour 
le prendre; mais ils ne purent le trouver, parce qu'il changeail a chaque mo- 
ment de costume. Anthime (Oundmis), patriarclic de Constantinople (Al-Qos- 
tantwiya), Pierre (Fafrous), eveque d'Apamee (Afdmyu) et Jacques fourni- 
rent a ses depenses durant sa vie. 11 se rendit en * Perse, ou il precha aux + p. ;»i 

1. ^»io_3 en syriaque signific : bat d'ane et haitlons. — 2. Gamua l<^ok^ ; Barhebr., Chron. 
EecL, loc. cit. y Telia; Vie, p. 305. — 3. Sa Vie (p. 3G9; dit qu'il a ete con sac re par 
Theodore d'Alexandrie (en 543 . — 4. Paul n'est pas mentionne dans la Vie. Serait-ce Paul 
d'Alexandrie que Jacques lui-meme consacra eveque? [Ibid., p. 2o0\ — ■ 5. CI". Atari. 
]). 48. — G. Voir la note 1 ci-dessus. 

patu. on. — t. vii. — v. '2. b) 



142 111ST01RE NESTORIENNE. [50] 

i aJj.>I5CU> *IV1 ^J^ Cf*^ ^ <j*^ ^rr^3 <j" -uJj . oUiJL a;L^ J 

c^^J^ <S*\ <L3^ fj^3^r^ ^ w^-i^ ^JpI^ \ w^Xo ^>c^j 

^vknj (j ^3 aJj .i*jj_LpJl L^"^. ^ p-* Lf^LT ^Icj . ^jbxJI iJLfc, 

.4)1 

l. Uk. 



hommes la fausse croyance dn eoneile des Peres de Chaleedoine, defendant 
la doctrine de Severe et de ses partisans et divnlguant Perrenr de Jacques de 
Saroug. 11 fut recti par les habitants de Tagrit, de Karmc et de Hassasa'. 
Ouelques-uns de cenx qui, du temps de Justin, s'etaient enfuis (en Perse) % 
se joignirent a lui et, se repandant partout, engagerent les hommes dans cetle 
secte. II veeut soixante-treize ans 3 , ainsi que le rapportent les Jacobites. 11 
est dit dans quelques livres grees que ce Jacques fnt ordonne pretre dans 
uue eitadelle 4 pres de Constantinople avec d'autres personnes exilees an temps 
de Justin, roi chrctien — que Dieu lui fasse mis6ricorde! 

XXII. HlSTOlRE DES HERETIQUES AVEC JUSTIN. 

Ce roi, ayant appris que les heretiques prenaienl la sainte hostie'' pour 
ta jeter ailleurs 6 , s'irrita conlre eux, * et sur Pordre et le conseil de Jean (To- 
hannd), patriarche de Constantinople, le jour du dimanehe des Rameaux, il 
ordonna 7 d'arreter leurs pretres et de les emprisonner. Plusieurs d'entre eux 

1. Cf. Mari, p. 48. — 2. Voir ci-apres. — .">. 11 mourn t en 578. — 4. ! )t^^>, 
Castrum. — 5. Litt. : Oblation. — <>. Le sens est probablement celui-ci. Qnand les ca- 
Iholiques donnaient la communion anx heretiques qui etaient revenus a PEglise par 
hypocrisie on par contrainte, ceux-ci ntaient la sainte hostie de la bouche et la jetaient 
par terre ou ailleurs. — 7. Cf. Land, A need. Syr. y 11, p. 289 et suiv. 



[51] XXII. — IJISTOIRE DES 11KRET1QUES AY EC JUSTIN. \w 

>L^ pVf- L*r^ ^ c> l>^. .^-r^JI J Ct^*S*> J*i 

Jl l^rM -l^^L 3^ ^ 4 *jL^r*y?^ :>Uu&Yl <jv*" ^ ti t5jL^JI 

^jlU jlwJI j-CJI t^o-L^ juL> ^Jl ^g^sdl ^ ^Uc^JI p^ji^j ctUi ^« ^Ji 

1. — 2. . J£ — 3. J.L — .r 5 ^^ — 5. 3^M. — 6. A - 7. i^JLsL 

— 8. C C., 



furent jetes en ties prisons etroites; les antres s'enfuirent en Syrie. II ecrivit 
a tous les fonctionnaires, charges de surveiller les limites de Lempire du cote 
de la Perse, d'exiler tons les monophysites, qui no confesseraient pas deux 
natures dans le Christ. Quelques-uns des fuyards se retirerent a Ilira. Ayant 
ete denonces, le catholicos Sila', tout plein de confiance en Dieu, les recher- 
cha pour leur donner k choisir enlre ces trois chosos : la profession de la 
doctrine dyophysite des chretiens de 1'empire persan; la controverse; ou bien 
Texil. Soutenus par rberetique Al-IJadjdjadj 2 , fds de Qai's de Ilira, courlisan 
de Moundir fds de Na'man, roi des Arabes, ils rejeterent sa proposition. 

Sila les interrogea ensuite en presence de Moundir et de scs gens et leur 
dit : « Que dites-vous? Dieu le Verbe a-t-il pris 1111 corps * de Marie (Mariam), * 
ou bien sa personne a-t-elle ete changee en chair. Si vous admettez runion 
dans ce dernier sens, qui serait celui qui aurait commence a exister dans les 
entrailles, qui aurait ete conga, qui serait ne, qui aurait eu soif, qui aurait 
pleure, qui serait mort, et aurait ete enseveli?» Ils u'eurent rien a repliquer. 
Les assistants approuverent Torlhodoxie (des Orientaux) ;t . 

1. Cf. Mari, p. f iS. — 2. II ne I'aut pas confondre ce person nage avec Madjdjadj, iils 
de Yousseph, gouverneur musulman d'lraq vers 094. — ;>. Cf. Jean d'Ephese, dans la 
Vie de Simeon de Beitli Arsam, a pud Land, A need. Syr. y II, p. 70-88, ou il est dit que 
les Jacobites Temporterent sur les Nestoriens : chose tres naturclle, personne ne s'a- 
voue vaincu dans la controversy Selon Jean d'Asie, cette dispute aurait eu lieu avec le 
catholicos BabaT. Notre auteur hcmble Aire plus exact. L 'his tori en jacobite declare qn '<* - 
pres la dispute, Simeon fut eoiisacre eveque. Or, Denys, pair, jacobite (apud Assem., B. 
O.) I, }>. 341), semble placer cette ordination de Simeon en r>10, e'est-a-dire environ sept 
ans apres la mort de BabaT. Barhebneus [Chron. EccL, Jl, col. 82, 84 et 80; comp. 
encore Idem, I, col. 100), de son cole, met Simeon en scene pendant le deuxieme re^-ne 



l'i'i EUSTOIRE XE5STOR1KXXK. [:>2] 

^3 0^*3 siU-l j-CJI p^JlLs9 y* j^lkJI ^*J\ 2% y* 

1. ? Jh i ? — 2. > a ^. — 3. Jacuit f . 



Justin ecrivit a Moundir <le chasser tons les dissidents qui s'etaient retires 
de Lempire grec dans son pays. Moundir ayant exige cela d'eux, les mis 
pri rent la fuite, les autres resterent caches 1 : quelques-uns d'entre eux se re- 
tirerent a Nadjran, ou ils se fixerent et semerent la doctrine de Julien (You- 
Iijana), maitre de Severe, qui pretend que le corps de Notre-Seigneur Jesus- 
Christ 2 est descendu du ciel. Cette doctrine se repandit sur toute la terre de 
Pairam 3 . Ils (les heretiques) troinperent par lour enchantement des gens de 
la Haute-Egvpto (As-Sa /(/), qui, pour fuir les empereurs romains 4 , s'etaient 
enfuis dans cette region ', lis out ete ensnite eonvertis par saint Mar *Abda, 
ills de Hanif, qui batit le couvenl de Gainra 6 (Djamru). Sila se reposa en la 
trente-quatrieme annee de Qawad 7 , * apres un pontifical de dix-Iiuit ans. 

de Qawad 408-531) et apres le pontifical de Babai (407-502 . Enfin, Metaphraste, dans 
la Vie de saint Arethas martyr (apud Snrium, t. V, die 24 octohris: cf. Assem., B. 0., 
1, p. 342) , dit que cette dispute eut lieu avec Sila, eveque nestorien. 

Quant a la Vie de Simeon de Beitli Arsani, outre la confusion qui regue surtout dans 
les derniers passages, elle est peut-etre sujette a caution. Barhebrreus (Chron. Eccles., 
I, col. 218) declare que vers cette epoque, outre Qaris, eveque de Sigar, il u'y avait on 
Orient aucun eveque monophysite. Jean d'Ephese lui aussi, dans la Vie de Jacques Ba- 
radee (Land, A need. Syr., 11, p. 309), dit que vers 543, dans toute la Syrie. il nV avait 
que trois eveques monophy sites. Or la Vie de Simeon dit que celui-ci fut ordonne a Ilira 
par cinq eveques nionophysites. Bien plus, tandis que Jean d'Ephese dans l'tlistoire du 
couvent de Mar Yohannan a Amid (apud Land, Anecd. St/r. } II, p. 280; cL R. Duval. 
Litter. Syr., 2° ed.. p. 304) place sa propre arrivee a Constantinople en l'annee 533, la 
Vie du meme Simeon declare que deja en 531 le meme Jean d'Ephese se trouvait dans la 
ca pi tale des Grees (cf. Labour!, Le Christ tarn's me dans V empire perse, p. 158, n. 1^. 

J. Cf. Land, Anecd. Syr.. II, p. 85, 87. — 2. Voir ci-dessus, p. 121. — 3. lire 
>fj> ou >^-i : localite pres de IJira ^voir ci-dessous, n. XCV1I). — 4. Le ins. a « Persans ». 
Sans doute tine faute du eopiste, pour « Grees » ainsi que l'indique le contexte. 

- 5. C'est-a-dire dans la region de Hira. — 6. Voir ci-dessous, n. XC. — 7. La trente- 
quatrienie annee de Qawad commence le 22 juillet 521. Tons les aunalistes sent d'aceord 
a attriboer a Sila dix-huit ans de regne. Selon f Amr. il tut ordonnr en 8f0 des Grees 



L :,3] XXI II. — niSTOIUE DE JUSTIN! KN, HOI DES GRECS. 145 

aJI (3 j p^w^2*j L>- c Lli>JI ctLLJl j . p^kA* -Viou ^ (j-<»J^5 

1. jjJus ^o(£\. — 2. Doctor p^io. — 3. — 4, J^. — 5. In marginc : gra- 

\rv 

phio : PI I. 



Justin ordonna a Jean, qui avait oeeupe apres Timothee (Timdtltdous) le 
siege patriarcal de Constantinople (Al-Qosfaafiniya), d'anatlirmatiser Severe, 
Jacques ct leurs partisans. II (Jean) reunit quarante-trois eveques 1 et les ex- 
comnninia. II transporta les ossements de Macedonius (Mdqidoitnis) et les mit 
avec ceux des Peres; il mourtifc apres avoir gouverne EEglise pendant deux 
ans 2 . Epiphane (Afifas), homme erndit, lni succeda. Sur Tordre de Justin, il 
convoqua les Peivs et excomniunia Pierre (le ration). Severe, Jacques (lia- 
radee) et tous leurs partisans 3 . A sa dcmande, le roi exila les pa'fens, dont pin- 
sieurs regurent le bapteme : les uns par amour de la religion, les autres par 
crainte de Fempereur. 

XXII I. HlSTOlRE DE JUSTIMEN, HOI DES GllECS. 

Justin — que Dieu lui fasse misericorde — monrut en S»>8 \ aprrs avoir 
regne neuf ans. Son parent Justinien ( Yoitstdnous), qui lui succeda, + Tiinita en * p. 
chassant du pays de Syrie les heretiques et les Maniclieens. An mois de 

(505) et mourut en 834 (523 L — Corriger la leeon de cef an tour ou il est Jit que Qawad 
mou rut du temps de ce catholicos. 

J. Voir ci-dessus, p. 130, n. 3. — 2. Jean de Gappadoce lut ordonne le 24 avril 517 
et mourut vers 520. — 3. Cf. Maim, t. LXXXVI, col. 783 et suiv. — 4. En 527. 



I AO INST01KE NESTORIENXE. [M] 

CeHwH*^ ^-*5 Cxh" <jo^' 0^-5 ^ i5 ^f"3 .£5-^1 

^ C5^ p^-^i <V -iili — U ^/Jl (J 1 LaCj 

4T^1 J£* ^j^JI <L£i . aJ a^c ^jJ! -yJI iL? LJi .^Yjl 



Tesrin l er (octobrc) de la premiere aunee do son regne, un terrible tremble- 
ment de terre detruisit la ville de Laodicee (Al-Ladiqiya)* . Pendant quatre 
ans, il fit la guerre aux Perses; il y eut beaueoup do niorts des deux cotes 2 . 
De sou temps, Ies .1 nits s'etant revokes en Palestine et sYtant donne un roi, 
il envoya con I re eux (un general) qui les battil et qui les sou mil \ Au mois 
de Nisan de la septieme annee 1 (de son regne), Ie soleil 5 s'eclipsa et pendant 
quarante jours 0 apparut dans le firmament un signe semblable a une lance 7 . 



XXIV. IltSTOJHE DE KoSKAT A>'0S1R\VA> . 



Qawad regna quarante-deux ans 8 ; il avail beaueoup denfants; avant sa 
mort, il designa comme successeur Kosrau (Kisrd) Anosirwan, qu'il avail eu 
* p. :»u dans la region des Turcs 9 pendani qu'il y etait en fuite'". * 11 Taimait plus 
que tons ses aulres enfants. Kosrau, ay ant mo n Ire apres la morl de son 
pere le testament que celui-ci avail fait en sa favour, ful aceueilli par les 
mages. II massacra ses propres freres et les generaux de I'armee, de peur 

1. Cf. Mart, p. 't<S. Xe serait-ce pas Antioche? Voir Land, A need. Syr,, 11, p. 209; 
Chron. Edcss. a pud Ass., B. 0., I, p. 414; Evagrius, lib. IV. c. v : tons ces au tears 
placent cet evenement en l'anaee 520. — 2. Cf. Procop., De hello persico, II: Barhebr., 
Chron, Syr., p. 70. — 3. Cf. Barhebr., loc. eit. ; Lettre de S. Simeon Stylite le jeune a 
Justinien : Patrolog. grec, LXXXVI, col. 3215-3218. — 4. En 533. — 5. Cf. Barhebr., loc. 
cit. — 0. L'eclipse dura dix-huit mois (Barhebr., loc. ciL, p. 80). — 7. La Chronique d*E- 
desse apud Asseni., B. O. , I, p. 416, rapporte cet evenement a l'amiee treizieme de Justi- 
nien. — 8. 11 mourul en 531. — 0. Voir ei-dessus. p. 107, n. 2. — 10. Voirci-dessus, n. XII. 



[55] XXIV. — ItlSTOIRK DE KOSllAU ANOSIRWAN. 147 

l^Jliu Ajl l r; L^i <i~.U)l jl^j *J ^ ^ lij>. ^^11 

, w LLa_> 1^ ^^r^i j^** ^rr*^ or 6 ^. J^ill j jJ^U O 

^_iJli>J\ j jj^Lw ^ jUJIj <uJl AX*.zt* <u*>LJIj J^ITUJI " U 

1. wv^o. —2. Jacuil — uuf. — 3. , r * i. 

qu'il ne lui arriv&t ce qui etait deja arrive a son pere. II etait tres verse dans 
la philosophic \ qu'il avait apprise, dit-on, chez Mar Bar Sauma", evoque 
de Qardou (Qanhij, durant son sejour dans cette region, et chez Paid le 
philosophe perse, qui, u'ayant pu obtenir Le siege metropolitain de Perse 3 , 
renon^a a la religion ehretienne. 11 avait de la sympathie pour les Chre- 
tiens 4 et preferait leur religion a toutes les autrcs. Mais, la paix entre lui 
et les Grecs ay ant ete rompue, et Mar Aba ay ant tarde a sortir avec lui 
an pays des Grccs, il changea de eonduite et manifesto sa haine. Tou- 
tefois les ehretiens etaient a son service comme ils avaieut etc deja au ser- 
vice de son pere. Rosrau s'attacha k la doctrine de Maui, qui admettait deux 
dieux eternels : le bun et le mauvais, et abro^ea la relioion de Zoroastre. 

XXV. * IIlSTOIRE DE NaRSAI ET d'ElISEE , LES VlNGT-olATIUEME 

ET VI>*ftT>CI3CQVIEME DES CATIIOL1COS \ 

Quand Sila mourut, TEglise joitissait de la paix et les ehretiens etaient 
en repos. Mats les deliberations sur le choix d'un suecesseur provoquerent 
des dissensions entre les superieurs et les fideles. Xarsa'i et Elisee voulaient 

i. Cf. The Third part of the eccies. History of John bishop of Ephesus, ed. Cureton. 
p. 388. — 2. A assiste en 554 au synode de Joseph {Syn. Orient., p. 366). — 3. Cf. 
Barhebr., Chron. EccL, It, col. 98. — 4. Cf. The Third part etc., ioc. tit. — 5. Cf. Mart, 
p. 49; 'Aiiir, p. 37-9; Barhebr.. Chron. EccL, col. 82; Syn. Orient., p. 318 et suiv. ; 
MAiha-Zkha, ed. de Mingana, Mossoui, 1907, p. 155-6. 



1'iS IllSTOIRE XESTORIENXK. [50] 

^Ulj v LlOI ^JL w< u UJl ^Jl ^<Si -SI^Jj S^LJlj CJ ^U 

jly>Yl ^J^ 3 . 3 !sJ^.L,V j^kJI J *^J1 jLk, Jl 

isuJl f-^j jLl)l *^=-U . Mj^Jl , J d!L> LJu 4jV jLU- ^11 dlUI 

fJ^Jl -A.L ^J^jOl ^Uo j Jail ^ J^I-UJI ^ jjto ^tJI Ij jti-lj . i>Jo ^ Y3 

^l^j ^JJI AjWJj dLUI JL jTIjuJI ^1 LA5 .^JJI jJUtj fclo 

1. ^jcu j^-j. — 2. — 3. Impositio manuum j^a*^. 



le pontiiicat; ils eurent chacun leur parti. Les fideles se reunirent a Seleucie 
(Al-Madd'in); chaeun d'eux choisit eelui auquel il s'interessait; alors ils se 
querellerent. Bonzaq \ cveqne do Suse (Al-Ahwdz), etant intervenu dans 
Taffaire, la foule accepta sa mediation, parce qu'il refusait pour lui le catho- 
licat. 11 s'entendit avec tons les ildeles pour choisir Xarsai, scribe savant, 
bienfaisant, vertueux, assidu au jeune, a la priere et a la lecture des 
Eeritures, habile dans la controverse et honore de Testime des autres scribes 
* P. 5s et du peuple. Ayant donne leurs suffrages par ecrit * devant LEvangile 
dans Teglise d'Aspanir, ils firent appeler Taiman 2 metropolitan de Basra 
et d 'autres eveqnes pour venir le eonsacrer. Bouzaq, eveque de Suse, se 
rendit aupres du roi a Hohvan, uu celui-ci s'etait fixe a cause de la salu- 
brite du id i mat. 

Les pretres et les autres niinistres de FEglise jnotestereut eontre relee- 
tion de NarsaT : a Nous n'acceptons pas, dirent-ils, cet homme t jui est mon- 
dain, qui ignore les lois de TEglise et ne peut en dirigor les affaires. » Ils 
choisirentun certain Elisee, originaire de Gtesiplion (Afjtisfoitn), ou se trouvait 
Feglise cathedrale. Elisee avait passe quelque temps dans le pays des 
Grecs, et y avait appris la mudecine. Sa profession de medecin lui avait 
fait gagncr, Iors de son ret our a Seleucie, Tamitie du roi et de ses minis! res, 
Sila, qui voyait son influence et la sympathie que lui portaient les mages, 
lui donna sa fille en mariage et. par testament, le designa pour son snecesseur. 

1. Le ms. porte ma is le Syn. Orient, n ^> } c^. — 2. Taimai Syn. Orient., 

p. 822 . 



L 57] XXV, — UISTOIRE DE NARSAI KT WELISEE, CATIIOLICOS. 149 

j J Ajj^o^jC -Ajj La j ^1 /j* <i\ tt^^ L«j jlpj ^Yjl 

dUUI ^U^V Ujl JJLj «-JI JjJL ^1 viUJl ^~Jp j Jw ^ -r>t 3 .^Vl 
^ (J C5 -^J lj-«LJj p-ft^-J-j Lrc* 6 ^ twii-lj ^JJ^ * — ^jrT^ ^j?- 

I. Apostolus 



(( Celni-ci, disaitlc peuple, est enfant de TEglise; il est prop re a ses affaires, 
apte a la dinger ; les mages rhonorent et respectent son droit. » * Un parti * P. m 
consentit; V autre refusa, disant qu'il ne renoneerait jamais aux engagements 
qu'il avait contractus et signes. Les Peres se presentment pour eonsacrer 
Narsai; mais ceux qui avaient clu Hlisee arrivcrent et les empechercnt. Ainsi 
['affaire demeura en suspens depuis Hazirnn (juin) jusquVi Nisaii (avril). 

Enfin, David 1 (Ihioud), metropolitan* de Merw, arriva, accoinpagne de 
quelques eveques sans equite, et consacra Elisec dans 1 eglise d'Aspajiir, 
s'ccartant des regies, qui prescrivaient la consecration des patriarches dans 
Tcglise de Seleucic [Al-Maihi'in), connue sous le nom de Koklic (Al-Alacdkh). 
Elisee, grace au decret royal qu'obtint pour hri Biron*, medecin du roi, et 
aux nombreux presents qu'il distribua aux ministres du roi, occupa le siege 
dans I'eglise de Seleucie, batie par Mar Mari, l'apotre — que la paix soit avee 
Itii; — Djouhar 3 , metropolitain de Nisibe, l'eveque de ZAbe 4 et Fevcque de 
Hira 3 arrivcrent avec d'autres eveques'' et consacrerent Narsai, selon 
l usage, dans I'eglise cathedrale. * Jacques, mctropolttaiii de Goundisabor, et + v. 
Samuel 7 , cveque de Cascar, s'isolerenl sans prendre parti. 

La confusion, la simonie et les qnerelles devinrent u10ut.es et sans prc- 

I. C'esl cet eveque dont I\Iar Aba se plaignait clans sa lettre intitulee : Practica, et qui 
en 554 adhera au synocle de Joseph Catholicos [Si/n. Orient., p. 366, 554, n. 1,. — 2. Mari, 
loc. tit., ccrit « ]]iroi ». — 3. 'Amr, he. cit. } ecrit « Koussi — 4. Xomme I so 

dans "Amr. — 5. A]>pele Narsai dans 'Amr. — G. Paul d'Arbele, el Taima'i de Iloblath 
[ Amr, loc. cit.). Ce dernier a ete ensuite excoinmunie par Mar Aba (voir Syn. Orient., 
p. 322 . — 7. Mentionne dans le synode de Mar Aba (voir Syn. Orient., p. 321). 



150 filSTOlRE XESTORiENXE. [58] 

*^rc=j-u (j 0 L>-_3 jlxUI ^1 LaI-LL'Ij Ai?U LU^ -(j^=»- Y) 

j^ji^jij 0 uvij s^vb ^v 3 vb ^vi ^ bjUii .sy^a o^>vi js j 

jU^VIj ^jU Jl ^ JU* ^iJU- ^ j^j J\ <J ^\ 

1. t^tiiL. — 2. ^Is-fi-*. — 3. ^y*- — /l - Anachoreta ava/wpr^-^ ^>^q_i lL>,Ur> ^p^. 



cedeut. Chacun de ees deux (catliolicos) ordonna des eveques qu'il envoya 
partout ; dans chaque eglise on dressa deux autels; les chretiens qui allaient 
aux eglises, an lieu de prier, se frappaient les uns les autres et cherchaient 
me me quelquefois a s'entretuer. 11 y eut de I'inimitie eutre les peres, les 
enfants, les freres et les parents. Les dissidents en riaient, tandis que les 
anachoretes et les moines habitant les montagnes pleuraient et suppliaient 
Dieu le Tres-Haut de dissiper les images de Tepreuve dont TEglise etait 
assombrie, comme deja > par rintermediaire de Oawad ct de Ivosrau, son fils, 
il avait mis fin aux uialheurs arrives sous le reime de Piroz '. 
♦ \\ fa Elisee, avec Tappui du roi, put * emprisonner Narsai et plusieurs de ses 
partisans. Mais celui-ci, par les soins du fils de Kosrau, fut delivre de la 
prison. Elisee comnienga a parcourir les pays; il alia a Ra'i et a Merw, on 
il emprisonna plusieurs de ceux qui lui resisterent; il revint ensuite en Perse, 
dans le Huzistan, et le Bahrein, ou il consaera des metropolitains et des 
eveques et destitua ceux qui lui resisterent. Jacques, metropolitain de Goun- 
disabor, lui resista; il coniposa un livre dans lequel il parla des devoirs des 
superieurs, relatifs a radministration ecclesiastique, et des dommages no- 
tables causes par Elisee . 

Celui-ci, de retour a Soleucie, se mit d'accord avec les metropolitains 
et les eveques ses partisans pour se venger des habitants de Gascar; illeur 



I. Allusion aux demeles de Bar Sauma de Xisibe avec les cathoticos Baooi el 
Acace. 



[59] XXV. — IIISTOIRE DE NARSA'i" ET D'EUSKE, CATIIOLICOS. 151 

^JjUJI ^ J^-—* J ^ ^ ^ ^y^J *-£JI J^&j .*-iJI 1 l^JI c^^rr^ 
4JJL jJ ^aJI ^Loj,*-w jliCo L~£*> <wJ UJLwl l^lc- fL-lj ^jLiL-Ylj ijLL^JI ^ <! 
*U«3 j ^*JL^I_a OJjI*-*j <ilUI , j w^iJI j j^o ^^j>t^l* 1*.,;': I? I ^ j * 

jUU U1 jJl-uJl ^Ui J£j dUi> HUi .^IV ^l^JI 

1, ? — 2. la marg'ine super j&S hoc signum : u . — 3. In margine super J : 

— 4. In margine super ijfltXi] ; Ce qui montre que les mots depuis j£tS 
jusqu'a J sont repetes. — 5. ? vAL — 6. jQS J.*'. 



ordoana done un eveque, appele Barsaba a la place de Samuel 2 . Cet eveque 
ayant ete refuse (paries Cascariens), retourna chez Elisee 3 . Gr&ce au mc- 
decin Biron, qui hi i obtint un edit royal ayant pour but de lui preter seeours, 
et aux maitres de la milice, qui furent de concert avec lui, Elisee resolut 
d'attaquer + les Caseariens pour s'en venger. Ceux-ci, ayanl appris la nouvelle, + p 
se prcparcrent & sc defendre, a combattre et a repousser quieonque les 
attaquerail. lis Furent soutenus par beaucoup de gens du lluzistan el de Beith 
Garmai, qui etaient eontre Elisee. Ge dernier en fnl tres emu : « Comment, 
dit-il en presence des hommes a Selcucie, les habitants (de Casear), ces 
viles mouches, qui pretendent ne m'avoir point reeu et m'avoir meme 
humilie, pourraient-ils me vaiaere, inoi qui ai triomphe de tous les pays? » 
Gette parole arriva aux oreilles des Cascariens, el augmenta lour colore. 
Elisee retourna dans sa demeure, tenant a la main Tedit royal. Un des Cas- 
cariens s'approche de lui au milieu de la foub* pour lui baiser la main; Ie 
Gatholieos la lui ayant tendue, le Cascarien lui enleve l'iklit et le rcmet a 

1. Ce nom dans le Syn. Orient., p. 70, traducl., j>. 321, est ecrit u*vj^o « Msarsia »; 
je erois que la Iegon de notre auteur est exaele. j^v»-^> serait une faute du eopiste 
au lieu de ^^>. — 2. D'apres Ie Syn. Orient., p. 321, Mar Aba destitua ensuite ces 
deux eveques et les remplaga par un autre appele lui aussi Samuel; celui-ci adhera a la 
lettre synodale de ee meme Gatholieos eontenant des regies relatives au gouvernemenl 
eeclesiastique {Syn, Orient., p. 3 51;. — 3. La phrase doit etre ici un peu alteree ; je Tai 
traduite eomme Ie contexte semble l indiquer. 



152 IIISTOIRE XESTORIEXXE. L 60] 

Aji.53 *-*o ^ ot^3l ^ It** L*-^ JdU ^Ul ia^j (j S^Lt^M 

^jjj oL e j Jlkj» ^ pjki ^L-U jjil J jiVI dLUI ^^JJI 

^Jls* 2 t^i dUij cl ^^^3 <LoUI cJl ^liS J^r^b 

i. ^ jr..- 2. 



tin autre. On a beau chereher cet liomme, on in* le trouve point. La querelle 
* p. 63 s'allume; * on se dechire Ies habits les uns des autres, on en vient aux mains. 
Elisee s'aflligea beaucoup d'avoir perdu Tedit royal, qu'il avait eu de la 
peine a obtenir, et d'avoir etc Tobjet de la raillerie offensante des Caseariens, 
ses adversaires. 

Xarsai mourut. Le medecin Biron demanda an roi d'autoriser Elisee par 
ordonnance; le roi, loin d'exaueer sa priere, ordonna de le priver de sa 
dignite en le deposanf et de le remplacer par Paul, eveque de Suse. 
L'eveque Samuel retourna a Cascar, on les Peres se reunirent et anathema- 
tiserent Elisee et tons ses partisans. Le sehisme de ees deux catholicos dura 
douze ans, c'est-a-dire depuis la trente-cinquiente annee de Qawad jusqu'a 
la sixieme do son fils Kosrau 1 . 

1. Selon autre auteur, ce sehisme aurait dure de 522 3 a 536/7, Qawad ayant com- 
mence a regner le 22 juillet 488 el Kosrau I le 12 juillet 531. Mari et )e Syn. Orient,, 
p. 334, le font durer quinze ans; Elie de Xisibe, quatorze ans. Xotre auteur lui-meme 
semble etre d'accord avec eux; car entre 522 et 536, 7 il n'y a pas douze ans mais qua- 
torze 011 quinze ans. Selon Tauteur voir ei-apres, p. 1 53 . Paul fut ordonne et mourut 
cctte meme annee (537]; mais suivant Elie de Damas apud Assem.. B. O., 111. 1, p. 78) 
il mourut en 638/9, ayant occupe le siege pendant deux ans, et son successeur Aba 
aurait cle elu en la neuvieme annee de Kosrau 540 . 



[61] 



XXVI. — ITIST0IRI5 DE PAUL, LE 26" DES CAT110LIC0S. 



153 



A ...g> 

ctUr ,3 ^^L^Jl ^L- J_»jJI aLj>- o 1 ^^ j»jJ; & tjji 

ULATU- ^jUaJI fc^i ^Aib* U \£ U-te . ^jUaiJI I J ^^-^"_3 

jJlc U3 isA^ ^5^3 *— ^ cS^ ^ tiLl*U- jL^ U jl^ A?j * p. o: 

1. In margine ^3 ;^. — 2. , ^Liojj^x. — 3. Ordinavit ^d. 



XXVI. — Histoire de Paul, le vingt-sixieme des catholicos*. 



Ce Pere elait l'archidiacre de Bouzaq, evequc de Susc*. + II succeda a ■■ * l\ m 
Narsai apres sa inort. Jacques, metropolitain de Goundisabor 3 , et Eeveque de 
Casear '* Tavaient porte & ne preter secours ni a Narsai, ni k Elisee; et de 
fait il avait jure de ne prendre le parti d'aucun d'eux. Kosrau In i (emoigna 
de la favour, parce qu'en la troisieine annee de son regno 5 , lors de son de- 
part de la Perse pendant une chaleur etoutl'ante, Paul avait porte sur des 
betes beaucoup d'eau, el cette eau avait sulli a toute Tarmee, qui souffrait 
de la soif dans ccs dures monlagnes. II Pavait admire, parce que, seul 
parmi tons les habitants de Suse, il s'etail donne de la peine pour lui, en sc 
preoccupant de ses interets. 11 Pavail done aime el il avait resolu de le 
recompenser en le faisant nommer chef des ehretiens. Quand s'accomplirent 
les evenements que nous venons de mentionner et que les ehretiens demau- 
derent un catholicos, sur Tordre du roi, Paul fut eleve a cette dignite. 
II inourut an bout de deux mois, le jour d'Hosamia en la sixieme annee 
de Kosrau 0 . Paul, une fois catholicos, oubliant son sermcnl * et ses engage- * i*. us 
ments, eut quelque sympathie pour I51isee. 

1. Cf. ^\Iari, p. 49; Wmr, p. 39; Barhebr. , Citron. EccL, If, col. 88 et 90. — 2. ]\Iort 
pendant le schisme, avant 533; voir ei-apres. — 3. Le ms. a « Nisibe Sans doute nne 
faute du copiste; voir ci-dessus, p. 149. — 4. Appele Samuel, voir ei-dessus, ibid. — 5. En 
533. — (>. En 537; Elie de Nisibe et 'Ami' donnent la meme date, mais celui-ci la fait 



15-', 



I I1ST0IRE XE STOR1 EXX E 



[02] 



«o .-5 



p r>G jfc-JI ^ s j£-*^ pJi 7c_» ^Jl ^Lol^ aJ^^ jL? Lis . [5 <\jlL*5 \m Jy*^ 

t . ^Ls^. — 2. Discipulus — 3. JsUl.H. 



XXVII. — Histoire de Mar Aba ( le Grand ~, 

AMNGT-SEPTlEMIv UES CvTIlOLIGOS. 

Ce saint el vertuoux Pcre etait originaire d'un village, appele Hale (//«/«), 
dans la contrce de Radan; il etait mage et fort attache a sa doctrine; il fut 
scribe dn Marzban de Beith Aranu\ye (region de Nabt), qui habitait a Radan. 
Dieii, ay ant voulu le clioisir, lit en sorte qifun jour, comme il se disposait 
a traverser le Tigre en bac pour aller a UAle voir sa maison, un etudiant, 
appele Joseph 11 , se presenta pour passer avec lui. Mar Aba le chassa et le fit 
sortir du bac; mais qnand le bac arriva an milieu ilu Tigre (Didjla), le vent 
soufllant avec violence et soulrvant les flots, contraignit Mar Aba de retourncr 
a la rive, pour attendre le calme. La tempete s'etant apaisee, Joseph reitera 
* f. fin sa demande; * mais Mar Aba repoussa de nouveau sa priere, le reprimanda 
et ne le laissa pas passer avec lui. A peine arrive au milieu du Tigre, voici 
que la tempete reprit et le foroa encore a regagner la rive. Cette fois, quand 

aceonipagner de la SW annee des Grecs 535), et celui-la de l'annee 847. Barhebra i us dit 
quil regna un an; Mari dit : selon les uns deux mois et selon les autres un an (cf. ci-des- 
sus, p. 152, n. 1). 

1. Uemarquons que le veritable 110m de ce patriarche est u Pere ». Uuant a ilar 
-^o). ce n'est quune epithete qu'on ajoutc en syrien an 110m des personnages remar- 
qualil.es- Ce nom doit done etre eerit en deux mots « Mar Aba », et non en un seal 
mot (i Maraba ». Voir Labourt. Le Christianisme dan.s I 'Empire perse, p. 166, n. 1. — 
2. CI'. Mari, p. 49-53; 'Amr, 311-41; Barbebr., Chron. EecL, II, col. 00 et suiv. ; Syn. 
Orient., ]). 318-351 et 540-502; Bedjan, Histoire de Mar Yabalaha, etc. Vie de Mar Aba, 
]>. 206-274. — 3. Surnomme MoTse 17^, p. 211). 



[03] XXVit. - ttrSTOlRE DE MA.lt ABA LK GRAND. to.". 

T ^J>. L*JJ ^^J^tJl J <*J jili ££U CoU >U- j jl£ 4jy ^ j O ^txZJi 
. J>t<CVI JLj U 

^JLi'l^-ajJI Sit! <=w Aif^ » «ij>3 ^-01 J yJ\ «Ui J 

^ j^s& \^>- ^f- <JLi 4^lJ1 -Ui <c^Lr . ju^JlS\^ S^UIj ^j>>U 
1. Baptismus jc^o^^o. 



le vent se fut apaise, et qu'on recommence la traversee, la niodestie et le 
calme de Joseph, qui etait dej& en tie dans le bac, porterent Mai* Aha a le 
respecter et a lui permettre de s'y installer. Des le debut de la traversee, 
le vent tomba eompletement. Mar Aba, etonne, lui denianda quelle etaiL sa 
religion; Tetudiant la lui fait eonnaitre. Mar Aba, impressionue, rinterro^ea 
sur les dogmes de la loi; Joseph Finstruisit et le convainquit de la verite de 
la religion cbretienne. Des Iors il s'adonna au jeune, u la prierc et aux re- 
cherches; il confessa meme la foi cliretienne devant son lnaitre, qui, le vovant 
frequenter Teglise, lui en demand a la cause. Ayaut tout abandonne, il reeut 
le saint baptenie dans un village, appelc Ahad 1 , des mains d'un vieux pretre, 
connu sous le nom de Bar Sahde * fondateur du convent de Alledja a Hira, * v. 117 
ou il fut ensuite enseveli. Gette Alledja etait lille de Na'man, Ills de FArabe 
Al-Moundir. 

II alia ensuite a Nisibe, on il s'installa dans FEcole, et s'attacba a Ma r na, 
qui devint plus tard eveque dWrzoun \ II s'instruisit en peu de temps el 
fut etabli interprete. II se rend it ensuite dans le pays des Grecs, ou il reu- 
contra un edessenien, nomme Thomas \ qui lui enseigna le gree ? dans la 
eonnaissance duquel il etait tres verse. Mar Aba, qui eomiaissait dej^ le 
persan et le syriaque, apprit aussi le gree. Etant en tres dans le pays des Grecs, 

i, Aked ( Vie, p. 216). — 2. 'Ami* ecrit Barsalule Ijusr^^. Ce person nage n'est j»as 
mentionne dans la Vie. — 'A. Et il l'accompagna. quand celui-ci prit possession de son 
siege; et api'es avoir enseigne quelque temps a Arzoun, il retourna a Nisibe ( Vie, ]>. 217 . 
— 4. Ce Thomas n'etait point jacobite. ainsi qne le pretend Barhebrauis, Chron. Eccles.. 
II, col. 1»0. Ses traites sur Noel el sur I'Epiphanie declarcnt haute in en L qu'il **t ait Nes- 
lorien eL disciple de Mar Aba et qu'il tit ses etudes a l'EeoIe de Nisibe (cf. R. Dnval, 
Litter. Syr., T ed., p. 437). 



150 FIISTOIUK NESTOR1ENNE. [04] 

~yU». ^Jl jYI IjL» ^-^3 .*XS jl£ JjYI pA^.I ^ ij^L^lj 

ils gagnerent Alexandria ou ils reunirent les livres de Theodore Tinterprete. 
Mar Aba parlait en syrien et son compagnon Thomas interpretait en grec. Les 
Jacobites, irrites de ee qu'une fonle nombreuse se rendait aupres d'eux pour 
ecouter leurs interpretations, se reunirent en grand n ombre et les expulsercnt 
* p. us dAlexaudrie. Ils se rel ire rent a Constantinople' on ils manifesterent * leur 
science. Leur renommee arriva jusqu'au roi Justinicn. qui or do una de les 
forcer a anathematiser les bienheurenx peres Diodore (Dioudoitrous), Theodore 
(Tyddourous) et Nestorius (Xastouris) ; comme ils refusaienl, il eommanda de 
les mutiler ; nxais les eveques n'ex^cuterent pas cet ordre. — Cetait une mar- 
que de respect de la part de plusieurs d'eutre eux. — Des lors ils eherehe- 
rent a s'enfuir. 

Arrives a Nisibe, les habitants de cette ville vinrent trouver Mar Aba, 
pour le prier de vouloir se charger de Finstruction, de Interpretation et de 
la predication, parce que ses paroles etaient elaires et aimables. lis le cboi- 
sirent sur la demande de Mar Abraham premier - qui etait avaut lui 3 . Ce Pere 
se retira a deux milles de Nisibe; il commen?a a ecrire des traites et k faire 

1. Cf. Patrol. Grec, LXXXVUI, col. 37; voir a us si Labour!, Le Chris tianis me, etc., 
p. 105-109. Le voyage de Mar Aba k Constantinople doit se placer entre les anuees 525 el 
533. Voir loc. cit., et ei-dessous, p. 187, n. 0, — 2. 11 s'agit d' Abraham de Beilh Rabban, 
qui dirigea Ti^cole de Nisi lie de 500 a 569 voir Barhadbsabba 'Arbaya, Cause de la 
fondation des eroles, p. 72, n. 2, 73-75). 11 Fappelle roi premier pour le distinguer d 1 A- 
b rah am Bar Qardahe 'voir Idem., loc. cit.). — 3, Je ne saisis pas bicn le sens de cette 
phrase. L'auteur semble nous dire qu'Abraham etail deja mort. Mais Mar Aba preccda 
celui-ci dans la tombe. Le sens serait done qu'Abraham preceda le futur Cattiolicos dans 
la charge d'inlerprete a TEcole de Nisibe ou il devrait v avoir plusieurs interpretes. 



[«5j XXVII. — 1IIST0IRE DE MAR ABA LE GRAND. 157 

V u** U-U^l d)L* v^:. o^t* J^^^r O:" 1 " 

u l a 1 1 bjLli-l jUiJI j+Js <J*IU1 <*-Vj>- ^ ^^O^ 



P. (10 



1. In margitie : Til . 

cfT 



tomber do sa bouche des perles caebees jusque-la; il reforma quelques 
abus, qui s'etaient introduits dans les egliscs de ce pays-la. Sa renorumee 
se repandit partout. * II s'efforga surtout de devoiler rignominie et Eoppro- * i\ <;<> 
bre de Zoroastre {Zarddost), pour detourner les Iiommes de ses iinpuretes et 
leur iuspirer de riiorreur de sa doctrine, dans laquellc toutes les voluptes 
eorporelles sont permises 

II ramena a la vraie foi el fit ehanger d'avis Theopbile 2 (Tdouphila), qui 
s'etait egare de la droite route. 

Paul catbolicos etait inorl sans avoir pu, a eause de son court pontifical, 
rcparer les desordres causes par les discussions de Narsai et d'Elisee. Les 
Peres, et Ions les ehretiens qui etaient au service du roi Kosrau, se reu- 
nirent pour lui donner un succcsseur. Les merites ct les vertus de ce Pere 
(Mar Aba) les deeiderent a le choisir; il fut ordonne palriarcbe en Pan 817 
d'Alexaudre, qui est la sixieme annee du roi Anosirwan 3 . II dirigea TEglise 
avec beaucoup de sagesse et de sagaeite; il reforma les abus; il annula la 
dualite de Tepiscopat dans les eglises, eausee par ses predeeesseurs ; il fonda * i\ :o 

L Sur la doctrine dc Zoroastre, voir Theodore Bar Koni, apud Pognon, Inscriptions 
Man dullest des Coupes de Khouabir, Paris, 1898. p. 101. — 2. Ce Tlieophile ne serai t-il 
pas celui a qui Ebcdjesus de Nisibe altribuc deux livres, Tun eonire Cyrille d'Alexan- 
drie et I'autre contre Dosthrous? Cf. noire Etude supplem., n° VII, ROC.^ 1900, p. 8. — 
!>. En 530/7. 'Amr et Elie de Nisibe (ms.j sont d'accord sur cette date avec notrc autcur ; 
mais le synode de Mar Aba {Syn. Orient., p. 320) declare que l'eiection de ce pa- 
triarche eut lieu la neuvieme annee du roi Kosrau, qui repond a Tannee 540 de notre 
ere; cf. Elie do Dumas, apud Assein., B. 0-> III, i, p. 78; voir ci-dessus, p. 152, n. J. 

PATH on. — T. VII. — r. 2. 11 



158 HlSTOlHIi NESTORIENNE. [GO] 

2 a o y* JiJj IfJ <ol j U ^1 jj J^r^b (*3^ -^J 

j« J,VI >J ^Jj ^JJI ^JlJ ^3 J 1 ^ 1 J' cy^ 1 
,<*J\ ^jlf. ft Lil3 JJUj J^j ^^JLJI ^/jJy JlSU^j jUJ— <uiC>^ 

<JV L&JL^l .^L^l i*jV dlUI 4o jji^^j ^o^*^ j^j dLu 

1. (j/oXrj pa^/. — 2. Vet us Tes (amentum 3. Apostolus 1— 

a Seleucie une ecole, on il etablit comme interprete lsai\ puis Ramiso'; il 
renouvola les canons, qui avaient ele etablis sncecssivemcnt en pays grec, 
en Orient et a Edesse, en y ajoutant ce qne les circonstances exigeaienl. 
11 tradnisit ties livres de TAncien Testament du grec en syriaqne 2 ; il com- 
posa des canons 3 pour le Psoutier; il conunenta le premier livre du Penta- 
teuque, les Psaumcs, la Sagesse de Salomon et les lettres paulines; il eerivil 
beaueonp deleltres\ et beaucoup de choses sur la science ecelesiastique. 

Quand le roi Anosirwan envabit Tempire grec 5 , Mar Aba, pour ne pas voir 
TelFusion de sang, s'abstint de l'accompagner. Or les mages, qui le hais- 
saient, Taecuserent anpres du roi de quatre choses : 1° II avait renonce a la 
religion des mages pour se faire chrctien; 2° il avait empeche les ehretiens 
* v - d'cpouser plus d'une femme; * o° il annulait les decrets de leurs jugvs et sous- 

l. Ce meme lsaie semble dire le contraire, a savoir que cette ecole aurait existe avaul 
Mar Aba. Dans la preface de son commenlaire sur les martyrs, P. 0., t. II1 ; p. 17, il 
parle d'un interprete. nomme Abraham, qui aurait enseigne avant lui dans cette ecole de 
Seleucie. Yoici ses paroles : « Yous nVobligez, dit-il a Oiris, pre he. et a Jean, major- 
dome de LEcole, de rediger le traite sur les saints martyrs, tel qu'il a etc transmis a 
cette Assemblee par Rahban Mar Abraham, pretre et interprete. » Toutefois on pour- 
rait supposer, et c'esl meme probable, que cet Abraham, dont parle IsaY, est le memo 
qu'Abrabam de Beith Rabban, interprete de TEcole de Nisibe. car, selon les passages 
publics par M. Mingana (Xarsai Uomiluv, Mossoul, 1905, p. 38). cette assemblee de Se- 
leucie aurait etc transferee j>ar Mar Aba de la ville de Nisibe, ou elle aurait ree/u la doc- 
trine d'Abraham de Beith Rabl>an sur la commemoration des martyrs. — 2. 11 traduisit les 
livres de TAncien et du Nouveau Testament ('Amr, p. 41. Cf. Ebedj. apud Assem., B. (h, 
111, 1, p. 75-76.) — 3. Ces Canons sont inseres dans le Psautier Xestorien ; ce sont des 
oraisons jaculaloires, mises apres les deux premiers versets de chaque psaume. — 4. La 
plupart de ses lettres ont ete editees par J.-B. Chabot, dans le Syn. Orient., p. 318-351. 
550-555. — 5. La guerre dura de 540 a 545. Voir Dielil, Justinien, p. 215. 



ffi] XXVI I. — I11ST0IHE \)K MAR ABA Lli OttAND. 150 

15 a: I *}J\ 3 (^j^l J ^3 pTUJ f lO ^jd 

L* jIjlUI ^ e L j ^> i-TlCj i^?wJI olVl j^lj c*c. j j^l j ^LlJI ^a, V IJL* 

^JLl) JUj sj^>- IjJI jli U^l j JjlJ .a^YIj £>U1 UL&I jjf ft U*VI 1^ 

aJjIjl&j U jU ^J?^ a)u01 ^ icL*j>- ajwj . ^j^JI (J^1-U (j 0 l>.^* 

1. xocrvpscfftc ex vcdJn^. 

trayait les proces a lcur juridiclion; 4° il baptisait les mages et les I'aisail 
chretiens. Ainsi par ces accusations ils exciterent le roi a le detester; sur son 
ordre il fnt emprisonne sept ans en Adhorbedjan, d'ou il ne cessa de dinger 
les affaires ecclesiasliques, l'aisant des miracles etonnants et correspondant 
par des lcttres avee Routes les regions au snjet de leurs interets* Les canons 
tl u Psautier furent composes en prison. 

Mar Aha, ayanl en connaissanee de ce qui elail arrive au temps de Sila 
ealholicos\ decrela que les calholieos ne seraient puinl inaries, niais qu ils 
resteraient (celibataires) com me Simeon (Sim' mm) Bar Sahha'e et ses pa re ils. 

11 fit des miracles eelalanls en prison, lin voici un 2 : On le pria i)our une 
i'emme atleinle d'une maladie d'eiitrailles, et fatiu'iiee des medicaments et des 
temedes; il lui envoy a un moreeau de son pain : « Qirdle man^e ce pain, dit- 
il a celui qui elail venn lui demander eelle gi-ace, el dans trois jours clle 
sera guerie. » * La cliose en! lieu com me il Tavail predil. + 

11 y avait en Adliorhedjan un renegnl :t , ancien eveque de Gorgan (Djor- 
(Ijdn), que Mar Aha avait depose el exemumunie pour des actions honteuses, 
dont il etait eonvaincu, a savoir radtiltere el le libertinage, et qui avail 
embrasse la religion des mages ef pris loutes leurs manieres. Celui-ci gi'oupa 
an I on r de lui une 1'oule de ses semblables pour Suppose r a Mar Aba et le 
molester; il c here ha uieme a. le fa ire perir en se servanl de ruses pour le mas- 

1. Allusion aux maux que prnvoqua la Icmme de re catholiros voir ci-dessus, n° XIX i. 
— 2. Ce miracle est tout autrement raconte dans la Vie. ]». 2\<\ — 3. Xomnie Pierre Vt> ? 
p. 2W. 



160 IHSTOIRE NESTOR1ENNE. [68] 

L*JJ -p^Jl -aX ^1 a; I jlj <Ui iUJI c Ucj ^j^ll J 
^jjj ^ ^ Lii dlUI J1 jl JJi\ J ^ U jL, ^\ JU1 
^ ^zJI ^Vl <J Ji; .dLi v%u d)L.jJI aJ J*£ 3L- j <JI -Ul 

^y* dLic U jli A> dUlL jl ^ J ^J^lj dlLJl JUS 

jl pj* .C&YI ^j-(-JI j^ ^LsJI dUU>=rlj oj! ^ r ^JI ilo ^1 dUL«j luo 

viUi ^^^-^ .*-uJbj -v^J^Jl 

C*jl«Y1 <y -CjJI y> ^J>^ a) ^ Jl y> L^t jl dlU .^jLJI ^ 



sacrer el dire ensnile qu'il s'elait enfui au pays des Grccs. iAIar Aba, averii 
de In nouvelle, prit la fuito pendant la nutt et so presenta a la Porle clu roi. 
Celui-ci, ay ant appris son arrivee, lni rnvoya nnc lettrc, dans laquelle il lui 
disait : « Ne Savons-nous pas oblige a roster dans la demeure ou nous t'avons 
exile? — Si je me snis enfui, lui repondit le Pere illnminateur, e'est ponr 
evtler une morl violente. Si j'etais mis furtivement a mort, centre qui pour- 
rait-on intenler un proces? * Qui pourrait constater le fait? Si le roi le veut, il 
pourra me tuer; et pour fa ire sa volonte, je me presenterai spontanement a 
eelut qui, sur son ordre, me mettra a mort. — Va-t'en, lui dit le roi, et reste 
cbez toi, jusqu'a ee que le Mobed des Mobeds t'inflige la peine que tu merites 
pour etre passe de noire religion a eelle des chretiens el pour regarder 
comme Dieu celui qui a ete erueifie par les Juifs. » 

Mais les mages ne cesserent d'intriguer aupres du i oi jusqu'a ce qu'il eul 
fait charger de fers le catholieos; il resta longtemps dans ces tourments. Enfln 
il (le roi) le delivra des fers 1 ; mais il fit massacrer et crucifier plusieurs eve- 
qnes et mettre a mort beaueoup de chreliens 

La eause (de eclte pcrseeuliou) fut cclle-ci : les grands Marzbans avaienl 
pille 3 un bateau, qui venait des Indes et qui etait rempli d'objets et de choses 

i. II semble qu'il y a ici une lacune. — 2. CI', la Passion de Mar Gregoire H de lazda- 
panah ^Bedjan, Hist, de Yabalaha, etc., p. .'J4S-9. 3 7 h. et 413). oil il est dil que les 
chretiens jouirent d'une paix complete depuis ravenoment de Piroz jusqu'a la dixieme 
annee de Kosrau (540/1). La ou les chretiens etaient en minorite, on detruisit les eglises 
et les couvents, on arreta les eveques et les nobles persaus qui avaient embrasse le chris- 
tianisme. Gregoire et tazdapanah furent mis a mort en 542. 11 semble que la persecution 
finit en 545, annee ou fut con clue la paix avec Justinien. — 3. Cf. The Third part of the 
cedes. Hist, of John /) is/top of Ephesus, cd. Cure ton, Oxford, 1853, p. 9(>. 



00] XXVli. — IliSTOJRE m MAR ABA LK GRAND. Hil 

0=-l* 4^L? A^Ji? £» jL^JI i>jH>-j <^ . ij-v* p-Llc- (J i^JLjJI j j^zj U iLUJI ^j^Xd\j 

<_>jl»-J c^ii^r >u?u LLi« 01 -Ll* j\ ^jUj jUiwlj p^Jl Jul 

ctUi U LJL" yli jU -O^j **^e-JI <jJ& 3 J 35 jAjcJI ^jo tiilJI oLlc 

jli ^jLJI ^ ^ L>^' (^-^ O ^ILI dUrJ^I Jli 

OULl iULJI ijCUll ^Jl^ U J Li <*j>J j^>- <*JU* *>Ja>-j O^LjL ^JLzJj W 

^Ic 0 ^>ol U> ^1 j ^JJI ^ j\ ^r^J ciljs IlUs .iU 



precicuscs d'une enonne valcur appartenant a un negociant grec. Celui-ci se 
rendit an pros de Pempereur des Grecs, dont il ohtinl une lottre an roi de Perse 
pour reclamer * ces objets. lis (les Marzbans) nicrent; mats ils furent con- 
traints de les rendre. G'est alors que, pour se venger du negociant grec, ils exci- 
terent le roi par lours intrigues contre le catholicos et contre tous les cliretiens. 

Dieu frappa Kosrau Anosirwan d\ine malndio. grave, qui mit ses jours en 
peril; il eut alors recours a Justinien (YousUinds), empereur des Grecs, ot lui 
ecrivit, le priant de lui envoyer un medecin 1m bile, eminent, pour le guerir 
d'un embonpoint excessif, qui le mettail dans l'lmpossibilite de respirer etle 
privait des douceurs de la vie. 11 lui envoya un medecin, appele Triklioma 1 . 
Avant son arrivee, la reine lui fit dire : « Si le roi t'odre Tor des mines, 
Targent de la Perse, les perles de la mer et les ricliesses du lvborftsan, n'ac- 
cepte pas : je te dedommagerai an double. Demande-lui seulemeni de ren- 
voyer les cliretiens d'Auttoclie qu 1 )! tient en captivite. Si tu fais * cela, je te 
rassasierai d'or au dela do tes desirs. » Le medecin se presenta chez le roi et 
lui fit pcrdre beaucoup de son embonpoint. Kosrau, tout joyeux et tout 
heureux de son habilete, lui <lit d'exposer ses requetes. 11 (le medecin) lui 
demanda ce que la reine cbretienne lui avait suggere. Le roi en fut fAcbe et 
fronca les sourcils ; toutetbis il repugna a rejeter la demande de celui qui 



1. Je n'ai pas pu identifier ce nom. 



K»2 ilJSTOIRE XHSTOIUEXXE. [70; 

^ Ui -uX^-j 4JI dUi J ^Vl dJUUI JL**i . JL <Uj J,j\ 
^A^lj dU I A* dU>-l <J Jly *^=~^ 

oJL>. -vi ilj . dlLJl dLU* U ^U^l dLLc-lj ^L*i«r j^. Oaalj* ^j^JJI 

b — 3 1 ^J^> Lao lj ^^>- ^ ^ ^ ^ jv' . L> dU jl ii J^J pjft 

oLtflS . da* _Jb-U1 di!i ijJLj J fcjil^C j^ j»f^r*lj *LJ1 (J^* jL^ ^o- 



Fnvait gueri et auquel il avait donnc a clioisir tuut ce tju'Il voudrait. Le 
medecin, voyant que le renvoi des eaptifs et ail dillicile, demanda qu'on leur 
donuat des villages?. Un des assistants, qui comprit qiron serait oblige de se 
rendre a son desir, deelara qu'il le ferait renoneer a ce qu'il venait d'exiger. 
Lc roi lui eonfia le soin de cette affaire et Tautorisa a la eonduire eonime il le 
jugerait a propos. 11 mil a sa disposition les tresors des perles et les tresors 
publics', afln d'en tirer tout ce qn il faudrait pour contenler le medecin. On 
appela celui-ci et on lui ofTii t des perles preeieuses, une somme considerable 
d argent et des viHements splendides : <c Ces choses, lui dit-on, te seront plus 
* J> - utiles et te couviennent luieux que ce que tu as deniaucle, » * Alorssou aine vile 
et basse fut seduile par ce qu'elle vuyait et refusa ce que la reine lui avait 
suggere. Elle prit ces cboses, quVlle prefera au salut des Ames allligees. l^a 
reine le fit appeler et lui dit : « Xe t'avais-je pas assure que je te rassasierais 
d'W et d'argent au dela de tes desirs et que je te paierais le double de ce que 
le roi t'aurait doime? Toulefbis, quoique ton ambition fait fait manquer 
a ta parole et que tu m'aies degagee ainsi de ma proinesse, je te paierai ce que 
je fai promis. » Aussitot, par son ordre, on apporfa une grande quantite d'or. 
On le fondit au point qu'il devint comme de Teau, et on en fit Loire au 
medecin, apres F avoir lie, jusqu'a ee que son ventre en fut plein; il mourut 
sur-le-cbamp. 

Un des ills de Ivosraii" se revolt a contre lui et gagna Goundisabor, 011 il se 
1. Litter. : niaisons tt argent. — 2. Noninie AnoSazad K \olv l abari, p. 467 et suiv. j. 



■71 XXVIt. — IIISTOIHK DE MAR ADA LE GUAM). 103 

dL^l _u jLt\ j;jtuji ji dimi ^-^Ji Jus .<-Y ciiu*« j& ^jui ^icj 



^ p*->jr^ ^-A: 5 ^ (V-^ J^' 6 



.pAJ^l ^ ^JlLj j-UI J<c 3 ^y^J\ ^ J\ y> *l£ <JW JlU dUUI 
^^Jl ^iP' J J* 5 ' ^Xj>- <JaI ^:<Ct jl Aj J\ 4j Jl?j Ozc* ^j^— ' 

jl J Jly jJrUJI ^s-li ^jUJI is! <<j>.j jlj^-syl JJIUI j^U jlkjJI j I 



J. in margine — 2. In margin e ^XU*. 



fortifia, lcs habitants ay ant pris son parti cuntre sun pere. « G'est lc eatholi- 
cos, rlirent les mages an roi, qui a pousse ton fils k se revolter contre toi. » 
Le roi, irrite, appela le eatholicos + et luidit : « Puisqueles habitants deGoun- 
disahor font ee qu'ils veulent rn prenant lc parti do mon fils, inoi anssi, je 
commencerai a tourmenter les chretiens; et je te punirai, toi, qui es lour chef. 

- Tu as raison, 6 roi., lui repondit le eatholicos; je suis lour chef comme tn 
le dis; mais je ne merite pas d'etre meine lenr serviteur. Comment me rends-tn 
j'esponsable des crimes de toute une communante? Voici que le roi — que 
Dion prolonge sa vie — est le chef des mages et de tons les antres homines. 
Or, lui, est-il responsable eles crimes d'un seul d'entre eux? » Le roi apaise 
lui repondit : « Je veux que tu ecrives aux habitants de Gouudisabor de 
no pas prendre le parti de ce jeune insense. » Le eatholicos leur ecrivit et 
les excominunia; ils seloignerent alors du lils du roi et ouvrirent ies portes 
de Goundisabor aux armees royalos, qui y enlrerent. Le roi et les homines 
admirerent eette obeissance et cettc crainte de rexeommunication et il s'abs- 
tiiit pour quelque temps de nuire aux cbreliens. 

Puis, pousse par le demon a les molester, le roi Anosirwan appela le 
eatholicos el lui dit : « Si tu veux que * je ne massacre point les chretiens, va 
a Suse (Al-Ahwdz), k Goundisabor et aux alentours, preleve un impot sur les 
tiens et envoie-le-moi ; sinon, je d6truirai Ieurs eglises et j'en lerai des 
temples du feu. » Le eatholicos, eraignant, s'il resistait, qn'il ne lui arrival a lui 



104 I1IST01RE XESTOR1ENNE. [72] 

^^tdl 0-^>-3J ^-^*3 Jp^" U^>=-o I j^l <JJl j 3 jji ^ jLaJI v^ol j ^ V 

V3 jt*-^ V3 jL-^ V ^Yj^wm <lr*-^ ^yjzjLa* uif'J^ j5Jc5^3 ^^3 



et aux siens ce qui etait arrive a Simeon Bar Sabba'e de la part de Sabor 1 , 
obeit au roi et amassa de fortes sommes d'argent qu'il hii oUYit. Mais ensuite 
le roi ne tint pas sa promesse et viola son paete. 11 envoya quelqif un, qui leur 
lit subir toutes sortes de tourments. Le catholicos en eprouva une angoisse 
mortelle; il se retira dans les villages d'alentour. 

XXVI1J. CONTROVERSE DU CATHOL1COS AVEC UN MAGE; LE MIRACLE Qu'lL 

OPERA CONVERT1T CE MAGE, LEQl'EL DONNA UN PYREE AU CAT1IOL1 COS 2 . 

* p. ?j Le catholicos rencontra un des principaux * et des plus illustres mages. 
Celui-ci lni dit : « Qu'est-ce qui t'a pousse a embrasser la religion cliretienne 
et a renoncer & cello de ies ancetres? — Jai vu, lui repondit le catholicos, 
les cbretiens confesser avec raison un seul Dieu Createur et Directeur de 
toutes choses; j'ai vu aussi les mages admettre deux creatures : le soleil et 
la lune, pretendre que Tunivers a deux auteurs, un bon et un inauvais, et adorer 
deux etres crees, sourds, aveugles, sans perception, intelligence ni raison. — 
Pour que je te strive, lui (lit le mage, j'ai besoin que tu ine montres un pro- 
dige eclatant qui eonfirme la verite de ta parole. — Cesse, lui repliqua le 

1. Sapor II. Voir Bedjan, Acta martyr., t. II, p. 130 et suiv., la premiere partic de cet 
ouvrage, n° XXVII. — 2. Cf. Man, p. 5. Ccttc anecdote no se trouve pas dans la Vie dc 
Mar Aba, editee par Bedjan. 



■7.\] XXVIH. — CONTROVERSE DU CATI10L1COS AVEC UN IMAGE. 165 
a] J 15 l^i ^-Cp k1\~}[L> £jk+a>' i^pl ^ n Jir j\ ^t^l Jr^r^ aJ JlS 



1. LJfr lit, — 2. I.li ^vU J .b. — 3. JrSUS 

catliolicos, d'adorer le feu et Ic soloil ; et alors Icur Createur tc donncra line 
preuvc convaineantc dc la veritc. — Comment, lui repondit le mage, rcnon- 
cerais-je u adorer le feu, mon Dieu? » Le catliolicos lui dit : « Je vais le 
fouler aux pieds et il 11 e pourra ni mc nuire, ni ni'etrc utile. » * Le mage lui * i\ m 
repondit : « Ceci ne t'est pas possible. — Allons, lui dit le catliolicos, fairc 
un grand feu dc hois a grosses bruises, et jc tc monlrerai la puissance du 
Dieu dont j'ai embrassc le culte, el la faiblesse de tes dieux. » 

Aussitdt, sur Fordre du mage, on alluina un grand leu, sur lequel on mit 
beaucoup de bois. Ccla s»' passait dans le pyree, 011 est niaintenant FEcoIc de 
Seleucic. Le feu brula et les flamnies s'cleverent jusqu'aux nues. Le catlioli- 
cos fit sur elles le signc <le la croix de Notre-Scigneur Jesus-Christ, Dieu 
cache et source de pardon, Ota ses ehaussurcs et inarch a courageusement sur 
le feu, se moc[uant de ses adorateu rs; il prit ensuite la main du mage en lui 
disant : « Marchc, toi aussi, et ne c rains rien : Nolre-Seigueur le Christ, Grea- 
teur de tout cc qui respire et dissipateur des tcnebrcs, viendra a notre 
sccours. — Je crains pour moi, lui repliqua le mage. — * Ne crains pas, lui * p. si 
rdpondit le catliolicos; quand jc levcrai le pied dans le feu, mets le ticn sur 
ma trace. » Et il ne cessa de Fencourager comme un brave general qui, a la 
rencontre dc Fennemi, exhorte ses troupes. 11 finit par le decider a marcher 
sur le feu, en mettant le pied sur la (race du sien. lis marchcrent en long 




\m 111ST0IRE NESTORIENNE. [74] 

y>z^i\ ^wXJI JUL* ^u^3 ^ L^Jf^ c*?>£ \ jIa jUI 

. *-^L<JI » >\ »j>JL Lit — ^ « cJo'* k ,Jx- ^uJl)1? dl-LJI i\^>D <uJ j 

1. iaLi!^. -- 2. Sessio j^,L<xio. 



el en large en faisaut une croix, Voyant 1c feu fuir sous lours pas, le mage 
crut, et regut le bapteme des mains du catliolicos avec tous ses parents sauf 
son frere, et lul donna la propriete du lieu ou s'etait accompli ce miracle. Le 
catliolicos y Mtli une ecole avec Targent que le mage lui donna de son 
tresor. II y fit de ses propres mains une croix en pi At re, dont les ecoliers se 
servaient avec avantage , coiume (Tunc clef, pour ouvrir la porte de leur 
esprit et y faire p^netrer Tinstruction quand Tun d'eux la trouvait difficile; 
et de fait Dieu ouvrait Tesprit de ceux qui prenaient un petit morceau de 
cette croix. Quand ertte croix fut placee, la maison fut reinplie de souris, 
tie chats et de lezards : e'etaient des demons qui logeaient dans le pyree; 
♦ r. 82 mais quand Mar Aba en cut pris possession * et quMl eut exorcise les demons, 
ceux-ci s'en eloignerent pour jamais, n'osant plus en approcher. Ainsi Dieu 
les remplaca par des gens de science, de lettres et de bienseance ' : la maison 
on les adorateurs du feu faisaienl entendre leurs eris gutturaux devini le depot 
des livres spirituels do l'Eglise; la seance du Mobed des Mobeds fut remplaeee 
par celle des Pores. Tout cela eut lieu a la suite des controverses et des ques- 
tions qui furent debattues en presence du roi entre le catliolicos et cot 
homine, Fun des nobles do sa nation. On avait pose an catliolicos trois ques- 
tions auxquelles il repondit victoriousoment. 

1. j^LU' peut-etre doit-il etre eorrige en 



;;.] XXIX. - QUESTIOX POSEE PAR MAR AHA, CATIIOLiCOS. 



167 



jJfUJI J 15 u : u J* l^ 15 ^ Vlj c~~\ 

Ji .1^ JL*r IjJl p^-Cc ^Ij^=JI Li .^^JaJI l^bLi ^jVl ^1 ji 

^ ^JL* JL93 i'joJj; Uj_^ jj>- ijJj 1 Lit U dilJl jl ^^-3 -^-^3 



XXIX. QUESTION POSEE PA H MaK Abv, CATHOLICOS 1 . 

Le catholicos, apres avoir repondu victorieusement aux trois questions, 
dil (au mage) : « Je te ferai une seulc question; si tu peuxy repondre, (vous 
serez vainqueurs), sinon, vous serez vaincus en presence du roi. — Dis, lui 
rcpoudit-on, ce que bon tc semble. — Que ditcs-vous, demanda le catholi- 
cos, d'une femine qui, apres ctre sortie (de la niaison), tenant du feu a la 
main, serait surprise + par la pluie el en memc temps par scs regies, et qui * v 
aurait peur de jeter par terre le leu que la pluie etcindrail 2 ? Que devrait- 
elle faire, a votre avis? » X'ayant pu repondre, ils lui deinanderent un delai 
de trois jours. El coinmc, apres trois jours d'efforts, ils ne surent que rc- 
pondre a la question du catholicos, ils lui altribucrenl la victoire; il pril 
done possession du temple du feu, y fit lc miracle que nous avons mentioiinc 
et y clablit une ecole. Cetle maison ctail encore debout du temps du catho- 
licos Ezechiel (Ifazipjiil), qui la restaura et la rcbatit. 

On rapporte 3 que le roi ressentit une profonde tristesse, lorsque son 
Ills se rcvolta conlre lui. « Son education, dit-il, ma coute beaucoup de 
peine; j'ai fait tons mes efforts pour le corriger, espcrant <j u'il marcherait 
dans la voic droite, qu'il reussirait et qu'il ferait mon bonheur; et il a ete un 
inauvais fils ». Et il ne voulut point se consoler, malgre tons les moyeus 

L Cf. Mari. p. 5i. Les deux anecdotes suivantes nv se (rouvent pas dans la Vie de ce 
catholicos. — 2. Lilt. : tuerait. — 3. Cf. Mari, p. 51. 



IG8 H1ST0IRE XESTORiENXE. [7G] 

s'i J^il viLUI <0 JU> aJL~« jlJo ^* Jo y> JUl jl <ilU1 \>\ Jl? jl 
Jji I jU a^UJj 1<JI j jpir <.U" *. < jL'j 1? *>- L^Jj fr L» £ ^A.*.* jas \J>y\^> Jl JL5 
IjL* Cli .-UMJ JJI Jyr L> ^.U JLs jaSJU ^JUI *UI 

JlS) p^!. ^ f^J JU^U Ji jl3 jl A* O dlUl dU^rj JojJI c^J . <^LJ 



<c« cl*^ ^JJl ^j^LJI ^pJI jjJLl) JjJL ^-Ul «-LJ) j\ p*; JU» . <jAi)l — « 

I. Ces mots : jJI ^i*;* ^.-j^ ^ (V semhlent t'tre ajoutes par finadvcr- 

lance du copiste. 



qiron employa pour dissiper son chagrin. Saint Mar Aba, qui se present it 
8'i chez lni, se servit du stratagcme ingenieux que voici : * « Roi! dit-il, je vais 
poser une question au Mobed des Moheds. — Pose-la, lui dit le roi. — 
Voici, dit-il, sur un foyer une marmite 1 pleine d'eau, sous laquelle il y a 
du hois ct du feu qui bruit* et qui fait bouillonner et bouillir Peaii. Que dit 
Eeau qui bout a la marmite? Que dit la marmite au bois? Et que dit le feu 
au vase? Nous voyons le feu bruler; nous entendons un bruit et nous aper- 
cevons rebullition de Teau et son bouillonnement. l)is-moi maintenant ee que 
dit eliacun d'eux a son eompagnon? » Le Mobed, etonne, ganla le silence; le 
roi, qui avait passe bien des jours sans parlor, rit el dit au catbolicos : 
(c Parmi ceux qui se presentent chcz nous, mil lTest plus savant que toi ni 
ne peut t'egaler en connaissance et en erudition; je veux done que tu me 
fasses connaitre toi-meme la reponse a ta question. — \ 7 olontiers, repondit-il. 
L ean qui bout dit a la marmite : N'est-ee pas par moi que Eargile dont tu 
es faite a etc petrie? sans moi tu ne serais pas marmite? Pourquoi done me 
s-» fais-tu souffrir et me tourmentes-tu ? Puis * la marmite dit au bois : J\ T, est-co 
pas Tean qui a fait poussor les arbres et leurs branches d'ou tu es tire"? 
Pourquoi done, a force de me chauffer et de me bruler injustement, me 
pousses-tu a faire du mal a Teau, qui a petri mon argile et qui, de fange que 

1. j-Vs du syriaque i*^ : marmite en terre cuito. — ^. Cette phrase pa rait alterce: 
mais le sens n'est guere douteux. 



77] XXIX. — QUESTION POSEE PAR MAR ABA. loo 

^Js~ Lil*^ d!V &\y ^Lw>JI jU- jo-l U jLJL) ^J^JI JUS .fpJ p^l ju 
U2 Sy>- tLlc J^sl Lis .'LluJI J (j-*-^ olr^ ^ J^'j l l»U ^S^' Jl 

,> ul_ ji j^K y lyi 

d[p j^jLj-u^- Ju&I j\ *ujJU <JjLx- -u->-j cXj* 0 Li^ 4JU U J y& ^J^ c 3 i J 8< 

^11 1^3 -^-^j \ ^ ^Luu^lj ^JjJLll Ull J^c-ti l^t$C=>^ Aji^JI iS"^^-^^ 

Li 3 0 UUVI jL^VI VI l^i Oj^ V f CVI JUL" Jl* ^^1 jl^ JUOj>JI 

jlS^Jl J*?"J f^r3 J^ti <3 ^* ^Uwl J I; fXb 4J"U_3 dilJI 

1. buLl. — 2. Joeuit (reposer on/. 



j etais, nVa fait marmiie? Le bois dit an feu : (Test toi seul qui as opprime 
la societe, car tu nous as portes a leser nos parents, alors que nous nous con- 
tentions <le la chaleur du solcil en hirer. Quand ta chaleur est devenue 
excessive, nous avons change de nature et rendu a nos parents le Lien 
pour le mal. Tu es done la cause manifesto de ces injustices. » 

Le roi, entendant les paroles du catholicos, comprit ce qu'il voulait dire, 
a savoir qu'il est tres diifieile aux parents d'etre a convert de la mechan- 
cete de leurs enfants. cc Tu dois supporter ton fils, ajouta le catholicos, car 
on n'arrache pas les ongles a quelqu'un sans lui causer une violente douleur 
et de cruelles tortures, et Ton ne pourrait tirer la graisse des rognons a un 
animal sans lui donner la mort. » Le roi reconnut * la verite de ses paroles, * p. s< 
accepta ses consolations et Pen felicita; il lui enjoignit d'ordonner aux Goun- 
disaboriens de se detacher du parti de son fds : ce qui fut fait, ainsi qu'il a 
etc dit plus haut. 

Puis le catholicos fut frequemment accable de pcines a cause despretres, 
des diacres et de ceux qui s'oecupaient des sciences ecclesiastiques 1 . La 
colique le fit soufTrir quelques jours; puis il rcposa. — Que Dieu sanctifie son 
ame! — G'etait un des jours de Pirozdedjan , pendant lesquels, d'apres les 
mages, il ne mourait que des liommes bons et vertueux 2 . Le roi, iuformc de 
la nouvelle de sa mort, ordonna aux siens de Thonorer a ses fuuerailles. Ses 



1. Mari semble dire que la cause de tanl de peines e'etait la persecution du clerge. — 
2. Gf. Mari. p. 52. 



87 



170 I11ST01RK NESTOR1ENNE. [7«J 

y •-. c ^ £JLL!pJI J <TA* c^i^j d)ll& yt> * lyj O?^ S^>JI J| 

^ jJl <uJlj ^jiiiJj «*J ^oA7 ,J <^jlLL» jlll vL> j oJI JaJi- ,jL^ 

dlLJI pJLo viUJI p^JI ^ r '<*Uj <y£Jl ei^sJl 

1. Dominicus U->;*>. — 2. Ilomilia ^^;ol. — .">. Impositio manuum u^..ro. — 4. hi 
margine : fit. — 5. Totondit — 0. Ordinavil ^o. 



obseques furent magnifiques et solennelles, et les ceremonies longues. II 
mourut dans la nuit <lu deuxieme vendredi de Careme 1 . Qvore le porta a 
Mira 2 , ou il l'iiihuma, et il batit sur son tombeau tin monastere, qni exisle 
.87 encore. II fnt catliolicos pendant seize ans. Isfl'barnoun, r eatholicos 3 , dans 
nu discours qn'il composa sur ce Pere, dit qu'il avait ete orclonne a HiraV, 
et qifil avait recommande dans son testament qu'on Vy portat pour y etre 
rnseveli. II mourut en la vingt-unieme annee du roi Ano>ir\van, qui repond 
a la 863° annee 5 d'Alexandre. 

On rapporte que Mar Aba avait atnene de chez les barbares un homme de 
haule et forte laille, vetu de haillons. 11 se montra tres gracieux a son egard* 
le fit raser et laver, le revetit d'un habit de laine grussiere et Tordonna 15 pour 
les barbares 7 . Puis, apres lui avoir indique comment il devait saluer le roi et 
lui oll'rir ses voeux, il Tintroduisit cliez lui. En Tapercevant, le roi admira la 
sagesse du catliolicos, son discerneinenl el sa bonte; ear il r avait deja vu s 
auparavant et avait compris qui il etail. 

J. CF. la Vie, p. 270; 'Ami', p. 41; Mart an contraire place sa mort an troisieme ven- 
dredi. — 2. Cost pour cette raisoii pcut-etrc que 'Amr. p. 41, tc fait mourir a I lira. — 
.'5. Qni dirigea TEglise nestorienne de 824 a 828. — 4. Noire anteur et Mari ne disenl j>as 
oil Mar Aba a ele consacre. 'Amr et sa Vie le font ordonner a Selencie. Sa Vie, p. 224 , 
nous fait savoir que lors de son election il n'trtail pas a Seleucie : « l.orsqu'il Jul elu. 
dit-elle, les eveques cnvoyerent une Mo I til la de barques pour le chercber ». D 'apres 
Iso'barnoun, Mar Aba etait done alors a IJira. — 5. En 552. Cf. Klie de Nisibe (ins.). 
— G. Protre ou evequc. l/auteur fait-il allusion au pretre que le chef des llaTtal envoy a 
a Mar Aba pour Je con sac re r evequc'/ voir la Vic, p. 2GG-0;. — 7. Les Arabes en tendon I 
par +^ lout liomnie ctranger a lour race. — 8. C'esKa-dire le barbare. 



701 



XXX. — 



MENTION DES DISCIPLES DE MAR ABA. 



171 



JLij-^ .^^^ JfJ^y ■ <^v?^. *r^~ .jUYI 



1. Sehola \i<^ai. — 2. 



\ X A — Mention dk ses disciples'. 

Narsai, eveqiie dWnbar; Jacques (Ya'qottb), metropolitain de Beitli Gannai 
{Ihtiljarmi); Paul 2 (Foulous), metropolitain de Xisibe (Nasibin); Ezeehiel 1 
(Ilazqydl), qui devint ensuite patriarelie; * Qyore "', qui fonda une ecole a Hira; * 
Raiuiso\ Finterprete 5 , qui devint eveqiie d'Anbar 6 ; MoTse (Mousd) ^ eveque de 
Karkha de Suse 7 ; Barsabba*, eveque.de Saherzor" ; David, metropolitain de 
Menv in ; Thomas Tedessenien 1 1 ; SonbhalmAran, eveque de Casear 12 ; Sarguis. 
fils de Sahiq le docteur de Hira' 3 ; Jacques (Ya'qoub), le penitent. Tous eeux-Ia 
s'instruisirent a son ecole. Bar-Sahde on a parle dans son Livre d'histoire. 

1. Cf. 'Amr, p. 40. Ebedjesus, apud Assem., />. 0-, III, i, p. Si;, leur allribue des hym- 
nes et un commcnlaire de Daniel. — 2. Voir ci-dcssous. p. 187. 102-4. — 3. Voir ei- 
dessous, n° XXX VI. — 4. Ebedjesus, apud Assem.. U. O., Ill, i, p. J 70, lui allribue des 
traites sur les fetes, des interpretations et des homelies. Six do ses traites snr le Ca- 
iv me, le Jeudi saint, la Passion, la Resurrection, FAseension et la Pentecote se trouvent 
conserves dans un ms. de notre bibliotheque de Seerl (voir noire Catalogue, n° 82 . 
Qyore, dans la preface du Traile sur le .leudi saint, declare avoir compose ses traites 
dans TEeole de Xisibe. II an rail ensuite suivi Mar Aba a Solcucie, on plutot a lHra, ou 
il an rail ele etabli interprele. Le litre de ses traites monlre bien qu'il etail originaire 
d'Edesse lso yalib Bar Malkoun lui allribue un Livre de grammaire voir 

notre Et. suppl. sur les ccriv. sy., n° X . — 0. Hainiso* aura it sueeede a Xarsai. — 
7. Ebedjesus, apud Assem., B. O., Ill, i, p. 270, lui allribue un livre, donl Elie de Damns 
dit qu'il etait sur les bonnes oeuvres. — 8. Barsabta (Syn. Orient., p. 3.681. Get eveque 
a assiste en 576 au synode d'Ezeehiel. — 0. Reslituer Saherqart (voir Syn. Orient., loc. 
cit. et 'Amr). — 10. 11 aurait cte ensuite depose par Mar Aba lui-meme; il a assiste en- 
suite en 554 au synode de Joseph 'voir Syn. Orient., p. 300, n° 4). — 11. Cf. la preface 
des Traites de ce meme Thomas sur Xoel et l'Epiphanie. — 12. A assiste au synode de 
Joseph. Voir Syn. Orient., loc. cit. — 13. De Mazza, d'apres 'Amr. 



172 HISTOIRE NESTOR1ENNE. [80 1 

V M ^iui cuo 1 JUL i y ^« Sjj^ 0 UI ^« Iaa jl^ ^Vl 1a* ^11 J 

1% 8u (J ^-5 <-^J^ Jr°'l/* jP p^L*^ ^ (J-*3 ^3 Ui.il* IaoCU Ul& l» ^ — Li j l^j 
J. LJ , — 2. \>&Jr. — 3. ex Ta£tV • — • 4. Monaslerium iv^ooi 



XXXI. UlSTOlllE d'ArHAII.VM DE XeTIIP.VH ' ET DE JOB, SON DISCIPLE ~. 

Ce saint, contemporain cle ce Pere 3 , et originaire d'un village appele 
Beith Nethpra en Adiabene {IJazza), etait parent de ees martyrs, qui, sons 
Sapor (Sdbour), avaient recu en Adiabene la palme du martyre, des mains de 
son frere Ardasir ''. Vieillard veuere, philosophc habile, moine devot et mor- 
* i*. s*j tifie, * il parvint avec Mar Abraham 1 h faire connaitre dans Ie pays de Perse 
les regies et les institutions de la vie monastique. lis firent changer le cos- 
tume des moines, pour les faire distinguer des moines heretiques. Car du 
temps de Mar Eugene (Aoudjtn) et de ses disciples, les moines s'habillaient 
comme ceux de TEgypte (Mist')* Ces deux saints etant venus, donnerent une 
forme nonvelle anx monasteres et aux cellules, qui, avant eux, etaient comme 
ceux cle Mar 'Abda° et de ses semblables. Ce saint (Abraham) habita un 
certain temps dans une grotte de la montagne d'Adiabene (Huzza); il se rendit 
ensuite h Jerusalem (Bait al-Mauqaddas), et en Egypte, on il rencontra les 
saints, qui habitaient le desert. De relour dans sa grotte, il y demeura trente 
ans, se nourrissant de pain et dMierbes de la montagne, exempt de toute 

1. Cf. le Livve de la chastete, ed. Bedjan, n° 43. M*' 1 ' Rahmani, Studio, Syriaca, p. 36- 
38. Mari. p. 52, semble l'identifier a tort avec Abraham de Cascar, fondateur du grand 
convent. — 2. La biographic de ces deux moines a ete redigee par Sabriso* Rostam. 
Voir Thomas de Marga, lib. 11, c. xvn. — 3. C'est-a-dire Mar Aba. — 4. Cf. Bedjan, Act. 
mart, et sanct., II, p. 28G-289, 307-317; IV, p. 128-J4L; Hist, de Msiha-Zkha, ed. Min- 
gana, Mossoul, 1907, p. 131. — 5. Abraham le Grand. Voir ci-dessus, n° XV11I. — G. Sur 
ce personnage, voir la premiere partie de cet ouvrage, n° LX. 



,81] XXXI. — II1ST01RH D'ABRAIIAM DE NETTIPAK. 173 

UJ3 -^^i* 3 (3 O 5 -^ ^j^' 3 Ji^-r3 *J^" u^J^ (J-^~ 3 ^L«3 <CjO! 

i^j i^iyj^y^ f^l v^^H^ <3 cf*^ i'jli^ ,Jrt/^ <j-« 

1. ? — 2. Magister noster — 3. (sic) 



indisposition e( de toute maladie. Une vision, qu'il cut, 1c poussa a se rendre 
dans les montagnes d'Adiabene, pour en evangelisor les habitants qui sacri- 
fiaient aux idoles. 11 les invita au eulte du vrai Dieu et a renoneer k Fermir. 
lis furent sourds a son appel et le tourmenterent; ils Vadmireront toutefois, 
le voyant rester ehez eux plusieurs jours sans prendre de la nourriture. * Puis * 
il leur dit : « Voici mon baton que je niels sur vos sacrifices. Si le feu vient k 
descendre et a les consumer, sans qu'il pnisse eependant briiler le baton, 
promettrez-vous d'ajouter foi k mes paroles ot de repondrc a inon appel? » Ils 
1c lui promirent; la cliose eut liou comnie il 1'avait elite ; ils ecouterent sa 
parole ot se II rent baptiser. II leur but it des eglises et des convents, el ecrivit 
pour eux des livros sur la vie ascetique 1 . II mourut sur une montagne du 
pays d'Adiabenc; son eereueil fut derobe pendant la nuit et enterre dans une 
eglise de son village. 

Quand Job 2 (Ayyoitb), son disciple, arriva, il transforma sa grotte on un 
convent, connu jusqu'a nos jours sous lo uom de couvent do Rabban Job. 
Celui-ci etait originairc de Daisam 3 (-*/r), siege nietropolitain de Perse; son 
pore, qui, sous Anosirwan, fils do Oawad, faisait lo commerce des paries, 
avail des richosses, des esclaves el un liopital dans sou pays. Job, etant toinbc 

1. CI', ie Li we de la c/utsL. fa-e. cit.; Ehodjesus, ajmd AsstMii.. ]i. (K, 111, i, p. 1 9 J ; 
JHstoire de Thomas de Marga, lib. II, c. xv. Asscmani, />. O., 1. p. W\. donnelus litres do 
Uuil Iraitc's conserves au Vatican; Bedjan a i»dile un de ses i rail 6s a la lin du t. ilu 
Paradisus Patritm, p. 1001-1010. Un autre de ses Iraites est conserve dans nn ms. a 
Seert. A. Seller, CaiaL des mss. syr. etc., n° 2°. — 2. Cf. le Liwc de la chast., n° 44; 
Mari, r>2. G'est a tort que \\. Duval ecril Jean [Litt. syr., p. 232 . — 3. Ri ward sir, dans le 
fJvre de la Chast. et dans Mari. 

path . on. t, vi r. - - r. 2. Vt 



174 IIISTOIRE NESTORIEXNE. [82j 

j ^> aJ ^lilj j j CJ 1^3 ^ tlr'"^ ^j-^j-vdl C^J^ fc-U^iis p-^^l 

^^L^j p-jfcK-j 1 jL« ^j^jlj* oL^-jj ^ j j^, — « <*^?j^o ^Icj £x« jUj ^jJLota 

1. Totondit — 2. Hie lacuna videtur esse. — 3. Vita ascetica |-^o». — 4. Oratio 

J^OpiO J^L- 3 J^W 5 . 5. 



un jour maladc, fit vo^u que s'il obtenait sa guerison, il renoneerait au monde, 
dont il venait dc mediter les vanites. Sa guerison, due k Dieu, fut la cause 
de son salul, de mOme que * la cecite de Paul avait ete la cause de sa foi. 11 
renonya a toul ee qu'il avait et se rendil aupres d'Abrahani de Nethpar, qui 
lui donua la tonsure, a lui el a ses deux disciples Isaie (Isa'ya) et Elisee (Iliia'). 
11 se retira eusuiie dans la cellule, pour y vivre seul. lis 1 lui enseignerent la 
vie (monastique) des saints. 

Ayant enlendu parler du convent de Mar Abraham-, il s'y rendil pour 
demandcr la benediction des sainls qui s'y trouvaient, «M pour en connaitre 
les regies et les institulions; apres y etre reste quelque temps avec Rabban 
Dadiso' (*l Mar Baba! 3 , il revinl tout joyenx a son ancicune demeure, on il 
traduisit du syriaque en persan les regies de Mar Abraham'' (^t les discours 
de Mar Abraham de Nethpar. Sa renonimee se repandit ; beaucoup de moines 
se dirigerent vers lui, et, apres la mor( de ses deux compagnons Isaie et 
Elisee, habiterent aux environs de sa grotte. 11 Iransl'orma la grotte de son 
maitre en convent, on il introduisit les reglements qu'il avait refus de Mar 
Babai. II ])redil rheure de sa mort. En un seul jour, il gueril trente et un 
malades, qui etaienl venus solliciter sa jiriere : cc Dieu, dil-il aux assistants, 

1. 11 semble qu'il y a ici inie lacnne. — 2. Fondateur du couvent d'lzla. Voir ci- 
dessus, n° Will. — 3. Qui dirigerent le convent d'lzla de 588 a 627. Voir ]>. 135, n. 1 
et cf. le n° LXXXIU. — 4. Ces regies ont ete publiees par J.-B. Chabot, Reguhe monas. 
ab Abrahamo... conditiv 9 Roma, 1808. 



83J XXXI. — 111ST0IRE DE JOB, DISCIPLE D'ABRAHAM DE XETIIPAR. 175 

j£\ 3 J^VI £ 4 ^<jlJI ^ ^ f ^J1 IJob Ji a^VI fJi J US .aJI 

s-r ^5 ft UjVI ^^-» jfUl j^a».j cMJ ^1 p^Ac p-'jj ^pri/O (n** 

. Jl J-Jl iU-lj 

1. llebdomas ^oa*. — 2. -v*>. — 3. I**-. — 4. Ministerium, oflicium liturgicum 
)N»vni. — 5, — G. Cellula j-jo* <k^p» 



no rejelte pas la demande do Job, le faible; r le Seigneur Christ accordant * p. 92 
aujourdlmi la gu6rison a Ions les malades, » U fil crier daus tuns les villages 
d'Adiabene : « Que eeux qui desirenl v<ii r Job vieimeut a lui le mere red i 
do la dernicre seinaiuo de Mar Elic 1 : car il a uu secret a lour eonfier, » 
Le dimanclie qui preceda le jour lixe , apres avoir recite PoIIice aver les 
freres et mango* avee eux, il le* benil en faisant sur eux le signe de la croi.v 
et se rotira dans sa cellule. Le inereredi, les gens, attires par sa promesse, 
se presenlerenl chez lui on loule; apres nnr altenle de trois homes, a la 
porlo de sa collide, voyaut i[ii< k person ue nc venail leur parlor, ils inonlereui 
dans sa collide, el le trouverenl inort, envtdnppe el prosterue devant la 
ei'oix. lis prierenl sur lui el I'eiisevelireul dons le temple devaul I'autel. 
Nous demandons a Dim da voir pi lie de nous par les prieres de ee saint 
venerable, ile nous pardouner uos peelies, de nous delivrer el d'exaucer * \\ hj 
uos prieres. 

1. Denomination enipruntee an calendrier liturgique. Apres la Pentecute vienneat les 
sept semaines ties Aputres. puis les sept seinaines d'Ete, suivies des sept semaines de 
Alar Elie. 



170 



IllSTOIRE XESTOR1EXXE. 



[84] 



J^JLwJI 

*M^>_» a^JU ^r^=- Lis isjLk^L ^-^^ ^JL^ji jlj^r^^ *S^s~^ J^-b .^~U 

L iL — 2. <C*L\ — 3. : -V*. 



XXXI 1. — Hjstojhk de Joseph catitolicos, qui fut depose 

ET nl i EST LE YTNGT-1IUIT1 EME SELON L'ORDRE \ 

Get bonime passa la plus grande partie de sa vie dans bcmpire gree, 
nu il appril la medecine. De retour a Xisibe, il s'installa qnolque temps 
dans an inouastere e! s'allaclia a un roi Arameen (Xabaleen), qui remplissail 
alurs en ce lien la charge do Marzbau. Gelui-ci hunora Joseph (Yousouf) a 
cause do sou cos I time el le pre sen la in erne a Kosrau (Kisrd) Anosirwan, qui 
venail ilc torn be r malade. Ivosran fil ehorcher Joseph, qui le soigna avec 
succes, Ses apparenees Iroinpereiil b\s gens. A pros la morl du calholicos 
Mar Aba, les chreliens ayant demande Fautorisation d'elire nn cat liolicos, 
Joseph i*i 1 1 nomme par Anosirwan ei ordonue palriarclie 2 . En la deuxieme 
amiee de sa nomination :t , les Peres, reunis en eoneile \ elablirent vingl-deux 
<n canons 5 , concernant ('administration eeclesiaslique. * Pendant trois ans il 
gonverna avec beau coup de sages se; ma is cliangeanl bienlot de conduile. 
il se mil a roc e voir des presenls r \ a fa ire pen de eas des evcques, a inepriser 

I . C\. Mari, }>. 53-'i ; 'Amr, 4i-3; liarhebneus. Chvon. EecL, II, col. 90 el 08. — 2. En 
552. Voir Syn. Orient., p. 353; et Kliede Xisibe, apud Barhebr.. Citron. Eccles.. 11. col. 
90, n. 1. iMToace est la lecou de 'Amr. p. 41, on il dil qtiapres la mort de Mar Aba 
le siege fut vacant pendanl cinq ans. — 3. En 554. Cf. Si/n. Orient., p. 35 f i. — 4. Kes 
iictes de ce synodc ont cle publics par J.-H. Cliabol, dans le Syn< Orient., p. 352-367. 
— 5. Mari donne te memo noinbre; 'Amr donne le nombre de dou/e. Quant an synodc 
lui-meme, il contieul viuyi-trois canons. — 0. C/esl-a-dire a commellrc la simonie. 



[85, XXXII. — mSTOMlli DE JOSK1ML CATIK JLICOS. 

-•L^l J is/X U^cJs ^ w*j 1 UJI JJj ^ f > 

T 3^JiLlj jl^j 4A>-V < *-^*3 ^ s3ii wi^j p——- <j -^^fcU" <d 

c# A.a UV3 v^I-j-j ^ -UaJLcts dlLJI jaIJI ^LU- ^_jCJ1 jL j^Jl 

ji ji ^^ji j <jlC j^y ^k^i >L j* uuj ^llju jlsm 




les prelres el a se permeltre dnulres ehoses eontraires aux lois de PEgUse 
el do In chretiente. 

R nsii il t.» Ivosrau Anosirwan desapprouva el < let * *s In .1 osepb. pour avoir 
visit c quolques personnel, qiril avail jo Lees on prison paree f j 1 Tt* lies avaieul 
revel e nn do ses see rets. Joseph en I reeou rs a lladnnpharoud j, le grand 
marzban, pour lequel le roi avail nne graiide eslinie. Layant gague a sa 
cause par ses presents el par sa qualile dp inedecin, il le pria do Taidcr a 
ehasser de lours sieges les eveques el les metropcdiUiiiis. II (1<* Marzba n) 
le lit. 

Joseph so jela alors sur les jiretres, qifil lia avee des rein's, pour les 
conduire a des etables const ru it es par lui el reinplirs de paille, par ses soins. 
La, il leur dil : « Mangez de ee fourrage, vous (jui et( k s des betes privees de 
discornemeut et de raison. » II se mil a lmir raser la tele, a les soullleter 
(que Dion le maudisse!) * et a rive aux eelals, coinnie nn Ton, 1111 ignornnl, ¥ t *. v 
tin insense, nn miserable ! 11 so saisil do Simeon 1 (Slm'oun), uvoquc dWnbar, 

elait cnnuu pour *u pirh'' el sa ptircl< ; , ( k t le laissa linigttunps en prison. 
Apres 11110 longue captivile, il divssa dans sou caehol nn auhd pour y eelebrer 
fa messe et oommunier les jours de fetes et les diinanclies. L T n jour le eruel 
Joseph penelra ehez lui; les moines venaieul doflrir le sain I Sacrifice, et 
Teveque allait eommuniej'. Joseplj enleve de Tantel les oblats, se jett<^ sur 

1. Cet evetjue avait assiste quehjues amices auparavaal an synoile de ce nienie cnlhe- 
licos; il esl plusieurs fois mention 11 e dans les lottres synodales de Mar Aba. Voir Syn. 
Orient, p. : v >24, 330, 331, 551. 



178 HIST01RE NESTORIENNK. [86] 

. <...w?L^ L-lo VI ^Jl*r aJJI JLJj <u^£j <JJ1 ^ U»i ^jVI 

J^J\ j l^j JL?J^- <0 Jl£ *)L-; <ClC« Jj?3 JjC S^Jsi oljJl v_JLL-l 

^^ik- l^s-ls >C-U>- L-iJ 1 j-*^ ^ 77^5>c-lwU <u*j 3 ^>J1 ^Jl iAiJli O *rO*5 

1. In margine aJJl jJjJ. — 2. 2*13 ( . — 3. ^ j^'. — 4. — 5. ~;*>. 



reveqii'*, fnulv les oblations sons ses picds sales et impurs, et renverse le 
calice par terre, — que la colere et le eonrroux de Dieu soient sur Ini! nons 
prions Dien do nous delivrer de ses crimes. — Cr»t eveque, victime de Tinjustiee 
de ret homme maudii, appele catholicos, mais qui de fait ne Tetait pas, dut 
boire des coupes pleines de vin de coloquinte, jusqu'a ee qu'il mourut dans 
p, 06 sa prison, r j t alia se rcposer, b\ on il sera recompense de sa patience * et venge 
de son oppresseur. 

Joseph attaqna ensuite Feveqnc de Zabr (Az-Zdh) '\ qu'il chassa de son 
siege et qu'il rempla§a par nn certain Ezechiel 2 (Jlazqynl). Gelui-ci, grace a 
sa distinction, a son savoir-faire, a sa profession de medeein et a sa connais- 
sance de la languc persane, cut ses entrees chez le roi et gagna son amitie. 
Kosrau Fexprdia avec des plongeurs pour pecher des perles dans la mer 3 . 
II lui pecha une perle rare, merveilleuse, d 1 un tres grand prix. II monta 
encore dans lVstime du roi, et par son ordre s'attacha a son service. 

Alar Malekh \ cveque de la ville de Darabgerd, vint prier Ezechiel de 
lui obtenir un decret royal qui suspendrait la persecution dans son diocese. 
Ezechiel, selon sa coutume, lui obtint le decret royal qxi'il desirait. Mais 

t. C^r fut tres probablement Miharnarsai, qui, en 540, accompagna Mar Aba, catho- 
licos, dans sa visite pastorale (voir Syn. Orient., p. 320-331), et qui vers 543 fut em- 
prisonne sur Ford re du gouverneur de lieith Arm Aye (voir Bedjan, Hist, de Mar Yaba- 
laha etc. Passion de Gregoire, p. 378). — 2. Devenu ensuite patriarclie. Voir ci-dessous. 
n° XXXVI. — 3. Lire ^j=s^\ « Bahrein » au lieu de ^1 « la mer ». Cf. ci-dessous. 
p. 192. — 4. J.-B. Ghabot ecrit Malka, Syn. Orient., \k 352, n. i. 



[87] XXXII. - IfiSTOIRE DE JOSEPH. CATIIOLICOS. 179 

j I JU>3 ^-stJt fc Ujj ^Lj>cJI <Ji~<y_ ^ Ja,U? xidl J ^"-^ 

iiljjUl <UJ1 <CL$CJ ^J? <C^lL> l^jJi>-^ A^LV ijj»ki \bi 

.aJIU) iS3^* f*rr~ ijr* d^VI 

&JJ <J| j^lyjlj ft L;Vl ULJ1 Jf^M IJUb ^ ^Li)l ii-Aijj? 



i. ,Uj1 Ub\ — 2. 9 . - 3. »*Jk 



lc catholicos Joseph en fut irrite ; il sc presenta ehez les rhefs des mages et 
lour dit : « Si je suis le chef des ehr^ticns, c'est a moi do m'ooeuper de 
toutes leurs affaires et de les regler, Pourquoi done avez-vous laisse ret 
evequc obtenir * un decret royal pour proteger les Chretiens et leur donuer * P. ft" 
la liberie de pratiquer leur religion? » 11 enleva le decret a Mar Malekh 
Les habitants de Perse 2 , des qu'ils apprirent ce quil venail de faire, una- 
nimes a reconnaitre sa conduite criminelle, rayercnt son nom ties diptyques 
et s'affranehirent de son obeissanee. One J)icu le plaec an pins profond de 
Penfcr, sejour de ses semblablcs! 

I^es crimes de cet homine vil augmenlant Ions les juiirs, les Peres et les 
fideles se rennirent et lui envoyercni trois niessagers pour lui dire en face 
leurs sentiments et le forcer a leur faire connaitiv ses dcsseins, a plaider sa 
cause et a renoneer a sa conduite pour reprendre sa charge. Mais il les ac- 
cueillit d'une maniere meprisante, avec des vociferations, et ne fit d'cux 
aucun eas. Us lui expedierent trois a 11 Ires message rs, qu il traita avec la 
derniere arrogance, lis lui en depecbcrent encore trois antr.es, (ju il traita 
avec le mepris dont il etait coutumicr. 

La cause de ceitc reunion et de cette correspondance avec Joseph, * etait " W os 
le temoignage que celui-ci avait rendu contre un chretien; a l'entendre, ce 
chrclien avait vole dans lc tresor royal un olqet tres preuieux, djiii haul 

1. La phrase est obscure, mais le sens n'est point douteux. — 2. La Perse p rop re- 
men L elite. 



ISO H1STOIIIE XESTORIENXE. ^88 

w^Jb u^y 1 dLUi juji ^4 w!i ^Lu On* diui ti^. ^ 

JUS .^5^)1 ^ ^ 

^^>o i&FL-Vlj i jlk-JI ^y> ^-£3 Q-^T^ jLL^ ^jJji *Cl^5 V3I ls\£i 

villi jv* Aj^wlJI 3 1 jt^l fc-k J-* JJL 

O ^3 pf ^jTj LiCc J~^~\ dLUl j I JI53 aJ Jt^l >tlc ( ^ r alH 

1. ^XUJ. — 2. — o. ^ ~ j -V - . — 4. ? U.^. — r>. Ordinavit >^ J-A 



prix. On avail defer*} l'airaire an roi, qui V avail jugee lnille et qui avait declare 
Faccusd innocent dc la ealomnie donl on le chargeait. Ainsi Joseph lut 
convaincu par 1111 incredule de faux temoignage contrc uu croyant. Le roi 
avait done ordonne a quelques chretiens de le eiter devant eux pour le punir 
dc sa mauvaise aclion. Joseph, le pretendu catholicos, avhit eu beau protester 
contiv cette citation, on ne r avait pas eeoule, et les Peres s'etaient reunis 
pour rorrespondre aver lui, comme nous venous de le dire. Paul, metropo- 
litain de Xisibe, et dVuitres inetropolitains, et des eveques absents, lui ecri- 
virenl egalement pour executer Fordre (du roi). D'un cominun accord et d'une 
niauiere absolue, ils rexcommunierent, le dcpouillerent de sa dignite et le 
deposerent de tons les autres degrt's du sacerdoce. lis anathematiserent tous 
* i\ w ceux qui desonnais reeevraieut de ses mains Toblation ( et le bapteme, * ren- 
dirent nulle toule excommunication qui serait lancee par lui, el excommu- 
uiereut Teveque Isaac (/.v/w/), qui etait de son parti. Joseph ne tint pas 
comple de eette excommunication, el il ordonuait des prctres et des diacres. 
Alors ils porterenl. plainte an roi contrc lui. 

Moisc" (Mouafi), de Xisibe, so servit d<* ringenieux apologue que voici : 
« Uu roi, dit-il, accueillil prcs de lui uu pauvre et lui aceorda son amitic. 
Ensuite il lui donna uu de ses elephants. Le pauvre "couduisit Telephant 
ehez lui; mais la portc dc sa maison etail trop etroite, pour que relephant 
put y passer: an reslo il ne pourrait jamais le nourrir. Tres embarrasse, il refle- 



1. C'est-a-dire le Saint Sacrement de Tautel. — 2. Narsai, dans Mari, p. 53. 



80] XXXil. - HISTOIRE DE JOSEPH. CATHOLIC ICS, LSI 

a^J Jj**-Ki Ji \ ^JL? b j 1 ^ Co ^Jl ^^*3 fc-^ls <Cii <j* yti 

^Jl .5 Li b^J J Vj&* r^?=x* jyJwJ! dJUi ^Li 4.**L> L ^Ju J jl^ Yj Jui)i 

clUl U!U jlj Juill ^ -J Ucl^ jl dllJI ^U*J JL 3 ^ 0 Ullj viiUl 
<*«I>j <uU— u V 4^3 V jl dUSj ^1^5 4 J ' L>.j jl^ ajV c« 

j i? ^ u itJi jt — * ^-^ji duJi Lis . o^C.w v ll,M 

j.« <d> ^ii .dlLA! jj^U j^ ; 3 C« ctllJl pjcJL* .\S UU c^li^ L 

?J !l j^ JpLs J cDj>3 ill^JI dj ^vix; - j^ jUi4j ■^' 5> =^~> ^ *i)l 

^Ls- -C* ^l>- Jl \X& ^r-^ r Ub^^f^ iS^r^ C^-L jc~^-5 ^ 



chil el retourua ehcz le roi avee sou elephant, prianl, les cotirtisans de le repreu- 
rl re et do demander an roi de casser sa donation, parce qu'H avail trouve ' en 
cet elephant cles choses qui Favaient frustre dans son attente : sa maison 
ne pouvait le contenir, sa porte ne pouvait lui donuer acees et lui-meme 
ne pourrait jamais le uourrir. Le roi y conseutii et reprit Eelephant. » x\ 
ees paroles de MoTsede Nisibe, le roi sourit et coniprit le sens de l'apolaguc. 

MoTsc couthuia : « Nous sommes pauvres. Voiei notre elephant que le roi % t*. loo 
nous a donne : Nous nous vovons frustres dans les esperances que nous 
avious foudecs sur lui et sur sa suprematie. Que le roi daigne nous le rc- 
prendre; nous lui en serous rccounaissants. » 

En consequence lc roi fit deposer Joseph et Fempeclia de gouvernerI.es 
chretiens; il lui ota aussi la possibilite d'exereer son pouvoir sur ceux qui 
li'aimaienl pas sa suporiorite. Ainsi Dieu le punit, comme il le uieritait. 
An mois de Sebnl de la trcnte-sixieuie annee 2 du rei^ne de Kosrau Anosir- 
wan, on s occupa de clioisir un nouveau ratliolieos. On avail supportc cet 
humnie pendanl douze ans\ c'est-A*dire depuis son elevation, jusqu'au jour 
ou Dieu cu delivra (les homines) en cxtirpaut sa racine par (le glaive de) 
ranatheine. Apres son exconiinunieation, on fomba d'aeeord pour choisir 
Ezcchiel, eveque de Zftbe (As-Xombi). Les partisans de Joseph, qui n'avaient 

I. Le ms. porte U^,. sans doule une faute au lieu de ^d,. — 2. Fevrier 567, AnoJirwan 
ayant commence a regner le 12 juillet 531. — '>. Ou plutot quinze ans. Joseph tint le siege 
patriarcal cn 552 -h 15 — 567. — Voir la note p recede nte. — 4. Voir ci-dessus. p. 178. 



i 



182 111ST0IRE NESTOR1ENNE. [00] 

i*JL~juJ A..,»a-& ctUi JLi ,Y« ^cLj* £T*^ ^> U jjl ^iiLJ JLij^- jLi^l ^U- 

^yJ^j iLix. jLJ" U)U > J* <c^. Sjtc SL-lXJI Zj j^si .a\*s* ^iL) 

dJJi fi^^ Jl^l? ■^-•j^JI *JI ^ pr^'b j ^ =^LL^ \ i^lkil 



l. 



point de religion, furent recalcitrants. Les fideles se querellerent. A cette 
♦p. mi nouvelle, Kosrau defendit d'elirc * an catholicos, jusqifa ce que tous les 
chretiens sc fussent mis d'accord pour dcposer Joscpli. Mari cveque de 
Cascar, dirigea les alVaires pendant trois ans, jusqna ce que Dieu cut 
extirpe par la mort la racine de Joseph, qui s'cn alia a son Seigneur pour 
rctrouver ses oeuvres. Son ehatimcnt dura quinzc ans; il v cn a qui disent 
qu'il dura dix-huit ans*. Joseph fut cnseveli a Anbar. 

Pendant cette pcriodc nefaste, alors que le roi Justinien (Yovstdnoits) 
regnait sur les Grecs, Kosrau Anosinvan cnvahit Antioche \ la pilla et en 
transporta les habitants captifs a Selcucic (Al-Maddui); il batit pour eux 
une nouvelle villc scmblable a Antioche (Antdkiya), Tappela Aniia Kosrau et 
les y etablit : e'est eclle qu'on appellr Rome '' (Ar-Pwumiya). Cela causa une 
horrible peine a Tcmpereur des Grecs. 

En la dixieme annee de son rogue*, les hommcs furent frappes de la 

1. II aurait suceede a Soubhalniaran. Voir ei-dessus. p. 171, n. 8. Marl assista ensuite 
en 576 au sy node du catholicos Ezeehiel. Voir Syn. Orient., p. 368. — 2. Cette derniere 
donnee semhle etre exarte. 11 aurait ete elu en 552, excommunit: en 507 et mort en 569/70. 

— 3. Vers 540. Voir Chron. Edess., apud Assem.. Z>. ().> 1, p. 416; Dield. Jttstinien, ]>.21o. 

— 4. Cf. Cureton, The Third part of the eccl. hist. John, etc., p. 386; Mari, p. 53; 
Amr, p. 42; Barhebr., Chron. Eccl. y I], col. 86 et 88; Land, A need. Syr^ 1, p. 15; Ta- 

bari, p. 165, n. 4. — 5. Serai t-ce la dixieme annee de Justinien ou bien de Kosrau? Le 
rontexte semble designer le premier (536); mais la dixieme annee d'Anosirwan ^540/ 1) 
s'accorde mieux avee la date (544) que donnent Jean d'Epliese et Evagrius (Land, Anecd. 
Syr., II, p. 304 et suiv. : Evag., lib. IV, e. x\ix ; eeux-ei font durer la peste environ 
tpiatre ans; d'autres la font durer einquante ans et disent qu'elle commen^a en 535. Voir 
Proeop., lib. II, De bello persico, e. xxn; Ag-athias, lib. IV. 



[ill] XXXH. — MOKTALtTE SOUS JOSEPH. 183 

^ Jai* ' *ji ^ j jl jLjVI J ojJ! ^'^3 ti^lj a^Ij ^j^jJI *p.ioa 

<L>j p-r-^ ^Ul ^ U*o ^Ji 3 1^1*1 ^ j-uJI j 3X^3 

J Ls L*^ ^ ^ ^>^« p^-Jx- cu*j*3 o 3^<J 1 ^L>- \ ^p^, *j 

'I**"*-*' {j* p!) J— M p-^- <£■«; -y^ 

iil jLJYI jli ^ *UY1 J jU f r »L£VI JjS >lj J^LJL 



i. _o;b- 5 



peste dans tout son empire et dans toutes les cnntrecs de la Perse, des hides 
et de PEthiopie. Les symptomes de la mort chez rhomme, c'etaienl trois 
* laches noires de sang, dans la chair, sur la paunie de la main; il ouvrait la m\ 102 
houche pendant quMl niarchait et tombait mort. Dautres s'ulceraient an point 
que la peau se detachait de la ehair. Les villes et les villages deviurent 
deserts; les vivres et les biens nieubles restaient abandonnes, personne 
n'osait les prendre; les gens, par erainle de la mort, s'enfuyaient de pays 
en pays; ceux qui echappaient a la peste etaieiit frappes d'une autre cruelle 
maladie, qui les faisait soupirer apres la morL. Le mal etail terrible et la 
punition universelle, ainsi que le dit le prophete David : // enro;/a centre 
eux fan ye it it nut l } on or it Irs sen tiers ma ura is el ne pre.se rra jias leur rune de 
la mort '. 

La mort frappa d'abord les pauvres et les indigents, et les riches duveut 
les ensevelir. Bientot elle se jeta aussi sur les riches. Lorsque quelqu un 
sortait (de sa niaison), il ecrivait " le nom de sa famille et celui de sa niaison 
sur un morceau de papier qu'il attachait a son cou, a fin que, sil veuait a 
mourir, il put, k Faide de ce papier, etre reeonnu des siens, s v il lui en restait, 
et etre transports en son domicile. Souvent des cadavres restaient des jours 
entiers * sans sepulture sur les routes et leur puanteur rendait les chemins *r. to3 
impraticables aux hommes. Ce lleau se repaudit dans toutes les regions. 



i. Cf. Ps. lxxvui, 49 et 50, selon la version Psitta. — 2. Cf. l^and, Anecd. St/r. } It, 
p. 321. 



184 lilSTOIRE NESTORIENNE. [92] 

A_^|» ,3 |«-*^s5 Oi-Jl ^J*=>~ ^-Ln^ l^-*** 5 c5T^ 4jCw ^ ^ 

<C_>aJ1 ^ic (Jf-j £ 'ULl? ^3 j*r** V 

^ Jf-^ j*i>=51 J^"b • t J^"\, ^\ j^b V ^ ^ *-v* 

^J^_*_J ^A^l AiiU .fcA~c l^l ^*33 y J^ 3 -* l^c- Cjlc jl^ a^aJI Jjtl 

iJLi jli .^5U*a)Ij J^Li)l ^aJ! ^.Jl <0Li LJU- -^j* ^Jr* ^ 

^jL^ jli ^ ^Ji\ 3 L-Ui .dlli I^J cJl <~ 5 US -3>J 
i. M 



Voici uue anecdote relative a eette peste 1 . Les habitants de Beith Arinayc 
(Sabl) furonl tous enleves par la mort; il ne rcsta (pie sept personnes et un 
jcune garcon. Resolus a prendre la fuile par craiule do la mort, ceux-ci 
rnssemblerenl lenrs biens dans uue meine maison : sepl d'entre eux y mou- 
m rent; il ne rcsta epie le jenne garcon, qni s'enfuit tout droit devant lui, 
mais qui bit ranieue a la portc de eette maison on se trouvaient les eifets, 
par une forme lmmaine qui lui apparut a la porte dc la ville. Cette forme 
humaine ne le laissa plus sortir. Un des notables de la ville, qui en etait 
absent, appril cette nouvelle. II vint et s'arreta devanl la porte de la ville 
avec ses esclaves. De la il envoya Tun d'eux, pour prendre des nouvelles de 
sa maison. L'eselave trouva le garcon assis; il lui demanda on se trouvait 
la maison qui contenait les effets et les vivres. Lo garcon la lui montra. 
L'eselave prit de ees objets autant qu'il en put porter et se fit accompagner 
mo', du g'areou pour le faire sortir de la ville; mais il ne put ; * ear Thornine qui 
avait (auparavanl) empeche le gareon dc sortir, leur apparut. Ayant pense 
que e'etait a cause des objets qifil venait de prendre, (pie eet homme les 
empeehait de sortir, pour les remettre a leur place, Tesclave retourna avec 
le garcon a la maison; tons deux y trouvcrent la mnrt. Ceux qui etaient hors 
de la ville et qui attendaient le retour dc Tesclave, lureut sauves. 

La prste lit d'immenses ravages. Les fossoveurs etaient enterres avec les 
morts pour lesquels ils creusaient des tosses. 

1. Jean d'Asie rapporte cette anecdote telle quelle, mais il dil qu'elle eut tieu dans 
une ville d'Egypte. Voir Land, loc. aV., p. 307-308. 



[93i XXXII. - MORTALITY SOLS JOSEPH. 185 

tr »o V fSSS\ J&\ ^\ \? " rjtoj \J*& Jae^ jL<i JjJ\ ^ji >LU~ VU ell *p. 

<lU j\ Jlij . wl-^jj ^ ^V- Jl=J ^r*^ 

^L-^_^ £*^YI (V* ^ ij^>- ij 5 ^ diS* *_^Lr jvft^p-b^l 

aJLU- ^Ur 4JJI ^jLr jl ^1 Gl^3 jjf ^J^ ^jljJI l-L* ^ 

>$ta J jJLi jjl d!>ljJ b-A- (^jJI dlUJ 0 L»3 aJJI Jl? ^ dUi jj 

1. ^^o. — 2. Pestilentia — 3. Pestis \jv<^o. — 4. wo^l 



Co fut alors que mourut Jean (Yohcutnd), parent de Mar Xarsai' 1 . 

A cetto epoque egalement Kosrau ful frappe de la maladie appelee Sar'outa, 
a savoir la peste; il perdail son sang. 

Cettc maladie sevit avec tant dc violence a Alexandrie (Iskandariya), 
qifelle derangea le eerveau des habitants et les fit ressembler aux ivrognes 2 . 
Justinien (YoupJiasfdnous), roi des Grecs, designa un homme* pour la sepulture 
des morts et lui remit uno somrao considerable d'argent; colui-ci jetait * une *f. 
quant ite innombrable de morts dans les Fosses qiwl faisait iTeuser. Les 
grands malheurs dont le monde fut aceablo defient toute mesure et toute 
description. On raconte que trois personncs, que le courtisau de l'empereur 
avait louees pour onterrer les morts, gagnerent quatre cent cinquante denicrs 
en portant les morts et en les ensevelissant, et qu'elles moururent aussitot 
qu'ellos se rcnnirent pour en faire le partagc 

On rapporte que la peste sevit avec cette violence pendant trois ans et 
demi :i . Enfin Dieu le Tres-Haut eut pit it* de scs creatures el les delivra. Ge 
Dieu puissant et grand avait dit a Tango qui, du temps do David, avail rtendu 
la main sur Jerusalem pour la detruire : Tu as mulliplic hi rtu'nr; relive done 
la ntain { \ Les homines s'arracliercnt a leurs peches et ;'i lours crimes. 

Bar Sahde, auteur d'tine histoiro, dit quo Joseph, appele catholioo^, 

1. Cf. Barhadbsaljha, Cause de la fondation des e coles, p. 34. — 2. Cf. Land, lor. cil., 
p. 320. - 3. Nomme Theodore, Land. loc. cit., p. 310. — f t. Cf. Land, lac. cit. } p. 32:3: 
Mari, p. A3, rapporte eclte anecdote a Kosrau. — 5. Voir ei-dessus. p. )S2,n. .">. — (I. (]f. 
tl Sam., xxiv. 1G. 



186 UISTOlftE XESTORIENXE. [94] 

' v> ^ .' :.»-L^ ^oUI cJI (Jj . j j.*..** Yj jjA^l* (j^U^ <Jr^~ ^_5?~ 

P. 107 ^X>jla*~ ii-li 3 *IYI £^=>lJ <L^lLil w^-Lj ^jlg^'l ^1 fc-ii'lj ^JjL" jJ** ""^U^ 



p. i<ig s'appliqua a ensovelir les morts jetes dans les rues et sur les routes * et qu'on 
no lui connait pas d'autre merite*. 

Une faim devorante succeda a la peste dans lVmpire de Justinien, en 
sorte qifon mangeait sans pouvoir so rassasier 2 . 

En la vingt-sixieme 3 aim 60 do son regno, la peste sevit si cruellement 
sur les bceufs, qu'on fni oblige de labourer avec les Anes, les chameaux et 
les autres betes de sonime Si graudes furent les ealamites, que les homines 
s'enfuvaient d'nne ville dans une autre. 

Un des dvenements de cette epoque mallieurcuse tut reeronlement de la 
ville appelee Tripolis (Tri fault's), sise aux bords de la mer; elle devint le torn- 
beau de ses habitants :; . Des gens prirent la fuite; mais la terre s'6tant affais- 
see sous lours pieds, ils lurent engloutis par les eaux\ 

Ouand Justinien (Youphaskhioits) eut fini ses guerres, il 6erivit nn livre sur 
la croyance a la dualite des natures, confessant une union composee et incli- 
nant a la doctrine de Julien 0 (Youlydtta), professeur de Severe; il envoya son 
\ 107 livre a Anastase (Auaslous), * eveque 7 d'Antioche, lui ordonnant de couvoqner 
les eveques et de les forcer a le signer. Anastase rejeta le livre. Justinien 
eomposa ensuite un autre livre, dans lequel il disait qu'unc des personnes (de 
la Trinite) a sou fieri avee le corps et que Dieu le Tres-Ilaut est limits et pas- 

1. Cf. Mari, p. 54. — '2. Cf. Barhebr.. Citron. Syn., p. 8t ; Mari, p. 54. — 3. Hn 542/3. 

— 4. Cf. Barhel^r. et Mari. loc. cit. — 5. Selon Jeaa d'Asie (Land, A need. Syr., tl, 
p. 320 , ce tremblement, qui renversa bien des villes sur le bord de la mer, eut lieu 
en 550. Cf. Barhebr., loc. cit. — 6. Cf. t. V, Condi., p. 832; Evagr., lib. IV, c. xxxix. 

— 7. Litter. : maitre. Voir les ouMivres de Justinien, P. G. y t. LXXXVi, 945-1152. 



[95] XXXIF. — CONFERENCE DES CATHOL1QUES AY EC LES NESTOH1ENS. 187 

b • L^"t/*^ 1 Ui^^ . XL afl-J ^ jU . J^-^ J^i=-° {J'^y * ^ 

JLIi ,i>t-i>tJI iUVI *jij^3 ijX» ^3 ill A pJLo SJ^LJl c**533 j*v*-*f- 



1. Doctor UbJ^ 



sible 1 . II envoya ee livre par un de ses generaux pour contraindre les Peres 
a y mettre leurs signatures. 

On rapporte que Justinien, apres la conclusion de la paix avec Kosrau, 
denianda a celui-ci 2 de hi i expedicr quelques savants persans. tvosrau lui 
envoya Paul, metropolitain de Nisibe; Mari, eveque de Balad ; Bar Sauina, 
eveque de Qardou 3 (Qardi); IsaT, interpretc a Seleucie (Al-Mnddin) ; IstYyahb 
d'Arzoun (Al -Anoint i), qui dcvint eatholicos d'Orient 5 , et BabaT, eveque de 
Sigar (Sittdjdr). II (Justinien) les honora tous. La controverse, qui fut eerite, 
dura trois jours", lis (les Orieutaux) firent connaitre la t'oi orthodoxe. « Je 

l. CI". Novelles de Justinien. —2. Cf. Mari, ]). 54. — 3. A assiste en 554 au synode 
de Joseph. Voir St/n. Orient., p. 30G; cf. ci-dessus, p. 147. — 4. Voir ci-dessus. 
p. 158 et n. 1. — 5. Voir ci-dessous, n n XLH. lso'yahb a cette epoque etait encore 
dans PEcole de Nisibe. Voir Barbadbsabba, Cause de la fondation des ecoles, p. 75-0. 
— (>. Cette conference dut avoir lieu en 533, an nee on il y eut a Constantinople sur 
Tordre de Justinien une conference des catholiques avec les Orientaux Severiens. Voir 
t. IV, ConciL, p. 17G3. Or, a cette meme epoque, il y avait dans la capitale de l'empire 
byzantin quelques docjeurs nestoriens, enlre autres, Mar Aba, Thomas d'Edesse et 
Paul le Perse. Voir Labourl, Le Christian, dans V empire Perse, p. 1 GG-7 . Bien plus, 
Bar Sauma de Suse, dans sa lettre a lso'yahb II. parle lui aussi du voyage de Paul de 
Nisibe a Constantinople sous Justinien. Voir ci-dessous, n° XC111. Aboulbarakat lui- 
meme declare que Paul de Basra, metrop. de Nisibe, fut mande par le roi Justinien, 
contre lequel il eut une dispute au sujet de la foi (apud Assem., D. 0., Ill, 1, p. (532), 
Ebedjesus de Nisibe (apud Idem., p. 88) lui attribue egalement un traite de controverse 
contre Cesar, c'est-a-dire contre Tempereur de Constantinople. Tout nous porte done a 
donner une valeur historique a ce recit de notre auteur anonyine. 

11 reste une difliculte a resoudre. L'llistoire de Msilia-Zkha, ed. de Mingana, p. 150. 
dit de ce Paul, qui a ete docteur dans TEcole de Nisibe, qu'il fut envoye par Abraham de 
Beith Rabban, pour fonder une ecole a Arbele, et qu'apres y avoir enseigne plus de trente 
ans, il lutordonne eveque de Nisibe vers 551 par .Mar Aba, patriarche. apres le retour de 
celui-ci du Huzistan. Nous croyons tout simplement que Paul de Nisibe se serait rendu a 



188 HISTOIRE NESTORIENNE. [96] 

t. ^^jU^-L^j ^wftjLLw^, — 2. ^j^'^. — 3. ^JUeJj. — 4. Dominus meus ^;*>. 



veux. dit-il (Justinien) a BabaT, que In me dises quels sont lcs passages des 
- los Livres * inspires et des Commentaires que les Peres out allegues. » Celui-ci 
eita beaueoup de passages, que Tame de Tempereur inelina a reccvoir. lis lui 
llrent eomprendre que ni la nature* ne pourrait exisler sans Thypostase, ni 
riiypostase sans la nature, et que, par consequent, les deux natures ne pour- 
raient etre une seule hypostase. II les ecouta et les renvoya combles d'hon- 
neur. Justinien ebangea d'avis dans la suite en anatbematisant Diodore (Dyou- 
dourous) et ses compagnons 2 ; il mourut 3 apres un regne de trente-neuf ans. 
Certains disent qn'Abrabam et Jean (Yohcumd), disciples de NarsaT \ faisaient 
partie du groupequi fut envoye a Tempereur desGrees et que eelui-ei approuva 
les explications de tous deux, loua leur parole " Pt Ips eombla de presents en 
meme temps que Paul. 

Constantinople avanl d'etre eleve a l'episeopat, en quaiiie de docteur. lsu'yahb lui- 
memo, le futur catholicos, quoique acette epoque il ne fut point encore promu a Tepis- 
copat d'Arzoun, est appele ici de son nom futur. D'ailleurs .lunilius 1 Africain. dans la pre- 
face de son ouvrage : Instituta regit la ria dhnnw Legis y semble parlor dc Paul de Nisi be, 
co mine d'un simple docteur et non com me d'un eve que... « Ad hrcc y dit-il a Primasius, 
ego respondi vidisse me qtiemdam Paul am nomine , Persam genere ? qui Stjroram sehola 
in Nisibi urbe est edortus... » (Migne, P. L. y t. LXY11T, col. 11). 

1. Litter. : substance. — 2. Allusion au second concile de Constantinople assemble 
par Justinien en 55*> pour condamner les Trois-Chapitres. — 3. En 566. — 4. Voir ci-des- 
sus. n° IX, p. 115-116. — 5. Cf. Mari. p. 



"97 1 XXXIII. — UIST01UE DE JUSTIN, HOI DES GRECS, 189 



- LL--^ (V*?" tl^A^ c ^ f ' J-^J 'jjL- oU^I ^ 



\\\ 

1. In margine : graphic : f 1 1. 

£11 



XXXlll. — IIistoire de Justin 1 ( Youstina), noi des Ghecs 2 . 

Celui-ci elait parent de Jnslinien (Youstunos); il regna en 877 * d'Alexaii- l0 ,, 
tire 3 (Al-Iskandar). II confessait la croyance a la dualile des natures; il exila 
les partisans de Severe (Schrarrd) ct renvoya a leurs sieges les Peres, que 
Justinicn avait convoqnes pour les forcer a souserire an Hvrc qu r il avail com- 
pose sur la foi. Mais il changea ensuitc d'opinion, anathematisa Diodore et 
ses partisans \ et, entraine vers la doctrine de Justinicn, son predeccsseur, 
ecrivit un livre dans lequel, quoiqu'il defendit la doctrine des Peres de Chal- 
cedoine (Qalkddouniya). il enscigna toutefois que le corps d<* Notre-Sei- 
gneur elait incorruptible \ Son esprit fnt derange en la ncuvieme fi annec de 
son regno: et, a cause de sa maladie, il ne put sortir pour repousser Kosrau, 
qui avait envahi son empire et qui dctruisit beaucoup de villes grecques. 
La frencste le conduisit a aboycr quclquefois commo un chien ct a mordrc 
ceux qui Tapprochaient. On fit pour lui, a l instar d'une caisse ayant des 
portes, unc maison en bois de platane convert d\>r, dans laqucllc on Tenfer- 
ntail chaquo Ibis qu'il avait un acccs de I'renesie, (et on lui I'aisait passer le 

1. Justin II. — 2. Cf. Evagr., lib. V, c. 1 ct sq. ; Barliebr., Chron. Syr., p. 82; Cureton, 
The Third part of the eccl. Hist. Joh/i, etc., p. 140-161. —3. En 500. — 4. Allusion peut- 
£tre a Texll d'Anastase d'Antioehe, qui ^tait contre les Monophysites? \ r oir Evagr., loc. 
cit. — 5. lei, nnlre auteur semble identifier Justin II avee Justinien. — G. En 574. 

PATH. OR. — T. \ II. — F. 2, 13 



100 JitSTOIRE NESTOR1ENNE. [08] 

j £T^^ CT^^ -^^"^ 

i u 

1 . D o c t o r tis il* ( , ,UL* e x u^^o . 



HMiu temps) * en lui racontant des contes. Les aJl'aires de Tempire allant en deca- 
dence a cause de l'aygravation de sa maladie, il associa au trone un cer- 
tain liomine, nomine Tibere, sur la tete duquel lui-meme mit la couronne en 
la dixieme annee de son regue 1 ; il mourul apres un regue de treize ans. 



XXXIV. HlSTOlRE Dl" lWTIUAUCllE Eut^i ciins J . 



Ouand le pal ri arc-he Eutyeliius (Eithjkhos) donna sa demission 3 , il fut 
remplace par Jean 1 (Yuluuutri). Celui-ci, qui etait orthodoxe, eonvoqua les 
Peres et anatheinalisa les Jacobites (Ya'qoubiyit); il mourut apres avoir di- 
rige TEglise quatorze ans. Alors on se reunit auprcs d'Eulychius, dont on 
connaissait les bons services qu'il avait rendus a Justinieu (Yottsidnos) 
pendant qu'il etait malade, pour le prier de retourner a son siege. 11 y 
retourna b . De son temps les alia ires ecclesiastiques marchereut bien ; il 
mourut apres cinq ans \ La premiere el la derniere fois il occupa le siege 
mmii pendant douze ans. 11 y avait a cette epoque plusieurs savants * que, pour 
ifetre pas long, j'ai neglige de ineutionner, et qui out ecrit des commeii- 
taires et des eontrovcrses contre Severe (Sthcurxi); LKglise a fait les re- 
cucils de lours ouvra^es. 

J. Aw mois de deeembre .174. — 2. CL Vita Etihjchii apud Bolland. : Migne, P. 
I. LXXXY, c<d. 2273-2390. — 3. Eutychius, ayant resiste a Justinien, et refuse de sous- 
crire a I'edil i\ne celui-ci avait public pour la defense des incorruptibles, fut exile en 
564. — 4. Le Scbolastique. — 5. Le 3 octobre 577. — 0. Le 5 avril 582. 



[09] XXXV. — 111STOIRE DE BABOUKABK. HU 



1 j£>y I* *La? 

jl^5 jp^l Ju~>- J A^^JI jLi lil £j ^Jl jl -0 j-Ij vilJi ^V 8 £-^1 y> U 

. U LJJ ^^>-j 4 *v^j Ii> j^U>- <JJ1 jV dJti Jb-j l-L* JUj 

i. V -^-jL; vd y^jLj vel j-O^U velj^5l>L> vel j-i^jb vcl j^uA?. — 2. Vet us Test amen- 
tum ^icv^c^v icv^co.. — 3. Spoliavil. spoliatus est «^k*f — -4. Apostolus x*. — 



XXXV. IllSTOIKK HE BabOUKABB 1 ? 



Celui-ci traduisit TAncicn Testament de Phebreu en syriaque. II cbangeu 
eusuite de conduite cn s'attachant a la doctrine d'Ebion 2 , qui pretendait 
que ITnimanite du Christ etait depouillee de sa divinite et qu'il etait de la 
race d'nn certain charlatan, appele Paul Tapotre. 

A cette epoque, les Peres so remrirent an sujet de Tcrrcur dc ecux qui 
euseignaienl que Tame de rhomme est mortelle com me son corps ct que 
par consequent cllc ressuscitera aussi avec lui \ Origene avail deja discute 
centre cux *; mais en les rel'utant 5 , il avait invente une doctrine pire en 
enseignant la transmigration d'une ftme d'un corps dans un autre 0 . 

Get Origene (Orghanis) etait interprete a Alexandric (Askandariya). * S 1 e- 
tant inutile, il fut chasse par Demetrius (Drimatrios), eveque d'Alexandrie, et 
empechu d'interpreter. a Get liomme, dil-il, est meurtrier. Gar Dieu a cree 
ce membrc et Pa rendu respectable pour etre la cause de la generation. » 

t. Vocalisation conjecturale. On pourrait encore vocaliser : Baboukir, on Baboxikiz on 
Babuukatr ou Baboukatz, etc. Nous n'avons irouve chez les autres annalistes aueun rcn- 
seignement sur cette pcrsonne. — 2. Sur cette personue voir Ie Livre des Sc ho lies de 
Theodore Bar Koni, Xl e livrc ins. . — 3. Ces lieretiques etaient nommes llypnopsy- 
ehistes. — 'i. Phrase obscure, mais le sens n'est guere doutcux. — 5. Cf. Eusebe. \ I, 
xxxvii. — o. CI". Ye tilt de Juxtinien con t re Origene, torn. V, Concll. y p. CM . 



1H2 lliSTOIUE NESTORIENNE. [100] 

* p. us »Jsd ^tU^l cij ^Ij jJl >^g^lj U jU -L«ir JLijpJ ijjli^l bL^ 



Ce saint ne depassa pas Ies limites; mais il obeit a Pordre 1 que Simon 
Pierre (Sim'oint as-Sapha) donna a son disciple Clement (Qldmis) dans Ies 
regies qu'il etablit. 

XXXVI. IllSTOIHE d'EzECIMEL, LE YI>"GT->"EL'YIEME des CATHOLICOS ~. 

Ce Pere etait eveque de Zabe (Az-Zoiuibi) et disciple de Mar Aba catholi- 
cos. Apres la mort de Joseph (Yousouplt), prive de la dignite du catholicos, 
on se i eu nit pour choisir quelqu'un pour le remplacer sur le siege patriarcal. 

L'election tomba sur Isai 3 le docteur; mais Paul, metropolitain de Xi- 
sibe \ et d'autres Peres s'y opposerent, ne voulant point se detourner d'Eze- 
u i . lis chiel (Hazqydl), disciple * de Mar Aba et eveque de Zabe, qu'ils avaient choisi, 
lorsqu'ils etaient reiinis pour deposer Joseplt de sa dignite sacerdolale, el 
que " le roi Kosrau Anosirwan, qui Tavait jadis envove a Bahrein et a Ia- 
mfima. d'ou il lui aYait apporte des perles, aimait et estimait. L'archialre 
.Marozi 6 , surnoiume Naurozi, fit savoir au roi le choix qu'on venait de faire 
et le pria de Fautoriser. Sur son autorisatiou, les Peres se reunirent et Tor- 
donnerent patriarche k Seleucie 7 (Al-Maddin). Habile dans les affaires pro- 

1. Voir 2° Synode des Apotres. dans Nomocanon d'Ebedjesus, canons XX ct XXI. 

— 2. Cf. Mari, p. 54-55; e Amr, p. 43-44; Barhebr., Chron. EccL, II, col. 98. —3. Mari, 
loc. cit., ecrit Mari. — 4. Voir ci-dessus, p. 180 ct 187, n. 6. — 5. Voir ci-dessus, p. 178. 

— G. Originairc do Menv? u°v*>- — 7. En 50!), 70. Voir ci-dessus, p. 182. n. 2. 'Amr 
place a tort son election en 868 des Grecs (557^. 



[101] XXXY1. — 1IIST01UE D'EZEClliEL, LE 29* DES CATUOUCOS. 193 
jSU J jiVI <JL« jL^VI j jib U •L&Y1 ^ j ^ j* 

p^Lc tc-jxJI ^-vi jv^isl jl ^i* ^> j^Ul 4 «L*iJ^ jLJill 

^j^it jYIj * — «t=31 cJI j *-*f-3 • ^ A^L--V1 a* ^P^^caJIj jU-jL^VI S5ta>*t\ii* 
^Jl i£ j*J$ T jr^"3 • 4 *-*~JI at UjJLs jj^ILTj ajl- JUx-j c lYl ctll* 

<Ji>j iiJ <>~Mi (J^L u^r* cr^y >^ . ^ Jrr*c^ 

J«i 4 (r JI J\ jlJLJI -u-si J^l UL^o jtf o>i Jl 5}Ulj jUjJL jirUJI 

1. jj Ij^Jlsj. — 2. xarapasi; — 3. Impositio manuum In^a, — 4. p^jjLa |^o^>. 



fanes, verse dans les sciences, il cuiiduisit tres bien les affaires et contenta 
tout le monde, meme cenx qui etaient contre lui lors de la deposition de 
Joseph; indulgent envers les pretres et les diacres ordonnes par Joseph, il 
se contenta de les faire tenir devant Tautel pour reciter sur eux les pricres 
propitiatoires sans reiterer leur ordination. 

En la quarante-cinquieme annee 1 * du roi Kosrau {Kisra), il convoqua les 
Peres 2 et etablit trente-six canons 1 , relatifs a la discipline ecclesiastique. II *ivm 
fit u n voyage a la Montague a la suite de Kosrau; puis il eut une conduite 
blamable k l'egard des Peres, envers lesquels il se mantra grossier. 

11 aceompagna le roi Kosrau jusqu'a Nisibe, quand celui-ci attaqua la 
ville dc Dara, pour s v cn emparer et exterminer les Grecs qui s'y trou- 
vaient. Paul \ metropolitain dc Nisibe, accueillit le catholicos tres honora- 
blement et tres pompeusement et le conduisit en cereinonie k sa cellule, 
d'ou ils entrerent a Feglise. ]A le metropolitain monta sur Tambon et pro- 
non^a un tres beau discours, dans leqiiel, entre autres choses, il dit ceci : 
« Chretiens! le Christ vient de vous visiter aujourd'hui; purifiez vos corps; 
otez vos habits uses et augmentez les nouveaux. » Les assistants, ayant 
compris (|ue par ces paroles il voulait flatter le catholicos, le prirenf pour un 

1. En 576, au mois de fevrier. Cf. Syn. Orient., p. 308. — 2. Ce synode a cte public 
par J.-B, Chabot. Voir Syn. Orient., p. 368-389. — 3. 'Amr, p. 43, est d'accord avco notre 
auteur sur ce n ombre ; mais Mari, p. 54, Concorde avec le syuode, oil les canons sont au 
nombre de 30. — 4. Mari, loc. cit,, t;cril ^>Jh « Bakos ». Ce serail une corruption de 
« Paul », 



104 I11STOIRE NESTOR] ENNE. [J 02] 

^2s£5>tj1j <J jj j jjmLJI <£*»dwls . p^Liljj ^3^33 ^J^*^ ^ J-^l? 

aJjJ vjDi • O-LJ j <LiLJj «cj ^yia^ \f> 1 jli clLJI 

I'-v — . ^£-*o j^o ^ ^JSJIj SM^aJ'j f j^Jl f j>^i ^jJ*i »w?^3 • j^JLi^ 

jlf? U-U .villi ^ ^ V3 1 jta <5 w ^ Caj jl <0L~> ^ jlfj Jl 

( Ji>- i^Jic- S-VjXi Jl^p-1 Lfc^l <J Jr* -^3 \$ ^ (J 

* j>- \>zJ^5 {j* ^jA^'j 4^-3 j aJJI 0 ^A3 jl ^L^JI ^jJy cblJI ^ki Lj^I? 



1. bl*^. 



ignorant, le regarderent conime indigne d'esthne et de consideration; ils se 
1*. 115 mircnt meme a le deprecier. * Le catholieos affirm a avec serment que, si Ie 
roi parvenait a assieger Dara et a la prendre, il deposerait Paul et lo priverait 
de sa cl ignite metropolitans. Je crois que le catholieos en voulut au me- 
tropolitain, paree que celui-ei avait <Iit : « Augmentez vos nouveaux (ha- 
bits). » Mais il ne reussit pas. Car Paul, ayant appris la nouvelle, se mit a 
s'adonner & la priere et an jeune, se prostcrnani uuit et jour devaut Notre- 
Seigneur le Christ, le suppliant de le faire mourir et de h&ter sa fin avant la 
prise de Dara, pour qu'il ne fut point frappe d'anatheme. Or, au moment 
meme on Kosran s'empara de la ville, dont le siege 'Iui avait eoute tant de 
grandes et de penibles fatigues, Tange vint emporter Tame de Paul, me- 
tropolitan! \ — que Dieu la sanetifie; — ainsi il eehappa a Thorrible ana- 
theme que le catholieos aurait fulmine eontre lni s'il etait reste en vie. 

A eette epoque IsO'vahb etait interprete a Nisibe ~; il fut remplaee par 
Abraham, fils du forgeron \ auquel succeda Ic eelebre lluana '*, qui avait 

I. Kosra'u 1 reprit les hostilites contre les Komains et s'empara de Dara en 573. Voir 
Cureton, The Third part of the eecles. history of John bishop of Ephcsus, p. 353. La 
mort de Paul aurait done eu lieu cette meme annee. — 2. Cf. Barhadbsabba, Cause de la 
fondation des ecoles, p. 75-70. Uu'yahb d'Arzoun {Arzoundya) dirigea ll^cole de Nisibe 
de 509 a 571. Voir Idem, p. 72, n. 2. — 3. Fils des forgerons uvi* ^ dans Kbedjesus do 
Nisibe, apud Assem., B. 0. } 111, 1, p. 223. Barhadbsabba, loc. cit.. Iui donne le surnom 
de y^x^jj « Nisibien ». — 4. Cf. Barhadbsabba, p. 76. 



[103] XXXVll. ~ IIISTOIRE DE IIOKM1ZDAD. 105 

Xy\ ^Ul^j jlasl jl 5jl±e ^ J^l jjl Jlij^ V VI * UV'^si 

^•Jl Sjl^ aJUU J Jjj *L, J I <o-<J jl I Jl?j JlLVl J-^UVI 



m 



margins f V . 



trois cents disciples 1 , dont quelques-uns furent tres puissants 2 , et dont on 
a parle dans leurs biographies. 

* Ce p6re Ezechiel {Hazqydl), en punition de sYHre moqne beaucoup de ceux MMir, 
qui avaient le moindre vice dans les yeux, comme le blanc et le gonflement u , 
d'avoir appele aveugles les Peres vertueux et braves, Cut frappe par le Christ 
de eeeite, dont il lui fit goiiter Lamei'tinne pendant deux ans. 11 mourut en la 
troisieme annee du roi Ilormizdad, fils d'Anosinvan 4 . II tint le siege pendant 
ouze ans, suivant les uns; vingt ans, suivant les autres 5 . 11 fut transports et 
enseveli k Hira, d'apres les uns; k Seleucie {Al-Mada'ui), d'apres les autres. 

A cette epoque les affaires allerent bien. 



XXXVll. — IIisTOiitE m kk<;ne de IIormizd\i». 

Kosrau Anosirwan mourut apres mi regne de quarante-sept ans 6 . Ilor- 
mizdad, qui succeda dans fempire persan 7 , se niontra trrs favorable aux Chre- 
tiens. Les mages, ne pouvant supporter cela, s'en plaignirent. * Le roi, pour m\ii7 

1. 8 00 dans Man', p. 54 ; 500, selon un livre & Epitome des canons synodaux, conserve 
clans notre biblio tliequr dc Seert (A. Sclier, Catal. des mss. etc.. n° 07). — 2. Parmi 
lesquels Barhadiabba \Vrbaya, Iso'yahb II. Catbolieos, et Iso'yahb d'Adiabene. Voir 
ci-dessous, n° LXX1II. — 3. Ici la phrase est alteree; voici la legon de Mari : ^ 3 
y ^r,^-> jr*?. J^j^ « Ezechiel se moquait de celui qui avail le moindre del'aut 

dans les yenx ». — 4.. En 581, Hormizd ayant regne au mois de fevricr 579. 'Amr place 
a tort sa mort en 888 des Grecs (577 1. — 5. Dix ans, selon Mari, he. cit.; vingt ans, 
selon 'Amr, p. 44; onzc ans. d'apres notre auteur : eette dornierc donnee semble etre 
exacte. — G. Quarantc-huit ans. Tabari. p. 252. Cf. ci-dessons, p. 197. — 7. En 579. 



190 IIISTOIRE NESTOR1ENNE. [10V 

MMl7^s-li * .^L>-V ^J?l^3 ^y>^i\ ^Js^ dUi liXii .^jL^il ^t^j (jjJJ^* j l^j ^J^S* 

L*>LJI jjij i^UL^YI u Ul pjli pjfcjJly. ( j — >l ^ pi 3 jL^j! 

j ^ jU^o j^^iJI SU^wJ! *tYI ^3 ^Vl <0 aI*? 4^ 

.aJGI aI^s ^y^-j c^-l ^ J y.^^^, ^ J 



leur faire comprendre que Pempire ne pourrait s'appuyer sur les mages seuls, 
leur cita ce proverbe 1 : « De meme qu'un trone, qui a quatre pieds, ne peut 
se tenir sur ses deux pieds de devant, s'il ne s'appuie egalement sur les 
deux de derriere, ainsi la religion des mages ne pourra se tenir, s'il nY a 
pas une autre religion, qui lui soit opposee. Prenez garde, prenez garde 
de contrarier les ordonnanees que j'ai faites pour la protection des Chre- 
tiens, pour la conservation de leurs lois et pour la pratique de leurs usa- 
ges; car ils sont fideles et obeissants. » Hormizdad honorait beaucoup le 
catholieos Ezeehiel (IJazqydl). Anosirwan Pavait designe pour son succes- 
seur, eomnie deja son pere Qawad 2 iQabdd) avait fait pour lui. II fut eou- 
ronne apres la mort de son pere, dans les jours appeles Pirozdedjan, dans un 
pyree a Goundi-Sabor. Ses freres Phonorerent de leur estime. Que t)ieu lui 
fasse miserieordc. 

ns XXXVIII. — Details mh la mokt dk Kosrau AsosunvAX ; * puts qui elhem 

LIEU DANS l'eMI'IRE (iREC .VYVNT, APRES ET 1»UIIV> T T CETTE EPOQUE. 

La guerre 3 continua entre les Grees et les Perses. Anosirwan, trois 
jours apres la prise et la destruction de Dara, envahit la terre grecque. 



L. Cf. Tabari, p. 2GS; Mari. p. 55. — 2. Cf. ci-dessus, n. XXIV. — 3. Ci* The Third 
part of the eccles. history of John bishop of Rphesus, ed. Cureton, p. 353 ct suiv. 



L05] XXXVIII. — DETAILS SUR LA MORT DE KOSRAU ANQSiR WAN. 197 
v^^r^b ^ JJ^* ^3 ^.^^ -U^3j 0^>. villi piL«i Ls>s>-i — 

jUI vT~-o ^^ikj ^L^* ft* 3 *! ^J^b ptfb- J^r* 3 

oll*-J1 Oj-uJI ^jl^CJ^ i^lLil « jv^i — . f j ^ j . 1^ 1 

1. Thuribulum p^^s > ,li ^ ^i. 



Ayant appris 4 que les Grecs venaient de miner dans lcs environs de 
Mossoul et de Beith 'Arbaye (l>d\irbd;/d) un espaee dc plus de einquante 
parasanges, il s'irrita beaucoup ; et, ayant rassemble ses armees, il attaqua 
Callinique (Ar-RcHfqa), qu'il detruisit avcc les villages d'alentour; il ruina 
aussi Cesaree (Qaisdriya) et la pilla. Les Grecs, qui l'atteignirent, lui eou- 
perent les routes; et, 1' ayant environne de tous cotes, ils allaient le saisir, 
quand, grace a un stratageme qu'il einploya, il put leur echapper et traverser 
TEuphrate (Al-Pherdt) a la nage avec une grande parti* 1 de ses armees; la 
plupart de ses soldats se noyerent avec leurs betes; les autres, qui s'e- 
cliapperent nus, furent poursuivis par les Grecs, qui en massaererent 
un grand nombre. lis s'emparerent aussi du pyree que le roi avait apporte 
avec lui et dans lequel il avait mis tous ses tresors; ils y massaererent 
soixante * officiers et eteignirent le feu en versant de Veau sur lui. Kos- u< 
rau [Kisva) abandonna tout eonfus le territoire grec; le chagrin le lit 
tombcr dans une maladio de poitrine, qui Teiuporta enfin au bout de qua- 
rante mois. Les Grecs d'Antioehe (Antdkitja), qu'il avait conduits en capti- 
vite et fait liabiter dans la ville 2 qu'il leur avait batic, se reunircnt pour 
honorer ses restes, sdon Tusage des Chretiens, tenant & la main des en- 
censoirs et des eierges, et les entourant tout le long du ehemin jusqu'au 
lieu ou ils furent deposes. 

11 regna quarante-sept ans et quelques mois. On a de lui des maxtmes 



1. Littor. : vu. — 2. Voir ci-dessus. p. 1S2. 



108 HISTOIRE XESTORIENXE. [100] 

^«>U f -villi jl^ OJJ-^i V *-M clr* ^r'^^b 

^Lll J jl^ cJJi ji IjJU JL3 

^-iJI viLL^jlj . ^Lao vi viLLJI ju^i? ^Ic. ^ j^^Vj^CwVI 

i. Discipulus p^cLifli/. 



et des provcrbes qu'on cite toujour** 1 . On raconle qu'Ano^invan vit des 
signes mauvais et qu'il eut des apparitions etonnantes. Un jour qu'il s'etait 
assis sur son trone, ayant la couronne sur la tete, voici qu'un gros ehien 
se tint en sa presence, puis disparnt. Les portiers et les chambellans, qui 
furent punis pour crda, tlirent qu'ils ne savaient point comment cela avait eu 
lkm. On raconte aussi qu'il vit une autre ibis un homme an visage tres hideux 
.1^0* et habille en haillons s'approcher de son trone, y nionter el s'asseoir a 
cote de lui; il ne put savoir comment il etait arrive (jusqn'a lui). II y en 
a qui disent que cela eut lieu du temps de son pere. 

XXXIX. ■ — HisToiitE i»k Daniel, le imcniticnt. 

Sous le catholicos Ezeehicl {IJuz<njdl) vivaient : Daniel (Ddnydl) le pe- 
nitent 2 , qui opera des prodiges et des miracles, et qui fonda sur la route 
royale, dans un endroit difficile, appele BesloT, un monastere, ou il reunit 
des eeoliers; Abimelcc 3 , qui b&tit un couvent a la porte de Nisibe; et Si- 
meon \ qui fonda un monastere dans la montagne d'Arokh. Barsalide a in- 
sere lcur histoire dans son Iivre. 

L. Quelques-uncs de ces anecdotes ont cte rccueillies par Atli-Tha 'aletvi el At-lar- 
tousi, auteurs arabes. — 2. Cf. le Livre de la Chastete, n°31; 'Amr, p. 44, Tappelle J~>'; 
Mari, p. 55, ecrit J^j=^^ : ec serai t unc corruption de ^.j^^- — 3. Cf. Ie Livre de la 
Chastete, n° 41; Mari et 'Amr, lor. cit. — 4. Cf. Mari. p. 55. 



[107] XI,. — HISTOIRE DE RABBAN QOUSRK. \M 

J-y * f^L^ ^jiJ 0^ ^ LJi .i^JVl wi^ll * ~*J/ 
^jJL^JI LJI ^vijj *-^>-j jidl ^j-**- Sjj^VI Oj^JI 

Ul^ ^JJI jUOl ^j^Jl* . di* 4 J^lj ^»J1 s-—^ p-:^ (V" v->' 
1. Magister noster — 2. — 3. 5^ vol > ; ^. 



XL. lllSTOTKE I»E H.VBHVN QofSHE 1 . 

Ce saint etait originaire de Ninive ~ ot vivait du temps de Rosrau (Kisra) 
Anosirwan et de son fils Hormizdad. Des son enfance il s'attacha k la lecture * ^i 1 - 1 *- 1 
des Livres divins. Etant devenu adolescent, il alia trouver Rabban Job 
(Ayyoub), disciple d'Abraham de Nethpar, qui lui donna Fhabit monastiqne, 
et aupres duquel il passa quinze ans, en servant les freres, ne se nourris- 
sant que de pain et d'eau; une chemise sans manehes lui servait de vete- 
ment; il convertit a la vraie foi une foule de Jacobites qui habitaient Ninive 
(Nat'tuiica), et opera bien 3 des miracles. 

On en raconte qiFun jour, lorsqu'il passait aupres de bergers qui man- 
geaient de la viande, ceux-ci le prierent et le conjurerent de manger avec eux; 
il consentit a cause du serment et avala trois boucbees. Les moines qui etaient* 
avec lui, desapprouvrrent sa conduite et congurent pour lui du mepris. II fal- 
lait traverser (le Tigre), pour aller de Ninive jusqu'au jardin. II fit le signe de 
la croix sur Feau, s'assit sur son vetement qu'il venait dVHendre (sur Feau), 

1. Cf. le Livre de la Chastete, n° 50; Alari et "Amr. loc. cit. — 2. Cettc ville, qui est 
plusieurs fois nientiounee dans Fhistoire de FEglise de Perse ; doit etre certainement la 
meme que le bourg actuel, bati sur les ruines de Fancienne Ninive, appele Nabbi Iouness 
(le prophete Jonas), et situe sur la rive gauche du Tigre, vis-a-vis de Mossoul. Les 
Nestoriens avaient la un monastere, nomine couvent de Jonas, et qui, depuis bien des 
annees, a ete transforme en mosquee, appelee du m6me noin. On y montre encore le tom- 
beau du propliele Jonas, qui serait probablenient eelui de flnaniso' 1, catholicos (voir 
*Amr, p. 59-60). — 3. On pourrait encore lire 5pS « etonnants ». 



i 



200 I1IST01RE NESTOR1EXNE. [108 : 

p^U-lj j*s*.UI J&\ Ol& )) ,j>^\ jl**^ -^3 CU 

4ju> Ulil jUbl; <*J1 jL?J Iwiiw >l<Cjb OaJI ^ .UYI 

jj-^ L*3 ^^3 ^^3 u^j--*^ ^J^- ^"j ^ aJI Sj^L^9 — H 

I. Turris ulterioris ripae (Tigris; vel Turris Ilebraeorum vJLT 1 - o w > 



et apres avoir pris a cote de lui les moines, qui I'avaicnt blame de ee qu'il 
avait mange de la viande, passa Teau avec eux comme a pied sec. Les 
*IM22 gardes de la porte * de la ville, Fayant apergu, le prirent pour 1111 dieu. 

Puis il batit tout press de la ville un grand temple, 011 deux moines pieux 
vinrent habiter avec lui. II n'y avait point alors de batiments vis-a-vis du jar- 
din. Ce fut Kosran (Kism), fds de Hormizd, qui, a son avenement, batit alen- 
tour beauconp de batiments, 011 on logea. Lors de linvasion des Arabes 1 
dans le pays, d'ou ils conduisaient les hommes en captivite, beaucoup de 
gens se refugierent dans le voisinage du saint. Les Arabes les attaque- 
rent et les firent prisonniers. Un d'entre eux, qui tira le sabre pour tuer le 
saint, eut la main glacee. Ayant etc gueri par le saint, qui, a ses instances, 
veuait de prier sur lui, il fut la cause que tous les prisonniers et tout le bn- 
t in lui furent livres. II predit la fondation de Mossoul [Hansel) et sa gloire 
et la fin dc la domination (persane). 

Quand les Arabes regnerent, ils ajouterent de nombreux batiments, a 
Tendroit ou Kosrau avait bati, et le nommerent Mossoul, qui devint ensuite 
une ville ~. 

1. II doit s'agir ici (Tune invasion des Arabes anterieure a la conquete des musul- 
mans; a moins toutefois qu'on ne suj>pose que ce saint moine ait vecu jusqu'a Tappari- 
tion des Mahometans, epoque a laquelle il aurait du etre deja presque eentenaire. — 
2. Mossoul avant la conquete musulmane etait appelee Forteresse au dela 

(du Tigre). Voir le Livre de la Chaste te, n° 50; ffistoire de Thomas de Marga, lib. IV, 
c. v, xxiv ; V, e. xri, Msiha-Zka; ed. de M. Mingana, Mossoul, 1907, p. 87. Ce nom lui 
aurait ete donne eertainement pareeux qui habitaient en deca du fleuve edenien. On pour- 
rait encore traduire Um-- par : forteresse ou Tour des llebreux, mais la premiere de- 
nomination me parait beaucoup plus probable. 



[109] XL. — U1ST01RE DE RABBAN QOUSKE. 201 

.OjJu jLijLr* ^L^JI ' LJ Ij^lj ^Jl dXU IJ} .<5Cl*^JI JliLol 

1. U yj,. — 2. Dominicus ujpo. — 3. Jacuit Ireposer, iu/. 



* On dit que ce saint ne sc nourrissait pendant le careme que de fruits. II mm 
mourut vieux et fut inhume dans son convent, qui est eonnu sous le nom dc 
Rabban Qousro 1 : e'est encore aujourd'hni le sioge des metropolitains deMos- 
soul 2 . 

1. Assemani, Z>. 0., Ill, i, p. 72, Tidentifie avec Bar Dqousin, auqucl Ebedjesus de 
Nisibe attribue dcs trailes contre les Chaldeens (Astrologues) ot contre l'heresiarquc 
Parparon. — 2. Ce couvenl, transformo depuis longtemps en eglise. existe encore a Mos- 
soul et est connu encore sous le nom dYglise dc Mar Esa'ya : — corruption de Mar 
IsO'yalib : vrai nom du saint, Bar Qousre n'etant que son surnom. — 1/eglise a encore 
donne son nom an quarlier qui se Irouve a ses al en tours. 



Ehhata tlu fascicule 4, t. 111. — P. 226 (16), ligne 4, an lieu de vint a 
Sa'ir an-Nar, lire et alia en enfer. — P. 268 (58), ligne 16, au lien de llane- 
fites, lire pa'iens. — P. 292 (82), ligne 1 1, an lieu de Aphraate, le medecin per- 
san, lire Aphraate, le sage persan. — P. 294 (84), ligne 21, an lien de pendant 
la scmaine, lire le vendredi. — P. 304 (94), ligne 17, au lieu de a ses affaires, 
lire dans les eglises. — Ibid., ligne 18, au lieu de pour elle, lire pour tons. 



TABLE DES MATURES 



Pages 

Introduction 07 

I. — Hisloire de BaboT, Ie vinglieme des catholicos 99 

II. — llistoire de Leon, roi des Grecs 103 

III. — llistoire d'AnatoIius, palriarclie de Constantinople 104 

IV. — llistoire du roi Zenon 105 

V. — Mort de Piroz, roi des Perses 107 

VI. — llistoire de Gennade. palriarche de Constantinople 10S 

VII. — llistoire d'un moine avee Ie demon 109 

VIII. — llistoire d'Acace, Ie vingt et unieme des catholicos 112 

IX. — llistoire de Mar Narsai. docteur 114 

X. — Histoire d'Anastase, roi des Grecs 118 

XL — llistoire de Milas. roi de Perse 122 

XI 1. — llistoire de Qawad, roi de Perse 124 

XIIL — Hisloire d'Elisce, le docteur,. 120 

XIV. — Histoire de Xamasp. roi des Perses 127 

XV. — Histoire de Babai, Ie vingt-deuxieme des catholicos 12S 

XVI. — Jolie historiette 131 

XVII. — Histoire de l'attaque d'Amid par Qawad 132 

XVII L — llistoire de Mar Abraham Ie Grand 133 

XIX. — Histoire de Sila. le vingt-troisieme des catholicos 135 

XX. — llistoire de Justin, roi des Grecs 13S 

XXI. — Histoire de Jacques Baradee 140 

XXII. — Histoire des hereliques avec Justin 142 

XXIII. — Hisloire de Justinien, roi des Grecs 145 

XXI\ . — llistoire de Kosrau Anosirwan 140 

XXV. — llistoire de Xarsa'i' cl d 'Eli see. les vingt-quatrieme et vingt -cinquieme des 

catholicos 147 

XXVI. — Hisloire de Paul, Ie vingt-sixieiue des catholicos 153 

XXVII. — llistoire de Mar Aba le Grand, Ie vingt-septieme des catholicos 154 

XXVII I. — Controver.se du Catholicos v Mar Aba) avec im mage 104 



[ill] TABLK DKS MATi.KRES 2<>3 

l»3gCS. 

XXIX. — Question posee par Mar Aba. , 1(17 

XXX. — Souvenir des disciples do Mar Aba 17J 

XXXI. — llisloire d' Abraham de Xcthpar ot d<> Job, son disciple* 172 

XXXII. — llisloire de Joseph catholicos 17(> 

XXXIII. — Ilistoirc de Justin, roi des Grces 180 

XXXIV. — llisloire du patriarche luilyclmis 190 

XXXV. — Uistoire de Baboukabr 191 

XXXVI. — Uistoire d'Ezechiel. le vingt-ncuvienir des eaMiolieos 102 

XXXVII. — Uistoire du regne de llormizdad , 1!C> 

XXX VI II. — Details sur la morl de Kosrau Aiiosi rxva.il VM\ 

XXXIX. — Uistoire de Daniel, le penitent . 1VIK 

XI,. _ Uistoire de llabban Qousre. 10'.) 




(CIIRONIQUE DE SEEIIT) 
SECONDE PARTIE (II) 

PUBLIKE ET TIUDUITE PAR 

M gr ADDAI SCHER w i 0 

AQCIIEVEQUE CUALD«EX 1)12 SEEIIT (KUKDISTAN 
Aveo le concours cle 

ROBERT GRIVEAU 

AHCUITISTE ['ALfrttRAPtlE 



^1 J^JU .Ij^j \ y jJ 3 ^\y3 0^ o-bj <jO^ f - ft1 ^VI & 

f lT/ pr^-k ^ u^r* fr** c5T^ ^t-r" o~? J ^ J -T * r. 

isAxjj (^r**^ ^i^^ ^« lyU f*j^ 



XLI. IIlSTOIRE DE TlBERE EMPEREUR DES GltECS \ 

Cet homme regna cn 885 crAlexandrc ; il favorisa les panvres, defendit 
la croyance a la dualite de natures dans le Christ et chassa les heretiques 2 . 
De son temps la paix fut rompue avec les Perses, k cause des Armenians, qui 
se revolterent contre ceux-ei et implorerent la protection des Grecs 3 . Dieu 
fit triompher Tempereur des Perses et des autres ennemis. Les Perses 
envahirent ensuite R^s'aina (lia's el-Win)* et les environs de Nisibc. lis devas- 
terent tout le pays et emmenerent les habitants en captivite. Tibere (Ttbdryous) 
envoya contre enx Maurice (Mdriqa), le chef de ses armees ; il fit soixaute-dix 
mille prisonniers et les envoya dans Tile de Ghypre (Qouprous). II repoussa 
encore les Perses, qui avaient repris l'oifensive et envahi les regions de la 
Gilicie {QAlhiyyn). Tibere, s'etant rendu compte dn merite et de la bravoure 
de Maurice, lui donna sa fille en manage, et, n'ayant pas de fils pour le 
remplacer sur le trone, il le designa pour son successeur. II mourut apres tin 
regne de neuf ans, dont cinq ans avec Justin (Youstind) et quatre ans apres lui. 

1. Cf. The Third Part of the Ecclesiastical History of John Bishop of Ephesus... 
by W. Cureton, Oxford 1853, p. 168 et sq.; Chronique de Michel le Syrien, ed. 
Chabot, torn. 11, p. 338-339; 343; 354. — 2. C.-a-d. les Monophysites. — 3. Cf. ibid., 
p. 395, 403 et sq.; Evag., lib. V, cap. i et sq,; Barhebra3us, Chronicon Syriactun, ed. 
Bedjan, p. 8G-90. — 4. II y a ici une incorrection ; il devait y avoir aussi le nom d'une 
autre localite, si la particule^ n'a pas ete placee par erreur devant Resai'na. 



438 I11ST01RE NESTOIUENNE. [118] 

y>j ^jjVI J^'UJI vt^J 

jJU"j J j ^Jl <uU!)l >L^ls Ulc- jl^ kl^tl y* <-^rt^ 

yc JUj OjjI iatejJI (J jl . ^li SLi\ J\ ^Vl (^'b ojj^ <J^L~\ 

1. ^louol ex w-uuu/ jacuit, rcquicvit. — 2. Dominus meus. 



XL1K — HlSTOlRE DE IstVY.Uni d'ArZOUN LE TUENT1EME CATHOLICOS 

Cet homme etait originairc de Beith 'Arbaye ; il etait erudit et ver- 
tueux; il avail unc taille parfaite et un beau visage; il avait fait ses etudes 
a Nisibc chez Abraham rinterprete 2 , auquel il avait ensuite suecede dans 
la chaire d'inlerpretation*, ]>uis il fut choisi et eonsacre eveque d'Arzoun. 
Le roi llormizd le connaissait et Taimait; car c'etait lui qui le renseignait 
sur les mouvements ties armees greeques. 

Apres la niort d'Ezechiel le catbolieos\ quelques-uns de cenx qui 
s'etaient reunis pour ehoisir un eatholieos, elurent Job (Ayyoub) Tinlerpreto 
de Seleucie (Al-Matldui) et le parent de Mar NarsaT ; les autres ehoisirent 
lsoyalib eveque d'Arzoun. Le roi, h qui on vena it de rendre eompte de 
la situation, ordonna que Feveque d'Arzoun fut eonsacre catholieos ; et 
s'etant enquis de in fagon dont il devait etre eonsacre, on lui repondil qif il 
etait neccssaire de convoquer les eveques et" les lnetropolitains. 11 les lit 
done appeler et leur imposa de consacrer lsoyahb patriarehe 5 . Celui-ri, 
accompagnc des eveques, se prcsenla devant le roi, auquel ils rendirent 

i. Cf. Mari, p. 50; 'Amr, p. 4'*; Barhebr., Chron. Eccles., 11, col. 100; Giiidi, l r n 
nuovo testo slriaco sal la storia ilegli itliimi S asm nidi, Ley do, 1891, p. 7-9. — 2. Voir 
ri-dessus, n° XV111. — 3. Cf. A. Seller, l>arfuulbsabha Arbdya, Patrologia Orientals, 
t. IV, p. 389-390 el 401. — 4. Voir ci-dessus, n° XXXVI. — 5. Kn la premiere annoe do 
llormizd (579) ct en 892 des Grecs (581) ('Amr, L^d. Gism., j>. 44-45) ; en 582, son synodo 
ayant eu lieu en 585, en la quatrii'mc anm5e de son pontitieut {Syn. Orient. , p. 391, n. 3), 



ill9] XLII — I1IST0IRE DE ISO'YAIIB D'ARZOUN. 439 

(^iiwl ^joijJ C^ls ^^t^3 L ^* x ' 1 4 "~^ (33 

1. ^rrljj/" ex 1 jv ; mysteria. 



graces, et qui les renvoya a lours sieges comblcs d'honnenr. II ecrivit memo 
aux gouverneurs d'agir d'aprcs I 'avis des eveques dans les questions de droit 
et dans les autres aflaires et de nc rien faire si ce n'est suivanfc leurs 
conseils. Les mages sMrriterent dc ce que plus que tous les rois persans 
il honorait les cliretiens. 

En la qnatrieme annce de son pontificat, il composa pour Jacques 
(la'tjoub), cveque de Tile de Dirin, vingt-deux 1 canons, qui contenaient 
ce dont il avail besoin pour Fadministration de son diocese. II expliqua 
en abrege les saints mysteres 2 . 

Nisibe et f Ana etaicnt deux villes limitrophes des Grecs et des Persans. 
Kosrau Parwez attaqua son pcre Hormizd, lui creva les yenx 3 , et, grace 
aux soldats, s'empara de Fempire. Mais apres sa victoirc et la proclamation 
de son avcuement, il fut contraint de fuir devant Bahrain, lc commandant 
des armees, et d'avoir recours a Fempcreur grec, qui lui donna des 
troupes et le rendit maitre de Fempire, comme nous en parlcrons en 

1. Ebedjesus de Nisibe (apud Assemani, B. 0., Ill, i, p. 110-111) donne le in erne 
nombre. Mais le Synodicon (irientale (p. 424-451) n'en contient que vingt. — 2. lei 
notre auleur fail-il allusion aux canons que le patriarche adressa a I'evequc de Dirin et 
dans lesqucls il cxplique les saints mystercs, on bien a un ouvragc different? IstVyahb 
dans la lcttre adressee a Jacques, parlc d'un autre ouvragc qu'il avait compose, etant 
encore dans Tecole de Nisibe, sur le bapteme et le saint sacrifice de la messe (Syn. 
Orient^ p. 42G). *Amr et Mari lui attribuent euxaussi un traite sur les saerements. Ebed- 
jesus de Nisibe (apud Assem., Ill, i, p. 108) lui attribue encore un traite contre Euno- 
mius, un autre contre un eveque herctique, une apologie et des lettres. — Ici notre aute ni- 
ne mentionnc pas le synode que tint ce catholicos en 585 et qui a ete publie par Chabot 
{Syn. Orient., p. 390-424). — 3. Notre auteur declare ailleurs que les grands de Fempire 
detronerent Hormizd etlui creverent les yeux (voir ei-dessous, n° XL1II). 



ViO IIISTOUIK NGSTOMKNNK, [120] 

♦ t». i27. Jj*rl jl^ jJ^ 01 j^lit jjj * ^ 

X V JL^ ^j>1t a? j^UJJ iSjJ> J 15 <Jlli US ^ 4iU^| 

^ ^L=>" pj dill £j Wlj . ^1^*3 <y^* f J ^ £$CU (3 (Jy^ ^ 



detail 1 . Comme ft son rctour triomphal 2 on lni dressnit dcs tcnlcs, lc 
eatholicos Isdyahb lni drcssa lui aussi trois tciites 3 , dovant lcsquelles il se 
tint, pnH ft le salucr 1 . Mais lc roi sc montra [ache contra lc eatholicos ct 
nc vonlut pas lc rcgarder. Snr son ordre lcs cveqncs tcnaicnt dans les mains 
dn muse recherche, de Tainhre cxquis, dn camphrc, dn safran, dcs bois 
d'aloes dcs hides ct des cassolettes; le roi n'entra pas sons la premiere 
tentc. Le eatholicos, qui tcnait ft la main dn myrte, nn cedrat ct nne 
cassolette, s'empressa de se rendrc ft la dcuxieme tentc. Lc roi nc vonlut 
pas y cntrer. Lc eatholicos ctait dans la pcrplexitc; lcs soldats de Maurice 
common? aient a murmurcr a la vue de cc manque d'egards. Le roi, qui s'en 
apergut, dit alors an eatholicos : cc Tu as fait trois mauvaiscs actions, dont il 
faut tc punir. Preincrement tu n'cs pas venu avce moi en terre greeque ; tu 
n'as memo pas envoy e un evequc pour m'accompagner. L'empcrcur Mau- 
rice m'anrait heaucoup plus honorc. Tu n'cs pas meme venu me rcjoindre 
dans lc pays des Grecs, o\x tu savais bien que j'etais arrive ct rc?u par 
Maurice. Deuxiemcnient tu nc m'as pas drcsse unc tentc commc il falla.it. 
Enfm tu as prie pour rusurpatcnr Bah ram. » Puis lc roi sc dirigca vers la 
troisieme tenle et il y enlra. On tint sa monturc par la bride. LorsqiMl ful 

1. Voir ci-dessous, n° XLI11. — 2. IJ sagit ici de son triomphe sur Bahrain, apros son 
retonr de chez Tempereur Maurice. — 3. Ne s'agirait-il pas ici d'arcs de triomphe? — 
4. Cf. Un nu o^o testo siriaco sulla storia degli nil inn S ass a nidi, ed. Guidi, Levde, 
1891. 



1 

I 



[121] XLII. — HISTOIRE DE [SOTAIIB DARZOUN. 441 

JUi .^J! jUI dUi i>b JL~ ^ dlUD VI jl£ Ui ^ U! <J JUi 

U <0 JUi A^UY ^1 JU^ J c»>. aJU f U iil 4 u 3 



sous In tente, il s'adressa an catholicos ct lui dit avec colore : « Penses-tu 
que tu pourras cchapper par la ruse que tu viens d'employer k la punition 
(lout tes crimes t'ont rendu digne? On bien crois-tu que j'ai ignore que tu 
as etendu les mains pour prier pour Bahrain, qui s'etait revolte contre moi? 
— Je n'ai prie, lui repondit-il, que pour le roi. J'ai souhaite que les hommes 
eehappassent a la tyranuie de ce mediant esclave. — Je suis cntre, lui 
dit-il, sous ta tente et j'ai agree tes compliments; et, pour repondre aux 
trois questions que je t'ai posecs, je te donne trois jours de delai. » Puis 
il etendit la main, prit le ccdrat dcs mains du catholicos, qui pria beaucoup 
pour lui, ct il continua sa route. 

An bout de trois jours, il lui demanda quelle etait sa defense sur les trois 
crimes qui Favaient courrouce. cc Ce qui m'a empcche, lui repondit-il, de 
t'accompagner, c'cst que tu es parti pendant la nuit sans que je m'en apcr- 
gusse ; d'ailleurs, le jeiine an rait empeche ma suite de m 'acconipagner dans ce 
voyage; et j'ai redoute devoir rcfl'usion du sang de mes coreligionnaires. 
C'est encore la meme cause qui m'a empeclie ensuite de rejoindre le roi en 
terre grecquc, parce que si j'avais quitte men troupeau, Kadversaire rebello 
Taurait su et aurait verse le sang des petit s aussi bien que eclui des grands. 
Or mon devoir est de le sauver en lui donnant ma vie, et non pas de me 
sauver tandis qifil est menace de perir. Enfin, Dieu, qui eonnait les inten- 
tions et qui sonde les coeurs, m'est temoin que je n'ai prie que pour le roi; 



wi nisToiitE .vicsTom i:\ni-:. [1221 

p-U <cUlj .4^1. oUj *^>\?-} ^J! ^"Ir*: ^L> CJ 

^ Si dlUU VI jl4 Ui ^Im 
J» *VyJ ^1 jvl^l { y*i jl J>^>o ^j-^ ■^♦^1 J ^ ^-Lr*^ jUL^VI 

U Jljj djl^l ^uli As <0 JUi .l^Cl* L5 X^ jl JpcX~j ^aU ^Uo jl ^^1 

* r. ijo. dlUl j^jt> ^"liC * jl^ U Jf^Y Ale j ^£ jl^ a5j 

^5^^ ^ ^ — «U>J\ oJI ^ ^Ll1wI_j Jt&l t^^-Ll jl -jjjl cJJLwl 

S^-^JL t^LLlI ^Jl wJl J o viUU jAjJI jLwJI Ol Alto Al-lijj 
S^Ae ^jjI <TjU cJl^j ^-LJI i£j fc^Jf 1 jvJI ia^^ J Alto ^jAj jVI sj ^ 

. b^At jj*-*^ ci-5_j ^ 

1. v^JI ex tbronus, tribunal. 



fni prio pour la conservation ct la s6eurife du roi eL pour rall'ermissemeiU 
dc son ponvoir. Comment me scrais-je perinis dc prior pour eclui que jc 
eonnaissais pour rebcllc a son maitrc? La pricrc que je faisais, jc 1'oH'rais 
dans inon coeur pour eelui qui etait dignc d'etre appele roi. — J'ai aceepto, 
lui repondit le roi, tes excuses, ct j'ai rejete les desscins que j'avais imagines 
eon! re toi. » 

Les Grccs ctaient m^conteuts de lui (du patriarclie) parce que, quand il 
etait eveque d'Arzoun, il renscignait lc roi llormizd sur leurs mouvements. 
Isoyabb tomba inalade ct mourut en la cinquiemc annec ' dc Kosrau Panvcz. 
Hind, fdle 2 d'En-No'mun, fils d'cl-Moundhir, roi des Arabcs, Tinliuma dans 
Teglisc qu'elle avait eonstruitc a Ilira, dans le milieu du choeur, ou on cleva 
sur son tombeau un banc cn forme dc croix. Cettc eglisc est connue aujour- 
d'bui sous lc nom dc Couvent de Hind. Son pontificat dura quatorze ans 
suivant les uns, quinze ans suivant les autrcs 3 . 

I. En 594/5. 'Amr (p. 49) place sa mort en 590. - - 2. Siciir d'En-No'man d'apres Mari 
(p. 56) ct Un nuovo testo siriaco, p. 9; cf. Tabari, p. .*> \ 7 et 349. — 3. II y a a rcmarquer 
ici que notre auteur n'a rien dit sur une ambassade do Iso'yalib I aupres de rempereur 
des Grecs, dont Mari et 'Amr parlent avec tant d'eloges. Ces deux annalistes out con- 
fondu Iso'yahb 1 et LsiVyahb 11. 



XLIII. — RESUME DE CE QUI ARRIVA A H0RM1ZD. 



443 



i^Ji p^j (n; ^^r" Or'Jr" fLtf Jh^ w^-L^ 

^ JV* * P. 131. 

yVI U& ^jjj .j^ dOJI I^Jlij <J l^^xjulj ju^l ILS .^Ull Iaa a^U 
^1 l^U ^11 ^ Hi .jL^JI ^ U5Cli ,*>>^> ^1 

.jU^jil ^>-J dUS ^Vl <J^j J*> J*- J^j Jv* jfA\ 



XLIII. — Resume de ce qui arriya a IIormizd pah son fils 

KoSRAU ET LA CAUSE DE CES EYEIS'EM EtfTS d'aPRES LES ANNALES ROYALES \ 

Ilormizd avait envoye le commandant de ses armees Bahram Sobin 
(Djobtn) pour combattre les Turcs; il en aYait triomphe et aYait envoye un 
riche butin a Ilormizd, qui bonora fort le triomphateur. Mais les courtisans 
jaloux le desservirent aupres de Iui en disant que le butin envoye etait bien 
mediocre h regard de celui qu il avait pris pour lui-meme. Or le roi, en 
recompense de tant de services, lui envoya une chemise rouge et un fuseau 
muni de la boule qui le termine : <c Un homme comme toi, lui fit-il dire, ne 
doit avoir qu'un pareil accoutrement. » Cela mit l'armee en colcre et la porta 
t\ se revolter centre le roi Ilormizd. Bahram, ay ant rcgu Tordre du roi de se 
presenter devant lui, se mit en revolle et partit pour Rai* ou il fit frapper des 
pieces de monnaie, sur lesquelles il grava le nom et l'image de Kosrau 
Parwez, fds de Ilormizd, et les envoya furtivement a Seleucie (Al-Maddtn), 
ou, les ayant vues passer entre les mains du peuple, des gens en informerent 
le roi, qui resolut de faire arreter son fils. Celui -ci l'ayant appris, s'enfuit 
dans TAdorbedjan. 

i. Cf. Un nuovo testo siriaco, p. 7; Tabari, p. 370, 430-431, 478-487. Evagrius, 
lib. VI, cap. 15; TheophyL, lib. IV, cap. 2. 



m \umimm nkstokiknnk. [12*1 

4jy>-l ^3 pr^> 4 ' "^"b prr^ JU^j cO^ 1 ^ -A3 £Jl!>3 

J*l *L>j * ^^3 C^>- j^VL ^3 pcU, Jjjj ^Ljjl ^3 

J»J^>J |y^3 ^wlc- l^a-ii . ^Jl LJI pJLj 3 ' Ua>- <i I^J>- p^*L» j ^3 

. CLx I ^,U-«j ^ pU" £L>- ^Lj>JI j^l ^3 ppvlc JXUI jLi?^ pJI j Li . ^-m^JL 

^UJI 4a I^^jl^. ^Jl vilU Jp^jy* a-Jj \\ ^ fJv'b 'J*Jy) 

I. Cod. 



Ilormizd avait traitc Tarmcc avcc rigucnr et sdv6rite ; il .avait confisqud scs 
bicns, 1 11c scs proprcs frercs, arretc les chefs, dont il avail confisquc les vil- 
lages, ot bflti ;\ Iluzistan ct h Maherdja des cachots, ou il avait jcte les 
notables dc son royaumc, anxqncls il donnait A. manger (hi pain mido de gravicr, 
ct a boirc dc Tean saumatrc. On Far rota ct on fit chcrcher Kosrau Parwcz ct on 
le nommn roi. L'armee, eraignant les ruses dc Hormizd, lui ercva les ycux. 
Bahrain Sobin, ayant conmi ccla, rassembla les troupes et marcha (vers 
Sclcucie), faisant scmblant d'etre irrite dc ce qui ctaif arrive au roi. Panvez, 
nc ponvant tcnir centre lui, s'enfuit ct so rendit auprcs dc Maurice (il/oV?^?), 
enipereur des Grccs, pour sollicitcr son secours contrc 1'usnrpatcur dc son 
trone. Maurice lui donna en mariage sa fillc Marie ct lui donna des troupes; 
il vint a Seleucie, mit Bahrain en fuite ct triompha; ct ainsi il devint lc scul 
maitrc dc Tcmpirc. Nous avons deja raconte 1 comment il traita Iso'yahb lc 
jour on il cntra victorieux sous les tentcs quc.cclni-ci lui avail drcssces. Des 
lors il Taima commc anparavant ct Phonom 2 . 11 cut les monies egards et 
de mcillcurs encore pour lc catholicos Sahriso' 3 . 

1. Voir ci-dessus, n° XL1I. — 2. L'Anonymc public par Guidi, p. 9. dit le contrairc 
ct nous montrc Tarcliiatrc Timothec dc Nisil>c decrior le catholicos auprcs du monarquc 
(cf. ci-dessous, p. 482), — 3. Voir ci-dessous, n° bXV, p. 483-485; n° LXV1I ct suiw 



[125] XLIV. - I1JST0IRE DE RABBAN ELIE. 445 

JU-^Jl jtJa <Jj^**i\ 1 >->r <wJl ^J* (5*^)1 LxJl ^ j villi ^ 

^<Cj ^ijl -uay ^Jl ^ £>-i S^>U i^cVI l^j 

i.^o habitatio, monasterium ipso*. — 2. Cod. sXoi^. — 3, xoivo&oc ccenobita i n nm , — 
4. Ccenobium |a^. — 5. Forte J-^*Jf ,, r *. — G. Forte . >.xJ f . 



FAITS QUI EUR E NT LIEU PENDANT CETTE EPOQUE 

XLIV. IIlSTOIRE DE RaBBAN ElIE \ QUI FONDA A MOSSOUL 

LE MONASTERS CONNU SOUS LE jNOM DE DaIR Sa'iD 2 . 

Ce saint Elie, apres avoir fait ses etudes h Hira 3 , sa ville natalc, se rendit 
aupr6s de Mar Abraham 4 , dont il re$ut I'habit monastique. II servait les 
cenobiles. Uu fou, qui se tenait k la porte de la cominunaute, lui donna un 
violent souftlct sur la joue; le saint lui presenta Tautre joue. Le demon, 
ayant vu son luimilile, se retira de riiommo, qui fut immediatement gneri. Ce 
miracle ayant ete connn des freres, Elie abandonna le convent et alia dans le 
pays de Ninive, ou il se rclira sur une montagne pres du Tigre. II y avait la 
une foret pleine de betes feroces. Le saint les en chassa par ses prieres; il 
batit dans ce lieu, qui est pres de Mossoul, un monaster e pour les moincs qui 
s'elaient groupes autour de lui, ct y etablit la regie de Mar Abraham^ Ce 
couvent fut fondc an temps de llormizd, fils de Kosrau Anosirwan". II guerit 
un enfant paralyse des mains, que lui envoya Isoyahb, evequc de Balad, qui 
fut ensuite Catholicos 0 . 

i. Cf. Le Livre de la Chastete, eel. Bedjan, n° 19; c Amr, p. 49; llistoire de Thomas 
de Marga, lib. 1, cap. 9, 10 et 14. — 2. Cest-a-dirc : Couvent lieureux. — 3. A Nisibo 
(Tliomas de Marga, loc. cit.). — 4. Voir ci-dessus, n" XVIII. — 5. llormizd IV regna de 
579 a 590 (voir ci-dessus, n° XXXVII). — G. Voir ci-dessous, n° XCtll. 



P. 13:>, 



44(i IllSTOIUK NKSTOltlK'NNIS. [120] 

*i>J ^ 

b^Vjl Jj^j p*L^ ^ Uj .CjL^ (j ^^j^l iS^. d ^^b 

1. magister nosier — 2. JjCJ ayoXr^ po^i. 



Ce saint avait le earaet6rc violent des ArabesV Quand il se vit aflaibli, il 
confia les affaires k HnaniscV 2 , qui fonda un convent dans la region dc Dara- 
bad. Apr6s sa mort on rcnsovclil dans lc monastic cpi'il avait bAti 3 . Que 
Dieu sanctilie son fane et que ses priires soienl avec nous. 

XLV. — (lisToiitK i»k Raiujan Bar *Edta \ 

Ce saint etait originaire de la region connue sous le nom dc Ninivc 5 . Sa 
m6rc etait slcrile; cllc s'appliqua an jeunc eta la prierc, frequentant Teglisc 
et suppliant Dieu dc lui accorder un enfant. Dieu cxauga sa prierc, comme 
il avait ecoute Hanna 0 , et lui donna un fils, qu'elle appela Bar € Edta, nom 
qui signifie : fils de TEglisc. Ellc le voua k Dieu comme Ilanna avait vouc 
Samuel' 7 . Quand il cut grandi, il alia a l'Ecolc de Nisibe, on il rencontra Mar 
Abraham 8 , dont il sc fit le disciple. 11 s'attacha k lui comme lonathan s'etait 
attache a David 9 , et, aprcs avoir suivi avec succes scs lemons, el re^u de ses 
mains le costume des spirituals, il se rctira dans uuc cavcrne pour y vivre dans 
la solitude. Aprcs la morl dc Mar Abraham ,0 , et la dispersion dc ses cufants, 

1. Cf. Thomas de Marga, I, ch. 9-10. — 2. Voir ci-dessous, n° LXXXV. — 3. Cc 
couvent est encore debout et se trouve a unc heure a Test de Mossoul. — 4. Cf. Lc Li\*re 
de la Chaste te> n° 15; notre Analyse de la Vie de A\ Bar t Edta (Extrait de la tievtie de 
V Orient chretien, t. XI, 1906, p. 403); Etude snpplenientaire snr les Ecrivains syrie/w, 
n° XIV. — 5. Du village de Raspa sur l 1 Euphrates ( Vie). — 0. I Samuel, 1. — 7. Ibidem. 
— 8. Sur ce pcrsonnage, voir ci-dessus } n° XV111. — 9. I Sam., xvin, 3 et suiv. — 
10. Abraham mourut en 588 (voir ci-dessus, p. 135, n. 1). Sa Vie dit que du vivant 
d'Abraham, son maitre, il sc rendit en Marga. 



[127] XLVI. — UISTOIRE DE RABBAN SIMEON. 447 

J ^ .jU^l ^Uf- J»>3 -Lr*^ V ui^ i> 

Ay .^Jl Ia* Jlo J <Lw j£ J J**) .^ac- J 1 do^Jl Jj>\ ^ 

®Ck*^ U!l^ lix^*; ^i^U> p*^3 t5~^^ Jv* 0^ 

* 

1. vj^o Jov ex n r novus. — 2. c >|^ cx p^ot memoria, commcmoratio. — 3. Sic. 



dont Rabban Bar 'Edta etait le prcmier-ne, celut-ci, acconipagne do plusieurs 
moiiics, so rendit k la montagnc de Marga, ou il convortit boaucoup do 
Kurdes ct bAtitun monastic, ou il etablit unc petite communaute de moincs. 
U mo unit le dimanche de Quasimodo jour ou chaquc auuee on fait sa com- 
memornison, et il fut inhume clans son couvent. Plusieurs saints personnagos 
sortirenl de ce convent; entrc autres Simeon (Scm'oitn), fondateur du couvent 
de Senna 2 , Rabban Yozadaq 3 , Rabban Hormizd '* ct Jean (Yohanna) le 
Persan 3 . Que leurs pricres nous fortilicnt toujours. Amen. 



XLVI. — Histoire de Rabban Simeon 6 . 

Get homme etait originaire de Cascar. II sortit do son pays pour cbcrchcr 
Dicu le Tres-llaut. Ayant rencontre un flcuvc sur sa route, il fit sur Tcaii le 
signo de la croix et le traversa, comme s'il cut marche sur la terre fermc; 
cola cut lieu avant qu il fut moinc. 11 alia trouver Rabban Bar c Edta 7 , et 
so rclira uon loin de lui dans unc grotto, ou il sc nourrit longtemps du 
fruit (run arbre appelc dabouta 8 . 11 gagna ensuite les bords du Jourdain, 

A. Litter. Dimanche nouveau. — 2. Voir ci-dessous, n° XLVI. — 3. Sur cc pcrson- 
nage, voir Le Livre de la Chastete, n° 91. — 4. Voir ci-dessous, n° XC1X. — 5. Sur ce 
moine, voir Le Livre de la C ha stele, n° 113. — 6. Gf. Le Livre de la Chaste te, n° G8. — 
7. Voir ci-dessus, n° XLV — 8. Je u'ai pas pu identifier ce nom; on pour rait encore lire : 
dnouta ou dyouta, etc. Peut-etrc, dyouta pour icuil et |u, figuier. 



V.rt IIISTOIHK MISTOIUKWK. [m] 

.iULJI Jl^l jl^JJ ^jiLli .^jVl ^Xt" jL<Cw ^ <j>cJI ^Jb jl ^aJI 

. JUj ^X-ai ^ j^Jl <Sz jJi^J • M» ^i>3 . Ail ^I=>- Lw« w^aJo ^5C*j 

. w^-*^ l^**A*JJ 

Jjjj . J^)! vilL <Cl jj*5 . ^ ^ «Cc \j^>- iLLtl JL>-j jLsi ^Isj 

. j-JI W L>* ^ SjLu J Jr^~3-c/L/^ <j?" c5r" ^ ^k^l^ 

l. ^JLw ox i—^a Apostolus. 

c 



et y demeura en adorant Dieu; il se nourrissait des I6gumes qu'il semait 
lui-meme. Une ibis les sauterelles qui avaient ravage la region, se dirige- 
rent vers le potager dont le saint tirait sa subsislance ; celui-ci cria devant 
elles d'une voix forte; et aussitut elles s'arreterent autour du jardin et 
r<5pargnerent. Mais le saint, ayant pr6fere ensuite subir 1'eprcuve avec les 
habitants de la contrce, permit aux sauterelles de ravage r le polager. II 
v£cut encore pendant un certain temps de ce qui lui restait des legumes, 
jusqu'a ce qu'il n'y en eut plus. N'ayant alors rien a manger, il eprouva vio- 
lemment la faim. II pria cn disant : « Seigneur! e'est par amour pour toi 
que les prophetes et les apotres ont etc mis & mort et que les martyrs out 
etc mis en pieces; e'est encore par amour pour toi que j'ai abandonne le 
monde et que je vais soull'rir la mort. » 

Aii.s-sit.6t qu'il sc leva (dc sa priere), il vit un liomme entrer chez lui dans 
la grotte; il lui donna du pain ct disparut. II sut queVetait Tange du Sei- 
gneur. Lc pain descendit pour lui comme etait deja descendu le pain de la 
veuve.au temps du prophete Elie II en mangea longtemps; mais des cjn n il 
voulut changer de retraite, il n'en trouva plus trace. 

A 1'instar d'llabacuc 2 , il fut cnleve ct se trouva en terre persane. II 
habita une grotte dans la montagne de Senna*, on il fonda un convent et y 

1. Cf. 1 Rois, xvn. — 2. Cf. Daniel, xiv, 35 et 36. — 3. En syriaque p-*; elle est 
appelee aussi usziige a us syrischen Ah ten per sicker 

Marty rer, p. 189) la place a tort sur la rive gauche du Tigre, un pen au-dessons de Vein* 
bouchure du Grand Zab. Elle se trouvait sur la rive droile du Tigre vis-a-vis dc Tern- 
boucliure du Petit Zab (voir 1 1 is to ire de Thomas d<> Marga, lib. V, cap. 10; ed. Hedjan, 
p. 329). 



[129] XLV1. — IlISTOlllE DE 11 ABB AN SIMEON, 440 

\^ <UI l^Us4s jU^)l* ^J>- JLaT^ . *aY)\ ^-u) ^cL* p-^jj 

jU^Jl jl^.^ J^L^ lA^I ^-^J <J^ *y^3 fjj-Ui C^I? s^i^j 

.CCl ^-wJL ^Uli <k>o (Sir 9 (^r*J^^ ^J-f^ 0* u ^ ^^'i .dUij ^r^. V 

i, ? Iksl. — 2. liL^ ex mj- gratia, misericordia. 



elablit dcs regies pour la direction dc scs enfants. Les moincs, ayant enteiulu 
parler de lui, se rendirent aupres de lui do toutcs parts. Yazdin', fils do 
Sata 2 , s'etant plaint an Saint dcs niauvais traiteincnts du gouverneur dc 
Beith Gannai (liddjarmi), celui-ci lui donna du hnana 3 , lui conscillant dc 
le porter sur lui quand il paraitrait cliez lc gouverneur, pour qifil tut a 
Pabri de ses injustices. Yazdin le lit; lc gouverneur lui montra de la syin- 
pathie et Fexempta des iniputs qu'il lui reclamait. 

Les demons jaloux fondirent une fois sur lui, et apres lui avoir rase la 
tetc et la barbe, le garrotterciit, lc frapperent durcmcnt, et l'aUaeherent k 
un arbre. 11 res I a ainsi jusqu'A cc que les moines, P ayant aper^u, le firent 
descendrc. Les moincs lc voyaicnt passer les units en pricrc et trans- 
ports liors dc soi comme un homnie ivre, de sortc que son mantcau tombait 
de sur ses cpaules et son bftton de ses mains, sans qiTil s'en apergut. Un dcs 
notables des chretiens, gouverneur des provinces traversees par le Tigre, 
passa par lc couvent, ou il resta quclques jours. Ayant vu les oenvres du Saint 
et les miracles qu v d ope rait, il ne voulut pas le laisscr la, inais an moment 
de son depart, il Pobligca de descendre avec lui. Lc Saint, qui etait deja 

1. C'est Yazdin le grand argentier du royaume de Perse, (jui , sous Kosrau 11, exerga 
une iniluencc preponderante a la cour (voir ci-dessous, n° LXXX1), — 2. Ou plutot 
Samta. Samta, tils de Yazdin (voir ci-dessous, n° XCll ; Guidi, Citron, Anon., p. 23), 
serail appele du nom de son grand-pere. — 3. j-u_ qui signific « grAcc, misericorde », 
pourrait etre traduit par les mots « Pale de reliques » ; il designe une sortc de pate 
ferine, coupec en fils et composec de poussiere des tombeaux des Saints, d'eau et d'huile 
benites; les Nestoriens en usent surlout dans les maladies. 

patr. on. — t. xui. — F. 4. 30 



'i%o msToriiK nt.stoiuknnk. [cu,- 

h uw OJjr±z$ pT ^rl^ * fc-UaJj JJu -r **Jl J jtflj pjM <Uc 

^J3I o y(i j <tL>-j O^WI iiJj JC'liCi X*Jd\ jl^j >U ^Jl jLsi 

w^JI ^11 w L?j IJJ . ^1 j ^ a* J^l 

iJw^lr \« i-l>-l jl kpL-j aJUI ^~*V IjJX^ ^jA^I 4jjt>| ^^Jj 

<jl ^Jl -uJic . ^-tUi ^ l^***- 5 u ^ ^L^lj .p^ijuj J 

t. jLCi ex u^lo fmiG 6 x«vovixo<) sacrarii cuslos. 



Ires avanre en ago et simple tin (»(etir, sans savoir cc que cct homme voulait 
<!o lui, racctiiupagna jusqu'an convenl dc Sliha \ situc an Lord du Serscr. 
C'etait on < * 11\ * ( h\ le pays dc cc Ibnclionnnire, qui oxprima sou desir de voir 
lo Saint habitcr cc convent. Lc Saint, qnoiqne nlllige dc cctlc manicre d'agir, 
rcsta quolque tcnq»< an convent, guerissant les maladcs qui venaicnt le trou- 
vcr. II monrnl a PAgo de cent vingt ans et fut onscvcli dans le temple dn 
convent dc Sliba. 

Lc Saint apparnt en suite plnsienrs fois on songe a son disciple, lui 
di<ant : « Transporte-moi d'ici a mon convent. » Le disciple, qui etait le 
sacristain, alia la nail a sou tomheau, enleva le eercueil ct Ic porta dans 
sa cellule. Avant remis le torn beau en etat, commc il etait, pcrsonuc no 
s'en apercut. Le Saint etait inlact et eependant il y avait deux ans qifil 
etait mort. Lc disciple arriva ensuite a le transporter jusqu'a un vaisseau, 
qui appartcnait a un liomme dc Karkha de, Sourra-Man-Rafi 2 . Quaiul le 
corps du Saint arriva la, les gens du pays, ayant appris FalFairc du Saint, 
donuerent des presents an cbef de la province, Ic priant ircnlevcr les 
restes du Saint son disciple et de les cnsevelir dans leur eglise. Les 
habitants dc Senna, ayani cu noiivelle de cola, s'y oj)poserent. Uue 
violente qnerelle s'alluma cutrc onx. Alors un habitant de Tegrtt interviut 

1. Sur ce convent, voir la jirumiern parlie de cette clironique, n° LXI, p. 1 90. — 
l 2. Cetto ville. appelee maintennnt Samerra, est. situee sur la rive gauche dn Tigre, 
eiilre Tegrit el Bagdad. Ce nom, qui signifle : Gawstts est qui vidii, lui a etc donne pap 
les Yrabes. C'e^t un jeu do mots sur son nom arameen priinilif : Sainarn\. 



[131] XLVIL — LHSTOIRE DE II ABB AN GUIWARGUIS. 451 

01 <j*^ (j*^* 0 t3 ^p^aAii j£> ujj 



* . 



fry 

. ^pJ^VI ^-*^J -<j^ *J^^J \sf- rJ^ . jtJLisJlj jLlJ\ * P< ^ 



et leur conseilla de mettre lo cercucil Jans un petit baleau, qu'on lancorait 
ft Lcau et qu'on ahandonnerait k Ini-mOme, sans batelicr. Si le bateau 
venait i\ descendre Ie flcuvc, ce serait un signe que Dicu avait choisi la 
ville de Sourra-Man-Raa pour la sepulture du Saint; si au contraire le 
bateau venait h remonter le fleuve, ce serait evident qu'il fallait Tensevelir 
dans son convent de Senna. Le bateau, aussitot qu'il cut re^u le cercueil, 
remonta les eaux, malgrc le eourant qui luttait contre lui pour le faire 
descendre. A cctte vue, tons les assistants fureut stnpcfaits. On fit accoster 
le bateau £1 Tegrit, on Ton fit monter le cercueil h Leglise de cclte ville, 
pour que les gens en rcyusscnt sa benediction. Puis il Cut porte k son 
convent, on il ful depose. 

Quand les brigands se multiplierent dans la montagne et qu'il ne fut plus 
possible a personne de la traverser, on fonda a cote de la ville (de Senna) 
un autre couvent, on Ton transporta les restes du Saint. Quelques moines 
all^rent habiter le nouveau couvent; les autrcs resterent dans Tancien. 

XLVIL lllSTOIHE DE RarBAN GuiWARGUlS f . 

Ce Saint "etait compagnon de Bar'Edta'-. II sortit avec lui du couvent 
(de Mar Abraham) et" s'installa dans la montagne (LAdiabenc, se nourris- 
sant de fruits et d'herbes. Les bergers, ayant vu son genre de vie, parlerent 

1. Cf. Le Livre de la Chastete\ n. 1G; Analyse de VHistoire de R. Bar* Edta, p. 22. 
— 2. Voir ci-dessus, n° XLY. 



452 IIISTOlltE NKSTOHIRNNK. [132] 

..jryJI 45^. £*J* ^Ij p? ^%*AJ UL^> p^U^* 1^1 

UJ^ ^3^Tj Jo-Li JljJ>-Vl Uy ^Ju jtJi>- <i 

1. lit inaigine. — 2. ex «po Domiiius mens. 



tic 1 ti i aux <»o ns du pays. (Test alors qu'il commenca a guerir lcs malades. 
II lb nil a 1111 monastere pour ecux qui etaieut vunus se grouper autour de 
1 111 ; il y etablit la regie de Mar Abraham. Les fiddles du pays dont il avait 
gueri les iualades, lui dounerenf des metairies pour son couvent. Voyant 
s'approcher Theure de la mort, il resolut de fonder 1111 autre couvent dans 
le pays de Marga. II s'y rendit; il convertit beaueoup d'heretiques, qui habi- 
taient dans ees villages et b&tit uu couvent 1 , on se reunirent les moines. 

XLVIII. — IhsToniE de Jean ()b//a/</*«), fondateuh du couvent d'An el 2 . 

A cette epoque, ce Saint quitfca le couvent de Mar Abraham, h cause d'nn 
ditto rend qui avait cclatd, a son grand regret, entre les freres et lui; il se 
rendit dans le pays d'Arzoun et se fixa pres d'un village appele Anhel, on il 
transforma un temple d'idoles en monastere. Les moines se grouperent autour 
de lui; il opera des miracles; il ehangea line' fois le vinaigre en vin. II etait 
done dune grande patience et dune profonde humilite : deux vert us, qui le 
ftrenl parvenir a cet etat (de perfection). II mourut vieux et fut inhume dans son 
convent, qui est connu sous le nom de monastere de Rabhan Joan d'Anhel 3 . 

i. Selon 'Amp, p. 49, ee couvent se trouvait tout pros de Carmless, village situe a 
cinq heures a Test de Mossoul. Le couvent est maintenant en mines; inais Peglise est 
encore debout. — 2. Cf. Le Livre de la Cfiastete, u° 22. La vie de ce inoine est con- 
servee dans un manuscrit de noire bibliotheque de Seert, n° Oi ; inais elle est pleine 
de legendes. — 3. Ce couvent est tout pres du village de B6kinde a environ huit heures 
au sud-ouest de Seert. H a ete eonfisque par les Jacobites il y a environ un sieele. 



[133] 



XLIX. - UISTOIRE DE RABBAN HAIA. 



453 



dUi <J*ii j^^> ^>j\ \ J^Jl (^jl ^1 jl ^1 <^VI 

sju fc-Cp * ^Islj isX^li .^*J w^-L^ J^L- J~-^J * P. 143. 

L Oportet legere : Is**-*. 

XLIX. — llisTOtiiE de Rabban Haia', 

Get hommc etait de Cascar, Ayant entendu parler de Mar Abraham 2 , 
il aflranchit scs esclaves, distribua ses biens, ct sc rendit aupres de Uu. 
II regut dc ses mains l'habit monastique, et se fixa dans le convent avec un 
de ses esclaves, qni s'etait fait moine avec lui. Apres la mort de Mar Abraham, 
Rabban Haia alia au desert dc TEgyptc (Misr) et pria h Jerusalem (Beit el- 
Maqdis). La gr&ce divine Tappela ensuitc a retourner en tcrre Aramecimc 
(An-Nabaf) et & construire un convent dans la region de Casear. Il le fit. 

Sa haute reputation ctant arrivee aux oreillcs de Rabban Sabor, fonda- 
teur du couvent de Soustar (Toiistar) 2 , celui-ci vint le trouvcr et passa quel- 
que temps avec lui. Rabban Haia l'empecha d'aller visiter Mar Abraham ; 
il lui fit connaitre les regies que celui-ci avait etablies pour les moines. 11 
les copia et retourna a son couvent de Soustar. 

Rabban Haia fonda le couvent ct y rcunit des moines. 11 avait des rap- 
ports d'amitic avec Theodore, le fondateur dc FEcole dc Soustar 5 . Rabban 
Haia v6cut longtemps ; chose curieuse, en efTet, son nom signific : il r// 6 . 
Apres sa mort, il fut enseveli dans le couvent qu'il avait bnti. Que ses pricres 
soient notre secours ct notre assistance. 

I. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 28, ou, au lieu dc Haia, on lit « Gani ». — 
2. Voir ci-dessus, n° XV1IL — 3. Voir ci-dessous, n° LIV. — 4. L'auteur veut dire lo 
couvent de Mar Abraham; car selon lui Mar Abraham etait deja mort. — 5. Faute du 
copistc au lieu de CaJcar (voir ci-dessous, n° C). — 6. Vivens. 



arrrr^ 1 ^\ Cr.J 

3 v^/i ■ <^ -^r^ Jh^J Cl ^ aJ t^jLJ^ j Ui 

CjIJjYI fj*-* c5 «-L*-^j /*bjlo o*^} <LjlSSj ^il> dLj ^ ^JyZi U-j£j-iol 

LJi .^jJf^ii (J^J~ * ^/-^ (*~^* L>jxjjLol 

1. Jacuil. — 2. avot/wr/.T-/,;. — 3, ,lo ex j^>o» opus. 



L UlsTOIItK OK BvmtAN IlvilAl UK NlMllK I. 

(Test t\ cclle epoque aussi qu'apparlicnt cc Bicnhenreux. U etait dcs 
notables tl.o Nisibc (Xastbin). Dans sajeuncssc, il s^etait adenine avcc deregle- 
inent a ljoire, aiix chansons cl an jcn. Dieu, qui voulut le choisir, lui envoy a 
une vision, qui h* troubla. 11 se rcndit aupres do Mar Abraham, qui, rayaul 
vu, lui prcd.it sa dcstinee et lui nnimn?a qn'il scrait tin Pere pour un grand 
nombrc d'hoinmcs. 11 lui donna lc nom dc Babai et le rcQul au n ombre dc 
ses enfants en lui donnant, ['habit rnonastiquc. 

Apres la morl dc Mar Abraham 2 , il sc retira dans une grotto dans la 
montagne d'Adiab&ne (Huzza) avcc l'anachorete IsiVzkha 3 , et Sabrisd', qui 
devint calholicos \ Cc sout ecs denx d^rnicrs, qui firent sortir lc demon d' En- 
No 'man, roi dc Hira ; . Iso'zkha admirait la devotion dc BabaT, ses mortifica- 
tions et ses bonnes oeuvrcs. Un jour qiiMso'zfel'ra etait absent et sc trouvail 
dans un rouveut cn Adiabenc [Uazzu) i on porta a eo dernier uti enfant boiteux 
(pour lc gucrir). Quand on arriva pros de la grotto do Mar Babai, le pere dc 
Tcnfant sassit pour sc reposcr de la fatigue dc la route et pour manger 
qnelquc chose. Les chamcaux s'etant echappe.s, on descendit a Ictir recherche. 

1. Cf. Le Livre de la Chastete, n" J 7; Guidi, Chron. Anon,, p. 18-19. — 2. Arrivce 
en 588. Voir ci-dessus, n° XVIII, p. 135, n. L — 3. Sur cc personnage, voir Le Livre de 
la Chasiete, n° 47. — 4. Voir ci-dessous, n° LXY et suiv. — 5. Cf. ci-dessous, p. 47S; 
Mari, p. 57; 'Amp, p. 47-48; Jlistoire de Mar Yah alalia, de trois pautres attiaruhes..., 
cd. Bedjan, p. 322-32S. 



[135] L. — HISTOIRE DE RARBAN BAB At DE NISIBE. 455 

^ .<c^ p^AxJ .l^lL J JliJ ^1 IjJj^ (n^^f" 

JUS •p J ^r^ *y^3 ^V^J-^J <^ lj^>3 I^A^o jji ULjl LtJ^j .CjlS 

jjl* (J <*JI IjjL^j .^JLsjJI jo-j ^J?LiJl <u^UL* ^U- ^>«*J3I 1a* 

.As%"l ^ 4JJI pJLSC^ jjj . 3 <Jj3 Lt}>- ^ V^ibj J IjXis fUVl 

1. t^,. — 2. Sic. — 3. _ ex ccllula. 



L'enfant, sc voyant tout seul, sc mit a pleurer. Mar Babai, que les eris dc 
1'enfant avaient fait sortir de sa grotlc, lui demanda pourquoi il plcurait. 
II lui repondit qu'il pleurait paree que ses parents veuaient de le quitter. 
Le Saint ltd dit de les rejoindre; mais Tenfant lui fit savoir qu'il ne pouvait 
pas se mettre dehout. Alors il le prit par la main ct le lit sc tenir sur ses 
pieds. Ouand ses parents, a lour relour, le virent se tenant debout ct qifils 
ne purent voir, malgre leurs reehcrches, un etre huiuain qui l ent gueri, ils 
allerent voir Isd'zkha pour lui faire conuaitre leur histoire. « Cc n'est pas 
Fange, leur dit-il, qui a gueri les pieds de votre enfant, ainsi que vous le 
pensez, mais e'est Mar Babai" de Nisibe, qui liabite la grottc qui est pres 
du village appele Beith Gammala. » 

La patience de ce Saint a supporter les attaques des demons etait inexpri- 
mable. Un jour ceux-ci se jeterent sur lui, lui liereut le eon d'une eorde el 
Tattaehercnt a un bois sur sa grotlc. Mais Dicu uc leur donna point Ic pouvoir 
de le faire pcrir. Le Saint les ay ant conjures par la parole de Dion, ils le 
laisserent et prirent la fuite; les frercs vinrent et le delivrerent II opera 
bien des miracles. Longtemps apres 2 , il jugea opportun de fonder un convent 
dans la montagne d'Jzla (Al-tel); il y etablit la regie de Mar Abraham. II 
survecut trente et un ans k sa fondation; apres sa mort, ses restes fnrent 
inhumes dans son couvenl. Nous en avons parle en detail dans sa biogra- 



1. Litter, le porterent. — 2. C'cst-a-dire apres avoir habile la monlagae d'Adiabene. 



m iiistoiiik nkst(HMi:nnk. [\*m] 

J>ij -C* fcYj-« ^ }y| U bAlt ^Uli .^t ^» 5 jU* Ja*3 

wLj^ . Ul^- u^ji *UI jUj -J*r^ J *Yj* <JLU .villi <J*Li 

<n\f^}\ f^b ^ ^ ^ (j^s • fv^Jl is~*y?^\ 

1. J^^xLj ex js^xal historia. 



phie ([lie j'ai eomposee nioi-ineine Qnu scs pricrcs nous couscrveut ct nous 
donneut le salut. 

LI. — IhsTOUiE he Haijbax Yaunan 

Un mage avait tin esclave, du nom dc Yaunan. Cclui-ci allait visiter 
souvent Mar Babai 3 dans sa grotte pour s'entretcnir avec lui. Un jour 
son inaitre Tenvoya a la moutagne dWdiabenc (JJazza) pour lui rapporter 
du vin dc sa vigne. L 'esclave so dirigca vers la grotte de Mar Babai ct 
s'arreta chez lui; et il sc mit cn retard pour l'exccution de Tordrc de son 
ma it re. 11 eut penr alors dc son inaitre, ct s'en ouvrit i\ Mar Babai'. Celui- 
ci Lui ordonna dc remplir d'eau les outrcs a la fontaiuc qui coulait devant 
sa grotte et dc Tapportcr (a son maitre). Yaunan obdit. Son maitre, Tayant 
rencontre dans le chemin, but de cctte can, qn'il trouva ctre un vin excel- 
lent, lnforme ensuitc de Tliistoire dc son esclavc, il ralfranchit. L'eselave 
sc rendit aupres de Mar Babai et rcsla clicz lui pour lc scrvir ; il s'ins- 
truisit dans les preceptcs du christianismc ct sc fit moinc. Quand Mar Babai 
se transporta au convent qu'il constrnisit, Yaunan resta dans la grotte; 

1. On pourrait encore traduirc : « Xous en avons parte en detail dans sa biographic 
qu'on a composed, » Est-ce notre auteur ou bleu un autre qui a cent la biographie du 
Saint? Le texte admet les deux lemons. Mais je crois que le sens dc la phrase est celni- 
ti : Ce que nous venons de dire sur Babai a etc emprunte a sa biographic — Babai 
aurait vecu jusqn'a l epoqtie du roi Siroi 030), Voir ci-dessous p. 55.'?. — 2. Cf. Le Livre 
dc la Chastete, n° 27. — t 3. Voir ei-dessus, n° L. 



[137] LIT. — I1IST01RE DE SAIIRONA. 457 

p-JJ V t> Lr** J 4^ ^ L< ^3 *3-^aS .jUjl 

®<i oLoj ^ ^ 

J jJj! J^l Vj ^ j>J1 ^ylt C.«..->- j^jl w^Cj .c^l c» 

.jU^JI <J1 ^f-lj .ciUi J^ii .IjaS Ijj ^Ljj y^jl Jwai jl (^jl j*T . JU^ll 

1. Intellige 



et, pour y conserver la tradition dc Mar Baba'f, ct pour logcr les moincs, 
qui, en apprenant son histoirc, etaicnt venus se grouper an tour de lui, 
il bafit sur la place, tout pros d'un village appele Bati, tin convent, on il 
mourut ct fut inhume. 

LI1. — IhsTGinE n k Saiiroxa. * . 

Ge Bienheureux, qui apparticnt lui aussi a cette epoque, ctait des notables 
de Nisibe. 11 se rendit aupres de Mar Abraham 2 , et regut de ses mains 
r habit mouastiquc. Apres avoir mend pendant quarante ans la vie d'ana- 
chorcte, supportant la chaleur et le froid et se privant de pain durant les 
trois scmaines 3 , il se rendit aiix pays de Qardou, on il batit un convent pour 
les moines qui se reunirent aupres dc lui. Apres sa mort, il fut enseveli 
dans ce convent. 

1. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 18, ou ce nom est ecrit Sahroi"; comp. Histoire 
de Thomas de Marga, lib. I, cap. 14. — 2. Voir ci-dessus, n° XVII I. — 3. L'annee 
Iiturgique des Xestoriens est ainsi divisee : commencenl tout d'abord les quatre 
semaines de FAnnonciation (Avent) ; ellcs sont su ivies des deux semaines de Noel; vien- 
nent ensuite les sept semaines de lEpiphanie ; puis les sept semaines du Careme ; 
ensuitc les sept semaines de Puques ; puis les sept semaines des Apotres; ensuite 
les sept semaines de I'Ete; puis les sept semaines d'EIic, enfin les quatre semaines de 
Moise, qui sont suivies imme'dialoment de quatre semaines de la Dedicace de I'Eglise. 
Dans les convents, outre les semaines du Careme, on jeimait aussi les sept semaines des 
Apotres avec les sept semaines d'Elie et les quatre scmaines de Mo'/se. j*ga* [^yS~>) 
signifie « semaine » et un nombre determine de semaines. Ainsi par exemple \&~*\ \±<±^* 
vent dire les sept semaines de I'Ete. Xolre auteur par ^JjJ! &^!j^Jf entend done les 
semaincs des Apotres, d'Elic ct do Moise. 



I iS 



'»:,« HISToiltK NEiiTouiliNNK. [i:w] 

• *U II ^Jl j III? * < blA>j . cill-^M ^JlL$ ^c- — « I (3 

. 0 L>Jlj itJI ^i^A YLtl kS^t-* t5-*^ O^-H J^'b 

iUjVI ^>l> £~~U <JL-i ^Jl <3^' fib .c^ l£o_$ L5 Ls5 

1. Cod. U^j, — 2. vol 



LIIL [IlSTOIHK 1>E IMvil YviIIl (Y(tltttu) LA >' AC 1 1 0 It K T 1£ ' . 

Ce Saint apparticut a cette epoquc. Ayant cntcndu parlcr dc Daniel 2 , 
disciple dc Mar Abraham qui habitait a Cascar, il vint lc trouvcr, ct rcsla 
chez lui pendant un mois. Puis il sc scpara de lni et alia demeurcr dans uno 
grotto pr.es du Grand Zab. Los pecheurs lc virent sonvent faire le signc dc la 
croix sur les caux, et marcher sur lc lleuvu ; et ils l'entendirent qui disait dans 
sa prierc, les bras leves au ciel, et les larmes plein los yeux : « 0 Christ! ton 
amour nYa I ue. » 

Yazdin 3 , auqucl Kosrau (Kisra) avait eon fie lc gouvcrnement de plusieurs 
provinces de Beith ArmAyc (Xabal) ct dc la Monlagne, ayant eutendu parlor 
de lui, vint lui demandcr avec instance dc pricr Dieu de rendre la vie a Tun 
de ses Ills, qui etait mort, ct il retendil devant la porte de sa grotle. Le Saint 
pria bcaucoup; Dieu Tecouta; car rcufant se leva ct lc Saint le rendit a sou 
perc, comme Elisce avait rendu a la veuve Sunamite son lils\ Puis il quit ta 
sa grottc. Notre Seigneur le Christ (que son nom soit adore) lui revela la 
retraite d'unc femme anachorelc. qui habitait une monlagne 5 ; il alia la visiter 

1. Cf. LeLivre de la Chastete, n° f i0. La vie dc Mar Yahb a ete ccritc par Salomon 
Bar Garap et par Rabban Apnimaran (voir Thomas dc Marga, lib. I, cap. 18 ct 10). — 
2. Voir sur ce personnage Le Livre de la Chaste le, n° 31, ou il est (lit qu'il etait origi- 
naire de Ca^car ct qu'il batit un couvent dans la montagnc d'Arokh. — 3. Sur ce per- 
sonnage, voir ci-dessous, n° LXXX1. — Gf. 11 Hois, iv, 20 ct suiv. — 5. Gf. Thomas 
de Marga, lib, \ } cap. 19. 



[130] LIV. — I1IST01RE DE RABBAN SABOR. '.59 

<dj,Ls> jlykjJI ^^c. cT"*^ U^^jLT u Ux- 

i. ^UL» ex u^\.v> doctor. 



pour obtenir sa benediction. 11 raconta que la chemise dc la recluse etait en 
pellieule de papyrus et "que sa nourriturc etait les raeines des plantcs de la 
montagne. 

II fut enscveli apres sa niort dans la grottc qu'il babitait. Viiigt-quatre ails 
apres, Yazdin transporta ses restes a Karklia de Guedan et les niit dans le 
tombeau des martyrs. II a ecrit 1 une lettre, dans laquclle il traite succincte- 
mcnt du C re at en r (que son nom soil exalte) et des creatures. Elle a etc com- 
mence par Apnimaran superieur du convent de Za f faran\ Que ses prieres 
soient avee nous. 

LIV. lllSTOIHE 1>E R\BtiAX SaBOR \ 

Cc Saint etait originaire de lluzistau (Al-AIuvdz), d\m village appele Ad- 
Dolab. Ses freres, tlont il etait le plus jeune, lui portaient envie, parce qifune 
fois, par le signe de la croix, il avait multiplic un pen de ble qu'il avait, de sorte 
qu'il lour avait suili pendant toutc une aiinee jusqira la premiere moisson. 
11 fut choisi des son enfauce, a rinstar de Samuel, de Jeremie et de Jeau- 
Baptiste. Apres avoir fait ses etudes, il fut pendant uu certain temps docteur 

1. Cf. Ebedjesus de Nisibe, apud Assem., B. 0*> HI, pars I, p. 186. — 2. Voir sur ce 
moine Le Livre de la Chastete, n° 94. — 3. Les rubles de ee convent se Irouvent tout pres 
de Tella-Zqipa, village a cinq heures au Xord-Oucst de Mossoul. — 4, Cf. Le Livre de 
la Chastete, n° 55. 



m M1STOIHK NKSTOHIF.NNK. 1 1 AO) 

jL*J\ LLj* .J^> J\ LU ^yj J\ \)jL, ^ .Jw-aIII %i Jj* JXj 

.^Yl ji?U5l ^y-l f U J J\c 3 .^jjUJ! ^Vl JuJtj^ <JI 

.LL>- jj-j j p^L*^ ^ Jr*!?* Cx* ^ J^-> .o^Jl cAi j^w* Jls_j <)Lwj <L5j <*aJ^ 

■a? j\ .^AiJI Iaa ^ JU j^>L ^1 Ifvr 4 jL^ <^-^ <^>j ^-3 

• p. i5i. ^Vl jl^ .<0 j^Uy tw ^Liil l^L^li * .wJl ^y^x JJS -uj ,cJ ilc j ^Li>l 

^-UJi JJU c# jryiw, oj^i ^ jJa^^ ^r 1 " fV^ u**i <i <jr^ 
1. ff/oX>5. — 2. JXJ cx u^o^c/ discipulus, schoiaris. — 3. i^at opus. 



dans I'ecolo tic Drir-IWihrftq. Puis il se rcndit h Sous tar (Toustnr), accompagne 
tie sept eeoliers, qui mcuerent avee lui une vie saiutc. lis allerent bienldt voir 
;i Cascar Habban IJaia \ qui leur enscigna la vie monastiquc, ct leur remit A 
cux et h Rabban Sabor la regie de Mar Abraham. (Kabban Sabor) rctourna an 
pays d'ou il venait, et bfitit un convent dans la montagne de SouStar. Bcaucoup 
de gens se grouperent aiitour de lui. 11 convertit les Kurdes (M-Akrdd) voisins. 
11 vecut justju'a Pepoquc de lldyahb, le dernier catholicos tie ce nom 2 . 
Gelui-ei le vit, le recut el lui demanda : « Qui t'a enseigne la vie monastiquc? 
— La regie, repoudit-il, de Alar Abraham, ct Habban Haia. » 

Ouand Jean (Yohaima), fils de Marta 3 , qui devint catholicos, Isaac, qui 
fut cousacre eveque dc Karkha de Suse, ct Sourin qui fut eveque de Mih- 
radja\ se rendirent au convent de Habban Sabor : « Dieu, leur dit ce Saint, 
vous a choisis pour etrc pasteurs dans son Eglise; la grace vous appellera 
bicntot. Aeeomplissez bien ce dont vous serez digncs. » Sa parole s'ac- 
eomplit A la lettre 5 . 

Un jour (parut dans la region) un enorme serpent, dc la bouchc cluquel 
sortaicut commc des etincclles de feu. Le Saint Tayant conjure par la parole 
de Dieu, il devint (inerte) comme une chaine etendue depuis lc sommet tic la 

1. Voir ci-dessus, n* XL1X. — 2. Isoyahb d'Adiabene siegea dc 048 a (558. — 3, Ce 
patriarche dirigea l'Kglisc ncstorienne de GS2 a (J84. — 4. Cc serait Beilh 
MihraqAye » (maison des gens de Milira), appelee aussi ^ r ^?c^o « Mihrganqdag » 
(voir Syn. Orient., p. 660 el 077).— 5. Cette anecdote est rapportee aussi par 'Aim*, 
p. 57-58; mais celui-ci nc mentionne que Jean, fds dc Marta el Isaac, eveque de Suse. 



[141] LV. — IIIST01RE DE MAURICE, EMPEREUR DES GRECS. 461 

(V^ 1 ^ 

.^X <>~^ dUJl JjJki .>U>li f^li- jl^j .ss-u i^JLJl dlLi .*-U dLUI jyC 
1. ^LCU vel ^LCli ve ^ICli etc. 



montagne jnsqu 1 ^ son pied : ce qui se voit aujourd'hui encore et plonge dans 
Petonnementtous les visiteurs. • 

Puis Rabban Sabor mounit et fut inhume dans son couvent devant le 
temple. Parmi ses disciples, nous citons Rabban Khoudawi, le fondateur du 
convent de Beith H&le \ Malkiso' 2 , le fondateur de 'Oumra Hadtha 3 a Goun- 
disabor et 156' 'ammelr\ le fondateur du couvent de Falikan 5 . Que les 
prteres de tous (ces saints) soient avee nous. 

LV. — Histoire de Maurice, empereur des Grecs*. 

Nous avons dej& dit que Tibere (Tibdryous), empereur des Grecs, qui mou- 
nit en 894 7 d'Alexandre, ne laissa aucun fils pour lui succeder. Maurice 
(Mourlqi), mari de sa fille et general de ses armees, qiPil avait designe pour 
son suceesseur, regna apres lui. II etait bon et vertueux. II gouverna Pempire 
avec sagesse. Dieu le fit triomplier de tous les ennemis qui Pattaquerent; il 
remplit d'argent les tresors de PEtat. II confessa publiquement la dualite de 
natures dans le Christ et ecrivit a. ses gouverneurs d'exiler ceux qui s'oppo- 
saient c\ cette cro) T ance : ainsi les eglises furent debarrassees des Iiereti- 
ques. Que Dieu lui fasse miserieorde. 

t, Voir ci-dessous, n° XCV1II. — 2. Sur ce moine, voir ci-dessous, n° CXI. — 3. Lit- 
ter. : du Nouveau. On lit en syriaque jL r iv^o*. — 4. Je n'ai trouve aucun renseignement 
sur ce personnage ni sur son convent. — 5. On pourrait encore lire : Qalikan, 011 Qalen- 
kan, ou Fahenkan. — G. Cf. Evag., lib. V, cap. xxi et lib. VI, cap. 1 et seq.; Chro- 
nique de Michel le Syrien, t. II, p. 358-359. — 7. 583. 



Mil IMSTOIHK M'S'l'dUIKXNi:. 

V( S^Lp J^;^ Ciul>. d)b* iwJij 




LVI. — UlSTOIRE 1)K H.vniiAN JACQUKS LE FONDATKUlt DU COUVENT 

D1C 1 i K 1 T 1 1 'AliE 2 . 

Cc Saint etait origiiiairc dc la villc do Lasom dans la province dc Beitli 
Gannai (Hddjarmi). Sun pure ct sa larnillo 6 talent au service dc Rosrau; mats 
des delracteurs les desservircnt aupres du prince, qui confisqua leurs biens et 
jcta I'oncle de Jacques en prison. Jacques (Yu'qoub), que Dieu voulait ehoisir, 
abandonua ses Liens ct sc rendit h Marga (Al-Mardj) s'expatriant ainsi h 
Pinstar dc Moi'se, dc Jacob et de Joseph. II s'nppliqua fi Tctude dans Tecole de 
ce pays; sa renommce se repandit alors. 11 el ait beau ct eclataiit de visage. 
Puis il Tut docteur dc 1'ccole pendant buit ans. II convertit plusicurs (here- 
tiqnes) et detourna beaucoup de gens dc Tidolatrie. 

Ayant entendu parlcr du couvent dc Mar Abraham 3 , il sy rendit et y 
resta sept ans avee Babai le Grand \ Rabai de Nisibe \ DadistV 0 et leurs 
compagnons. 11 habitait dans unc cellule isolee. II en sortit ensuite, malgre 
son desir, apprehendant la gloire et la grandeur auxquellcs Dieu Tappelait. 11 
fut aecompagne de sept moines de difiercntes regions. Isoyahb d'Adiabene, 
<jui devint eatholieos \ se fit son disciple 8 . II ne dormit pas tine fois depuis 

1. La biographie de Jacques a ete eerile par Sahdona (Thomas do Marga, lib. I, 
c. 34), par Salomon Bar Garap (ibid., e. 18), par Uabban Apnimaran {ibid., c. 24) et par 
Gabriel Haqoda (ibid., lib. 11, e. 33 . — 2. Cf. Le Ln>re de Id Chastete, n° 'A\ ; Thomas 
de Marga, lib. I, cap. 6, 12, 20 <>t sq. — 3. Voir ci-dessus, n° XVIII. — 4. Voir ei-des- 
sous, n° LXXXIV. — 5. Voir ci-dessus, n° L. — G. Sur ce personnage voir Le Live dc 
in ChastetCy n° 38; Thomas de Marga, lib. I, cap. 5. — 7. 11 siegea dc 048 h 058. — 
S. Cf. Thomas dc Marga, lib. II, c. 4; Isoyahb III, Lib. Epist., ed. Duval, p. 30, 31. 



[143] LVI1. — PETITE ANECDOTE DU PRlVTUE. 463 

. tJ^^^ j j^jlJI j j^f- ^ prA*^ (3 j$ • 

LAS 



1. Forte 13- Lla^. 



qu'il se fit moino; s'il so sentait vaineu par le sommeil, il se levait pour prier. 
II surpassa par son enseignement Gregoire (Djrighour), metropolitan* tie 
Nisibe, homnie ctMcbrc par ses vertus ' . 

Une fois, Irois fenunes steriles vinrent lui demander de prier pour elles 
afin qu'elles eussent des enfants. II prit une petite piece d'etoll'e qu'il 
trouva dans sa cellule, la coupa en trois inorceaux et en donna un a chacune 
tl'elles. Un an apres, elles vinrent le voir portant chacune leur fils et firent au 
couvent de grandes largesses. 

Ce Saint vecut longtenvps, jusqu'aux derniers jours de Kosrau (Kisra), le 
dernier 2 . Apres sa mort, il fut enseveli dans son couvent, qui a etc appele 
de son nom. 

LVII. — Petite anecdote nu puetre qui sacrhtait au demon. 

II y avait dans la region de Beith Nouhadra une ville appelec Piroz- 
Sabor% malheureux ses habitants!'' II s'y trouvait un eveque isole, nomme 

1. Sur ce personnage voir ci-dessous, n° LXXIV. — 2. Mort en 62S. — , r i. Selon notre 
auteur, cette ville est autre que Piroz-Sabor, appelee aussi Anbar et qui etait situee sur 
la rive orientale de PEuphrate au sud du canal Saqtawiya, Piroz-Sabor de Bcith 
Nouhadra serait le village actuel , appele Pe5-Sabor, silue au bord du Tigre a sept 
heures environ au sud-ouest de Zakho. Cette localite est mentionnee aussi dans la Vie 
de Mar Awgen(voir Acta Martyr... ed. Bedjan, 111, p. 4(>0 . — 4. Le texte n'est pas sur; 

nous adoptons ici : Uj l^la^l. 



m II1.STOHVK NJCSTOltlENNH. [W4J 

JyC-l J I^jL« ^JU>ti jj^LJl ^^uli <wb jJj IjJl 
.155. v ^;ljU)i fj-aJI ^> LAi jJ^DI y * ar*V^ f^K 0^3 .<j.aJI ^ 

Seholaris, discipulus. — 2. ex 

dominicus. 



Kzdcliicl (Haz(jyydl), et im eeolier appele Isaac (khaq), qui ne savait pas 
beaucoup de clioses. Gelui-ci eu sortit et alia a llarran. Quand il fut do rctour 
dans son pays, on le trouva instruit el intelligent et Ton goftta beaucoup sa 
parole; aussi le chargea-t-on d'etre interprets dans Tecole de la ville. Mais 
lui servait les demons et leur sacrifiait en secret, A Tapproehe du Careme, le 
demon qu'il servait exigca de lui qifil lui sacrifhU selon sa coutume. Isaac, qui 
se repentait de sa conduite, resista pendant tout le Careme. Le dimanche des 
Rameaux, le demon fit tous ses efforts pour le forcer k sacrifier. Mais il refusa 
encore et lui demanda un delai. Le jour de PAqucs\ Isaac ayant voulu paraitre 
devant le peuple afin de debitor une honielie qu'il avait preparee pour la fete, 
son ami (le demon) se eramponna a sa personne, et lui dit : « Si tu ne m'oflres 
pas aujourd'hui un sacrifice, je te tue. » Isaac s'ell'orga d'obtenir un dclai; 
ee fut en vain. « Je t'ai eleve a ta situation, lui dit le diable, et je t\ai dtabli 
maitre, toi qui etais inferieur et dedaigne; et toi, depuis le commencement du 
Careme, tu me trompes par tes promesses. Tu as deux poules ; sacrifie-les 
moi; sinon, je te tue. j» Isaac Timplora avec insistance en lui demandant un 
delai. Le (liable refusa et lui porta sur la tote un coup, qui le fit lumber par 
terre. Les ecoliers, qui eutendirent son eri, se precipit^rent, et le trouverent 

1. Nous appelons jour de Paques le Jeudi Saint dos Latins, et le dimanche de IMquns 
nous Tappelons dimanche de la llesurrection. 



[L45] Lf III. — FIISTOIRE DE KOSRAU PARWEZ. 4G5 

ju e l*C ^ ^U* 4JUI ,JU l*^ JiiS <| LUs ot* LAi . JUJI ^^-^L* 

JiLtr ^Vl pT UJ jl^ .L3$ ^ ^iil^ <j£>l! tsw 

.(j-UI <» ^j~s 3^,1 jl£ U Sjj <j^^ J 0^ <V» o^Uj Jr^. * P " 15 ~* 



te ndu par torrc. II leur raconta ce qui s'etait passe, et les conjura de no pas 
rinhumer avec les ceremonies, ma is de le jetcr du hant en bus de la mon- 
tagne. Qnand il fut mort, ils le traiterent comme il Favait demande. Que Dicu 
le Tres-llaut nous delivre des ruses du demon et nous tire de scs filets! 

LVIII. IllSTOIRE DE KOSIUU PaRWEZ, FILS DE IIORMIZD 

Quand Farmee detrona Ilormizd h cause de ses mauvais traitements et de 
rcmprisonnement des notables, auxqucls il faisait donncr du pain mel6 avec 
du platre", on ecrivit k son fils Kosrau Parwez (Kisra Abraich), qui lui etait 
ne de son manage avec sa soeur et qui etait en fuite, de retourner & Seleucic 
(Al-Madd'in). 11 retourna et fut proclame roi. 11 etait jeune, vanitenx, aimant 
la bonne chere, buveur et libertin. II etait verse aussi dans l'astrologie, a 
laquelle il s'adonnait et donnait toute sa confiance. Son pere le maintenait 
sevdremcnt. Une fois en possession du pouvoir, il donna Hbrc cours k ses gotits 
fri voles. II relacha les prisonniers et leur rend it ce que son pere leur avail 
enleve. Tout le monde s'cn rejouit. 

Bahrain Sobin (Sdbtn) se vit bientot oblige de prendre la fuite. (Voici 
Thistoire de ce Bahram). Apres avoir jete le trouble dans Tarmee, et avoir etc 

1. Cf. Tabari, p. 370, 430 et sq. ; Barhebraus, Chron. Syr., ed. Bedjan, p. 02; 
GuiJi, Chron. Anon., p. 7 et suiv. ; Chronique de Michel le Syrian, t. II, p. 360; 371- 
372. — 2. Cf. ci-dessus, n° XLIII. 

PATR. OR. — T. XIII. — F. 4. 31 



/,<;<; INSTOIItK NlvSTriltllvXN'K. [J/ifi| 

fjJ' cA>^ ^J-J L5^ ^ ^ fjj' ^ 



la cause du disaccord enlre Kosrau ef son pore, Bah ram enlra en rebellion 
coutre Kosrau, lui tit la guerre, et s'empara de son trone, ce qui fit fondre 
sur le peuple de grands malliours. Parwez prit la fuite et se refugia aupres de 
Maurice (Nuttruji), empereunlcs Grecs, pour implorer son sccours. 11 lui ecrivit 
tout ee (jui lui elait arrive et le snpplia de le secourir en lui envoyant quarante 
rnille eomhattanls et quarante quinlanx (Tor pour les ddpenses de Tarmee. 
Maurice exuuea sa demande et le rcQut comme il conviont a 1111 liornme plein 
de religion. II lui accorda ce qu'il avail demands. 11 lui envoya avec les troupes 
deux generaux jusqu'A Kirkesion et lui ecrivit de se rend re k 'Ana ou bien 11 
Xisibe : car cesdeux villcs etaient situees sur les fronlieres des deux empires. 

Kosrau alia a Kdcsse (Ar-Iiolta); il frit reQU avec honneur par les 
Grecs qu'il rencoulra sur son chemin ; il arriva ensuite a Mabboug (Manbedj), 
oil il rencontra les troupes qui lui etaient donnees. Kosrau revint en 'Iraq, oil 
il battit Bahrain, qui s'enfuil dans la montagne. Les Grecs 1'ayanL poursuivi, 
il se refugia dans le pays des Turcs. Kosrau fut maitre de rempire. II fit aux 
troupes grecques de precieux et magnifiques presents; il envoya anssi des 
cadeaux precieux a Maurice, qu'i! appela son pere ; il epousa sa fille Marie, — 
d'autres disent qu'elle s'appelait Sirin — et lui eeda Dara et Miparqat, dont 
son pere llonnizd s'etait empare. 

Kosrau, par reconnaissance pour Maurice, ordonna de rebatir les eglises 
et d'honorer les eliretiens. II bAtit lui-meme deux eglises ' pour Marie, 
(sa femme), et une grand e eglise et un chateau 2 <lans le pays de Beith 

I. Trois eglises sous le vocable de la Sainle Vierge, des Apolres et du martyr Scr- 
gius (Barhebneus et Michel le Syrien, loc. cit.). — 2. Ce serait le mfime clu\lcaa, qu'on 
appelle encore aujourd'luii i( Chateau de Sirin ». et qui est sitae sur la fron- 

tiere lureo-persane. 



[147] LIN. — IIISTOIKE DU PRETRE QUI S'ETAIT FAIT MAGE. 467 

^JJl ^ili 

jui, dUui ^ass .ji^iM <y i ^ oi jrt*» i* aj iL 4j j^i ji 

^^JtJI Ju* c5 ^ > ^j-U ^J>1« l^Uo oJi dlUI ^AaJI ^jj JjjJ cij 

1. ex j>v/ mysteria, missa. 



Laspar pour sa femme Sirin, raramecnnc 1 . De son temps, los chretiens 
jouirent de la paix, jusqu'aux derniers jours <le Mar Sabrisd* 2 , qui succeda a 
]so yalib 3 , et jusqu'a la morl de Maurice. Que Dieu leur fasse misericorde. 

L1X. JIlSTOlRE DU PRETHE QUI s'&TAIT FAIT MAGE 

Du temps de ce Kosrau, il y avait un prelre, qu'un vif attachement au 
monde et k ses plaisirs avait porte fi abjurer le christianisme pour embrasser 
la religion des Mages. Le roi, qui Favait honore et eleye en dignite, vonlut 
ensuite Teprouver dans le but de savoir si c'etait par conviction on bien 
pour I 1 amour du nionde qu'il avait change de religion : c< Je desire, lui 
dit-il, voir comment les chretiens cel^brent les mysteres. » Le pretre lui 
demanda de mettre k sa disposition une maison isolee, avec tous les objets 
requis pour la celebration du sacrifice. Le roi ordonna de lui preparer tout 
ce qu'il demandait, et il s'assit a une place d'ou il put se rendre comptc 
de ce que le pretre allait faire. Celui-ci commenga k dire la messe. Au 
moment de la descente du Saint- Esprit 5 , le roi vit la maisou plcine 
d anges, vetus de robes brillantes commc le soleil, et qui glorifiaient Dieu 

1. Cf. Thomas de Marga, lib. I, c. 23; Vie de Sabris6\ patriarche (Jlistoire de 
Yabalaha), p. 306. — ■ 2. Mort en G04. Voir ci-dessous, n° LXNI. — 3. Voir ci-dessus, 
n°XLII. — 4. Cf. Mari, p. 56. — 5. Les Orientaux croient que la transsubstantiation a 
lieu au moment de la descente du Saint-Esprit. 



m IIISTOIKK NRSTOIUKXNK. (I48J 

^SjJs .Cwii^ \ jy iiJI Jlw j^JI JUUj aJ^ >£ty\ 

<*j>-j ^L>tJ^ (^jL^Jl (J *JU a>.Ij <JLa 

^LyC J^alcU .jlL-jJI 4o ^3 . ^Lri>>U ^oLaII ^-j-^J ^J^r**^ 



par Umrs chants; (cl il vit) lc prfitrc rcsplendissant de Iangues dc feu ct 
vctii d'une grando lumiere. Kosrau, frappe dc cc spcclacle, rcmercia Dicu 
do la vision qiTil lui avail accordec. Quand le pre I; re eut lini la inesse, on 
lc vit d^pouille de ce dont il ctait vein. « Tu n'es, lui dit lc roi, ni Chre- 
tien, 111 mage. » II fit savoir ecla an calholicos lidyahb en lui faisant 
demander coninicnt il I'allait agir avee le pretrc : « C/est an roi, dit-il, 
d'ordonner, et de fairc cc qui lui scmhlcra juste. » 11 ordonna dc lc cru- 
cilicr et de eonfisqucr scs biens. De cc jour, il honora les chretiens et Ics aima 
davantao'e. One Dicu lui fasse inisericordc. 

LX. — IIistoihe d'en-No'man, fils d'el-Moumuiih, UOI DE lJlU.\\ 

De memo que Paul avait adhere an judaisme ct Mar Aba 2 au magisme, 
de menie cct hommc ctait attache ft la religion paicnnc. II adorait Tetoilc 
appelee Zohra 3 et olFrait des sacrifices aux idoles. Lc demon lc posseda. C'cst 
en vain qn'il demanda sccours aux preircs des idolcs. 11 rccourut h Simeon 
(Sem'oun), fils de Djabir, eveque de Uira, a SabristV, evequc dc Lasom qui 
devint catholieos ct au moine Iso'zkha, et sollicita lours pri6res, que nous 
solliciions nous aussi. Dieu lc gueril; le demon sortil de lui. 

J . Cf. Ilistoire de Mar Yabalaha... (Vic de Sahri$6 \ patriarche),^. 321-32S; Mari, 
p. 50; 'Amr, p. 47-48; Livre de la Chastete, n° 47. — 2. Cf. ci-dessus, n° XXVlb — 
'A. Laplanctc Venus. 



[149] LX1. - 111ST0IUE DE YAUNAN. 4G9 

JL, ^j* C *J?5 <iL>J -iSj~£ (i -Ulc-lj 

<jO*^ ^i$CL~« <j w> yJl . ^=>^a)l jLw — .<JLcl 

b'Aju lid 1*y->J bUil j-LlJIj j^^JI (^1 J U3 

.IjJ J^a5»o J I Asj < /^4 4^aii-j ^j^jJI <Sj~^ 

2 <i,jli>J| ^U; 4)1 .fjl^l jl^j .11^1 <L>.L * * p. 102. 



II regut la foi et le baptcme en la quatrieine annee 1 da roi Kosrau. 11 clait 
attache a la saine croyancc 2 ; il chassa los Jacobiles de toiites ses provinces 
dans son zele pour Torthodoxie. II regnaitsur tons les Arabes qui setrouvaienl 
dans les deux empires des Perses et des Grccs. Si Tun on Tautre de ces deux 
rois, qui etaient alors en paix, lui deinandait appui, celui-ci s'empressait de 
lui venir en aide. Son fds agit pareilletncnt. 

Ses Ills Hassan et Moundhir, ayant vu la grAce dont jouissait leiir pore, 
recnirent eux aussi le bapteme un an ftpres lui, et firent haptiser lous les gens 
de leur maison. Hassan ordonna a ses esclaves de ne pas einpecher les 
pauvres d'approcher de lui quand il entrait dans Teglise. Et quand Bislam 3 
se revolta contre Kosrau, Hassan le combaltit et delivra Kosrau de ses 
mains. Mais peu s'en fallut que Hassan n'y tomb&l lui-meme. 11 etait l'liomme 
le plus attache qui fut k la religion chretienne. Que Dieu le Tres-Ilaut leur 
fasse miser icorde. 

LXI. HlSTOlRE DE YaUNAN, LE FOND ATE UR DU COUVENT DE BaU TOURA \ 

Ce Saint naquit dans un village de la region de Beith 'Arbilye (IkVarbfi'ia)- 
il etait laboureur, quand Dieu le Tres-Haut le choisit. II se rendit aupres des 

1. En 593, Kosrau II ayant regne en 590. Evagre, a la fin de son histoire, semble 
rapporter lui aussi cet evenement a cette me me annee. — 2. C.-a-d. la Foi des Nesto- 
riens. — 3. Sur ce rebelle, voir Tabari, p. 47S-4S7; Guidi, Chron. Anon., p. 8-9. Cf. 
ci-dessous, p. 481. — 4. Cf. Le Livrede la Chastete, n° 49. 




470 IIISTOIUK KESTOHIKNNI!.. [\m] 

w ^,iJI jlU j>lLb UlTj S^J l^I^AJ ^x. ^4 CjU 

1. Cod. U l,U jI, u s . 



anachoretes, disciples de Mar Abraham, qui liahiiaicnt la montagnc de Sigar 
(Sindjtir): il passa avec cux dix ans, s'occupant a seiner, h nioissonner et h 
moudrc, se nourrissaut de la meme manierc qu'eux et apprenant d'eux la vie 
monastique. 11 leur rovela que Dieu l'avait choisi pour bAtir un convent en 
eet en droit. L'un d'eux, Mar Aba', dont Yaunan s'etait fait le disciple, dit aux 
autres : a C'est riiommo (|ue Dieu le Tres-Haut aenvoye pour Fonder danscette 
montagne un grand uionastere. » Quand Mar Aba lui en exprima sa volonte, 
Yaunan enlra dans de nouvelles mortifications 2 . II se priva de toute nourri- 
ture sauf de feuilles de thym et d'herbes; il opera beaucoup de miracles; il 
ouvrit les yeux d'uu tigre, auquel line tigresse les avait crcves, a la portc de 
sa cellule; il predit la fin de Tempire des Perscs, Tapparition des Arabes et 
les mallienrs que les liommes auraient k supporter. Les moines se groupercnt 
autour de lui pour la construction du couvent. a Les Arabes, enfants d'lsmael, 
leur dit-il, viendront du desert et regneront. Ce couvent sera detruit; mais sept 
ans apres, la paix reguera dans Tunivers. Alors vous, qui aurez ete disperses, 
reviendrez a ce couvent et vous vous v retrouverez reunis. » Puis il les benit 
et mourut. Son convent, dans lequel il a ete enseveli, fut nomme convent de 
Bar Toura. 

1. Sur ee personnage, voir Le Livre de la C hast etc, n° 25. — 2. Le texte arabe est 
ici trouble, la le^on adoptee est conjecturale. 



pi] 



LXII. — IIISTOIKE DE JACQUES. 



471 



jlo-l aj! Jlij .S^J^ vL>U -jjjl cri: 

... * \ f i — - u r _i - • -if i u • S m I * 



1 * * 



J* 



(^^^J (J iS^li .L^s 



* P, 16'*. 



ex ]n»->» sarmenlum. 



LXII. — Histoire de Jacques 1 , fosuateuu du couvext i»e IIbIsa 2 * 

Cost a cette cpoque que parut ce Saint dans la region d'Arzoun. II opera 
beaucoup do miracles. On racoute qu'im jour, passant pros de gens qui 
coupaient clu sarment, il leur deraanda ce qu'ils faisaient. Mais cux, sc 
mo quant de lui a cause des haillons dont il etait vetu : « Nous deracinons, 
lui dirent-ils par raillerie, des ceps ct nous plantons des epiues. » II les 
trait a corame le propliete Elisee avait traite les enfauts qui s'etaient moques 
de lui* : « Que ce soit, leur dit-il, comme vous dites. » La vigne est restre 
jusqu'a nos jours comme ua prodige ctonnant; ses tiges resscniblcnt a cellos 
de la vigne, ct ses feuilles a celles du lyciet epincux 3 . 

Sa renommee etant arrivee jusqu'aux moiues, ils se reunircut autour de 
lui. Avec lc secours d'un moiue reclus, qui fut trouve demeurant pres dc la, 
il bulit un convent et ils s'en occuperent tons deux. (Test pour cela qull a etc 
appelc le convent dc Jacques le Reclus (la'fjoub Al-llabls s ). 

1. L'histoire de Jacques est conservee dans un manuscrit de la bibliotheque episcopate 
de Djezire. Selon cette histoire, qui d'ailleurs ne me semble pas authentique, Jacques 
etait originaire d'Egypte et disciple de Mar Awgen. — 2. Cf. Le Livre de la Chastete, 
n° 24; Thomas de Marga, lib. I, c. 14. llbi^a (\%^,.) vcut dire : Reclus. — 3. Cf. 11 Rois, 
n, 24. — 4. La tradition de ce miracle, qui s'est encore conservee dans les villages de 
Seert, place ce phenomene dans le village de Qetmos, ou Ton montrc encore les 
pretendues vignes transformees en epines. — 5. En syriaque, la'qoub Hbisa ou Hbisaia, 
« Jacques le reclus ». Sur remplacemcnt de ce couvent, voir noire Catalogue des 
manusvrits de Seert [Introduction), 



i72 IlISTOlllE NKSTOUIKNNK. [155 



pLU' pi jJI J jLTl fv J jL>j ^jyL pA^j fjjl d^U J^i J^V 

. Oj ApJI ._g ,U 

1. Sic. 



LX 111. IllSTOIltE DES PATJUAIlCHlvS JACOBITES. 

Aprcs la mort de Severe (Suwarra) Ies Jacobites furent prives de patriar- 
che eonnu depuis le regno de Justin (lousious) jusqu'aux dcrniers jours de 
Maurice (J/ofhwr//), paree que les einpereurs grccs les persecutaient, clier- 
cliaient attontivement h les expulser 2 . Toutcfois ils curcnt deux patriarehes 
occultes, mais qui ne purcnt arranger leurs affaires. Apr6s la mort de 
Maurice, ils ordonnerent un patriarclie pour Antiocbe (Antdkya) : c'ctait 
un liomine <le Callinique iHaqqa), appele Pierre (Fatra)*; celui-ei consaera 
des eveques pour plusieurs dioceses. lis avaient aussi un autre patriarchc * 
a Alexandrie (Al-hkandariya). Une querelle s'cleva entre ces deux patriar- 
ehes, qui furent anathematises Tun par Tautre 5 . 

LX1V. IIlSTOIHE DE TlTL'S, EYEQCE DE IIdATTA". 

Des les temps reeules, lldatta (Al-IJadttha) ctait sous la juridiction du 

1. Voir ci-dessus, n° X. — 2. Ici la phrase est obscure. } y}~> ce n'est certaincment 
pas le roi Sapor. — 3. Voir sur ce patriarclie Barhebr., Chvon. Eceles., pars I, p. 250 
ct suiv. — 4. Nomme Damicn. Barhebr.., loc. cit., p. 258. — 5. Cf. Barheb., loc. cit.; 
The Third P.art of (he Eccles. IJist. of John Bishop of Epfiesus, eel. Cureton, p. 302- 
305. — 0. Cf. Le Livre de la Chastete, u° 5A. 



[153] LXIY. - H1ST01RE DE TITUS, EVEQUE DE IIDATTA. 473 

jb^lj .4)1 jil J^li . ft Ul <w~U> JLii oLJ ^1 o^; _^a>-tj ,*>E&Yi 
1. In margine, graphic : J; '^sr't. 



nietropolitain d'Adiabenc (liazza). Les partisans de Severe [Sdwarra) et de 
Jacques (Ya'qoub), sy etaut rendus en %(> dWlexandre, en seduisirent 
les habitants et corrompirent ieur esprit. Le catliolicos Is6 yahb, Fayant 
appris, ehoisit un certain hommc, appele Titus (Titans), et le eonsacra eveque. 
Celui-ei avait d'abord professe le niagisme; mais ayaut ete clioisi et illumine 
par Dieu, il se fit baptiser. II etudia dans FEcole de Seleueie \ Titus refuta 
les Jacobites par ses controverses et les chassa de Hdatta. 11 baptisa beau- 
coup de ses habitants, et des Juifs qui s'y etaient installcs. II opera beaucoup 
de prodiges et guerit les malades: II ressuscita par la permission de Dieu 
un homme mort dune piqure de serpent, en lui faisant boire de Feau dans 
laquelle il avait trempe sa croiw Yazdin 2 , quand il accompagna Rosrau lors 
de son invasion dans la region de Dara, le visita, demauda sa benedic- 
tion et lui donna trois cents deniers pour la construction de Feglise de 
Hdatta 3 . Titus, apres sa niort, fut enseveli clans cette eglise. Que ses prieres 
nous conservent. 

1. D'apres Le Livre de la Chastete, Titus etait originaire de Sirzor; il fit ses etudes 
a Karkha de Slokh, sous le doctcur Denha, et fut ordonne eveque par le patriarche 
Ezechiel (570-581). — 2. Voir ci-dessous, n° LXXX1. — 3. Ces details montrent evidem- 
ment que la date ci-dessus de 966 (655 de J.-C.) est errone'e. Le catliolicos ls6 c yahb 
qui eonsacra Titus est sans doute le premier de ce nom, qui dirigea F Eglise nestorienne 
de 582 a 595; Kosrau II, accompagne de Yazdin, s 'em para de Dara en 604. L/an 966 des 
Grecs serait done pour Tan 866 (555), epoque a laquelle Jacques Baradee s'efforgait de 
relever partout le parli monophysite. 



IIISTOIUK NKSTOHIKNNi;. 



c-Uj J jjCuJIj o^Jl j^«Vl ^Lii j .(j-^ i**Jl ^j-Lz^j iJjJL* 



LXW JIlSTOIUE 1 DU SAINT ET PUK MaH SaIUUS6* (lE TRENTE ET UN 1 OIK "] 

CvTlIOLICOS 3 . 

Ce saint Pere etait originairc d r un petit village, appele Pirozabad, clans la 
contree de Beith Gannai (lUldjarmi); son pere, qui etait berger, vit en songe 
mi hoinmc dcbout vetude gloirc et de splendour, qui lui disait : « Tn auras un 
fds juste et pieux, et tu Lappelleras Sabris6\ ear Jesus sera son espcranee \ 11 
sera grand et pur; il s'clevera en dignite et sera le chef dc TEglise dc Perse. 
II reglera pendant son pontiflcat les affaires de LEglise aussi bien que cclles 
de TEtat. Les autres seetcs, ellcs aussi, le regarderont comme leur chef. Son 
unique desir sera de glorificr Dieu et de le remcreier. » II raeonta cctte vision 
a sa femme, qui loua Dieu en disant : « Nous sommes ses serviteurs. Que sa 
volonte soit faite. Nous n'avons qu'u le remereier et h le louer. » 

Quand elle fut enceinte, elle vit aussi en son^e qu'elle avait mis son fds 
au monde ; il etait comme assis sur un siege dans le temple de Jerusalem (Beit 
el-Qods), convert d'un voile et ayant sur la tete une eouronne d'or; des 
soldats se prosternaient devant lui et les foules se pressaient pour Tapprocher 

1. Litter. : mention de l'histoire... — 2. lei deux ou trois mots oat etc effaces. A 
restituer : ^y^JL ^c^U^t (voir ci-dessus, p. 43R). — 3. Cf. Ilistoire de Mar Yaba- 
laha..., p. 28S-331; ^lari, p. 57-60; Amr, p. 49-51; BarhehraHis, Chron. Eccles. y II, 
coL 108; Syn. Orient., p. 456-470. — 4. >^n» .^m Jesus spes mea. 



[155] LXV. - 1IIST0IRE DU SAINT ET PUR MAR SABRISO'. 475 

f .<» iLU cJi <£-Ul ^y^rr i ^ M ^ 0^3 fr^ o^. 

(J X t 3 l<j jujJ iuJI Jl «*o jU US .JUJ! Sju JU£ -u oJj ^ 

J f^U 3 dUi J jl4 jUJl JWSY1 JbJ *1> .cCJ 01 jf-v, .us .jL-ill 

.l^Uj £*JI j ^1 dU JLj jl ^Ai" ^jJ> <J J 12 .<uJl 

olA] p^i? -^/J p^*" "^UJ ^ISIS .^.xiJI p*r^l fU J^t^ 

Uj .^yJlj J&1 ^ f ljdL ^ ^ii jl^ *Y .tl^x, jl*J\ f b 



P. 168. 



1. ^ ex u°\+* thuribulum. — 2. Sic. — 3. O-iJl ^05, 



et demander sa benediction; et lui, il faisait le signe de la croix sur lenrs 
fronts. Elle entendit ensuite une voix qui lui disait : « C'est celui-ci Sabris6\ 
que tu as congu. » Aussitot qu'ellc se reveilla, elle prit Tencensoir ; ellc? y jeta 
de Tencens et remercia Dieu de la vision qu'elle venait d'avoir. 

Enfin, son terme etant venu, elle enfanfa un fils ; son pere le porta a Feglise 
pour le faire baptiser. L'enfant ayant pleure comme pleurent tous les autros 
enfants, son pere leva la main pour le faire taire. Mais un moine vertueux, 
qui se trouvait alors dans Teglise, V ayant vu (faire ce geste) : « Comment 
oses-tu, lui dit-it, lever la main sur le chef et le palriarche de TEglise 1 ? » 

Arrive h V&ge de ^adolescence, ce Saint se mit a's'exercer a Toraison. II 
se rendit aNisibe (Nasibin) pour s'y instruire aupres d'Abrahain Tinterprete 2 ; 
il excella en merite et en science. S'abstcnaiil, a Finstar de Daniel 3 , des 
plaisirs de la table, il ne se nourrissait que de graines et de plantes. Puis il 
se fixa longtemps dans le couvent \ on, s'etant engage a contribuer avec les 
moines & la depense de la nourriture, ceux-ci n'eurent pas occasion de soup- 
gonner sa fagon de vivre. S'en etant enfin apergus, ils se mirent a Tobserver. 
Emerveilles de sa conduite et de ses austerites, ils vinrent le trouver en clio^ur 
pour lui demander pardon de F avoir oblige injustement a faire avec eux la 

1. Ces trois anecdotes ne se trouvent pas dans sa Vie [y. ci-dessous, p. 504, n. 1). 
— 2. Sur ce personnage, voir ci-dessus, n° IX. — 3. Cf. Daniel; I, S et suiv. — 4. En 
quittant rEcole ; il se rendit a Qardou, ou il passa neuf ans (Vie, p. 294). 



'i7i; IIISTOIItK NKSH)|{|f«:NNK. 

prl/ £^ K *^- 4 ^V^i ft*' Of^ . J^UI ^ 

L yii>" P^j-*A> ^J^3 1^"** <J-*[j ^Lr* J^-^J {J**** -A»lt^j C^l-a* «J J^j> t^-lJl 

;>1<S .cJU 

. AT^JLcj <JUl \ .til Sl^Yl CjJJjj 

I. Cod, ~X 

depense tie hi nourriturc, doul il ne prenait rien. Voyant alors qu'ils avaienl 
dovine sa vertti, il les qutUa npres etrc restd neuf ans avec eux, et alia a une 
raontagne, ditc de Sa'rftn \ ou il bfttit une cellule et il y demeura pendant 
cinq ans. 

Dieu, ayant voulu manifester aux hommes les dons qu'il avait aecordds 
a ee Saint, inspira a un homme afllige par la mort de ses huil enfants qu'il 
avait perdus Tun apres l'autre, d'aller le trouver pour lui demander de venir ft 
sa maison, afin que parses prieres et ses demandes vecut Tenfant, qui devait 
lui nail re. Lc Saint alia avec lui ; entrc dans la maison, il se rait a prier Dieu 
en versant dcs lannes pour lui demander d'eearter de riiomme et de sa 
femme Tepreuve de perdre encore cet enfant. 11 veilla toute la nuit. On enten- 
dit les voix des demons, qui criaient ft la porte de la maison : <c Ouvrez; c'est 
le maitre de la maison qui est la. d En ellet, le Saint, d'une parole, avait 
ferme sur eux les portes et les entrees, et avait fait tout autour de la maison 
le signe de la croix. La femme enfanta un fils, qui fit la joie de ses parents 
et de sa famillc. 

La renommee du Saint se rcpandit dans les regions eloign^es. Pour eviter 
les visites de la foule, qui avait commence ft venir le voir, il se retira clans 
un desert, pour y vivre dans la solitude. (Un jour) deux esprits vinrent ft lui 

1. A une demi-heure a Tesl de Mardin, il y a une montagne appelee Sa'ran; mais 
la Vie de Sabriso' semble dire que cetle montagne se trouvail en Heidi Garmai (p. 205, 
300). 




[157] LXV. — llfSTOIRE DU SAINT ET PUR MAR SABRISO'. 477 

{ J<p *i LjcIj 4-J j *L*>ji . aJ ^>b^ * Uyw j 1^3 .i»JI ^»a7j * p. no, 

^1 Aias- ^11 Ajuj .iLc ^Jl L=£ aJI *s^3 cfJJi aJ ^1 Jj "i-^L-YI 

.j^Jli. <u*JL~YI JUUUJI ^s-ytA aJ jJLJ <JaI ^-ull r-jj 

^^ai .ctiUJ wjulll JJ>"3 • Ji^ A^l ^l^j Ijl^ LJ-VJI Cv^Lt^ ^Ijj plaPj .^jLiJl 

ac^JIj Jf^JI Jlji .UJI ^1 &a» ^ j j jpn-JI ^l xJI £jY 1 ^L^U jLLaJl 

-V^jJI Ij-CLpj jj-Ul ^ jYI j-*-^^ O^ijj . frU-rJ! . < j-^3 

dJL* .fttJL bL-\s ^Jp^^o jjj wwUaJl A-At ^ ji .Hsu * p. i7i. 

1. Legerc S*!yJL> U^L. — 2. -i^^J ex u^x^ impositio nianuum. 



et lui annoncerent que son Seigneur lui ordonnait d'aller diriger sou Eglise. 
Puis, ayant mis sur sa tete un gros livre qu'ils avaient avec cux et dans lequel 
il y avait de Peeriture, ils commencement a y lire les paroles du rite de 
('imposition des mains. Ils lui remirent aussi le bftton pastoral. 11 eut deux 
fois cette vision 1 . Peu de jours apres, les habitants de Lasom, inspires du 
Saint-Esprit, vinrent le fiancer (a leur eglise); et le catholicos Isoyalib 2 le 
eonsacra leur eveque* 

Une fois assis sur le siege episcopal, il opera des prodiges et des miracles 
itonnants. La nuit du dimanelie des Rameaux, la pluie se mit a tomber; 
^lle continuait h descendre avec abondance ; le jour commcugait dans les 
tenebres; la fete allait etre troublee ; le peuple en etait consterue. Sabriso* 
fit clever les croix, et preparer Pappareil de la fete; il sortit dans la cour, 
les mains levees au ciel. L'eclair eessa aussitot de briller, le tonnerre de 
retentir et la pluie de tomber; le soleil se montra dans un ciel serein, la 
terre se secha et le peuple, qui avait desespere, se rasscmbla et celebra la 
fete avec une tres grande joic 3 . 

On raeonte 4 qu'il se rendit apres cela au Zab 5 ; t/etait an mois d'avril; 
le fleuve avait deborde; les eaux etaient grosses et tres impetueuses. Le Saint 

1. Cette vision est tout autrement racontee dans la Vie (p. 314). — 2. Bokhtiso e , 
metropolitain de Reith Slokh ( Vie, p. 314). — 3. Selon la Vie (p. 317), ce miracle eut lieu 
a foccasion de la construction d'une partie de Peglise. — 4. Les deux miracles suivants 



47x UlSTOinR NKSTOHIKNNK. [158) 

. J^tJLi b-G .CsL^ ^JLaJl IJLa v_iJU- (JLk >U-j JJ3 

^r^4 Ji — ii .4, ^ir l-Oj l^jj jl Cj JLj jl <!Lj' «JI jU> ^u*-j>t« £1^1 jlj 

c**^>$j tUl ^j^} ^Jf"3 «x*->c*5 

€*U^ l^i* Ijifcl 



lit sur les eaux le sigue do la croix et passa lc llenve sans meme que scs pieds 
fussent mouilles, Un lierutique, qui se Irouvait la et qui avait sur lui des 
ohjets en or et en argent, lc pria de le (aire passer avec lui. Lc Saint le fit 
passer. Le dissident se (it son disciple et l'stccompagna; il renonga a scs 
crreurs, et ne voulut jamais se separer de lui. 

On racoute aussi que la malediction du Saint fit crever et rnourir un hoinme 
injuste, qui avait faussement jure par son noin. 

Une femme mage 1 alia le trouver pour lui demauder de prier son Seigneur 
de lui accorder un fils. 11 lui donna k boire de t'cau, dans laquelle il venait de 
se laver deux fois les mains; la femme prit Leau, mais eprouvant du degolit, 
die n'en but pas; toutefois etonnee et saisie de craintc de voir y pousser deux 
rameaux de myrte, elle consentit a la boire. Kile devint enceinte et mit an 
inonde deux fits, semblables aux deux rameaux. Kile crut alors et regut le 
bapteme avec tous ses parents et tous ceux qui Tentendirent raconter son 
liistoire. 

Le Christ voulut couvertir En-No 'mftn 2 , fils d'el-Moundhir et frere 3 de Hind 
et de Marie. Celles-ci s'etaient faites chretionncs avant leur frere. En-No 'man 
adorait les idoles et oil'rait des sacrifices ft Zohra; il etait assassin et saugui- 
naire; il ne pouvait entendre prononcer devant lui le nom du Christ ni parlor 
de quoi que ee soit de lEglise chretienne. Mar Simeon (Srm'oun), eveque de 
Hira\ ne cessait de prier le Christ de choisir En-No c m An. Dieu mit eelui-ei h 
Tepreuve pendant trois ans. Lorsqu'il voulait dormir aprfes avoir mange et bu, 

1. Originaire dlslakhr (Vie, p. 138). — 2. Cf. ci-dessus, n° LX. — 3. Cf. ci-dessns, 
n° XL1I, p. 442, 011 il est dit que Hind etait fille d'en-No'mAn. — 4, Qui ordonna pretre 
George, martyr liistoire de Mar Yabalaha..,, p. 441), et remmena avce hn a Cons- 
tantinople (p. 483 . 



1 159] LXW — IHST01RE DU SAINT ET FUR MAR SABRJSO 1 . 479 

vi^lT Aj^cw Ol*3 . Jj-wjll tf^* 0 jl »i) aJL^JIj SM^a!^ p> A) S j-^>Jl > w Jd^l J>jjt*w£ 

.jbLlSw jlrj a) 0 ^iJlj JL^VI Joo ^p! ^Ijl lil <jl^ Ail -Or** 

.^Jl Alio Jp-^J j^I^ G:;!^ j^lj X*J1 J <^U1 £j>-uJI 1 i^JYl ^JJI 

.Olc sIAjJI jl£ liU .fc^Y Ji^ V 

^^o- .^JuJI Iaa jU^I ^ J cSj \j^> l>yb Jj^ jjj 

^ jl JujUJI 1^1 ^jljikJI a) a:)?c^6 p> a> jl^j i^-jJI ^JJLJ {jyujd Jl? 

i. Cod. Jl 



il lui apparaissait deux figures diflerentes : la premiere dtait un beau jeune 
hoinme, au laugagc agitable, k l'odeur suave, qui se tenait debout devant 
lui; et l'autre etait un ncgre 1 , a la physionomie horrible, qui sc tenait der- 
riero lui, Le beau jeune liommc lui disait : « Si tu tc faisais chrcti.cn, cc 
serait ton bonhcur. Ton empire granclirait, el, outre le royaumc passager, tu 
aurais pour heritage le royaumc eterncl. — Loin de moi, lui repondait-il, de 
renonccr a ma maitrcsse El-'Ozza, la Deessc souveraine, qui habite les cieux, 
pour me faire chretien ct adorer un honime crncifie par les Juifs. » Quand il 
disail ccla, le gargon n6gro qui etait derriere lui le renversait par terre. Ge 
negre avait unc figure vilaine, unc physionomie horrible ct une odour 
repoussante ; une ecumc degoutante lui sortait de la bouche : tout ccla faisait 
tomber le roi en defaillance et lui faisait perdre connaissance. 11 ne revenait 
i\ soi que le lendeinain matin. 

En-No'man cut a sonflrir ces tourments et beaucoup d'autres maux que je 
passe ici sous silence, comme ne taisant pas partic de l'histoire de cc Saint 
(SabristV), jusqu'A cc qu'il cut recours a Simeon, cveque de Ijira, qui ne 
cessait do lui fairc des exhortations : « 0 hommc vertueux, lui dit le roi, je 
veux enibrasser la religion chretienne et recevoir le baptemc. Mais je dois 
^crire k Rosrau (Kisva), fils de Honnizd, pour lui rendre couiptc de ma resolution. 



1. Litter, Kthiopien. 



480 MlSTomK NKSTOIIIKNNK. [tliO] 

Jl*j| *i JUs .-A.*!^! j\j ^jLaJI v_^fci^J jl£ftVI {j* Of ' C^ic- U <JLfcl J^r* ^1 
v_ii-VI cU-i .Uc f jc U-i <J jiVL ^jjj Ol v-^Ci .^I^SJl Alii 

^ja ^Lvj» Ai t_Jbt>JI ^ .i^X~C- ^ V?"^ J^J ^XjIj CJLl 

K 174 "jlLjJL j^iLl-^ v_iJL-Y1 {j* w~ LJ * K^J^t>^ <Li ^^Jlc ^^^^ 

j I aJLj ^jjVI j^ArUJl ^11 .^Lj>J1 d»oj o^xLi .<J^ 

^^ljl;! ji^ a;v .di ^^Jl J fj^Y vJUJl J^u ^yt^- 

^^Jl ^jjt^- jU ^aUJI i£jJs$ j^ATUJI w^jJtjl ^i^Cj . L^J c*rUC* a!Lj 



1. Lego : c^s. — 2. Cod. ^UJLJIj. — 3.^JI ex 1^ 



monastenum. 



— C'estbien, lui dit-il; fais-le. » II lui ecrivit, ct regut la rdponse dc Kosrau, 
qui lui cn laissait la liberie. L'cSvfiquc, npres avoir veillt* toutc la nuit, le 
baptisa, lui, scs cufauts, sa femme, tons les gens dc sa maisou ct les plus 
bants dignitaires de son armce. Mais il bit bientot entoure par les hdrdtiqucs, 
qui se mirent a blAmer sa maniere d'agir ' ; ils lc portcrent k douter dc ce 
que revequc Simeon lui avait enseigne, et firent alliance avec le demon 
contre lui. II fut done possede (une secondc fois) de Tcsprit impur. Alors il 
ecrivit au catbolicos Iso yahh d'Arzoun, le priant dc lui envoyer Teveque de 
Lasom, SabriiScV le thaumaturge, car le bruit des prodiges qu'il opcrait et 
des guerisous qu'il obtenait sans remedes aux malades les plus gravement 
attcints, s etait repandu partout. II ecrivit & Kosrau pour lui demandcr de le 
prier aussi d'aller le trouvcr. Le catholicos Iso yahh et Kosrau ccrivirent a 
saint Mar Sabrisd' d'allcr voir En-No'mftn 2 . II obeit; il entra chcz lui 1111 ven- 
dredi, le 23 juillet; il s'y rencontra avec Mar Iso'zkba, prieur du convent, 
qu'il avait fait demandcr, eonnaissant son merite ct sa saintete. D6s lcur 
entree chez En-No'm&n, lc demon se mit a crier : cc Malheur & nous, malbcur 
^1 nous! Nous sommes poursuivis par les disciples du Christ, notre ennemi. » 
Les deux Saints, s'armant d'unc courageuse encrgic, elevdrcnt ensemble la 

1. La Vie (lit qu'En-No 'man avait ete sollicite par les heretiques avant son hapteme. 

— 2. Selon la IVe(p. 322), Mar Sabris6 e alia deux fois voir En-NVinftn : la premiere fois 
il etait envoye par le roi Ilormizd pour le guerir de sa maladie; la seconde il fut 
mande par En-No e man Jui-mome pour le baptiser. 



[161] LXV. — HISTOUIE DU SAINT ET PUR MAR SAI3RIS0'. 481 

pi VlSj .tjAfr f^r*^ jsl si ^r^.. O^ 2 ^ J**! jUoJl ^ >l»o 

-c— ^Jl> j^l a? pi p,l5c;' jl LLL^» s^Jj ^jUJI l£l a— * p. 175. 

.CiUI jy^JJ ^3 jl ^1 ^p^-iJI c^o" [/>^JI (J l^j^j-^lj ^cjaJI ^\jS 

^r^3 ^ *-L?t^ ^ (3 • (J*^ ^r^-^. 

SsjUb <jA^ni <ota La£ ^^Jl *Jo (Jj Sj— J^* A^l j p^>Jl * P. 170. 

^ i^jc* <i)U jl dUi -vis- pUi .L£ ^ J» U IjJlS .isa^Ll* l>i U jj^rl . <c« 
1. Sic in manus.cvip.tO; forte ^^U'V — 2. Forte ^r^ 3 - 



voix en disant : « Ferme la bouehe, esprit rebelle et impur; il ne t'est point 
permis de parler par line bouclie qui a confesse le Christ, qui a recu son 
corps et son sang, vivifieateurs des fideles. \> Le demon se tut. Saint Mar 
Sabriso* se tint devant Fautel et Isd'zkha sous le soleil dans la plaine, et ils 
ne quitterent lours places que Dieu n'eut accorde la guerison au roi 1 . Le 
miracle fut eclatant et le bruit s'en repandit partout. 

Kosrau, fils de Uormizd, 6tant parti selon sa coutnme pour le p^ys des 
Medes 2 en la cinquieme annee de son regno 3 , Bistam le rebelle, qui etait 
k Rai, fit ses preparatifs pour venir Tattaquer. Kosrau marcba contre le 
rebelle. Celui-ci de son cote s'avanfa avec son arniee pour en venir aux mains. 
Kosrau hesita devant le nombre des armees de Bistam et voulut retarder 
la guerre. 11 descendit de sa monture pour rellechir sur ce (ju'il devait faire. 
Pendant qu'il refleehissait, lui apparut riniage d'un moine vieux, petit de 
taille, faible de corps, ayant 1111 bonnet sur la tete et tenant un baton dans 
la main gauche; il saisit la bride de sa monture et se mit h la conduire avec 
energie et vaillance sur le champ de bataille : « Livre combat, lui disait-il, 
et ne crains pas; car tu es vainqueur. » Le roi dit k ceux qui etaient pres de 
lui : ce Voyez-vous ce que je vois? — Nous ne voyons rien, » lui repondirent- 

i. Selon la Vie et les sources citees ci-dessus, ces prievcs elaient adressees a Dieu 
afin qn'il chassat les lieretiques de ehez No'nian. — 2. Conjecture. — 3. Fn 594, Kos- 
rau 11 ayant regne en ,VJ0. 

PATU. OR. — T. XIII. — F. 32 



482 HISTOllltf NKS'I'OIUKNN'K. [102] 

j I jjj « l^-^-i* .Ox- ^1 A3 ^1 5 J ^Jj .^Lx- 

y dLU ^Ul JyJ -uL* J £ j ^\ j J JLJJ( J jl£ Ui 

^^Jli .<cjj Ul .^^=JI J iJJJ Zj]J ^ jJI viLUl 

s^lX-l ^ y^rr ^ -o-^ .ijj^S\ d\j>\ lL>- 4J JLli . viAiJjLuJ j\ 

jj *c^j ^JJI J^-jJI ^ilj jl cJLii c^l^j .^"1^1 f>~^ 

jy. ^ j>)j\ \S^S ddJ CoUl oJI J ^iJjVl v^y^J 1 UA3 
i, _ujuJ ex «**ju/ jacuit. 



ils. II comprit alors que c'etait un secours venaut de Dieu. II leur dit alors 
Fapparition qu'il venatt de voir : « C'est ton aYcul \ In i dirent-ils, qui t'a 
apparu. » Mais, convaincu que eette vision n'etait due qu'uu Christ, le Dieu 
des chretiens, il se moqua de leur parole; il leva la main pour jeter (des 
Heches) ; son armee Fimita; bient6t Bistam fut mis en deroule et son armee se 
reunit £t celle de Kosrau. Apres sa victoire, Fimage, qui etait sous ses yeux, 
disparut. 11 retourna joyeux et pensant an secours que le Christ venait de lui 
preter. 

Mais quand la nuitvint, pendant son sommeil, la meme figure lui apparut 
ensonge et lui dit : « Je te salue, 6 roi vietorieux. N'as-tu pas 6te etonne de 
la vision qui t'a apparu sur le champ de bataille? C'est moi que tu as vu. Le 
Christ m'avait envoye pour te porter secours. — Vraiment, lui dit-il, c'etaii 
ton image? Qui es-tu done? — Je suis, lui dit-il, Sabrisd' evequc de Lasom. » 
Et il se reveilla. II raconta cela a Sirin, sa femme, qui etait ehretienne. a Cet 
liummc, dit-elle, dont tu paries, a fait des signes, des prodiges et des mira- 
cles. » Des lors il r^solut de le faire eatholicos 2 . 

Quand Isdyahb d'Arzoun mourut en la sixieme 3 annee du roi Kosrau 
Parwez, fils de Hormizd, celui-ci, en apprenanl la nouvelle, dit : « Nous 
remercions Dieu, qui prodigue ses bienfaits et ses merveillcs, de nous avoir 

1. Le grand Kosrau. On pent aussi comprendre : C'est ta chance. — 2. L'autenr 
anonyme de-Guidi, p. 8, semble rattacher cet incident a la campagne de Kosrau contre 
Bahram. Quant a la Vie, ellc n'en parle point. — 3. fin la cinquieme auncc (voir ci-des- 
sus, p. 442). 



[163] LXV. — II1ST0IRE DU SAINT ET PUR MAR SABRISO\ 483 

". JI33 (jJUUI ^j-o Ia^-L- ^Js- *\ — jj — ln^L^ <3 * p, its. 

<j dUS J Hi .bLJl ^-Ud bL'Ap-j 



sauve du sang de ce vieillard, qui est mort de mort naturelle ; malgre le 
crime qu'il commit envers nous, c'etait un homme divin. » 

Puis Kosrau ay ant entendu le son des cloches a Seleucie (Al-Madciin), se 
souvint que les chretiens avaient a ordonner un catholicos ; il se rappela 
en merae temps la vision qu'il avait eue sur le champ de bataille et ce 
qu'il avait vu ensuite en songe. 11 fit signe a ceux qui etaieut presents de 
s'ecarter, sauf Darjro surnomme Takhrid' et qui etait chretien : cc Pourquoi, 
lui dit-il alors, les chretiens de notre empire ne cherchent-ils pas un chef? » 
Darjro se proslerna la face contre terre devant le prince, et repondit : « lis 
n'ont pas diflere de le nommer par negligence dans les devoirs de leur reli- 
gion; ils attendent seulement Tautorisation du roi. » Puis Takhrid ordonna 
aux notables des chretiens qui etaient a la porte de Kosrau de se reunir pour 
demander Tautorisation d'^lire un chef, Les pretres et les fideles, reunis a la 
porte, unirent leurs voix pour rendre graces an roi. En entendant ces cris, 
le roi dit a Takhrid de s'informer de ce qu'ils voulaient. II repondit : « V r os 
serviteurs les chretiens veulent avoir un chef. — Va les trouver, lui dit-il, 
et parle-leur ainsi : Allez, et appliquez-vous avec zele a choisir votre chef, 
faites-nous ensuite savoir qui il est et d'ou il est, afin que nous Tappelions et 
Tetablissions, s'il nous parait digne. » Takhrid dit cela aux Peres, aux assis- 
tants et a tous les autres chretiens. Ceux-ci furent contents et ecrivirent 



1. Tagcrbad chez INtai i, p. 5S. 



ISO 



IIISTOIRK NHSTOMIKNNK. [10V) 

icL^ jV .jlii^s ^J-UJI ^ jLiJ^^D ^J^JI ^c-l*fj IY1 M$ 

, J ^>cL^j pf^* .^Wjcs- p^U jt=>o jl <jJ-Ul .«J ^wjLsL-l 

t. ^j^Ui ex ujv^o dominicus. — 2, ^ ex .po Dominus incus. 



aux autres Pisres dc se rcunir pour faire l'election. Lc synode fut rduni le 
troisi^me vcndredi du careme. Le roi qui avait connaissance de cette reunion, 
leur lit dire : « Considered comment j'ai agi avec vous en vous donnant la 
Iibcrte de faire le choix (juc vous voulez. Vous avez en ell'et lc pouvoir 
celeste, alors que moi, j'ai lc pouvoir terrestrc. Qu'il n y ait personne parnii 
vous qui ait egard a tin inter^t personnel cjui puissc iniluencer son vote. 
Que celui que vous devez noinmer soit parfait en sagesse divine, et en Fart 
dc gouvcrner a la satisfaction de tous; afin qu'il soit capable d'etre, parses 
prieres, un appui pour notre empire, et de vous gouverncr pour le mieux. 
Si vous agissez autrcment, nous vous rctirerons le droit dc suffrage, et nous 
designcrons nous-mcmes la personne qui nous plaira. » II faisait allusion a 
Mar Sabriso*. 

Les Peres ct la foulc des lideles, cjui se reunirent pour donner leur voix, 
tic furent pas d'accord et sc diviserenl en deux groupes. Gar quclques-uns 
d'entre eux se croyaicnt digues du pontifical ct le convoitaicnt. Ghacun d'eux 
s'eff'orgait done de tirer les suffrages de son cote. Les fideles, au contrairc, 
portaient leur choix sur d'autres. Le roi, qui, par ses cmissaires, etait tcuu 
au cpurant de ce qui se passait, leur envoya Takhrid leur dire : « Pourquoi 
tardcz-vous tant k linir Telection, et siegez-vous encore, livres ;\ d'oiseuscs 
pensees? — i\ous avons choisi, repondircnt-ils, ciiuj 6veques et d'autres 
personnages (et ils les nommercnt), tous sont bons ; nous ordonnerons celui 
dont lc roi autorisera lc choix. » 



[165] LXVI — RECIT DE LA VISION QU'EUT MAR SABRISO". 483 

Jlsj jilkj 4^1 j dtLit di;^ <3Lw \&£s> J>\ 

Ui .Cj^C jslj^»-l ssjU^l dLUI y o^l jlj .Ul 

J viUJI 



Lorsque Takhrid rapporta cc message, le roi renuia la tete, se moquanl 
d'eux, et dit : « L'eveque Sabrisd* est-il avee eux on non? Et s'il n'est pas 
venu, pourquoi nc l'avez-vous pas prie d'assistcr avec vous an synode ? » 
Chagrincs par cette question, ils alleguerent que Sabrisd* 6tait deja vieux et 
que ses aetes de mortification ct sa grande saintete Tavaient rendu debile. 
« (Test, dirent-ils, pour ne pas le fatiguer que nous n'avons pas juge conve- 
nable de 1'appeler, mais si tu ordonnes, 6 roi, qu'il soit present, nous Fap- 
pellerons et nous Fhonorerons. » Le roi, en entendant cette reponsc, rit de 
colere, et, remnant la tete, dit a Takhrid : 9 Dis-leur : Vous vous etes ecartes 
do ce que nous vous avions ordonne, chacun de vous a voulu Tautorite pour 
soi. C'est nous qui choisirons la personne qu'il vous faut, ct nous lui don- 
nerons 1'autoritc sur vous. )> Ouand ils curcnt entendu ee message, ils 

v. o 7 

rendircnt graces, en les acclamant de toutes leurs forces, au roi et a 
Takhrid le chretien. 

LXVI. — Recit de la vision qu'eut Mar SarhiscV aloks qu'il etait 

EVEQUE DE LAS0M 1 . 

Pendant que les messages s'ochangcaient entre le roi et le synode des 
ehretiens, et qu'on sellait les chevaux qui devaient ramener Mar Sabris6\ 

. CL Mari, p. 58. Cette vision if est pas rapportee dans la Vie. 



W 1IISTOIKK XKSTOIUKXXK. [inn] 

>Ul) .aJUjl. ^p-VIj j -^b JlUI fr UL^ (^jl (jl JlaL ijuJ Jj£ 

^Ll^I Li^ CjU JLcjj jl ^\ SjLi\ dUU aI VISj jlwj >VI 



cc Saint, qui reposait sur tin cilice apres la prierc, cut unc vision pendant 
son sommcil. Deux pages, vetus a la nianiere des cavaliers pcrsans, 
s dtaient arretes devant lui, et lui disaient : « Debout, car les grands du roi 
des rois arrivent derrtere toi et te demandent. » II repondit : « D'ou me 
viennent ces grands, k moi qui suis si petit, et pourquoi me cherchent-ils ? » 
lis lui dirent : cc Les voici ; ils sout assis dans Teglisc; ils nous ont depeches 
pour (pie nous t'amcnions devant eux. » Et pendant qu'il s'ecriait : « Jc ne 
suis pas digne de voir les grands du roi », voici que cliacuu des deux pages 
le lirait Tun par 1c bras droit et Tautre par 1c bras gauche, et en faisant 
diligence, Famenaient a ceux qui les avaient depeches, et qui attendaicnt 
assis devant le sanctuaire. Ils ctaient vet us de robes eclatantes, et portaient 
sur leurs tctes des couronnes ornees de pierreries. El Tun des pages disait : 
« Seigneurs, nous vous Tamenons ; settlement, e'est uu vicillard, et il aura du 
mal a monter a cheval. » L*un des grands repondit : « II est en efl'et comme 
tu dis; cependant, il s'exercera a monter a cheval pendant sept ans. » — Et 
Fautre courtisan repliqua : « Et memo pendant hint ans. » Alors ils lui 
dirent : « Lc roi des rois ordonne que tu sois ctabli cavalier tie haut rang, 
el il te donne a conduire Tarmee des chretiens. h Et Tun des grands sortil 
de sa manche unc bande de papier, sur laquelle il ecrivit . Et en meme temps 
ciu'il ecrivait, il proclamait d'nnc voix forte : « Celui-ci est Sabrisd', lc chef 
des cavaliers qui adorent la croix. » A ce moment, le Saint se r<5veilku 



[167] LXVII. — 



REVENONS A CE QUI BUT LIEU LOUS DE [/ELECTION. 487 



LXVII. RkVENONS A CE QUI EUT LIEU LOHS DE ^ELECTION*. 

Kosrau (Kisra) envoya cherclier saint Mar Sabriso'; celui-ci arriva le 
lundi des* Rameaux. Le roi, qui se rejouit cle son arrivee, le fit deseendre 
dans le palais de Sirin, sa femme, qui etait chretienne, et il interdit aux 
eveques et aux autres personnages d'entrer avec lui, si ce n'est Timothee, 
eveque de Beith Bghas 2 . II envoya celui-ci avec Takhrid le chretien pour 
lui dire de sa part : « Nous te permettons de te reposer pendant le reste de la 
journee, jusqu'u ce que nous t'ayons eommande ce que nous aurons decide. » 
Le jour du jeudi saint, le roi ordonna que les eveques, les metropolitans el 
tous les chretiens se rendissent a la porte de Sirin; quand ils furent tous 
1&, il dit a Taklirid d'ainener Mar Sabriso* et de le mettre au premier rang 
des Peres en disant & ceux-ci : « C'est le chef que Dieu vous a donne du 
ciel ; le roi I'agree et le place a votre tete. Celebrex done son elevation scion 
vos canons et vos reglements. Et quand la chose sera tenninee, ramenez- 
le-moi avec le respect et les honneurs qui lui sont dus, afin que moi aussi 
je le voie et regoive sa benediction. » Taklirid executa Tordre du roi. Les 
eveques et la foule ayant entendu le message, adorerent Dieu et le remer- 
cierent; puis ils tomberent aux pieds du Saint pour les baiser, et eleverent 

1. Cf. Mari, p. 58. — 2. Get eveque assista en 585 au synode de Iso'yahb 1 (voir 
Syn. Orient., p. 423), et en 605 au synode de Gregoirel (Ibid., p. 478). 



4K8 UISTOIKK NESTOHIHNNK. [108] 

^Ji J\ K^Jd\ ifrUI ^ bM^Jli <> viUJ) UjJL * ly*^ .^y^ ^.-^ 

}U»- J^»w jJ -J^ dl dJ^J Lota ^jls tUJI fj>Ji 

J. cx ijv/ mysteria sacra, missa. — 2, j-^il cx ;o,Lf adinirari fecit. 



leurs voix pour bouir le roi. A liuit lieures, ils le conduisirent en ceremonie 
a l'eglise de Scleueie, on ils l'orclonwcrent palriarclic ' . 

Le eouronnement du patriarehe el raflluenec de la foule doublcrent la 
beaute de la fete; il celebra ensuite les mysteres. Aprcs la prierc, on voulul 
le condnirc hors de Teglise, jusqu'a la ])orle du roi, comnie il avait etc 
ordonne. Mais la fonle qui se pressait autour de bii etait si grande, qn'il 
ne put sorlir de Teglise ; peu s'en fallut tnome qu'il ne perit ecrase par 
la foule. 

Takhrid 2 alia informer le roi de cc qui sc passait; celui-ci lui donna sept 
cavaliers et il leur confia son propre chcval de selle afin qu'ils y fissenl 
monter le Saint. Les envoy us furent etonnes de voir nne si grande foule se 
presser autour de lui, et ils ne pouvaient parvcnir jusqu'a lui. En fin ils s'ap- 
procherent et lui dirent : cc Le roi t'ordonne de monter sur son ebeval afin 
que tu te degages, et te presentes chez lui ; ear il t'attend. — Que vive le 
roi! leur dit-il ; mais je ue monte pas; ear il ne mYst point permis de voir la 
monture du roi, a plus forte raison de la monter. Et puis je ne suis pas 
bon cavalier. Le roi veut me faire un lionnenr inoui. » L'un cVeux se 
dctaeha pour informer le roi : « Dis-lui, rcpondit le roi en riant : Tu es 
cavalier celeste. Monte notre cheval pour que tu parviennes jusqu'it moi et 

1. Le 19 avril 590 (voir ci-dcssous, p. 509, n. I . — 2. I /anecdote suivanto n'cst pas 
monlionnec dans la Vie. 



[100] LXVII. — UEVENONS A CE QUI EUT LIEU LORS DE SELECTION. 489 
jl l)yj*yS\j i&U^J^ fcjJLj dUJI ^ J^-jJ^ J IS U <iSUYI £-^3 *Lt* 

<US A^jJL \jjt3jj \yz>&5 l^r^** 9 jJai! <*iUi J^r* 5 ^^ 

^ ^«jJIj ^jLi)L ^-^=11 oh/^ ^w?*^ .^c-oL^Jl jl-OI c.tU asj ^Ic. 

1. Sic. — 2. Leg. 



que nous recevions ta benediction. » Et il ordonna que, s'il ne lo voulait 
pas, on TenleviU pour le faire monter la bete malgre lui. Les eveques, ayant 
entendu l'envoye red ire cela de la part du roi, le prierent avec la foule et les 
li deles d'obeir au roi et de monter. Comme il refusait, les cavaliers 1' enleve- 
ment et le placerent sur le dos du cheval, et Tun d'eux saisit la bride pour 
le conduire. Mais le Saint, de la voix, arreta le cheval, et lui parla ainsi : 
« 0 cheval muet, si ceux qui parlent ne m'ecoutent pas, toi qui n'es qu'une 
bete, tu n'avanceras plus, par le nom de Notre-Seigneur le Christ. » Le cheval, 
qui etait le plus vif des chevaux, s'arreta, semblable a une muraille qu'on 
ne peut ebranler. On le frappa autant qu'on put sans pouvoir le faire bouger 
de sa place. Les Mages, les Juifs et les Marcionites qui etaient presents, 
frappes d'etonnement et d'admiration a la vue de ce spectacle, remercierent 
hautemcnt Dieu de ce qu'ils venaient de voir et s'ecrierent : « Heureux ceux 
dont tu es le chef! » Comme la foule se serrait de plus en plus sur lui, les 
cavaliers coururent en informer le roi. Celui-ci admira le prodige, remercia 
Dieu le Tres-Haut, et s'en rejQuit; il ordonna que des fantassins munis dc 
verges allassent ecarter la foule du patriarche. Ce ne fut qu'a grand'peine 
qu'il put arriver a la porte du roi; il etait trois heures de la nuit. 11 etait suivi 
des eveques et des notables chretiens, fonctionnaires du royaume. Le roi 
etait assis sur son trone; le palais etait plein de lampes. Les domestiques, 
tenant a la main des encensoirs et des cierges, sortirent a sa rencontre de la 




m iiistumk \kstoiui;nnk. im) 

^pdj ^ y>-\ i%> OA^I JU-^ ^JU«J1 C-Up cJl Ji ^JUxjJI dl 

1*7. ^^yi^ ^yi] v^U^ ' ^J|j .<UUl w/^>Jl <i^-d <£\jj ^ySl 

-c*Jl a>Ju .Tji ^ij jU y> jjAUl *uj ^JUI ^,^1 jl jXt^ J ^JJI jyil 
^>ji ^ j duui jy ^ ^lvi Xvi t»J ^JUI 

dlUi JL^ ^yj: jh J\ J^ii .i-v^D dUJI V L JU)I ^Xt 

^0 <i ****** *iai**s .-^pJ* 4^ yi .G^i jl> vi yi 

*VH <J2 lT^J I J J-*^ • 4 ^* i*l j ^ c^j. jl ^Ijl 



maison de Sirin. Ouand lo roi Fapcrgut, il In i dit en sourianl : <r O chef dcs 
clireliens, sachc bicn que ce if est pas nous qui avons fait d'admirables choses 
pour toi, mais c'est toi qui as fait des miracles, puisque, etant toi au pays 
de Beit h GarmaT et nous a Ra'f, tu as saisi la bride du clieval et tu as pousse 
le cavalier, malgre lui, k entrer dans la melee et k gagner la victoire ; et 
aujourd'hui tu as rendu immobile, k Linslar d'une muraille, le cheval qui 
vote comine Foiscau et qui nc pcut pas soulfrir d'cntcndre le bruit du fouct. 
Vicns done maintenant en paix. (En toi) s'est accomplie la parole, qui se 
Irouve dans votre livre, que la pierre que les macons avaient rcjetee est devalue 
la prbtcipale de V angle * . Sois done lieureux ; que notre empire se rcjouisse 
de ton elevation a eette charge, » SahriSd' pria pour lui et le benit : et 
tous les hommes repondirent : Amen. 

Le roi se rejouit beaucoup ; les eveques 110s Peres rougirent de ce qu'avait 
dit le roi touchant la pierre rejetee par les masons, et furent confondus de 
Thistoire du cheval dont le Saint avail saisi la bride a RaT sur le champ de 
l)ataillc. Le Saint s'en alia. Le lendemain matin il retourna pour son ministcrc 
a la porte du roi; on I'introduisit tlans la maison de Sirin, ou le roi vint avec 
Takhrid le trouver; il avait donne Ford re (pi'on i\y laissAt entrer personne. 
11 le trouva humble selon sa coutuine. Aussitdt qu'il vi t le roi, il voulul se 
lever; mais celui-ci Ten empecha; il lui baisa la tete, et s'assit devant lui; 
puis il lui dit : a Tes prcdecesseurs etaient les csclaves de mon p£re ct 



i. Cf. Vs. cxvui, 22. 



[171] LXVII. - REVENONS A CE QUI EUT LIEU LORS DE l/ELECTION. 491 

^1 gi Jy>A)l J jlkUl dUj Si ^Ji iJobj tlj &\^\ 3 JCV jujr 

j>l jl > dL^L> iiJU ^ dU . JJ Cojl 

sa^ LrL>-j LjjCl^ ^.Uj LjMj> Lit Jvoj . J^ls l^^ir cj j\ L^r lilj 
si J ^ j^J iiiLYI Ji aUl JLjl *,Lil1 jbJ J\: ^Vl fJ . J jl£ Uj 

>u-j piCi* (j^Oj .pijj ^lui .jfc-i ^ ^^^jij is-vi, ^ji ^* tjy^y] 

J <c& « j^rWI JUI V Cji»- Cii jj^VL CJU Col 

pt J J 1 Jj#J Jj^i ^ * -Aj^Jp iisLYl .^jUil ^ j^CsJ! * P. 1S9. 

a)Lj .b^l pJIJ^I dLUJI a^>Jp uijj^ <*IjS piU - f j~)\ <^cq~j\ c5 it jUTUdl 
.A.JI ^JU^ Jl^>.| ^ j^aJ Ij^Ij sa^ J iiSU>D jiL jl jj;L>JI 

do mes ai'eux; mais moi je suis ton enfant et cette femme est ta fille. Tu 
seras admis en sa presence k tout moment que tu voudras soit de jour soit 
de unit. Pour toutes les affaires importantes, envoie-moi un des tiens, ou bien 
viens me voir toi-meme sans me demander si je t'autorise; designe quel- 
qn'un en qui tu aies confianee pour donner la communion a ta fdlc Sirin quand 
clle le ddsirera; et si tu peux la eommunier toi-meme, fais-le. Prie toujours 
pour nous, pour notre empire et pour la prolongation de notre vie : e'est la 
derniere reeommandation que nous te faisons. » 

Le lundi de Paques, le roi envoya dire aux eveques : « Celui qui veut 
retourner a son pays, peut y retourner; et celui qui desire rester, pent rester 
ici. Mais choisissez quelqu'un parmi vous qui soit savant, verse dans les 
affaires, sage, patient et doux, qui n'aime point les richesses et qui soit agree 
du catholieos, afin qu'il Pallege dans sa charge de gouverner les.affaires chre- 
tiennes. » Les eveques remercierent Takhrid du souci qu'il prenait des 
affaires religieuses. lis tomherent d'accord avec le catholieos pour designer 
Tevequc de Senna 1 et l'introduisirent en sa presence, Takhrid informa le roi 
de leur obeissance a ses ordres et le pria de la part du catholieos de per- 
mettre aux eveques de rester chez lui un mois pour regler avec eux les 
affaires ecclesiastiques. Le roi le permit. 

Puis des lettres de Kosrau arriverent k Maurice, empereur des Grecs; il 

1. Norame Miias (voir ci-dessous, p. 497). 



♦ \\ 1U0. 



'.92 IHSTOIKK iNKSTOUlKNNK. (172J 

.*.Ul ^ I j ; JLill Iaa JL*!, lil ^ JlSj *iz*l jjJJt>JI ^iJl jjl-aJI 

j! VI JUi U s_^c^ ljJlS Jj^JI b-U aIjlt j^J JUi .0 dUJI JUM Uj 

aJUjI ^Laij ^Jy* Jl dllJI jl J^m^JI a) JUS dXJ JJ ^jiS 

Jl a*j «UI I^asaj .^-^j-JI JL*J l£ j-Lr jl dLAc- ws*^ aJI ^ *C>^ 



Iui parlaif des verfus de ce Saint, si bien qu'il lui donna nn grand dcsir de le 
voir. 11 cnvo} r a le maitre de ses peintres avec le messager qui 6tait vcnu vers 
lui : « Va, lui dit-il ; prosterne-toi devant saint Mar Sabri&6' patriarche des 
pays persans et peins fidelement son image. » A Parriv^c du peintre, lorsqne 
le catholicos eut appris la chose, il s'y refusa en disant : a Qui suis-je, pour 
qu'on agisse ainsi & nion egard? Je n'en suis pas digne. jo Mais Kosrau 
lui demanda de Iaisser faire le peintre par egard pour Pamitic qui exis- 
tait entre lui et Maurice. Le Saint y consentit alors bien contre son gre, 
et le peintre s'en retourna en rapportant le portrait. II appela quelques per- 
sonnes qui avaicnt vu le Saint, mais qui n'avaient pas eu connaissance 
de la mission dont le roi Pavait charge; et il leur demanda : « A qui res- 
semble cctte image? » lis rcpondirent. dans Padmiration on ils etaicnt : 
« C'est Sabriso', le patriarche de Tempirc des Perses, e'est lui-meme en 
personne. » 

Maurice continua a ecrire ^ Mar Sabriso' pour lui demander sa priere. Puis 
il lui ecrivit pour lui demander de lui envoyer le bonnet qu'il avail sur sa 
tote. Mais il en fut trouble et s'y opposa : « G'est sa foi vive, lui dit le mes- 
sager, qui a porte Pempercur victoricux Maurice a demander la benediction 
de la tote du Saint. Tu dois done fortifier la foi des fidcles. » A cette parole, 
il lui remit son bonnet apres avoir prie secretement et y avoir fait le signe 
de la croix; il pria pour Pempereur Maurice, Ies fiddles et le messager. 
Celui-ci, ayant pris le bonnet, retourna chez Maurice ot raco.nl a sa mission. 
L'einpereur baisa le bonnet; ses parents et les habitants tie son empiie 



[173] LXVII. — REVENONS A CE QUI EUT LIEU LORS DE SELECTION. 493 
•^Lr^ (3 Jr^-^ ty»i j j <c5CL-4 JUIj [^ii -kSJ^ ^ ^-^-3 c^Jj** 

jj^J jU=^j ^l^lj \S^o^3 ojj' 0* *V &*i oh ^LWI vr^' a* 
iiJVlj ^LScJI dU-l j^bj 3>l <y ^ J>}U?I ^^-^ c!L-o C- dUi 

. Jj^JI jj O fc.ii-U ^0 ^rfJ! 0^^° ^T 3 ^ ' w 'J-^ 3^ ^1/3 ^^LH 5 " * P- ltJ -- 

I, uj'^a dominicus. 



rimitcreut; puis il le mit dans son tresor avec les ossements Jes Saints. 

La correspondance continua entre Maurice et le catholicos. Celui-ci lui 
demanda de lui cnvo} T er un petit morceau de la croix de Notre-Seigneur et 
de liberer de sa part les captifs d'Arzoun, de Beith Zabdai, de Iicitli'Arb&ye 
et de Sigar; il pensait que ce serait la une raison pour lui de prier Kosrau 
de liberer aussi les captifs grecs ; et cela devait rail'ermir entre les deux 
princes Tamitie et les bons rapports. Le Saint demandait en outre a Maurice 
de lui donner un de ses vetements. Maurice fit faire une croix en or; il Tin- 
crusta de pierreries ; il y mit un morceau de la croix de Notre-Seigneur le 
Christ (que son nom soit adore) ; il renvoya tous les captifs qui sc trouvaient 
dans la capitale et dans le restc de Tempire et envoya la croix et 1111 de scs 
habits a Mar Sabriio' le catholicos. Mais Kosrau s'cmpara de la croix avant 
qu'elle ne parvint au catholicos, la posa avec beaucoup de respect sur une 
nappe de soie qu'il mit sur ses genoux ; et apres Tavoir ouverte, il en enlcva lc 
morceau de la vraie croix ; et il la rendit au messager. Lorsque le catholicos 
sut la chose, il ecrivit k Maurice pour Ten informer ct lui renvoya la croix 
d'or en disant : « Je u'avais besoin que d'un morceau de la croix de Notre- 
Seigneur. Or Kosrau, dans Texces de son amour pour Sirin sa femme, qui 
est chretienne, vient de Tenlever. Je te prie done de m'en donner un autre 
morceau, sinon je n'ai pas besoin de Tor. » 



«n u istoi it XKSTfMui'.XNi:. [17/1] 

I ax ^JLx~\ fjujik viiXJI A> ^>d> kULlr < *Lr^» ^Jlj 

t. Cod. iJ«iU«. 



Sur ces •ntrefailcs, lMveque Maroutlia 1 fut envoys en ambassadc aupres 
do Kosrau el auprfes du Catholicos. II avail le plus somptueux coslume et 
voyageait avee la pompe la plus magnifique. Sur Ford re du roi, il fut regn par 
Taklirid, Theodore, 6veque de Cascar, Mar 'Abda, 6veque de Beith DarAye 
(IJdddrdye) 2 et Bokhtiso\ directeur de FEcole 3 . Puis il demanda au roi l'auto- 
risation d'aller saluer le catholicos : il croyait qu'il allait le trouver en cos- 
tunic de patriarche grec et dans leur somptuosite et leur apparat ordinaires. 
Ayant done vu Mar Sabrisd* assis sur nit sac dans tin coin de sa cellule, vetu 
d'habits grossiers et ayant un bonnet sur la tete, il ne comprit pas que 
c'dtait le catholicos, jusqifa ce qu'on le lui dit. Frappe d'etonnement : « Le 
roi, lui dit-il, est oblige d'etre avec sa famille en costume royal. — Notre- 
Seigneur le Christ, lui repondk le Saint, navait pas memo comme les renards 
et les oiseaux une place pour \j reposer sa tete \ » II repoussa ainsi ses atta- 
ques, et par beaueoup d'autres temoignages des Kcritures; si bien qu'il le 
confondit et le reduisit au silence 5 . 

1. Pharwa chez Mari, p. 59. — 2. Ces deux eveques assisterent cn G05 au sy- 
nods de Grcgoire I (voir $yn. Orient., p. 478). — 3. CC Mari, p. 59. — 4. Luc, ix, 58. 
— 5. Cette anecdote et le resume du miracle suivant soat ecrits a la fin de quelques 
manuscrits contenant les Centuries d'EIia d'Anbar (cf. Assem., B. 0., II, p. 499), sous- cc 
tilre i^cj^ jjs-Aoc^j >s,qju. \j±£b -.-^o* o,dc^aI!^s « Ilistoire ecclesiastique ; biograpliie 

du catholicos Mar Sabrisu c I. » C : est ce litre qui a trompe Assemani en Tinduisant a 
attribuer a ce Sabriso' une histoire ecclesiastique. Voir encore notre Etude (en arabc) 
sur rRrofe de Xteibe, I^evronth, 1905, p. 32. 



[175] LXVIII. — REGIT DU MIRACLE OPERE PAR MAR SABRISO*. 495 



j^uji ^ i^jUp js\ iy\ J>-> 

SJi\ LjjU iL^o 



1. <f/o)^. 



LXVIII. — Regit du miracle opere par Mar Sabriso* catiiolicos e,\ 

PRESEXCE DE L ? EVE QUE MaROUTIIA. 

Un jour que Peveque Maroutha et d'autres eveques etaient assis en pre- 
sence de Mar Sabriso\ un homme chretien entra chez eux, conduisant son 
fils lige de quatorze ans, qui etait aveugle et muet; il s'arreta an milieu 
(I'eux et dit en pleurant amerement : « 0 notre Pere, ayez pi tie de moi. >< 
Sabriso" lui demanda son histoire : « (Test mon fils, lui diL-il, qui faisait ses 
etudes; il etait vif et intelligent. Et voici qu'il y a quatre jours, sortant de 
Teeole avec deux autres enfants, il reneontra un marcionite, un de ceux qu'on 
appelle pretres; ils se mirent a rexeiter en lui parlant avec mepris, Le mar- 
cionite, emporte de colere et de rage, se rua sur eux. Les deux eamarades 
prirent la fuite; quant a ce pauvre enfant, il resta et le marcionite le saisit. 
Les deux gargous raeonterent qu'ils virent de loin le marcionite arreter ce 
jeune homme, et lui etcndre la main sur les yeux, sur la bouehe et sur les 
levres, en lui disant : Combien vous nous meprisez, vous enfants de la juive 
Marie! II perdit aussitot la vue et devint muet. Et le magieien marcionite 
s'en alia, laissant h la plaee ou il etait ce jeune homme, qui ne connaissait 
plus sa route. » 

Les assistants furent frapp(5s d'etonnement. Ues ehretiens qui se trou- 



MM [IISTOIRK MHSTOItlliNNH. [17(i] 

^j^JI i-u ^^Jl ^1 SytlLJI X* .b-L*!>l"j jLLjJl (5j>c*3 jJ^o^ <-tLl 

<*i ^r>J -^J^r^^ ^ 1a^A> J^J -kl»J cJ^!^ CcL- ^ 

>^ Cr* ^>-3 or** J*-! drf eyir^ *A>^ *^r> 

JUj ^1 v_i-i-VI Ir^jU ^>jj .4) yCdl ol^VI 

.dLrj £~Li- (^jl^il dU=->y J ^ cJ5 d)yJI 



vaiout la rendirent temoignagc 4 rintelligcncc dc rcnfant ct a son jugeinent. 
Le bienheiireux Mar SabriSd* baissa lcs yeux; puis il leva la tetc ct dit : cc No 
crains pas, mon enfant. Les prieres de 1'eveque Maroutlia rendront lx ton fds 
la vue et la parole, et confondront le demon avee ses suppots. » Puis il (Hcndit 
sa main si pure vers rcnfant; et, Tayant saisi avec la main gauche, il lui 
frutta les ycux trois fois avec la main droite. Puis uyant mis son index dans 
la bouche, il fit avec ce doigt le signe de la croix snr le front et sur la bouche 
de rcnfant, en lui disant : « Raconte, mon enfant, ce que t'a faitle demon. » 
Aussitot le jcune homine vit, et le noeud qui liait sa langue fut denoue; et il 
dit en prononcant tres bien ses mots : « Voila ee que m'a fait le marcionite; 
ct j'ai vu sortir de sa bouche une sorte de corbeau noir, qui m'a frappe sui- 
tes yeux et sur la bouche ct m'a rendu aveugle ct muet. » Les assistants, 
cmerveillcs de ee spectacle, unirent leurs voix pour rcmereier hautemcnt 
Dicu. L'evequc Maroutlia, stupefait ct tout trouble dc ce qiTil venait de voir 
de ses propres yeux : cc Vrainient, dit-il, u homine elu de Dicu : La jille dit 
roi est toule resplendissanlc a Vintcrieur 1 ; et Ceux qui portent ties habits pri- 
de ux sont dans les maisons des roi's 2 , ainsi que tu me Tas dit cn me faisant 
des reproches, alors que je te critiquais sur la pauvrete de ta mise. » 

Maroutlia resta cbcz lui pendant deux mois; il allait avec lui an palais 
de Rosrau; il celebrait avec lui la messe; ct il rccut les oblations sans plus 
de doutes ni de scrupulcs. II visita TEeole, ou il eeouta la lecture et le coin- 



1. IV xlv, — 2. Matth., xi, 8. 



[177] LXVIIJ. — UECIT DU MIRACLE OPEKE PAR MAR SABK1S0'. 497 



1. Sic. — 2. Cod. L^U^j). 



mentaire, et demanda Interpretation de quelques passages. II Jit du bicn aux 
eeoliers, aux faibles et aux indigents, qu'il combla de ses dons. Maroutha 
retourna tout content et remerciant Dieu le Tres-IIaut de ce qu'il avait vu. 
Le catholicos lui donna des parfums et des presents, qui lui venaient des 
Indes et de la Chine, et le fit reconduire par Peveque de Beith Daraye', 
et son secretaire Bokhtiso' 2 . A son retour, il raeonta ce qu'il avait vu a 
Maurice, puis au patriarche et aux personnages de Peinpire. C'est ainsi que 
la renommee du Saint se repandit clans Pempire grec. 

Pour imiter Maurice, qui lui avait envoye Peveque Maroutha, Kosrau 
voulut lui envoyer lui aussi un eveque en ambassade. II demanda done au 
catholicos de lui designer quelqiPun de digne de cettc mission. Le catholicos 
choisit Milas, eveque de Senna 3 . II Penvoya a Maurice muni dc lcttres. Le 
catholicos lui aussi lui remit des lettres pour le patriarche de Constanti- 
nople. II fut accucilli avee honneur. Le patriarche Pintroduisit en la pre- 
sence de Pempereur; il fit un discours dans lequel il pria pour celui-ci, pour 
ses enfants, pour Pempire et pour les generaux. II fit des aumdnes aux indi- 
gents et aux faibles. Au rnomenl dc son depart, Maurice lui remit un morceau 
de la croix dc Notre-Seigneur qu'il enferma dans cette croix d'or que Mar 
Sabriso* le catholicos lui avait rendue. Que les prieres de cc Saint soient 
avec nous. 

1. Nomme e Abda, voir ci-dessus, p. 494. — 2. Bokhtiso', directeur de PEcole (Mari, 
p. 59). — 3. Cet eveque assista en 585 au Synode do Isu'yahb I v. Sijn. Orient., 
j). 423), ct en 598 seella Ic paete des moines de Bar Oa'iti \V. ibid., p. 4G5j. 

PATH. OU. — T. XIII . — P. %. 33 




Jt^J aJ>jI asj .^jUdJI Ji*^*** sjXLJI Lb I > j ^U^>- Iaa jl£ 

a<I J dUi ^ Ji , ( % : .. : ^; ! ^ ^ ^ <i 



LX1X. UlSTOlHE DL" MEMKCIX GaWUEL' ET IMC SAJXT M VH SaBIUSo' 

KE CATtlOLICOS, Q L E SJJh PltlEHES NOIS CONSE KVEXT . 

Ce Gabriel t^tait premier medeein <lu roi, oa I'appelail aussi Gabriel le 
Sigarien. Mar Sabriso' Fayant excornmunie pour avoir pris une secondc 
femme, le roi interceda en sa favour, en demandant au Saint de lc rclcver do 
son excommunication. Mais Ic Saint refusa. Gabriel alors abjura sa Toi, so fit 
jacobite, et cbercba de mille maiiieres a fa ire du nial aux Nestoricns. Le roi, 
lors des operations devant Dara pour Comparer de cettc ville 2 , reitera sa 
demande aupres de Mar Sabriso' qui etait alors a Nisibe attendant sa fin 
prochaine. Non sculcrncnt le Saint ne voulut pas accorder au roi ce cj u ' i I 
demandait, mais il rendit encore son anatheme plus terrible, en lc conlir- 
mant davantagc. 

LXX. UlSTOlHE DU M El RTHE DE Ma'UIUCE 3 , qiK DlEU SAX CT1FIE SOX A ME , 

ET DU CIIAXGEMEXT DE SEXTIMEXT DE KosiUU A L EGAHD DES ClUtETlENS. 

Plus de douzc ans la paix el la concorde durerent entrc les deux empires, 
Kosrau {Kisra) bonorait FEglisc, en esprit de reconnaissance pour le sccours 

1. Cf. Un nuovo testo.,., p. 12, 15; Barhebr., Chron. Evcles*, It, col. 110; 'Amr 
([). 30) place a lor I ce Gabriel h Fepoque du catholicos Baba'i. 2. En (10 voir ci- ties- 
sous, p. 503. — 3. Cf IM nuovo testa. p. 13: Barhebr., Chron. stjr, } ed. Bedjau, p. *J2- 
1)3. Chroniqac de Michel le Stjrien, I. II, p. 37 / i-373; Hint, tin l>iia-Emp. } U\\ sj XXV. 




[170] LXX. — HISTOIRE DU MEURTRE DE MAURICE. 499 

U^lyu i n.Afr j 1^3 .AT^3 ioYjIj ^.Jy* (*^-^ cT* ^ ^C"*^ ^ 

^ JLc-YI xUjl, jl^ ^* ^1*3 ( *^J1 *U fa 
jJ^Ij J^j ^JJ-^ O^r*" ^r*^ • ^ ^ ^^^3 * >^ c^ 5 *" 1 

jLsli JjJfUsAJ ^JuLi .^wJI dlUI jljl .villi i-UbUL* 

As «*J jULi .4oJo ^Jjuj ^ J I L^-^ ^J^- 



que lui avait apporte Maurice (Mouriqi) contre sou ennemi Fusurpateur 
Bahram; mais il changea ensuite quand les Grecs massacrerent Maurice, ses 
enfants et sa femme 1 . Maurice £tait un hoinme austere, humble, priaut 
beaucoup, jeunant toujours. II aimait fairc des auiuones, bfttir des eglises ~. 
II s'opposait k ce qu'aucuu de ses gouverneurs, ou fonctionnaires, opprimat 
personne. Pour leur faire perdre celte habitude, il alia meiue jusqu'& cou- 
fisquer les bieus des chefs. Gcux-ci le prirent eu haiue et parviurent par 
leurs ruses i\ le massacrer et a le reuiplacer par Pliocas (Qoufa). A cette 
nouvello, Kosrau ressentit de l'allliction et uuc graude colere. II rcsolut 
d'attaquer les Grecs pour iirer vengeance de ce crime et rcprendre ce qu'il 
avait cede a Maurice. II envoy a un message aux grands de Tempire pour 
les menacer. A son retour Tambassadeur lui fit ]>art du mauvais accueil 
fait a son message. 11 sc dirigea aussitdt vers Nisibe en se faisant accom- 
pagner par Mar Sabris6 <3 pour demander le secours de sa priere. A son 
arrivee a Lasom en Beith Garmai (Bddjarmi), sachant que beaucoup de sang 
serait verse, il pria Notre-Seigneur le Christ de lui epargner ce spectacle. 
Trois jours apres, le roi deeida de se mettre en route, et on amena an 
catholicos un &ne pour le monter. Mais .lean (Youhanna) le medecin lui 
prescrivit de monter a dos de mulct a cause de la faiblesse de son corps : 
« L'heure du repos, lui dit le catholicos, est bientot venue; nous partons sur 
un≠ mais nous retournerons sur un chameau. » 

1. Lc 27 novembre G02. — "2. Cf. Evag., lib. Vt, c. I et sq. — 3. Cf. Mari, |>. <i0; 
'Amr, p. 51; Barhebr., Chron. Eccles., II, col. 107. 



;>0o UlSTOIItK XKSTOHIKNNK. [IKO] 

■jou. jli .cLlOU* Jt JCaJI ^ ^-Ul Ol (JT - ^^ <j"^?"b <5*^* 

l^U Jjj dlUi ^ dUS jU Jb**; Vj i^jJlj Jijl viUUI l£l JU«i-li 

ftUikj pi ^ V^Ajw V jV pv*^ picl Uju4 a — U 

.Sji. *J pJ Ci j^ V J\ J> 4 lj Uj .5UVI J*V -ULJl ^ J 

Jl d^.* 0* ^ c^>J U> -^3 • ^"lOl ^jltlj dUs w Usl tl JUS 

Ull jl .p^J-ij K y&£~S U Jl j^U jl Lc-C V l^>-j jl f jjl *^J"l^ . viLj j 
1. Sic. 



Kosrau, a son arrivec a Nisibc, dit an caiholicos : « Cost par ma eonfiance 
en I'eflicacite dc ta prierc que je vais comrncucer cettc campague pour 
vongcr le sang du pieux Maurice ct pour faire sieger & sa place son fils 
Theodose (Tidddsis), qui a cchappe au massacre. Si done tu sais que je suis 
victorieux dans cettc guerre, je vais l'entreprendre; sinon, je vais m'en 
ahstenir. » Le catholicos lui dit tristenient et en plcurant : « Tu es victo- 
rieux de la part de Dicu; agis done, o roi, avec douceur et mansu6tudc ; ne 
te hate pas, car la precipitation est loin dc ton caraclcre genereux; et si, 
malgre la durete de leur cceur, que je connais, tu obtenais d'eux ce que (u 
cherches! Cependant, pour que je ne sois pas blame par leurs chefs et les 
grands de leur Eglise d'avoir neglige de prior en favour du peuple des 
croyants, mes ycux ne verront pas, j'en ai la conviction en Dieu, cc qui 
sera pour eux une cause d'epreuves. — J'agirai commc tu le dis, repondit 
le prince, et je leur ecrirai encore une secondc fois. Seulement tu m'aflliges 
en disant que tu vas retrouver ton Seigneur. » Puis il ecrivit aux Grecs : 
« Notre bonte ne nous perruet pas de nous hater dc vous punir dc votre crime ; 
le catholicos, notre pere celeste, le meillcur ami de la paix', a intercede 
pour vous en nous cxhortant a vous donncr un delai. Pretez-moi ohcissancc 
t»t detronez celui que vous avez fait sieger; que le iils de Temperem* succikle 
legitimement a son p6re; sinon, ne nous hl&mcz pas. » lis sojeterent sur le 
inessager, dechirerent sa lettre, le chargerent de fers et l'envoyerent dans 
leur pays. Kosrau ayant appris cette nouvelle, eiivoya son avant-garde eontre 

1. Traduction conjei tinalc. 



[181] LXXI. — MORT DE SAINT MAR SABRISO', LE CATHOLICOS. 501 

j^irlj .jJUll 1JL* aJJu ^JJI cijJI aJjcj cUI ^J^ aA!I <*Ai^l j .dl)i> J-s <^aJ 
^ l-Uasj ^f^*^ .I^jjoj ctLLJI jlo ^J>- lij^oj ^^l? ^cliJI ^J>- 

^yk*! U .4] ^I^l* V jj-* ^^liiLi JUs -^r^*Jl (j ^-^^ ^ * VIS *p. 202 

^g^fl," jl ^UoAaJ aJL, fc^l ^J^L" Aj j JLj jl aJLjJ . a> aJJ 



Dara. Sabrisd' resta a Xisibe pendant quatro mois; et corame il savait ce 
qui arriverait aux chretiens, il no cessa de prier Dieu et de lui demander 
de le faire mourir avant de voir ces evenements. Dieu lui revela qu'il avait 
exauce sa priere, et lui fit meme savoir le moment ou il devait quitter ce 
monde. II arriva que quinze jours apres la prise (de la ville), Kosrau envoy a 
deux des siens a Sdleucie (Al-Maddin) pour annoncer aux habitants la nou- 
velle de la conquete et de la victoire, et pour lui rapporter les nouvelles de 
ces provinces de Fempire. Quand ils entrerent k Xisibe, ils allerent saluer 
Mar Sabriso* le catholicos; car tout mages qu'ils etaient, ils Thonoraient. 
Gomme il leur demandait de Tattendre pour aller avec eux : cc Qui te laissera 
partir? » lui dirent-ils. II leur repondit : « Celui auquel personne ne peut 
resister, me laissera partir; j'irai sur un chameau. Si vous ne m'attendez pas, 
je vous rejoindrai sur la route. » Mais eux ne s'arreterent pas k cette parole. 

LXXI. MORT DE SAINT M.\H SaRR1SC>\ LE CATITOL1COS \ 

Trois jours apres le depart des messagers, Mar Sabrisd* tomba malade. 
Kosrau lui envoya Takhrid pour savoir les nouvelles que son cceur etait im- 
patient de connaitre, et pour lui demander de prier son Seigneur de retarder 
sa mort jusqu'& la fin de la guerre, comme il l'avait deja prie de Tavancer. 



1. Cf. les sources citees plus liaut, n° LXV. 



:>o> MSTOIttK SKSTOHIK'XMv. [IM} 
.Ol *LZ} <Ul j . U L5 ^ a.UcJ <lt1^1» <3 ill Jl ^JJI JLI Ju^lj 

JlpJL ^Jl o^I j^xJ * • ^jV'j *LJ1 J ^LJ^»j 
Jj>-Yj j»jt5 aJS ^jtf ^ <\i .jlLJUl ^jIU VI ^ <JV ^jL,* ojX" 

lu£ plu. d)i JU-Y JUs .dUi Jj~-JI . £*il; a5 jL# JJJ LLo- li^l U 

^•jjl 1xa> Jl clU. c£ jj aJ JU5 ,<w>-j)1 jL-> Jc «w>jJI Ju^U .^cU 
^jVU L-JI J jv-L JJ>^sk3 ,<vLj1 jl <jl£ JaJI jLaJI Jl <i ^JJI 

4.OI ^a5 ^fcjj -d^Jl <JI ^li jl J^Jl AjLi .j^l^JI aJH.1 JSj 

1. 



Gabriel le mcdecin parvint a demander an roi d'eerirc (au catholicos) do Fab- 
soudre avant sa mort de Fanatheme. Le roi lui ecrivit pour obtenir cette grftec. 
Le Saint lui repondit : « Loin dc moi de renoncer au moment de mourir a 
Fattachement et a Faffeetion que j'ai pour toi ; mais je ne desobeirai jamais d 
Fordre de Dieu et je ne foulerai point aux pieds ses decrets et ses lois, alors 
que Gabriel est lie dans le eiel et sur la lerre. Toutefois que les reinedes qu'il 
ie donne soient benis et efficaees. On nous a ordonne de ne pas nous opposer 
a la puissance; car eelui qui sY oppose suppose a DieuV Par egard pour cet 
ordre, que les remcdes qu'il te donne soient benis et efficaees. » Le mcssager 
rap]»orta ces paroles au roi, qui s'ecria : « A cause de cela, notrc peine 
s'accroit davantage; nous ne trouverons jamais pour les cliretiens un chef 
qui vaillc celui-ci. » Le roi revint c\ la charge au sujet de Gabriel et de son 
absolution. Le messager arriva tandis qu'on avait apporte le cercueil et (pie 
les mcdecins preparaient, sur son ordrc, les aromates pour lVmbaumer; il 
lui dit : a Ta mort est proche; accorde done au roi ce qifil demande en favour 
de son medecin. Je vois qu il ne te reste que deux heures h exercer ton 
pouvoir sur les chretiens; exerce la misericorde envers un honimc qui 
demande misericorde. - — Si je Tavais absous, lui repondit-il, il laud rait, 
aujourd'hui que je vais comparaitre devant le juge juste, que je le lie h nou- 
veau. Gabriel est done lie avec tous les dissidents ses compagnons dans le 



1. Cf. Rom., mii, 2. 



'18:?j I. XXI. — MOHT Dli SAINT MAR SABRISO", LE CATIIOLICOS. 503 

J «ull isJuj .^j^JI ^l;! jS jl^j .j^sLOI^ — Jl ^v^j 'U^c^ 

y.^ ^ (j*^ ^ j\ ctLUI fc-L*Mr jib**^ . o^bll 

.iJUJ\ dUr b^r"j b^-jlj fL^VIj S^lsJl* sJlAtj .oljLyJlj *J1 j£ J 



cicl et sur la terre. » Le messager Ini demanda alors do le benir; Ic Saint lui 
donna sa benediction, et il expira, que Dieu sanctifie sou Ame ! un dimanche k 
neuf heures, le 18 septembre', correspondant an 5 Khardadmah 2 , en la 
quinzieme anuce 3 du regno de Kosrau Panvez, fils de Hormizd. 

Les medecins renibauinerent, comnic le roi leur avait commande ; et, 
apres P avoir enveloppe dans les habits que lui avaient envoyes le roi et la 
reine Sirin, lis jelomit sur lui du muse et du camphrc. 11 avait depasse quatre- 
vingts ans \ ct passe huit ans dans le catholieat. On pria snr sa depouille 
pendant trois jours; il sc fit autour du Saint un coneours innonibrable 
d'hommes; ses disciples le mirent dans le cereueil et demaiulerent F automa- 
tion du roi pour le porter, selon sa voloute, dans le convent qu'il avait b&ti. 
11 la leur aceorda. 

Les habitants de Xisibe et ceux do Hira eussent desire qu'il fut enseveli 
chez eux : les premiers par le desir de le posseder, les autres parce qu'ils 
etaient accoutumes h donner la sepulture a d 'autres catholicos. Mais ni les 
uns ni les autres ne purent Pobtenir. On mit le cereueil sur un ehameau agile, 
ainsi qu'il Pavait predit, et il rejoigmt les deux inessagers en Adiabene. 
L'escorle s'etant approchee de Karkha de Guedan, Pauguste ct fidele Yazdin •**, 
ayant appris la nouvelle, fit sonner les cloches dans tontes les eglises et tous 
les convents. On alia a sa rencontre avec bcaucoup de veneration, et en 

1. Un dimanche du mois d'aout, d'apres Mikha, cite par Elie de Nisibe (Barhebr., 
Chron. Eccles., 11, col. 10S, n. 2). — 2. Nom du 3 e mois de Tannee persane ou 
^obj^). — 3. En 604. — 4. 11 serait done ne en 524 au plus tard. — 5. Sup ce person- 
nage, voir ci-dessous, n° LXXXl. 



Wrt IlISTOlUK NKSTOHIKNM'. L l8',] 

. £-«*JI li^v — ■ ^.U *Lr^ (^-^^ OLj J^-l jl J^oj; Jr* 

^r**" *J ^ Vl- 3 ^j**- 3 or*y^^ A — «1%JL)Ij i^Xll AcU~- JL^UI ^ 

I. ^.vjiAJ ex historia. 



recitant des pr}6r.cs.. On lc lit pondtrer ilans Teglisc, on on veilla tontc la 
unit; le londeinain matin, on eelclira les saints mysk s ros. Yaztlin voulait gar- 
der sa croix, on se trouvait uu inorceaii tic la croix de Notre-Seigncur le 
Christ; mais il n'osa le faire, les disciples du Saint sy etant opposes, et lui 
ay a nt fait savoir qnil avail reeommand^ qn'on la plagAI dans le convent on 
il serail enseveli. Yazdin fit accompagner lo cereueil par nne Ibule do protrcs, 
d<> diacres ot dc chrelicns, qui le deposeront dans son couvent, selon son 
desir. Co convent porte son noni et se trouve dans la provineo de Karkha do 
Gnddaii. 

Los miracles et les prodiges operes par ce Saint sont nombreux. Si nous 
on mcntionnions mfimc une faible partie, nous rondrions ce livre volumineux. 
Pierre (Fetvos) sup^rieur du convent de Boith 'Abo a 6eri t Pliistoire dc sa vio 
ascetique, episcopalo el patriarcalc ' . 

t. Cette lie nous est par venue sous le titre : llistoirc des actes de Mar SabristV, 
catholicos-patriarche y ecrite par Pierre, moine. Kile a (He publiee par Bedjan [llistoirc 
de Mar Yabalaha, etc., p. 288 et suiv.). Notre auteur a insere iei bien des miracles et 
des details qui ne se trouvent pas dans la Vie : ce qui prouve qu'il avait sous les yeux 
nne autre biographie de cc catholicos, diflerente de celle qui a ete ecrite par Pierre le 
moine. Notre auteur dit de celui-ci qu'il a ete superieur du couvent de Beith'Abe. 
Mais Thomas de Marga, qui a eerit Phistoire de ce couvent depuis sa fondation jusqu'n 
Kan 832, ne fait pas figurer ce Pierre dans la liste de ses supuricurs, a moins qu'on ne 
veuille identifier ce avec ^os, qui vers 029 succeda a Jean dans la direction 

de ce convent 'voir Thomas de .Marga, lib. 11, c. 1 . 



[185] LXXII. - EVENEMENTS QUI EURENT LIEU DE SON TEMPS. 505 



K ^y^w ^AlSl ^Jl JU?^J ^\X*i Z*> m U\ tjl J 

^LxJaSl JjLl=jJ *JU? j^*J^ • J ^^LiJl ^Jl^sJI <juJ| 

1. ,jJI. 



LXXII . — Eyenements qui EURENT lieu de son temps. 

En la sopti^me 1 anncc du regno de Kosrau Parwez, les metropolitans 
et les eveques d'Orient se reunircnt auprcs de saint Sabriso' 2 et declarerent 
qu'il y avait parmi eux certains homines 3 qui, revetus de I'habit religieux, 
modifiaient la verite regue des apotres et enseignee par les 318 Peres du 
synode de Nicee; qui blAmaient les docteurs legitimes et veridiques de 
TEoflise, cnseiiniaient aux e^ens une doctrine contraire a colic de ces doc- 
tours, pcrvertissaient Fcsprit des simples, pretendant que le peche est grave 
dans la nature de Thomme. 11 y cn avait anssi qui pretendaient que la nature 
d'Adam aurait ete creee immortelle des Forigine; qui retranchaient (de 
ToUlce) les litanies f ' et les hymnes eomposees par les vrais et sinceres 
docteurs de la verite r \ 

Le catholicos, les metropolitans et les eveques presents deciderent de 
faire disparaitre de TEglise ces ehoses detestables; ils chassorent ceux qui en 

1. Les Actes du Synode disent : en la sixieme annee Syn. Orient., p. 596). — 2. Cf. 
ibid. — 3. Allusion a Hnana et a ses partisans. — 4. ^Uuj traduction litterale de jioiova. 
— 5. Selon un manuscrit de not re bibliotheque de Seert (n° 67), intitule : Epitome des 
Canons synodaux y les hymnes retranchees de Toffice par Hnana et ses disciples, 
etaient celles-ci : j^i^o jisx^ ^ 1 hymne chantee a la messe avant le Pater), ~.oi et 
©v~j»t iio,aj (voir Breviaire chaldeen, pars prima, ed. Bedjan, pp. 27, 35). Ces deux der- 
niers chants, qui se recitent a Matines les jours du dimanche, sont attribues a Narsai*. 
Les partisans de Hnana les auraient done retranches de TofTice, par mepris pour Narsai', 
un des plus rigides nestoriens. 



r.Ofi IIIS'lOlltK XliSTOItlKNNIC. [\m] 

1^1*^5 iiil^zill "ja* J* ^Jt-oJl jL*jVI l^>t^j ^ x y^^ f^y* l^b^l Is-v^* 
^a^'j fc^-j^ ^ 1^7^ • J^/JI p^^— \ iSL^ 

^LlJIj ^ ail { J<^ Ij+^j ^pjtU^-l <i \jLt\ tl^ pJLjI^ij A VI 

ijJJ • . L*x- pi« ^f'v! <J/ w ^ l^v 3 *-? • ^* ^ M L*-*-l» ^j^a)1>c^JI 0 LU t^**!} 

Jo-lj «uJI aJx. lj^^p-3 /'^^^3l ^r* ^^^1^ pr^^f" 0** 

* l> - 2u8 « eri"^ t5^ 

— ^jJlitLJ Jlj>JI ^LSl ^>VI I-*j& 

1. — 2. vidwl . — 3. ^j^xJ! ex ilojoo sacerdotium. 



etaiout les propagateurs, les exeommunieront et Irs exilercnl ; ils confirinercnl 
la foi veritable qui ost la base et la bcaule du christiauismc et la vie des 
ames, telb' qu'elle a ete transmise par les apdtres sous Tinspiration dn Saint- 
Esprit. lis ecrivirent un libelle sur la Foi et sur d'autres niatiere§ eomme ils 
Teuteudirent ; ils appuycront eet cent de la tradition et des canons des P6res ; 
ils le seelleront el le oonfirmerent do lours signatures et de leurs sccanx, 
s'engageant a Tobserver, a y adherer et ft l'cnseignot ft leurs ouailles. Ils pro- 
noncerent dc rodoutablcs anathemes "contre coux qui les contrediraieut, en 
repoussant la doctrine de Theodore; ils cxcommunierent toutos les sectes des 
dissidents en les nommant Tune aprtk Tautre ct condamnerent les heresies 
une a une. Ils excommunicrent et declarercnt dechus de tous les ordres du 
saoerdoce ceux qui s'ecarteraient do cette doctrine ocrite, lenr interdiront 
Tontroe do Teglise et la reception des oblations. Ils s'engagerent aussi avoc 
serment ft rf avoir pas de relations avec ceux qui contrediraieut co qifils 
venaient de confirmer, amoins quo ceux-ci n'uient fait penitence et ne so soieut 
repentis de lours crreurs*. Quo Dien nous aide ft agir selon sa volonte. 

LXXI1 1 . — lljsronui ue saint Ztxai 3 . 

Ce Pere s'installa dans une grotte dans la montagne tout pr6s d'Etienno 
[Estdfanos), le nioine; il se nourrissait de racines sanvagcs de la inontagno. 

L. I, es Actes de ce synode ont etc publies par J.-B. Chabot (voir St/n. Orient., 
p. kaQ-hiW i. -2. CI'. Le Livve de In Chastete, n° 70. 



[187] LXXIV. — UISTOIRE DE GREGQIRE, MKTROPOLITAIX f)E MSIBE. 507 

<dl ^f-b f^b v^Vt ^ ^ ^3 (j^jl ^1 ^ . J-sJl 

OcO jl Cks ^ ^-Ul ^aJl ^ V flfy J^J' 

yijl c3 ^L?-^ IsA-^iT iLi ^ AT^« Aju J^f"3 .CjU tS^rf" 

®L.Ui>J Lylji^ .iL^JI ^ a; <j <Vi^ oU^-j UllcL 
.j^aJ ^1 JLLU^ SI* <J ^ .^M-uJI JjXwI ^1 jL^ J£cj jjIUI ^!>« 5 5 \J* 

[. j**}} ex 1 ^oj. habitat io, nionasterium. — 2. ex ^; magistcr noster. — 3. Cod. 
C JL — 4. , *sr£W| _ ^JLJ! ex apostolus. — 5. iJ^. 



Puis il se rend it en Adiabene, ou il batit un convent sur lc Petit Zab, ot il 
y demeura; des moines se reunirent aupres de lui. Mar Babai' de Nisibo 1 y 
vecut deux ans. L'auteur de la biographie de Rabban Zinai raeonte que les 
larmes coulaicnt sans cesse de ses yeux; a sa mort, il confia son monastere a 
son disciple Rabban Sabtha, qui avail bati un convent dans la terre de Ma'al- 
thave. 11 ecrivit deux livres ascetiqucs-. Que lours prieres nous gardent. 

LXXIV. HiSTOIHE HE GllEGOIRE, M ETIIOPOLITAIN DE NlSIBE 3 . 

Ge Saint, par la vie solitaire qu'il mena dans le desert et par les miracles 
qu'il opera, ressemblc a saint Jean-Baptiste par Pcvangelisation des hommes, 
a Paul et par son zele pour sa religion et par son orthodoxie a Elie. Qui 
pourrait raconter ses vertus etsa vie apostolique? 11 etait originaire de Cascar. 
Quand il cut fuii de lire les psaumes de David et qu'il fut capable de com- 
prenclre, il alia a PEeole de Seleucie, on il resta quelque temps ; il se rend it 
ensuite a PEcole de Nisibe, ou il suivit les lemons d'Abraham L'interprete \ 

i. Voir ci-dessus, n° L. — 2. Le Livre de la Chaste te dit de lui egalement qu'il com- 
posa des livres aseetiques. Un manuscrit de notre bibliotheque de Seert (n° 68^ oontieut 
34 canons monastiques sous ee titre : Canons de saint Abba Zinai, moine experimented 

— 3. Cf. Le Livre de la Chastete\ n° 5fi; Un nuovo testo, etc., p. 10-11; 'Amr, p. 51. 

— 4. Sur ce personnage, voir ei-dessus, n" IX. 



tilo. 



TM IltSTOIHK XKSTOH1KXXK. [188] 

\yJL. ijLcKi Ij^- JUL JLjIj .^juJI f^j) iS-^i or*. JjX-VI <J jJUj 

jlj .alL^Yl p^jcj JLj '^j, pJI J^aJI ^1 ^ jlLI jU . Cj\jX^I 

^LJI ^j^i . c>U^jc*J^ C>kYI ^1^3 Lc*^ l^A>. ^ aXjo^ pf^li J^>oj 

1. <-r^L>. — 2. ^->j* ex ^ LQ ^ mortalitas, pestis. 



Lcs habitants d'Adiabenc \ qui entcudirent parler do lui, I'tHabliront In- 
tcrprcte clans lcur pays. II denieura ainsi onzc ans. Ensuite il les quitta ct 
rctourna a son pays pour cn appelcr lcs habitants an christianisme ; un 
groupc d'cntre eux s'attacha k la suite du Saint. II fonda une ecole, qui 
reunil Irois cents etudiants; il bAtit ousuite une autre ecole dans un village 
do Cascar ct prcscrivit aux Etudiants de jcfiner et de s'adonncr k la prierc. 
Chaque annee, pendant le can-mo, il se I'aisait accompagner par ccux qui 
avaient appris lcs prieres, et se dirigeait vers lcs villages voisins pour appeler 
leurs habitants a la foi. Quand ceux-ci lc laissaient penetrer, il lcs benissait, 
priait sur leurs tetes et leur enseignait la foi. Quand ils Tcmpechaient 
d'entrer, il se tenait avec sa suite en dehors du village, priant, expliquant 
toute la journee la religion chr^tienne, recevant des coups ct des pierres 
avec patience. Grftce aux prodiges et aux miracles qu'il operait, il baptisait 
chaque jour une foulc nombreusc; on brisa dans la terrc de Maisan ct dc 
Cascar beaucoup d'idoles dont on ddmolit nuime les temples pour bAtir, ;\ 
leur place, des egliscs. 

De son temps, il y cut uno terrible peste dans lc pays de Cascar; les 
chefs des mages, s'etant rasscmblcs, vinrcnt environner Tecole pour lui 
demandcr de prier pour eux; il lc fit, et la peste disparut par Telle t de sa 
priiirc. 

1. Arbele. dans Le fJvre de la Cliastcte. 



[ISO] LXX1V. — I1ISTOIKE DE GREGOIRE, METROPOLITAN DE NISIBE. 509 

l\ ^L* \£^j*J2 ^Jl *X*ju + p. 211. 

C^r^i *i ^L*^ o^J . ( ^ < ClJ! ^ * Jh* <>• y ^jl 

.j^iJl^c^JI t ^ \J^-> .J^CwVl "Cl SJL* **J^ -x**ir ^J^Jl llLls* 

jl^ t^^r-^ ^ J)-* ^U^>w jUiwIj ^>L_^ <^Ji C'Uj ^lilj a-Ac- 

1. . ,UUI ex 1 iqi\vi doctor. — 2. rU^. 



Sa reputation arriva jusqu'a Isoyahb le catholicos, qui lc fit, malgre lui, 
eveque de Cascar. Kosrau lui-meme, qui entendit parler de lui et de ses 
oeuvres, fut dans ['admiration et en congut plus de sympathie pour les Chre- 
tiens ; sur son ordre il fut transports au siege metropolitain de Nisibe 1 parcc 
qu'il voulait un homme en qui il put mettre sa confiance, pour cette ville 
limitrophe des deux empires. Le docteur de Nisibe etait alors Hnana d'Adia- 
bene 2 , disciple de Moi'sc 3 ; depuis longtemps, il etait a I'Ecole, curicux dc la 
lecture des ecrits heterodoxes ; il avait explique des choses contrairement a 
Theodore l'lnterprete; il s'etait eearte de la verite pour adherer a des doc- 
trines heretiques. 

Quand Gregoire devint metropolitain dc Nisibe, les lettres rinformerent 
de ce qu'on entendait dire a Hnana; il lui donna alors sa disapprobation et 
lui reprocba sa maniere d'etre. Mais Hnana ne voulut pas revenir sur ses 
assertions; alors Gregoire condamna les livres qu'il avait composes. Hnana 
fit a ce moment semblant de renoncer k ses erreurs et il resta lougtemps 

1. Vers 506 selon Mikha cite par Elie de Nisibe (Barhebr., Chron. Eccles. } 11, col. 

i^^oa-^io io^.^ « En cette annee (907 des Grecs), Sabriso', eveque de Lasom, 
fut ordonne catholicos le jour du Jeudi Saint; et en ces jours-la, Gregoire fut eonsaere 
metropolitain de Nisibe ». — 2. Hnana devint maitre de I'Ecole de Nisibe en 572 (voir 
Barhadbsabba* Arbdya, Cause de la Fondation des Ecoles, Patrol. Orient., t. IV, p. 76). 
— 3. Ce Moise serait celui sur la demande duquel Thomas d'Edesse eerivit ses deux 
traites sur Noel et sur TEpiphanie (M. Carr, Thomas Edesseni tractatus de Nativitate 
D. N. Chriatiy Rome, 1808). On pourrait encore identifier ce Moise avee Joseph, appele 
aussi Mo'ise, qui convertit IMar Aba (Ilistolre de Yabalaha, p. 211). 



:.1U llls'lOIKK NKSTomLXXK [190] 

cr^-'j cy^" ^ ^ ^ c?^ Jyy^ LJ^ . i'LL>- J^J J-jj pJ^J jjJruJI ^ — _ 

o-uJI ^ Uf-^j jLij *y*\ J C;LL^ oL^L"! I^A^b p^-iUi j>iAs 

I. Iii marline, — 2. ^^Li'Jl ux u\mv^ lintuum. — ^j^r'' * \J^^ ex ^ lu " 
ribuluin. 



dans cetle situation, jusqu'a ce qu'il cut trouve occasion d'iinplorer le sccours 
des medecins du roi, auxquels le metropolitain Gregoire avail deiendu 
d'cponscr deux fcmmes et qu'il avait excominuiiies pour leur resistance opi- 
niatre. Gregoire eerivit a Mar Sabriso* qui ctait alors catbolieos, pour Tin- 
former de Terreii r de lluaua. Celui-ci envova, dc son cote, a Sabriso* une 
Ietlre, dans laquellc il se jouait de lui comnie le faux prophcte avait agi a 
1'egard du vrai propliete'. La foule des Peres censurerent la lettre, dont ils 
eurent connaissancc, et en tirerent le motif d'unc excommunication contre 
Hnana. Mais le catholieos, hien loin de confirmer leur sentence, accueillit 
favorablement la lettre de Hnana. Gregoire, ay ant appris cette nouvelle, 
s'en alia; et, apres avoir secoue la poussiere dc ses sandales a la porte dc 
Xisibe, il quitta la ville 

Les etudiants furent fortement atfectes dc cette decision de Sabriso', 
qui avait repousse la parole du metropolitain pour accepter cclle de llnana; 
remplis de ce zele dout parle le prophete, quand il dit : J'ai etc emu de zelc 
pour le Seigneur Dieu des annees, ils sortirent de TKcoIe, distribuant les objets 
qiTils avaient ; ils emporlaient des evangiles et des croix sur des voiles noirs, 

1. Cf. 1 Rois, xni. — 2. Scion not re auteur (voir ei-dessous, p. 513, n. 1), Gregoire 
serait mort en G1I/2 ; son depart de Msibe aurait done cu lieu en 594/5, son exil ayant 
dure 17 ans selon Babai le Grand (Hist, de Yabalaha..., p. 42(>). Mais a ee moment 
Sabriso 1 n'etait pas encore elu catholieos. Ou l)ien la date que donne notre auteur est 
erronee, ou bien BabaT le Grand n'aurait eompte les an noes dc Texil de Gregoire que 
depuis son i*etour a Cascar, ear selon I'anonynie de Guidi, Grogoirc* avant d'etre exile 
par le roi dans son pays natal, avait di\ s'arreter quelque temps an convent do Salidost. 



[191] LXXIV. - IHSTOIRE DE GREGOII1E, MCTROPOLITAIN DE NISIBE. 511 

JJJ! jj<«J^ Yj j p^-L^ 2 * ^y^jh L^Yi L^jUjjj .^^^ ^^k. jyCoj 

@jl — pjj^ jl I — cJ 

^=.4 ^^ijci J^ijUaJj pr* 2 **? ^3 J \j-*SJ=- 0~uJl jtp>-jUJI ^Aj 

CiLtfU- jL> ^iJl ^iV-^Jl vt^^J orrr^ J>^^ ^f- Q^J&Jh ***** J -V 

1. jLs T Las ex its^uoi hymnus, responsorium. — 2. j^sU' ex |lo>o petitio, rogatio. 
— 3. j^bL. — A. hi marg'ine graphic : IL^r-° j&aJ , y ^ L , UIl* J, I l^^jj Tf t 



avec des encensoirs; et ils sortirent dc la ville cu pricres, et en clianlaiit 
les bymncs des rogations; ils etaicnt environ trois cents \ Les habitants de 
la ville plcurerent et gemirent de leur depart; tandis que les chefs mediants 
ctaient tout a la joie d'avoir chasse Gregoirc; ils no savaient pas les mal- 
heurs et les calaniites qui devaient fond re sur enx et les atteindre et 
qu'ainsi les hommes pieux en seraient delivrcs. 11 nc resta dans l'Kcole que 
vingt pcrsonnes et a peine antant d'enfants. 

Aha, Isa'fc de Tahal, Meskena 'Arbaya 2 , disciples de Hnana et quel- 
(jucs autres de leur parti refusercnt d'accompagner (les amis de Gregoire). 
Ceux-ci, a leur arrivee a la porte de la ville, terminerent la priere; et, apres 
s'etre dit adieu les tins aux autres, ils se separerent. Quelqucs-uns d'entrc eux 
se rendircnt an convent de Mar Abraham ; d'autres allerent trouver Marc 
[Marqos) eveque de Balad, qui les reunit dans une ecole qu'il leur hatit en 
dehors de la ville. Parnii cenx qui sortirent de TEeole de Nisibe, il y avait 
Isoyahb de Gdala qui devint plus tard catholicos 3 , IJadbsabba ' 'Arbava, 

1. CL f Amr, p. 52. 56. — 2. Ce sont les seuls disciples de Hnana dont nous con- 
naissions les noms et qui suivirent jusqu'a la (in la doctrine de leur eelebrc niaitre. 
Meskena 'Arbaya et Isai'e Tahlaya ecrivirent sur Ja croyance catholique des ouvrages 
qui ontete refutes par IjnanisoMc moine et Bahai le Grand (voir ci-dessous, n os LXXX1V 
etLXXXV; of. Iso'yahb III, Liber Epist. y ed. R. Duval, p. 133; notre Etude supple- 
mmiairc sur les eer wains syriaques, n° XIX). Les ecrits d'lsa'ie ont etc ensuite con- 
damnes par lsd'yahb d'Adiabene avec ceux de Sahdona (voir Ebedjesus de Nisibe, 
Epitome des Canons synodaux, pars IX, cap. 5). — 3. Voir ci-dessous, n" XCIU. ■ — 
4. Ou plulol Barhadbsabha. 



5H IIISTOIUK NKSTOlilKNXK. [102] 

Ale- j yt/^ ^1^>J1 jl pT .v^aJI ^-.-^ Jl*t s^JjI a*^ 

ayli ,bA,l ^Jl ^j-**^- ^^r^ Kr*^ .^^j^L-J JL?UJI Jpj UJU -will <£>Jj 

<>• j £a* lJUa .j£t&j jjLi ^j^i *±yi\ ^j* £fy* <3 

P*Uaj . c>l^>cX) IjAaI ai* ^^Ul j 1^3 .i>UJ^ ^^A) Cj>}U ^ 

u yo* j jl£ LJi -pJ^i^ Ij^li^ C« I^LX pii pA U pjij^j vjl^VI 

yu A? pAA>.y .y^u p^j ^ joJ ctsji £*a^ oij py) ^JJi jjjfcbOi jU ^lvi 

p^y JJL j pAlQai- p^J jl bjiLj Jyy>- Jr* CT*^" j ^ 'ft**^ 

1*. I'D. ^J- 4 ^ ' ^ p>* -^v^ ^ f^3 4 ^ pv' <^3 ^J-i t-W* .p^AXjo j 

scholaris. 



qui fut fait metropolitan! dc lloulwan'; Isdyahb d'Adiabenc qui devint 
eatholicos; Paul riuterpretc dans Ic couvent d'Abhnalck; Michael le docteur" 
et plusieurs aulrcs savants. 

Peu apres, lcs habitants dc Nisibe subircnt leur ciuUimcnt. Quant a Gre- 
goire, calormne par des envieux a up res dc Kosrau, il cut le mcmc sort que 1c 
vertueux Mar Xestorius. Kosrau lui ayant ordonnc dc retourner k son pays, 
il se rctira en solitaire dans un endroit desert eutre Niflar et Cascar; e'est la 
qu'il vecut longtcmps apres sa sortie dc Xisibe, s'adojinanL au jei'ine et a la 
prierc. 11 y avait pros de \ix un village dont les habitants adoraient les ser- 
pents. 11 les invita a eonfesscr Dieu el leur moutra Thorreur dc leur eultc. 
Mais ils nc Tccouterent pas et restcrent dans leur impicte. Un jour leur 
pretre, qui etait charge de scrvir les serpents, etant alle leur jetcr dc la nour- 
riture, les trouva tous morls. Alors tous ceux qui etaient \k allerent demander 
a Gregoire de leur pardonner leurs peehes, d agrccr Icur penitence ct dc lcs 
baptiser. 11 exauya leur demande et leur batit une eglise, on il etablit des 
pr^tres. Puis il se transports de \k a un autre endroit norame liizz el-AnhAr 3 , 

1. C'est en cette qualite qu en 005 il assista au synodc de Gregoire (Si/n. Orient., 
p. 2i4V. Sur BarUadbsabba et ses ecrits, voir Barhadbsabba Arbdya, Cause de la Fon- 
dation des E coles. Introduction ; Patrol. Orient., t. IV, p. 320-325. — 2. Sur ce Michael, 
voir not re Etude supplementaire sur les Ee rim ins st/riaques, n° XVI; Barhadbsabba 
Arbciya... Append ice It. — 3. C'est-a-dire : « Ma melon des Motives » (voir Un nitovo 
testo, p, ilj. 



[103] LXXV. — H1ST01RE DV C1IAT1M ENT. 513 

© 3 L^i.k ~>ys\ 

^j^UJI tLsJ j^J^UJI 4)1 p-LU .jAJI Jj^ ^ J ^ ^ir J 

t£->!>?^ SL»1j ^Jj-^ <> ^ ^rr^ 

1. UwjLj vel Uwjb* vel Uwjlj vel Ui^Vj etc. — 2. Jacuit. — 3. JLk^w^l ex 
I exxXr ( ata(TTt)tdc historia ecclesiae. 



ou il construisit un grand couvent. Des eeoliers vinrent de toutes parts se 
grouper autonr de lui. Par ses prieres^ Peau se remit a eouler dans le lit du 
lleuve, qui etait a see depuis liuit a lis. Ce couvent est situe pros de Niflar sur 
les limites de Baresma 

Gregoire — que Dieu sauctifie son ame et que s<>s prieres se souvien- 
nent de nous! — mourut en la vingt-deuxicme annee 2 du regne de Kosrau 
et il fut inhume dans son convent. Theodore liar lvoni et Elie metropolitain 
de Merw out parle de lui en detail dans leurs livres d'histoire ecelesiastique 3 . 

LXXV. HlSTOTRE DU C1IATIM ENT QUI FUT INFL1GE AUX HABITANTS DE NlSlBE 

A CAUSE DE SAT NT GREGOIRE \ 

Dieu retira aux habitants de Nisibe sa providence et les retribua selon 
ce qu'ils avaient fait contre le metropolitain Gregoire. Le eh&timent arriva 
en mai, un an apres le depart de Gregoire, c'est-a-dire ait memo mois ou 
il avait quitle le pays. Par la permission divine, ceux qui avaient seeouru 

1. Lecture conjecturale. On pourrait encore lire : Tarisma ou Narisma. — 2. En 
Gil/2; selon Babai" le Grand {llistoire de Mar Yabalaha..., p. 42G) son exil dura dix- 
sept ans. — 3. Sa biographie a ete ecrite par Babai le Grand (Hist, de Mar Yabalaha, 
loc. cit.). Le Livre de la Chastete lui attribue beaucoup d'ouvrages. entre autres unc 
llistoire ecelesiastique. — 4. Cf. Un mioyo testo..., p. 11. 

PATH. or. — T. XIII. — F. 4. 34 



W HiSTiMltK NKSTnull'NXIC. [IM] 

^ J^U>. *JL>- ^>L? pJI JdUl} .pLi <Ja£U .pA-Ct piJI jLj^JI I^Alij 

. ^j,^. ..^j.Ij JLs^Jljj ^* ^-l ^uLiUlj ju^UJI jj^/Mb .<ArULdl JU^ll 

IpdJ Uls . JUJUWJ OaJI [pc.:Jj jOUI Jul *l jI-Uj ^i^JI ^^Lp ^1 ^JLiJj 

,^UI Ij^tiij lyX-J dUUI <cILj p^J^- jUIjj p> j j J^*f- ^rrf^ 

.^I^JI J lyjUo f jJI aA, J>\ ^ ^ ^y> 3 ^3-^3 !>V- 



1.1 nana, et s'ctaient ligues coatrc Gregoire, an sujct dc la defense qu'il lour 
avail faite de prendre unc sceondc remme et d'avoir des concubines, ccux-lA 
so revolt erent contrc Kosrau et massacrerent le marzban r^sidant dans le 
pays. Ce crime irrita le roi, qui envoya contre eux le general de ses armees* 
avec des combattanls. 11 le fit encore accompagncr par Sabriso* le eatho- 
licos et les eveques de lieith Garmai, de Mossoul et de i\isibe. 11 ordonna 
au general des armees d'ainadouer les habitants pour qu'ils ouvrisscnt 
la porte de la ville devant le catholicos. Unc fois la portc ouverte, il 
devait massacrcr les ehcls et piller toutes les maisons. Quand Farmee arriva 
sous les rcniparts de la ville, le catholicos harangua les habitants, et lour 
ecrivit, disant que, s'ils ouvraient, il Ieur garantissait la vie sauve : il ignorait 
en efTet ce qifon avait congu contre eux. Le general de Tarmee leur promit 
aussi les meilleurs traitements, et toutc sa mansuetude; il les engagea ft obeir 
au roi. Trompes par sa parole, ils ouvrirent la porte. Mais quand l'arnicc 
entra dans la ville, elle accomplit les ordres que le roi lui avait donnes, 
et se mit a massacrer, a piller, k dctruirc et a incendier. Et elle n'epargna 
personne qu'elle put rencontrer. Geux qui echappercnt s'enfuireut au pays 
des Grccs, oii ils se disperserent. 

11 leur arriva ce qn'a dit David : // les a fait vrrer par des lieax deserts, 
oil il n'y a point de cliemin' 2 . On en amena plusicurs captifs ;\ Kosrau qui 
les jeta en prison, on ils mourureut. Geux qui restrrcnt dans la ville sMnnni- 

1. Nomine Nakwergan [Un nuovo teato.. t} p. 11). — 2. Rs. cvn, AO. 



[195] LXXVI. — UISTOtUE DE RABOAN ISO'YAIIC 515 

@tliVI I ^j^^j (Jj^l jjI^LaJI j y*> 1 /f" ( j-^*^l ^IXwl U3 ,i£j>- L 



.^jJI <-tLU j-cJI jLjJI 1^)1 (^a)I 1 J^j>3l I^jzjJlA jL? .(5^/ ^ 

liferent et se sotiniirent; et ils furent convaincus que ce chatimont avail 
fondu sur eux uniquement pour les ptniir de leur conduite a Tcgard de lcur 
metropolitain Gregoire, Ainsi qu'Antiochus (Antidkhous) avait agi i\ 1'egard 
des habitants de Jerusalem 1 , qn'il avait fait perir en les trompant, de meme 
agit Ivosrau h regard des habitants de Nisibo. Ainsi s'accomplit cc dont 
Gregoire les avait menaces, c'est-a-dirc qu'ils seraient putiis, s'ils no renon- 
gaient pas a leurs ceuvres. Quant a Mar Sabriso', il fut conlriste de ces 
cvenements, et il reprocha an general de Tannee sa maniere d'agir et son 
parjure. « J'ai peche, dit-il, contre eux, parce que je leur fis nne promesse 
sur laquelle ils se reposerent. » 11 vit le massacre de Yazdgerd et de Ilormizd 
Sapor. 11 aneantit le pouvoir des chefs qui furent la cause de ce qui arriva 
au metropolitain. 

On dit qn'& la suite du diflerend qui eut lieu entre Gregoire et Mar 
Sabriso*, celui-ci fut privc du don de la revelation. Apres la mort du metro- 
politain Gregoire, les habitants de Nisibe ecrivirent le nom de celui-ci avec 
celui des Peres. 

LXXVI. — IIistoire de Rabban IsoYuib 2 . 

A cette epoque apparut ce Saint, qui etait originaire de Beith Nouhadra. 
Apres avoir fait ses etudes dans l'Ecole de la ville de Thmanoun dans la 
region de Qardou, il alia chez l'anachorete lso'zkha 3 , qui avait gueri 

1. Cf. Machab., vi, 58 et suiv. — 2. Cf. Le Livve de la Chastete, n° 139. — 3. Voir 
ci-dessus, p. 480. 



51 ii IIISTOirtK XKSTOIUKNXK. [m] 

J ^tr^' if** f* -l* 3 J ^*f^ 

•UoJj ATjU« Jjlas . jL^U C-Jj bj^-i L)\ *tt^ .CLj aJ ^151^ 

pJ 4j| (^j^JL ^ Jplj^ (j^j L-^j ^1 LJlL* ^yLi . i^jiJI 

M 

1. — 2. |.w cs^o martyrium. 

Mn-No'm&n, fils d'eNMon udliir roi ties Arabes. Apr6s avoir rempli pendant un 
certain temps la charge de lecteur que ranaehorete lui avail confide, il sc 
rendit a up res dc Mar BabuT dc Xisibe 1 , qui le fit inoinc dans son convent. 
An bout de cjuclque temps, la grace divine Tayant appele a deveuir chef 
de monies, il quitla sa cellule et se rendit a la montague de Beith Nouhadra, 
oii il liabila pros du couvent de lthalaha 1c martyr 2 . Les moines, qui 
entendirent parler de lui, sc grouperent autour de lui; il bAtit dans la 
montague un couvent dans un endroit on les Kurdcs oll'raicnt des sacrifices 
aux demons. Un jour qu'il etait assis, il vit les demons qui prirent une 
pierre pour la lui jetcr. Par le nom dc Dieu il en arreta la chute, et elle resta 
suspendue comme on la voit encore dc nos jours, llabban Yozadaq 3 , qui 
bAtit un couvent dans la region de Qardou, rapporta qu'il n'y avait personne 
en ce temps-la eomme saint Iso'yahb pour operer des miracles et des 
guerisons. Apres etre reste cinq ans aiusi, il mourut et fut inhume dans 
le martyrion de son couvent. Que ses prieres nous assistent. 

LXXYII. UlSTOlRE I>E RaBBAN GaBHONA*. 

Ce fut h cette epoque que ce Saint sortit du couvent de Bar Toura et 

1. Voir ci-dessus, n° L. — 2. Sin- ce couvent, voir Le Livre de la Chastete, n°8; of. 
Acta Marly rum et Sanctorum, <§d. Bcdjan, II, p. 3G5 et suiv. — 3. Voir sur cc per- 
sonnage Le Li\*re de la C haste tij n° 91 . — 4. Ct*. Le Livre de la Chastete, n° 51. 



[107] LXXVIII. - IHSTOIUE DE MAURICE, EMPEREUR DES GRECS. 517 

^Ulj .<*JJI ^ Clr OjJI <w5Cs»- (jjjj ^L* ^ (J * p. 2->o. 

dUU Jli ^ i^UJI dUr aLLIj *S J Li Jl>^j ^J>- JL&Jj .<uJl*J1 SjUI 

£r*v>_3 <j-* 1^%jJ?Ij ^>c*iy ^jlj" (3 < UaIs»- ^* aJI v^U^- Lis 

<3 ^ j ^ jl^ .LU14 <*;15C dlUj *oV»! tjisj ^iiy <J**Jy J~~?~ v r^^ 
1. 



* p. 221. 



habita une grotte dans la montagne de Badroun ' , dans la region de Beith 
Zabdai. 11 s'abstint de tontes les joies de ce monde, acquit la sagesse divine 
et la crainte de Dieu parfaitc, et il vecut dans la plus pure devotion. Sa 
reputation parvint a un homme, appele Samona, qui gouvernait cette region 
sous les ordres du roi de Perse; il vint le trouver au sujet d'une fille qu'il 
avait, que le demon tourmentait et a laquelle les medecins avaient defendu 
de prendre quoi que ee soit d'aliments euits. Quand on la lui amena, il prit 
de sa grotte un pen de ble, qu'il fit cuire, et le donna a manger a la jeune 
fille; elle guerit aussitot et recouvra la raison. Samona Paida a batir un 
couvent au m6me endroit et lui donna tout ce qu'il demanda. Le convent, 
apres sa construction, fut habite par des moines et on Tappela Couvent de 
Samona. Saint Gabrona apres sa mort y fut inhume. Que ses pricres soient 
avee nous! 

LXXVIII. — Histotre de Maurice empereur des Grecs 2 . 

En la treizieme annee du regne de Kosrau, qui est la 914 e annee d 'Alexan- 
dre 3 , Phocas (Qoufa), maitre de la milice, se jeta sur Maurice (Mouriqi) et sur 
ses enfants, les massacra et usurpa la couronne. Maurice avait vu en songe 

1. Perdoun ^o.^, dans Le Livve de la Chastete, Ioc. cit. — 2. Cf. Theophyl., 1, 8, 
cap. 10 et seq. ; Chronique de Michel le Syrien, t. II, p. 374-375; Barliebr., Chron. 
Syr., p. 92-93; Hist, du Bas-Empire, LIV, § XXXV ot sq. — 3. Maurice fut massacre 
le 27 novembre G02. 



IIISTnlliK XKSTOItlKNXK. [iW] 

4^01 ^1 is^J p-Li .lay ^ ji> j y* jl CiDlj j\ U^-ir ilili^Jl vJ^p-^ ^ j\ 

. c ^^c- ^"-^ cJl^j .jJUl IJLfc J jl c}L? ,j JU3 

LJU- Ir^jU jl^ . CJ^xjOi Lll^Ji* v^i^LiJI LjjU J^*f>j .^l"L>- (J j y> <JI 
^JL j ^« &AjL'I ^a)! l-Ly [ j^L:Jl ^j^> .<i\j^S\} OUL^JIj OUlIjJL lijlt 

. \j~~> jl^j . ^il^3 bXu jL? j j-J b^JLc i <CJI . 

ct^^ ^ ^ b^r^-i jl b-*^. M->l ^ f-?J^ p-^ 0*3 

1, J »Lvw vel -J^ww. 



mi honniic incitement vetu se tenir devant lui, <pii lui dit do tcndre les mains; 
Maurice les avail tcuduos ct riiommc avait ecrit sur ellcs qnalre Icttres en 
grec qui signifiaient : « Dieu ordonne que Pliocas regne a la place dc Mau- 
rice 1 . » II s'etait resignc a la volonle dc Dieu et avait demandd dans ses 
prieres qu'il fut puni dans ce monde. Son regno avail dure vingt ans. 

Entyeliius (Outikhntis) tint le siege palriarcal pendant douze ans-; aprcs 
samorl, il out pour succcsseur Jean (Yoa tints)* pour lequel Maurice avait de 
son vivant dc rnU'eclion; eclui-ci ctablit metropolitain de Chalcedoine {Qalki- 
dotnja) Maroutlia, lc philosophe : homine crudit, qui connaissait le grec, lc 
syriaque et riiebrcu, ct qui a ecrit le coinmentaire des livrcs dc logique. 
Ce fut lui que Maurice envoya en amhassade aupres do Kosrau 1 ; il visita 
Sabris6 ( le catholicos, dont il admira la vertu, qu'il vit opcrer des miracles, 
cl touchant lequel Kosrau lui avait dit : « Voici un liomme celeste sous mi 
pauvre costume. » Jean in on rut aprcs six ans dc pontificat. Cyriaque (Qouriu- 
qos), qui lui succeda cn la onzicmc anncc 5 de Maurice, ctait tres avancc cn age. 

Les empcreurs grecs, quand ils voulaient etre conronnes, avaicnt coutumc 
de se rendre au convent de Mar Sergius, cjui ctait tout pros du palais royal; 

1. Litter. : Dieu a ordonne et deuxiciTiLMricnt Maurice Phocas. — 2. luitychius est fait 
palriarche de Constantinople en 552 ; il est depose en 564 et remplaee par Jean le 
Scolastique; apres la mort de celui-ci, il est retabli sur son siege en 577; il ineurfc le 
5 avril 582. La meme annee Jean le Jeuneur lui succede meurt le 2 septemhre 51)5. 
Cvriarpie pretul sa place. — I.e JtMineur. - k. Cf. ei-dessus, p. 4D- 7 !. — 5. Cyriaque 
dirigea lliglise do Constantinople de 5 l J5 a GOO. 



[190] LXXIN. — lllSTOIRE DE T11KODOSE FILS DE MAURICE. 519 

^Ap w^Ut LAi ^Jj>3 viAUl ^1 j ^A& b^Axp^ jw-U! ^^Ac ^ ^-kJI 

cJu Co^j .<J ^ dJjXJI ibis O^l^ ^1 * 22;). 

©(Jj^ft L^s vilU <i*JI ^ CjUj ^j^* 0^*°* 4ot^* jUp sIjU UJj . 

*fjjl ^ <yv^ ^ err-'- 51 / -j* 



1c patriarchy acconipagne tie trois eveques, venait y celcbrer Ics mystcrcs; 
apres la communion, ils prcnaient la couronne deposec sur Tautcl ct la met- 
taicnt sur la tete tie Pempereur, qui s'asseyait alors sur 1c trone. Lors done 
que Phocas s'empara du pouvoir et qu'il eut mis lui-mfime la couronne sur 
sa tete, le patriarchc Temmcna h Feglisc cathedrale, on, apres r avoir eommu- 
nie, il Foignit du saint Cbrcme. Dicu le priva ainsi dc la coutume que les 
empereurs avaient institute et il comprit que Gyriaque le haissait. Gelui-ci 
ocenpa le siege patriarcal pendant sept ans; apres sa mort, Jean 1 le remplaca 
pendant huit ans ct mourut Tanncc de Favenemcnt d'lteraclius (IJarqel) 2 . 

LXXIX. IllSTOIHE DE TlIEODOSE FILS DE MaUUICL 

E M V E R E U It L»ES GrECS 3 . 

Thcotlose (Tydddsis), le plus jeune ties enfants de Maurice, avait eehappe 
au massacre de son pere ct dc scs freres et s'etait refugie aupres de Kosrau, 
qui 1'avait recueilli, se souvenant comment son pere avait agi a son egard, 
alors qu'il avait demande sa protection, et comment il Favait aide a 
reconquerir le trone. II F avait couronne ' et lui avait promis et assure qu'il 
fcrait tous ses efforts pour le faire regncr. Le malheur dc Maurice alfligea 
beaucoup Kosrau; il le pleura et porta son deuil longtemps 5 , Puis il exposa 

1. Ou plutot Thomas; celui-ci a ete consacre le 23 janvicr 607; il mourut le 20 mars 
610. — 2. Heraclius fut proclame empercur le 6 octobre 610. — 3. Cf. TheophyL, 1, 8, 
c. 9. — 4. Cf. Un nuovo testo, p. 13, — 5. Cf. Barbel jr., Chron. Si/r. ? ed. Bedjan, p. 93 ; 
Michel le Syrien, t. II, p. 377. 



ran ItlSToiltK NKSTOHIKiSfKK. [200] 

. d^lLJIj ^wJl \r^3 * J* ^ pr*^^ 

wLli-3 jl 0 Ji ^\ w- !jb ^At ^15^3 .jJrLJI ^y-r- ^ fj^l ^»>>J 
I. ^Xjy. — '2. In marginc 



j\ sea courtisaus et aux nutrcs grands personnagcs la reconnaissance qu'il 
derail a Maurice pour les services qu'il lui avait rcndus, et les informa qu'il 
voulait le venger et faire triompher son Tils, lis lui repondirent qu'il scrait 
obci. 

Le roi envova done avce Tlieodose un general cruel, inhumain, et dur; 
et il apaisa sou courroux en leur donnant unc armec. Le general se tlirigca 
avec Tlieodose vers Dara qu'ils assiegercnt 1 . Quelqucs jours apres, Kosrau 
aussi sortif pour attaquer les Grecs; il sc fit aeeompagner de Mar Sahriso* 
le catliolieos. 11 assiegea Dara qu'il prit apres neuf mois de siege 2 . II 
rctourna ensuite a Seleueie, apres avoir laisse la. ses armees. Puis Tlieodose 
mourut einpoisonne. 

A ccttc epoque, Kosrau fit mourir Nathniel eveque de Sahrzor 3 h Tinsti- 
gation des mages, qui lui en voulaicnt d'avoir empeelie dans son pays la 
destruction des eglises. A la meme epoque mourut a Nisibe saint Mar 
Sabriso* le eatholicos; il fut port6 a Karkha de Gucdan, ainsi que nous Tavons 
dit ci-dessus \ 



1. Cf. Un nuovo testo..., p. 13-14; Barhebr., loc. ci'L; Michel le Syr., loc. cit. — 
2. En 604. — 3. Cf. le Livre de la Chastetc, n° 67; suivant Un nuovo testo, 
p. 14-15, Xathniel a etc mis a mort en 610/11. Get eveque a siege en 585 au synode de 
lso'yahb I et en 605 au synode de Gregoire (voir Syn. Orient., p. 423, 470). Ebedjesns 
tie Xisibe apud Assern., Ill, i, 224) lui attribuc ties eontroverses eontre Ics heretiques 
et un eommentaire sur les Psaumcs. Asseniani Tidentifie a tort avec Nathniel, inoine 
du convent de Beilh Abe. (jui vivaiL sons IJnauisd* 1 (08U-700]. Cf. encore notre Etude 
supplementaire sur les Ecrivains Syriens, n° XI II. — 4. Voir u° LXX1. 



[201] 



LXXX. - lliSTOtltK DK GREGOtRK 



521 



j^U-U .viUi J dUUl lyiUu-li tf j T: j>zXJ\ *J±y? <^Uj obi^ ^ ly^c- 

uiSj Ui . jj^kJl jy^f- ^a^LwV ^JIaJI ^Jl j^^Ji ^ 4.YI jli^L 

1. In marine: A J& _,UJb1 ,1 3^1 ^ .,JlWL jlill — 2. . ,.,UU1 

ex iigftoo doctor. — 3. J-^L—I ex u^^o iinpositio manuum. 



LXXX. IIlSTOlUE DE GllEGOIRE (Dji'tgllOUl') LE THEME ET UNI E ME 1 

Catiiolicos 2 . 

Cet Iiomme etait originaire de Mai'san; il avait uiio belle prestance; son 
visage etait d'une grande beaute; il etait docteur et avait suivi les leeons 
de Isai le docteur de Seleucie 3 . Quaud Kosrau retourna h Seleucie, apres la 
conquetc de Dara, les Chretiens se reunirent pour choisir un suceesseur a 
Mar Sabrisd\ Celui-ci avait recommande aux fideles de choisir Barhadbsabba 
le moine qui habitait la montagne de Sa'ran. Les Peres choisirent Gregoire 
metropolitan de Xisibe, qui etait connu pour son orthodoxie et pour son 
esprit apostolique. lis demanderent I'aufcorisation du roi, qui la leur 
accorda ; et grace h la sollicitude de Sirin, il donna Tordre de convoquer 
les Peres a Seleucie (AI-MmhUn) pour ordonner Gregoire le metropolitans 
Mais quand Abraham de Xisibe, le medecin, et d'autres chretiens qui etaient 
au service du roi, apprirent cette nouvelle, ils craignirent qu'une fois 
patriarche, il ne se vengeat de la malveillance qu'ils lui avaient opposee, 

1. A corriger : le trente-deuxieme (voir ci-dessus, n° XLII). — 2. CI". Mari, p. 60; 
*Amr T p. 51; Un nuovo testo..., p. 15; F3arhebr., C/iron. Eccles., II, col. 108 et 111; 
Thomas de Marga, lib. I. c. 25 et 26. — 3. Voir sur ce personnagc ci-dessus, n° XXVII, 
p. 158. Cf. noire Etude su ppletn en (aire sur les Ecrivains St/r., n° XI. 



:m nistoirk xi:st<)I«ii;xnk. 

Ji^-K-A-ij ^jLLL%JI ^J"/**" ^ J^^*^ 

^IwJ^lj & lyU.Vl Jjiya- jAc J 1 .villi UjLl^l ^Ic (j*^ C^^J .^fcLU 

1. s^v^-o. — r — j A*J ex y*a> ordinavit, manus imposuit. — 2. ai^Ljj. 



quaud il eta.it ;\ Nisibe; its allercnl trouvcr Mar Aba de Casear 1 l'astrologue 
de lvosrau ct son familicr, pour lui dcmander dc no pas lui designer Gregoirc 
ct de le detonrncr de lui accorder sa t'avcur. La rcine Sirin choisit Gregoirc 
le docteur et demanda aux Peres de Pordoiincr, en pretcndant que c'etait lui 
que le roi voulait. Ce fut done tine homonymic qui einporta l'alTaire. Mar Aba 
le mcdecin aussi s'ctait range k son parti. Lcs Peres ecouterent la reinc ct 
ordonnerent Gregoirc patriarcbe selon le rit 2 , an milieu du peuple joyeux ct 
en fete. Sirin Pavait ehoisi ; clle veilla a ses intercts. Les medecins dc Nisibe 
rintroduisircnt cbez le roi pour quil priAt pour lui ct le be nit. Mais des 
qu'il Tapcrgut, le roi eomprit qn'il y avait quelque supercherie dans son 
ordination. « Cc n'est pas cclui-ci, dit-il, que jc vous avais commande d'cta- 
blir, mais Gregoire metropolitain de Nisibe. — C'est la reine Sirin, repondit 
Mar Aba le niedecin, qui a ordonne dc Fetablir, parce qn'il est son conci- 
toyen; sans nul doute le roi l'aeeeptera a cause d'elle; e'est d'ailleurs mi 
bomme intelligent, sage et savant. » 

lvosrau s'en rejouit, il Thonora; et il fut ravi dc la bcaute dc sou visage; 
mais Tayant examine, il trouva que sou interienr etait Foppose de son cxte- 
rieur. 11 reproeba a Sirin de Tavoir ehoisi. Puis Gregoirc se detourna dc 
Tequite et il agit eontrc toutc justice; il aima a amasscr dc Fargcnt ; il en 

1. Sur ee medecin voir ei-dessous, n° LXXX1. — 2. En 007 selon 'Amr ; le samedi des 
Rameaux GOG, d'apres Alaha-Zkha, cite par Elie de Nisi be (Harhebr., Ckron. Kcclm., II, 
col. 108, n° 3); au inois d'avril 605 selon le synode que Gregoire tint aussitot aprt x s 
son ordination $r//i> Orient., p. '(71 ; ef. Kite de Daman a pud Asscin., Ill, i, j>. 452 v . 



[203] LNXX. — IIISTOUIK 1)1? GKKttOHtR. 523 

^yJJI J^l>JI ^ yHrr 1 (ij 9 ^ ^ji^Jl J^Lr?" J-^j .jjsJI 

Jfo y* 3 <j>.j^ jj^i \ ji\ £j\jJ\ fii^* 

^ -i-vi^j fjlij ^ y>j ^3 .V f 1 ^ ^iioj 

. <ujb»- A. t _,,,^ iS-Vi»cS 

.j^jJL 4JIL3 «5L^J jUJ ^Lll ^^iju j^f- ^ ic^ ^ ^3 ^ 

J jr £^ J ^3 .viiU» ^jLiBl (5 S £-JI * ^ dUi k a * * p. m* 

J <w^l j^JLJI 1 j jVI U jU U^-^ ^Jt^ ^pJj iuJl 

1. ^^bj^^t cx ycui-j^;! op^tStdtxovo?. 



reclama aux pretres ct aux chefs, La joie des cli rel ions se changea en Iris- 
tesse. L'excomrannie Gabriel Je Sigar', que Mar Sabrisd' avait anathema- 
tise, le diil'amait sans arret. Kosrau ordonna de le representor sur les eventails 
dont il se servait. Un eventail le representait palpant unc poule pour savoir 
si elle ctait grasse ou non; un autre le representait examinant une piece 
d T or qu'il retournait dans sa main; sur ses genoux ctait assise une jeunc fille ~. 

On se mit a detester les eveques aussi a cause de lui; ct les cliretiens 
en congurent une profonde allliction. Ivosrau avait cnleve de Dara, alors 
qu 1 il s'en etait empare, beaueoup de livres; il obligca Gregoire k les ache- 
ter pour vingt mille stateres d'argent et lui en demanda le paiement ; Gre- 
goire fit payer cctte somme par les eglises, et les chretiens eprouvercnt de 
cc chef un grand prejudice. II tint le siege patriareal pendant quatre a us. 
II mourut en la vingtieme annee du regne de Kosrau. Celui-ci confisqua 
tout ce qu'il avait laisse ; il fit raeme arrcHer ses disciples et les emprisonna 
jusqu'a ce qu'ils cussent livre son argent. Des lors, son opinion a Tegard 
des cliretiens fut modifiee; il ne leur accorda plus ses bienfaits ; il opprima 
raeme ses propres sujets, les accabla d'impdts ct confisqua leurs biens. II 
defendit aux chretiens d 1 avoir un eatholicos. L'Eglise resta done veuve, sans 

1. Voir ei-dessous, n° LXXXL — 2. CL Thomas de Marga, lib. 1, c. 25. — 3. ttn 
008/9. 



IIISTOIIIK m;stohik\xk. 




tj^i .s j~> jupj i-^L'^ju iji^jij ix^jUii j li Cju ^yi) 

1, In margins : ^j'j 



chef, (luraut dix-scpt ans * . Ellc ful dirigee, pendant cc temps, par Mar 
Aha archidiacre, dout le nom a ete insure dans les ohituaires, aide de Mar 
Balmi le Grand 2 , du convent de Mar Abraham le Grand, jusqu'A 1'assassi- 
nnt de Kosrau et ravencment de son (ils Siroi. 

LXXXI. NOMS DES ClIllETJENS QL'1 KTAIENT AU SKJIVICE DE KOSUAU. 

Mar Alia original re de Casear 3 . II otait le premier, le chef ct le pins 
distingue. 11 etait instrnit dans la p1iiio.sopli.ie, Tastronomie et la mcdecinc. 
11 savait le pcrsan, le syriaque, le grec et riiehren. 11 eomposa un grand 
nomhre de livres; il traduisit des textes hebraiques qui u'dtaient pas encore 
passes en syriaque. Kosrau Tenvoya en anibassade aupres de Maurice. I 
s'occupa eonstamment des alfaires de TEglisc du temps de Mar Sabriso* et 
de Gregoire. 

Yazdin 4 le gcnereux et le vcrtueux, dont la renommee s'etcmlait partout, 

1. Notre auteur dit ailleurs dix-liuit ans voir ei-dessous, p. 555); c Amr et Mari, dix 
sept: Barhebrscus, dix-huit. Mais cette vacance de siege doit etre d'onviron vingt ans 
car la inorl de Gregoire doit etre placee en 608/1), puisqu'il avait siege pendant quatre 
ans, et Tintronisation de son successeur ls6 c yahb 11 ayant eu lieu en 628 (voir ei-dessons, 
p. 5551 — 2. Sur ce personnage, voir ci-dessous n° LXXXIV. — 3. Cest sans doute 
Aba CascraTa, auquel Ebedjesus de Nisibe (apud Assem., B. 0., HI, 1, p. 154) altribne 
des explications, des lettres ct reclaircissemcnt de toute la Logiquc d'Aristote, ct 
qn'Assemani idontific a tort aver Abraham, fiuuialeur du convent d'lzla (cf. noire 
Etude supplementaire sur les Ecr wains St/riens, n° IX. — 4. Cf. Un nuovo testo sj/r.p 
pp. 17, 18, 20. 21, 



[205] LXXXI. — NOMS I) MS CHRETIENS. 525 

JJLljj} ■ {J*>^j*\ <J ^ y JJhJ {£J>^J^\ iUnal ^J^r^Jl w>^"*Jl ^jUtlJI 4 JJ^ r *p- 

pj^A^c^l ^jLalll J^JL«^J1 Jj* . (J^j ^^U^-JI Oj jjlxJl 



en m£mc temps que les largesses; il batit des eglises et ties convents en 
Orient. Kosrau lui confera unu grande autorite et lui confia radministration 
de toutes les provinces depnis Beith GarmaT jusqu'aux pays des Grccs : c'est 
lui qui preta son appui aux fide les dans r affaire de rcxcommunie Gabriel 
apres la mort de Gregoire le calholieos. 

Jean (Youhanna) de Cascar; il succeda a Yazdin apres sa mort dans 
Tadministration des provinces. Il a un convent dans la terre de Cascar'. Apres 
la mort de Kosrau il tomba dans la misere, ses biens ayant etc confisqutfs. 
Son (Us Sergius (Sargis) fut massacre par Al-Hajj&j ben YouscF. 

Jean Sendori, medeein nisibien. Kosrau Taimait beaueoup; mais apres la 
supereherie dont il usa, et que le roi decouvrit, dans TalVaire de ['election 
de Gregoire le catholicos, Kosrau lui retira sa favour. Toutefois h Tavenement 
de Siroi sa di^nite lui fut renduc. 

Gabriel, medeein sigarien 3 qui flit excommunie pour avoir pris des concu- 
bines et avoir epouse deux femmes. II sc fit jacobite et fit beaueoup de mal 
aux fiddles. 

Kosrau employa encore plusieurs autres chretiens a son service pour 
montrer son dedain aux Mages envieux; que Dieu les maudisse et 1'asse 
misericordc a Kosrau! 

i. Cela signifie qu'il batit a ses frais un couvent, et que ce couvent a ete appcle 
de son nom. — 2. Voir ci-dessous, n° XCVIII. — 3. Cf. ci-dessous, p. 537 et suiv.; Un 
nuovo testo... y p. 12, 15, 16; Barhebr., Citron. Eccles., 11, col. 109; Histoire de Mar 
Yabalaha, etc., p. 505-506, 518-522. 



cm IIISTOIUK NR&TiUHKXX'ii. r 20(i] 



r. -jn, 



b^V^lj <j^.J> 4 J^i .SI^J 4J jj) dlL lil dUJI £&JI 

JLlS J <lXjs> cUf-j <>\j1> cJCL^ J r V^I 4 ^-iJJI 

aJLtLS-5 .^-Vl ^ ^ V <JjAi5CJ *_^-L? ^Jl jV . Alp- 

1. Sic. — 2. aJ^l vcl djjs. — 3. Sic. ~ /1. ^jJl. — 5. KyJL — C. Sic. — 



LXXXIL IllSTUlHE Ii'IIkIUCLIUS EMPEIIEUH HES GrECS. 

Dans IVmpire grcc, les nrinistres sont de Jcux classes. L'une d'elles 
s'appcllo Prasina 4 ; c'est en ollc qu'on choisit un empereur, quand le prince 
ost mort sans laisser JMiuriticr, L'autre classe, qui csl rivale 2 de la premiere, 
s'appollo Vent* la, selon le nom de la reine des Grecs 3 . Cost dans ce clan 
quo le prince choisit sa fomme, quand il arriva an pouvoir sans etre marie. 
Lorsquc Maurice fut assassine avee ses enlants, son frere Pierre ne rdgna 
point apres lui. Phoeas s'cmpara du pouvoir; il etait du clan appele Vcneta. 
Le clan adverse ne voulut pas le reconnaitre. Phoeas etendit la main, alors, 
pour tuer les chefs de ce parti, ndgligeant ainsi de resistor aux Perses, qui 
s'cngageaient dans son empire, et couvraient de mines taut de provinces; il 
mettait toute son ardour a massacrer ses partisans, si bien qu'il se trouva 
sans soldats. Puis il marcha eontro le maitre d'Alexandrie, parce qu'il ctait 
do l'autre parti. Colui-ci le combattit; inais Phoeas le mit en deroute ct le 
tua 4 . Puis il cut h se mesurer avee le maitre d'Afrique et avee celui d'Kgyptc, 

♦ 

1. Prasina, et plus loin Venela, sont les noms de deux importantes factions du 
cirque, la Verte et la Bleue. — 2. Lecture conjeclurale. — 3. La phrase du tcxte est 
obscure. — 4. Id. 



[207] LXXXfl. — iflSTOtRE DUIKHACLIUS EML'EREUR DES GRECS. 527 

<uiJ, *UJ1 J JLI^ .aJjU Mjj^Jl .A,.r;.W;^., n H * 4*4^ cl^jj *p. 232, 

LjjL* ■ \-2jL*« 4jLU>- -x^JI fjkfo c*l?_5 aItLSJ ^ . t^lLJI 4 $[yZ£ , \} 

' <V~ W 4j*-^« . CjI^ 

^jJI Ju=;lj -fj^l d)jU ijUJI ClJl^ <ulj ^LJI dl^LiJI £fJJ '^jfi* 



tous deux du parti nomine Prasina, el emus de voir tous les maux que Phocas 
causait, craignant pour sa famille. Gliacun des deux envoy a son fils avec une 
armee \ et ils convinrent que le premier qui porterait la guerre a Cons- 
tantinople et aurait la victoire, serait reconnu roi. Heraclius, fds du maitre 
d'Egypte, partit par mer, el Nicetas, fds de Gregoire maitre d'Afrique, par 
la voie de terre. Le vent favorable donna de Tavance au general qui allait 
par mer, et ses navires atteignirent Constantinople. Les ministres sortirent 
a sa rencontre. Phocas ecrivit qu'il se retirerait du trone pourvu qu'on lui 
garantit la vie sauve. Comme il sortait pour combattre, un des soldats lui 
donna un coup de lance par derriere; il toniba de sa monture et monrut. 11 
avait regne huit ans. 

Heraclius occupa le trone le premier septembre 2 de la vingt et unieme 
annee du regne de Kosrau, qui est la 922 e annee d'Alexandre. On Famena 
au couvent de Sergius, ou il communia apres la celebration des mysteres. Le 
patriarche le couronna selon la coutume des empereurs grecs. Nicetas, ayant 
appris cette nouvelle, s'arreta a Alexandria Heraclius se mit a reparer les 
maux que Phocas avait causes. II ecrivit k Kosrau pour demander la paix; 
mais celui-ci la lui refusa. En la premiere annee de son regne, a la mi- 
careme, il y eut un terrible tremblement de terre qui fit tomber beaucoup de 

1. Cf. Michel le Syrien, torn. II, p. 378. — 2. Le 4 octobre 610; cf. Michel lc Syrien, 
loc. cit. f p. 400. - 



Vis IIISTolUK MKS'K UilKNXIv. [208] 

Oil J I ^Ji ytj 4^jLLDI JL <wb .^Li jjj villi ^j^fTj^ 

<Cl$CJ f^^r^l ^jUtiJI u Lj^>- ijU-w ^^I^jI \jU .....1 1^ is-L^^lrj l>Ll>- oUc^j 
jl £s> pA^i- 0 L^rlj . ^IjJI oLu IjA^jI^ <Sj~^ <k*X>- 

1. .' t UU^,. 



maisons. En sa deuxiime annce des ctoiles (Glantes) toinberent du cicl d'une 
uutniere efTroyable connne un jet dc Heches depuis FOriont jusqu'a TOccidcnt. 
I)c scs jours devint patriarche dc Constantinople, Sergius, qui avait la juGnic 
croyanec et la nieme opinion (jue Theodore I'intcrpretc 1 . Do ses jours encore 
apparureiit les dyothelites, connus encore sous le nom de Samta 2 , ct qui 
ensoigneront que de memo (pie le Chrisl a denx natures, de uieuic il a deux 
operations et deux volontes. Sergius rcpoussa cctte doctrine et ny adhera 
point 3 ; il fut imite par les autres patriarches et par rcmpcreur Hcraelius. 

LXXXIII. IIlSTOIRE DES UERETIQL'ES; DE LA CONTROVERSE DES Pi:RES, 

ET DE i/eXCOMMTNICATION DE HxANA. 

Apres la mort de Gregoire catholicos, TEglise resta sans chef 4 ; alors 
les heretiques, c*cst-a-dire les dissidents, Ics partisans et les disciples dc 
Hnana se repandirent partout, grace k Tappui de rexcommunie Gabriel de 
Sigar 5 , homme influent aupres du roi Kosrau, ct ils corrompirent les esprits 
des hommes. Kosrau, qui entendit parlcr de cela, ordonna que les deux 

i. L'auteur fait peut-etrc allusion a la doctrine monothelite tie ce patriarche. Mais 
d'apres Theophane et Nicephorc (lib. XVIII, c. 54), Sergius etait sectatcur dc I'lienS- 
sie jacobite et contribua beaucoup a la repandre sous le nom de monothelisme. — 
2. Je n'ai pas pu identifier ce nom, a moius qu'il ne soit une corruption du grec ouo 
0sXr'uoc:a. — 3. Cf. Maiisi, toiu . XI. p. .*>">. — 4. I )e iHH) a (»2S voir ei-ilesmis. p. .Yi'i, 
11. I). j. Voir ei-dessus, p. 525. 



[200] LXXXlll. — IHSTOmR DRS IIERETIQUES. 529 

f o:.- 5 ^U-w (ji-^- 

I. jiov* excubitor, paidagogus. — 2. Cod. i&jL~*. — 3. 



partis se reunissent pour diseuter ' . » Se rendirent h la discussion 2 : Younadab 
metropolitain d'Adiabene 3 , Soubhalmaran metropolitan! de Beith Garmai \ 
Iyd'yahb 'Arbftya eveque de Balad, le futur Catholicos 5 ; Ilnaniso* le moine, qui 
batit un convent ;\ Daraban ft ; Georges (Djurardjis), moine du couvent de Mar 
Abraham, qui fut martyrise 7 ; Serghis (Sard] is) le Sahhflr, docteur, du pays 
de Casear, et Gabriel eveque de Nahargoul 8 . Apres la eontroverse, ils mirent 
par eerit la doctrine orlhodoxe 9 , et y ajouterent les questions diflieiles; 
et ils Tadresserent ft Kosrau commc il F avait demande. Gelui-ci prit con- 
naissance de leurs paroles de verite. Mar Babai 10 , qui n' avait pas pu se 
rendre h cette reunion a cause de sa faiblesse et de son age avanee, leur 
avait etc d'un grand secours par sa plume. 

II avait aussi eerit un ouvrage, pour refuler le commentaire de Ilnana sur 
la doctrine des 318, lequel eombattait Tenseignement de Theodore (Tyadou- 
rous) rinterprete. II envoya eet ouvrage aux Peres, qui Taccept^rent. Puis 
Yazdin le bon" reunit les autres Peres & Karkha de Guedan, ou ils anathe- 

1. En 612 (voir Syn. Orient., p. 562, 580). — 2. Cf. Syn. Orient., loc. cit.; Un nuovo 
testa..., p. 16-17; Hist, de Mar Yabalaha..., p. 506 et sq. — 3. II assista en 605 au 
synode do Gregoire (Syn. Orient., p. 478) : il ctait un des metropolitans qui, pendant la 
vacance du siege, instituerent Babai le Grand visitateur general des couvents (Thomas 
de Marga, lib. 1, c. 27). — 4. Ebedjesus (apud Assem., B. O., Ill, i, p. 189) lui attribue 
un livre des Centuries, Capita scientia\ et des lettres. Voir sur ce person nage : Un 
nuovo testo..., loc. cit. ; Le Livre de la Chastete, n° 58; Hist, de Mar Yabalaha..., p. 520, 
521. — 5. Voir ci-dessous, n° XCII1. — 6. Voir ci-dessous, n° LXXXV. — 7. Voir ci-des- 
sous, n° LXXXV1. — 8. II assista en 605 au synode de Gregoire (voir Syn. Orient., 
p. 479). — 9. Cet eerit nous est parvenu; il a ete* publie dans le Syn. Orient., p. 562- 
598. — 10. Mar Babai le Grand (voir ci-dessous, n° L XXXIV). — 11. Voir ci-dessus, 
n° LXXXI. 

P.\TR. OR. — T. XIII. — F. *u :]5 



%m IIISTOIIIK NKSTOHIRN'NK. [210 

A3j .Ulyb ^ 'j-V^J * ^ (J £r**T*J ^-jlJI ^3 ^ flJlia- 

juArUJI ^-hrr J* f^J <3 £^ ^ ^ f^ 3 " 1 v^j-^J 0^ 

J O^r 3 * oLA** crj^y .<JLL^ vJ^b <J>i\±>- j$\ 

1. In margine graphio : ^JLj^*- * — ilw ^o; 



matisereut & nouvcau 11 nana ct ses scctateurs. lis citerent clairement les 
entli'oits on il se trouvc en d6saccord avec le grand Interpr&te et tons les 
P£res. lis interdircnt la leclnre de scs livrcs et anatli^matiserent celui qui 
les lirait. I)ej& Isoyahb, aussitot qu'il avait en comiaissanee de ses ouvrages, 
les avail eondamnes ct les P6res dans leur synode tenu sons la prdsidenec 
de Mar SabristV avaient eonfirme la sentence de Isoyahbv; Gregoire, qaand il 
fnt nomine metropolitain de Nisibe, Y avait aussi excommunie 3 , il avait montre 
les points snr lesquels il s'etail trompe et Y avait oblige a se rutraeter. Paul, 
metropolitain de Nisibe 4 , Tavait chass6 du temps (PAbraham 5 parent cle 
NarsaT. II ne cessa de pareourir les pays d'Orient jusqu't\ la mort de celni-ci 
et il employa bien des ruses jusqu'& ee qu'il parvint k prendre sa place. 



LXXXIV. — IIistoiue de Mar Babai le Grand 0 . 

Ce Saint etait un des notables habitants de ZabdaT; il avait les avan- 
tages de la fortune, beaueoup de biens et d'esclaves. Apres s'etre instruit 
dans les livres persans, il se rendit a Phopital de Nisibe, ou il etudia les 

1. Cf. Syn. Orient., p. 398-400. — 2. Ibidem, p. 456. — 3. Voir ci-dessus, p. 510. 
4. Voir ci-dessus, n° XXX, p. 171; n° XXXII, p. 1S7. — 5. Abraham dc Beitli Rabban 
dirigea TEcole de Nisibe de 509 a 569 (voir Bavhadbsabba* Arbdya, Patrologia Orient^ 
t. IV, fasc. 4, p. 386, n. 2 ; cf. ci-ctessus, n° 1XV — (i. Cf. Le LtVre dc la C/iastete, n° 3^; 
Thomas de Marga. lib. 1, c. 7, 8, 27, 29, 35. 



[211] LXXXIY. — IIISTOIRE DE MA R BABAf LE GRAND. 531 
JjVI JLf- (^11 jrJv^ lr*^ ^J^- 4 ^'j^ 9 ^» ^ .^LS cU^- Si Lib jLwjL*-Jl 

J ii^DI dlLj f^-Jlj SiliJI .fcj-J^/J .jLaJI 4£ j 

iaipl^^lj ^y**^ LLl>- ^5^-* \r*r> ^ir^3 ^ 

^-ull Iaa Jj^ jJj itUi IjA^ilj ^Jl I^a^Ij ii^^Jl viAJi ^ 

livres de medecine; et il sejourna i\ TEcole, s'instruisant dans les sciences 
eeelesiastiques. II demeura ainsi quinze ans, et acquit une science appro- 
fondie. Un jonr qu'il etait k lire c\ Thopital, le sommeil le prit. II enlendit 
une voix terrible qui lui ordonuait d'emigrer au mont Izla aupres de Mar 
Abraham chef des moines'. II distribua ses biens ; et de tout ce que son 
pere lui avait laisse n'ayant pris avec lui que soixante slateres d'or pour les 
partagcr entre les moines, il se rendit an couvent, 011 il prit l 1 habit monas- 
tique, s'adonnant a la priere et au jeune et menant une vie aseetique tres 
dure. Depuis qu'il se fit moine, il ne coueha jamais sur une natte. II 
s'enfermait pendant des mois entiers dans sa grotte sans en sortir. Dieu 
lui accorda par la priere de Mar Abraham une science parfaite. II composa 
des livres. Vingt ans apres s'etre fait moine, son corps s'etant afTaibli, il 
s'aeeorda Tusage d'un peu de vin. 

Apres la mort de Rabban Mar Abraham 2 , son disciple Dadiso' lui sueceda. 
Apres lui Babai fut 6\u pour diriger le couvent. II en repara la construc- 
tion; il opera de nombreux miracles; il guerissait les malades ; il convcrtit 
une foule de mages et d'h^retiques h la foi orthodoxe. Sa renommde se 
repandit dans tout Tempire persan. Les Peres et les docteurs reconnurent 
son merite. Apres la mort de Gregoire Catholicos, par la volonte de Kosrau 
Panvez, TEglise etant restee sans chef, ainsi que nous Tavons dit plus haut 3 , 
les heretiques purent se repandre partout, ils s'empar^rent des eglises et 
corrompirent la foi des hommes. Ce Saint, encourage par plusieurs metropo- 

1. Voir ci-dessus ; n° XVIII. — 2. Arrivee en 5SS. — 3. Voir n° LXXX. 



:>T2 liisTontK .\i:sro]ui-:\\i:. [212] 

*— ■ • iSj~-^ Jr~^-5 <1«UI (3 u~*^~ iix* ^ . 

S^LaJl) ^aJl J£ lyJLlwlj JUiOl 

1. vcl IkJy 



lilaius eteveques 1 , travailla avec ardour ;\ restaurer lcs all'aires de FKglise 
eL a emprclier ces (heretiques) maudils de nuire aux chreticns 2 . Dans cette 
lulte, il eut rappui de Yazdiu lo bon 3 . Mar HabaV gouvernn le convent pendant 
vingt-quatre ans. II mourn t a I'Age de soixante-quinze ans, en la trente- 
liuilieme ann<5e de Kosrau \ II a laisse beaucoup de livres. 

Liste des livres qifil composa 5 . 

Livre contre ceux qui disent que les corps au jour de la resurrection 
ressusciteront dans la forme d'une sphere, contrairemenL a leur constitution 
actuelle. 

Livre contre les partisans de Qousta, connus sous le nom de Mesalliens °, 
qui prctendent qu'etant parvenus a la perfection, ils sont dispenses du jeilne, 
de la priere et de la reception des oblations. 

1. Cf. Thomas de Marga, lib. 1, c. 27. — 2. Cf. Mar!, p. GL ; Anir, p. 52. — 3. Voir 
ci-dcssus, n° LXXXi. — 4. Solon Thomas de Marga, Babai* est mort apres Kosrau, 
mort en G28; selon notre auteur, il preceda dans la tombe le roi Kosrau. 11 serait 
ne en 552 3 et aurait succede a Dadis6* en 603/4. — 5. Cf. Ebedjesus apud Assem., 
B. 0., Ill, i, p. 94. Selon cct auteur, Babai composa S3 livres; 84 selon Thomas de 
Marga. — 6. C'est-a-dire « priants ». Sur ces heretiqu.es voir la premiere partie de cet 
on v rage, n° L. Cf. Pognon, Inscriptions inandaites des coupes de Khonabir, p. 203- 
204. — On pourrait peut-t'trc identitier Qousta avec Faistaclie cite par Photius (/>//>/., 
cod. 52). 



[213] LXXX1V. — 1HST0IRE DE MAR BABAI LE GRAND. m 

«JJJCLJU OfcJI J * ^ *P. 239. 

<3Lj ^ J v ^ 

L '^V^. 

Livre dans lequel il rapporte les vertus de Mar Abraham et celles de 
plusieurs de ses disciples 1 . 

Un ouvrage ascetique pour les novices. 
Livre de Tunion 2 . 

Livre dans lequel il refuta la lettre de Flieretique Jean (Youhanna) 
d'Edesse 3 . 

Livre dans lequel il expliqua, en abrege, les paroles de Mar Evagrius 
(Eicaghris) \ 

Explication de la lettre de Jean Hazzaya 5 . 

Livre dans lequel il refuta la lettre de Mo'ise (Mousa) riierelique 6 . 

1. Cf. Hist, de Mar Yabalaha, etc., p. 424-428. — 2. Cet ouvrage nous est parvenu 
dans un manuscrit conserve a la bibliotheque de Notre-Dame des Chaldeens (voir Schcr, 
Notice sur les mss. de Notre-Dame des Sentences, n° 37). — 3. Je n'ai trouve aucun 
renseignement sur cet heretique, a moins qu'il nc soit ce Jean dont Theodore Bar Koni 
dit qu'il adopta les erreurs de Jean d'Apamee (voir Pognon, Inscriptions mandai'tes, etc., 
p. 209). — 4. Cet ouvrage est conserve dans un manuscrit a la bibliotheque Vatioanc 
(Assem., B. 0., II, p. 489; III, i, p. 95, n° 3). — 5. Ici il faut remarquer que le passage 
d'Ebedjesus de Nisibe (Assem., loc. cit.): Up* <-**>^i <W°j ne pourrait pas etre traduit par : 
« (Explication) des lettres adressees a Joseph Hazzaya », ainsi que le traduisent les 
orientalistes (voir R. Duval, La Litteralure Syr., p. 237). Dans ce sens il faudrait ecrire : 
Up* ^ica. iq^» vr^/o. 11 faut done traduire : « (Explication) des lettres de Joseph Hazzaya », 
ce qui signifie que Babai' expliqua ou traduisit ces lettres. Mais Joseph Hazzaya est 
posterieur a Babai le Grand de presque deux siecles, ayant vecu au vm e siecle (voir 
notre article sur Joseph Ilazzdya, dans Comptes rendu s des seances de V Academic des 
Inscriptions et Belles -Lettres, 1909, p. 300). Dans Ebedjesus, ^s<^ « Joseph » est 
certainement une faute du copiste pour ^ « Jean ». Ce Jean Hazzaya est le meme 
que Jean de Lycopolis, lc Voyant de ThebaTde, auquel Ebedjesus attribue un ecrit, 
et Pallade des lettres (Assem., B. 0., Ill, i, p. 17, n° 1, et p. 45). — G. Je n'ai trouve 
aucun renseignement sur ce personnage, a moins qu'il ne soit Moi'se d'Aghel, qui vers 
550 traduisit du grec en syriaque les glaphyres de Cyrille d'Alexandric (Assem., B. O., 11, 
p. 82). 



M'i IILSTOlltK MIHTOIUKXM-;. I'M] 

.Ja>J1 J - ^Jt^U j^jU^JI ^JUJI C VI ^ JJV^ ^ 

.JUi^Jl w^U U^v, okk all J>3 :>i 3 y c ^ J* *J 



Traite sur Fon^ine do la fete ties Hameaux. 

IWueil de temoignages tirdsdes Peres orthodoxes soit grees, soit syriens, 
pour la controversy 

Livre dans lequel il refuta les paroles de Proble 1 patriarchs de Constan- 
tinople, de Philoxene (Akkmdya) '* eveque de Mabboug (Mcutbhlj) et de Thdre- 
tique Massya 3 . 

Livre sur quelques questions d'ascetisme monastiquc. 

Livre dans lequel il refuta Tecrit de .lustinicn (Youstanous) rcmpereur grcc, 
touchant la foi \ 

Livre dans lequel il refuta les paroles du moine dissident Marcus (Mcmjos)*. 
Livre dans lequel il refuta la eroyance du dissident Isa'ie Tahlava\ 
Et d'autres ouvrages qui out pu nous ecliapper. 

LXXXY. HlSTOlRE DE IlXAXlSd* LK MOINE 7 . 

Cct homme naquit a Hira ; il s'appclait 'Ami* ben *Amr. II servit le roi 
En-Xo'mAn flls d'El-Moundbir. II etait con mi aussi de Kosrau pour sa bravoure 

1. Ce doit elre Proclus de Constantinople. — 2. Sur ce personnage voir ci-dessus, 
n° XX; R. Duval, La Litter. St/t\, 2 e ed M p. 229-230, 330-357. — 3. Je nai trouve aucun 
renseignemcnt sur cc personnage. — 4. C'est ledit de .lustinicn dans lequel il condani- 
nail les Trois Chapitres. — 5. Je n'ai trouve aucun renseignemcnt sur ce personnage. — 
<>. Voir ci-dessus, p. 511. — 7. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 21; llistoire de Mar 
Yabalaha, etc., p. 514 et s<]. 



[215] LXXXV. — IIISTOIRE DE HNAXISO' LE MOliXE. 535 

. pycLi_3 '^-^^1^ ^jUclJI <J*o S^HlJ j^>- j^'b <i 

1. - 2. ^ v ^'. - 3. 



et son babiletc a la guerre. La meditation des choses de ce monde, et dc son 
etat transitoire, 1'ayant decide a y renoncer, sur Tordre d'En-No'm&n, il dis- 
tribua ses biens, aflranchit ses eselaves 1 et se fit moine. II suivit Elie le moine', 
qui b&tit un couvent A Mossoul, et Georges qui avait etc mage et qui fut marty- 
rise sous Kosrau a Tinstigation 3 du Sigarien 4 . Bien qu'il eut passe la plus 
grandc partic de sa vie dans le luxe., Hnaniso* habita une grotte etroite, et 
en supporta l'inclemence ; il aida Elie a la construction de son couvent. 11 
etait doue d'une intelligence parfaite et il surpassait tons ses contempo- 
rains dans Tart de la controvcrse. 11 etait avee les autres present a la contro- 
verse qui eut lieu dans l'aflaire de Gabriel de Sigar et des heretiques, 
auxquels il ferma la bouchc. Mar Babai' dans un de ses livres affirme qu'a 
cette epoque il ny avait personne qui fut semblable a Hnaniso* par Tortho- 
doxie de la doctrine et par la vie aseetique. 11 composa un livre dans lequel 
il refuta la lettre d'lsaie Tahlaya ; il reduisit aussi au silence Meskena 
Wrbitya 5 , qui fut pendant un certain temps docteur dc TEcole de Balad. II 
ecrivit aussi sur Tunion un ouvrage d'un grand merite, dans lequel il reunit 
les arguments deduits de la raison, ainsi que ceux qui sont fondes sur 
Tautorite des Ecritures 6 . 

1. Litter. : il distribua ses biens et ses eselaves. — 2. Voir ci-dessus, n° XLIV. — 
3. La lecture (J^.j^ est conjecturale. — 4. Gabriel de Sigar (voir ci-dessus, 
n° LX1X, et plus bas, n° LXXXVI). — 5. Sur ces deux personnages voir ci-dessus, 
p. oil. — 6. Quelques fragments de cet ouvrage de Hnanis6 e sont conserves dans un 
mauuscrit de notre bibliothequc de Seert, sous ce titre : Capita disputationis contre 
les heretiques, composes, par Rabban Hnaniso* (A. Scher, Catalogue des mss. syria* 
ques et arabes conserves a la bibliotheque episcopate de Seert, n° 87, VI 1 . 



:>M\ ILISTOJIiii MKHTU1UKXXK. [210 

.U-j CfiLU- <Jljt> JUl^ ill j\* <^-l A^J J^^r?" ,1>L) *Li\1 iAA pllJ Uj 

I j£> j j%^*c-l ^cxliJ I I ^>t^l tvJi . j ^jti ^> I Ij jAj JUJI J ^i? J^^-lJI pjistJi 

^Icj .lAil ^.wJI j V p^l <! I^LwlJ jvfcH-J jvy^i*^ ^^Aill ^Jl £y=>J . 

o>J ^ J^* J ^ ^ O&r* -u 

©0,1 .jJJI *L)j ^ 51^1 CjI^- 4j V 

*JUl <JL 



A pros avoir achcvo ccs travaux, ot quand Gabriel fiit niorl, il sc rendit au 
pays do Darabad, ou il convcrtit beaueoup do mioikIp ; il conslruisit des eglises 
pour Ios nouveaux fideles; des moincs se reunirent autour dc lui, il leur 
construisit un monastere. Unc nuit, les brigands attaquorcnt le couvent; par 
sa priere ils furent frappes dc cecite ct rcstorcnt ainsi toute la nuit, ne sacliant 
pas on sc dinger. Quand il fit jour, leurs ycux sc rouvrirent, ct ils rccon- 
nurent leur cbemin. Le Saint sortit pour les aborder, il leur donna h manger 
et a boire; ct ils s'engagorcnt a n'approchor plus jamais du couvent. II vccut 
vingt ans apres la construction du monastere. Apres sa mort, il fut inhume 
dans le temple du couvent; on le nomme le couvent de "Amr-IIannoun : 
parcc que le Saint avait donne du hnana K a la femme d'un des chefs de la 
region et clle avait eu un fils. 



LXXXYI. IllSTOIHE DU M A HTYH GEORGES MASSACRE PAR IvOSRAU ". 

Cct hoinme naquit a Cascar 3 ; il ctait mage ct doctcur des mages. Mais 
Dieu le puissant 1c choisit; il regut le bapteme * des mains dc Simeon, fils 
de Djabir, eveque de Ilira 5 , et etudia les Ecriturcs. Ayant distribue ses 

i. Sur la signification de ce mot, voir ci-dessus, p. 449, n. 5. — 2. La vie dc ce martyr 
nestorien a etc ecrite par Babai' le Grand ; elle a ete publiee par Bedjan : His Co ire de 
Mar Yab alalia, de trot's aittres patriarches y d*tin pretre et de deux iai'ques nestoriens, 
1895, p. 416-571. Cf. encore Le Livre de la Chastete, n° 57. — «'>. Rn 575, Vie, p. 520. 
— 4. En 595, Vie, p. 525-526. — 5. C'est cot eveque qui convert it Kn-No'nian a la fui 
ciiretienne (voir ci-dessus, p. 468j. 



[217] LXXXVI. — II1ST0IRE DU MARTYR GEORGES. 537 

JL*&5 , 5>UkJU f^Jl *jVj .^l ^ ^ ^ flslj jv&LI jU -u^sj 1 J^_5 

1. j^L — 2. ^UJUt. 



biens a ses parents et afTranehi ses csclaves, il se rendit an couvent de Mar 
Abraham, ou il habila avec Mar Babai, s'adonnant au jeune et h la priere. 
11 composa un livre dans lequel il confondit la religion des mages en mettant 
a nu leurs myslcrcs honteux, qu'il connaissait bien, et en dcvoilant 
Tignominie de la doctrine de Zoroaslre (Zarddo.U). Quand apres la mort de 
Grcgoire Ie catholicos, Gabriel de Sigar* denonga a Kosrau les Peres qui 
l'avaient anathematise et pr^tendit que le docteur Hnana etait digne d'etre 
ealholicos 2 , lui ou Fun de ses disciples 3 , le roi ceda a sa parole; mais 

I. Sur ee personnage, voir ci-dessus, n° LX[X. — 2. Selon notre auteur, Hnana vivait 
done en 612, annee dans laquelle eut lieu cette Assemblee (voir Syn. Orient. } p. 5(32 
et sq. ; cf. ci-dessus, p. 528-530). Mais Babai dans la Passion de Georges (p. 503), 
mort en 615, semble aflirmer quh cette epoque Hnana etait dejii mort : « Meme, dit-il, 
apres la seconde mort de ee cloaque de toutes les heresies, Timpie Hnana, notre 
illustre Pere, le martyr glorieux (a savoir Georges), ecrivit son anatheme irrevocable et 
raflicha a la porte de Teglise (cf. Syn. Orient., p. 628). Toutefois un peu plus loin 
(p. 505-506; cf. Syn. Orient., p. 629) Babai' semble eonfirmer la legon de notre auteur : 
« Apr6s que Georges, dit-il, eut terrasse ces malfaiteurs Hnaniens et les Mesalliens 
leurs complices, cette heresie hnanienne s'allia a Theresie ancienne des Theopas- 
chites, grace a Tavoeat de cette heresie qui avait penetre a la Porte sous pretexte de 
medecine. Ce Sigarien (a savoir Gabriel) theopaschite entra, et dit devant le roi : 
« Leur docteur est d'aeeord avec moi; son disciple, muni de lettres de sa party est 
« venu me trouver ». Le roi le erut et lui donna ordre de ehercher une personne conve- 
nable pour la faire catholicos. » Ainsi done, selon Babai" lui-meme, Gabriel a presse le 
roi de faire catholicos ou bien Hnana ou au moins un de ses disciples. — La premiere 
phrase de Babai', a savoir « apres la seconde mort de ... Hnana », signifie que celui-ci, 
apres etre mort spirituellement par Tanatheme, a ete mis ensuite a mort par la refu- 
tation de ses doctrines par Georges martyr et 1'afTaiblissement de son parti. (Test ce 
que semble dire, je le crois, cette autre phrase, qui precede immediatement celle qui 
parle de la seconde mort de Hnana : « Comme ils (les Hnaniens) etaient presses 
par ees refutations vigoureuses, ils avouaient et disaient : « Vraiment, quiconque ne 
« confesse pas ainsi est heretique. » Mais tant qu'ils n'avaient pas anathematise Hnana 
le chaldeen et Theretique, ainsi que toute sa doctrine impie, on ne leur donnait pas la 
communion dans notre congregation. » — 3. Gabriel de Sigar, pour remporter une 
victoire decisive sur ses enncmis les nestoriens, aurait pris le parti de Hnana. 



hM JllSToiUK NhSToRlKSNIi. [UH] 

^ J^r?" .AaWI I-AjJ 2 jL^> 1 i j~rtJji>' 

1. In margine graphio — 2. ^jj^^ cx p-po» rccordatio, commcmoratio. — 



ayant su, apres s 7*1 re fait renseiguer sur sa vie, qu'il etait mage, il or- 
donna qu'on enlrat avec lui en discussion. C'est alors que se reunirenl les 
personnages doiit il a etc fait mention ci-dessus 1 ; el parmi eux se trouvait 
re Georges, et il ne craignait point les mages. lis cerivirent un livre touchant 
leur foi et lc pnisentercnt a Ivosrau, qui, Payant hi, dit : (c Si la religion 
chrctienne clait vraie, ce serait celle des Nestoriens 2 . » 

Les dissidents rougirent. Gabriel, confondu, continua a ealomnier ses 
ennemis aupres de Ivosrau et h intriguer pour les faire massaerer. (Sur ees 
cutrefaites) Siriu ordonna qu'on fit la eommemoraison du martyr Mar 
Sergius dans le eouvent du Saint, qui etait hors des remparts de Seleueic. 
La foule y vint. Gabriel et ses partisans resolurent d'en chasser les fidcles 
pour le livrer a leurs propres partisans. Mais Soubhalmaran, metropolitain 
de Bcith Garmaii, et Georges le moine s y opposcrent : « Nous ne livrerons 
pas, dirent-ils, k nos ennemis la maison de Dieu, qui est la premiere de nos 
maisons. » Et meme Georges interpella Gabriel de la fagon la plus vio- 
lente. Celui-ci alia trouver le roi pour Lexeiter contre eux ; il lui fit savoir 

1. Voir p. 529. — 2. La clause finale de ce livrc dit tout a fait le contrairc : « Du 
Scribe. — lis eerivirent eettc profession de foi, ainsi que la discussion qui y est jointc, 
et la presentment au roi; ils ne requrent pas dc reponse de lni, soit paree que lc pag'a- 
nisme ne pouvait saisir le sens de la eonnaissancc de la crainte de Dieu, et a cause 
de cela il la meprisa; soit paree que le Roi des rois avail de la consideration pour 
Gabriel, le chef de la faction des heretiques theopasehites » (voir Syn. Orient., p. 59S: 
cf. la Vie de Georges, p. 516-517). 



[219] LXXXYIL — HISTOIUE D'ilERACLlUS EMPEREUR DES GRECS. 530 

.4jCL Jko JUJI Uj* iifcl<~ ^ir V JIS ^-S*^ * * p - 2 * 5 * 

1 Jl jUUc~2 ^ Jf .^UJI lAtj ^1 Cwj c- .Uf^s* 

. U LS Vlj J* ifc •^l^ J1 c? 11 crtrV^ ^ CT^ 

Jl jAjJL ^jj dJLU ^ Oir^b ^ J ^ 

i\y* pi, j^Ij JK 1^-0 fjjli cO^ J ^ *P-2W. 

L f .,LUW~ 



que Georges ctait un mage apostat, et qu il avait (lit : « Ne tc glorifie point 
de la place que tu occupes aupres dc ce roi qui niourra, et donl Ie rcgne 
passera. » Le roi ordonna de les jeter en prison; ils y resterout un an et 
huit mois, endurant toutes sortes de tortures. Puis il exila Soubhahnaran 
dans u n pays lointain ; et il fit dire a Georges de retourner a la religion 
des mages, sinon qu'il serait tue. Georges refusa; et il fut crucifie, la 
vingt-cinquieme annee du regno de Kosrau on le frappa de ileches jusqu'a 
ce qu'il motirut. Les fideles parvinrent a enlever son corps et a rensevelir 
dans le convent de Mar Sergius. On cn prit des reliques qui furent dispersees 
en different* pa\-s. Que ses prieres nous assistent. 

LXXXVII. HiSTOIRE d'HeRACLIUS EMPEREUR DES GRECS 

avec Kosrau 2 . 

Lorsque Kosrau (Kisra) eut empoisonne par ruse et fait mourir En-No 'man 
fils d'EI-Moundhir roi des Arabes, et son fils, tons les Arabes qui se trouvaient 
dans les deux empires des Perscs et des Grecs se revolterent. lis se dis- 
persaient, ehacun d'eux agissant selon sa fantaisie : ce qui causa bien des 

1. Voir la Vie, p. 563 : « Le 14 Kanoun II (janvier) en la vingt-cinquieme annee de 
Kosrau, fils de Hormizd, Tan 926 des Grecs (615). — 2. Cf. Procop., lib. 11, De Bella 
Persico, c. 9 et sq.; Un nuovo testo syr..., p. 19-23; Barhebrrcus, Chron. Syr., ed. 
Bedjan, p. 95; Michel le Syrien, torn. II, p. 400-401, 408-409; Hist, du Bas-Emp., 
LV1, § XII, et LYII, § XXXIll. 



f>'iil lll'STOI-Hli KKHTUHIKNNIv, 1*220] 

Uj j>-\^\ J fv-c- j£) lyiCli iSj-^) ^ dH^ls 

. VI Jl JUJ! *AA 

,o« ^^jj ij^* 5 ^^ -^j^ 1 ^ ^ ^ ^ ci-^l -pj^ j-^ ^(j"^ 

• j y^r* ij^- JL^>-V1 J jl=*o^» <1 Jli ^Ji * *J&$ . *}l-ull 

^ ^iJy ^1 fjj' p^-^l ^^LUVU- {j* J~>J\ s~>J> LJi 

^j^> U swiyj -01 jUsi .4J ^jjj .Lul <JI ^aJI J Jj-^t^ (n** ^ 

i. In marginc : C^UjluH. — 2. Sic in manuscripto, — 3. Vcl LJ^!U> etc. 

demeles enlre lleraelius (Hentt]lis) ct Kos.ru u. Les Arabes devinrcnt in time 
puissant s ct ik 1 ccssercnt do t roubler les pays jusquVi I'apparition du Legis- 
latcnr tie I'lslam. 

Kosrau avait envoye depuis quelque iemps dans les provinces grecques 
voisines Sahryou 1 , lc general de son armee, qui s'etait cmparc pendant ce 
temps de plusieurs villcs et y avait laisse la trace de son passage. Puis 
Kosrau apprit que sou general l'avait blAm6 et meprise en presence de 
Farmee. La cause du changement de Sahryou h Tegard dc Kosrau, et do sa 
rebellion, est que sa fillc, un jour qu'ellc travcrsait Selcucie (Al-Maddiu) avec 
ses servantes, avait etc insultee par Sam! a, fds de Yazdin le chr^tien; elle 
dcrivit & son pere pour lui racontcr la chose. Gelui-ci ecrivit alors h Kosrau 
pour lui demander s'il pouvait tircr vengeance de Samta, et compter sur lui 
pour defendre son honneur devant lesGrecs. 11 ne fit pas cas de sa demande. 
Alors eclata entrc eux eette inimitie. Kosrau ecrivit a Tun de ses goneraux 
nomine Fardengan 2 de tuer par ruse Sahryou. Les messagers, en approchant 
de la region de Khalatya, fureut surpris par les Grecs, qui les amcuerent 
a lleraelius. Celui-ei apprit le but dc leur mission; il ecrivit alors i\ Sah- 
ryou dc venir le trouver : il an rait la vie sauvc. Celui-ci, voyant la 
sincerite de rempereur, alia lc trouver. II connut alors la lettre de Kosrau 
qui le visait. II en coiiQut aussitut un vif ressentiment ; il pria lleraelius de 

i. Sahrbarz (Michel le Syrien et Barhebr., Inc. ivV.j ; a[)pcle aussi Parhan [Un nuo\>o 
testo, toe. cvV.V — 2. Qardigan (Barhebr., he. eft.-:). 



[221] LXXXVII. — HISTOIRE DilRRACLICS EMPEREUR DKS GRECS 541 

^i^a^ ^*j^J jdfi- JL>y j-ft) <J-i ^ifi- w^lj ^ jl^ CiLU C-*Jj Jf=>- jjt^JI 

j^kito^ ^4/3 *(*r^ C ' ^ .^jLj>JI SUjl £. q .Co ^ibl <x33 J 



lui pardonner le passe; il implora sa protection et lui demanda pourquoi il 
s'abstenait d'attaquer les Perses et de les pourchasser. « Je m'en suis preoc- 
cupy, repondit rempereur, bien des fois; j'avais memc prepare {'expedition; 
maisj'ai eu un songe : Kosrau monte sur un elephant s'elangait centre moi, et 
eliaque fois il me frappait, et chaquc fois je prenais la luite; anssi par com- 
passion pour l'armec, je me suis abstenu de Fenvoyer eontre les Perses, les 
laissant ainsi s'emparer des provinces grecques. » 

Puis 1c general Fardengan et Sahryon adoptcrent ensemble le parti de 
rempereur des Grecs; il leur fit jurer qu'ils lui donneraient loyalement leurs 
conseils; il leur donna un sauf-eonduit, et leur designa un endroit pour y 
demeurer. Puis il eommenga a preparer E expedition contre Kosrau, ayant 
vu dans un songe que, monte sur un elephant, il attaquait Kosrau et que 
celui-ci fuyait devant lui. 11 sut ainsi que Dieu le ferait triompher de son 
adversaire ; il sortit avec son armee, se dirigeant sur Kosrau. II gagna 
I'Armenie avangant toujours, et reprenant les villes grecques dont les Perses 
s'etaient empares, et y etablissant une petite garnison, jusqu'a ce qu'il 
arriv&t h Mossoul. Lorsque Kosrau apprit ces evenements, il envoy a contre 
lui son armee; mais une partie de ses soldats furent tues, et les autres 
prirent la fuite. 11 envoya alors contre lleraclius Rozbihan le general de ses 
armees, qui le rencontra sur le Grand Zab ; la bataille fut acharnee entre les 
deux armees. Rozbihan fut tue; on pilla tout ce qui se trouvait dans son 
camp. Les Grecs continnerent leur marche, ils arriverent a Sahrzor en 
demolissaut les pyrees, a Beith Garmai et dans la region de Ninive. Etant 



V»2 IIISTOIIU': iNKSTonilCNXK. 

-Jijjr' J' fjJ' Irkj .ijLs, j ji^ iw ij^j .jV'oj J^j f>!j 

^Uil ^iU>J jl^ L ^jlSyJI Jt»jj Jua^lt \,£Ls> J ^13 <, ^ilL j\ 

ic-^Liu j^ssJI b*^^ J^/r^ -cS^r^ Cw« b^Jtl Ul^ l?-^!} 

<Cl<C* jLy ( j~L~ (j-*-^ fLSLs UJ^l 4llX» J,*p- c^iJl £*U ^ 




arrives h Daskara' ou so trouvait Kosrau, celui-ci , eraignant dc tomber 
cntrc Icurs mains, fit lever le camp et sc retira avec scs annces, negligeant 
cTemporter ce qu'il avait avec lui. Lcs Iionimes abandon liferent leurs biens et 
tout ce qu'ils avaicnt avec eux et le rejoignirent. Kosrau, plein d'inquietude, 
conlinua sa marche se transportant cFun cndroit k un autre, abandounant 
ses riclicsses jetecs k terre, sans qn'il setrouvftt pcrsonnc pour les prendre; il 
arriva ainsi a S^lcucie. On eoupa lcs ponts qui elaient sur le Nahnvan pour 
empecher les Grecs de passer. Heraclius entra avec son arni£e ;\ Daskara, ou 
ils s'emparerent de tout ce que Kosrau avait abandonne et prirent tout ce 
qu'ils desirerent. Puis ils se dirigerent vers le Nalirwan pour le traverser. 
Ayant vu que les ponts etaient coupes, el que le passage a gu6 etait impos- 
sible, ils retourncrent et Nisibe charges de butin. 

LXXXVIII. IllSTOIRE DES EVEQCES JACOBITES ET DES SIEGES NOUVEAUX 

QUAILS ETABLIRENT DU TEMPS DE LEU R PATRIARCH E AtHANASE ; IllSTOIRE DE 
CELUI-CI AVEC l'eMPEREUR GREC. 

Apr&s la mort du patriarche des jaeobites 2 , on le rcmplaya 3 par Julien 

1. En syriaque « Dasqarta ». — 2. Xomme Pierre de Calliniquc (voir Barhcbr., 
Chron. Eceles., I, col. 250-259). — 3. En 591 (idem, loc t cit.) \ cf. Michel le Syr., p. 373. 



[223] LXXXVIII. — IIISTOIRE DES EVfiQUES JACOBITES. 543 

jj& J *aSL-1 y J^** **3^** ^jl«.JJ pJj .J^>JL j ^*_JI <jr£~M 

cJl Jj jal<C^) iiU ^rr^ ^ <j?*J c5^r^ ^Lr*' J 

.ojJ ^Wlj . 2 tji*t ->>^ ^3 .Hl^L Jt% .LV <J * Jli »p.2m. 

■UiHIj birH 1 ^ u^J 3 [ei^ Cl^- 5 'G^' U°M3 

1. Cod. blj^slj. — 2. In margine alia manu : ULu» J. — 3. In marg. > *oo<u v Hie spatiuni 
vacuum in ms. ; ^j'^ j c/^jk a ^ a manu sunt scr ip ta » — ^ n margine alia manu : 

^j>j2>.* jj^cXa ^r^^ o» Jj^j iLiwvd> J^S i'jJ-J ^JS> i-*^ ^1 ooop 



(Ijtlifa), qui raourut apres avoir oecnpe son siege pendant cinq ans 1 . Atha- 
nase (Athdndsious)^ appele al-Jamal (chaineau), lui sueceda 2 . Les Jacobites 
lFavaient point dans Fempire perse cle sieges connus, ou ils pussent etablir 
des ev^ques, paree que depuis que Fempereur Justinien (Yonstdnous) les 
avail cliasses, ils erraient a Faventure. Athanase devint leur chef en la 
trente-quatrieme annee de Kosrau qui est!a93G e3 dVVIexandre et la troisieme 
de F apparition du legislateur de FTslam dans sa ville * (que la paix soit sur lui). 
Ils se reunirent dans le couvent de Mattai dans la region de Ninive, ou ils 
etablirent les sieges. Le premier siege fut celui de Tagrit, pour lequel ils 
ordonnerent un metropolitan!, appele Maroutha; le deuxieme, Beith Wrb&yu ; 
le troisieme, Sigar; 4° Beith Nouhadra; 5° Arzoun ; 6°Marga 5 ; 7° Baraman 
et Bawazidj 6 ; 8° les bords du Tigre 7 ; 9° la Mcsopotamie et le Bahrein; 
10° 'Ana et les Bani Taghlib, peuples nomades*. 

1. Trois ans et einq mois (idem, loc. ext.). — 2. Cf. Barhebr., loc. cit., col. 262; Michel 
leSyr., p. 376-377. — 3. En 906 des Grecs (595), Barhebr., loc. cit. — 4. Medine. — 5. En 
marge : Goumel », affluent du Hazar, qui passe dans la region de Marga. — 6. lei 

un blane dans le manuserit ; une main etrangere a eerit ^U^L. — 7. Litter. : Sur 

le Tigre. — 8, Selon Barhebr., Chron. Eccles., II, eol. 127 : 1° Beith 'Arbaye ; 2° Sigar; 
3° Ma'altaye; 4° Arzoun; 5° Goumal; 6° Beith Raman, appele aussi Beith Waziq; 
7° Karmeh; 8° Gazarta de Qardou ; 9° Beith Nouhadra; 10° Piroz Sabor; 11° Saherzol; 
12° les Arabes Chretiens, a savoir les Taghlibites, tribu nomade. Cf. aussi Michel le 
Syrien, p. 414-417. 



r >'»'i IILSrolltK XMSruliliiXNK. [22'.] 



1. hhk< 



Le patriarche Athanase anathematisa quironque conibattrait cctle hie- 
rarchic, ct il (lit : <c J'iustittic le inetropoliluiu do Tagrit 111011 vicairc dans 
I'cmpire pcrsan. » 

lleraclius, ft son rctour de la Perse, s'etant rendu ft Mabboug 1 , Athanase, 
patriarche des Jacobites, sortit ft sa rencontre pour lc saltier. Le roi Thonora 
ct alia avec lui a PegUse pour recevoir les oblations : « A qui sont, lui dit-il, 
cot autel et les oblations cjni y sont deposees? — Get autel, lui r6pondit 
Athanase, est ft Dieu 2 ct les oblations qui s T y Irouvent sont le corps de Dieu et 
son sang. — Alors, lui dit lleraclius, no les regois pas, car (ton corps) ne 
so melora point avec Ic corps dc Dicu ni (ton sang) avec son sang. » 

Athanase craignit de lui repondre, parce qu'il venait de confesser que 
Pautel ct ce qui etait sur Pautel, e'etait a Dieu; il nc put done se dedire en 
niant sa parole, ct il craignait d'etre chasse par ses partisans s'il venait ft 
allirmer la eroyancc des Grecs. Le roi insista dans sa demandc, pour lui 
arrachcr une reponse ; il repondit ft la fin : « Si tu juges convenable d'annnlcr 
le concile de Chalcedoinc, qui a confesse deux natures dans lc Christ, inoi 
aussi je ne nPempcchcrai pas d'avoir une opinion difl'erentc. » Alors Ilcraclius 
cleva la voix conlre lui; lc patriarche sortit aussitot dc Peglise ct s'enfuit en 
Phcnicie (Founh]i) y on il resta jusqu'ft ce que rcmpereur quittftl iMahboug. 

1. Cf. Barliebr., loe. ciL 7 roi. 271 ; Mieliel le Syrien, p. 411-413. — 2. 11 doit v avoir iei 
une lacune. A corri^er : , c J J I .>l)JL)L ^.U ^jxJ^ 



[225] LXXXIX. — CAUSE DE LA PROPAGATION DES JACOBITES. .545 
jL^j c S^JLc- J\ (J <tj^ cJl^j ^-oU ^LUl o^-j ^ V. 

fc^L* pj L^. fc-V* 

* P. 253. 

fj 1 ^ ^> Jh^>\^ <J$ Ui .<U* J^ aII fj^t IjLaIj *^*J - fWI 

.<^jiJl uJt»i« jjAiuju ^.ai iJL . ^ j ^)\ 2% ^ if' ^yr"J^ (*r^*i ^ 

^jih i^ju^ cjLj3 b^? b-^!y ^ .ci«jVi» ^ ^ -a-*-^ 

1. ^sLL ox ^fr>->(, (xot;tc) ordinavit, ornavit. — 2. 



II fut patriarche pendant onze ans 1 ; il fut remplace par son disciple Jean 
(Yoithaiuia) qui mit en recueil leurs prieres 2 . 

LXXXIX. — Cause de la propagation des Jacobites 

DANS L 1 EMPIRE PERSAN. 

Quand Sahrir 3 revint dn pays des Grecs pour occuper le trone a Se- 
leucie, il fut accompagne de plusieurs negotiants de Syrie (Ai-Sdm). Les 
Armeniens lui preterent main-forte, et se joignireut aux Grecs qui etaient 
avee lui. Or, lorsque Sahrir fut tue et que la situation en Perse fut 
troublee, ils ne purent plus retourner au pays * des Grecs; ils elaient 
neuf cents, appartenant k la secte des Jacobites. lis allerent en Khorasan, 
d'ou ils se dispersereut en Saguestan, a Herat et en Djordjan; ceux qui 
s'etablirent en Saguestan otaient armeniens. Ils y bAtirent une eglise, ou ils 
priaient ea armenien. Apres la disparition de Pempire des Perses, comme 
ils s'etaient multiplies par la generation, ils prefererent rester ou ils etaient. 
Le patriarche Jean s'occupa d eux et ordonna des eveques pour ces regions 
eloignees; e'est ainsi qu'ils eurent ces sidges en Khorasan. 

1. Trente-six ans, selon Barhebr., loc. cit., col. 274. II mourut en 631. Voir Michel 
le Syr., p. 419. — 2. Cf. Barhebr., loc. eft., col. 276-280. — 3. Notre auteur ecrit ailleurs : 
Sahi-yon, voir ci-dessus, p. 540. — 4. 2% doit el re corrige en 5% -J!. 

PATR. OR. — T, XIII. — F. 'i. 3t* 



5*i UlSTolltK NKSTOlllKNN'K. [220] 

LAj . [aj> J^j^-JI JO*** • ^*»JI JJ^o \f ^ ( _5^ J ^ ^ 

.Olc ^>LdJ .SjLu ,3 Ctl j ^JLa ^,1 ^Aj'Ujatafli o ^ ^ y^>3 

<J 4jol ^JVI wJI Ojb^ll ^pr^"' crrb v^L^ 

] . vel jJ^o vel jJj^j vol jJ^j' vol jJy^... — 2. I^Lx vel Id^s. vol vcl L&x etc. 

— [\ t lilLlk£> vel liLLiLl* vel iilLiLij. — h. * r C' ex L*x^m/ (d/vji/ot) fi»*ura, forma, 
habitus monasticus. 



XG. UlSTOIIlIv dk BauaT le sciiihe 1 . 

Apres la niort d'fiii-Xo'mAn His d'KI-Moundbir roi des Arabes, et de sea 
enfants, Kosrau envoya a Ilira un general appele Baboular 3 ; celui-ci, 
n'ayant pu y resler A cause des Arabes qui y etaient devenus tres Torts, la 
quittaet envoya a sa place un certain Marzeban, nomine Hozbi filsde Marzouq. 
Celui-ci liabita une forteresse appclee Ilalna 3 dans le desert de Ilira, gar- 
dant les fronticres de 1 'empire de Perse et combattant les Arabes du desert. 
11 avait un scribe nomine Babai, d\in village voisin de IJira. Un jour le 
marzeban alia A la chassc avee Babai; arrives a un endroil appele Qatqa- 
[Ana \ Babai rencontra un moine dans une grotte; il entra chez lui pour le 
sahier; le moine Texcita par ses paroles a cmbrusser la vie monaslique. Do 
retour A sa demeure, il distribua ses l>iens; il quitta la maison sans que per- 
sonne s'en apergut et alia liabiter avec lc cenobite qui lui lit prendre Fhabit 
monastique. II fut renipli de la grAce divine. Dieu lui accorda le don de 
connaitre les ruses du demon, et la force de lui faire la guerre. Il rcsta 
eonstamment aupres de ce saint moine jusqu'A ce que celui-ei mourrtt. Apres 

1. Cf. Lc Lwre de la Chasiete, n° 75. — 2. Lecture conjecturale. On pourrait encore 
lire : Naboular, Nonoular, 'Pahoular, etc. — 3. Lecture conjecturale. — 4. Lecture con- 
jecturale. 



[227] XC. — I1IST0IRE DE BABA1 LE SCRIBE. 547 

^wJl £*jJl ^ ^ill VUL ^ Iji ^1 i^JI J 5jU* <~iJ j%? 

JUai <^L? Ijiy^ .^jo A* £*^JI dUi (J (jj^LJI Jsljj .IjJ f j^'3 

XJ\ ^ .fc^ Asj^i <UI . £>lijYl J <^L? J^l pT ®J*i 

@<iUI 4j ill t)6j t £r~*3 ^ < r^ ^3 

Oj^> t5^^3 YL>-L ^Jj^JI j^zL j djjU^ ^^H. . 

i. ili vol jJLJ vel vol iLi etc. — 2. Ex ^; niagtster noster. 



l'avoir enscveli, il alia au desert ou sc Irouvc le convent dc Bcith Hale tout 
pres dc Tendroit appcle FLla 1 ; il sV fit une grotte ou il habila. Longtemps 
apres, les chasseurs l'ayant vu dans eet endroit, rapportercnt h son maitre 
son histoire. Son maitre se rendit a sa grotte pour lui demander de rctourner 
& son ancien etat; mais il s y refusa. Le marzeban admira la fcrmete avec 
laquellc il supportait la solitude et la privation des deliccs auxquelles il etaifc 
jadis accoutume; il lui ofl'rit de 1 'argent pour le distribuer aux pauvres, en 
le priant dc renoneer a ses mortifications en retournant h son ancien genre 
dc vie; mais le Saint refusa. Puis son maitre, etant tombc un jour malade, lui 
envoy a quclqu'un pour Ten informer. Lc Saint fit alors le signc de la croix 
sur lean ct passa le fieuve & pied; et, etant arrive aupres de lui, il le frotta 
avec la main et lui obtint de Dicu la ffucrison. 

Dicu revcla h ce Saint comment Rabban Khoudalnvi 2 reunirait desnioines 
dans ce desert. II nc ccssait dc sortir dc sa grotte pour se rend re k Tendroit 
appele Beith Hale, ou il clamait i haute voix et a plusieurs reprises : « Vencz, 
6 hommes, vencz cmbrasser la vie monastiquc. » Son disciple Mar 'Abda lui 
ay a nt demande qui etait Ivhoudahwi, ct ou il eta it : « II est encore, lui dit-il, 
dans les reins de son perc. » 

1. Lecture conjee turale : on pourrait aussi lire : Qabla ou Qila, on Qatla ou 
Fabla, etc. — 2. Voir ei-Jessous, n n XCVIJI. 



m 1IISTOIHK N'KS'I oltlKNM'i. [Mi] 

liU ljr JI y -0 VIS .ju, pJ^c. jj 
-^-b 0;' O^lHJ jlrV?" ft j^'b ^" ^ j^r-*^ j'-i oA^c j^Jill qjjj iji^'b 

b-i-A ^> t ^ J 15 a=Jj ^c-- — • tJ.5C)l (jr*^ J?^^" 



Lors de I'expansion des dissidents aux jours dc Gabriel Ie Sigarien, un 
gruupe tTenlre eux alia h Uira, on ils disaient : (( La vraie doctrine est avec 
nous. » Sabris6\ eveque de Uira \ envova alors quelqu'un a ce BabaY et a son 
disciple Mar e Abda pour les informer du trouble (|ui vcnait de se produire. 
lis sc rendircnt a I li ra ou ils assisterent a la reunion que les liabito nts avaient 
formee. Les deux inoines demanderent qu'on amenat uu enfant qui n'eut pas 
encore appris a parler, et ils lui parlerent ainsi : « Au nom de qui as-tu etc 
baptise? » A Linstant Dieu delia la langue de Fenfant; il repondit : « J'ai 
etc baptise au nom du Pere, du Fils et du Saint-Esprit ; lc Christ est Dieu 
parfait et bomme parfait; il y a en lui deux natures et deux hypostases; 
Fils unique., veritable, vivificateur de tout, et seul Christ. » Alar Babai s'ecria 
alors : « La croyance que cct enfant vient d'aflirmer, c'cst la mienne. » Les 
habitants* enierveillcs de voir s'exprimer de la sorte un enfant qui n'avait 
jamais parle, et qui n'avait pas encore de raison, remercierent Dieu d'avoir 
exauee la priere du Saint; ils chassercnt les dissidents de lcur pays, et aban- 
don norout les idees qu ils avaient professees. 

Mar Babai mo unit a 1'aue de cent trente ans el fut inhume dans sa o*rotte. 
Mar 'Abda fds dc llanif 2 et Rabban Khouclaliwi le transporterent, plus tard, 
el l'cnsevelirent dans Teglisc du convent de M'arre, qui avait etc edilie sous 
le vocable de Mar \Abda rAneien. 

1. Sabtiho' aurait succedc a Simeon, mentionne ci-dessus, p. AOS, 478. I/Anonyme do 
Guidi, p. 30, fait J'eloge de cct eveque, — 2. Voir ci-dessous, u" XCVlt. — 3. Voir ci- 
dessous, n° XCVIIL 



[220] XCI. — IIISTOIRE ET DEBUT DE MAR e ABDA I/ANCIEN. 549 

4~\JJ\ J a)j .4* Ijfrlil 

Jjlj ^>l» ^ -L*iT 1-^ J^* + P. 258. 

\ j^L« AjLr .S^j U=^_> l>Lr — jjj ^ JJl^l p^-jjj a^Cj>UJ1 c^?3 

ii^jw aJJI A>j jj . jl-li-L l*-^p- lil^j .aJ i^tjj . *aoj.*jJI Alo u Lij 5s^i ^vLJI 
1. In marginc l'habit inonastique. 



Par ses prieres, lc marzcban Rozbi triompha des annces arahes ct 
echappa aux picges on Ivosrau voulaif le faire tomber. II composa un livre 
sur Texcrcice de rautorit<5 \ Deux ans apres sa mort fut hftti le convent dc 
Beilh HAle. Que ses prieres et celles de son disciple nous gardent, nous 
assislent et nous conservent, amen. 

XCI. IIlSTOIRE ET DEBUT DE M \i\ 'AbDA i/AxClEX, DISCIPLE 

DE MAR BaB.VI 2 . 

Ce Saint etait mage, originaire d'un village des environs de Hira. Ayant 
vu des cliretiens aller la nuit de Piques an couvent de Mar Sergius & Hira, 
pour le bapteme, (il s y rendit avec cux). Dieu (que son nom soit exalte) 
lui ouvrit les yeux de Tesprit, pour Telire et le delivrer de la croyance 
impure des mages. II vit les anges mettre des couronnes de lumiere sur la 
UHe de ceux qui sortaient des fonts du bapteme, et les vetir d'habifs d'une 
blanclieur eclatante. II se dcpouilla aussitot de ses habits et regut le bapteme. 
11 alia a Tecole de Ilira, ou il demeura quelque temps a s'instruire. Puis 
il se retira aupres de Alar Babai le Scribe, dont il a etc fait mention 
plus haut 3 ; il regut de lui le bapteme et se fit son disciple. lis reoe- 
vaient ensemble les oblations. Dieu lui aceorda lc don dc connaitre sans 

1. Un livre sur la Distinction des commandements (Ebedjesus, apud Assem., B. 0., 
Ill, i, p. 188); des livres ascetiques (cf. Le Livre de let Chastete). — 2. Cf. Le Livre de 
la Chastete } n° 70. — 3. Voir ci-dessus, n° XC. 



v.d IIISTOIHK NKHTrtlilliNXK. [2.10] 

.^♦Aiw J^jJI Jjfel ^Vjl vjJJl ISj> <d Jly <AJI vjiU aJ 1 (^I^J 

^4 villi <j aJI jL^5 ,lxx- ^4 ^iU^wl* ^JLJ) <u^J ^X-*J' jl ^ocJ 

• * (J U^%>- UI5I3 . LlL V £~A>J J^* ^-^j . I ^ JJI ^fc) v_ jsuls* 

• pr^ o J 3 -^-Vl • S^?U_J\ ^j^/^I 0^^' Cr* f->* f^-^ o**! J'w 

t. ^.I^i. — 2. In marginc : jff^ -*ac^j # 



aueune peine le contcnu ties Ecriturcs, commc il F avail accord6 aux Apo- 
Ires. Le fro id rigourcux et la chalcur etouH'aiitc dc cc ddscrt amaigrircnt 
son corps. 

L'angc de Dicu lui apparut et lui dit : « Voiei qu'un jcunc hommc de 
Hira sc rcndra aupres de loi pour tc scrvir; il faut que tu changes son 110111 
el que tu Tappellcs Mar 'Abda dc ton nom. » A ce moment vint le trouvcr 
Mar 'Abda ben Hanif, le futur fondatcur du convent de Gamra 1 ; il habita la 
memo grotte que lui, le servant comino 1^ lisdc avait scrvi Elic 2 . Un jour, 
tin lion attaqua les chasseurs qui etaicnt arrives tout pres dc sa grotte, ct 
sc jcta sur Fun d'entre eux. Ses compagnons coururcnt aupres de Mar 'Abda 
ct lui dirent cc qui sc passait; il sortit alors de sa grotte ct dclivra le chasseur 
du lion; il lui donna dc Thuilc avec laquellc il oignit ses blcssnrcs; ct au bout 
dc deux jours Dieu le Tivs-IIaut lc guerit. II rcmcrcia Dicu ct le glorifia. 

II a etc dit 3 qu'il accompagna Mar BabaT a Hira lors dc la reunion des 
Jacobites dans cettc villc. II mourut him figc avancc. Quand Rabban Rliou- 
dahwi se rendit k cc desert, 011 il scjourna avee Rabban Mar 'Abda ben 
Hanif 1 , il b&tit un grand temple sous lc vocable dc Mar 'Abda qui est appelc 
actuellcment couvent dc M'arrc. 

1. Voir ci-dessous, n° XCVII. — 2. Cf. t llois, xix, 19 et sq. — 3. Voir ci-dessui, 
p. 548. — 1. Voir ci-dessous, n° XCVII. 



[2311 XCI1. — IIISTOIRE DE LA MORT DE KOSRAU PARWEZ. 551 



.^jj^i <C I x\lS} y.J^ 3 } fS^r^ j^** 



261. 



XC11. IliSTOlHE DE Li. MOUT DE KOSHAU PaIIWEZ ET DU HCGNE 

DE SON F1LS SlROl 

Pendant cc temps, e'est-a-dire apres quMleraclius, empereur des Grecs, 
fat revcnu du tcrritoirc persan, conimc nous Pavons dit*\ Kosrau, saisi 
de crainte et d'cpouvante, ne quitta point Seleucie. Apres la mort dc 
Yazdin le fidele 3 , il avait poursuivi Samta, son fils, et confisque tons scs 
hicns; il avait meme emprisonne sa mere et lui avait enleve tout ce qu'ellc 
posscdait. Samla se concerta avee llormizd et plusieurs marzcbans; ils 
firent sortir dc sa prison Siroi, fils de Kosrau, que le roi avait eu de sa 
femme Marie, fdle dc Maurice, empereur des Grecs, ct le placcrent sur le 
trone a la place do son pcrc Parwez, qu'ils tuerent. Celui-ci avait regne 
trentc-huit ans. Siroi, des lc debut de son regne, fit du bien a ses sujcts : il 
diminua Ies impots; il excmpta son pcuple des charges que son pcrc lui 
imposait et lc dispensa des impots pendant trois ans. II professait en secret la 
foi chretienne; il portail meme a son con une croix; car sa mere Pavait eleve 
dc cette maniere. II ecrivit k Ileraclius, empereur des Grecs, pour demander 
la paix, et autorisa les chretiens a ctablir un catholicos. 

I. Cf. Tabari, p. 352 et suiv. ; Un nuovo testo syr... y p. 23-24; Histoire de 
Thomas de Marga, lib. 1, c. 35; Michel le Syrien, p. 409-410. — 2. Voir ci-dessus, 
n° LXXXY1I. — 3. Voir ci-dessus, n° LXXXI. 



m IIISTOIItK NKSTOUIKXNR. [X\2\ 

A^A) Joi, ^Jj bJcvl Jll^l? .<1 ( j^ > - 

(3^* * Jy^}\ — =*- y^=>- joj -^r^i J\ ( ta 5^ w5 c*bj>- S^JI 



1. ^^2.?cC 



Samla rtcndit scs intrigues; aide par Ins mages, il tua lc reste des 
enfants do Kosrau; il tua anssi Mardansah, fils dc la rcinc Sirin, dc peur 
que Tun d'enx uc vengcAt la mort de son pere, ct n'cngagcAt la luttc conlrc 
Siroi. Mais lc general dc Tarmac lc denonga a Siroi, ct dit qu'il prdlcndait 
A In royautd. Lc roi lc fit alors mcttrc cn prison. Mais il s'evada ct s'enfuit 
a Ijira. La verite dc co qu'on ltd avait dit sur Samta apparut alors au roi; 
il nc ccssa alors d'cmployer des ruses jusqu'A cc qu'il l'cut arrctc; il lui fit 
coupcr les mains ct lc jeta cn prison. 

Siroi avait epousc dans sa jcuncssc unc 1'cmme romainc appelec liorc, 
qui rcsta hnit ans avec lui sans avoir d'enfant ; Siroi' s'en adligca; il 
employa plusicurs moyens, mais sans rcsultat. Jean fils dc Aklisidori', 
le medecin nisibicn, lui dit alors : « Si tu Icpcrmets, nous demanderons 
a Babai dc Nisibe 2 , qui a fonde lc convent du mont Izla, dc t^nvoycr 
du bnana 3 ; j'espere que tu obtiendras cc que tu desires. » Autorisc 
a lc faire, il ccrivit an Saint unc lcttrc dans laquclle il lui cxposa sa 
demandc. Le Saint lui repondit ct lui envoya du huana sccllc dc son sccau. 
La femmc lc prit; ellc con^ut, ct enfanta un fils, qu'ou nomma Ardasir, qui 
surpassait m beaute et en attraits tous les enfants qu'on eftt jamais vus. 

1. Sur ce medecin, voir ci-dessus, p. 525, oil il est ecrit : Jean SendorL — 2. Voir 
ci-dessus, n° L. — 3. Sur la signification du -mot hnana, voir ci-dessus, p. 449, n. 5. 



|jS33] XCII. — mSTOIHE DE LA MORT DE KOSRAU PARWEZ. 553 

l jlls as jl^ ^^^i>J 4JI .jsl^j j| ^zil lA^L JL^I ^.j^^ aIl;" Lis 

.Ol? rj^J^ ^ iUii .dlUl ^ ^sd) cVLj w~kuJ1 L>-^> j iJLt^JI 

4^ ^ <JI i^L? ^-Ul ^Jr** -^r 4 ^ (J L. aJ ^^iL j I ^Lr aAJI JUj * r\ 

^•w^-Lj uV*^ (J L>U1 ^r* ^ fc^Vjl jU^Jl £&Uj>- Cii ^^lj 

a^V JL50I V a;V ^ g Cr^..^ dUs ^3 

1. JJij veut dire etre gouvernour ; mais le contexto dit clairement qu'il etait alors roi. 



Quaiul Si roi" fut maitre des provinces dc Beitli 'Arhaye, il desira voir 
Babai. Iso yahb (II), qui etait deja patriarcbe, et Jean le mddecin lui ecrivirent 
tie se rendrc aupres du roi. Mais il trouva trop ponibte de sortir dc sa 
cellule; il pria Dieu le Tres-Haut de lui reveler ce qui arriverait. II annonga 
aux messagers qu'on lui avail envoyes la maladie dc Siroi et sa mort 
proehaine. 

II annonca aussi an groupe de ses enfants Ics moines, les calamites qui 
surviendraient dans l'empirc persan et son moreellement, el Fapparition du 
regne des Arabes. 

Ce Mar Babai etait saint et vertucux, mais il y avait de rinimitie entre 
lui et Babai le Grand 1 , eomnie il y en avait eu entre Epipliane (A fi fan is) 
metropolitain de Cbypre (Qoupros) et Jean Chrysostome, et entre Sabriso' 
et Gregoirc metropolitain de Nisibe 2 . Cela a lieu entre les saints malgre 
leurs vertus; parce qu'il ny a personnc qui puissc rcunir la perfection, 
et vu la nature humaine, il faut que nous ayons des defauts de quelque 
maniere. 

Puis Siroi' alia a Iloulwan 3 pour y passer 1'ete selon la eoutume des rois 
de Perse. II tomba malade et mo 11 rut apres un regne de six mois, d'autres 

1. Sur ce Babai, voir ci-dessus, n° LXXXIV. — 2. Voir ci-dessus. p. 510. — 3. Quel- 
ques annalistes ecrivent Hahvan [Un nuovo testo..., p. 16). 



5.V. 



MISTOIUK NliSToHIKNNK. [234] 



1. In margine : ^?lk!| ^ U (L^W), uil^D ^ ^wo. ^LdJ ^> 

irr 

2. In margine : JJ-^. — 3. — 4, Kx ^» ordinavit. 



(lisent hull. Los homines lc rcgrutloront a cause de scs hienfaits, comme tie 
nos jours on regreUa Az-Zaher\ que Dion sauclific son ftnie! 

XC1II. — 1 1 istoi uk nr cvtuolicos Iso'vahi* nrc Ghala 

Cct homine naquit dans 1111 village appele Gdala en Beith 'Arbftye; il elait 
parmi ceux qui quitterent TEeolc dc Nisibc avec Grcgoirc le metropolitan!, 
tors du schisme do Hnana lc docteur*. Apres avoir enseigne a Balad, il en 
fut etabli eveque apres la morL de l'6veque Cyriaquc (Qouridc/om), 11 utait 
intelligent et perspicace et il dirigea lc pays avec la plus graudc sagesse. 
Puis lc niarzeban de Balad le caloinnia el Taccusa aupres de Kosrau roi de 
Perse, parcc qn'il ne le Iaissait pas sVinpaivr de la vigne dc I'Kglise, el 
parec qu'il avail cmpeche qnclques ariens d'enlrcr a reglisc. Le roi, qui 

1. Az-Zaher fut calife de 1225 a 1220. Kntro «$J! et Lo il y a un blanc de 

12 millimetres : e'est ce qui nous a porte a supposer que cette derniore phrase 
serait du copiste et non de Tauteur (voir la premiere partie de cette Ilistoire : 
PatroL Orient., t. IV, fascicule ;i, p. 217-218, introduction). — 2. Cf. f Amr, p. 52-55; 
Mari, p. 01-62; Un nuovo testo.,., p. 24; Barhebr., Chron. Eccles., 11, col. 114 et lit). 
— 3. Voir ei-dessus, n° l/XXLV. 



[235] XCIH. - IIISTOIRE DU CATIIOLICOS ISO'YAIIB DE GDALA. 555 
.ilk \ diLJJ j l^j .£x*JI ^1 J^a!I ^ ix-^jVI <uu J^Vj .iuJI 

J dUij Oj C-LT^J *AJI fcjL^li .dl)i> J jiU * .*joLJ A? l^l^j jU>V ^r^' * P. 265. 
.^pJiyb dUJ s^is* pJUl ^>UVI C^i: j^iiJ iuldl tJl 

iJli- v^l^ i>uJl jV (j-Ul 4» Q^ij . c^^ol ^^ic jvAjL-^l ^yj jj-UI 

^-^^ (j^*"* ^ 5 * LJ (^r** 3 * 

^j^iJI ^-f^ 1 j ^ ^Wl Or" 



avail de la sollicitutlc pour 1c marzcban, chassa l'cveque de son siege; il resta 
clans l'cxil jusqu'ft I'avenement tie SiroT fils dc Kosrau. Ce prince accorda aux 
clirctiens l'autorisation qu'ils avaicnt demandee d'etablir nn catholicos. Dieu 
le choisit pour dinger son Eglise : cc qui cut lieu en la septicme annee de 
Fapparition du legislateur dc Flslam, que la paix soit sur lui, et en la dix- 
huitieme du regnc d'Heraclius 1 . Les populations et les Peres se rennirent; 
le choix tomba sur IsdVahb; les lidcles s'en rejouirent, ear TEglisc etait 
restee sans chef depuis environ dix-huit ans 2 . Elle etait clirigee pendant ce 
temps par l'archidiacre Mar Aba. II dirigea les adaircs pendant son pontifi- 
cat, avee beaucoup de sagesse. 

Puis SiroT mourn t; son fils Ardasir, qui n'ctait encore qii'nn enfant, futd^si- 
gne pour lui sncceder; oar les Perses avaicnt beaucoup d'attachemcnt pour 
SiroT 3 . On raeonte que e'est Sirin qui tua SiroT par le poison, parcc qu'il 
avait tue son fds Mardansah. Les hommes regrctterent sa mort parcc (\uk son 
avenement il s'etait montrc gencreux envers eux et les avait rendus riches 
cn les exemptant des impots trois annccs de suite. II aimait beaucoup les 
chretiens ct surtout Isoyahb, evequc dc Balad, qu'il fit ordonner catholicos. 
Que Dieu lui fasse misericorde ! 



1. En G28. — 2. Notre auteur dit ailleurs dix-sept ans (voir ci-dessus, p. 524). — 
3. Cf. Tabari, p. 386 et suiv. ; Michel le Syrien, t. II, p. 410. 



.Vfli IIISTOlltK N'liS TOIUKNNK. [t®t\] 

<v_il ^Jb Lij^- ^Uli .fcl^- <jL-L- aJj jJ ^'V pJl ^r-^l b^Li .dUUJl 

^« r^uij ji ^u^>- p^i} . siiji ^» ^r-^ w^aii .aju ^jClji 

1. Forte vt'l ' y-jS IjX^. 

Puis les choses se trouhlerent; on eerivil ulors a Sahryon 1 , cjtii eta.it an 
service de Pempereur lleraclius dans le pays des Grecs, pour lui demandcr do 
revenir, puree que, de toute la famille des Sassanides, il ne restait plus epie 
lui. II refusa, craignant pour sa seeurite, et pour ue pas violer le serment 
qu'il avail fait a lleraclius, de rosier a son service. Gelui-ci, ayant eu cou- 
uaissance de cetie olfae, et ayant vii sa belle fidelite, le munifc d'uue grande 
croix 2 ; il envoya awe lui un general, nomine David. Sahryon se dirigea 
vers Selcucie dans le but de eombattre Ardasir fils de Siroi*. Quand il arriva 
aupres de Seleucie, on fcrma devant lui les portes de la ville, clout on lui 
defendit Faeces. Mais il ue cessa d'user de fourberie aupres des chefs, qu'il 
ne se fit ouvrir les portes; il y entra; il tua Ardasir et s'empara du tr6ne. 
Le general des armecs en fut irrite; tine foule de soldats se reunirent \\ lui, 
et rcfuserent d'accepter Sahryon. Celui-ci combattit le general; il en triom- 
pha, et se vit seul le maitrc de Fempire \ II honora les Grecs qui etaieitt 
ve.hu s avec lui, et rendit le bois 4 de la croix que Kosrau avait enleve de Jeru- 
salem, et le mit dans le tresor qu'il envoya a lleraclius avec David qui etail 
venu avec lui du pays des Grecs. Quarante jours apres il tua Sain I a 5 fils de 
Yazdin et le crucifia. Puis un des parents de Kosrau Tassaillit iiiopinemeut 
et le tua. 

1. Cf. ci-dessus, p. 540, 541. — 2. Serait-ce la le sens, 011 bien Llo serait-il une 
i'aute du copiste au lieu de a savoir « une armee »? — 3. 11 monta sur le tronc 

lc 27 avril 030. — 4. Cf. Tabari, p. 302, n. 1. — 5. Voir ci-dessus, p. 551-552, 



37J XCIII. - IIISTOIRE DU CATHOLICOS ISO'YAIIB DE GDALA. 557 

Cf. <Sj~^ orx* o\J** ^fJy ^ .dLUI J\ JU1 
,i*LYI ^ .<u,Uj <u^ij j Uj .JI^J dlUI aUL7 ^ 



Dos lors rcmpirn cle Perse fut agite par des troubles'. Boran, fille tie 
Kosrau Parwcz et soeur do SiroT, occupa lc truno, parce qu'il ne restait dc 
la famille royale aucun enfant in&Ie qui fut arrive & t'&gc d'homme. Le 
peuple se rejouit de son avenement. Elle envova ses partisans pour gou- 
verner Ies provinces; elle fit frapper des deniers ct des draclimes a son nom. 
Redoutant d'etre attaquee par Tempereur des Grces, elle demanda an Catho- 
licos IsoyaUh d'aller vers rEmpercur porter son message pour le renou- 
vellement de la treve, selon la coutume des rois precedents. C'est ainsi que 
Yazdgerd avait envoy e Yabalaha en ambassade a Thcodose (Tydddsis) le 
Jeune 2 ; de meme Acace (Aqilf/) fut euvoye par Balas (MUds) en ambassade 
aupres de rempereur Zenon 3 ; de meme Paul, metropolitans de Xisibe \ fut 
envoye par Kosrau meme, fds de Qawad, aupres de Justinien (Yomtwnous) 
empereur des Grecs. 

Isdyahb exauga la demande dc Boran 1 ; il alia 0 tout comble dMionneur 
eL accompagne de metropolitans ct d'eveques. 11 trouva Tempereur des Grecs 
it Alep; il penetra aupres da Ixxi ct lui remit la lcttrc; puis il lui presenta 
Ies dons qifil avait apportes. lleraclius fut surpris d'appreudrc qu'une 
femme avait obtenu la couronne, et il fut cmcrveille de la superiorite du 
catholicos, dc sou intelligence, de sa perspieacitc et dc sa science. L'ayant 

i. Cf. Tabari, p. 300, n. 1 ; Michel le Syrien, i. II, p. 410: Hist, du Bas-Emp. y LVII, 
§ XLI1. — 2. Voir la premiere partio de eette Ilistoire, n° LXXI. — 3. Voir ci-dessus, 
n° VIII. — 4. Voir ci-dessus, n° XXXII, p. 187-iSS. — 5. Thomas de Marga ^lib. II, c. 4) 
place a tort cette ambassade sons SiroT. — (». Cf. Tliomas dc Marga, loc. eft.; Tabari, 
p. 




f>r>8 IIISTOIKK NKSIOIUKNNK. [ZiH] 

.^is. <JLvlLl)l jUjJ JlU dUU jl CT"^- 5 *~*^3 ^ ^^-^ 

am*. ixLSc j C« <u« ^ jiuJ b-Cc- ^IJuJI <_r^ jl <JL-j OeSl^- '^l^, «Uj>^ <J 

l-U j>& ^ptJ j! sjz>-\ c5 i50 .jXa* <r^a>.| ^JJl ^hJCJL) wijX« 

^L>c^lj OjjLJ^ C^jlLi £-^3 ^V* ^ j r izJ Us)l fc-Cc ^/Ai jl <JLJ 

1. axL^, — 2. ^^Jy 



intcrroge sur sa croyaucc, il In lui exposa, ct lui deeouvrit, mam Testa, 
publia et dcclaru que sa profession de foi elait la memo que cello des 3 1 8 1 . 
II lui ecrivit aussi la profession de foi de saiut Mar Nestorius. L'empcrcur 
sc rcjouit du discours d'lsdyahb ct de sa declaration; il accucllit favorable- 
incut Pobjct de son ambassadc, ct loua celle qui Pavait envoye; il lui donna 
tout ee qu'il desira, et lui demanda de cdlebrer la messc en sa presence 
a fin qu'il y participftt et qu'il se prdsentAt avec lui a la communion. II le 
fit. L'cmpereur, pour Phonorcr, Ic revetit cPunc robe splendide, quand le 
catholicos demanda h prendre conge. 

Le prince lui apporta flc livre de) Mar Paul. Idd'yahb lui eclaircit la ques- 
tion avec beaucoup de lumicre et de ncttcte. L'empereur fut emerveille; ct il 
lui dit : « Jc no te dementirai pas, et j'ajoutc foi au livre que tu m'as pre- 
sente. Mais je desirerais que tu rcchereliasscs les preuves de la veracitd dc 
ce livre 2 . — Un tel examen, repondit-il, demande beaucoup dc temps; et le 
moment est venu ou jc dois ropartir. » 

II lui demanda alors do celebrcr encore tine secondc Ibis la messe en sa 
presence a fin qu 'il regut la communion dc scs mains, lui, lous ses patriarclics, 
ses eveques, tous ccux de sa cour ct tous les assistants. II cxauga sa demande, 
mais il mil la condition que le diacre, en lisaut les diptyqucs, qui portaicnt 
les noras des patriarclies et des Peres, supprinuU le uom dc Cyrille (Qouril- 

1. A savoir les Peres de Nicee. — 2. Ce passage est assez obscur. S'agit-il ici des Rpitres 
de saint Paul, ou bien -de la eontroverse de Paul de Nisibe eontre rempereur Justi- 
nien ? (voir ci-dessus, n° XXXII, p. 187, n. 0). II s'agit probahlenient du livre eontenant 
cette dispute. 



[239] XCIII. - IIISTOIUK DU CATIIOLICOS ISCVYAIIB DE GDALA. 559 

A^lkill** £r*7^ J^^' * V^y^J <J*% <! ^r^ I* ^ dLUI ^jU-U * P. 270 

jjijjr ^ , dLui jus .iu^ j dUJi v^y^J V*^ p* 

Jl O-Oj jl o^Jj* J> . 1 aA)1 oa!j ^ jl c5 ic t^^Jl Jj5 ^ 

aL'UYI jv-I tS~U a5 <0J\ ojJj ^ L15 Ulj .aJ t&JI <JUJ1 il)jYl <uA*3l$ 
aL^ ^31 a£U ^L>^ ^ a! Id U <JlU! a) sj .Uy^ ULI3 

.^UJJl * S^j ^^-jUJI qA^JI jjij^*Jl ft Lj^l ^1 l v ^J Aillj l^LS .aA£c ^ * \\ 27i 
.j^rpU- j^ms^Ij Ajc* jl^ ^ aJ^ <iHJI iojjj . J>A^Jl> a) \y J^sM 

I. In marg*. Alt ^iix~J. — 2. In marg. til —3. In marg. 



bus), cause du sehisnic et niaitre de la doctrine impic. L'empcreur accepta 
la condition; lo catholicos Is6 yahb celebra alors la messc, et donna la com- 
munion h I'empereur, a tous les patriarehes, aux eveques et aux assistants. 

Puis Isd'yahb ecrivit un libelle de profession de foi et le present a a 
Tcmpereur. cc Pourquoi, lui dit cclui-ci, vous ecartez-vous de la maniere 
la plus claire d'dnoncer line chose, et an lieu de dire : Marie enfanla Dieu\ 
dites-vous : Marie enfanta le Christ qui est Dieu et horn me? — Nous ne nous 
ecartons pas de la verite, repondit le catholicos, ni de la preuve eclatante. 
En disant que Marie enfanta le Christ, nous impliquous que la naissance 
appartient an Christ, dans lequel sc sont r£unis riiuinanite et le Verbe 
cternel, qui est desceudu et habite en lui. Mais si nous disions : Marie 
enfanta Dieu, nous retrancherions le noin d'humanite, en supprimant sa 
nature. » L'empcreur douna son assentiment son explication et accepta le 
libelle de profession de foi qui! avail ecrit de sa propre main et a sa 
maniere, et il eu euvoya la copie anx chefs connus par leurs vertus et qui 
n'etaient pas de la classe des obstines. Tous rapprouvereuL L'empereur 
le mimit de provisions de route, le revetit lui et sa suite de robes, leur 
donna de magnifiques presents et fit reponse ;\ Boran, Tassurant qu'il lui 
enverrait des troupes le jour on clle en demanderait, el ajoutant qn'il 

I. Kn marge : JDI yJ&~j « Dieu nous en garde! » 



rm MISTniliK XKSToUir.XNK. [*Mil\ 



1>\ jl^ A.J^ c jJ\ jOL j< .I^UJ J^JI 




v^t ^ l^v^a fr 4 'crt J -^ J > ^jjito <jO->J^ J'^Vl 

.S^i <LJ dUi JL; <Jl_j c;U J; -cV <il^>JI ^JU* jl jl 

ciLUI JyjL iJUVI t a! Jly wJ 3 ^MdU j>^L>JI 
1. Hie spatiutu vacuum in mauuscripto. 



faisai t cela h cause de son ambassadeur LstVyahb. fit le patriarclie quiltu 
le pays d* v s Grers charge d'honueurs; et la profession de foi de Mdyahb 
etait iFaccord avec colic dt» Scrgius, patriarclie dr Constantinople, eu cc 
qui roncerno la reconnaissance d'unr volonte unique el d'un acte unique. 

L'histoire de la messe quMl avait dite parvint aux Peres orientaux; a 
son re tour, ils ltii reprocherciit sa mauvaise action d'avoir celebre la messe 
sur I'autcl des Grecs sans avoir fait memoire des uonis des trois Lumieres 
eclatantes de THglise Syrienne. lis avaient, en efTct, appris que les Grecs 
n'avaicnt accepte la condition que IstVvahb leur avait i'aite de nc pas men- 
tionncr Cyrille, qu'a cette autre condition que ltd aussi ne lirait point les 
noms des trois Lumieres, Diodore (Diyoudourous), Theodore (Tyadourous) et 
Nestorius (Mstouris). Plusieurs d'entre mix, dans leur colere, munuurerent 
et dirent : « Nous ne devons pas le laisser s'asseoir sur le siege patriarcaK 
parcc qu'il a ebreche sa croyanec; el il a fait cela pour Tamour des presents. » 
Du noinbre de ses accusatours elaient Barsaiima \ cveque de Karkha tli; 
Ledan Suse, qui a etabli dans HigHse les oraisons fnncbres; [Biro 2 ] le 
docteur, et d'autres. Celui-ci so jeta sur IloYahb pendant qu'il siegeait 
dans sa salle d'aiidiencc, remplie tie gens qui etaient venus le saluer; el 

1. Le meme auquel Ehedjesus de Nisi be (a pud Assem., B. 0., Ill, i, p. 173) 
attribue de nombreuses actions de grdces, des Oraisons fiinebres, des Ilomeh'es, et un 
livre intitule' : Du foie (cf. ci-dessous, p. 630), et qu'Assemani identifie avee un autre 
Barsauma, eveque de Beith Slokh et coatemporaiu du patriarclie Pethiouii (731-741); cf. 
notre Etude Supplementaire sur les Ecrivains St/r., n° XX. — 2. lei un hlanc dans le 
inanuscrit; voir la page suivanU*. 



0iL\ XCIV. — CE QUI EUT LIEU ENTRE BARSAUMA. 5GI 

jj J^aJI IaA fcX^ JyL%Z^J\ UJi .SjUJIj O'-^JI ^Lij b*J^Jl CUJ^I 

.*~Jb (jl Ij^l^j fcj^pl (Jj . cJii ly^w Vj *J-Jfl* jjj 

aJjhU ^3 <ju» <*«iJ ^1)3 i*JI li^.>ii« ^Isl^ . L^** C-U ^,5Ct^ j 

L I^Jf ex mow pudor, confusio. — 2. vel vel j^J vel j^J etc. 



il l'intcrpella, eL l' injuria, en lui disaiit : « Toi qui as vondu la foi pour des 
presents, toi qui as rassasie, pour do P argent, le d&sir des empereurs; toi 
qui retournes vers tes ouailles tout convert d'opprobre et de honte, pourqtioi 
es-tu revenu? Pourquoi n'es-tu pas reste ou Ton t'a donne des presents, 
on tu as rcgu des cadeaux et obtenu des largesses? » Les assistants, qui 
l'entendirent prononcer ces paroles, ne purent les supporter-; et loin de les 
lui pennettre et de les tolerer, ils se mirent & le frapper a coups redoubles 
de sorte qu'ils Fauraient tue; mais le catholicos s interposa en le couvrant 
de son manteau, et parvtnt k le delivrer k grand'peine. Kchappe de leurs 
mains, il se sauva, et inarcha a pas lents jusqua Cascar, sa ville, plein de 
ressentiment. Et il y demeura, separe de l'Eglise; et il se bAtit pour lui une 
cliapelle dans sa demeure. Son zele religieux etait trop ardent, et c'est ce 
qui le poussa k agir ainsi. G'etait un homine lettre. Quant a lsoyahb le 
catholicos, ay ant compris la faute qu'il avait commise, il se mit k essayer 
d'eilacer des coeurs de ses ouailles la mauvaise impression que sa conduite 
leur avait laissee. 

XCIV. Ce QVl EUT LIEU EXTRE BAHSAUMA EVEQUE DE SuSE 

ET LE catholicos; LEUH CORRESPONPANCE. 

Apres Tincident de Biro f le docteur, Barsauma eveque de Suse se mit a 



1. Lecture conjecturale. On pourrait encore lire : Bizo ou Nizo ou Niro ou Tiro, etc. 

PATH. OR. — T. XIII. — F. 4. 37 



502 llJSToiHK NKSTOHIKNiNM, [242] 



•Mil 

^^Cll c-i^Jj <L*YYI iJUl i^jjJI jjy ijbYYI will j ^-UJ 

Saaj jl c5 ^jI^>- eS-^b c/V^ c5^^ <J^~k k jYI ^ 

. ^-wjIj^-JI L-lo A—A— *£- 

^Gl ^ cS^ LojjXAs Ox^ jl^ fjSi\ Iai^ l^U 

1. isL^s ex iN^j-io locus cxcolsior, uhi 'saccrdos ad aram slabat. — 2. cx 
clamavit. 



attaqucr (le eatholicos); il lui ecrivit deux leltres 1 en deux eerits difTdrents, 
dont rune a etc portee a la eonnaissanee du public et Pautre lui a ete cachee. 

1° Copic de la premiere {lettrc, eelle doni le public cut eonnaissanee). 

« A celui que la gr&ee divine a eleve sur l'estrade de la plus haute 
dignite de la religion, et a fait sieger sur le trone gloricux ou s'dpanouit 
la plenitude du sacerdoce, et a etabli chef des provinces de POrient et de la 
Perse, notrc Pere Saint et vertueux (suivent d'autres Ibrmules de respee- 
tueuse emphase) Mar Iso yahb eatholicos; 

(( Barsauma, qui implore tes prieres, te salue, et se prosterne devant toi 
humblement, en demandant que son Eglise soit preservee des bouleverse- 
ments, sauvee des ouragans, protegee contre les hcretiques. 

a Maintenant, 6 Pere, j'ouvrc la bouchc pour parler 1c plus haut possible, 
et crier de toutes mes forces : entre nous ct les Grecs, il y a un gouflre 
profond. 

<( Le concile dc Chalccdoine 2 fut I'originc de ce goullVe, ot ce qui 

1. CI'. 13arhel>r;rus, Chron. Eccles., II, col. l.U». — 2. Voir ci-dessus, n 0 II, 
p. 103, n. 3. 



[243] XC1V. — CE QUI EUT LIEU ENTRE BAR?AUMA. 563 

JU3 ^IjT ^ ky\ £j>-\j ^Ul JykJl ^ ^jyt p£j 3 

JLlJI Jsl£-£M ^T^^ jAjc* i|y ^stJI l-Lft ^ ^Wlj 

. ^ L)?. U LLl45 ^jJjji 

Ji>Ul p*C>- j^aII u^*' OXu ^s>-1 t5-5Jl £^<J1 <*J \ dJblj 

. ^L>LJl ^*iJI ^i>j £cJ?ljJl Jl^Jl 

. <c^Uj>3 ^^UjIj c^j^j <u*^j 



commcn?a & le creuser; il eearta les liomnics de requite et les laissa egares 
et abandonnes; il ensevelit la justice; il preclia ropiniatrete ; il obligea les 
Peres a renoncer a leurs opinions, et mil obstacle a leur rctour sur leur 
siege, ce qui excita une persecution. 

« Secoiidcmcnt, ce ineme concilc lionora la famillc de Cyrillc, cette mine 
d'obstination, cet auteur de schisme, ce vase d'iinpiete; il lit aussi les eloges 
de Celcstm (Qalastidnous) son coinpagnon. 

<c Troisiememeitt, il ratifia le concile qui s'etait reuni h Ephese (Afissous), 
qui avait declare fausse, el jug6 impossible Povidoncc; qui avait banni la 
veritc 6clatante et brillante. 

« Quatricmement, il exila ec celebre patriarche, Mar Nestorius, ce bon 
Pere persecute. 

« Cinquiemement, il rennit pele-mele les deux natures du Christ en une 
seule hypostase. 

« Sixi6mement. Venous, maintenant, a ce qui pese particulierement sur 
toi. En negligeant de repondre, tu as ratific la parole de ceux qui pretendent 
que Notre-Dame la pure Marie enfanta Dieu dans son essence : ce qui repugne 
a tous les novateurs eux-memes, sauf Cyrille, son peuplc, sa famille et Emma- 
phius (?) 1 et ses partisans. 

1. Je n ai pas pu identifier ce nom, a moins qu'il ne soit Mcmnon d'Ephese ou 
Euphrasius, qui, dans la neuvieme session du concile de Chalcedoine, s'opposa au 
retablissement d'lbas d'Edesse (voir ConciL, t. IV, Act, IX ConciL Chalc, p. 633 et 
suiw). 



p. a:; 



ItlSTO-IUK NKSTOUIKNNli. [2ViJ 
^_-»La.Jlj ^yj\zJ>uJ\ i y : JuJ\) ^v^juJI *IY1 c-aJ vikl ^tLU y*^ ^Ulj 
J ^jjl J l^-l (J U-C^ ^jjL-Jj e/jjj-i^ uOJJ^ vl^rr 3 ^ 

.^U VI ^*c-uJl Ia^VI ^ ^-v* <J <uAT) ^Lf^ <lr* p^ - * ilr* ptc* 



« Le septuple chef d'aeeusation qui peso encore sur toi , est que tu as 
bauui les saints Peres, les Doctcnrs elns, les laiupcs luruineuscs, Uiodore, 
Theodore et Nestorius, en passant sous silence lenr nnSmoire dans la messe 
que tu as eclebree dans Tcglise dc cct empcreur, <jui les chasse et les perse- 
cute; tn as abandonuc la cause dc la revanche des elus du Saint-Esprit, a 
savoir les 318 1 et les lf>0 2 qui out arrete la doctrine de vcritc, et qui out ctabli 
dans PEgUse les Canons justcs; enfin tu as suivi le concile de Chaleedoine. 

a Quelle part out ceux qui out fait bon rnarehe de leur Ibi, qui out vu leurs 
desirs comblcs, qui out ebrechc (leur credo), qui out fait les courtisans, 
(jui se sont Iaisse gagner par les presents, avec ceux qui out brave les 
menaces et out persevere, qui out rc^u des blessures et les ont supportecs, 
qui ont subi des tourments et sont restcs inebranlables ? Ne sais-tu pas que 
des 318 Peres choisis, il ny en eut pas qui fut indemne d'unc plaie, d'un 
coup, d'une blcssurc, d'unc incurtrissure, que leur portercnt nos enneniis les 
novateurs, si ce n'est quatre seulcment? IVe. t'a-t-il pas fait des reprocbes, 
PEvangile qui prononce : Geaealogie de Jesus-Christ, fils de David, fils d'Abra- 
ham, quand l'empereur parlait et que tu lc Iaissais pretendre que la Vierge a 
enfante Dicu! N'as-tu pas tremble de eclebrer la messc, en ray ant les noms 
dc tcs Peres spiritucls du chapitre des vivants et du diwan des morts, alors 
que le diaurc osait rctrancher leurs noms danssa lecture! G'est la Pabinie qui 
se trouve entrc nous et cc pcuplc, que tu as fiatt£, auquel tu as fait des eon- 

1. A savoir les Peres du Concile de Nicee. -- 2. Les Peres du second concile universel 
de Constantinople de 381. 



[245] XCIV. — CF. QUI EUT LIEU ENTRE BARSAUMA. 5i;3 

^L-iJI <ka-lj jyj^Ji O^Ji^J *-=-VI _yL- J-i> As J^wJl^j^il dJj U 

AJJ * 111 I I dbljj ,CAJ ^ <Lwj <UUJ (j-^ <Uj «-^f" f^lj * P. -278. 

© — ' 

jl jJUr dl*V 2 .... VI ^L^lj ^^Jl IJOb fc£ jl Lj ^ J 

S>L? ^>jj . dl">U> ^J^ IjiJ^ ctLl^s v^?_5 ^ j^a!I VI VI V LJ-vS 

.pJ^i J^/J ^I-Aij (jOO ^ £*i ^ £c_-oLaJI VI I^^JJLJLj' V ^(J^JI 

pjb^i 0* f^^' J*ll~l <**JI ^jL^ ft lVl> Aj oVl 1^1 jVl 

1. ex ilojop praedicatio, proclamatio. — 2. Ilic spatium vacuum in ms. — 

3. j^yi ex vespera. — 4. Lire 



cessions, auquel tu as donne la main, sur Tautel duquel tu as celebre la 
messe. N'as-tu pas ete epouvante de dire la messe sur ces treteaux ' pres 
desquels une heure apres entrera une femme, qui sera peut-etre en ses regies, 
on un adolescent qui sera peut-tHre impur; ou un homme qui sera peut-etre 
lepreux, pour venir y toucher et en detruire lasaintete? Je vois, 6 notre Perc, 
que e'est toi qui as cause ce dommage et qui as fait ces concessions a cet 
empereur. C'est toi qui as seme la haine et qui as allume le feu de Theresie 
dans le coeur d'un grand nombre. Jo ne crois pas qu'il soit possible de reme- 
dier a cctte blessure ct de la panser, si ce n'est... 2 . Car tu sais bien que 
notre messe ne sera jamais achevee sans la commemoration des Peres que tu 
as chasses au moment de ta messe, et bannis au moment de ta priere. Nous 
autres, qui ne pourrions dire 1'ofTice des V6pres sans y faire mention de 
ces trois Lumieres, comment pourrions-nous parfaire les mysteres, la messe 
et les oblations, sans en faire memoire? Et toi, maintenant, 6 Pere, tu as 
abjure ta foi aux Lumieres de TEglise, en retranchant leurs noms de Toflice 
de la messe, par une omission que tu as consentie. 

<c Puis tu as raconte toi-meme comment tu as ecrit pour Tempereur ta 
profession de foi; mais e'etait 14 un piege ou le roi t'a fait tomber; cn effet 

i. L'auteur assimile l'autel des Grecs a la table i^^) ou le marchand se tient assis 
pour vendre sa marchandise. — 2. lei un blanc dans le manuscrit. 



.»m> IIJSTniKK MSSTOKIK.WK. [24a 

L*L±)I <■ jj L, bJU viluU J dl;V JUb ^1 ^JJI i*y 

-vJj ^ jL<Jl t ^ j^lyi <a ^ lyy Si ^| ^jU J ^ix 

ytlliJI <Ui ^1 Ua^Ij pJUVI OK*, ^jj! islj j>\ - X ^±A 

.^-Ul l>j£$ wJaiJ! IjAp-l j^j i«Ll)l IjJlt *1^LJI J>* Li 

1. '/LA?. — J. ^i*~j>. — 3. — 4. Sic in ms., furlc II* L^^s JU*. 



il en envoy.**! hi copie aux eonfins de KKmpi.ro, ce ([ui ful cuiinu de tons, 
'font son bul vn presidant la nicssc quo lu disais dcvant lui sur son autel, 
c'etait de fa ire connaitrc aux chefs de son Kglise que la profession et fa 
croyance elaienl seniblables ft sa profession et a sa croyance. 

ce II nous esl parvenu un petit ecrit qui contient la profession de foi que 
tu as ecrite pour rempcrenr. En voiei le titre 1 : Croyance a la Trinite line, 
et a Vun tic la Trinite le Verba pis tie Dieu.. 1 1 (Mas ! qui a voulu troubler ton 
esprit? Ce dontje t'accuse, e'est d'avoir, dans la profession de foi r alTirme ce 
cpie les 318 (Peres) n T ont jamais dit dans leur symbole, que tu as regu toi- 
merae. « Nous croyons, ont-ils dit, en un scul Dieu vivificateur de loutes 
« choses et en un seul Seigneur Jesus-Christ fils de Dieu »; or loi, eu confes- 
sant les trois personncs, tu if as rien dit de Tune d'elles, le Fils de Dieu qui 
s'est manifesto a nous. On done fais-tu mention de la nature huinaine, cette 
nature sur latpielle s'est le\6( x la resurrection.; cette nature sur laqucllc se 
sont etendues taul de discussions, et qui a ete la cause de Lant d'heresies? 
Cost cet Un des Trois k qui la qualite de Fils est reconnue, que Cyrille a 
attaque en disant avec opiniiHrete 2 que cette personue est nee dans sa 
substance de la Vierge; qu'eilo s'est nme dans le monde; qu'elle a soulFcri; 
qu'clle est inorte et qu'elle a etc ensevelie. Pourquoi as-lu ecrit, et comment 
ta plume t'a-t-elle fait sanctionner ce qu'avait ancanti le raisonnement de tes 
partisans, el as-tu pu justificr ^accusation que tes ouailles portent con I re toi, 



i. Litter. : la copie. 



[247] CXIV. — CE QUI EUT LIEU EXTRE BARSAUMA. 567 

JJl^aJ ^-JU <ilUt^l &c>- U-i dljJS wJUj \_fl^ viJLli^ 

JLJLT jVl ISUi -fJW *Jj*** ijUl Uj .jJI ^Jl JLJlj ^piJI 

J **jto cJ/fci j^JUl j^Wlj L'UI JLi dlLi lil jyuJI JU1 
V^ 1 c> V i U J J * ^ ^ 0 ( W> ^"V 

CjJCa\j i*UJl isAA UtuJ ^ jUJ^ilj J* jV LjuJi A^Ui- cu^j 



que tu as fait le courtisan aux dcpens de ta foi, el que tu tcs fait dormer des 
presents en vendant ton Christ; que e'est pour l'une de ces deux raisons que 
tu as chancele : ou bien Tavidite et l'amour des presents, ou hien la crainte 
et la peur. Maintenant avee quoi tc laverais-tu la face cn presence des Orien- 
taux si Fon venait a comparer ta conduite avec celle des 130 (Peres), qui ver- 
se rent leur sang sur deux champs de bataille, tandis qn'on les pressait de 
demolir leur cro) r ance et qu'on leur faisait miroiter des faveurs; mais ils ne 
pencherent pas k la convoitise et n'eurent pas peur des menaces. Par Dieu, 
si c'est Tune ou l'antre de ces raisons qui t'a porte a tenir cette conduite, 
ta condition est tres aftligeante et deplorable. 

<c En ecrivant, tu as fait triompher ce image et son obscurite, nuage que 
Cyrille et Apollinaire avaient tisse, et dont s'est enveloppee laterre grccque. 
Quant a nos frontieres a nous autres Orientaux, les tenebres en ont ete ecar- 
tees; nos pretrcs ont vaincu Ferreur, et la Iumiere eclatante s'est levee sur 
notre contrce, grAce a nos Peres les heros Mar Diodore mine d'arguments, 
Mar Theodore promoteur de la vcrite et Iibcrateur de tristesse, et Mar 
Nestorius consolateur des aflliges et demonstrateur de Fevideuce, grftce a lenrs 
emnles, a leurs disciples et a leurs imitatcurs. 0 chose surprenante, que le 
Pere de si grande valeur et de si grand mcrite que tu es, ait ete trahi, et se 
soit laisse tromper! 



:>m HIS'lolliK X.KSTnuiKXXK. [2'.s 

J * Jfy Vj aI ' J ^J- 3 O^r* Lryy fr* -jM 0 C ^ 

v$ J^-ls (j^^j o^yj Olo^- ^ r ^i\ jl ^UJi jjic 

jj «cLs U ^i^ikj ty-^ <^3l 

1. vcl lu**. — 2, In inarff. alia uianu : ,i, — 'A. — 4. -jI>I. 



<( Que n'as-tu, o Perc, imite les catholicos qui sc sont rendus avant toi 
en Lorre grecquc, et dont les noius sont eu tete do notre lctirc. Ccu\*-ci 
remplirent lcur ambassade aupres des empereurs ; ils s'en retourii6rent munis 
de reponses ct charges de presents; mais aueun d'eux ne viola la religion ct 
ne s'cearta de la verite. Paul de Nisibe \ qui t'etait inferieur en valcur, ct 
qui etait au-dossous de toi en rang, sut repondre aux empereurs, qui lui 
deinandaient de leur expliquer la tbi : « On ne m\n pas cnvoye pour diseutcr, 
« 111 pour donner des lecons, ni pour exposer, ni pour controverser, ni pour 
« argumenter, ni pour attaquer. Mais je proelame ma foi dans les assemblees 
a ct je In prechc en pleinc chaire : lc Christ a deux natures et deux hypos- 
« tases : c'est la doctrine de mes peres, de mes docteurs, de mes predeces- 
« seurs ot de mes guides les 318 (eveques). » 

« Ne t'es-tu pas rappele, 6 Pere, la parole de Paul l'apotre inspire et 
choisi: Si menu* un ange du ricl s'efforrait de m'eeetrtev de la verite, et quand 
il tit'annanceraU et wr preehevait autre elw.se que ce que j'ai rccu de mes Peres, 
je n'eeouterai point sa parole et je n'tulhererai jamais d son heresie' 2 . Ne sais- 
tu pas (pie Paul Jit encore de soi-meme qu'il oll'rit son corps aux tortures, 
qu'il s'exposa aux soufllets, qu'il re^ut des coups de fouet sur les epaules, 
qu'il fut jete en plcine mer 3 , mais ne s'ecarta pas de la route de la v6rite ct 
ne murmura point contre Dieu? 

1. Voir-ci-dessus. n rt XXXII. p. 187-1SS; n° XXXVI, p. — 2. Gala!., i, 8, 9, 

— 3. II Cnr., m, 2'i ct saiv. 



[349] CE QUI PUT LIEU EXTRK BARSAUMA. 560 

jjj tls ill «L>-dj f.jr* j\ ^ U uO^rVr*" * ^ ^-Lr^ ^*!s 4 283'. 

jdfr ^ LLl=>- jl LLlc J IS lil (j^is £*>\y* (J ^U? ^jjl^lj ^.-^1 

\ J}\ 4j . ijjjlj ^IX^Cll ^ p»* * p. 284. 



(c Peut-etre Pes-tu laisse seduire par IVrreur tie Gregoiro, qui a flit que 
Marie est mere de Dteu ? Quoique j'estime ce Saint, quoique j'approuve 
en plusieurs endroits ses paroles, toutefois je suis tenu de rejeter ses 
erreurs et ses fautes; on me demanderait raison de mon approbation, et je 
serais blame de les avoir suivies. Ne sais-tu pas ee que Notre-Seigneur 
nous a enseigue dans son Evangile quand il dit : Les pontifes et les scribes 
sunt assis sur la c ha ire de Mn'ise; faites tout re quits vous diront dr [aire; mais 
ne faites pas eomme ils font*. Toi aussi, 6 Pere, tu dois ecouter ce qu'ils 
disent; ce qui est confonne a la croyance des Peres orthodoxes, y adherer, 
et rejeter et contrcdirc ce qui ny est pas conforme. 

« Ce savant ne laissa cchapper de pareilles expressions, que parce que 
dans son mouvement oratoire ellcs se presentment & son esprit, etant comme 
un homme qui ilottc dans la mer : Porateur ressemble en efTet au nageur, 
que les vagues enveloppent, et que tantot elles soulevent, et tantot preci- 
pitent jusqiPau fond; car son esprit va k Paventure, et son cceur s'en- 
thousiasme. » 

Puis (Harsauma) scella la lettre et Penvoya au catholicos Iso yahb, qui, 
apres Pavoir regue et lue, luL fit une courte reponse en homme qui cherche 
a ecarter ses torts et a aplanir les difPicultes, lui disant que la raison de 
la conduite qu'il avait suivie en pays romain n'etait pas dans les deux choses 



1. Matth., xxm, 2 et 3. 



'•70 MISTOIftK XKSTOUIKXNK. I'.T.O] 

acL" I. wl'^j ^jAD! J jjU! ^yjJ VI *JI U^-J j^-UJl ^ 

jJU^3 . C«Xj)1j Ol^^Vlj i^JLJjdlj 

iiuui *Tvi ^ ™, uii uj ^i, VI V 3 iU ^ y> 



dont il I'avait accuse, mais seulement dans Ic dcsir dc semcr la paix dans Ics 
eoeurs, en y faisant renaitre Tamitic ot de faciliter la mission dont on I'avait 
charge. 

2° DeiLvibme let t re de Bar&auma adrcssee an Catholicos Iso'yahb. 

Omettant, au debut de sa lettre, toute fonuule de voeux, de respect, de 
veneration, il commen^a par accuser, reprocher, argumenter, disputer, 
rcduire au silence et apostropher. II commenoa cn disant : 

(( Si tu avais celebre la messe & Constantinople sur un autel que toi ou 
tes eveques auraient consaere, je jure par ma vie que ta messe eilt etc 
sainte, ton sacrifice agreable; les peclies en expiation desquels tu aurais 
olFert la messe eussent etc pardonnes, et les demandes que tu aurais faites 
pour le peuple, auraient etc cxaucees. Si, au eontraire, tu as celebre la 
messe sur un autel que ni toi ni tes eveques n'ont consaere; si tu ay as pas 
fait mention de tes Peres sans la commemoration desquels TEglise catholique 
a defendu de reciter 1'oilice, d'ofTrir les mystercs, d'administrer le bapteme 
et de dire la messe, alors moi, et tous ceux qui avee moi ont adhere h la foi 
des 318 et des 150 Peres, et qui ont confesse comme P6res les trois 
lumieres 1 qui sont le sel de la foi et les colonnes de la religion, nous 

1. A savoir Diodore de Tarse, Theodore de Mopsueste et Nestorius. 



[251] XCIV. - CE QUI EUT LIEU ENTRE BARSAUMA. 571 

a, c^Lj SjJ^JI ^JU 4jo^ oJjuII c-A3 UjI dliY .^UDl dlU» Oj^ 1 ^ Jl - ^ 
jl ^i? vita ^Jj vil^j viky Zjj^\ jb ^3 kj <y* 4^ 

^j>-\ j cJ^-J 1 viL^ r * J^l AJ£ c)jA5 C ^ <i^r>-J.5 Jj^" C^U? villi JjJl 

jlj jlj jl V jl dj-UA! ^ li dlJi JL5 oO .dUU Jj^Jj 

j^lT J^iJI d^V dUJl J^I jYj JU«J1 l^JL Ji jjX 

dLO jjb Iaa *L^J1 ( j r Jj .j^JU f j^-u Jl^>-Vl J© c^ll 

JjO siiCjl ^cJI jt d! jl~ J ^^luJI ^L^Jl JL aS <Ur JJS ^ ^-Ul 

o-ab aS^ ^UtL^* ^i- viL-l-xsj J jJu <JJjLJ jl Jjil V v— iij . 



1. si^Jj* ^^rj- 5 ex grex dioocesis. 



la desavouons ; car ce n'est que l'ambiiioti et le desir dc plaire aux empereurs 
pour recevoir d'eux des presents qui t'ont pousse a la eelebrer. Quand meme 
je te rendrais amers tes presents; quand meme je devrais assombrir ton visage ; 
quand meme j'exeiterais en toi une ombre de ressentiment,-je te dirai nean- 
moins avec franchise : tu as perdu les droits de ton investiture, tu as avili 
ta condition aux yeux de tes ouailles; et tu es compte pour peu de chose dans 
la balance de l empereur, nialgre les presents qif il t'a faits. Ne pense pas 
que ce soit 1c respect du a ton autoritc, ni la douceur de tes paroles, ni ta sage 
conduitc, qui out pousse Tempereur a agir ainsi a ton egard ; mais e'est la 
coutume des rois en prineipe, de faire du bien, de traiter favorableraent, et 
d'accueillir rintercession quand meme clle serait absurde. Et e'est aussi 
pour pouvoir dire : J'ai tellement eveille Tavidite du Gatholicos d'Orient, 
que je Tai fait renoncer & la fidelite a sa foi et chanceler dans sa croyance. 

« En tout cas, tu es blamable, tu t'cs laisse egarer, tu fus une dupe. 
Toute ta destince n'est pas dans ce bas monde que tu habites et que bien- 
tot tu quitteras, mais le plus grand malheur t attend dans la melee ou le 
feu devorant rouge les damnes. Et comment m'empecherais-je de dire que 
ton oilrandc a ete repoussee, que ta rnesse n'a pas etc agreee, alors que tu 
Fas celebree sur un autel ou Ton meurtrit du matin au soir ta divinite, ou 
ton Createur est crucifie du lever du jour & son coucher? Ne crois pas que 
je t'adresse ces dures paroles par un sentiment de mepris, mais je fais ccla 
par Texcessive aifection que j'ai pour toi, et par compassion pour toi. Car si 



"2 IIISTOIUK NKSTniUKNXK. 

JLb J\Lt\ 3 JJ jj^ Iji dUi cUi j& cOJ ^ Cat; <*^JI iJy 

or^- <5-^ jVl J±\i 

^ ^Udlj O-Lc ^cjLJI *IYI JU ^j^. V3 pJlc ^ LJ jujj ^ 

^LJI ^ 5?" <> JUli jl^VI ctLJb jl» .Klkyjb 

L. I lie spatium vacuum in ms. — 2. +^~ 3 ex ^^»» simplex, commune. 



j'etais indulgent, si j'etais flatteur, si j'approuvais ta eonduite, je serais 
complice de ta mauvaise action, je violcrais com me toi ma religion et je 
m'eloignerais de in on Dicu. 0 toi qui es ilocleur d Israel, disaifc Notre-Seigneur 
& Nicodeme 1 . Je t'applique cette parole, 6 Iso yahb, toi vers qui TOricnt a les 
yeux tournes, toi dont la renommee est formidable; voili ce que tu as fait! 

<r Et maintenant tu as a choisir entre ces deux choses : 2 ; 01 

bien que tu te soumettes et que tu avoues que tu as commis ee crime par 
ignorance et que tu te justifies, comme se justifient tous les exeommunies et 
les anathematises, en declarant que tu as fait cela par inconscience et sans 
propos deliberc, afin que nous puissions nous autrcs prier les Peres de te 
pardon ner et d'excuscr ta faute. Si ces deux choses te paraissent egalement 
dures, interroge a leur sujet les oiseaux du ciel, les betes feroces des 
fortHs, les autruehes du desert, les lions des campagnes et les poissons des 
mors, qui te feront voir elair et te dirigeront. 

« Et comment le Saint-Esprit pourrait-il descendre sur un autel banal, 
qu'il n'aurait pas eonsaere? Xon, j'en jure par ma vie, il n'est pas deseendii 
sur le sacrifice que tu as oilVrt sur l'autel de Constantinople. 



i. Joan., in, 10. — 2. lei un Mane dans le manuscrit. A comblcr peut-ctrc ; ou bien 
que tu le renonces au patriarcat. 



[253] XC1V. — CE QUI EUT LIEU EXT RE BARRAUMA. 573 

£-vJJ JU?L# ^i- j\ <>c~~Jj <*JJ j\ J>yx* ^^ > ^ ,,5 (3 

^>-jaJI (J dljuoir vdU-\JLr ^^-^ ^^!3 ^-^JJ ob . ^b~>- ^ oj^-iAJ ^slj 

.J^^Ull (5^V t5 Cj ^ 0\ <-^" V -^ C # £^ * P. 289. 

1. jIj^JI ex m>o; opera bona. 



« Mais qu'as-tu pense, 6 Catholicos d'Orient ? Que j'ignorerais les lois 
ecclesiastiques? Ou bien que je ue remplirais pas cntierement les fonctions 
de mes charges sacerdotales? Ou bien que je n'aurais point defendu la cause.de 
Dieu et de son Christ? Ou bien que je n'aurais pas lutle ui bataille pour ma 
croyance, contre l'heresie? Ou bien as-tu suppose que je labourais sous Ie 
joug avec les boeufs, ou que je faisais paitre mes fideles dans le desert avec les 
moutons? Ou bien t'es-tu fait assez illusion pour penser que tu m'en impo- 
serais en m'otant completement la notion que j'ai de ton savoir? Nous avons 
i'ait ensemble nos etudes 1 ; et s'il est permis de se glorifier, je suis plus habile 
que toi; s'il est permis d'ennmerer ses bonnes ceuvres, toi-meme tu avoueras 
que je te devance et que je te surpasse beaucoup, et que je lutte eontre les 
passions mieux que d'autres. Pour ce qui est de l'£ge, j'ai blanchi avant toi, 
comme je t'ai devance dans le sacerdoce et dans l'ascetisme. Faut-il parler 
aussi de l'attachement [k FEglise]? Qu'on regarde le recueil de nos oeuvres 2 , 
que 1'Eglise possede, et qu'on voie combien nous avons argumente, et tra- 
vaille avec acharnement. 

« Chasse, a present, Tesperance mensongere et Tambition trompeuse 
d'etre appele Catholicos d'Orient. Ahai 3 (que sa memoire soit avec celle 
des Ap6tres) et Acace (que sou souvenir soit avec celui des Saints), les 
deux catholicos, qui porterent, comme toi, les messages des rois, ne 

1. Dans Tecole de Xisibe. — 2. Allusion a son livre intitule : Du foie (voir ci-des- 
sous, p. 636). — 3. lei Barsauma fait-il allusion a Tentremise de ce catholicos pour apai- 
ser les dissentiments qui avaient eclate cntre Yazdgerd 1 et son frerc Behwar (voir la 
premiere partie de cette llistoirc, n° LX1X), ou bien a une mission dont AhaT aurait etd 
charge aupres des cmpereurs byzantins? 



57'i 1IIST()1HE NKSTtmiKXXK. [2.Vi 

.L-kkJ)1 j. :i dU ^ ifUJI j4 ^Vjl jLr ^ ^1 ^JUI ^1 

vil^>cL ^>t-j J jil? 4j| J^Jl j^JIj .dJULJI c-c-Ai- dill vr***y dill 

jli> jli . Ll^ilCl? dlL>- (jU <LoJ dill O jaJ ^ .dlk*-t* t^i-^dwlj 

^t-LaTj vJuiL-l U (jj >-C*Jj w*JLo U ^J^>lU* <jl di)S ^j-* diljlil Ale- ^«-^» A^JI 
1, bU*. — 2. jU^I sL» aqua marinm; vel aqua amara (ex y^~* p^o, Num., v, J8). — 

3. y^ti c ,i - a. jii. 



furent-ils pas jalousement avares de la perle cle leur foi ? lis ne profanerent pas 
la pierre pivcieuse do leur croyance ; ils payerent a Dieu ce qui luietaildrt et 
rendirent i\ Cesar ce qui Iui apparteuait ' ; ils s'en allferent combles de 
louanges; ils regurent des presents, expression de la reconnaissance des rois, 
el s'acquiUercnt glorieusement de leur mission, 

« Maintenant qui te purifiorait de ta souillure! II to faudrait les eaux des 
mers pour te lavcr de ta tache 2 ! Les cendres de genisse, on le sang des 
sacrifices, qui purifiaient du peche les enfants de Tanciennc loi, ne pour- 
raient to laver de ta honteuse conduite de Constantinople. Tu t'es imagine 
que tu avais joue Tompereur. Mais la v^rite, que je te dirai, est que e'est lui 
qui s'est moque de toi dcrriere ton dos, qui a ri de ta barbe, et a meprise tos 
cheveux blancs. Et pendant que tu pensais le faire niceen, lui, te faisait chal- 
cedonien. En admcttaut que tu cusses perdu la raison ; que Torgueil t'euf 
enivre au point de changer ton caractere et de te rendre aveugle, il aura it 
alors fallu, en revenant k toi, reparer ce que tu avais fait, retracter ce quo 
tu avais avance, retablir ce que tu avais abime, restaurer ce que tu avais 
d£truit. Mais toi, tu as pense que les hommcs raisonnables, de bon jugeuieut, 
savants et chercheurs, etaient devenus des boeufs comme toi, p rives d'intel- 
ligence ot de raison; et qu'il ne restait plus dMiommes capablos de jugor, 
cle penser avec clairvoyance, dc s'indigncr pour la cause de Dieu, de sYle- 



i. Cf. Matth., xxn, 21. — 2. Peut-utre allusion a Num., v, 18. 



[265] XCIV. — CE QUI EUT LIEU ENTRE RARSAUMA. 575 

.d)U pi^y d)->JU pij^j dbftj * jJT dU-yl ^J**3 ^-U ^ * p - 291. 

Clfej .dluLl v^-*^3 d)UjJ J-o^ c-o'I 

Jl*-C> V iiU^p- . 1^5 ;jj jU^. ^*L^5 4*^5 ^r^-s A^J-z.;]? a\ \ 

.ijjjJI cAidl 1^ V dJLiwj <jlL>JI ^JLiJL <j^~t V dl*f>3j oi?yyi (v^J^L 
1. £ r&J forte in loco ^^i. 



ver contre ceux qui renversent Ies droits dc Dieu. Et ta maniere a toi do 
ie retracter, de reparer ce que tu as fait, dc sanctificr ce que tu as profane, a 
etc de porter orgueilleuscment tes presents et d'etaler les vetements dont on 
t'avait revetu pour t'honorer. 

<c Ne sais-tu pas que nous sommes dans tin moment oil il ne convient 
pas d'amasscr dc Uargent, ni de se glorilier de ses vdtements? Ne sais-tu pas 
que Ton est dans la pire dos situations k cause du bouleversement des empires 
etdcs irruptions des cnvahissenrs 1 ? Mais tu vois que ta gloire s'est retournee 
contre toi, que ton triomphe est retombe sur ta tete, maintenant que tes fidules 
font breche a ta reputation, te jettent la pierre, et te lancent eette accusation : 
tu as vendu ta religion pour le monde 5 tu as dissipe ta croyancc, et grand 
bien te fasse ! 

« Resumons, maintenant, notre diseours; plions le rouleau de notre lettre, 
et disons de la part de tous les Peres orthodoxes et dc tous les saints supe- 
rieurs que tu n\is aucun partage avec nous, et que tu n'as ni ami ni parent 
dans TEglise du Christ. Que Dieu te rejouisse avec le patriarcat de Cons- 
tantinople, Tor de Cesar et ses presents, avec la generositc de Boran et 
son argent! Ta plaie ne sera point cicatrisee par des onguents terrestres ; 
tes maux ne seront pas adoucis par les simples des montagnes, ta maladie 
ne sera pas gueric par les metlccins de ce monde, et ta souilhire ne pourrait 
etre lavee par toutes les eaux de la mer. 



IIISTnlUK XKSTtMdHXM!. 27>(>) 

# jl"^ ^1L1^ JlLi <U viLkki *yj jAJj^ <J *^L?Vj <3 

««■ <JL5 <^ 3J ^a? JJLV' v^y^J J u fr^' ^ J 1 ' ^ ^ 

*L^>0 ^ jij JaJI <tUJI £±1^ ^ .^Ul J,tiJl jUVI J^i 

L^Z, V <u)j> Jvi'> A3 4jl p.Uj <...aJ j 4jVj C~»-ol ^cOj sli/>-l v r JlUj 

ol? ^ *iJ ^ A^dl jl p*5C>JI J ^9 (J • ^ 

p^^-J d)^-UI jJj J^L ^^Jl JJ JLLlJ A3 .<Co ^U-l v-^U)I 

Jjl jl^j . oUi^-lj t^^b cS- 5 ; ^ ^ — >• ^ 1 ^f- j ^A-*J1 ^j^l^ p-^J^ wjYI <^^-l p»* 

(( Ya plutdt trotivor le uiedeein celeste, dont tu as viole la foi , et que tu 
as rougi de confesser. x\paise-le par des lanncs eoutiunelles ; avoue en sa 
presence ta faille et ton peclie : peut-etre t'aecueillera-t-il et to relevera-t-il 
de ta chute. » 

Lorsque le doux Pere Mar Iso yalih eatliolicos (que Dieu sanctifie son 
ftme) recut cette lettre, il I'accueilUt comme 1111 homme pecheur et humilie; 
il n'en trouva pas les termes si durs, etant dictes par la justice, bien qu'ils 
eussenl trouble ses entrailles, consume sa conscience, et fail couler ses 
larmes. Et c'est anssi parce qu'il fit 1111 retour sur soi, et eomprit qu'il avait 
fait un faux pas dont il ne pouvait pas se relever. 11 s'appliqua la inaxime du 
sage, que le coup parte par Vami vaut mieux que le baiser de Vennemi. II vit 
aussi que le zele impetueux de Teveque etait anime par la religion de Dieu, 
et qu'il s'elait applique la parole du prophete David qui declare avoir fait 
aux rois des reprimandes en face, et ne les avoir pas flattes h cause de leur 
autorite 1 . 

Puis ce doux Pere envoya une bonne reponse k Barsaunia; il se montra 
calme, bienveillant et resigne. Apres les compliments, les vcoux, les expres- 
sions de respect, d'estime et dMminilite, il commen^a aiusi sa lettre : 

« -Vaime que tu saches, 6 homme admirable parmi les docteurs, que ta 

1. Ps. cxix, 46. 



[257] XCIY. — CE QUI EUT LIEU ENTRE BARSAUMA. 577 

U 41^ .^Lii Vj 
jlS |j| 5ji-VI w^-i .^UJIj o^ib ^-Jlj ^ J* ji^UI V3 jfeSVIj 



lettre pleino de sarcasmes ne m'a point irrite; quo tes images orageux no 
nVont point trouble; que tes fleclies empoisonnees ne m'ont ni blesse ni 
vexe, et que tes lances acerees ne m'ont pas attriste, parce que nous ne 
sommes pas de ces homines qui aiinent la gloire et les honneurs, qui cher- 
ehent la louange et Illustration, qui s'irritent contre les propos ofl'ensants 
et les cris injurieux. La colore des freres, quand elle vient de 1'airection, est 
plus douce que le rayon de miel qui serait donne par la haine, et plus 
agreable que le vin qui serait ofTert par Tinimitie. 

« Quant a nous, dans les choses que nous avons faites, nous n'avons 
agi que selon la parole du Livre que Dieu grand et puissant a fait descendre, 
a savoir, que le pretre fait toujour* ce quil jwje convenable et utile de [aire, et 
selon la parole de Paul, eet illustre et glorieux apotre, que Dieu ehoisit entre 
les Hebreux : Dieu, dit-il, ne nous a apprles que pour la paix, afin que nous la 
semions acce la chariie par mi les homines. Recherche, ajoute-t-il 7 la pai,i\ la 
simplicity Vamitie, la douceur, la bienveillance, Vamenite 1 . (Test le plus grand 
commandement qu'il fit k son fils Timothee, son grand et saint disciple. 
C'est pour cette raison que nous avons voulu semer la paix dans le coeur de 
tous les hommes. Sacbe qu'en tout cela nous n'avons pas etc sollicites par 
Tamour des presents, ni de Tor, ni de Targent, ni des perles, ni des vote- 
ments. Ccpendant, nous avouons notre peclie, nous confessons notre faille : 
notre nature, petrie de faiblesse, ne devait pas etrc exempte d'imperfections. 

1. I Tim., vi, 11, cite de memoire. 

PATR. OU. — T. XIII. — F. '1. 3S 



mn LUHTnilSK NISSTOHIKNNK. 12.™ | 

^.vj>-j ^j^Lrl .<wli»JI bA>c-rJL ^ti-^JI O^^^o "^ly^ ^ 

^ i* ijj-^ ^^ju! ^ (J U s^3Ci u ctLil is^^y?~ 

. 2*0. 5^ ^^Jb Cyij p^Li jl^ J-Ao- ipc*J ctAJI Ay 

^_lLl .JJJit jLlL aJjj viJjJL { J<£. 1 ( ^JU^j ,<LL* 1^1 ^)s\ ^li 

Ob t5*b pK) <jr^ LrO ^ £^ *^*\h* 

^L-wLw 1^1 (JJLLj»o ib^JI (j ^i^b ^ 0U» 0*^3 ^5->J\ t^^-Jl 
1. jJLsJ^. 



a FA maintenant, 6 (doctcur) unique, nous desirous et nous dcmandons 
h gcuoux humblement Tabsolution, dans la conviction ou je suis (toutes 
Ies fibres dc 111011 coeur en protestent) que tu n'as jamais doutd de mon 
urthodoxie, de I'iiitugritu de ma conscience, de ma droiturc, dc mon all'ran- 
chissement dc rhcresie. Je n'ai jamais confessc ni reconnu en Jesus-Christ 
autre chose que deux natures : la nature eternelle, et la nature nouvclle, 
et deux hypostases, unies, jointcs, egalcs, sans separation, sans confusion, 
sans changemcnt et sans corruption. 

a Je t'ai envoye une copie de la discussion qui cut lieu entre moi et leur 
patriarche ; expose-la sur le roc de ta foi, qui est, comrne je sais, iucbran- 
lable; porte-la* sur Tintegrite de ta conviction; pesc-la dans la balance 
de ton esprit; examine-la dans la bienveillance de ton jugement, afin que 
rna position soit bonne, que mon innocence eclate a tes yeux, et que tu 
saches que si j'ai dit la messe dans leurs eglises, je n'ai pas neanmoins violc 
ma lbi dans ma discussion avec eux. Si tu trouves ce que j'ai dit aussi stir 
que la lumiere du soleil, et aussi loyal que Tor pur, reconnais que je suis 
innocent de toute heresie, et ne revenons plus sur le passe. Si la raison 
que j'ai dite, et que j'ai clairement expliquee, est de nature h absoudre, 
absous-moi, et ecris de ta main, sur la copie de la controversy que la 
doctrine qu'elle contient est orthodoxe ct veritable; et scelle-la de ton 
sceau, alin dc Fopposcr tx autrui, a (juiconque n'a pas ta science ; pour que 

1. jJUaJj est sans doutc une fautc pour jIojJj. 



[250] XCIV. — CE QUI RUT LIEU KXTIIE BARSAUMA. 570 

j jV ^r** i ~Lrf' viLwl=*> Ij^s-l^ ^^^t^ 

jl V jl^ jlj .ctLfeA* J^Ct^j dJ-l=>-Lfl ^i^j dJ^l wjt^H 

uJ tj^3 ^k^*- 

.j-Ctlj 4JI .JlsLdlj ^jyjlj 'U^i-Vlj JUi^VIj cUaiJl (jJXUJJ 

JLkiL Lu^>- (j^^l ^L^lj ^Ij-flVl oIaaj jUc-jfc J^^3 j-^Cll -\jo 

C~ IjXL SJu ^l^j I^aSj cO^' crtr^ jj~r? 



lc groupe dc ccux qui comballenl mon ecrit marche sur les pas, suive ta 
voie, ct so modele sur ta croyance. El s'il no doit pas el re accepte, ni 
approuve, brule eel ccrit, ct jellcs-en les cendrcs anx vents impelueux et 
aux tempetes violentcs. *> 

Tellcs sont les paroles (paroles qui valent des perles) qu'ecrivit le 
saint catholieos, ce Pere pur et doux. Lorsque la lettre parvint au Pere 
eourroucc, cct homme d'unc haute erudition ctoufTa la flanimo do son 
ressentiment, apaisa le bouillonucment de sa colore, pour proclamer la bonle, 
la patience, la resignation, riiumilite, ^abnegation du catholicos. 11 lui 
ecrivit pour s'excuser. Une amitie sans troubles suivit ces nuages; Pagitation 
de la mer se calnia, les flots tumultueux s'apaiscreut, ot la paix s'etablit 
universellement par la bonte de Dieu et sa misericordc. 

Quand la trove fut conclue entre les Grecs et les Perscs, des divisions 
eclaterent parmi les Perscs*. Piroz, general des amices pcrsancs, trahit 
Boran ct Pctrangla; son regne a\ r ait dure seize mois. Alors les armecs se 
mirent en disaccord : cellcs qui etaicnt en Khorasan rcconnurenl comme roi 
un enfant de la famillc royale, nomine Mcharkosrau ; celles qui se trouvaient 
a Seleucie proclanierent Arzemidokht 2 , fille dc Sirin, la femme delvosrau; et 

1. Sur la lin de Tempire Sassanide et l'apparilion des Arabes voir encore : Un 1111090 
testo sir., p. 20; Barhebr., Chron. Syr. P p. 94 et sq., et Chron. arab. y p. 172 et stiiv. ; 
Michel le Syrien, t. II, p. 410, 417-418, 423-424; Hist, du Das-Emp., LVI1, § XLII. — 
2. Barbebrams, dans sa Chron. Syr. (ed. Bedjan, p. 100), ecrit boo^jj « Zadimi- 
dokht »; et dans sa Chron. Arabe, ed. Salhani. p. 172 : C^^-V^j! « Azarmi- 
dokht ». Cf. Klie de Nisibe, apud Barliebr.. Chron. Eccles., co\. 12^ , n° 1 ; Zarimandokht 
chez Miehel le Syrien, lor. cit. 



;.«o lllSTOiltli NICS'ruHIKXXH. [2C»o] 

a*J^ J*^\ u'c/r ^ o^^\ 

J-^-j . jLl^ ^ilU ^aJI ^^wJI JcJj . c^fcSj ^x- c-U— j c^-*~oV c-*^ 

i*>b 1^1 ^Ul JtUi ,£U (L*i- dUi ^ viX^ JLr^' 

V ^JI 3WS ^>JI ^' jUU ^ J' MjU- jl J ^13 lyOj U* 

dlU ^ i^UJI tJl j r l>Jl Ijtalj jl^sjl ^1 dUUj .^XlDI ly^i 

l. uu. 



cellos qui etaieut k Istakhr ct dans les regions de Perse uommerent Yazd- 
gcrd ' lils de Saliryar, fds de Ivosrau, fils de llormizd. Les dissensions 
s'aggravcrent el la guerre civile eclata. Arzemidoklit put regner un an, puis 
cllc cut les yeux creves et Tut inassaeree. On tua aussi P enfant qui regnait 
en Khorasau. Yazdgerd fut seul le maitrc de Pempire ; tous les Perses 
Pagreerent; ils lui firent quitter Istakhr, et le presentment k Seleucic, ou il 
s'etablit. 

Eu cc temps apparut dans le ciel, du midi au nord, quelque'cliose comme 
une lance, qui s'etendit bientot vers Torient ct Poecident, et on put la voir 
ainsi trcnte-cinq nuits. Les hommcs regarderent cela comme un presage de 
Papparition du regno des Arabes 2 . 

Puis Yazdgcrd fit des largesses aux armces, au moment d'eutrcr en 
campagne contre les Arabes. Les Perses etaicnt persuades que les Arabes 
devaient triompher jusqu'i ce qu'ils seraient* arrives aux rives du Tigre et 
de PEuphrate, et qiPune fois arrives la, ils seraient vaiucus, et s'en retour- 
neraieut en deronte. Confiants dans cette idee, ils negligerent de les com- 
battre jusqu'i cc qu'ils fussent arrives a Hira. La etaieut deux generaux 
persans; ils combattircnt les Arabes, et furent tues tous les deux. Los Arabes 
s'emparerent du paj T s et commencerent a recucillir les impots en la cinqui6me 
annt5e du regne de Yazdgcrd k Seleucic. II y avait dix-huit mois qiPil se 



1. Tabari, p. 397, n° 3 et5; Un nuovo lento, loc. cit. — 2. Ci'. t'firon. Syr.* loc. cit. 



[261] XCIV. — CE QUI RUT LIRU ENTRR BARSAIBIA. 581 

^jyJl I>L^ls J^»*l»J1 v^i^b br* ^MjuJI <d jl^ .^1.uJl ^f>-^ 

<j>cis .JL*JI -uJj ^-v^j is^Vjl w> ^JLc Aj^wUI oJI ^3 ^j-* 

ja\ . \J&> jAxT 1%J <CjAaJI s_j^iJl U-j (_J 



trouvait reuni dans cette ville avec Mar Isoyahb Ie catholicos. Les Arabes le 
cernerent; ses soldats se disperserent en fuyant ; la plupart d'entrc eux 
furent tues. L'empire lui cchappa. II s'enfuit de S6leucie avec ses enfants et 
ses femmes en la septicme annee de son regne qui est la dix-neuvieme annee 
des Arabes 1 , et se dirigea vers la inontagne. Les Arabes Ie poursuivirent 
apres avoir pille le palais du roi et s'etre emparcs de tout ce qui s'y trouvait. 

Lorsque Yazdgerd arriva k Djaloula, Sa'd ben Abi Waqq&s le rejoignit 
et lui livra bataille. Yazdgerd fut mis en deroute; un grand nombre de 
Perses perirent; de toute Tarmee une poignee d'hommes se sauva avec le 
roi. Les Arabes qui Tavaient devancc jusqu'a Xehawend rattaqucrcnt encore, 
et il fut oblige de prendre la fuite; il se dirigea vers le Khorasan et atteignit 
Menv. il tenta desesperement de reunir des soldats et de 1'argent, niais 
ne put reussir. Les Arabes, qui le poursuivaient jusqu'en Khorasan, atta- 
querent Merw. Yazdgerd, n'ayant pu senfuir, se cacha dans un moulin 
situe pres de la ville, ou il fut deeouvert et massacre. L'empire des Perses 
prit ainsi fin ; il avait dure 385 ans 2 . 

Les pays furent bouleverses par la venue des Arabes pendant cinq ans, 
par des maux ininterrompus et des epreuves continuelles ; et cela dura 
jusqu'a ce que leur regne s'affermit avec solidite. lis demauderent aux 

1. Yazdgerd regna le 10 juin 632. Sa septieme annee eommencait done le 1G juin 
638 de notre ere; Fan dix-neuvieme des Arabes commcngait en 630. — 2. Barhebrams 
[loc. cit. } p. 102) le fait durer de 227 a 645, a savoir 418 ans; el'. Amr, p. 54. Mari Ie 
fait durer 480 ans; Michel le Syrien, loc. cit., p. 424, 418 ans. 



-.sj MIST* Hll.fi XKST* HtlKN-XK. 2(12] 

JL*i Z*jjt!) ^\ Uj5U i^JL iJiJJI Jul I^Jllai ^ f l£j 

J f^Li . jjjl iilJ *aASj O^r** OLr^* cT^^y \rf f .^--uJI ^Jl 

1. In margine : Jis 1 deindc graphio : J, SjjOj UU.^! ^ jjJsl 

^►J' U*j j^UjLj tjuiU. — 2. JyCvl ex pojiro/ <7/o)^. — 3, &ibLJf T JiiJI ex Pls&oo doctor. 
— A. ex w^o doininus nieus. — ex |p<wii monaslcriuni. 



cliretiens et mix J uifs lours sujets Ic payemcnt <lc la capitation * ils la payerent. 
Les Arabes les traiterent avec bonte; la prosperite regua par la grftee de 
Dicu (qn'11 suit exalte I) et les coeurs des cliretiens se rejouissaiunt de la 
domination des Arabes : que Dieu FaHei-misse et la fasse triompher! 

XCV. EviiNKMKNTS QUI KV UK NT JJKV l»U TKMI'S 1)E Ma.11 IsoYviUI GuALAVA. 

[IIlSTOlHE DE RviiliAN QrivlIAM \] \ 

Ce Saint otait Tun des compagnons dc Iso'yalib dans Teeolc ilc Nisibe; il 
etait de la elasse des iloeleurs et Tun de ccux qui quitterent l'ccole lors du 
sehisme de Ilnana le docteur clout nous avons parle plus liaut 2 . II se relira 
aupres de Mar liabai 3 dans son grand convent, et il vucut en solitaire dans 
une grotte, jusqu'a ec qu'il atteignit la vicillesse. 11 se rendit avec Habai de 
Nisibc a Jerusalem. Puis il fut contraint par Cyriaque (QmtridqoMs), metropo- 
litan! de Nisibe, d'accepter le siege episcopal d'Arzoun; mais il n'occupa ce 

1. En marge : « llistoirc d un personnagc dont le copiste a neglige d'ecrirc le nom. » 
II s'agit sans doute de Rah ban Oukhama, J'ondatcur ou plulot restaurateur du convent 
dc Kamoul, dans la region de Qardou, appchV aussi Bcith ZabdaT {voir Mari, p. 25; 
Le Livrc de la Chastete, n os 14, 25 el HO; Thomas de Marga, lib. I, c. 14; Seller, Ana- 
lyse de rilistoire de IL Bar fulta, c. XXI II). Toutefois Amr ^p. 55) (lit que son con- 
vent se trouvait dans la region dc 'Amadiya; mais cet aulcur a sans doulc eoul'ondu le 
village de Kamoul avec le village de Koum ou Koumanc, qui se Irouve tout pres dc 
'Amadiya. — 2. Vnir n° LXX1V. — 3. De Nisibc? 



[263] XCVl. — HISTOIUE DE RABBAN SABK1SO'. 583 

^j-j-jl jU -LJr Hs-j> ijU. ^=sj <C~ «TjS ^* .^jL* tX 

%r3» ^CJI 3f>$ t^jlu lj> .^5^5 \J*J\ Jj-*^ y JLi ^ ^ ^o^^i 

®*<\jLs> <AJI 1^5 ^a)I ^Jl J 

i. ^tp^n ~ j-j-C-H ex i-iaj ccllula. — 2. In marg. graphio : ^ JUs )j*$> Ul 
(jl£>o3 pT^Jj ^i^Jj £oU*Jl — 3. ex magister noster. 

siege que pendant trois ans, au bout desquels, cass<5 de vieillesse et de 
faiblesse, il se retira dans la grotte de Jean (Youhanna) disciple de Mar Awgen, 
press d'un village appele Kamoul, dans la region de Qardou, pour y vivrc 
dans la solitude. Les gens, qui apprirent bientdt son genre de vie, se rendirent 
aupres de lui, et batirent autour de lui des cellules on ils habiterent. 
Grace aux sccours de quelques habitauts de la villc de Thmanoun, il batit un 
couvent sur 1 'emplacement de la grotte de Jean. Durant trente ans, il fit des 
miracles ; il mournt a Y&go de soixante-quinze ans, et il fut inhume dans le 
couvent qu'il avait bati . Que Dieu, grace a ses prieres, se souvienne de nous. 

XGV1. HlSTOlRE DE RaBBAN SaBIUSO*, FONDATEUR 

DU COUVENT DE BeITH QdQA * . 

A cette epoque appartient Mar Sabriso', cet honime vertueux, disciple 

1. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 59. La biographie de ce saint nestorien a etc 
redigec par SabriSiV Rostam voir Thomas dc Marga, lib. II, c. 17); 1'histoire de son 
couvent a ete ecrite en vers par Gabriel Qamsa de Mossoul, ct par un auteur ano- 
nyme. Cc dernier texte a ete edite par Mingana : M&iha-zkha, Mossoul, p. 171-220; 
cf. Scher, Analyse de UHistoire du couvent de Sabriso ' de Beith Qoqa, dans Revue 
de V Orient Chretien). Asscmani, B. 0. 7 Ill, n, p. 742 et 877 (cf. Barhebr., Chron. 
Eccles.y II, 6d. Abbcloos et Lamy, col. 410, n. 2), semble confondre le couvent d'Eze- 
chicl de Daqoq et celui de 'Aba Sappira (j^a* u*) avec lc couvent de Beith Qoqa. 
Daqoq, en syriaque ^a^» ou ^>», qn'on appelle maintenant Tavvonkh, se trouve en 
Beith Garmai, a neuf lieures au sud de Kerkuk (voir sur ce couvent Le Livre de la 
Chastetc\ n° 85. ou il est dit que son fondateur etait disciple dc Mar Awgen; tandis 
que Thomas de Marga, lib. I, c. 31, dit de lui qu'il etait le disciple de Rabban Khou- 
dahwi, mentionne ci-dessous, n° XCVI11). Le couvent de Beith Qoqa se trouvait en 
Adiabene; on en trouve encore les mines tout pres du Grand Zab, a sept lieures a 



J 



:M iriSTniltK NKSTOIIIKNXK, [Mi 

v^Ljij ^ y* Aj^Lj C"^^ m^- p>* . 4J — . J^JLc j Li Ai ^ Ali 

^Ul <JI jLjj 0 Uii .dLtAJ ^jVI bAA J^>- jS Jl*T <Jl)l .^UJ 

. iyi^^aT} <u*J1 **Sly» . O^j^ ^-j^ JLiliJl Iaa 

1, cx i^-pcu ivaywpTQT^c — 2. ex i^o; opus. — 3. iJjS m 

de saint IstVbarnon \ gouverneur do Mossoul 2 , que Kosrau, fl Is do Ilormizd, 
mit ft mort h cause de sa foi chretienne. II demeura en Adiabene avcc mi 
certain anachorcte, dout il imita les omvres pendant douze ans. II enten- 
dit alors une voix celeste qui 1'appelaiL en lui disant : « Sabrisd 1 , inontre-toi 
aux hommes; car Dieu le Tres-llaut fa donne cette terre pour que tu la 
foules do tes pieds. » II obeit; c'est alors que les homines accouraient de 
toutes parts lc voir; cl parini eux vint Isoyahb fils de Bastohmagh, me- 
tropolitain de Mossoul, et le futur eatholicos, pour rccevoir sa benediction. 

Cet homine vertueux batit des cellules pour des moines qui vinrent le 
trouver. 11 fut tres habile dans la lecture ct le eommentaire des livres 
ecclesiastiques. II y avait, pros de la grotte qu'il habitait, un [aneien] rao- 
nastere; c'est la qu'il fit son convent. 11 agit selon les conseils de Mar Abra- 
ham qui disait : « Si tu t'oeeupes des interets de Dieu, tu seras degage de 
tout ce qui te prcoccupe; si an contraire tu t'oecupes de tes propres interets, 
tu seras accablc de fatigues, et tu t'abaisscras mcme de deux famous : en ne 
travaillant pas a ta perfection, et en ne remettaut point toutes choses entre 
les mains de Celui qui les dirige. » Par une grAec divine, il pourvoyait aux 
nccessites absorbantes et materielles de son convent, sans que Ton vifc dans sa 
cellule autre ebose (prune cruche d'eau, et une ecuelle de feuilles de 
palmier enduite de poix, pour y mettre du vinaigre. 

Touest d'Arbule. Enfin le convent do 'Aba Sappira se trouvait en Beitli Nouhadra (voir 
Le Livre de la Chastete, n° 20;. — 1. Je n'ai Irouvc aucun renseigncmcnt sur ce per- 
sonnage dans les autres annalistes. — 2. Alors Ninivc. 



303. 



]203] XCVt. — IliSTOtUR DR ItABBAN SABRISO'. r>85 

£^JI J jl^ ^^3 Ua>j *L 5sj^>- ^ AaJI 1 dJ^i d!L& 

Ls> J ^r*^ £^ Jj-^J^ (3 *— ' J*^ . ^ S-X« 4j« 

<wiJI j-*wJIj 4JL^JI ^UVI ^ (*t~^ ^ I .^r? 1 ^ • p**^*^ ^ 

jLJl ^* £ ^r^ 0 * c5J^ *^ Jj^jJl As 

L ojTjLi. — 2. s-^. — 3. ^'jU* ex uj*^ dominicus. 



Quand les Arabes se repandirent dans les pays, envahissant les bour- 
gades, ils approcherent de son convent; le Saint rcunit ses enfants dans 
une eglise voisine do son convent, et il resta avec cnx; il enjoignit alors 
aux habitants du village, qui aceouraient autour de lui dans Teglise, de 
ne pas se soumettre aux Arabes. La place fut assiegee, et ceux qui etaient 
dans Teglise ne purent sortir pour chercber dc Teau ; et il n'y avait pas 
Ik de puits. Le Saint benit une cruche d'eau qui se trouvait la, et il en 
abreuva tous les assieges qui etaient avec lui, pendant le sejour les Arabes 
dans ce lieu. Ceux-ci s'acharnerent a vouloir penetrer dans Teglise, qui 
pourtant if avait que de faibles murailles, sans y reussir. lis s'etonnerent 
alors que cela leur fut impossible, a enx qui avaient su venir a bout des 
places les plus inabordables et des villes que leurs remparts rendaient inac- 
cessibles. Un de leurs chefs leur conscilla d'abandonner la place : cc II 
doit s'y trouver, leur dit-il, un moine vertueux, qui nous empechc d'y 
entrer; car chaque fois que nous langons une fleche, je vois quelque chose 
comme un trait de feu en sortir, repousser la fleche et la faire reculer. j> 
Ayant entendu ces paroles, ils quitterent Teglise. 

Puis saint Sabriso* mourut le premier diinanche du caremeV Que ses 
prieres soient avec nous. 

1. Vers 650 (voir notre Analyse de Vllisloire du convent de Sabriso' de Deith 
Qoqa, p. G, n. 4). 



IIISTOIItH NliSTnillKNNK. m\) 

^Jl lA^ls ^y^3 .\^} Li-w dUJl <Ut JL IjJI J dliCjU' A5 

A>jj I AX ^ <Updi . ^ ^iJl ^j3\ ^y* J^izJI <J ^lij Ux ^« v_>Vl 

t£ ^ J* **. a^jj ^ ^ ^j>c*3 . <Ce J^JI ^Jaj <,l>- j Ale LaJ^ 

u csy^y^ L/y^j ^V^j "'K? ^ ^^H' ^ ^ f* 

1. — 2. — 3. j--^-^' ex Jti| jacuil. — 4. ^j^s^'. — 5. ^_£>. 



XCV1I. IllSTOiniC DE M.VH 'AllDA IMLS L)K ILvNlF \ 

Cc fut fi eclte upoquc que ce Saint fut elu; il ctnit originaire do Ilira; 
il n'elait pas moiiic; il n'avait momc jamais songc h Tctre ; mais Dicu le 
choisit commc David fils d'Isai, Jeremic ct Kvagrius (Ouryhis). L'ange dc 
Dicu lui apparut trois fois ct lui ordonna dc sc fairo moinc; il scrvit alors 
Mar *Ahda, le fondateur du convent dc Gamre L \ 

II avait coiiqu nn doiUc sur sa vision; mais 1'angc tira l'epec pour lc 
frappcr. C'est alors qu'il partit pour sc rendre auprcs du pere Mar 'Abda 3 . 
Aeeablc dc fatigue, il s'endormit cn chemin, dans le voisinagc d'uno foret. 
Mar *Abda lc rencontra alors, ct apcrgul un lion vcillant a ses picds, ct 
ceartant dc lui les moustiqucs. II fut cmcrveillc dc cc spectacle; il lc rcvcilla 
et lc conduisit auprcs de saint Babai; cc Saint changea son noui ainsi que 
lui avait ordonne l'ange qui lui avait revclc son avenir. II nc cessa de servir 
Mar BabaT ct Mar 'Abda jusqu'a leur mort. 

Puis Abraham dc Hira V, Mar Youhanna 5 , Gregoire (Dj rig hour) , Gabriel 
(Djihrdil), Marc (Marqous) ct Khoudahwi ayant entendu parlcr dc lui, 

1. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 77. — 2. On plutut de M'arre (voir ci-desyous, 
p. 501; cf. ci-dessus, p. 550). — 3. Voir ci-dessus, n° X(^t. — 4. On pourrail encore lire 
^y^l « d'Adiabcnc «. — 5. Lecture conjectural^ ; voir toutcl'ois ci-dossous, p. 500. — 
0. Sur Khoudahwi voir ei-dessous, n° XCVU1. 



[261] XCVTI. — IITSTOIRE DB MAR 'ADDA FIKS DR HANI P. 587 

viUJI ^Ijj VU-l 

^wJi ijjb j-**^ ^ l? y^* <y j 0^3 .jiC^ii 

>U^jj ^X-wL £ Laa^I c j- r -ft > lj -^jj j-^l 1 

Ixili ^^^j ^ot^ Cwj-« *1 jlj d!}UI <d ^ -(jy^ i ^ pr 1 " ^Isls .L^A^t) 

(j*^ Aljlfrj <J*-~l ^J^\ ^ •LrH 5 " ^^3 *?Lo * P 

^ flslj Aw pJV^ 1-^ ^ ^Ij Lis ^ O^r^ ^ CT^^ ^ 

^LpIj .oul^^JI (j J^i-dlj JU-j Jfr 4JJI i^Lc ^1 ^*JI Jj&I IalI ^ 



30G. 



allerent le voir et habiterent avec lui; il fut pour eux comme MoTse fut 
pour Aaron. Us so nourrissaient tons dans ce desert de moellc dc palmier et 
dc noyaux de dattes. II apprit, par une revelation, la construction du cou- 
vent de Beith Hale; il vit Tange tracer remplacement du temple; il en fit 
part aux freres ct exhorta Rabban Khoudahwi a bfttir le convent, en lui 
revclant que e'etait a lui qu'il etait reserve de le fonder. II avait Fhabitude 
de parcourir sans cesse le desert 011 il habitait. Une fois qu'il traversait 
le pays, il arriva pros de la terrc de Phiram, appelee maintenant 'Ai'n 
en-Namir; il trouva deux moines : Tun s'appelait Qamiso', et F autre Basile 
(ildsilis), avec un homme qui les servait; il rcsta chez eux trois ans. L'ange 
lui apparut alors, et lui montra une place propicc^a la construction d'un 
couvent. 11 sc mit a batir et nomma cc convent : convent de Gamre, parce 
qu'il etait prcs d'un fleuve appele Gamr6. II fut aide dans son projet par Qais 
de Hira. Mar Abraham vint du couvent de M'arre et Taida dans la construc- 
tion du couvent jusqu'a son achevement. Mar Wbda s'} T etablit; et les 
moines vinrent de toutes parts se grouper autour de lui. Voyant leur nom- 
bre considerable, il s'eloigna ct se relira dans une grotte, ou il vecut long- 
temps dans la solitude. 

Puis il commcnga a appeler les habitants de 'Ain en-Namir an culte du 
Dieu grand et puissant, et a la religion chretienne. lis tiraient leur origine 



hHH IIISTniKK NKS'ro.KIKNNK, L 2f|8 

bj>^>o 4J1 Uii .|*aaJx. 4)1 ^Jb a^I ^j>o w jl^ ^U' 4)1 

. Mr. ^jj ^ cj^J] Ia* ^1 j^l 1 ibllJ! ^y. 

.jL^I Ji« j^^rk ur^^ u"^ csUj -Si y> 
l^-jj UL>- ^ILi Ol dUs I^jl? ^1x1 <j 3>UI dUr Jj>\ ^y*^ ^ 

1. ja* 

ilcs caplifs que les Horses avaicut emineues d<* Khorasan. lis adoraieal les 
paljiiiers, les arbrcs, Ics idoles, el quclqucs figure's ayant la forme d'humnies. 
Lour plus grande idole 6tait une chose qiron appclait Nahrdan, qui ctait 
servie par des prelres dont le chel' s'appclait Marzoq. lis u T 6cout6rcMt pas 
les exhortations du Saint. 11 ny en avait pas un parrai eux qui pfit sup- 
porter que Ton pronongat le noui do Dieu Tres-Ilaut devant lui, et porsonnc 
n'osait prononccr le norn dc Dieu en leur presence. Lorsquc Dieu, dans 
sa bonle et sa miserieorde, voulut les sauver el les tirer dc leur egarcment, 
il advint que le His de la soeur do leur chef tomba malade, et allait mourir, 
frappe par un esprit impur. Son onelc, le chef, le porta k Mar 'Abda; ear 
il avail deja eu connaissance de scs ceuvrcs. Le Saint pria sur lui, I'oignit 
avee IMiuilc de benddiction. Le demon qui Ic tourmentait sortit dc lui. Dieu 
ouvrit a Marzoq les yeux de Tesprit, eommc h Cornelius; il se fit baptiscr 
avee toute sa famille. Et Ton vil les demons s'cnvoler au-dessus d T eux com me 
des corbeaux. 

Puis les habitants de la region furent alteints dc Tenflure du corps; ils 
vinrcnt lui exposer leurs inalheurs. 11 leur fit boirc du lmana 1 ; il fit sur 
la fontaine le signe de la eroix, et leur ordonna d y boire : ils furent tous 
gueris. 11 pria encore Dicn pour eux; alors Ics arbrcs qu'ils adoraicnt uiou- 
rurcnt; on vit les demons en sortir et s'cnvoler dans les airs, et Ton enten- 
dit leurs imprecations contrc le Saint. U baptisa ensuite tous les habitants. 
Le chef eonslruisil des egliscs, brisa les idoles et detruisit leurs temples. 

1. Sur la signification du inot hnana voir ci-dessus, p. 449, n. 3. 



269] XCVII. — I11ST0IRR DE MAIl ABDA FILS DE HANIF. 589 

JL-jU * 00. (J (j)^*)! ^ <UI ^J^dj 

1. w^oJU' ex jNi^citi ministorium, recitatio ofTicii liturgici. — 2. ^L*JI ex ^ooxo 
completorium. 



'Obeid Allah ben Ziad, emir do r i lraq, fat attaint d'un mal an pied qui 
Fompccliait do poser ee pied a ierre. II cnvoya quelqu'un aupres du Saint 
pour demandcr sa priere; eelui-ci lui lit remettrc son baton par le messagcr, 
en disant : « Quand il s'appuiera sur ce baton, il sera gueri. » II en fut 
cu in me le Saint F avait annonce, et Femir guerit aussitot. 

On raconte de lui cette jolie anecdote : il avait remis a Habban Khou- 
dahwi deux noyaux, de ceux dont les anaehoretes se nourrissaient dans le 
desert. Aussitot qu'on les cut mis dans la bouche d'un enfant agonisant, il 
fut gueri. 

Ce Saint vecut jusqu'aux derniors jours de MoYiwya 1 . II mourut dans 
sa grotte sans etre frappe d'une maladie partieuliere. Les moines le trans- 
porterent au couvent et Finhumerent dans le lieu 011 ils recitaient les com- 
plies dans la saison d'ete ; il etait age de pres de cent ans. 

*Obeid Allah ben Zi&d, ayant appris sa mort, visita son tombean pour 
remercicr Dieu qui lui avait rendu ses pieds par la priere du Saint; et il fit 
aux moines de grandes largesses. Que ses prieres soient avce nous. Ainen. 



1. Ce calife regna de 662 a 680. 



mi ItlSTOlUK NKSTOIUKN.NK. [27(1] 

V <J yUj YUl ^ J jl<JI ll>^ ^ 3 Ijl* ^ ^ & JLOM J dlUI 

j Li ^l^p-l oI> ^c_^l UAi .4)1 ^ iL-, ^5 A5 l*G ^ ^yfcU^id ^rj/w" 

\JLi\jj ^.T^JI <JJl" cij A^li . jjl^ b^JI <\Jy fj^Ji Lfclj jjXj j\ 
• 1- ^r* vj- — oellula. 

XCVIII. lIlSTOIItR DE M'AlHUN KuOUfl.VUWI FONDATEUI 

DXJ COUVEXT DK liEITil II.VLK 1 . 

Co Saint appartient a erttc opoquc; il etait originaire cle MaYsan; il lit 
scs etudes dans Tecole do son pays. 11 apprit la medecine sous la dirocliou 
lie son uncle. Lc gouverneur dc la ville voulut rinscrire parmi ceux qui 
dovaient payer la capitation; mais 1'ange Tapostropha pendant la nuit an nom 
tie Mar Babai, do Mar \Abda et do Mar Jean qui habitaient le desert de 
Bcilh Hale, et lui dit : cc iValtaque pas Klioudalnvi fils de Tar, car nous 
Tavons rapproehe de Dicu. » Lc matin a son reveil, il raconta ;\ scs freres 
cc qn'il avait vu, et il cessa d'inquiclcr lvlioudahwi. 

Puis Khoudabwi se rcntlit aupres dc Habban Sabor 2 , fondatenr du cou- 
vent de Souster {Tester) qui le regut ct lc fit inoiue dans son couvcnt; il veeul 
cn solitaire dans une cellule, s'abstenant de tous les plaisirs. 

Apres la niort de Rabbun Sabor, Khoudaliwi vi t en songc Mar Babai et 
scs compagnons, qui lui disaieni : « Si tu veux ctre moine, va au desert 
dc [lira, et demeures-y. » 11 s'y re ml it aussitot aceompague tic Aba Yaz 
dad 3 , son coiupatriote. Ghcmin faisant, ils entrerent dans un convent connu 

L Cf. Le Lip re de la Chaste to, n° 79. — 2. Voir sur ce porsonuagc Le Livre de la 
Chastete, n° 55. — 3. Get Aha Yazdad ne serai t-il pas Aha Yazitlad, autpicl Kbtnijosiu 
de Nisibe (apud Assem., />. 0. } 111, i, p. 220 attrihue un livre de Morceau.v c/toisis et 
tni*Assemani identitie avce Yazidad, un ties eompaguons de Narsa'i? 



[271] XCVIII. — 11ISTOIRK DK RABBAN KlIOUDAlIWt. 591 

l*Voi C?J ^^3J £^ Li^ (3 .OA* JaI ^ ^-al^ w»Vl * p. 310. 

Ia^ ^ ^1 ^ J 1 * ^ .vilU^I ^ ^ C >J1 ^ viUVI 

-wy^i Jy%rr$ Lr*f^ ^ o~? J J ^ ^r^' p^Lb 

SjyUj ^Az Cjj tS^I L^-3 UyA« *i jl^ ^aJI ^-tfyJ! <y> ~c^' 
1. 3|^j> vel *\}j> t . 



sous le nom de Loudj, ou dcmeurait Rabban Barsahdc Termile 1 . Us lc sa- 
luerent. Une revelation lui decouvrit pendant la nuit la future condition 
des deux voyageurs. 11 prit de l'huilc et la versa sur la tetc de Rabban 
Ivhoiidalnvi en lui disant : a Dieu t 1 a etabli chef de tes frcres; e'est pourquoi 
Dieu ton Dieu t'a oint d'une huile de joie par-dessus tes semblables 2 . » 
Puis il Temmena au desert de M'arre ou babitaient Mar 'Abda ben llanif, 
Abraham de Hira, qui devint ensuite superieur du convent de Gamrc, 
Gregoire, Gabriel et Marc 3 . Ivhoudalnvi et son compagnon habiterent avec 
cnx, se nonrrissant comrae eux de plantcs ct de racines sauvages ct quel- 
quefois de pain sec quand ils avaient pu en avoir, lis construisirent un 
temple dans cc desert et y consacrerent un autel, et ee lien fut appele 
couvent de M'arre. lis y transport^renl les restcs de Mar 'Abda TAncicy, 
do l'endroit ou ils etaient inhumes; et sur lc conseil dc Sabriso' et de 
Mar 'Abda ils choisircnt Rabban Khoudaliwi pour leur chef. 

Lcs jours des dimanches ct des fetes, tous ces Saints venaicnt au cou- 
vent et suivaicnt les regies que Rabban Khoudaliwi avait ctablies. Ricntot 
aprcs lcs moines vinrent de toutes parts sc grouper autour de lui. Sa vie 
dura nt il ne monta jamais a clieval ou sur une bete de sommc, ct depuis 
qu'il sc fit moinc ses mains ne tonchorent jamais a Tor ni a Targent. Son 

1. Ce serait Barsahde le 1'ondateur du convent de Baroqa (voir Le Livrc de la 
Chastete, n u 78). — 2. Ps. xlv, 8. — 3. Cf. ci-dessus, p. 580. 



sua UtSTOlHK NliSTOItlKNNIi. [272 

JUi .JUKI dbt "Jju-iJI ^ 31 VUL ^ J \+f j* ^3 

J dbl ; gy^y- ^ri^ JU ^Lrl a*,^ .jL^JJ jl^CJI Iaa J j^C*- Sy^M) 
.f^s Jl> ^3 YUL J1 J piy jUJI <oL>.j ^, f /J1 

. JKL^V ijl d)>U ^Jj f .(X^ <UI jU •GJL p<l ci5 

OyuJZ} U>**-^ J^**-^ 0^ -r=^ f 

1. — 2. In marg. graphic* : ^sJ^JU . '^j^ H\ Ju)* ^A&s-^ ^.^j -.^ 



corps, par relict de la clialour et du froid, rcsscmblatt ft du bois brftle. 

Dejft dcs voix s'etnbmt Tail entendre a Mar 'Abda, lors dc sa peregri- 
nation dans le desert de Beith Male; il entendait dcs hommcs reciter Tollice 
toute la unit; il avait dit aux frercs : a 11 y aura dans cct endroit unc con- 
gregation de monies. » Quclquc temps apres, il avait dit ft Habban Klioudalnvi : 
« Jo t'ai vu en songc avec Mar Babai et unc foule dc moincs; ct vous me 
disicz : Nous irons a Beith Hale ct nous y bfttirons un couvent. Com- 
mence/ a batir, vous disais-jc, Dieu vous aidcra. Jc vis ensuitc Tange du 
Seigneur mesurcr sur lc sol rcmplacement d'un trmple. » II ne cessait dc 
Texhortcr ft batir un monastere et lui disait : « Cet endroit est reserve pour 
y bfttir un couvent ou Dieu sera glorifie. » 

Mar l Abda avait eu un autre songc : Simon-Pierre, Simeon BarSabba'e 
ct Simeon le Stylite disaient a Rabban Klioudalnvi : « Commence ft bfttir, 
nous t'aiderons. » Rabban Klioudalnvi fut in forme dc cette vision; ct quand 
Sabriso', eveque de Hira 1 et les notables dc ce pays eurcnt connaissance dc 
tout ccla, ils l'aiderent de leurs deniers, ct construisircnt lc couvent, quo 
F eveque eonsacra. Quclque temps apres, le catholicos Georges 2 vint visiter 
le couvent, ct en raj cu nit la construction. Les moincs s'y reunirent nombrcux, 
coramc au desert de FEgypte. 

1. Mentionno dans PAnon.ymn <lo 1 1 nidi : Cn m(Q\>o testo..., p. 30; el', ci-dessus, 
p. 54S. — 2. Co patriarelie regna de a G80. 



,2731 XCVIIJ. — IIISTOIKE DE H ABB AN KIIOUDAtlWI. r>i« 

^ULdl) ^jtll ^?jLL«j L — II VI ^ (^jj^lijJ^ j 

O Co I j ^ V " jj ^ ^ Asj .jL?CJI \X& ^1 oj-^j^ Ys 

®J^UI (J ^jtJaJI p^S^Jj Ssj-U^s J^-iJI f^fll ^r^" 

<uJI ^Jlt ^* ^^r 5 ^^ t llJ\ ^p-^-^J ^f>i bXo Joo jl^ UJj 

aJI*s Uj dJUi pXli . a «U-i)lj jl — cL)l ''^ j I <uU jLilj bL-p ^r^oj ^ 

1. — 2. Uj-a. — 3. Ly. — 4. tn margine graphio : . — sjL.1 

^Is^'t J^j ^^-Lr^ ^/ w j ^ ~ v,x ?* — o.^oia ordinavit. — 0. In marg. graphio : 

^ % ^ ^UU 



P. 313. 



Puis Rabban Khoudalnvi entendit un jour une voix celeste qui lui disait, 
eomme elle avait dej& dit au Pore Arsene, de quitter le couvent et d'aller 
habiter le desert. II ob^it et demeura dans un endroit qui etait a sept para- 
sanges du couvent. De temps en temps los moiiies allaient le visiter pour 
recevoir sa benediction. Un jour, on apporta de plusieurs pays des malades 
au couvent. Le Saint le sut aussit6t; il rctourna au couvent et ordouna 
de les amener. II donna alors du hnana 1 a son disciple Mar Babai 2 en 
lc priant de leur en faire boire. Quand ils en eurent bu, Rabban Khou- 
dahwi dit k son disciple : « Dieu a aeeorde la guerison a la plupart de ees 
malades, et ils ne reviendront plus ici. Mais il en reste quelques-uns qui 
n'ont pas etc gueris; car j'ai vu conime une main legere se mouvoir au- 
dessus de ceux qui obtenaient la guerison. » Dans ectte circonstance, il 
rappelle Thistoire d'Antoine, qui eonniit Tarrivee des voyagenrs qui sout- 
fraient de la soif sur le chemin. 

Quelque temps apres, Rabban Khoudahwi, lesyeux pleins delarmes, revela 
h Sergius (Sardjis) eveque de Hira 3 que des catamites devaient fondre sur YK- 
glisc; et il lui conseilla d'ordonner des pretres et des diacres. Cette prediction 
s'accomplit par la persecution d'El-Hajjaj. Que Dieu lui donne sa retribution. 



1. Sur la signification du mot hnana, voir ci-dessus, p. 449, n. 3. — 2. Sur co Babai voir 
Z> Lwre de la Chastete, n°S7. — 3. Cc sera it le successor de Sabrisu \ mentionne ci-dessus. 
PATH. or. — t. xm. — F. 'i. $y 



m IHSTOIUK NKS'inltlKNXK. [274] 

jl Ji O j^5C ^ytli^. ^.j ^| *J ^Jl^> ^-u)! jl (j^^J 

.^l <« l>Jli ^JUI ly>^\ 

^ jJaa> llj**- ^1 ^Y^l <J Jl? ^aIII i»-L^J <i+> y U3 .<j^ J 

^-lij -u, ytj ^kl* V j,JJtf lyCt; pJ^ jl JUi .Ls 

JUATUJl X^i jl ^ pAJ^J ^» fc UHJ jrj^pJl* jLfc^l ^1 <Jjfi>\iy>~ yj 

.Oili IjJLii .^*JI Jl jj^, ^1 <±JI ^> ia-jVI ^yi x lyi jUJD Jly 
1. IjUi. — 2. In mar**, graphic* : '^.y^ 3 ^j^'-*^ ^Hp — 3. ^LjI. 



Depuis la const ruction tin convent ii s'abstiut pendant sept annees de 
prendre des aliments cnits. 

On raconte que sain I Mar Rabai avait connu ])ar une revelation riiis- 
toire future de Rabban Klioudahwi et tout ce qu'il devait faire, avant menie 
(|ue celui-ci ne vint an moude et soixante-dix ans avant la construction de 
son convent; et il avail revels tout cela a ses freres. 

Rabban Kboudabwi vccut jusqu'aux jours de MoaAvya. II baptisa une 
de ses idles, qui avait le bras desseche; au bout de deux jours, Dieu la 
guurit par les prieres du Saint. Aux approcbcs de sa mort, ses eni'ants lui 
dirent : « Qu'advieiulra-t-il de nous apres toi? Le convent n\n rien. — Si 
vous avez la foi, lour repoudit-il, et si vous ne doutez point, vous ne man- 
querez jamais de pain, vous en aurez meme plus apres ma mort que vous n'en 
avez eu duraut ma vie, et cependant vous serez plus nombreux. » Les choses 
se passerent commc il Tavait dit. 11 niourut k lYige de quatrc-vingt-douzc 
ans et fut enseveli dans son couvent. Que ses prieres soient avec nous, amen. 

On raconte que Isoyahb' alia voir Rabban Klioudahwi, aeeompagne de 
ses deux disciples. A son approche du couvent, Rabban Klioudahwi dit aux 
moincs d'aller a la rencontre de leurs visitcurs. Et, sans faire connaitre aux 
moines que c'etait le Calholicos qui venait au couvent, il leur dit : a Raisez 
la main de celui des trois cavaliers qui sera entre les deux autres. » Les 

1. Ce sera it Isu'ynhb 111, d' A dial tone, qui gouverna rEglise neslorienne de 05 1 a 000. 



[275] 



XCIX. — IHSTOIKE DE KAHBAN IlORMIZn. 




moines obeirent. Mais le Catholicos refusa eel honneur; il voulait demeurer 
inconnu, et faisait marcher ses deux eompagnous devant lui. Ceux-ci 
a leur tour parlerent de memo. Le Catholicos ct Khoudahwi so rencontrerent 
dans le convent; le Catholicos remarqua la bonne tenue des moines et 
leur grand nombre. Le dimanche suivant, il celebra la messe et donna la 
communion k la foulc. II se presenta un moine qui avail les mains toutes 
deehirees et toutcs noiros; le Catholicos dit k Rabban : « Tu as reuui 
toutcs sortes de gens, tu aurais mieux fait de te borner. » Vers la fin de 
la journee, Rabban dit au Catholicos : « Notre Pere, nous allons faire le 
tour des cellules, et examiner ceux qui s'y trouvent. Je renverrai tous ceux 
qui meritent d'etre chasses. » Le Catholicos se leva; et il arriva bientot a 
la cellule du moine qui avait les mains dechirees; il regarda par les fentes 
de la porte, et Tapergut tenant d'une main une ecuelle en feuilles de pal- 
mier, et, plongeant Tautre dans une chaudiere pleiue de poix, en prendre 
et en enduire recuelle. Son travail dans sa cellule etait d'enduire les ecuelles 
de poix. Khoudahwi dit alors au Catholicos : « Ordonnerais-tu que je renvoie 
de telles gens? » Le Catholicos pleura et regrctta ee qu'il avait dit. 



A cette epoque parut ce Saint; il etait Persan; il se fit moine dans 





1. ^JJaX?. 



>Jl)l l-Lfc ^tl jl«jJl J 



XCIX. — IIistoibe de Rabban IIormizd 



1. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 89. Ce moine est Tobjet tie deux biographies. 
Tune eerite en prose par Simeon do Cascar, et i 'autre en vers par Sergius d'Ador- 



3m IIISTOIR.K NKSTolWKNNK. 270 

ji ^l^J c-UVa, .dUi ^jilio ^ ^Ac. . SUJl Ji lyU jl 

. 31:. i^Ji Jx>jj JwVj cJj LJI * ^Ac jl ^lIJ! l^U ^JcJI -Ljbdl ji« 

1. L Jj J^r !. — 2. 



le couvent do HtHth 'Abe 1 on il resta vingt a us ; puis il Ic quitta pour 
allcr avoc Rabban Yozadaq - hahitcr uue grotto dans la montagnc de Beith 
iXouliadra pros d'uu village appcle Alqos, s«* nourrissaut d'hcrbes et de 
raciucs sauvagcs. Des chasseurs, qui Ic dccouvrirent, rcpandirent sa 
renominee panni les homines; les Ionics vinrent Ic trouver. II gu6rissait 
lcs malades; en un seul jour, il baptisa a Ninive sept cents personnes. 11 
composa uu livre contenant dcs preeeptcs obligatoires pour les chretiens n ; 
il y ordonna de prier sur lcs eufants qui seraient marts avant d'etre bap- 
tises, il condamna eeux qui repudiaient ce precepte et appuya son opinion 
sur des preuves. 11 defendit a tons, et (en partieulier) uux femmes en 
couches, de porter des talismans en fcr ct d'autrcs choscs semblables; il 
delendit aussi de suspendre comme ornemcnt au front des enl'ants des 
eroix et d'autres choses semblables, comme du hnana 4 et des grains de 
voire; ct beaucoup d'autres choses pareilles. 

bedjan. Ces deux legendes sont conservees dans plusieurs manuscrits (voir Scher, 
Notice sur les mss. de N.-D. dcs Semences, n 08 105, 100; idem, Notice sur les mss. 
de Diarbekir, n os 70, 1°; 93, 8°; idem, Catalogue des mss. syr. conserves a la biblio- 
theque episcopale de Seert y n os 64, 110, etc.). La dcrniere a ete publiee par M. Budge 
en 1894. 

1. De Bar 'Edta \Le Livre de la Chastete). — 2. Sur ce moine voir Le Livre de la 
Chastetc\ n° 91. — 3. Cet ouvrage est cite dans un livre d'Epitome des Canons syno- 
danx, conserve dans un manuscrit a notre bibliotheque de Secrt (n° 07), et on il est dif : 
« Question : Quelle difference y a-t-il entre notre hapt6me et celui des Severiens et 
des Melchites? Et pourquoi la regie de Rabban Hormizd, qui ordonne de re bap User 
ceux-ci quand ils viennent a nous, n'est-elle pas en usage chez tons les Nestoriens... *i » 
— Assemani, B. 0., Ill, i } p. 270, identhie ce Rabban Hormizd avee Jean Honniz, 
auqucl EbedjVsus de Nisihe attrihue des discours potHiques. — V. Sur la signification 
du mot linana, voir ci-dessus, p. 449, n. 3. 



[277] XCIX. — IIIST01RE DE RABBAN UORMIZD. 507 

jl^L* ^cy^J ^JLc Lis . ^^JjOl wJbCil ^ icU^ j^lj .JLJI 

£*Jl ^^JU ^IjJ '(J*^ 

^1 Jgjj JL ix5^ As ^r 4 ^ J is j O^- ^iCU .^ui>l^JI 

(jU,Ul ^JwS .ISAltJ 

Jlly 

1. — 2. LibL _ ^itik cx |i^\^n doctor. - 3. opOo^o;fa. 



318. 



II construisit un couvcnt dans im endroit difficile de la montagne 1 ; des 
moines, de tous les points de la montagne, vinrent se grouper autour de 
lui. II gucrit plusieurs personnes mordues par des chiens enrages. Is6 yahb, 
metropolitan* de Mossoul, ayant appris son histoire, Tordonna pretrc. II 
ne cessa de baptiser les fonles. line fois, un des docteurs de TEglise, 
r ayant vu baptiser les enfants des lierctiques, le desapprouva : « II ne 
faut pas, lui dit-il, baptiser celui qui a cte deja baptise : mais nous devons 
faire sur lui seulement le signe de la croix, comme Tordonnent les canons. » 
Rabban Ilormizd sy opposa; et la discussion continua. Knfin, Rabban 
Ilormizd lui dit : « Jc te ferai voir de tes propres yeux la faussetc de 
ce que tu dis et la raison de ce que je fais. » Puis il bcnit l'eau, ct fit 
approcher deux enfants, dont Fun orthodoxe et Tautre heretique. Quand 
il approcha Torthodoxe pour le baptiser, l'eau se perdit. Mais il approcha 
l'autre, l'eau retourna aussit6t k sa place et il le baptisa. Le docteur fut 
saisi d'admiration. 

La vie de Rabban Ilormizd se prolongea beaucoup. A sa mort, il fut cnse- 
veli dans son couvent. Que ses prieres nous aident toujours. 

1. Ce couvent existe encore tout pres d'Alqos dans la montagne de Bcith 'Edri, a 
neuf hcurcs au nord dc Mossoul. II est le scul des anciens couvents qui soit actuelle- 
ment habitc par des moines. 



*m HlsTnlKK MiSTOHIKXNK* 21H] 

jl^j b-L«}lr ^11 b ^1 3 j ^Lij ^LJI o ^ UJi .a^jLj 

ts^jVI ^Lls*- c^i^>3 

1. ^ inagistor nosier. — 2. (t^oavJ, 



C. I liSTOIUE DK RaHUAN Til KtiDOltft * . 

A cetlc epoque encore apparlicnt ce Saiul ; il etait originairc de Cascar, 
oil il fill quclque temps intcrprete. Puis, il fonda une ecolc en dehors de la 
ville; les ecoliors se reunirent aupres de lui. U bA tit aussi un beau couvent 
ct ne cessa dc diriger lui-memc Tecole. Lorsquc le nombrc dc ses disciples 
se Ful beaucoup accru, et que la vieillcsse rattcignil, il en abandonna la 
direclion a plusieurs de ses eleves, ot alia vivrc dans la solitude. II se tcnait 
toujours dubout sur sos pieds et ne se nourrissait que d'herbes sauvagcs. 

L T ne annee, la pluie cessa dc tomber k Cascar; il pria, et implora Dieu s 
cl aussitot la pluie tomba. 

Aux jours dc 'Omar ben cl-Kliattab 2 , on imposa une capitation aux 
pretrcs ct aux diacres dc son pays; par compassion pour eux, il alia solliciter 

i. Cf. Le Livre de la Chastete, n° 74. Ce Theodore doit etre le memo que Theodore 
Bar Koni, auquel Ebedjesus de Nisi be ^pud Assem., B. 0., Ill, i, p. 198) attribue, entrc 
autrcs ouvrages. un livre de Scholics et un livre d'llistoire. Dans prcsque tous los 
manuscrits qui contiennent le premier ouvrage, on trouve la phrase suivante a 
la fin du neuvieme livre : « Avec 1'aide de Notre-Seigneur est acheve ce livre, appele 
Livre des Scholics,... compose par Mar Theodore doeteur du pays dc Cascar, en Tan 
iiOo d'Alexandre (792), pour ses freres moincs » (voir notre Etude supplementaire 
sur les Ecrivains Syr., n° XXVI 1). Mais le plus ancien de ces manuscrits, qui se 
trouve dans notre bibliothcque dc Secrt (n° 24), ct qui est probablement I'autographe 
de l'auteur, ne renfermc pas cettc clausule; clle doit done etre ajoutee par un copistc 
quclconque. D ail J ours, Fauteur dans le dixit* me livre de son ouvrage declare : ip*>c^ ^ i&, 
y> v-^jm ^* : « Voila deja plus de six cents ans que le Christ est apparu. » 

Cf. Adiln'i Sclier, Theodoras Bar Koni, avaul-propos. — 2. Ce calii'e regit a de 635 a 045. 



[270] C. — I11STOIRK ■ DR HABBAN TUKODORE. 590 

bj^U l*^ ^ ^ UAi j^j^l J * i^UI viUr JL4U -uJj dl!j> * p. 319. 

^5 ^iAJj ^ b 



lo gouverneur du pays en lour favour. Des sou abord, le gouvermuir cprouva 
pour lui de la sympathie; il fut frappc de voir ses jambes entices par 
sa station continuelle sur ses pieds; il aeeueillit sa demande, et ordonna 
l'exemption des pretres do la eapitalion; il leur redigea meme un ccrit a 
ee sujet. 

Theodore (Tyadoros) avait rencontre Rabban Ilaia, disciple de Mar Abraham, 
qui fonda un couveut a Cascar et dont il a etc parlc ci-dessus\ et son disciple 
Rabban Makkikha, moine du convent de Souster; cc fut celui-ci qui lui 
enseigna la vie ascetiquc. A sa mort, Theodore fut inhume dans son ccole. 

A cctte epoque, les habitants de Nisibc se rcvoltcrent contrc leur mctro- 
politain Cyriaquc", ['accusant de confesser la foi des melchitcs; et ils deman- 
derent a Iso yahb lc catholicos dc le deposer. Mais 1c metropolitan! se montra 
traitable, et amcliora sa siluation vis-ft-vis de ses fideles, s'engageant a 
rcnoncer & ee qu'ils lui avaient rcproche 3 . Mais Forigine de leur animositc 
contre lui etait dans son excessif amour de Targent et du monde, et son 
gout dercgle a amasser des richesses \ 

i. Voir n° XL1X. — 2. Auquel Iso'yahb d'Adiabene adressa deux lettres (voir Iso'yahb, 
III, Liber Epist., ed. Duval, p. 71 et 00). — 3. A eet evenement fait allusion ls6 ( - 
yahb d'Adiabene dans sa lettre adressee aux pretres et aux fideles de Nisibe ([so'yahb, 
loc. cit., p. 142) : 

« J'avais appris que Terreur des gens deraisonnables, eonnue sous lenom dc Ghaleedoine.., 
a fait entendre sa terrible voix du haut de l'ambon de votre siege. Et vous n'avez pas 
eesse — comme je l'ai encore appris — avant d'avoir reprime, grace an mors de la 
correction, Texuberanec de la langue erronee.» — 4. CI, Un nnovo tes(o... 7 p. 20. 



1,1 HI 



ins i (Mar: nkstoiiiknnk 



^11. ( _ r -AS^ S^tc u^-^ t-j Jv* 0; JiJ 1 ^ jXiClMJ 
^ ^ *jlo Jl*>.j jl^ Jrlsj i y^J\ JUl apIL^ r< JUr aJJI klc ^1 ^^Jl 

0 LL>o jJ viiiw b^J>- JL=>i Uj .^jl^V JLxLw-l a« ^-U, ^ a)j ^a)! 

Ax. ^> Avj>c^ ^ yy (j^-^Jl ( j : ^ t lJI JyJ J^"^ 4 : 

L In marg. alia manu : ^r^j ^^^^ 

CI. — Am\wuTiox tits lLslamisug, oik Dieu l\fimiimisse 

ET IK FASSK TIM OM THEN. 

La loi islamique apparut an temps d'lS&yahb dc Gdala', en la 985° 2 annee 
d'Aloxandrc, la trcnte et unicinc du roi Parwez, fils dc Ilormizd, ct la 
donzienic dMIoraelius, cuipereur des Grecs 3 . Mohammad fils d' e Ahd Allah, 
Ills d'Wbd el-Mol talih, fils do Ifftsim, — que la paix soit sur lui, — apparut 
dans la terrc de Tib ft ma ct appcla Ies Arahes an cultc do Dieu le Tres-IIaut. 
Lcs habitants du Yemen hit oheircnt ; eeux dc la Mccquc le combatttrcnt; il 
prit alors pour demeuro Yathrib, la villc dc Ivetura (Qintonra) servante d' Abra- 
ham, ct Tappela a la Villc » (El-Madtna). Los Arabcs, d'apres ce qu'on dit, sont 
les descendants (Tun enfant d'Ahraham, qu'Agar an rait enfante aprcs Ismael 
ct qui s'appelait Lazar (La'dzar). L'empercur des Grecs, qui entendit parler dc 
Mohammad, se fiant ft ses astrologucs, nc fit aucuu cas dc lui. Mohammad 
bcn'Abd Allah fut fort et puissant. En la dix-huitiemo annee d'Heraelius \ 
empereur des Grecs, annee en laquclle regna Ardasir 5 fils de Siroi, fils 

i. Sur ce patriarche. voir ci-dessus, n° XCIII. — 2. En marge du manuscrit : 
^rrr 5 ^' * A corrigcr, d'apres cc que je erois : (9)35. » Scion* Amr 

(p. 54) et Barhebneus, Ilisioire des dynasties, ed. Salhani (p. 155), Tore de Hiegire 
commence en 935 des Grecs; mais ee dernier auteur dans sa Chron. Syr., p. 95, la 
fait commencer avec plus d'exactitude en 933. — 3. La Lrente ct unieine annee de 
Kosrau II repond a Fannec 020/1, tandis que la douzieme d'Heraelius repond n Fannee 
621/2. — A. Elle repond a Fannee (127/8. — 5. Ardasir succeda a son perc, inert au 
niois de septembre de Tan nee 028. 



[28L| C1I. — COIME DU PACTK ET DE L'EDIT ECR1TS PAH MOHAMMAD. 001 
Cf. ^ ^* (J^ l?^ crr^ * oJI J jl^ *p. 321. 

J £J>J' t> Cy*b <Sf) -rV^ ^ 

. (j^jVI jLLJl ijol^aJI y^3 ol/f" <J^V 

1. U^.o vel vol U'v^xj etc... — 2. In marg. graphio : = k^sr* He LLw 

AV\ 

de Kosrau Parwez, les Arabes commencerent leurs conquetes, ct llslam 
devint puissant. Des lors Mohammad n'alla plus en persoime a la guerre; 
mais il y envoya scs partisans. Les habitants de Najran conduits par le 
Seyyid Ghassani \ le chretien, allerent le trouver, lui apportant leurs pre- 
sents et leurs hommages; ils s'engagerent a le seconder, a lui preter main- 
forte et a combattre sous ses bannieres s'il Tordonnait ainsi. II accepta leurs 
presents et leur ecrivit un pacte et un edit. 'Omar ben el-Khattab en fit 
un autre durant son califat. ^ 

Gil. Co PIE DU PACTE ET DE l'eDIT ECIUTS PA 11 MoHAM MAD BEN 'AbD ALLAH 

(QUE LA PA1X SOIT SUB LUl), AUX HABITANTS DE NaJRAN ET A TOUS CEUX 
QUI PROFESSENT LA RELIGION CI1RET1ENNE SU11 LA SURFACE DE LA TERUE . 

Cette copie a ete faite sur un registre qui tut rctrouve en *265 3 a Bir- 
mantha* chez Habib le moine. Selon le temoignage de celui-ci, la copie venait 
de la bibliotheque" de philosophic, dont il avait ete eonservateur avant de 
devenir moine ; le pacte etait ecrit sur une peau de bceuf qui avait jauni, et 
portait le sceau de Mohammad, que la paix soit sur lui. 

1. Cf. Barhebr., Chron. Eccles., II, col. 115. — 2. Ce Calife regna de 635 a 645. — 
En 878-879 de notre ere. — 4. Lecture conjecturale — 5. Litter. : la maison de phi- 
losophie. 



iHU Ills I ( HliK XKS'D HilKNNK. 2H >i 

^ jl£ ^jUJI ^tXil ly^l jJA) ^-j^ 4JI j., jU Iaa 

4)1 Jj- » 4)1 ^ A*j>x^ ^ .<^ji^aj| U UJ c c5 -t ^^ic jl 

jl fc-U, ^wL-Jl ^Jl 1>A^ Ia^ 4^ j j 411 J* io <_3^ ^-Gl ^1 

jliiLJl ^jA Yj JVjJl A^Y .pJ fcjk fl^P} A» j^J^ fc^L^ i^JU 

4)1 jU jli- A3j fcjjj aJUs <0a>j b^i. ^1 Ai)l>-J C^J .4)1 j <UA UjJlj 

Cf.* (3 jV . J^-oLO yA 4)1 Ax jjfcj 4^ j IsLafj IsA^C st&J 

<0 iJLl }4j s_ i)l>- 1^4 ^p- v_i)li>- .A^JI IsA^j * ^ yLiJl 4)1 

i. *.aJI. 

En voiei la copie 1 : 

a An noiu ilc Dieu elouieul et inisericonlieux. 

« Charte do protection donnce par Dieu el son A poire a cenx qui out rccu 
le Livre (saere), aux ehretiens qui appartienneut a la religion de Najraii on *\ 
loule autre secte chrdticiinc. II leur a 6t6 ecrit par Mohammad, envoye de 
Dieu pres de tons les hommes, en gage de protection de la part de Dieu et 
de sou Apotre, et afm qu'il soit pour les musulmans qui viendront apres lui un 
pacte qui les engage ra, qinls devrout admettrc, reeounaitre pour authcutique 
et observer en leur favour. II est defend n h tout homme, fut-il gouverneur, 
ou detenteur d'aulorite, de renl'reiiidre ou de le modifier. Les Croyants ne 
devront pas el re a la charge des ehretiens, eu leur imposant d'autrcs condi- 
tions que cclles qui sont porlees dans cot ecrit, Celui qui le conservera, qui 
le respeetera, qui se eonformera a ce qui y est reuferme, s'acquittera de ses 
devoirs et observera le pacle de TApotre de Dieu. Celui qui, au coutraire, le 
violera, qui sV opposera, qui le changera, portora son crime sur sa teHe; car il 
aura train le pacte de Dieu, viole sa foi, rcsiste a son autorite et eoutrevemi 
a la volontc de son Apotre : il sera done impostcur aux veux de Dieu. Car 
la religion que Dieu a imposee, el le pacte qu'il a fait, rendent la protection 

1. Ce pacte est cerlainemcnt apocrypho. 11 a etc forge par tes ehretiens dans le but 
dengager tes musulmans a les epargner. Chaque nalionalite chretienne de rOrient en 
conserve une copie plus ou moins differcnte de 1'tme a V autre (cf. Al-Maehriq, revue 
arahe de Beyrouth, 1000, p.GOiMUS, (»7^i-(>82). Cclle-ci est redigce dans une tangne pen 
sure et ineorrecte. 



cit. — COPIE t)U PACTE ET DK L'lilMT RCIUTS PAR MOHAMMAD. 003 
4JDI i,JUl JjA ^jf*A ^-J L*U .j^^JI ^JUj O) 4)1 j^j 

S^fr-vJl *aa JaI ^ ^ -y^ UL^> jl^ ^jY j^J jpJ o?*y^3 ^j—jj 

J iyjJI <i^JJ * A^tsJIj *U=iJL ^Uf-lj <Jj^ jj Aii JaI ^LL^JI ^Olj JLJI * p. 
1. In marg. alia manu : ^/^k-^. Forte ; v Jy^ xJwj - iVL\*)t ^Js |^s^^ 



obligatohv. Gelui qui n'observera pas co paele, violera scs devoirs saores, 
et cclui qui viole scs devoirs sacr6s n'a pas de lidclite et sera rente par Dieu 
et par tons les Croyants sinceres. La raison pour laquelle les chreticns out 
meritc d'obtcnir ce pacte de protection de Dieu, de son Envoy 6 et des 
Croyants, est im droit qu'ils se sont acquis, et qui engage quiconqne est 
musulman, d'obtenir cctte cliarte ctablie en leur faveur par les hommes de 
cette Religion, et qui force tout musulman k y avoir egard, a lui preter 
main-forte, a la conserver, a la garder perpetuellement et a la respecter fidc- 
lcment; en efTct les peuples qui adheraient aux vieilles s^ctes et .aux an- 
ciens Livrcs 1 se montrerent les adversaircs de Dieu et de son Apotre et les 
prirent en haine en niant la mission du Prophete, que Dieu a tout haut et 
nettement proclamee dans son Livre 2 ; ce qui decele la fourberie de leur 
poitrtne, la malignitc de leurs intentions et la durete de leurs caiurs, ay ant 
cux-memes prepare le fardeau de leur crime qu'ils portent, alors qu'ils ont 
cache cclui que Dieu voulait leur imposer, a savoir de proclamer et de ne 
pas cacher, de confesser et de ne pas nier. 

« Ges peuples agirent selon le contraire du devoir qui s'imposait a cux, 
ne Tobserverent pas comme il eut fallu, ne suivirent pas les chemins nette- 
ment traces, et se mirent d'aecord pour montrer leur hostilitc contre Dieu et 
son Envoye, pour les attaquer, ot pour persuader aux gens * 1 , par ['imposture 
et les faux arguments, que Dieu ne pouvait pas P avoir envoye aux homines 

i. Allusion aux .luifs. — 2. A savoir le Goran. — 3. Le tcxte est trouble. 



iilS'liMIlK NKSTO'IUKNXK. [2M\ 

\y j U j£\ ^j.* I^L->- jJ& . bLi£ ^j.* jLJl jXj$ .Atl]*! ^ OxJl ^JLa .I^J* 

jU*yi 3 -J iUUI ^ <JL> l ^Ui ^LU l^jj ^JL5c!1 a « 

.CXi ^ J^>tJlj 4)1 Xy£> ^j.* ^1 Aid VI \^>-y^\j Ca£ J Jl jL-Jlj 

(t^lr t> ^ p^jjj ^r^b ^i/j (>J or 5 " fjs J pV 1 ^ t> o^i 
hUl pjtLj ^ytlk*} aAII J^-j i5C JaI aJJI 

pi-^j U jj <*JJ1 ijUc# Lis .cJl ^dl JUl ^ ji^ ^ it>. 

<UI ^1 Lj jl^j ^}L-Y1 JUV p^jj-^ iJL^ by^jJI b-U JaV ^ <OJI 

uUl upjAS ^JJ pyjA? fcjLi) i^JI ^L^j jl ^jJI ^« U3 <»k£ J ^jJx. 

1. Forte : liJUr* vcl ^H*^'- 

pour anuonccr, pour preeher, pour appeler a Dieu par sa permission, pour 
clre une lampc brillante, pour prumcltre lo para d is a ceux qui lui obeisscnt, 
ct pour menncer du leu ceux ([iii lui desobeissent. lis allerent plus loin dans 
le crime de Imposition, en excitant les autrcs a cc qu'ils n'auraiont pas os6 
coniniettre eux-ni ernes, a uier sa revelation, a repousser sa mission, et a 
chereher par ruse ale laire tomber dans des embuches. lis viserent alors lc 
Propliete de Dieu ct decidercnt de le tuer; ils renforeerent lc parti des 
polvtlieistcs dc la tribu de Qoreis et d'autres encore, pour le combattre, 
discuter sa doctrine, la repousser et la contredire. Pour cette raison, ils 
rneritercnt d'etre prives dc Tallianee de Dieu et de sa protection; et leur 
conduite, aux jours dc lloneTn, des combats des Baui Qainoqft 1 , de la tribu 
de Qoreizba et du Nadhar, fut colle que Ton sait, quand leurs chcls pre 16 rent 
du renl'ort aux habitants de Makka ennemis de Dieu, contre FEnvoye de 
Dieu, et les appuyercnt, par des reuforts de troupes et d'armcs, centre lc 
Propliete, par haine des Crovants. 

« Tandis que les Chretiens reluserent de fairc la guerre a Dieu ct a son 
Apotre. Aussi Dieu a-t-il declare que leur devouement pour les gens de 
cette vocation ct leur all'ection pour l'lslam claieut sincercs. Eivtrc autres 
cloges que Dieu leur decerna dans sou Livrc et dans ses revelations, aprds 
avoir convaincu les Juifs de durete de cceur, il reconnait aux Chretiens leur 
inclination et leur allection pour les Croyants : « Tu Irouveras, dil-il, que 
« ceux qui out la plus profonde inimitie potif les croyants, ec sont les Juils 



[285] C1I. — COPIE DU PACTE ET DE l/EDIT ECIIITS PAR MOHAMMAD. 605 

1. bL>j. — 2. U*. — 3. Li £ Uv. — i I lie macula in man us crip to. — 5. In marg. gra- 
phic* : >r > ^ J J! ^ w Li IL^^ jlpcJI jLolM j^mJI, 



« ct les poly thdistes, et tu trouvcras que ceux qui aiment le plus les Croyants 
« sont ceux qui out dit : « Nous sommes cliretiens »; et cela ])arce qu il y a 
« panni eux ties pretres ct des moines, et qu'ils ue s'enorgueillisscnt point, 
(c Gliaque ibis qu'ils cntendent parler do la revelation (Tune verite faitc a 
« 1'Apdtre, on voit leurs yeux vorscr des lannes, et ils discnt : « 0 Notre 
« Seigneur! Nous eroyons; inseris-nous panni les temoins oeulaires; et 
« pourquoi ne croirions-nous pas en Dieu et a la verite, qui nous est revelee, 
« ct n'ambitionncrions-nous pas d'etre comptcs an nombrc des justcs 1 ? » 

« C'est qu'en effet quelques cliretiens, digues dc confianee et qui con- 
naissent la religion divine, nous ont aide a proclamer cettc religion et ont 
prete secours a Dieu et a son Apdtre, pour prechcr aux homines scion sa 
volont6 et pour l'accomplisscment de sa mission. 

« Sont venus me voir : le Seyyid 2 , l Abdiso\ Ibn llcjra, Abraham le moinc, 
ct ( Isa l'eveque, accompagncs dc quarante cavaliers de Najran et d'autres 
gens qui professent comme eux la religion chrctienne dans les regions 
d'Arabie et dans les regions etrangercs. Je leur fis connaitre ma mission, et 
je les appelai a aider a la ren forcer, a la proclamer, ct a lui prcter secours. 
Et commc la cause de Dieu leur parut evidente, ils ne rctourncrent point sur 
leurs pas, ils ne tournerent pas le dos, mais ils s'approchercnt, demcurorent, 
consentireut, pretermit secours, conlirmercnt, lircnt de gen ere uses pro messes* 

1. Coran, v, 85-87. — 2. C'esl le Soyyid Ghassaiii, mentionne ci-dessus, p. G01. 



<»><-. IIISTolUK NKSTiKUONK. '2Kii] 

.<J1 y^l U ^ ibVU jl^l y. jj-^lj p^i;^ pl^. <jb^ ^. 



donnerent tie bons conscils et in'assui'urcnt par des sermeuts ct des pactes 
qu'ils appnieraicut la veritc qne j'apportais et qu*ils repousseraient ses 
negaleurs ct scs eoutradieteurs. 

« De retour auprcs dc leurs eoreligionnaires, ils nc rompircnt pas leur 
j)acte et no eliangerent pas leur opinion, mais ils observerent ce quils 
univalent promis en nie quittant, ct j'ai appris, ce qui nic causa do la joio, 
(prils prouverent leur devouement, et s'unireut pour (aire la guerre aux Juifs, 
ct qu'ils s'cuteudircnt avee les hommes de la Vocation pour publier la cause 
dc Dieu, pour la soutenir, et defendre ses apotres; qu'ils renverserent les 
preuves sur lcsqucll.es les Juifs s'etuient appuyes pour me dementir et mettre 
obstacle ft ma mission et h ma parole. 

« Les cliretiens entrcprirent done do seconder mon action ct firent la 
guerre h ccux qui hairent ma doctrine, voulurcnt la dementir, Talterer, 
la repousser, la changer el la renverser. Tons les chefs des Arabes, tous les 
notables des Alusulmnus el tous les gens de la Vocation dans les regions tie 
la tcrre m'ont envoy c des let ties pour me dire le devouement des Chretiens 
a Tegard de ma cause, et leur vigueur a repousser les incursions dans les 
pays frontiercs qu'ils habitaicnt ; leur Constance a observer lc pacte quVils 
avaient contractc lors de leur entrevue avec moi et que j'avais agree : car les 
eveques et les moines montraient unc in6branlable lid6lit(5 dans leur atta- 
chement a ma cause, lc devoiieuieiit de leurs persounes, pour eonlinuer la 
publication de ma mission el uppuyer ma doctrine. 



[287] Gil. — COPIE DU FACTE ET l)E I/EDIT ECRITS PAR MOHAMMAD. 007 

itLal—lj I* ^ic- SLUw C jk** 1->liLo <J <J^>oj tfrj^A j\ Lull? 4JJI ^^-^ 

^y j^iJV j^Oj jjtiJl <y ^-jj ^ SiX> ty^;, p*^3 eri^ 

^JL?3 jj <L)| *iUJj- IjjLjj ^y w> ^1 SjIaJI 

l. li^. 



a Je veux que ma mission soit publico; je leur demande dc sunir, dans ee 
but, contro ecux qui nieraieiU ou repousseraient quelques points do ma 
doctrine, qui voudraient la detruire et la miner; de blamer ces honimes 
et de les abaisser. lis out agi eomine j'ai dit, et les out abaisses; ils out 
fait taut d'eiTorts qu'ils les out amends a eonfesser la vdrite avee soumission, 
h rcpondre h 1'invitation de Dieu, de grc ou de force, et a se laisser cunduire 
(jusque dans ITslam) eomme des vaineus; et les chretiens agirent ainsi 
par observance des eontrats etablis entre moi et eux, pour ne pas man- 
qucr aux engagements qu'ils avaient contractus lors de leur entrevue avee 
moi, et par esprit de zele pour soutenir ma cause et faire triomplier ma 
mission. 

« C'est par un eflet de leur iidele devouement qu'ils firent la guerre aux 
Juifs, aux Qoreisites et aux autres polythcistes ; ils se montrerent eloignes 
de cette poursuite des biens terrestres que les Juifs recberchent et desirent 
en pretant a usure, et recherehant Eargent, et en vendant pour un faible 
lucre la loi de Dieu Malheur k ces Iiommes, dont les mains travaillent 
pour un pared lucre! Malheur k eux, qui amassent ainsi! Aussi les Juifs et 
les polythcistes de Qoreis et des autres peuples ont-ils merite d'etre traites 
en ennemis de Dieu et de son Envoye; a cause de leurs projets tortueux, 
de Tinimitie ou ils se complurent (contre moi), et de la guerre ininterronipue 
qu'ils me firent comme reuforts de mes ennemis; ils devinrent ainsi les 
ennemis de Dieu, de son Envoye, et des justes croyants. 



1. Expression coranique. 



tios lUHTniHK MvS'l ( HtlKXNK. 

Vj a^V U '^jLi! £--£JI *LjJI ^^>d ^oL^l Lj ^U* ^jV^ S^Li> 

.IjUjJt 4JJL 4)1 £j jL^J Jb.^ 4)1 



u Mais los chrctiens eurent une conduite toute con tr aire; ils eurent tic 
Tegard pour nion alliance, ils reconnurent mes droits, uccomplirent les prom es- 
ses faites lors dc notre entrevue, pret^rent secours k ceux de mes lieutenants 
que j'avais envoyes aux frontieres; ils meritercnt ainsi inn sollicitude, mon 
affection, par rnccomplissement des obligations que j'ai contractees envers 
eux spontanement au nom ile tons les musulniaus repandus en Orient et en 
Occident, et ma protection ma vie durant; et ap.ro s mon trepas, quand Dieu 
ni'aura fait mourir, taut (|ue croitra I'lslam, (pic fleurira la mission veridique 
et la foi, ce pacte sera obligatoire pour tons les Croyants et musulmans, aussi 
longtemps que la mer inouillcra la coupe qu'elle remplit, taut que le ciel 
versera une goutte dean, que la terre produira des plantes, que les etoiles 
brillcront au firmament, que Taurore apparaitra au voyageur, sans qu'il soit 
permis a personnc de rompre ce pacte, de Valterer, d'y faire des additions 
et des suppressions, car les additions portent atteinte a mon paete, et les 
suppressions ddtruiseut mes engagements. Ce pacte, que j'ai bien voulu 
accorder moi-meme, nvengage; quiconque de ma nation, apres moi, rompra 
le pacte dc Dieu (quMl soit exalte), la prcuvc de Dieu se dressera centre lui, 
et Dieu suffit pour temoin. 

a Ce qui m'a engage i\ agir ainsi, e'est que trois des gens (du Seyyid 
Ghassani) demanderent pour tous les chrctiens itn cent qui lour servit de 
sauf-eoiuluit., m\ traile qui i i i«ootmilt leur fubMiir ;\ lours prolinases en favour 



[289] CJI. — CO PIE DU PACTE ET DE L'EDIT ECU1TS PAli MOHAMMAD. 000 

^>j£0 JUl ^3 ^£ J^JI Jl>- <JU>- ^j-*-^ -Ct ^JJI Autlcall pIlJ * P. 331. 

\xf dUi uls - IjXL. ^ jl^3 OLil ^aJI Js*5l J,;L> ^Jl ^jl jlLSi J 

Alp Gyjb** Lt£ ^ui^ ^5-*JI cr ^i' Jp O-^U ^k*-*^ 

iSlj-w 0 UjcJ sl^l l« iLL'l jlkiJI ^ic- jli . jlLl- > j\ lilLi-w j^l* jl^ ^r* 
j*<r MjJ ^ ^ v^J^I ^1 <1X1\ jUllj ^a^ ^-^3 *Xsyi 

C.L>. ^aJI A^JI ^) I^L^C jVj p^3^ V jl <sj-JI ^1^3 .^^«l ii)l^4 <-Ap <^L>JI 

<> v^-il^ ^-SJI ^*=*J1 J^ Lilj^-I J l^j-^J (3 iy^-*J ^ 

>li3 dL^iJIj * ^A?3 JLfcV Ckij S^c-dl (J*& j^ ^ dUi ^j^J * p. 332, 

LJ io!Lpt« ^}L-YI 0 U^I a>-\ Jp <ua!I JW a^Y i»JI jjXr 
^L^J Jl jJUs jl^ il Lib>^U ^ L^yJ Uo ^ U^JIj ^b<JI IJjt J 

1. Sic; forte : J-F^ <^r' ■ 

tics musulraans, et au pacte que j'avais volontairement contracts avee eux. 
Or, j'ai voulu que ces bons procedes de Palliancc fussent ratifies aux ycux 
de quiconque suit ma voie, et que moi et tons ceux de ma vocation fussions 
engages a nous abstenir d'etre a charge a tons ceux qui s'attribuent le 
nom chrcticn et qui adherent aux dificrentes sectcs chretiennes, et que 
ce pactc fut inviolable, solennel, el obligatoire pour tons les musulmans 
et les Croyants. J'ai done appele les chefs des inusulnians et mes principaux 
eompagnons, et m'etant rendu garant de la demande des chrctiens, je leur 
fis cet ecrit, que les musulmans, qu'ils fussent investis du pouvoir on 11011, 
sont obliges de conscrver d\\ge en age. Celui qui a le droit de commander 
devra aecomplir ce que jai ordonne, pour remplir conformement a la justice 
le devoir de fidelitc et de respect vis-a-vis clc ceux qui ont sollicite mon pacte, 
et etre fidcles aux obligations que j'ai contractees, aiin qu'il ne soit pas 
reprouvc pour avoir desobei a mon ordrc. Le peuple, lui aussi, devra s'abste- 
nir de lcur fairc du mal,. et aecomplir le pactc que j'ai contracts avee eux, 
afin qu'il cntrc avee moi par les portcs de la lidelite et eontribue au bien 
que j'ai fait a ceux (jui Pont mcritc pour avoir seconde ma mission et fail la 
guerre a ceux qui me contrcdisaicnt et qui scandalisaient les homines. Et 
ccla, pour qu'il n'y ait aucun grief de la part de ceux qui sont lobjet de ce 
pacte, contre les partisans de l'lslam, si ceux-ci agissaient contre le con- 
tenu de cet eerit, et contre la reconnaissance des droits qu'ils se sont acquis 
sur moi, et qu'ils ont meritc d'obtenir. Enlin, ce pacte rappelle (aux Crovanls) 

PATU. OR. — T. XIII. — F. '1. f *0 



Llc^ Ia^p ^3 Cl^ l v )j t ^»3 ^_5^« V**^^ U-U*>j V-L^i u*-J^\ 



la reconnaissance des bicnfnits, enlraine la gencrosilc dcs sentiments, 
commando la uharilc ; il eloigne du mal, el il est lc chcmin dc la sinccrite, 
ft la voie qui mene a la justice, s'il plait a Dieu. » 

CIll. — Il KcniviT in kdit do.nt \oici la coimk. 
« An noin de Dieu clement et misericordieux. 

« Get edit a etc donne par Mohammad ben 'Abd Allah ben 'Abd el-Mot- 
lalib, Envoye do Dieu auprcs dc tous les honimcs, pour anuoncer ct avertir, 
et charge du depot do Dieu parmi sos creatures, pour epic les homines 
n'aicnt aucun pretcxtc devant Dieu, apres ses envoyes eL sa manifestation, 
devant cet Etrc puissant et sage. 

An Seyyid lbn Harcth ben Ka f l», a ses corcligionnaircs ct a tous cenx 
qui professent la religion chrctienne, soit en Orient, soit en Occident, dans 
les contreos prochaines 011 dans les contrecs lointaines, arabes on etran- 
geres, connucs ou inconnuos. Cet eerit qu'il leur a redige constituc un 
contrat impericux, un diplome authentique etabli sur la eharitc ct la justice, 
un pacte inviolable. Quieonquc obscrvera cet edit, inontrera son attachement 
aTIslam, et meritera les meillcurs bienfaits que Tlslani promet; an contrairc 
tout homme qui lc detruira, qui violera le pacte qui y est contenu, qui 
I'altcrera, ot qui desobcira a 1110s commandements, violera le pacte dc Dieu, 
transgresscra son alliance, meprisera sou traite ot meritera sa malediction, 



[291] GUI. — IL ECRIYIT UN EDIT DONT VOICI LA COPIE. 611 

j\ jl^ ULLU L^y^A, <JjMj (l^l~a <jJ^j fcjl; aJIlJj l^li 4!1 -^J jl£ z>j*\ 

w'ilj <^*^ ol} ^r*" 0^ 0^ <J^y cr* V*"^ 

^fcjl o^^J oV^' £^Lr3 (VrO fr~>^ a^J fr^ 

(n*bj 0^ j'j ^J> J 1 ^ c> J^J c/^J J 

uWj <y^ J t^l^'j f^Jj <y*V~ ^ pr* ^ 



qu'il soit prince ou sujet. Je m'engage a fain 1 de la part de Dieu alliance 
et paete avee eux et je les inets sous la sauvegarde de ses prophetes, de 
ses elus, de ses saints les musulmans et les Croyants, les premiers aussi 
bien que les derniers. C'est cela mon alliance et raon pacte avec eux. 

cc Je proclame de nouveau les obligations que Dieu imposa aux enfants 
iFlsrael de lui obeir, de suivre sa loi et de respecter son alliance divine, 
en declarant proteger par mes cavaliers, mes fantassins, mes armees, mes 
ressources et mes partisans musulmaus, les Chretiens jusqu'aux plus eloignes, 
qui habitent dans les pays frontieres de mon empire, dans quelque region 
que ce soit, lointaine ou voisine, eu temps de paix ou eu temps de guerre. 
Je m'engage a les appuyer, a prendre sous ma protection leurs personnes, 
leurs eglises, leurs chapelles, leurs oratoires, les etablissements de leurs 
moines et les* demeures de leurs anachoretes partout ou ils seront, soit 
dans la montagne, ou dans la vallee, ou dans les grottes, ou dans les 
pays habites, dans la plaine, ou dans le desert. Et je protegerai leur 
religion et leur Eglise, partout ou ils se trouvent, soit sur la terre, soit 
sur la mer, soit en Orieut, soit en Occident, avee toute la vigilance possible 
dc ma part, de la part des gens de mon entourage, et des musulmans. 
Je les prends sous ma protection ; je fais pacte avec eux, m'engageaut a 
les preserver de tout mal et de tout dommage, a les exempter de toute 
requisition et de toute obligation ouereuse, et & les proteger par moi-meme, 
par mes auxiliaires, mes suivants et ma nation contre tout ennemi, qui mVu 
voudrait a moi, et a eux 



<m IIISTOIKK NliSTdlUHNNK, |2U2] 

I'. 315. ,_Li Vj ' ^j' fr') £ -J ti^ t*°. -j* 1 ^ 

vl^i aLj J^i . ^V*J — Jl J Vj Ap-I — Jl ^ (J 

•pr-*' * ^ ^ pr^ fjh* V} fr^ pc^ V-^' Jr~L (J Ob 



1. 



c( Ayant I'auloritc sur eux, je dois lcs gouverner, les preservant tie lout 
dommage et ne laissaut pas leur arriver quelque mal qu'il ne m'ait atteiut 
aussi, avec mes compagnons, qui defendant avec moi la cause de Tlslam; 
je defends aux eouqu6rants de la foi de leur etre a charge, lors de leurs 
invasions, ou de les eontraindre k payer des impots, a moins qu'ils nV 
conscntent: que jamais les chrctiens ne subissenl la tyrannic et Toppression 
a ce sujet. II n'est pas permis de faire quitter k un eveque son siege epis- 
copal, ni a un moine sa vie monastique, ni a un anaehorete sa vocation 
eremitique; ni de detruire quelque partie de leurs eglises, ni de faire entrer 
quelques parties de leurs b&timents dans la construction des mosquees, ou 
dans cclle des maisons des musulmans. Quiconque fera cela, violera le pacte 
de Dieu, desobeira ik son Apotre et s'eloignera de Tallianee divine; il n'est 
pas permis. uon plus d'imposer une capitation ni une taxe quelconque aux 
moines et aux ev£ques, ni k ceux qui, par devotion, se vetent de laiiie ou 
habitent solitairement dans les montagnes ou en d'autres endroits isoles de 
Thabitation des homines. Qu'on se borne a tjuatre dirhems qu'on deniandera 
chaque annee a chacun des autres Chretiens, qui ne sera ni religieux, ni 
moine, ni ermite; ou bien qu'on exige de lui un vetement en etoll'e rayee ou 
un voile de turban brodc du Yemen, et cela pour aider les musulmans el pour 
contribuer a raugmentation du tresor public; s'il ne lui est pas facile de 
clonner un vetement, on lui en demandera le prix. Mais que ce prix ne soit 
determine que de leur consentement. 



[293] CHI. - IL KCRIVIT UN EDIT DONT VOIGI LA COPIE. 613 

J^-t <>*-• Jlj^Vl JLLiJ^ w-^iJlj ^^Jl u^** ^L^-'j 

<Az jUy Yj * <Al* U dUi <jlLLJJ <kJ * p. 337, 

IkLs ^iiC L;^; JUlj UjL^ <>jVl Ju& c$y oik ja5 VI o. J**o 

ttJUl \ j Lz\ U 3 JUiJl S^sL. ^JJI JUI JIp ^ <5li jl/VI iisKo o^pJl 



« Que la capitation des chivtiens qui out ties revenus, qui possedent dos 
terres, qui font un commerce important sur mer et sur terre, qui exploitent 
les mines tie pierres precieuses, d'or et d'argent, qui ont bcaucoup de for- 
tune et tie biens, ne depasse pas, pour Fensemble, douze dirhems par an, 
pourvu qu'ils. habitent ces pays et qu'ils y soient etablis. Qu'on n'exige 
rien de semblable des voyageurs, qui ne sont pas des habitants du pays, 
ni des passants dont le domicile n'est pas connu. Pas d'impot foncier avec 
capitation, si ee n'est a ceux qui possedent des terres, comme tous les oc- 
cupants d'heritages sur lesquels le sultan exeree un droit; ils paieront ces 
imp6ts dans la mesure ou les autres les payent, sans toutefois que les 
charges exeedent injustement la mesure tie leurs moyens, et les forces que 
les proprietaires depensent a cultiver ces terres, & les rendre fertiles, et a 
en tirer les recoltes ; qu'ils ne soient pas abusivement taxes, mais qu'ils 
payent dans la mesure imposee aux autres tributaires lenrs pareils. 

(( Les hommes de notre alliance ne seront pas tenus tie sortir avec les 
musulmans pour combattre leurs ennemis, les attaquer et en venir aux 
mains; en effet, ceux de Tallmnee n'entreprendront pas la guerre, et c'est 
precisement pour les en decharger que ee pacte leur a ete aceorde, et aussi 
pour leur assurer aide et protection de la part des musulmans. Et meme 
qu'ancun chretien ne s.oit contraint de pourvoir a Tequipement d'un seul 
musulman, en argent, en armes ou en ehevaux, en vue d'une guerre oii les 



lltSTulIUi XKSTOIUKNXK. ['m 
s^i Aw>- <i £ ^1* jJJi ^» j j^Ci .p^jUl *LaAr ^ j^jr^ 0^ ^ 

.A* J^J <! 

jil VI I^UJ Vj f >L-Vl J* <*J ^Lr-JI ^ ^ jl£ j~ JbJ ^p* Yj 

.a, jl ^ UU -vjf- ^ Cj ^LJl ^3 J^aJIj ^^p- ^ f^lj 

j^L-JJ U jl j_k 4)1 a^ p^L^I ^JV I^a^. l^i^ 

^>Si\y ^UaJI jp- lj^p-^i— 1 ^aJI AjJL p^Ac l« — Jl i^c-s ^j^-L-JI U ^J^-j 
pi L-i 'L^J: — JJ Ijj'j-^j ^i>. fcj^C* ^s. ^)AJ jl Ij^-^uIj i^JI 

£^-5*" pr* J^l V_5 .^A>^ V LkL^t ^L^JI ^ |^U=>» V_) 

1. Sic: forle : ^V> ^ 



Croyants attaquent un cnncmi, a iiioins qu'il n'y coatriljue tie son gre. 
Celui qui aura bieu voulu 1'aire ainsi, et contribucr spontanoment, sera 
l'objet Je la louangc ot de la gratitude, et il lui en sera tenu eompte, 

« Aucun chretien no sera fait musulman par Force : Ne discutez que de la 
manihr la plus hnmietc*. 11 faut les couvrir de Tailo de misericordc, et repousser 
tout malheur qui pourrait les attcindrc partout on ils se trouvent, dans 
quelque pays quails soient. 

a Si Tun des chrrtiens venait a commettre un crime on un delit, il 
taudrait que les musulmans lui t'ournisscnt Taidc, la defense, la protection; 
ils devront excuser son delit et amener sa vietime k se reconcilier avec lui, 
en l'engageant a lui pardonncr ou k recovoir une ranoou. 

« Los inusulnians ne doivent pas abandonner les cliretiens et les laisser 
sans secours et sans appui, parce que j'ai fait pacte avec eux de la part de 
Dieu pour que ce qui arrive d lieureux aux musulmans leur arrivat aussi, et 
qu'ils subisscnt aussi cp que subiraient les musulmans, et que les musulmans 
subisscnt ce qu'ils subiraient eux-mcmes, et cela en vertu du pactc par lequel 
ils ont en des droits inviolables de jouir de notre protection, et d'etre defeu- 
dus contre tout mal portant attcinte k leurs garanties, de sorte qu'ils soient 
associes aux musulmans (dans la bonne et dans la mauvaise fortune. 

« 11 ne faut pas que les cliretiens aicnt k soufirir, par abus, an sujel dos 

1. Goran, xxix, 45 : ir ~^l 



p<)r>l Clll. — IL KCRIV1T UN EDIT DO NT VOIC1 LA COPIE. 015 

-Ct Jllw* ^L^j <d!l J^c ^ aJU>- a£s l^Io 

CJLU p^JL* A^L diU J*i j^i .^^Jl 4; Ci j^S=Io jl Cj^ j\ 



340 . 



manages, ee qu'ils no voudraient pas. Les musulmans ne devront pas prendre 
en manage les filles chretiennes contre la volonte des parents de celles-ci, 
ni opprimer leurs families, si elles venaient a leur refuser les liancailles el 
le manage; car de tels manages ne devront pas se faire sans leur agrement 
et leur desir, et sans qu'ils les aient approuves et y aienl consenti. 

« Si un musulman a pris pour femme une ehretienne, il est tenu de res- 
pecter sa croyanee ehretienne; il la laissera libre d'eeouter ses supcrieurs 
comme elle Tentendra, et de suivre la route que lui indique sa religion. Qui- 
eonque, malgre cet ordre, contraindra son epouse h agir contre sa religion 
en quelque point que ce soit, enfreindra Tallianee de Dieu et entrera en rebel- 
lion contre le pacte de son Apotre, et Dieu le comptera parmi les imposteurs. 

ce Si les chretiens viennent a avoir besoin du seeours et de l'appui des 
inusulmans pour reparer leurs egliscs et leurs convents, on bien pour arranger 
leurs affaires et les choses de leur religion, eeux-ci devront les aider et les 
soutenir; mais ils ne doivent pas faire cela dans le but d'en reeevoir retribu- 
tion, mais par aide charitable pour restaurer cette religion, par fidelite au 
paete de l'envoye de Dieu, par pure donation, et comme acte meritoire 
devant Dieu et son apotre. 

« Les musulmans ne pourront pas dans la guerre entre eux et leurs 
ennemis se servir de quelqu'un des chretiens pour Tenvoyer comme messager, 
011 eclaireur, ou guide, 011 espion, on bien l'employer h d'autres besognes 
de guerre. Quiconque fera cela a Tun d'eux, lesera les droits de Dieu, 
sera rebelle a son Apotre, et se mettra en dehors de son alliance; et rien 



i v if » lilSTOIKK MvS'roiilKNXK [2\n\\ 

J^-Y LJ; \^ ^ VI Ijlt .<JU^ p'-^U ^ p^Io 

^. ^ J Vj ^Li Y 3 ^Ujl U)>, Yj ^ryi jl^l* <->H * jj^ 

J^L-JI ^-b ^^Jl J^l j,, Ia^I ^» Yj <LU1 JUI ^« p*^ ^ p^taU- 

pvr^ 4/' a* ' 0^ p^*U* Yj pA^i- Yj JUj Y^ J-s- Y^ p) iyu. 

jl pTliU- jWj-J p v '^ p^Ax ^-L-JI J* A^i *Ui-l g-^J jjj 

i. lu^. 



iTest perm is ;\ un inusulinan (vis-a-vis des chretiens) on dohors dc I'ol^is- 
sance ;\ res prescriptions que Mohammad hen 'Abd Allah, apotre de Dieu, 
a ediciees en favour de la religion des ehretiens. Jo lenr fais aussi des condi- 
tions el j'cxige d'enx la promesse do les aeeomplir ot dy satisfaire commo 
lc lour ordonne lour religion. Kuire autrcs ohoses, qu'aueun d'eux ne soit 
eclaireur on espion, ni seeretcment ni ouvcrtemcnt, an profit d'un enuemi 
de gucrro, contrc un musulman; que personne d'entre cux nc loge les 
ennoinis des tnusulmans dans sa maison , dY>u ils pourraient attendro 
l'occasion do s'elaneer h I'altaquc ; que ees ennemis ne fassent point lialto 
dans lenrs regions, 111 dans lours villages ni dans lours oratoires, ni dans 
quelque lien appartenant a lours coreligionnaircs ; quails ne pretent point 
appni aux ennemis do guerre eontre les musulmans, en leur fournissant 
<les amies, on dos ohevaux ou des homines ou quoi que ce soit, on en leur 
donnant de bons traitements. Ils doivent heberger trois jours et trois nuits 
eeux des musulmans qui font halte ehoz eux,.avee leurs botes, ot leur olfrir 
partoul ou ils se trouvent et parlout ou ils vont la meme nourriture dont ils 
vivent eux-momes, sans toutefois otre obliges de supporter d'autres charges 
ixenantes et onereuses. 

<( S'il arrive qu'un musulman ait bosoin do se oaeher dans leurs demeures, 
ou dans leurs oratoires, ils doivent lui donner Thospitalite, lui preter appui, 
<*t lui fournir de lour nourriture tout le temps qu'il sera chcz cux, s'clTor- 
cant de le tenir cache, de ne point pcrmettre ii Fonnemi de le dooouvrir, 
et pourvoyant a tous'ses besoins. 



[207] CHI. — IL ECRIYiT UN EDIT DONT VOICi LA COPIE. G17 

c;1 Jt* ^3 <jl**/N o° ^ d*?V^3 

.A.UI U j\ i^UI ^jir jl» villi \ (♦r^= > -3 ^ ^3 o^Vl 







.p^J JyJl 1aA> 










® jaII ^1 






® .> (3: ^ a^ 






® (V 1 a 1 , 


an 1 - l\ 1 • Ml 










• A.U\ JLX Kjjj 












m iJUJI ^1 




1. t-v-^J* vel 3-=J.. —2. - 







cc Quiconque transgressera une des ortlonnances de cet edit, on Talterera, 
se mettra en dehors de F alliance de Dieu et de son Envoye. 

« Que ehacun observe les traites et les alliances qui ont etc contractus 
avoc les inoines, et que j'ai contractus moi-meme, et tout engagement que 
chaque prophete a contracts avec sa nation, pour leur assurer 1 la sauve- 
garde et la fuRde protection, et pour leur servir de garantie. 

Jusqu'a Tlieure de la Resurrection cela ne doit etre ni viole ni altere, 
s'il plait a Dieu. 

Cet ecrit de Mohammad ben Abd Allah qui porte le traite conclu entre 
lui et les chretiens avec les conditions imposees a ces derniers a 6te atteste 
par : W tiq ben Abi Qoh&fa ; 'Omar ben el-KhattAb ; 'Othmftn ben 'Allan; 
'Ali ben Abi TAlib; Abou 'dh-Dharr; Abou 'd-Darda; Abou lloreira; 'Abd 
Allah ben Masoud; El- r Abb&s ben € Abt! el-Mottalib; El-Fad I ben el- 
'Abbas; Ez-Zobeir ben el-'Awwam; Talha ben 'Obeid Allah; SaM ben Mo- 
l adli; Sa*d ben 'Ob&da ; ThamAma ben Qeis; Zeid ben ThAbit et son fds 
*Abd Allah; blorqous ben Zoheir; Zeid ben Arqam; Ous^ma ben Zeid; 
'Omar ben MazlToun; Mos'ab ben ez-Zobeir; Abou i-GhAlia; ( Abd Allah 



i. Probablement aux moines. 



(2981 

.pXJI <ub ^J>- 

tf) J\ iSf^- j& jj} J' -Vf" ^ J ^ <J^i ^ 

2. In inargine graplrio : V^jrr! ^ c 

. _ ^ rti 

c — 



'•is II1STOIHK NKSTOHII'XXi:. 



ben 'Ainr hen el-*As; Abou IJodheifa; KliawAl ben Jobeir; llasini ben 
'Otba; 'Abd Allah ben Hafal'; Ka h ben Mftlik; Hassan ben Thabit; J.Vfar 
ben AbiTAlib; a eerit aussi Mo'awia ben Abi Sofian. 

CIV. HeCIT DE LA MOHT 1>K [MoilAMMVD*!, i)VE LA V\]\ SOIT SIH LUI. 

Pais Mohammad (que la paix soit sur lui) (omba malade; comine les 
fideles entraient chez lui pour avoir de ses nouvclles, il ordonna k Abou Bakr 
ben Abi OohaJ'a de leur 1'aire reciter la priere a sa place. II mourul en 995 
d'Alcxandrc 1 , annee en laquelle regna sur les Perses Yazdgerd fils de Sah- 
rvar ; il avait regne — que la paix soit sur lui — dix ans ct qiudqucs mois. 
Abou Bakr 'Atiq lui succeda. Les musulmans, d'abord divises a son sujel, 
s'aceordercnt ensuite sur sa succession. 

Le catholicos IsoYahb 2 avail envoye an Prophete — • que la paix soit sur 

I. lei Fauteur semble se eontredire. L'an 99.") des Grecs repond a l'annee GS4 de noire 
ere, tandis que Yazdgerd regna le 6 juin G32. Elie de Nisibe, apud Barhebr., Chron. 
Eccles., II, eol. 124, n. 1, place exaetcment la mort de -Mohammad et ravenement de 
Yazdgerd en la onzieme annee de Hlegire, qui eommencait en 632 de notre ere. Bar- 
hebraus {Illstoire des Dynasties, p. 162) place sa mort en la dixie me annee de Tllegire, 
qui commeneait en 631. Cf. ei-dessus, p. GOO, n. 2. — 2. Sur IsoVahb 11, voir ei-dessus, 
n° XC1I1. 



'299; CIV. — REGIT m LA MORT DE MOHAMMAD. 019 

jjjL^Jl J\ jU>Y1 4Uj <Jl^ ,CJb o^3 -J^V ^i-jT C ^ 

dlLUj dLUI (l^j) * $ cJl J-JfWl JIS JUL ^jJx. c^Uj m> 



lui — des presents et mille statercs d'argent avec Gabriel, eveque de MaT- 
san, homme vertueux ct savant', II lui ecrivit, lui demandant d'etre bien- 
veillant on vers les chretiens. L'eveque Gabriel, etant arrive a Yathrib, apres 
la mort dc [Mohammad", ollrit ce cj n * II avait apporte h Abou Hakr, et lui 
fit connaitre la situation des sujets de Tempire persan, et ce dont avaient k 
souffrir les chretiens de la part des armees arabes ; il lui exposa que les 
chretiens etaient tributaires des rois persans, qui etaient en guerre avec les 
Grecs. II ccouta son discours, reeut les presents et se rendit garant de ce 
quil desirait. L 1 < v veque relourna lieureux du succes do sa mission aupres du 
Catholicos. 

Ka'b el-Ahbar" voulut irriter Abou Bakr (que Dieu lui fassc misericorde) 
contre les chretiens, disant qu'ils pretaient secours aux Perses, qu'ils etaient 
avec eux a la guerre, et qn'ils avaient de Tinclination pour les Ethiopiens, 
parce qu'ils mangeaient commc eux la viande de pore. Mais il ne iit pas cas 
de ses paroles, n'estima pas sou discours et repoussa ses dires mensongers. 

Quand Yazdgerd apprit la demarche du catholicos Isd'yahb, il le fit 
appelcr et lui fit de vifs reproches. « Tu m\as trahi, dit-il, tu as prete 
secours a mon ennemi en L aidant de ton argent. » Le Catholicos lui re- 
pondit : cc Toi, 6 roi, et tes predecesseurs, vous etes notre honneur, notre 
couronne et le diademe de notre gloire. Les Arabes contraignaient les 
chretiens qui sont dans leur province a passer a leur religion ou bien a payer 

L Ce serait ce Gabriel qui en G03 assista au synode de Gregoire Syn. Orient., 
p. 478). — 2. Nom d'uu juif celebre. 



\m II1SI0IHM NtvSl'OlilKNNK. 

jt <J ^a£"3 'frc^ ^-—^ viU-^ <-TSVI J ^JU 

. Jj-01 ^j^fcS-Y <LjuiJI j^VI i£j\^ J/ m jJ^ . <C^I^>- ^ vJ ^allj 
rLr^' JJ?J ^ lJ<JK> - <J)J ^ Jlyi 

. jLL- I ^ ^Jl ^i-JI idUS . <j*^ Jl^-I <X*^>u ( U 

<S^J Ij^ aJ * ^jLalil ^ <J>Ip-^ jjJtUJI ^C^-liI 

1. Forte^H^- 

• 

mie capitation. QuancI jVus appris cola, je me suis cll'oree de rassembler 
une failile somme pour la lour envoy cr. II n 'eta it pas possible que je les 
abaudonnassc dans une aussi penible situation; aussi bien est-ce pour cela 
que j'ai ete placd a leur I (Me. » La colerc de Yazdgerd s'apaisa alors; il 
lui ordonna d'dcrire aux populations cbrdtieniiHS voisines des Arabes, de 
sYloigner de ceux-ci, et de preter du renforl k ceux qui iraient les coin- 
battre. Le Catholicos fit des vceux pour 1c roi, et se rctira. 11 ne cessa de 
menuger habilement les affaires, qui etaient alors difliciles, k cause du 
chaugement des empires. 

Abou Bakr mourut; 'Omar ben el-KJiattab, qui lui sueceda, conquit les 
pays et fixa le taux de Timpot foncier selon la richesse des habitants, Cette 
taxation subsista jusqu'aux jours de Mo'ftwya ben Abi Sofifm r . 

Iso'yahb le catholicos alia trouvcr 'Omar, et lui parla au sujet des Chre- 
tiens; 'Omar lui accorda uti edit 2 dont Yoici la copie : 

« Get edit a ete accorde par le serviteur de L)ieu a 'Omar ben el-Khatlab, 
prince des Croyants, aux habitants de Selencie et de Nahr Bir V, k leur catho- 
licos, a leurs pretres et k leurs diacres, sous forme d'engagement inviolable, 
de diplome public, d'acte signe, portant protection permanente. Quiconquc 
l'observe, sera attache k la religion musulmane et sera digue de ce qifelle 
contient. Au contraire tout homnie musulman et croyant, qu'il soit sultan 
ou sujet, qui lui portera atteinte en violant le pacte qui y est contenu, en 

1. Ce calife regna de G01 a (»80. — 2. Cf. Mari, p. 02. — 3. Ou encore : par f Abel 
Allah. 'Abd Allah etait un surnom du Calife. — 4. Lecture conjecturale. serait-ce pas 
Xehargour, region entre Mai'san et AUwase? 



[301] CIV. — REGIT DE LA MORT DE MOHAMMAD. 621 

j\ ji^ CiLju C' :y i^4 <xXj Q£u <jui jyj ji^ u ^Ju*j <isy>-3 ^ss\ 

c^jJ^ .(jil jj-* cy^j 1 p^^jIj j^VL^j j^Ol^lj p^JJl ^d~*J! 

t/^'k tir-^ o^-V- ^ ^ p-^bj ^ 

^ ^j^>Jl IjiJiCr . ^ jVI jlL5l (j j»5Cl» oL_^-» ^>(jJ ^^ju Vj -<^*^ — ••^ Jj^ 

^ oj! ^aJI iL ^ jl^ a^I .^^J! ^">U! ^Ja^ jj**L*J\ 

1. XUU*. — 2. Sic in ins.; lesre : ?,UM . r * UU J jJl J (vide 
p. 012.) 



Jalterant et eu transgressant ses prescriptions, se separe de F alliance do 
Dieu et mcprise ses droits. 

a Apr£s cela, je fais alliance et pacte avee vous de la part de Dieu, et je 
prends votre vie, votre fortune, vos families et vos gens sous la sauvegarde 
de ses prophetes, de ses ap6tres, de ses elus et de ses saints musulmans, 
et je me portc garant de votre seen rite. Je me suis engage a vous proteger 
par moi-mcme, par mes auxiliaires, nies satellites, mes coinpagnons qui 
defendent le eceur de I'lslam eoutre tout ennemi, qui m'en voudrait a moi 
et a vous. Je defends aux eonquerants de la foi de vous etre a charge lors 
de leurs invasions'. Dans toutes ees ehoses vous ne serez ni molestes ni 
eontraints. 

(c Aucun de vos eveques ni do vos chefs nc sera depose. Vos oratoires 
el vos eglises ne seront pas detruits; on nc fera entrer aucune partie de 
vos bAtiments dans la construction des mosqnees, ni'dans celle des maisons 
des musulmans. Aucun d'entre vous, qui sera en voyage, ne sera inquiete 
clans quelque pays que ce soit. Vous n'etes pas obliges daller avee les 
musulmans k la guerre eontre leurs ennemis. Aucun chretien ne sera con- 
traint de se faire musulman, d'apres la revelation que [Dieu] a fait descen- 
dre dans son Livre, on il est dit : « Point de eontrainte en ee qui concerne 
<c la religion. La voie droite se distingue de rcgarement d'une facon eela- 

1. Le texteest ici trouble. Nous I'avons retabli selon la legon inseree ci-dessus, p. 612. 



ifjj IIISTOIHK XKSTOIUKNNK. [:u)2, 

■ Jf,H U)l -y: ^5C Ali dUi dJli- vi~>- Isj^Cjl ^J-KiJ 

£o ^iJl>-J <ic 4)1 ^^L* -low A^J 4jlL^ 

0 Ul ^ a^-Y Ci*, a^I VI J^-i . f>UYI U - r a *J VpcL^I^ 

^UjtC" UcVI IaJ Ua; . Jl>j J^- Y$ ^>LJ ioU SyL ^yJL-Jlj 



1. — 2. v> — 



« tante, » el ailleurs : « .Ne f lisciitez que <Ie la manierc la pins honnete '. » 

« Mes mains eloigneront de vous tout mal partout ou vous serez. Qui- 
conquc agira centre cela, violera le pacle Je Dieu et son alliance et le pacte 
de Mohammad (que Dieu le benisse), el agira contre le contrat de pro- 
tection de Dieu. 

« lis ont nif'i'ite que nous fissions avec eux le pacte de ne pas verser 
leur sang et de les defendre contre toute injustice, parce qu'ils ont ete sin- 
ceres avec les musuhnans, qu'ils leur out fait du hien et qu'ils leur ont pretc 
appui. J'ai une condition a leur imposer, a savoir que personne d'entre eux 
ne se fasse espion ni secretement ni ouvertement pour le compte d'uii ennenii 
en temps de guerre contre un musuhuan; que personne n'abrite un ennemi 
des musulmans dans sa demeure, ou il pourrait attendre I'oceasion de s'elan- 
cer a Tattaque; qu'ils ne pretent pas appui aux ennemis de guerre contre 
les musulmans, par un concours hostile, en leur fournissant des amies, des 
chevaux et des homines; qu'ils ne serveut pas de guide & Tennemi et qu'ils 
n'aient pas d'intelligences avec lui. 

« S'il arrive qu'un des musulmans ait besoin de se refugier chez eux 
dans leurs demeures, ils doivent'le cacher, ne pas permettre & rennemi de 
Tatteindre, lui pretant appui et le traitant hien taut qu'il sera chez eux. 



1. Coran, n, 257; el xxix, 'id. 



[303] CIV. — REGIT DE LA MORT DE MOHAMMAD. 623 

J\ U1ju>j <> ti jT^ jnc^ ^Lr^ ^ 1 ^ -'^H ^3 

u ul (^jLsJI^ o^Jb ^ o-U^l ^1 (i^lr^^ <fth$ 

®* %jL& c 3 S^Jlj jLk. ^ jt*J^ <JA)S ^Ac- 

1, - — 2. s^j^JL, 

« Us ne negligeront aueuue dc ccs conditions, qui lcur sont imposees; 
quiconque violera une dc ees clauses 011 Falterera, se mettra hors de la 
sauvegarde de Dieu et de son Apotre, que la priere et la paix soient sur lui. 

« lis doivent encore aceomplir les pactes et les alliances qui ont etc 
contractus avee les pontifes, les moines et les peuples ehretiens qui ont tin 
code saer6. 

« JTaffirme a nouveau Talliance que Dieu a eonclue avee ses prophetes dans 
la foi, par Faccomplissement dc ccs promesses, en quelqne lieu qu'ils soient. 
Moi-meme, j'acconiplirai ce qui m v engage; aux musulmans d'observer aussi 
ce pactc, a cause dc sa notorize, et de le faire respecter jusqua Tlieure de 
la resurrection et jusqu'a la fin du inoudc \ 

c< Tcmoins 'Othman ben 'Aflan et El-Moghira ben So'ba en la dix-sep- 
tieme annee dc Fllegire. 2 » 

Quand, la quatrieme annee de son califat, 'Omar envahit la Syrie, a son 
approche de Jerusalem 3 , les habitants, accompagnes de leur eveque, sor- 
tirent a sa rencontre 7 ' et prierent pour lui. lis lui demanderent d'empecher 

1. Get edit pa rait etre le sommaire de Feerit attribue a Mahomet (voir ei-dessus, 
n° CI11): il est done probablement aussi apocryphe; mais ces deux faux contiennent, 
pour les obligations imposees aux ehretiens, des clauses de Facte de la capitulation de 
Jerusalem, renouvelees dans le statut des ehretiens de Syrie redige par le calife 'Omar. 
— 2. La dix-septieme annee de PHegire commencait en 638 de notre ere. — 3. 'Omar 
ne Fit pas en personne le siege de Jerusalem; il envoy a plusieurs de ses lieutenants, 
dont 'Amr ben el- 'As. — 4. Cf. Barbebr., Chron. Syr., ed. Bedjan, p. 108: Michel le 
Syrien, U 11, p. 425; Hist, du Bas-Emp., LVNI, £ XL.Y et suiv. 



m HISrolIlK NKSIOHIKNWK. p/, 

fr ) ^ t^LI <J c^Sj \ OxJLl >»JI ^ JUi ^Uli 

5 -CWi ^« s-Jw} iai- ClT ^ Lli -UcU Jaiw ^ ^1 U Lis 

^UJI Ijl 0 L*" wj^-alJI w-LJI JJL p) jl pj IjJIii dlli 

^ *r^J -w-ii *LJI J-c^ v^JjJU ^jLJI vJ^ki 4JI IJL* pi 

. *U iATj <u-^ ^JLt ii}U>JI J <\X« ^'l^j Jjy ^ . O w^oCi 

l 1 . 351. .jUrWI w-f^J jL * 1 <^Lj_i ^ 

^Ia,JI ^ < r ^- *~>) ***** Jp*~^ p^i^L-«3 Cr~c~~ aj ' u ^ 0^ w L) 

1, I^LulJ ~L;uJ ex j-^u./ jaeuit (morluus esl;, 

les Jnifs de descendru dans hi villc, a muins dy aehelcr des maisons. 11 exauya 
lcur dcmaiule et cinpecha les siens de faire du mal A la villc et A ses habi- 
tants. Ceux-ci lui ouvrirent les portes 1 ; il lcur aecorda un edit, portant 1c 
pacte qiTil contractu avec eux. Aprds etrc rcstc dix jours dans la villc ct 
avoir donne des ordres pour y bAtir une mosquec sur la place du tombcau 
dc Salomon, fils de David, el une citadclle a cole de la niosqnce, il partit 
pour Medinc; il nomma 2 Mo'Awya ben Abi SofiAii gouverncur de Syrie. 
On hAtit ce qu'avait ordonne 'Omar; inais Pedificc toniba; on le rcbAtit el il 
tomba encore. Les musulmans, etonnes, cn demandercnt la cause aux Juifs, 
qui lcur dirent : a Si Ton n'arrache pas la croix qui est arborec sur 1c Mont 
des Oliviers vis-a-vis dc la Syrie, le bAtiment ne tiendra jamais dcbout. » 
Les chreliens, qui furent contraints de la renvcrser, la fircnt descendre avec 
honneur. Alors la reconstruction du bAtiment sc maintint solidcmenl. 
Omar, a qui on ccrivit cette nouvclle, cn fnt frappc d'ctonnemcnt ; il mou- 
rnt apres avoir cte calife pendant dix ans T sept mois ct trois jours 3 . 

CV. — Regit de ia mout me Maii 1s6 Yviih Gatholicos \ 
A la suite du differend survenu entre les habitants dc Nisibe et lour 

i. En 048 des Grecs (637), selon Elie de Xisibe, apud Barhebr., Chron, Eccles., col, 
124, n. 1. — 2. Cf. Barhebr., Ilistoire des Dynasties, ed. Salbani, ]). 173. — 3. Dix 
ans, six mois el dix-sept jours (Barhebr.^ loc, cil. r p. 1751. Omar regna do 035 a 045. 
4. Cf. f Amr, p. 55; Un nuovo testo..., p. 20, 27. 



[so:, I cv. — KKcrr m la mout dk mah isoyaub catholicos. 025 

4JJI jIjU- J^>» Lis -f*rri 

jlic ^^ftt <0Li^j ^i^Ai^l ^ UU? ^ ^Lr-b 

<LjLU>- SX* j>L^_5 . ^jj^ c^yi O: .pAXx. a — AiLj ^3 

^ jd> pjj .OL^j-* ^J^i^lj <*JL^>- oii^j • ^rr^ O-j i jJls- 

.^^J^OVl fc-L*%" JjM^I lip- 

J * jLt^j fill VI U ,S^*J1 JU- c^li wUiJj , JyUl l^L JJ ^^J" * i». 

1. Ex : ^o*j»f scholaris. 



metropolitan! Isaac', Is6'yubb qui tin Seleucie pour allcr a Nisibe afin <le 
mettre Paeeord entre eux. II tombn rnalade a Gucdan, ei inourut. C'csl la 
quit ful inhume, — ijue Dieu sanclilie >ou fune. — Ainsi la morL le dclivra 
des malbeurs el des tristcsscs dont it avail iHe aeeable a la suile du boulcver- 
sement de Teinpirc, et des outrages auxqucls il avail etc en Imlte depuis sa 
venue an pays des Grecs, on il avail eelebre la messe. La lamillc dc Yazdin 
se ehargea de sa sepulture. 11 avait etc catholicos pendunl dix-neuf aus et 
six mois'*; il etait bon de caraclere et d'un naturel doux. On ne put hii 
rcprocher (pie la dnrele dc ses disciples envers les ccoliers. 

Dc ses jours les Arabes conquircnl IJira\ oil ils massacr£rcnl les Perses 
qui sY tronvaient; el ils batirenl Koula, qui s'appelait Aqoula avail t sa 
construction. 11 en a etc de memo de Basra, qui, des jours de 'Omar, a etc 
bfttie et appelee ainsi apres la couqudtc dc Oubla et * le Maisan. 

1. Auquol Iso'yahb d'Adiabene ecrivit tics lettres pour lui recommaiulor les neslu- 
riens de Jerusalem el pour lui annoncer son intronisation (voir Im'yahh ///, Liber Epist. y 
ed. Duval, p. 215, 210). — 2. Dix-neuf ans selon 'Amr. Suivant notrc auteur, I so 'y a lib 
est mort en 646/7, ayant ete elu en (128; scion Klie de Xisibe (apud Barhebr., Chron. 
Evcles., il, col. 128, n. 3), en 643/4. — 3. Cf. Un nuovo lesto.... p. 32, 33; Klie dc 
Xisibe (apud Barhebr.. ioi\ cil. } col. 124, n, I); Barhebr., Ilistoirc des Dynasties, 
p. 173-174. 



PATH. OH. — 



T, Mil. - l-v. r i. 



iiaJ J 1 ^ ^-iJI 1 J^J\ -Oil *Y%A ^UJ J* ^ia- jJj pt^^ J* 

^JJI ^~JI L'a^ jy> ly^^-i^j jj piV iJJi Vj ^y-JJ .JLAllj jljJI ^ 

lui^ iiSL-YI Uii .jtjVl iolx J Yj jJUl 

I. jiy' ex j.j^o; vospera. 

CV1. — llisTonu; ul Ikhvci.ii 's, emi»ehki h hkh Giikcs. 

Kn ees jours 1 lleraclius, ayant appris ce qui etait arrive & ses partisans, 
ct la complete par les Arahes de Teuipire des Perses, rassenibla tons les 
eveqnes de Syrie a Antioclie et lcur demanda d expriiner leur opinion tou- 
cliant les Arabes, qui vniaienl d'apparaitru, et toucliant leur regno; et quelle 
allusion y laisait TKcrilure. Cliaeim d'enx <lit sa pensee. II dit alors anx 
eveques reunis et a ses geucraux, qui etaicnt presents : « Ce peuple est 
comine le soir qui tient le milieu enlre le jour et la nuit, et n'est ni clair ni 
obscur; de meme ce peuple n'est ni eclaire par la lunriere dp Notre-Seigneur 
le Christ, soleil de Tunivers, ni plonge dans les tenebres de ridohUrie. » 
Aprils ce discours, les evrques Tinformrrcnt de la benediction qu 'Abraham 
avait donnce a Ismarl et don! parle le Pentateuque 2 et lui dirent tpie l'ap- 
parition.de leur regne devait avoir lieu necessairement. 

lleraclius ordonna a ses gens de ne ]>as s'opposer a Tordre de Dieu en 
luttant avec ce peuple, rnais de so bonier a (lclciulre Irs villus et les pro- 
vinces qui leur etaient confiecs, et, dans le eas on on Fexigerait d'oux, de 
payer le tril^ut. 11 quitta la Syrie, sans espotr de la eonserver :t . 11 abandonna 
aussi TEgypte, Psisibe et les regions d'alentour, et se retira a Conslantinople, 

I. Cf. Barhebr., Chron. Syr., p. 96-07. — 2. Cf. Gen., xxi, 13 et 18. — 3. CF. Bar- 
hebr., Hist, des Dynasties, p. 174; Chron. Syr., p. 102; Michel le Syrien, t. II, 
p. 424. 



L :i07. CVL — LIJSTOIKE D'lIERACJJUS, EMPEREUH DES GHECS. 62? 

!Aa fjJ J» M 

Li Vlj kja^JI Ja~ ^Jj JiU Jf-j 4!l a,U^V ^U^* JB ^ 
^ jVI *a^> :i>LJ>- LA^I A?j ,C wxJl j£\ Alo La, I J J^J ^ <^LJ1 J 

^ji fSj, ^1 'jta jt^. ^1 ^ ^ <ui j w» 

. ijr-^ w>jr*^ . - j>- y>-\ Jbz~*jj u^L5 ■ uO*^ fJy^* pt**J 

1. la margine. 



plong'e dans le desespoir et aeeable d'aiHictiun devant Irs evenemeiits. La 
plupart des habitants dc ces regions so refugierent a Kin lerieur de 1 empire 
grec, Iaissant Ieurs proprietes. 

Heraclius dit ensuite a ses gens : « Dieu, que son noui soit exalte, est 
juste; il n'accorde pas ses dons an Iiasard; sinon, ponrquoi nous enlcverait- 
il eel empire, que nous possedons depuis plus de mille airs et dans lequel 
nous avous joui des biens de la terre comme il a ete dil dans le Pentateuque, 
pour le livrer a un peuple qui n'a jamais connu ce que c'est que le pain, 
mais qui n a veeu que dans le desert, se nourrissant de fruits et habitant sous 
les tentes? » Quelques-uus lui donnercnt raison;les autres le contredirent. 
11 reeommenca a f aire la guerre aux Arabes; c'est alors que eeux-ci aueau- 
tirent ses armees, comme il a ete dit ei-dessus. 

En la deuxieme annee du ealil'at de 'Omar, les armees arabes se rassem- 
blerent pour combattre les Perses ' ; les Arabes eamperenl a Uira, oti ils 
logerenl dans les eglises el les couveuts qifils profanerent horriblement. 
I) autres avee leurs chefs Sa'd ben Abi Waqqas, 'Otba ben Ghazwan, El- 
Asath ben Oais et Abou Mousa el-Asari camperent a Qadisyya. La bataille 
fut terrible; les Perses furent mis en deroute. Roslam, frere de Vazdgerd, fut 
fue avec beaucoup de ses soldats; les Arabes firenl un grand butin; ils bat i- 

1. Cf. Un nttovo testo... y p. 32; Rarhebr., loc. cit.; Michel le Syrien, t. II. p. 421, 
423-421. 



m iiistoiuk XKS'I OKIKXXK. :\m 

■■ ^ iJI 

^;UJI Ij-UJy jloYl J*l ^1 ^jLal)l jl J^-> I^JUfcj ^^ill 



rent on ret ondroit line grandr ville pn\s do Mira et rappclorent Koufa ; son 
aiu'um noin of ail 'Aqoula'. Les Arabes vinrent IMiabilcr; elle fnt prospere 
aux jours de f Ali ben Abi Talib, que Dicu lui soit propiee. 

Gette memo annee, 'Otba ben Gliaz\v;\n battit les Perses qui etaient 
dans la terre de Maifsan el s'empara de Oubla, on il eonstruisit une grandc 
ville mon tee sur Feau qui vicnt de la mer, el Fappela Basra; Abou Mousa 
el-As'ari v planta des palmiers et la rendit llorissantc. 

A cette epoque aussi fut batie la ville de Mossoul, vis-a-vis du Jardin et 
de Xinive". Les musulmans devinrent nombrcux; ils babiterent les villes 
persanes; ils detruisirent les pyrees ; ils honorereut les chretiens plus que 
les sectateurs de toutes les autres religions. Les Arabes ayant attaque 
Seleucie, Yazdgerd lenr en forma les portes el s 1 y I'ortifia. Durant dix-liuit 
mois.personne ne put y entrer ni en sortir. * 

CV1I. — Regit ok la moiit dIIeiucuus, kmpkuelmi des Guecs; 

I11ST0IHE DE *ES s L' CCKSSE I* Its :( . 

Ucraclius mourut en la 992 e ^ ajinee d'Alexandre, i\ Tage de soixanlo- 



1. Cf. ci-dessus, p. 625. — 2. Cf. ci-dessus, n° XL. — Cf. Xicephore Tln'oplinne, 
t. XVII I ; Michel le Syrien, t. II, p. Hist, du ttas-Kmp., MX, $ IX. <>u 

plutut '.152; lleraclius mourut le 11 fuvrier 0V1. 



[30<J] CVIII. — I1ISTOII1E DK .MAR EMM Ell CATIIOL1COS. (129 

^uJ»j*5 . oJI is ^JJyfc /ja ^rjjj ^aJI IjA^fc l^Y C-jaIcj ^^dl ^^-^f^ 

^,J^^ . ^"a* . \ \ l^L 1 1 j^=>-_3 *cU* U tl j j jJl ^.^9 . ^ -c!l 

^ ^j-j-L j jiJ ctlUl ^ j^JI -vIp *^rA5 * ^j^^JI ^jjC<Ja ^Jl j 

^1 dUJl £-5*3 ^Ul JL 3 jlpJI Jl ^ jl^j .jJ^i 

.pA^I jU J j o^r^ J J*»j Ojj' ^ ^Vl * p. 357. 

bjJJL jl b^jl — 3 • <S y jj&j fc^l^ <2r~^ 01 ^L^* 



einq ans; il avait ivgne trento ans et einq mois; son fils Constantiu (Qous- 
taittin), qu'il avait fait participer an r^gne avant sa mort, lui sueceda. Mais, 
apres qnatre mois de ivgne, il inonrut, empoisonne traitrensement par sa 
eousine. 

Les armees se rennirent et preterent serment k Ileracleonas (llarqlouna) 
son Ills, qn'elle avail en illegitimement d'Heraclius, et elle prit en main le 
gouvernement. Les ministres, revokes de sa conduite, detronerent son fils 
et lni conperent le nez. 11 avait regne huit mois. Gr&ee a ees troubles, qui 
agiterent Tempire grec, les Arabes purent faeilement s'emparer de Cesaree 
(Qaisdryya) et d'autres places. Puis les Grecs plaeerent sur le trone Constant 
(Qourtous) fils de Constantiu. Celui-ci, malgre sa jeunesse, sut s'attirer par 
ses bienfaits TaH'ection de Farmer et du reste des hommes; et grace a Texpe- 
riencc qn'il acquit, il gouverna avec beaueoup de sagesse et de forniete. 

CVIII. — IhsTOiiiK de M vu Rmmeii Catholicos 1 . 

Ce Pere etait originaire d'Arzoim ; apres avoir fait ses etudes a Pecole de 
Nisibe, il se fit moine dans le convent de Mar Abraham, on il vecnt dan^ 
tme cellule sans la quitter. II bit nomine ensuite eveque de Ninive. Le 

I. Cf. Mari, p. 02; 'Amr, p. 55: Barhebr.. Chron. Eccles., II. col. 128: Un nuovo 
testo syr., p. 27. 



mo iiiMoiiu-: MisToitiKWK. rijci 

^cjjiA ^-LJ IJi . j^x ^y^! fc^'Aj (J i^ixJl bAJij ^s^^ .^JL* 

iLcJl LJ^« |y*U» Ik^ jl^ .^LiJI <d O-^i . <Jb jL^Vl 

-3. Li. 



patriarchs Isn'yahh' son predecesseur eerivil aux habitants do Goundisabor, 
qui In t avaient deinande mi metropolitan! pour lour pays, cn faisant l\3log;.o 
des vertus de ec Poro, qui otait alors evoquo de Ninivo. lis demanderenl 
alors an catholicos de Pctablir leur motropolitnin ; il le Hi alors veutr et le 
consacra. II gouvernu ce surge, qu'il oceupa, avoc beaucoup dc sagesse. Apres 
la niort d'lsu yahh, ['election Tavant designe, il fa l ordonne patriarehe inalgre 
son ago Ires avancc. 11 el ait lion, vertucnx et charitable, preoccupe d'aug- 
mentor le noinbre des eeoliers. Cc bit lc premier qui ordonna aux eeoliers 
de se ceindre d'linc ceinture, pour sc distinguer des autres jcunes gens. 
Trois ans *apres son ordination, etant alle a K ark ha de Gnodan, il y tomba 
malade a la suite de la fatigue dn cheniin, des sonU'rances qu'il y avait 
endurees et de la chalenr. II refusa dc prendre les reincdcs que les medecins 
lui prescrivaient, et disait : « La moisson est milre. » 11 monrut aux jours do 
'Otliman ben Wfl'An, apros un pontifical de trois ans*. Ouclques historiens 
disent qn'il etait evequc de Ninive et que les niusulmans travaillerent a 
le faire catholicos parco qu'il leur avait apporte des vivres lors de leur inva- 
sion dans la region de Mossoul au inoment 1 le la eouquete. 

1. Voir ci-dessus, n os XClIf et CY, — 2. 'Amr place son intron